Les derniers articles du blog

17 juin 2024

C'est (enfin) la lutte finale !

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Bref, on la croyait décédée : la NupesV2 est lancée. L'élite des partis, toute honte bue et toute dissension camouflée, prête à tout pour sauver ses sièges et ses salaires suite ces élections législatives anticipées, s'unît autour d'un programme commun délirant à base de distribution de pognon général sans comprendre qu’en cas de majorité absolue, elle sera le bouc émissaire final du coup de massue des marchés comme Tzipras en Grèce il y a quinze ans (indice : tout avait commencé avec une histoire de Jeux Olympiques). 

Au delà de son attelage improbable de gens opposés sur tout, le programme du Nouveau Front Populaire est étonnant, en direct des années 1980 : en tête l'accélération du laxisme migratoire, des régularisations à gogo, la défonce du droit de propriété et la distribution de pognon en visant « les riches » (note que les vrais riches sont déjà des champions de l’optimisation fiscale et que le coup de massue sera pris par les CSP+ qui savent lire un programme selon leurs intérêts immédiats). 

Côté tambouille interne, alors que LFI ne représente que 9% des votes du 9 juin, le parti de Melenchon se retrouve avec plus de 50% des candidatures. Les mecs ont passé les deux dernières années à faire les clowns à l'assemblée et ça veut être reconduit ? 

Les cadres sont des crampes, les militants ne pensent plus. Cette gauche, sous tente à oxygène le reste de l’année, ne se réveille désormais que par spasmes de survie à la perspective d’un RN à chaque échéance électorale, celle-ci est plus sérieuse. En un claquement de doigts, les agents dormants du macronisme bricolent de belles affiches (faut reconnaitre) et nous jouent Avengers End Game : la lutte finale

Je suis fasciné par cette capacité de Reset à chaque élection. C'est le jour sans fin des castors en cercles fermés sur les centre villes assiégés par le monde réel. Aucune auto critique sociétale (leur wokisme imbitable est un repoussoir pour neuf personnes sur dix), aucune considération au sujet des messages passés sur le contrôle de l'immigration, le niveau de violence, et une mauvaise analyse au sujet du déclassement.

C’était quoi les défilés de samedi à Paris ? Des associations, la partie de la fonction publique pas encore totalement précarisée, une surreprésentation du monde de la culture, des jeunes hors du monde du travail et quelques fils à papa de quartiers bourgeois qui vont taguer « No pasaran » sur des monuments lessivés chaque samedi par des ouvriers à 1200 balles par mois qui se tapent deux heures de RER pour ça. Je passe sur la présence des drapeaux palestiniens (faudra qu’on m’explique un jour le putain de rapport avec nos scrutins) qui au fond ne me choque que lorsque je l’oppose à la totale disparition du drapeau français des mêmes cortèges. 

Ce qui fascine, que ce soit sur les affiches ou les slogans, c’est la non prise en compte sérieuse du vote ouvrier/employé/salarié. Pour eux les électeurs RN, de droite en général, sont toujours au choix des ploucs/des demeurés et des bourgeois (tous évidemment des fachos cela va de soit) et tout est la faute à Bolloré. On note d’ailleurs à quel résultat ce boycott des chaînes en question a contribuer à les mener. On peut dire la même chose du barrage républicain : le « barrage républicain » marchant de moins en moins bien depuis trente ans, continuons à barrer ça finira bien par marcher. Et dire que ces gens, fiers de cette construction mentale (nous et les méchants) ajoutent dans leur raisonnement, sans condescendance aucune, que c’est l’absence de diplômes qui conduit à voter RN… 

En même temps, ils ne vont pas résoudre en trois semaines ce qu’ils refusent de voir depuis trente ans. Ils se pensent sincèrement la solution alors qu'ils sont une bonne partie du problème. Un jour ces gens vont prendre le mur de la réalité dans la tronche. Ca va être douloureux, mais on aura de belles affiches.

12 juin 2024

#Legislatives Les lendemains qui déchantent

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Quelle émotion ! 

