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30 avril 2020

#confinement jour 46 : Le Covid est le révélateur de nos incohérences

par
La phrase n'est pas de moi mais de Jean-Dominique Michel anthropologue suisse que j'ai découvert chez Le Yeti. Je vous conseille cette passionnante 'interview réalisée le 25 avril sur la crise sanitaire que l'occident si sûr de lui traverse en slip : impossibilité fondamentale du politique à reconnaitre ses erreurs, absence criminelle de vraie politiques de santé en occident qui préfère traiter à grands frais les conséquences plutôt que les causes, construction d'une psychose dans la population alors même que les chiffres des victimes sont bas... 

D'accord ou pas d'accord ça réveille et ça me permet à l'occasion de rattraper intelligemment un jour de retard dans mon calendrier de publication "en confinement". Que demande le peuple ? (Bah comme en mai comme en février : des masques. Gratuits). 



Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40 Jour 41 Jour 42 - Jour 43 et 44  Jour 45

29 avril 2020

#confinement jour 45 : Edouard Philippe : Français c'est de votre faute !

par
Je ne sais même pas pourquoi je m’inflige encore ces prestations oratoires alors qu’il suffit d’attendre les louanges qui en seront chantées sur les chaines d’infos dans la foulée, ou encore les précisions ministérielles qui contrediront tout dès le lendemain.

J’ai donc subi, d’abord pour des raisons professionnelles, le discours du premier Inutile exposant devant les députés et la nation son plan de déconfinement. Il est conforme à ce que j’en espérais : absolument rien, avec quand même je le concède une surprise au niveau de sa complexité (cachant un n’importe quoi généralisé et les absurdités traditionnelles de la technocratie française). 

Avec ce Jacques-a-dit géant, Edouard Philippe aura fait la démonstration qu’il ne connait pas plus l’usage des transports en commun au quotidien (visiblement une partie de plaisir pour lui où il y a plein de places assises habituellement disponibles) que la vie en entreprise ("Hey mec, et si nous travaillions tous en décalé ? Comme ça on pourrait être ensemble sans jamais se rencontrer, génial non ?"), et que sa vie en exil tout frais payés sur sa petite planète dans la galaxie du privilège a l’air apaisée.

A l’évidence se dessine dans ce fatras de conditions digne d’un mode d’emploi pour monter sa voiture soi-même l’impression que l’échec est l’unique but recherché. C’est d’ailleurs sous-entendu dans sa conclusion à la tribune digne d’un Juppé sous cidre : si mon plan génial est un échec, ce sera uniquement la faute des Français. Quand il y a un tel doute, c'est qu'il n'y a pas l'envie. Philippe n’a tout simplement pas envie du déconfinement. Cet état de peur n’est pas pour déplaire au gouvernement (contestation éteinte, peuple concentré sur sa survie et méfiant du voisin qui devient l’ennemi) et à la ligne Philippe (qui n’est pas celle de Macron, beaucoup plus libéral dans le sens premier du terme sur certains points). Vous pensez à votre santé, à votre budget, à vos vacances… Edouard Philippe pense à 2022. Et il vient de droite, rappelons-le. Perdu pour perdu Macron fait le pari d’un retour à la normal rapide en tablant, peut-être naïvement, sur le civisme et la confiance. Philippe savonnera cette planche tant qu’il le pourra et il se méfie clairement des Français.

Concrètement, je n’ai donc rien appris sur mon quotidien avec cette prestation provisoire, il a été clairement annoncé dans une phrase que tout serait décidé au final le 7 mai, et que même cette décision pourrait être remise en cause dès le 8. Economiquement, rien non plus. Nous avons pris 10 millions de chômeurs partiels en cinquante jours (un salarié sur deux), des dizaines de milliers de boites vont faire faillite à cause de l’inconséquence sanitaire d’un gouvernement d’amateurs et le premier Inutile, traditionnellement pas le dernier pour nous faire la morale sur la nécessité d’entreprendre et de travailler après sa retraite, balaye la question économique en une seule phrase. Son paradigme désormais à Philippe, c’est le sécuritaire. Vous allez souffrir et avoir peur.

