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Les derniers articles du blog

3 septembre 2019

Comment Jean-Michel Blanquer détruit le bac et renforce les inégalités sociales et territoriales

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Prenons quelques secondes pour expliquer la mascarade qu'essaye de faire avaler à l'opinion publique le ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer, au sujet de sa réforme du bac et du lycée. 

L'arnaque de Blanquer avec le "choix" des options pour les lycéens est assez simple. Tu es "libre" de choisir des options qui te font plaisir. Youpitralala le lycée, ça devient sympa !

Seulement le système de sélection des études, lui, n'a pas changé. Enfin si dans sa méthode. Ça s'appelle désormais "ParcourSup", une base de données RH qui applique les méthodes de surbooking des compagnies low-cost. 

Donc avec tes options qui te font plaisir, tu te retrouveras peut-être avec une scolarité et un Bac qui t'écarteront d'office de certaines études. (SPOILER : si t'as pas des maths dans ta sélection t'es mal).

Et là Blanquer, ou le clone libéral suivant, te dira : "- Tu veux faire astronaute ? Bah non ce sera coiffeur. C'est de ta faute mon grand, tu as fait ton choix en 3e !". Mince, c'est pas très tralala ça, on m'avait dit pourtant que c'était l'école de la confiance, mais j'avais pas lu les petites lignes en bas du contrat !

Le système de filières et d'initiés existe toujours, il est même renfoncé, mais il est camouflé et surtout, surtout, tu deviens l'acteur de ta discrimination (par un choix effectué en 3e sur lequel tu ne pourras plus revenir). En Macronie, quand ça ne marche pas : cherche pas, c'est de ta faute. 

(PS : Pour peu que ton lycée soit dans une "zone" l'affaire est pliée directe puisqu'avec l'évaluation tout au long de l'année le bac perd sa dimension nationale et devient local. Il n 'aura pas la même valeur d'un bahut à l'autre).


9 avril 2019

Grand débat et fiscalité : la bullshit therapie

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Parmi les distractions du "grand débat pour occuper les médias", nous notons la baisse souhaitée de la fiscalité par les français (tout de suite interprétée par notre gouvernement en volonté de baisse de l’impôt sur le revenu).

Avec toutes ses imperfections, l’impôt que l'on paye à proportion de ses revenus est juste (dans le principe). La moitié des français est d'ailleurs trop pauvre pour en payer, à la différence de la TVA payée par tous (y compris les plus pauvres). Le SDF et Vincent Bolloré s'acquittent du même montant de TVA que ce soit sur leur paquet de nouilles ou leur Porsche Cayenne.

De réduction de la TVA il en est pourtant nullement question dans les conclusions gouvernementales. J'ai même croisé sur une chaîne de télé hier soir une Sibeth Ndiaye, toute honte bue, nous expliquant comment une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité appauvrirait au final les français.

Il s'agit à travers ces gesticulations (dans le prolongement du prélèvement à la source) de progressivement faire disparaître l’impôt sur le revenu des esprits, précisément pour faire disparaître l’impôt des plus gros revenus, et excuser ainsi (accélérer serait plus juste) destruction du service public et privatisations galopantes en s'appuyant sur « la parole des français ».

Ces derniers intègrent peu à peu (depuis trente ans que les gouvernement successifs et la majeure partie des médias leur rabâchent) que :

 - il faut réduire les dépenses publiques (naître ou sauver une vie ça doit être rentable, c'est comme ça puisqu'on te le dit)

- la hausse des salaires est impossible (petits ou moyens bien sûr, les gros y a encore de la marge), que, bref, la seule variable de gain de pouvoir d'achat c'est la baisse de l’impôt sur le revenu.

Passons sur le fait que cette « restitution de la parole populaire » (de 83000 personnes) survient à deux jours du début de la période de déclaration de revenus. Quand on aime on ne compte pas.

26 septembre 2018

L'autre problème avec Macron l'androïde

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L'autre problème avec Macron l'androïde est qu'il n'a rien à perdre. 

A l'inverse de nos hommes et femmes politiques traditionnels qui ont une trajectoire de terrain et une carrière ancrée dans le "sérail" (on le leur a assez reproché) et dont la moindre décision est influencée par le coup d'après et leur futur personnel, Macron est hors-sol politique. C'est une boutique éphémère construite autour d'une opportunité (la médiocrité ambiante) à l'aide d'un plan com' efficace. Avant d'être président : il n'a pas été élu, il ne sera pas plus après. L'imagine-t-on se contenter d'un strapontin au Conseil Constitutionnel ?  A l'instant où il ne sera plus président il traversera la rue du faubourg St-Honoré et on lui trouvera un siège confortable de consultant en optimisation de rienabranling (avec Golden welcome inclus pour service rendu à la finance) dans une banque planétaire quelconque. Pour la gloriole, il continuera aux quatre coins de la planète des messes TedX à la sauce Ron Hubbard sur les techniques d'abrutissement de masse.

Pour ces mêmes raisons, Macron n'intègre pas les conséquences personnelles de son impopularité croissante. En d'autres termes, votre avis c'est comme nos vies : il s'en branle. Nous sommes son stock. Ajoutons à cela que Macron est le genre de pragmatique radicalisé qui serait capable de rajouter son nom en bas de la liste du grand plan social national histoire de faire quelques économies de plus.

