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29 novembre 2023

#Paris2024 Oh les jeux merdiques !

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En moins de 3 jours nous apprenons donc que le prix des transports en commun à Paris et Ile-De-France va doubler tout l'été pour les JO (de 2 semaines), qu'il sera interdit de circuler en voiture dans Paris et qu'il faudra un QR code pour juste y marcher. Tu m'étonnes qu'après avoir quitté sa propre ville (où elle ne peut plus circuler sans risquer de se faire cracher dessus) pour les beaux rivages tahitiens Anne Hidalgo ait déclaré quelques jours plus tôt quitter aussi X-Twitter.

Je passe sur le fait que cette la mairie de cette ville, qui est à peu près une des capitales les pires au monde pour la circulation des personnes à mobilité réduite, se targue d'organiser des jeux paralympiques en sus de cette déjà grotesque comédie ... On rêve. 

Après tout, Tokyo a bien organisé des JO sans public et le Qatar une coupe du monde de foot donc il y a des précédents dans le foutage de gueule à alibi populaire. Et le but, pas même secret des grosses entreprises qui rachètent progressivement tout Paris, est d'obtenir un Paris sans parisien. Donc tout cela est parfaitement raccord et ces jeux sont un apéritif en termes de tarif, de restrictions des libertés de circuler et de fichage. Paris est une fête, hein ? 

Bref j'espère de tout mon cœur que ces Jeux Olympiques de la Publicité seront un putain de fiasco mondial à la hauteur de la merde en barre qu'est devenue la ville de Paris. Cela me consolera un minimum pour les hausses d'impôts à venir. Car, à l'image de la Grèce dont les JO ont sonné le début de la fin économique, la fête des sponsors terminée et après avoir été empêchés de circuler tout un été, les locaux n'ont pas fini de payer pour cette connerie pseudo-sportive pour riches occidentaux oisifs.

Update 29.11 : On me fait remarquer justement que la hausse des tarifs des transports est de la responsabilité de la région Ile-de-France et de non de la mairie de Paris. Pour avoir fréquenté les uns et les autres, j'ai bien compris le discours en cas de contentieux. Je vous donne la recette magique : La ville "- Ouin, ouin, c'est la faute de la région", la région "- Ouin ouin, c'est la faute de la ville". En tout état de cause, Hidalgo a beau jeu de prétexter des raisons "idéologiques" pour d'abord esquiver l'énième shitstorm mérité qu'elle va prendre sur les réseaux sociaux avec ces JO. Quant à son intérêt pour le sport, on rappellera qu'elle a interdit la pratique du sport individuel dans les rues de la ville au nom de la "santé publique" durant le glorieux confinement d'avril 2020).


13 novembre 2023

2023 après la chute des Champs-Elysées

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Si l’on veut bien mesurer l’effondrement français des quinze dernières années, rien de mieux qu’une visite nocturne sur les Champs-Elysées à Paris. C'est un des must see du déclin national. 

Moment d'égarement, la veille du 11 novembre je me suis aventuré le soir là où les parisiens ne vont jamais : cette large avenue froide presque sans habitant (ils ne sont plus qu'une vingtaine sur le kilomètre de longueur, soit la densité démographique d'un hameau de la Creuse). Ah "Les Champs", symbole de la splendeur militaire et commerciale de la France, l'allée de la jonction entre notre Histoire et les promesses de prospérité des Trente Glorieuses, un de nos fleurons à l’international jouissant à n’y rien comprendre depuis d’une réputation boursouflée transmise de générations en générations de touristes. Ces derniers, vus les frais engagés pour venir jusqu’en France, ne pouvant paraitre cons en brunch et avouer leur déception à leur entourage, s’évertuent à louer la magie de l'endroit. 

Elle est loin la chanson de Joe Dassin...