Je vois donc d’un très mauvais oeil, pour les raisons idéologiques susmentionnées, les « brigades sanitaires » annoncées par le premier Inutile. Elles visent à fliquer (sans forcément de compétences médicales) la population suspecte (potentiellement contaminée), bref à passer votre vie au peigne fin pour voir s’il faut vous enfermer ou non. Eux sonnent à la porte un jour : faites déjà le mort. Dans le bordel technocratique déroulé par le premier Inutile cette idée d’une milice autoformée de la bonne santé est passée comme une lettre à la poste. C’est bien plus inquiétant que l’application sur smartphone basée sur le volontariat. Mais ne nous énervons pas trop vite, s’il en va de cette Gestapo Autogérée des Gueux (la GAG) comme des masques, nous devrions en voir la couleur quand le virus n'existera plus. 

Bref le premier Inutile a parlé. Comme la semaine d’avant et la semaine d’après. Pour nous ça ne change pas grand-chose. Ils parlent des choses, nous les vivons. Nous ne sommes de deux mondes différents. N’oubliez pas que ces gens-là ont plus besoin de nous que nous n’avons besoin d’eux.

Gardez vos distances sociales avec ces mauvais. L’expérience prouve désormais qu’ils sont mauvais pour notre santé.



Les jours d'avant :

28 avril 2020

#confinement jour 43 et 44 : Impatience en territoires vaguement unis de France

par
" - Encore du flan, mais tous les dimanches on fait un flan, j’en ai marre !"

L'insurrection gronde dans les rangs. Il est grand temps que tout ceci s’arrête.

Un test sur Facebook au début du confinement m’avait révélé que je craquerai le 28 avril. Si le quotidien est objectivement plus apaisé qu’au début, je ressens pour la première fois les signes extérieurs de l’impatience : extrême irritabilité, perte totale de légèreté et d’humour, accentuées par la défiance totale envers les conditions d'un déconfinement à la sauce gouvernementale qui promet d'être aussi décousu que nos masques. Nos agendas ne sont visiblement pas les mêmes et, malgré les apparences biologiques, nous ne sommes pas du même monde. Cette crise en aura été la démonstration la plus cinglante. Même l'opposition classique de l'intégralité du spectre politique aura été inaudible et décrédibilisée. Les solutions sont comme les problématiques : elles seront locales. Elles le sont déjà. S'il y a une demande forte de services publics, le centralisation et les pesanteurs de l'administratif à la Française auront été un accélérateur de déconnexion entre le pouvoir et ceux qu'ils sont censés protéger : nous.

La France devient officieusement les "Territoires vaguement unis de France". 

Ces cinquante premiers jours hors du temps pourraient ressembler à des vacances (et le patrtonat ne manquera pas de le considérer comme tel).  J’ai le sentiment de ne pas avoir eu une minute à moi. Les expéditions de ravitaillement, les lessives, les rédactions manuscrites d'attestation, les devoirs à gérer, trois repas pour jour pour trois, le sport à assurer pour tous, la réparation de l’Iphone pour l’ainée et les crises de colère de tout ce petit monde aussi énervé par l'enfermement qu'apeuré par les sorties au grand air. En aucun cas cette période n’aura été un temps de repos. J’en veux pour preuve le peu de films ou livres appréciés en cinquante jours : une poignée. Profitant d’une de mes attestations recyclables, nous sortons pour un tour de quartier à 16h05. J’ai emmené une balle pour faire quelques passes avec A. et R., nous n’en ferons presque aucune puisque chaque échange entre elles finit inexorablement en jalousies et crises de nerfs.

Appel à ma mère en fin d’après-midi. Voix fatiguée et triste, elle n’en peut plus de cette exil intérieur sans nous voir. Récit des dernières visites à l’hôpital, P. s’éteint peu à peu, amaigri, mais parfois encore conscient. Une phrase : « Je veux partir d’ici ».

Indice d’un retour prochain du déconfinement, après quarante cinq jours de soleil, le mauvais temps retombe sur Paris. Enfin une journée où je me satisfais de rester 24h de suite à la maison. Les filles en rythme de croisière s’occupent par le travail, la musique et le dessin.

Un article de 20 minutes relatant les angoisses des parisiens exilés à la campagne quant à leurs conditions de retour après leur deux mois de week end center parcs me fait presque sourire s'il ne faisait pas craindre le pire. Non, ne vous pressez pas pour rentrer. Si le confinement parisien a été moins pire que prévu, c'est essentiellement parce que nous étions un million de moins sur quelques kilomètres carrés. Un retour à la densité normale ici, c'est un carnage annoncé.

Le débat est tranché quant au retour à l'école : A. et R. n'iront pas avant septembre. Même adepte d'une sortie rapide de cette hystérie sanitaire, je ne peux me résoudre à intellectuellement accepter le concept instantané du "c'est sans danger" alors qu'on nous traite comme des criminels de masse depuis deux mois si l'on court deux minutes de trop dans la rue. Tout cela pour, au mieux, douze jours d'école.