Apres les résultats des élections européennes et le score historique du RN, qui fait plus du double du second, les journalistes de BFM, Quotidien ou Mediapart semblent découvrir qu'il existe une forme de vie développée au-delà du boulevard périphérique parisien. 

Les questions fusent et s'entremêlent avec des trémolos dans la voix : "Pourquoi ?" et "comment la détruire ?"

Suite à l'annonce de la dissolution par Macron le vexé, et comme à chaque déconvenue face à la réalité, mais aussi pour sauver leurs sièges dans une législative anticipée, les cadres de gauche en sont retourné d'instinct à agiter de la pensée binaire chez leurs sympathisants en faisant fi de leurs incompatibilités pour se ratatiner sur ce qu'ils savent faire : des pétitions et des leçons de morale à la France entière.

Ils se (re)lancent dans une grande quinzaine de l'antifascisme en s'appuyant sur une mythologie interne qui ne parle plus à personne hors de leur monde en vase clos (et même à l'intérieur on n'y croit plus vraiment). Le front populaire, sérieusement ? Mais il est déjà là. Il a voté le 9 juin. 

Alors d'un coup Gaza n'existe plus, les deux ans de bordelisation systématique de l'assemblée par les députés NUPES (qui ont contribué un peu plus à écœurer la population de voir la gauche au pouvoir) n'existent plus. On verra si ça marche, mais j'ai des doutes pour cette fois. Faudrait pas trop prendre les Français pour des cons, même si c'est un peu la base de nos gouvernances successives depuis un paquet de temps. D'autant qu'on sait comment à chaque à fois cette équation des forces autoproclamées progressistes se termine : par le vote pour Macron ou un de ses clones. 

A droite, c'est à dire à minima 60% des Français, et là où se définira la couleur de la prochaine assemblée, les choses se disputent un peu plus. Eric Ciotti, le président des LR s'est déclaré pour une alliance avec le RN et s'est immédiatement attiré les foudres de ce qui reste du parti (étant entendu que  les cadres LR n'ont pas saisi qu'une large partie de la base vote déjà RN). 

Là dessus Macron, celui que tout le monde déteste, laisse entendre qu'il interviendrait 3X par semaine à la télévision dans cette campagne pour... pourquoi ? On a du mal à saisir tant il est responsable par la haine qu'il suscite, à gauche au milieu et à droite, du pitoyable résultat de la liste Renaissance aux Européennes. 

Je n'en peux plus des hypothèses alambiquées sur une machiavélique stratégie de sa part alors que ce type ne démontre, propos après propos qu'une seule chose : sa déconnexion complète avec la réalité de ce que vivent 99% des gens qu'il est censé défendre. C'est un vulgaire manager toxique de supérette qui, dans la réalité du monde du travail, se serait déjà fait écarter par la maison mère suite à l'accumulation de plaintes pour harcèlement et suite à ses mauvais résultats financiers. Il ne comprend juste toujours pas pourquoi plus personne ne l'aime, et ça le rend encore plus dingue (la lucidité aurait été de démissionner). C'est en cela qu'il est dangereux (ça fait juste 7 ans que je le répète)

On se dirige donc tranquillement, à moins d'un faits-divers (tient bizarrement ça aussi ça a disparu des ondes) ou d'un attentat qui redistribuerait les cartes, vers une assemblée à l'image de celle d'aujourd'hui : avec plus de RN, plus de NUPES et moins de macronistes (et ça c'est toujours bon à prendre). 

À bientôt pour le prochain épisode



10 juin 2024

Le déni n'est pas une strategie

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Et bien quelle soirée électorale les amis ! Pas vu autant de tension depuis le psychodrame de la COCOE (seuls les vrais savent). 

Quelques notes vite fait... 

En préambule, on saluera la performance de Macron qui, de sa morgue, de ses 49-3 en cascade et de son ingérence médiatique à la limite du harcèlement dans cette campagne européenne, aura tout entrepris pour la perdre. Il ira jusqu'à faire disparaître dans les résultats la cause européenne qu'il était censé défendre en annonçant dans la foulée une dissolution de l'AN : chapeau l'artiste ! 