Autoroute pavée de mauvaise tenue et aujourd'hui toujours quasi impraticable en vélo, je crois bien ne pas y avoir foutu les pieds depuis au moins cinq ans. Et pourtant, petit parisien que j'étais il y a quarante ans, Les Champs-Elysées étaient mon point central d’approvisionnement culturel et musical. Ado, j’allais chez Champs-Disques ou au Lido Musique acheter des affiches de films et des albums imports US ou plus simplement écouter les nouveautés au casque (n’ayant pour la plupart du temps pas assez d’argent pour payer les galettes). Sur les Champs, il y avait toutes les cinématographies et les meilleures salles de Paris et rien que de la VO. C'était unique en France. Quand tu étais sur les Champs tu avais l'impression d'être au milieu du monde. Maintenant que le monde a totalement pourri l’endroit, tu es au mieux dans une galerie commerciale (et assez peu pratique par rapport à la concurrence il faut l'avouer). 

Ce qui choque au premier regard en remontant en vélo le long de l’avenue, c’est l’alignement des enseignes à la con que l’on voit partout ailleurs. Une vrai ZAC de troisième banlieue. C’est Westfield Champs Elysées d’un côté et de l’autre des vitrines de pseudo luxe, plus simplement des façades appartenants aux plus grosses fortunes de ce monde et qui servent de support publicitaire à leurs marques. Le truc n’a plus aucune âme, on erre quelque part entre la représentation de l'opulence et le terrain vague. La musique a disparu. Le cinema est en passe d’y disparaitre. Il n’y a presque plus de salles. Le Gaumont Ambassade est devenu un Lacoste. Les Champs-Elysées, ce n'est même plus cette usine à fantasmes constamment « repimpés » comme Las Vegas. Non, tout aux Champs empeste l'immobilisme et la mort. C’est une artère vide coincée entre deux maux. Elle ne se débarrasse pas de son héritage et se laisse dévorer par le pire de la modernité sans imposer une identité autre que la formule plate de la « la plus belle avenue du monde » (C'est vraiment n'avoir jamais voyagé, à commencer en France). Aucune ligne directrice et artistique ici, si ce n'est un peu de pognon à prendre et tenter d'en mettre plein les yeux à la classe moyenne mondiale mondialisée qui s'y étale en pâte à selfie entre les barrières de travaux et les échaffaudages. 

Car dans l'océan de bordel à travaux aussi inutiles qu’interminables qu'est devenu Paris, je m'imaginais que les Champs resteraient si ce n'est bel écrin, au moins une zone sanctuarisée hors du merdier ambiant. Que nenni. L'hidaldinguerie n'épargne rien ni personne. Les Champs-Elysées sont devenus une megazone à barrières grises de travaux comme partout dans la ville. Il manque des dalles sur le trottoir, c'est pété de nids-de-poule, l’éclairage est inexistant (autre que grâce aux néons et écrans LCD des enseignes par ailleurs toutes fermées passées 19h, hormis le MacDo bien sûr). Quant à la faune, le soir on y croise quelques touristes qui errent hébétés entre quelques toxicos et autres troupeaux épars de types en survet. De l'ivresse triste. Ça pue le shit, la vinasse vomie et je n'y laisserai pas trainer ma fille. 

Alors que nous sommes censés être dans un endroit hautement symbolique et ciblé en pleine période d'alerte attentats, j'ai été par ailleurs surpris par la faible présence policière, pour ne pas dire absence, sur l'Avenue. Tous les efforts de la maréchaussée (c'est à dire 3 voitures) étaient concentrés ce vendredi soir à une vague sécurisation des répétitions des cérémonies du 11 novembre avec la fanfare militaire sous l'arc de Triomphe (que j'ai néanmoins pu atteindre quasiment jusqu'à la tombe du soldat inconnu en vélo sans être inquiété). 

Je n'ai jamais été fan inconditionnel des Champs, ni du symbole national, mais le choc est violent si tu n'es pas venu ici depuis vingt ans. Si ça aussi est abandonné, ça donne le ton du triste projet pour le reste du pays..

Allez je vous laisse sur une belle photo, porteuse d'optimisme et de renouveau, prise pas loin de la tombe du soldat inconnu dans un silence ému. Ce soir-là, l'endroit le plus vivant de l'avenue. 





7 novembre 2020

#confinement2 jour 8 : L'important c'est d'y croire

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331e jour de l'an de merde 2020 au coeur de la zone écarlate rouge rouge de la république du Baltringuistan. 

LA GAMINE
Il sert à quoi ce confinement ?