A midi, du haut de ses onze ans, R. fait son Fillon :

"- Est-ce que De Gaulle aurait fait un confinement ?"

"-  Je ne sais pas ma chérie, en tous les cas il n'aurait pas mis cinquante jours à tourner autour du pot pour reconnaître que la sixième puissance économique du monde n'est pas capable de maitriser la technologie de production et de distribution à chaque citoyen du masque en papier". 

"- Mais y a déjà plein de gens qui travaillent aujourd'hui sans masque"

"-  Tu sais, quand il s'agit d'aller faire travailler les pauvres, il n'y a pas de polémique qui tienne. En revanche qu’il ne leur vienne pas à l’idée d’aller faire la fête, au restaurant ou d’aller à plus de 20 enterrer un de leurs proches contaminé : ce serait irresponsable.".


On critique les quelques types qui ont dansé dimanche sur Dalida dans le 18e arrondissement alors que c'est la plus saine des attitudes face à l'angoisse de ce monde absurde (sauf peut-être sur le choix musical). 

Comme le chantait Prince "We could all die anyday. But before I'll let that happen, i'm gonna dance my life away".



Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40 Jour 41 - Jour 42

26 avril 2020

#confinement jour 42 : un pouvoir inutile, arrogant et cynique

par
Je n’aurai de cette triste et longue période de privation de liberté que le souvenir paradoxal de belles journées lumineuses qui passent trop vite. Quelques retouches sur la nouvelle version du film sur Prince (la projection de mardi a été un tel succès que nous recommençons la soirée mardi prochain), escapade cagoulée au supermarché et long apéro virtuel avec les amis du Kremlin des Blogs. A. et R. s’occupent dans une relative tranquillité à recréer des familles heureuses en Playmobil. P. est dans un état stationnaire. 

Je n’écoute absolument plus les informations des médias d’avant, aussi ringardisés que le gouvernement. Je glane ça et là quelques informations sur la situation qui chacune me donnent à  envie de sauter à la gorge des médiocres en charge.

Alors que l’on on ne peut plus sortir de nos salons et que l’on nous fait bien comprendre qu’un voyage au-delà du centre commercial le plus proche sans ausweiss est sérieusement compromis pour les deux prochaines années, l’Etat va prêter sans condition 7 Milliards d’Euros pour sauver les avions d’Air France (la compagnie n’appartient qu’a 14% à la France). Dire qu’il y a encore quelques années on se battait contre l’aéroport Notre Dame Des Landes, dans un monde covidé c’est la place de l’avion qui est remise en cause tout court. L’utilité d’un 777 est désormais proche de celle d’un président de la République Française : nulle (et couteuse).

Pour les masques en revanche, nothing as usual. Enfin presque, on apprend qu’après quatre mois de retard, et avoir verbalisé un million de français pour (estimations basse) 123 525 000 euros de recettes (ce qui représente à 8 cts le coût de fabrication : 1,2 Milliard de masques), la fameuse de livraison de masques par l’état sera en fait une vente de masques ...en provenance de Chine donc. (reste à espérer qu’ils arrivent AVANT le 11 mai et que l’on disposera d’une case à cocher sur l’attestation pour avoir le privilège de pouvoir les acheter).

Quoi qu’il arrive désormais, la gestion politique de cette période aura été un fiasco. Quarante jours de traversée du désert de l’action politique ou le dire à remplacer le faire. Le peuple attendait, et attends toujours, des réponses concrètes, humaines et des solutions de proximité, l’état lui a répondu attestation dérogatoire, PV, privation de liberté, police, interdiction aveugle de voir les proches, foutage de gueule et culpabilisation morale par-dessus le marché. Tout ça sans lui fournir l’ombre d’un début de masque.

Chaque ministre à l’image de Macron est désormais obnubilé par les élections de 2022. Votre santé ils s’en contrefoutent, c’est un bilan comptable, ça se trafique. D’autant que, objectivement, grâce à notre confinement, nous n’avons « que » 23.000 morts. Ne jamais oublier que c’est grâce à nos efforts, notre confinement n'est que la conséquence de leur inaction initiale. Chacun fait donc sa com’ d’où les contradictions et les one man shows inutiles selon ce schéma :

Mardi : déclaration du Premier Ministre (à la télé ou à l’assemblée nationale)

Mercredi : précisions contradictoires de chaque ministre.