Ceux qui lui prêtent une quelconque visée stratégique avec l'annonce de la dissolution de l'AN sous-estiment l'égocentrisme de cet individu qui n'a jamais été élu nulle part avant qu'on lui serve la présidence sur un plateau. Le gamin est vexé, il fait donc popo sur le tapis. Son jouet du barrage républicain va lui peter à la gueule et c'est bien fait. 

1er bilan : le divorce acté France du réel / Bulle parisienne. 

Le RN est premier partout. Dans les départements, 94% des villes et villages, même dans des bastions historiquement de gauche, il double à Crepol... bref partout sauf à Paris et les grandes villes avec revenu moyen/hab nettement plus élevé qu'ailleurs (soit les foyers d'émission d'à peu près 100% de la classe dirigeante et médiatique). 

Le vieil adage "les vieux votent RN" est faux aussi. Les +70ans votent comme les -30ans (25% RN). En revanche, le monde du travail a lui voté à 50% pour le RN (c'est ce chiffre qui devrait réellement terrifier la gauche si elle avait encore le sens du réel, au lieu de trépigner sur son tabouret en crachant "bou les messants fassisses et les sales rassisses !" sur la moitié des salariés).

2e bilan : le déni ne paye pas. 

Les motivations du vote RN : pouvoir d'achat, insécurité liée à l'immigration incontrôlée. C'est pourtant clair. Mépriser le ras-le-bol général (salaires de merde, inflation et leçons de morale, insécurité, crimes impunis et à l'inverse accusations en cascade pour juste évoquer ces crimes impunis... ) pour tout miser les JO comme rebond économique (côté Macron) et l'écriture inclusive comme progres social (à gauche) n'est pas une stratégie viable. Comme le souligne un twittos "Reglez les problèmes des gens ( les coups de couteau dans la rue, les meurtriers sous OQTF et en liberté, les pastèques à 25 euros, les salaires inférieurs aux retraites etc )" et là peut être vous aurez un recul du parti qui est à peu près le seul à avoir mis ces thématiques sur le tapis. En son temps la gauche a fait des efforts, mais pour un ensemble de raisons (allant de la germanopratisation de ses cadres à la récente fixette sur la Palestine de ceux qui étaient jadis, dans un passé très lointain, les défenseurs des ouvriers) ils sont devenus inaudibles et pas crédibles au delà de leur fan club sur Twitch.  

3e bilan : c'est le retour annoncé de la saison des Castors 

Visiblement, ce lundi matin continuer à traiter Les Français de fascistes reste le seul programme commun à gauche (avec le succès que l'on connaît) donc on va repartir pour un tour. Je vous économise 3 semaines de drama interne : Sans l'ombre d'une auto-critique, la gauche dans sa grande majorité ira voter Macron/Glucose et "combattre les idées". Comme d'hab. (Note que je suis curieux quand même de voir la tronche de "l'axe du bien" Jerome Cahuzac/Rima Hassan).

Voilà quelques notes en ce lundi matin, mais je sens qu'il va y avoir du Comedy Club dans les jours à venir et donc d'autres notes.



2 juin 2024

Hold-up sur les indemnités chômage

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À l’heure européenne, on peut se demander à quoi servent notre président et sa ribambelle de ministres inconsistants ? 

On peut résumer leur action à cinq axes : 

1 / Distribuer du pognon. Beaucoup aux amis et juste ce qu’il faut aux pauvres pour les calmer et les rendre dépendants. 

2 / Emmerder au quotidien les Français pour leur rappeler qui c’est le patron.

3 / Commémorer dates et emblèmes d’un pays qui disparait (ravagé économiquement par leurs prédécesseurs, à l’identité et la substance détruites à chacune de leurs réformes).

4 / Gouverner par opportunisme, au jour le jour. Entouré de conseillers grassement payés passer d’une opération de com’ à une autre, en guise de "vision stratégique". 

et last but not least… 

5 / Rembourser la dette. 