LE PAPA
A faire croire qu'on fait un confinement.

Elle a raison la gamine. Est-ce encore un confinement ? A Paris, pas vraiment.

Certes le trafic des voitures a baissé, un espace appréciable est récupéré sur les trottoirs suite aux fermetures de terrasses de restaurants, on entend à nouveau - un peu - les oiseaux. Je peux courir au milieu de la rue, on ne se marche plus dessus, tout est plus apaisé.

La mort ne rode plus, elle est là, domestiquée et symbolisée par chaque masque porté.  Avec la fraicheur et le ciel d’azur des derniers jours, contre toute attente ce confinement a des allures de séminaire de relaxation improvisé en station de sport d’hiver en début de saison. Un séminaire sponsorisé par Amazon Prime et Uber Eats dont les pubs en dos des bus et les livreurs en dos de scooters sillonnent la ville. C’est Paris sans la frénésie de Paris, en plus rajeuni. Il y a très clairement moins de personnes âgées dans les rues tandis que les enfants et les adolescents reconquièrent l'espace public. A la télé-pause de midi, on fait un ping-pong au square. A la tombée de la nuit, la plupart des commerces sont encore ouverts dans un quartier plus silencieux mais toujours vivant ou quelques silhouettes masquées passent avec leur cabas d’un commerce de bouche à l’autre et prennent le temps de se parler. Je marche dans une version inconnue de mes rues, celle reconstituée en studio pour un film français avec des faux décors, des façades éteintes où l'on devine quelques tintements de verres à l'heure de l'apéro et des magasins comme encore plus éclairés qu'à l'habitude. On y voit peu de figurants et quasiment pas de voitures en circulation faute de budget. 

Cette première semaine de confinement est une danse des mots, il s’agissait de faire croire à un reconfinement au corps médical et personnes âgées tout en lâchant un peu la bride aux autres en misant sur la responsabilité de chacun. Les cacas nerveux de Véran sur les bancs de l'assemblée et les suppliques de plus en plus larmoyantes des zexperts en virus et plateau télé pour que nous ne soyons encore plus parqués en appartement avec trois masques sur la gueule pendant au moins encore deux ans, sont autant de signes de leur perte de crédibilité et d'influence dans le débat public et politique. Le télé-travail reste au bon vouloir des patrons, les écoles bondées restent des cloaques et de moins en moins consent à s'auto-excuser par papier d'avoir à aller chercher le pain. Ailleurs le Covid reste un risque que chacun apprivoise à sa sauce... Et l’idée de limiter les mesures de confinement aux seules personnes vulnérables et malades commence à discrètement se décliner dans la presse, pour peu à peu infuser dans l'opinion. 

Les soubresauts de l'absurde législatif auto-proclamant une nomenclature absconse de ce qui est essentiel ou non nous amusent encore un peu (sauf les commerçants qui ont directement à souffrir de ces conneries d'Etat). Il faut y voir les derniers spasmes de lutte de l'organisme d'Etat pour affirmer son pouvoir là où il a perdu le contrôle de l'épidémie. Contrôle qu'il n'a jamais eu. L'exécutif à la Kafka, dépassé, contradictoire et inaudible, commence-t-il enfin à réaliser qu'après tous ses échecs et tous nos efforts, nos soumissions à ses mécanismes absurdes pour réparer ses conneries, il ne peut collectivement nous en demander plus sans risquer d'y laisser beaucoup de plumes ? 

Je ne leur fais évidemment aucune confiance, à la moindre baisse de la garde ils s'engouffreront dans la brèche de la culpabilisation. Continuons la bataille idéologique contre la peur dans laquelle ils veulent nous voir patauger. Cette bataille ne se gagne pas derrière nos écrans, mais dans la rue. En commençant par marcher librement. Alors, en marche. 


Confinement saison 2 : Jour 1 - Jours 2 et 3 - Jour 4 - Jour 5 

Confinement saison 1 : Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40 Jour 41 Jour 42 - Jour 43 et 44  Jour 45 Jour 46 Jour 47 Jour 48 et 49 Jour 50 et 51 -  Jour 52 et 53 - Jour 54 - Jours 55 à 59


1 novembre 2020

#Confinement2 jour 2 : un début qui sent déjà la fin

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305 et 306e jours de l’an de merde 2020 en zone écarlate rouge rouge de la république du Baltringuistan. Explorons les rues pour notre premier week-end de nouveau confinement. 