Jeudi : précisions contredisant les précisions contradictoires de la veille.

Vendredi : polémique sur BFM : « la parole présidentielle n’est-elle pas trop contredite ? ».

Samedi : petite phrase du Président récoltée en off par un suce-boules à carte de presse : « Les Français doivent comprendre que le confinement ne s’arrêtera pas le 11 mai ».

Dimanche : article du JDD sur les nouvelles pistes du déconfinement en mode « indiscrétion »

Lundi : grandes lignes redéfinies par le PR à l’inverse de l’article du JDD.

Mardi : nouveau discours de Philippe

(Recommencer la séquence pour la semaine suivante, évacuer la question des masques une semaine sur l’autre.
Semaine A : « Les masques arrivent en masse bientôt »
Semaine B : « Les masques ne sont pas aussi utiles qu’on le dit »)

Voilà, c’est simple de gouverner en fait. Il suffit de parler. Non seulement ce pouvoir a perdu l’occasion de racheter ses erreurs passées, mais en plus il n’apprend rien et applique à la lettre les vieilles recettes avec arrogance et cynisme comme si de rien n’était. Avant ils justifiaient de leur impuissance en utilisant la carte « Europe », désormais ils se planquent derrière la parole sacrée des « experts scientifiques » (bande de nouveaux spécialistes des plateaux télés qui disent tout et son contraire au fil des semaines. Et s’il y a nouvelle vague d’épidémie, et augmentation du nombre de morts, la parade est trouvée soyez-en assurés : ce sera de notre faute.

Vous êtes aujourd'hui comme hier, du stock humain à qui il faut parler comme à des gosses.
Vous êtes dans la merde, eux ils sont déjà dans la campagne de 2022.

Pour le reste, le déconfinement est effectif, on sort tous. 
Au pied du mur,  le pouvoir des douze trains en retard en prendra acte dans un mois.




Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40 Jour 41

24 avril 2020

#confinement jour 41 : contrôle d'attestation dérogatoire à Baltringuistan City

par
Rien de neuf en République Populaire du Baltringuistan au 41e jour d'un confinement qui craque de partout : Toujours pas de masque et pas de test. Nourriture, approvisionnement, masques: la solidarité s'organise dans les interstices béants de la machine rouillée d'un état ringardisé. C'est presque à se demander si nous ne sommes pas entrain de vivre le rêve humide d'Ayn Rand d'une population qui reprend en main les choses. On pourrait s'en inquiéter, j'y vois un signe de bonne santé collective. Curieuse parenthèse enchantée, très provisoire puisqu'elle peut tout aussi bien tourner au cauchemar. En attendant le quartier est devenu bien plus agréable à vivre lors de la période de confinement qu'il ne l'était avant cette période. Moins de voitures, plus d'air pur, moins de stress, plus de dialogue.  

Quand j'écris rien de neuf, c'est faux. Pour la première fois, à l'approche de la 7e semaine de paralysie du pays par les "autorités compétentes" : j'ai été contrôlé ce matin par trois fonctionnaires semi-masqués qui ont vérifié si mon jogging était bien réglementaire. 

Palpable déception chez les forces de l'ordre : il l'était. 

Résumons la situation : 

a / Je suis en sueur, essoufflé, non masqué : donc à ne pas approcher (je vous rassure : je n'approche moi-même personne).

b / 3 policiers avec des masques chirurgicaux (qui ne les protègent donc pas) s'approchent de moi (alors que je les avais vu à cent mètres et que j'aurais pu me tirer discrètement, voire les semer sans souci, si je n'étais pas en règle) 

c / Ils prennent donc le risque d'attraper un virus (ils ont manipulé mes papiers à 30 cms de mon souffle durant une bonne minute) pour contrôler que je respecte les règles dont le but est d'assurer ma sécurité et celle des autres. 

d / Peut-on plus absurde ? 

Ce contrôle matinal est l'image qui me restera de l'action de l'état en 40 jours : un contrôle inutile et potentiellement dangereux.

Le demeuré de l'intérieur, CriCri la Castagne, déclare fièrement ce matin que "15,5 millions de contrôle ont été réalisés lors du confinement pour. 915 000 PV dressés". Tout cela pour un total de 17 masques distribués et probablement des milliers de policiers contaminés dans la manoeuvre. Ces technoconnards vont réussir à coller un PV à chaque français avant même de leur avoir distribué le premier masque. 

