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22 mars 2020

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#confinement jour 9

On parle de phase d’adaptation. Je n'y suis pas encore. Double peine des confinés en ville : cumuler l’isolement et la crainte de la promiscuité. Si on sort un jour de ce merdier, je développerai un plan B pour la prochaine pandémie. Il est hors de question que moi et mes proches crevions dans cette ville de merde avec la probabilité non négligeable d'avoir comme seule vision à l'arrivée du dernier soupir ce mur décrépi puant le pipi et fort opportunément tagué « aller niqué vos races en enfer » .

Frissons toute l’après-midi, je me crois atteint (évidemment), mais je pense que c’est juste la fatigue et le ciel gris. Aussi prévoyant que le gouvernement, je n’ai pas de thermomètre. Il s’est passé quatorze jours depuis mes vraies dernières prises de risque de contamination à savoir l'aéroport de Barcelone.

Suis-je contaminé asymptomatique, non contaminé ? Nul ne le sait, pas de test évidemment. On n’est déjà pas foutu de fabriquer des masques en tissu alors des tests pour chacun, on les aura entre Pâques et la semaine de l'inauguration de la nouvelle version de Notre-Dame. Non, pour un pouvoir usé, qui se refait une santé dans l'opinion, mieux vaut continuer à culpabiliser les individus et confiner en collectif. Ma seule évaluation : suis-je encore capable ou pas de faire du sport ? La réponse est oui donc je vais bien.

Je n’écoute que très peu les infos, me bloquant du matin au soir sur FIP avec quelques effrayants sauts de puce sur les chaines information.

Il parait que le climat législatif va se durcir. Vais-je seulement pouvoir alterner la garde de mes filles tous les trois jours comme nous l’avions envisagé alors que nous habitons tous les deux dans le même quartier ? Va-t-on devoir tous réhabiter ensemble, s’entasser plus pour supporter le confinement ? Si la logique sanitaire reste à prouver (j’espère qu’elle le sera), nous glissons peu à peu dans l’absurde. Pourquoi confiner si l’on peut continuer à travailler ? Pourquoi rester chez soi toute la journée, si inévitablement on se retrouve entassés à un moment dans les supermarchés métamorphosés en bouillon de culture ? Et comment confiner des immeubles avec cent appartements où tout le monde peut circuler ? Dans quel état désastreux va-t-on récupérer les couples qui se tapent déjà sur la gueule, les familles à 5 dans 40m2, celles et ceux seules dans une studette sans fenêtre (ah Paris…) ? Va-t-on devoir mourir d’une carie non soignée parce que la priorité c’est la pandémie ? Va-t-on devoir rester bloquer deux mois dans un ascenseur en panne, parce que « dépanneur » est devenu une activité « non essentielle » ? Va t-on devoir mettre un militaire derrière chaque civil ?

Si les sacrifices d’un confinement de quelques semaines sont nécessaires, il faut s’interroger sur les conséquences sociales, mentales, physiques et économiques d’un prolongement de la durée ou d’un durcissement. Quelle est la logique finale d’un confinement total ? Finir par tirer à vue sur les gens pour les protéger d’eux-mêmes ? Que des policiers sans masque mettent en prison pour leur santé des types à plusieurs dans la même cellule ? Quelle est la logique économique d’un suicide pour éviter l’hécatombe ? Tout cela parce qu’on n’est pas foutu de fournir des tests pour identifier des porteurs sains. Retournons tous dans nos cages regarder des publicités pour un monde dont on ne plus profiter. Nous sommes tétanisés par la peur et prêts à obéir. Nous voulons l’armée, nous voulons sacrifier nos libertés, nous encensons un pouvoir que nous détestions il y a deux semaines.

Mon quartier (les limites de notre nouveau monde) pourtant respecte plus ou moins les règles et se discipline jour après jour. Il y a toujours des exceptions ça et là, mais de moins en moins jour après jour. On se parle de loin en achetant une baguette, mais on se parle encore. Est-ce trop encore ou doit-on déjà se considérer comme criminel de guerre ? Dans ce cas-là, j’en connais d’autres sur la liste, bien plus haut placés, qui ont permis à des milliers de parisiens plus thunés dirons-nous, d’aller contaminer en SUV hybride le territoire entier.

Derrière les exemples désastreux d’apéros clandestins ou de barbecue sur les plages, j’espère (encore un peu) que le gouvernement et les maires feront un peu plus confiance au sens de la responsabilité de l’écrasante majorité des Français.


3 commentaires:

Nicolas Jégou a dit…

J'ai réussi à m'habituer. Au début, j'avais le bourdon mais peu de temps. C'est au niveau alimentaire que j'ai plus de mal, je le racontais un peu hier. J'ai la chance d'avoir un boulot qui peut se faire beaucoup au téléphone ou via des outils genre skype donc je n'ai pas la sensation d'isolement. Hier, sans travailler, je n'ai pas vu le temps passer. 4 coups de fil rapides.

Sinon, je pense que tout le monde se pose les mêmes questions.

OliverTrets a dit…

Cette série de billets de blog concis et complets nous permet de nous abstenir des chaines d'info et des réseaux sociaux, tout en se sentant beaucoup moins seul.
Merci

Marc a dit…

Salut,

Sympa de te lire à nouveau (je regardais tes vidéos il y a fort longtemps oh combien pertinentes)
Tu évoquais hier la stratégie du choc (excellent bouquin de N Klein) et la loi instaurant l'état d'urgence sanitaire vient d'un coup balayer les 35 hrs, tiens tiens! C'est exactement ce qui se passe, le gvt profite d'une situation de crise pour mettre en place des mesures antisociales et dans l'indifférence générale. Cette loi que je qualifierai de Loi travail n°3, a été votée sans limite dans le temps ... et je n'entends pas l'opposition s'exprimer à la radio. Et va falloir s'accrocher pour les faire revenir en arrière.
On a donc accordé des aides aux entreprises (et un grand nombre d'entre elles en ont besoin c'est indéniable, mais d'autres NON), on a tapé dans la CPAM pour que les gens puissent se mettre en AM alors que bon, rester chez soi c'est pas exactement être en AM (il aurait peut être fallu reconsidérer quelle branche sociale paie - attention je ne remets pas du tout en question le principe, mais m'étonne juste de la manière dont le gvt use finalement du droit à l'AM pour autre chose, un peu à la manière des patrons, qu'ils sont tous en fin de comptes à LREM), on permet aux entreprises de mettre en place du chômage partiel (et les abus sont déjà là), on ne gèle pas les procédures de licenciement (mais par contre pour les Prud Hommes tu peux aller te brosser)

bref l'état a beaucoup donné aux entreprises
et une fois qu'on se sera tous plus ou moins remis de cette petite gripette qui nous pend au nez, eh ben va falloir peut être trimer 45h payées 35 !
Comme dirait Didier Super c'est pas la crise qui va nous tuer, c'est l'après crise !
Bon courage à toi.

Marc

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