Attestation dans le slip, je sors dans Paris pour accompagner une personne dans l’illégalité acheter un livre dans un commerce de culture interdit. Bonne ambiance. Dans la rue personne ne semble être complice de cette énième moitié de gesticulation gouvernementale vouée à l’échec comme les précédentes. Un couple de petits vieux amoureux passe, s'arrête et nous observe en plein achat d’objet culturel prohibé. Le vieil homme sort son portable pour photographier la vitrine du libraire et nous en plein acte d’achat. Va t-il les dénoncer à quelques autorités d’autant que le commissariat de l’arrondissement est à proximité ? 

LE PETIT VIEUX heureusement stupéfait
Regarde ils sont ouverts ! 

Une fois notre achat accompli, l’homme nous laisse partir puis se présente à son tour au guichet sécurisé pour demander un conseil de lecture. Nous rentrons en fin de journée et profitons des superbes lumières d’automne sur la cité. 

Le lendemain, soleil et douceur inespérée, je cours dans les rues plus longtemps que prévu. Des gens, moins d’autos, du coup on entend mieux les rires et le vrai son de nos vies. Des silhouettes qui marchent d’un pas assuré, sans peur, avec masque, parfois sans, parfois à deux, rarement plus. Jamais groupés, mais toujours à portée de clin d’oeil. C’est comme si la décision du conseiller clientèle en chef de L’Elysée avait eu un début d’effet contraire sur nos humeurs. Ce début de confinement sent déjà la fin. 

Toujours aucun signe de COVID de mon côté. Je ne croise qu’une fois le danger sous la forme d’une voiture qui grille le feu rouge et manque de m’écraser alors que je suis sur le passage piéton. Quoiqu’il en soit, deux mesures sanitaires sont prises pour ce premier week-end de confinement2 : la télé restera éteinte pour la période, boycott dans la mesure du possible des supermarchés et magasins de chaîne mécaniquement favorisés par les décisions gouvernementales. Qu'ils s'occupent de réparer ce qu'ils ont détruit au lieu de nous emmerder. La seule phrase à garder en mémoire: au sujet de ce qui nous arrive depuis le début de l'année :

 « Les pays qui n’ont jamais confiné leur population ont un nombre de lits d’hôpitaux par habitants deux ou trois fois plus élevé que le nôtre ».

Pour le reste : mangeons sainement, respirons et profitons du moment au lieu d'en avoir peur. c'est encore la meilleure recette pour garder une bonne santé mentale. 

Le soir venu, bien évidemment, ça n’applaudit plus du tout aux fenêtres.  

29 juin 2020

Vers 2022 après la chute de LREM aux municipales

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Avec tous ces évènements contrariants, ces mensonges, les discours creux et l'impuissance du pouvoir, j'en avais oublié qu'il y avait des élections locales. Donc, j'ai fait mon devoir du citoyen qui peut encore se regarder dans la glace sans honte : je suis allé bronzer au parc. Faut dire j'habite Paris et l'offre était réellement à chier.

Même si les municipales sont à chaque scrutin un cas particulier avec des problématiques locales et des personnalités distinctes, les résultats de ce second tour après deux mois de confinement sont une bonne prise de température démocratique.

Alors quelques réflexions en vrac :

1 / Tout le monde s’en fout. Un taux d’abstention record qui confirme la défiance globale contre un système. j’ai entendu parler de « dégagisme démocratique » mais c’est à peu près ça. Quand on écoute la rhétorique satisfaite des élu-e-s sur les plateaux télés dimanche soir, ça se comprend un peu. Le pouvoir n'est pas au peuple. 

2 / LREM retourne dans la fosse à purin d'où elle vient. C’est plus qu’une claque, c’est la démonstration que LREM est avant tout une secte marketing de neuneus hors-sol formée par et pour le conseiller clientèle en chef : Macron.