Cet impératif de la dette plane comme un spectre, conditionne les discours, justifie actions et renoncements. Des gens meurent faute de personnels dans les hôpitaux ? Les services publics ne sont plus assurés ? Des routes s’effondrent ? : 
"- On n’y peut rien ma petite dame, La France est trop endettée, d’ailleurs on va vous taxer un peu plus". 

Entre deux cris d’effroi, nos élites se défendent avec assurance : 
"- Le pays ne peut pas faire faillite. C’est la France tout de même, ma petite dame !". 

Néanmoins, pour rassurer les prêteurs, l’Etat est amené à présenter régulièrement quelques brebis sur l’autel du sacrifice. 

C’est ainsi que pour la troisième fois en cinq ans, la deuxième en deux ans, le premier ministre Gabriel Attal annonce une nouvelle réforme du chômage qui passera par décret (allez hop, ce sera jamais que le huitième en 6 ans sur le sujet). Oui vous me direz c’est gonflé de la part de quelqu’un qui ne connait pas le chômage (rapport qu’il n’a jamais connu le travail) mais la crédibilité de ces sots n’est même pas la question ici. 

En quoi consiste la réforme ? 
Alors qu'il fallait jusqu'à présent avoir travaillé 6 mois lors des 24 derniers mois pour toucher l'allocation de retour à l'emploi, il faudra avoir cotisé 8 mois sur les 20 derniers pour les moins de 57 ans. Pour les plus de 57 ans, il faudra avoir cotisé au moins 8 mois sur les 30 derniers, contre 6 mois sur les 36 derniers à 53 ans. La justification est de favoriser "le retour à l'emploi des seniors". 

Comme si moins les indemniser allait résoudre le problème de leur non-embauche...

Pourquoi cette réforme ? 
On se le demande alors que les caisses de l’assurance chômage sont excédentaires de 1,6 Milliards en 2023. La dernière réforme a-t-elle même fonctionné ? Oui, à réduire les droits des chômeurs. Le chômage, lui, a augmenté de 0,4% au premier trimestre 2024. Une réforme pour réformer la réforme s'impose.

Quels sont les effets prévisibles de cette réforme ? 
Creuser encore un peu plus le fossé entre ceux qui sont en CDI et les précaires de l’emploi, souvent les moins de 25 ans et les plus de 50 ans qui vont se retrouver pour beaucoup sans aucune indemnité. Ce qui est déjà le cas de près de la moitié des chômeurs. 

Les réformes de l’Assurance chômage entrées en vigueur en 2021 touchent prioritairement les intérimaires, les personnes en fin de CDD et les jeunes. En effet, 9 intérimaires sur 10 et la moitié des jeunes ont été impactés par ces réformes note l'Unédic dans son premier bilan de la réforme de 2023. 

Il n’y aura aucun effet notable sur l'emploi de qualité. En revanche, cela contribuera encore à coller les salaires au plancher. La réforme favorisera le maintien d’un vivier de précaires prêts à tout à n’importe quel salaire, tout en nivelant les salaires de ceux qui ont un emploi. N’est-ce pas le résumé de l’action  des dirigeants Français dans le domaine de l’emploi depuis 30 ans avec le succès que l’on sait sur l’économie et le pouvoir d'achat ? On ne peut pas attendre de nos élites de penser aux effets économiques d’une réforme dont l’ambition est avant tout symbolique. Doublement symbolique même, il s'agit de : 

1/  Envoyer un signal au marché : "- On maitrise les gars, continuez à prêter !".

2 / Envoyer un signal aux Français : " - Les chômeurs sont des feignants, d’ailleurs les travailleurs sont aussi un peu des feignants, d'ailleurs vous êtes tous des feignants (sauf les riches) et ma petite dame, le problème c'est que Les Français ne travaillent pas assez !". 