Au début du confinement j'écrivais que l'Union Européenne était morte avec ce virus, c'est le pays dans sa version institutionnelle qui est pas loin d'être explosé. Pas étonnant qu'ils aient envie que tout revienne au plus vite comme avant. Encore trois mois à ce rythme-là et chaque quartier de France fera sécession. 



Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39  Jour 40

23 avril 2020

#confinement jour 40 : l'art de la contradiction

par
A moins d’un miracle (vaccin ou disparition soudaine du virus) ou que l’on accepte enfin de voir collectivement la mort en face tout en prenant nos précautions et responsabilités, il n’y a pas d’autre issue au confinement que le confinement. Le piège se referme donc sur le duo Elysée-Matignon à l’incompétence démasquée. Alors que chacun commence à s’organiser sa vie post-confinement (les boutiques réouvrent, les gens circulent) chaque jour qui passe permet aux Français, anxieux ou résignés, d’assister au pitoyable spectacle médiatique d’un pouvoir en déconfiture. Entre morgue, incompétence, culpabilisation et branlage de symbole, la Power Point Action Team En Marche s’enfonce de jour en jour dans le grotesque. 

Chaque annonce de la présidence est désormais démontée par le gouvernement. Sur la question de la reprise des cours le 11 mai, l’Elysée est contredit par le ministre dès le lendemain lui-même contredit par Matignon le jour d’après. Avec de tels clowns, l’opposition est atomisée. Macron et ses sbires plus ou moins controlés deviennent inaudibles mais jouissent encore d’une certaine légitimité pour certains. Ils donnent l’impression d’agir (action qui consiste à saturer l’espace médiatique pour dire qu’on agit). A ce rythme de confusion, parachevant le scandale d’état de la gestion des masques (status update : on en a toujours pas), ils vont inexorablement perdre aussi cette légitimité chez les plus, si ce n’est fidèles, au moins sagement respectueux des institutions. 

L’Elysée reprend finalement la main  dans la journée pour préciser que la reprise se fera sur la base du volontariat. Lequel ? Celui des professeurs sacrifiés ou des parents effrayés ? Les enfants, eux, sont laissés à leur angoisse. Ils ont très bien saisi la contradiction entre ces deux derniers mois d’un discours anxiogène où tout devient suspect et un environnement scolaire (qui a connu le premier mort du Covid rappelons-le) qu’on leur promet soudainement sans danger.

Cette injonction contradictoire puissance 1000 que représente la reprise scolaire au 11 mai enfonce le clou du manque de vision du pouvoir qui ne fait que ce qu’il croyait savoir faire : de la com’. A défaut de susciter de l’adhésion et de vendre du rêve, on pouvait au moins espérer de technocrates qu’ils sachent gérer les basiques d’une nation. On s’aperçoit que même pour ça ils sont très mauvais. Ça donne des leçons de travail à la terre entière mais ça n’est probablement pas capable d’organiser les tours de vaisselle à la cantoche de la colonie de vacances alors une entreprise, un budget familial serré ou un pays…

Je parle ici de l'éducation, c'est la même chanson sur les test ou les masques qui sont, d'un jour sur l'autre, en fonction de l'état de nos arrivages, "inutiles" ou "indispensables".

On ne l’entend pas sur les chaines d’infos (comme sur la majorité des ondes privées ou publiques) mais avec cette gestion colin-maillard du Covid on est peut-être tout simplement entrain d’assister à l’agonie en direct de la cinquième république. Moins elle a de voix, plus elle fait du bruit pour exister. A-t-on encore besoin d’elle ? Qu’on ne compte plus trop sur nous pour la réanimer.

Pour l’école, je n’ai pas encore décidé si mes enfants y retourneront ou non. Pas tant que je craigne le virus mais pourquoi suivre cette navigation ivre d’une clique en orbite qui gère le stock humain au petit bonheur la chance. Je pense que je vais continuer pour ce bout d’année scolaire à faire comme l’état nous a habitué à faire pour les masques : se démerder. 


Les jours d'avant :
Jour 2 - Jour 3 - Jour 4 - Jour 5 - Jour 6 - Jour 7 - Jour 8 - Jour 9 - Jour 10 - Jour 11 - Jour 12 - Jour 13 - Jour 14 - Jour 15 et 16 - Jour 17 - Jour 18 -  Jour 19 - Jour 20  - Jour 21 Jour 22 et 23 - Jour 24 - Jour 25  Jour 26 - Jour 27 - Jour 28 - Jour 29 - Jour 30 - Jour 31 - Jour 32 Jour 33 - Jour 34 Jour 35 et 36 Jour 37 et 38 Jour 39 

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