3 / Les verts font l'OPA et prennent en solo des grosses villes (Lyon, Bordeaux, Poitiers…). Ils ratent de très peu Lille. Ce sera intéressant de voir qui a voté vert (Est-ce un vote jeune ? Quels sont les revenus moyens des électeurs ?). Beaucoup de ces métropoles néo-vertes sont depuis ces dernières années des terres d’exil pour familles moyennes parisiennes confrontés à un immobilier prohibitif (en cours de vidange démographique).

4 / Gazon de synthèse à Paris. Compte tenu du point 3 c’est la ville de Paris sort un peu ringardisée par la victoire d’Hidalgo. Paris aurait pu être verte, Paris sera un bout de pelouse en plastique entre un chantier abandonné, un Velib cassé et un 4X4 en double file. En se peinturlurant écolo depuis un an, et en absorbant le candidat EELV qui n’a pas brillé par sa pugnacité, Anne Hidalgo réussit toutefois l’exploit d’être réélue alors que personne ne peut l’encadrer ici. Elle peut dire un grand merci à la division de la droite, la bite à Griveaux et la nullité de Buzyn, mais il faut lui reconnaitre une très grande habileté politique qui en fait une sérieuse prétendante à la présidentielle (misère).

5 / Le RN prend Perpignan mais baisse nationalement. 

6 / Le PS a trop vite fait de se gargariser des résultats. Il est siphonné idéologiquement par l’écologie. La prochaine question est l'écologie a-t-elle vraiment besoin du PS ? 

Ça se confirme donc peu à peu., la prochaine ligne de combat pour la présidentielle ne sera pas la gauche contre la droite. Ça ne ne sera même par libéralisme contre état providence (après le fiasco sanitaire et la nationalisation de l’économie confinée, il ne reste bien qu’une poignée de macronistes fanatisés pour réclamer moins d’état). 

Ecologie et souverainisme devraient être les deux axes forts de la prochaine présidentielle. La petite subtilité c’est que ces deux axes, pas forcément contradictoires, peuvent être aussi bien repris par la droite traditionnelle que par la gauche historique. Si ces thématiques ne sont pas récupérées par les indéboulonnables tartuffes habituels, et si Macron est dézingué dès le premier tour, ça nous promet donc de beaux débats et de beaux projets, car il y a dans les deux domaines de vrais virages urgents à prendre.

12 mai 2020

Le jour d'à peu près

par
Le journal du confinement c'est comme le confinement, on y prend goût et on a un petit peur du changement faut bien dire.

Pas de panique, nous allons nous désintoxiquer progressivement. 

Pour ma part pas d'excès. Je consommais peu avant le confinement je consommerai encore moins après et, grâce à Hidalgo (qui l'eut cru) je me suis habitué à courir à l'aube devant les grilles fermées des parcs publics. Y a pas à dire : on croise moins de monde. 

Inconscients, perplexes ou sceptiques devant le pari de la reprise du 11 mai, chacun déconfinera à sa vitesse.  Il ne fallait pas attendre lundi matin 9 heures pour comprendre que le déconfinement du 11 est un pari d'état aves ses morceaux d'improvisation et sa culpabilisation en thème de fond (je rappelle que pour la septième compagnie en charge de la gestion du troupeau : le peuple est un enfant sale).  Ça s’entasse copieusement dans un métro qui tourne au ralenti, le ministre de la santé et de l'horoscope des régions fait l'étonné à la radio : "c'est dommage" déplore-t-il le plus sérieusement du monde. A l'école rien n'est prêt. La colère des élus, des chefs d'établissements, des enseignants trahissent les discours du ministre de la Nation Apprenante qui, toute honte bue, au sortir de huit semaines de confinement déclare qu'il est moins risqué d'aller à l'école que de rester chez soi. 