Manque de bol le calendrier s’est emballé et, à une semaine d’une élection européenne tournant au référendum anti Macron, le premier ministre se retrouve à annoncer une réforme profondément antisociale (appauvrissement concret des jeunes + baisse du pouvoir d’achat + n-ième changement des règles et détournement de fonds) pour calmer les marchés. 

Faut dire, Standards ans Poors dégrade la note de la dette française. Houlala. Ça c'est de l'insécurité, de la vraie. 

Dans une interview au Parisien, l’inénarrable Bruno Lemaire, super héros, auteur médiocre de soft-porn de gare et très accessoirement ministre de l'Economie, assure que cette dégradation n’affectera pas les Français au quotidien. Au même moment, l'annonce de cette réforme chômage par Gabriel Attal, démontre explicitement l’inverse. Même dans leur communication, ils sont mauvais. 

M'est avis que ça mérite un licenciement sec et sans indemnités. 

29 mai 2024

Comment la gauche s'enterre ?

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À la demande d’un lecteur qui m’interrogeait sur la curieuse disparition en ligne des interviews de Jean-Luc Mélenchon effectuées avec des camarades blogueurs il y a 14 ans, je me replongeais récemment dans leur contenu et mesurais le canyon de désolation qui sépare le Mélenchon de 2010 de celui de 2024. 

Reposons le contexte : En 2010, Mélenchon vient de quitter le PS et a créé le Parti De Gauche. Toute la classe politique le prend pour un rigolo. Mélenchon incarne alors un modèle de renouveau la gauche sociale, plus musclée et plus « littéraire », face à un socialisme totalement dévoyé. En un mot, Mélenchon c’était l’espoir d’un retour à une gauche plus « pure ». Oui, je sais, lancé comme ça 14 ans après ça peut paraitre un peu foufou. 

À la réécoute, la prose Mélenchonienne d'alors me parait pesante et je m’étonne de cette fascination qu’il exerçait sur nous mais il faut lui reconnaître de bonnes analyses et un art assuré de la punchline. En outre, il s'exprimait bien mieux que la concurrence d’alors y compris, et surtout, à gauche. 

Sur les 4 heures d’interview, nous n’avions diffusé en 2010 que la partie consacrée à son rapport conflictuel avec les médias. Je n’ai pas encore revisionné l’intégralité des rushes réalisés peu avant la campagne électorale des régionales de 2010 mais je peux garantir une chose : jamais les mots Islam, musulman ou Palestine n’ont été prononcés et il n’a pas été question de religion ni de communautarisme. Tout ce qui est devenu son fond de commerce politique en 2024 n’était même pas dans son champ des possibles idéologique en 2010. Moi ou un des blogueurs présents aurions tenu le quart de la moitié du discours que tiennent lui, ses députés et ses candidats LFI en 2024, que le Mélenchon de 2010 aurait mis fin à l’interview en déclarant que l’on ne discute pas avec les obscurantisme et les fachos. 

Mélenchon parlait alors des gens. Etait-il déjà dans le cynisme et le calcul électoral d’une union des anti sarkozystes ? Oui probablement mais au moins contribuait-il, sans discriminer, à faire avancer la question sociale et la contradiction économique dans un débat politique verrouillé par les éléments de langage des soldats UMP qui, eux, soufflaient alors sur les braises du communautarisme.  

Aujourd’hui, fort de la percée de LFI à l'Assemblée en 2022, Jean-Luc Mélenchon est le gourou prédicateur d'un camp de petits-bourgeois putchistes à la dérive. La Palestine est devenu le sujet unique de la campagne LFI pour les européennes. J’imaginais que LFI s’intéressait à la défense des travailleurs français et de leurs intérêts, mais il semble plus important d’aller grossièrement tapiner quelques voix, qu’ils n’auront pas d’ailleurs, en brandissant du drapeau Palestinien à l’assemblée ou de branler de l’antisémitisme dans les universités de fils-à-papa. 