La politique de restriction budgétaire, de libéralisation générale et d’annihilation du service public se joue sur 30 ou 40 ans et pas un quinquennat. Chaque président y va depuis deux décennies de sa réforme et de son recul, mais tous vont rigoureusement dans la même direction. Le reste n'est que cosmétique, une question de style personnel. Avec Macron vous avez juste élu la continuité en plus extrême, la ligne dure, la version No Future, en marche rapide vers le mur.

24 septembre 2018

Prince et la leçon de piano

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On peut mettre à part l'édition Purple Rain Deluxe de l'an passé, le 21 septembre 2018 est distribué le premier réel album posthume de Prince, Piano and a Microphone. C’est en apparence un choix déconcertant de la Warner que d’avoir exploité le contenu d’une cassette audio d’une session au piano de Prince dans son home studio en 1983 pour en faire un album. Après tout, c’est le genre de choix improbable que Prince aurait pu faire.

A l’écoute c’est la claque. On y est. Force du toucher, précision de la voix et justesse dans la dinguerie, malgré le packaging l’album est tout sauf lugubre, c’est un brillant aperçu de la créativité et de la maîtrise du jeune Prince. Dur de ce dire que ce mec n’avait que 25 ans quand il balance sans une fausse note 30 minutes d’improvisation au piano en mêlant chant traditionnel, titres inédits, reprise de Joni Mitchell ou ébauches de futurs hits. 


Ce type a passé sa vie à travailler la musique et ça s’entend déjà à 25 ans. Le contenu était certes connu d'un grand nombre de fan, l'enregistrement pirate de cette session circulant depuis une vingtaine d'années mais pas dans une aussi bonne qualité. Le titre de l'album reprend le nom de l'ultime tournée (également au piano) de Prince où pour la première fois il revenait sur ses jeunes et cette année charnière de 1983. Il était alors à la veille de devenir une star planétaire.

Le plus dingue c’est de se dire que des milliers d’heures de la sorte nous attendent et qu’il n’y aura pas assez d’une vie pour les apprécier.


20 septembre 2018

Pourquoi Macron s'attaque-t-il aux retraités ?

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"A l’augmentation de la CSG, entrée en vigueur le 1er janvier et non compensée pour 60 % des retraités, est venu s’ajouter un quasi-gel des pensions pour 2019 et 2020, annoncé fin août par le premier ministre, Edouard Philippe." Le Monde, 19.09.2018

S'attaquer aux retraités est une ligne de code comme une autre de la présidence Macron.

Les aides descendantes des "seniors" vers leurs enfants et petits-enfants compensent en partie, pour certains, jusqu'à tard dans la vie des salaires trop bas ou des aides sociales trop maigres.

Assécher les prestations sociales d'un côté, réduire les aides familiales et inter-générationnelles de l'autre : la ligne de code gouvernementale est d'une cohérence implacable. La conséquence,ou l'objectif, de cette prise en étau : contraindre le quidam, nous, à traverser la rue, pour accepter n'importe quel boulot à n'importe quel prix.

Si cela s'inscrit parfaitement dans sa logique d'austérité comptable, politiquement c'est suicidaire. En s'attaquant aux retraités, la macronie fait peut-être sa plus grosse connerie.
 

17 septembre 2018

Le président logiciel

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Je dois m’incliner. Je voyais Macron  comme un conseiller clientèle d’organisme de crédit avec un peu de bagout, bref un petit con d’HEC, ayant fait option théâtre et un Mooc "scientologie et dynamique de groupe", qui serait balayé comme un papier gras par le vent de la première contestation. Vous avez en fait élu ce qui se fait de plus redoutable en matière d’intelligence artificielle. 

Macron est un androïde avec une gouvernance logicielle (et un petit plug-in cynisme) dont le principe algorithmique est la réduction budgétaire aveugle. Margaret Thatcher dans le corps de Daniel Craig.

On le voit dans la moindre de ses mesures, et désormais le moindre de ses propos :

Peu importe si le nombre d’élèves par classe explose. Virons 1800 profs pour une "meilleure gestion".
Peu importe tes études : tu feras ce qu'on te dit (Parcoursup).
Peu importe ton boulot : tu dois en avoir un.
Tu veux du travail ? Traverse la rue
Peu importe ton métier : ordre t’es donné de te reformer en continu pour t’adapter au marché.
Peu importe la cause commune, le collectif et encore moins l’intérêt du plus grand nombre : dans la start-up nation chacun doit devenir comptable de sa destinée, et tout rapport à l'autre se doit d’être facturé.
Peu importe le citoyen : nous devons être des concurrents.
Peu importe si tu en meurs : il faut rationaliser.
L'humain n'a aucune place dans le système d'exploitation Macron. Tout y est binaire. Une logique de 1 et de 0. Tu dois rentrer dans une case, peu importe ton désir ou ta personnalité.

Vous avez élu Terminator en petit costume de comptable. 

Mais le pire n’est même pas là car, vous savez quoi : Macron n’est pas la cause de nos malheurs.
Il est la conséquence directe de nos renoncements. 

Avec un androïde au pouvoir suprême, un problème majeur se pose à nous autres humains : rien ne sert de discuter avec une machine. Le combat est perdu d'avance.

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