Il y a une passion française évidente pour la file d'attente. Dans la rue, les files se sont transférées des supermarchés aux échoppes des coiffeurs ou aux pharmacies où l’on prend le risque désormais de se contaminer pour bénéficier, peut-être, du masque-torchon promis par la ville (au bout de cinq mois c’est toujours ça). C’est également le grand retour de l'autre fléau urbain qui ne manquait point, le type qui déambule le nez dans son smartphone sans regarder devant lui, généralement sans masque pour un plus grand confort de va te faire bien enculer

Majorité de gens masqués par chez moi. Cet anonymat généralisé est un plaisir qui doit s'apprécier à chaque seconde au pays de la vidéo surveillance et des décrets anti burqa. Des masques certes, mais des pas surs. J'en vois fumer au masque, d'autres l'enlever pour éternuer sans se protéger (au milieu des gens) pour remettre le masque et l'enlever de nouveau trente seconde après. Indifférence générale avec ou sans protection, le masque n’est qu’un code social. On le porte pour les mêmes raisons qu'on ne le portait pas avant : pour ne pas se faire remarquer. 

Question densité urbaine, je ne vois pas de grandes différences à Paris entre ce premier lundi de liberté (relative) et le dernier dimanche de confinement. Le vrai changement, ce sont les automobilistes qui sont revenus conquérants et en masse. Et ça grille du passage piéton, et ça occupe 80% de la largeur de la rue pour une personne, et ça force toutes les autres à s’entasser sur des trottoirs faméliques. Le problème de Paris a toujours été cette superposition sur un espace réduit des différents modes de circulation, un non-choix qui ne satisfait personne et mécontente tout le monde. Dans la nouvelle donne sanitaire ce non-choix devient criminel. Une voiture qui fonce dans la rue, c’est dix piétons qui finissent par se coller les uns aux autres. Et encore, on "profite" de l'absence provisoire  des terrasses de café qui s'étalent parfois jusqu'au caniveau.  Des rues doivent être réservées aux piétons, d’autres aux vélos et d’autres au voiture. Il est crétin de mélanger tout le monde au petit bonheur parisien, d’autant que l’expérience que c’est le plus motorisé qui fait sa loi, et que le piéton parisien à intériorisé qu’il devait prendre sur lui ou se faire écraser. 

Malgré l’éclaircie de 20h, moins de monde au balcon pour applaudir les héros. J’ai quand même bien envie que l'habitude perdure. Dans ce contexte autoritaire qui s'orwelise à vue d'oeil, il est bon de rappeler à qui de droit, par la persistance de cette simple coordination du bruit, que en bas nous sommes vaguement unis. Le pouvoir est comme nous, il ne bouge que quand il a peur. Ça tombe bien nous sommes tellement plus nombreux que lui. 




28 avril 2020

#confinement jour 43 et 44 : Impatience en territoires vaguement unis de France

par
" - Encore du flan, mais tous les dimanches on fait un flan, j’en ai marre !"

L'insurrection gronde dans les rangs. Il est grand temps que tout ceci s’arrête.

Un test sur Facebook au début du confinement m’avait révélé que je craquerai le 28 avril. Si le quotidien est objectivement plus apaisé qu’au début, je ressens pour la première fois les signes extérieurs de l’impatience : extrême irritabilité, perte totale de légèreté et d’humour, accentuées par la défiance totale envers les conditions d'un déconfinement à la sauce gouvernementale qui promet d'être aussi décousu que nos masques. Nos agendas ne sont visiblement pas les mêmes et, malgré les apparences biologiques, nous ne sommes pas du même monde. Cette crise en aura été la démonstration la plus cinglante. Même l'opposition classique de l'intégralité du spectre politique aura été inaudible et décrédibilisée. Les solutions sont comme les problématiques : elles seront locales. Elles le sont déjà. S'il y a une demande forte de services publics, le centralisation et les pesanteurs de l'administratif à la Française auront été un accélérateur de déconnexion entre le pouvoir et ceux qu'ils sont censés protéger : nous.

La France devient officieusement les "Territoires vaguement unis de France". 

Ces cinquante premiers jours hors du temps pourraient ressembler à des vacances (et le patrtonat ne manquera pas de le considérer comme tel).  J’ai le sentiment de ne pas avoir eu une minute à moi. Les expéditions de ravitaillement, les lessives, les rédactions manuscrites d'attestation, les devoirs à gérer, trois repas pour jour pour trois, le sport à assurer pour tous, la réparation de l’Iphone pour l’ainée et les crises de colère de tout ce petit monde aussi énervé par l'enfermement qu'apeuré par les sorties au grand air. En aucun cas cette période n’aura été un temps de repos. J’en veux pour preuve le peu de films ou livres appréciés en cinquante jours : une poignée. Profitant d’une de mes attestations recyclables, nous sortons pour un tour de quartier à 16h05. J’ai emmené une balle pour faire quelques passes avec A. et R., nous n’en ferons presque aucune puisque chaque échange entre elles finit inexorablement en jalousies et crises de nerfs.