Ce qui est valable pour LFI vaut pour EELV, l’autre grand perdant des sondages. Déjà bien mal en point avec son discours castrateur sur l’écologie dont chacun comprend peu à peu les effets indésirables à l'heure de l'inflation, EELV s’enfonce encore un peu en focalisant sa communication hors-sol sur des sujets anecdotiques. J’entendais encore hier une sénatrice EELV défendre les bloqueurs de puberté pour les mineurs qui veulent changer de sexe (vous savez ces enfants qui ont besoin d’une autorisation parentale pour se faire tatouer, mais à qui le lobby pharmaceutique applaudit des deux mains pour leur faire subir des protocoles coûteux et irréversibles pour changer de sexe parce que, bon, les choupinets ne sentent "pas biens comme ça"). Non la question des « trans » n’est pas un sujet. On ne fait pas de 0,00000001% de la population un axe de campagne politique sérieux. La défense de minorités, c’est le boulot des associations, pas des partis politiques visant les plus hautes responsabilités. On parle de la déconnexion du gouvernement avec les Français, c’est faire peu de cas de la stratosphère urbano boboïque sur laquelle orbitent les élu.e.s EELV. Les soucis et journées d'ielles ne correspondent en rien au réel de la majorité des Français. J’imaginais que EELV avait comme priorité l’environnement, le combat contre les industriels, le mal-logement, et non la définition de ce qui doit être ou ne pas être dans votre slip de vos enfants. De même, j’aurais aimé les entendre défendre le « mon corps, mon choix » au moment où le pouvoir entreprenait un coup de pression national pour vacciner en vain et à l’aveugle toute la population. Non là bizarrement c’était silence radio. 

Depuis quelques mois une idéologie mortifère émane et domine à gauche. Dans la parfaite continuité des thématiques mises en avant par la macronie, on y parle plus que des menaces sur l'avortement (comme s'il était en péril), "droit à l’enfant" et utérus à louer, changement de sexe (euphémisme pour mutilation), marchandisation des corps comme conquête individuelle et euthanasie comme unique avancée sociale. Comment la gauche s’enterre n’est pas une question mais un constat qui me désole. Depuis sa percée à l’Assemblée nationale (occasion en or transformée en fiasco en moins de temps qu’il faut pour le dire), LFI est un repoussoir transpartisan. Ils auront réussi cette union-là. 

Chez EELV, les cas sont à la fois plus simples et plus graves. La naïveté stratosphérique est confondante chez certaines des têtes médiatisées. Beaucoup croient sincèrement à leurs conneries. Le wokisme ambiant leur a juste permis de passer en vitesse démultipliée, sans plus aucun filtre de raison ou de décence. J’entends par wokisme : gommer tout discours de lutte sociale ou économique pour piédestaliser la défense de communautés et plus largement de « la victime » d’une oppression (généralement blanche, catholique - même de très loin - et masculine de plus de 50 ans). 

C’est bien là l’écueil des élites d’extrême-gauche qui pensent se refaire une santé sur le créneau de la défense hypocrite des minorités, des opprimés fantasmés et des causes délocalisées les plus hors sujet possibles. La médiatisation de leurs outrances permet une exposition médiatique, mais ce faisant ils clivent l’opinion. Mais comme c’est aussi leur seule façon d’exister dans cet éco-système du spectacle fonctionnant sur le buzz et le clash, ils resserrent le discours sur ces seules thématiques. La conséquence est de mettre en avant et de griser leurs militants les plus timbrés, tout en se vidant progressivement de leurs sympathisants et de leurs électeurs plus rationnels, les plus nombreux. 

Ainsi, dans un de ces paradoxes qu'aurait pu souligner le Mélenchon de 2010, le succès médiatique de LFI lui assure son échec électoral (l'esprit taquin notera que c'était le rôle qu'occupait le FN dans cet éco-système jusque-là). 