Appel à ma mère en fin d’après-midi. Voix fatiguée et triste, elle n’en peut plus de cette exil intérieur sans nous voir. Récit des dernières visites à l’hôpital, P. s’éteint peu à peu, amaigri, mais parfois encore conscient. Une phrase : « Je veux partir d’ici ».

Indice d’un retour prochain du déconfinement, après quarante cinq jours de soleil, le mauvais temps retombe sur Paris. Enfin une journée où je me satisfais de rester 24h de suite à la maison. Les filles en rythme de croisière s’occupent par le travail, la musique et le dessin.

Un article de 20 minutes relatant les angoisses des parisiens exilés à la campagne quant à leurs conditions de retour après leur deux mois de week end center parcs me fait presque sourire s'il ne faisait pas craindre le pire. Non, ne vous pressez pas pour rentrer. Si le confinement parisien a été moins pire que prévu, c'est essentiellement parce que nous étions un million de moins sur quelques kilomètres carrés. Un retour à la densité normale ici, c'est un carnage annoncé.

Le débat est tranché quant au retour à l'école : A. et R. n'iront pas avant septembre. Même adepte d'une sortie rapide de cette hystérie sanitaire, je ne peux me résoudre à intellectuellement accepter le concept instantané du "c'est sans danger" alors qu'on nous traite comme des criminels de masse depuis deux mois si l'on court deux minutes de trop dans la rue. Tout cela pour, au mieux, douze jours d'école.

A midi, du haut de ses onze ans, R. fait son Fillon :

"- Est-ce que De Gaulle aurait fait un confinement ?"

"-  Je ne sais pas ma chérie, en tous les cas il n'aurait pas mis cinquante jours à tourner autour du pot pour reconnaître que la sixième puissance économique du monde n'est pas capable de maitriser la technologie de production et de distribution à chaque citoyen du masque en papier". 

"- Mais y a déjà plein de gens qui travaillent aujourd'hui sans masque"

"-  Tu sais, quand il s'agit d'aller faire travailler les pauvres, il n'y a pas de polémique qui tienne. En revanche qu’il ne leur vienne pas à l’idée d’aller faire la fête, au restaurant ou d’aller à plus de 20 enterrer un de leurs proches contaminé : ce serait irresponsable.".


On critique les quelques types qui ont dansé dimanche sur Dalida dans le 18e arrondissement alors que c'est la plus saine des attitudes face à l'angoisse de ce monde absurde (sauf peut-être sur le choix musical). 

Comme le chantait Prince "We could all die anyday. But before I'll let that happen, i'm gonna dance my life away".



Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40 Jour 41 - Jour 42

24 avril 2020

#confinement jour 41 : contrôle d'attestation dérogatoire à Baltringuistan City

par
Rien de neuf en République Populaire du Baltringuistan au 41e jour d'un confinement qui craque de partout : Toujours pas de masque et pas de test. Nourriture, approvisionnement, masques: la solidarité s'organise dans les interstices béants de la machine rouillée d'un état ringardisé. C'est presque à se demander si nous ne sommes pas entrain de vivre le rêve humide d'Ayn Rand d'une population qui reprend en main les choses. On pourrait s'en inquiéter, j'y vois un signe de bonne santé collective. Curieuse parenthèse enchantée, très provisoire puisqu'elle peut tout aussi bien tourner au cauchemar. En attendant le quartier est devenu bien plus agréable à vivre lors de la période de confinement qu'il ne l'était avant cette période. Moins de voitures, plus d'air pur, moins de stress, plus de dialogue.  

Quand j'écris rien de neuf, c'est faux. Pour la première fois, à l'approche de la 7e semaine de paralysie du pays par les "autorités compétentes" : j'ai été contrôlé ce matin par trois fonctionnaires semi-masqués qui ont vérifié si mon jogging était bien réglementaire. 

Palpable déception chez les forces de l'ordre : il l'était. 

Résumons la situation : 

a / Je suis en sueur, essoufflé, non masqué : donc à ne pas approcher (je vous rassure : je n'approche moi-même personne).

b / 3 policiers avec des masques chirurgicaux (qui ne les protègent donc pas) s'approchent de moi (alors que je les avais vu à cent mètres et que j'aurais pu me tirer discrètement, voire les semer sans souci, si je n'étais pas en règle) 

c / Ils prennent donc le risque d'attraper un virus (ils ont manipulé mes papiers à 30 cms de mon souffle durant une bonne minute) pour contrôler que je respecte les règles dont le but est d'assurer ma sécurité et celle des autres. 

d / Peut-on plus absurde ? 

Ce contrôle matinal est l'image qui me restera de l'action de l'état en 40 jours : un contrôle inutile et potentiellement dangereux.

Le demeuré de l'intérieur, CriCri la Castagne, déclare fièrement ce matin que "15,5 millions de contrôle ont été réalisés lors du confinement pour. 915 000 PV dressés". Tout cela pour un total de 17 masques distribués et probablement des milliers de policiers contaminés dans la manoeuvre. Ces technoconnards vont réussir à coller un PV à chaque français avant même de leur avoir distribué le premier masque. 

Au début du confinement j'écrivais que l'Union Européenne était morte avec ce virus, c'est le pays dans sa version institutionnelle qui est pas loin d'être explosé. Pas étonnant qu'ils aient envie que tout revienne au plus vite comme avant. Encore trois mois à ce rythme-là et chaque quartier de France fera sécession. 



Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40

19 avril 2020

#confinement jour 35 et 36

par
J’ai de nouveau perdu le fil des jours. La chaleur dans l’appartement, les filles qui se chamaillent, les dernières touches au film réalisé pour la soirée, virtuelle donc, de mardi pour l'anniversaire des 4 ans de la mort de Prince, le flan du dimanche (aux noisettes cette fois) et une extrême fatigue depuis 24 heures. Pas de fièvre ni de toux, non juste une belle grosse fatigue résultat probable de la tension des derniers jours. J’ai totalement coupé les informations depuis 72 heures. Entendre ce gouvernement pérorer sur la date de livraison des masques est d'un ridicule consommé. Ça, nous n'aurons pas été en pénurie de point presse power point ces cinq dernières semaines. Leur parole ne vaut plus rien, qu’ils gardent plutôt leur salive pour le tribunal de l’histoire, en tentant d’esquiver nos crachats d’ici là.

Je regarde mes mains qui ne sont plus celle du vieux briscard des mers des premiers jours de confinement. Etonnant. Je n’ai pas le sentiment de moins me laver qu’au début du confinement et pourtant elles sont redevenues « normales », presque douces. Mystère des mains calleuses qui ne le sont plus. Même la peau s’y fait.

Je m’interroge aussi sur ces permissions de sortie qui ne sont finalement organisées qu’autour du lien familial comme si la vie ce n’était que ça. Combien de couples en union libre dans Paris stupidement séparés par le fait du Prince Macron, tandis que le même livreur Uber eats peut continuer de les servir l’un après l’autre ? Pas très disruptif comme vision de la vie : un papa et une maman, éventuellement des grands-parents (mais en EPHAD bunkérisé) et des auto-esclaves qui les servent. Pour les autres, restez chez vous. L’amitié ne vaut rien en macronie sanitaire, pas plus que l’amour libre. Non il faut juste « lisser la courbe », avant de « faire repartir l’économie ». Rien n’a changé au fond pour eux, nous ne sommes que des chiffres, de la data, du taux de létalité, de la recette fiscale ou du point de PIB. 

Evidemment toujours pas de masques, pas de tests, mais cela on a l’habitude. On est dans cette merde en grosse partie à cause d’eux. Ne pas trop espérer qu’ils nous en sortent. Quand ils parlent il ne rassurent qu’eux.

Il n'y aura pas de "monde d'après" viable avec ces gens. Jamais. 



Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  
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