Ça demandera confirmation sur cette élection, et surtout les suivantes, mais si l’on fait une synthèse de tous les sondages à quelques semaines des votes, celui de gauche se tasse dans ce pays et celui de droite se renforce. Selon sa propre grille d’analyse de l'extrême-gauche, le combat qu'elle mène contre l’extreme-droite depuis des décennies est un échec. Pensez-vous qu’il y aura une remise en question, une fois le Rassemblement National au pouvoir ? Non. La réalité ne leur convenant pas, ils la tordront encore un peu plus. Et dans ce grand récit picaresque des bons (nous) contre des méchants (tous les autres), ceux qui ne sont pas de son avis seront encore et toujours des connards d'intolérants à détruire. 

Le jour où les auto proclamés progressistes arrêteront de prendre de haut leurs contemporains en leur  assénant à coup de moral et de menaces ce qu’il est autorisé de penser ou non, la gauche comme alternative politique aura fait un grand bon en avant dans la crédibilité et l’on songera peut-être à considérer Mélenchon et ses disciples dans la course aux élections avec autre chose que la plus grande des méfiances.





24 mai 2024

Le rêve européen ou la dégringolade française

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Les chaînes d'info-feuilleton mettent le paquet, le service public télévisé titre chaque débat de la campagne L'évènement et, vous l'aurez perçu, il y a comme une fébrilité gouvernementale à l'approche de la raclée promise pour les tocards de Renaissance. Le 9 juin, le peuple est convoqué à voter « pour l’Europe »  à travers l’élection de ses représentants nationaux au parlement européen. Vous avez bien compris bande d'abrutis : c’est la démocratie et il convient d’être pour l'Europe sinon c’est le fascisme. Décréter ce qu’est le fascisme suffit t-il à définir par défaut ce que serait la démocratie, c’est à dire tout le reste? Mm...

Dès que l’on se penche un peu sur le cas de l’Union Européenne avouons qu'on n’est plus totalement dans le domaine démocratique. 

1/ C'est quoi l’Union européenne ? 

En préalable à tout débat sur l’importance de la prochaine élection, rappelons que l’UE telle qu’elle est aujourd'hui c’est d’abord un truc CONTRE lequel les Français ont voté par REFERENDUM en 2005, mais qui leur a été imposé deux ans après par de grands démocrates.

L'UE c’est un truc autoritariste, réunissant dans une spirale sans fin des pays (dont on ne sait plus trop le nombre et qu'on ne connait pas) qui n’ont rien en commun, culturellement, socialement ou historiquement. Le tout est dirigé par des gens non élus. Le parlement, lui, est là pour la décoration, les virgules dans les paragraphes dictés par le lobby du moment, et les rentes conséquentes des députés qui y pantouflent. 

Alors que nous avons la même monnaie depuis 20 ans, et que chaque pays a perdu sa souveraineté dans presque tous les domaines, les pays de l'UE n’ont jamais eu de fiscalité commune. La conséquence de cette stupidité (à croire que c'était conçu pour) est de favoriser un dumping salarial interne à l’union. Comme si notre notre répugnance nationale au protectionnisme ne suffisait pas, La France s’est tirée une balle dans le pied supplémentaire en se mettant en compétition avec des pays « alliés » dont la principale qualité est d'être autant de paradis fiscaux ou de proximité pour travail à bas coût. 

On a beau connaître le contexte historique et comprendre les traumatismes qui ont favorisé cette union, je me demande encore ce que La France (qui construisait tout il y a encore 60 ans : voiture, textile, machines, une France qui était autonome et en pointe sur l'énergie électrique, pouvait nourrir son pays seul, possédait l’arme nucléaire) est allée foutre dans cette galère où elle ne pouvait que perdre des plumes. Au nom d’un rêve d’Etats-Unis d’Europe, la France a tout abandonné. Nous voulions devenir les Etats-Unis alors que nous étions les Etats-Unis. 

En attendant, ces quinze dernières années La France s’appauvrit à vue d’oeil. En comparaison, depuis 2009, le PIB par américain a progressé de +80% par rapport au nôtre. 

Regardez autour de vous alors que vous lisez ces lignes : plus rien ou presque de ce que vous voyez à ce moment précis n’est construit en France. Je tape ce texte avec un ordinateur américain fabriqué en Chine, via un logiciel que je loue à une entreprise qui optimise sa fiscalité hors de l’UE pour y payer le moins d’impôt possible. Et après avoir inventé toutes les technologies pour se les faire chaparder, tandis que nous étions tout occupé à « construire l’Europe » ces 40 ans dernières années, La France a raté le train des nouvelles technologies. Toutes les entreprises qui contrôlent nos données et dictent notre environnement numérique sont étrangères et n’existaient pas la plupart il y a 30 ans. Consolons-nous en nous disant que cette fois nous n’avons même pas eu à perdre notre "souveraineté numérique", nous ne l’avons jamais eue. 

...Ah oui mais maintenant on a le nutriscore et des bouchons en plastique collés à la bouteille. Ça valait bien quelques sacrifices non ?

2 / Alors pourquoi voter ? 

Je suis étonné qu’il y ait encore un électeur sur deux (prévu) pour cotiser à ce simulacre quinquennal de démocratie visant à légitimer symboliquement le cartel de non élus à sa tête et dont le seul but visible est de démanteler, un à un, les services publiques de chaque pays et d’arracher à ces derniers toute trace de spécificité culturelle. 

Adolescent des années 80, on m’a servi de l’Europe à toutes les sauces. Ça allait être merveilleux, on allait pouvoir voyager sans passeport, les pays disparaitraient, il n’y aurait plus d’inflation et pas de guerre. 40 ans après, il n’y a que les marchandises et les clandestins qui voyagent vraiment librement dans l’union. L’inflation y explose. On n’y parle que de guerre et les nationalismes ne se sont jamais aussi bien portés. Les pays ont perdu le contrôle de leurs frontières, de leur création monétaire et l’UE est l'alibi de nos gouvernements locaux pour justifier leur impuissance crasse : « c’est pas nous, c’est l’Europe ». Purée oui, un vrai succès. 

Je n’avais pas quinze ans que j’avais l’intuition que ce machin que l’on me vendait de force à l’école du progrès fleurait bon l’arnaque de VRP en canapés contrefaits. J’ai voté contre Maastricht dès que j’ai en ai eu le droit (opinion impopulaire à l’époque dans ma classe d’âge) et non au référendum en 2005 (là nous étions passés à 55% à la grande surprise de la clique aristomédiatique, globalement la même qu’aujourd’hui). 

Désormais tout vote pour un candidat qui se déclare pro-européen serait du masochisme. Bien sûr, se déclarer pro européen est la cotisation obligatoire pour entrer dans le club fermé de la représentation médiatique. Sinon bien évidemment je le rappelle : tu es fasciste. 

 3 / La fin de l’Europe 

Aujourd’hui la question est entendue : le futur est dans le local, le plus loin possible de cette union contre nature. Et si l’on posait la question par référendum d’une sortie de l’Europe aux habitants des pays de l’union en carton, le « Non » l’emporterait massivement. Plus aucun gouvernant ne s’avance d'ailleurs à poser la question depuis le Brexit. Malgré ce qui nous est répété du matin au soir, aucun européen ne veut vraiment au fond de lui de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, sauf peut-être les Ukrainiens (alors qu’ils sont russes va comprendre).

J’ai désormais la conviction que la plupart des gens de ma génération, après avoir vu sa création, assisteront à l’effondrement de ce bazar conçu sans les peuples et contre les pays. Comme quoi j’aurais connu le cycle complet tel un un prototype lambda de la génération « GUE », les gogos européens a qui on aurait fait miroiter de l’utopie et de l’ouverture pour leur faire gober un quotidien de privations et de stagnation salariale, de restrictions des libertés et une dégradation de la qualité de vie, de la culture et de l’alimentation.

Notez qu’il est déjà assez savoureux, et parfaitement logique, de voir le parlement européen (cette chambre de validation législative des désirs des plus grosses compagnies mondiales) basculer pays après pays, scrutin après scrutin, aux mains de ceux qui, historiquement, n’en ont jamais voulu.


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