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16 février 2012

[video] Dépôt de bilan

par
Esquiver le bilan pour se concentrer sur les valeurs moisies et ne pas brusquer la France des rentiers : voilà le projet, même pas déguisé, du Monarque pour 2012. Pour l'occasion, ses pubards fatigués vont jusqu’à piquer le slogan de VGE en 1981, la France forte, posé sur une affiche à potentiel parodique quasi illimité

Ayant un Kremlin des blogs avec des amis, je n'ai pas regardé son show de lancement[1]. Ce qui tombe bien: question "bilan de Sarko", ce sont encore ceux qui le subissent qui en parlent le mieux.

Retrouvons donc nos blogueurs et twittos de gauche et de droite (Marco, Intox2007, Vlad, Olivier, Jegoun, Menilmuche, El Camino, Gildan, @ThibaultDM et votre rédacteur), pour un petit témoignage à chaud sur ce qu'ils retiennent, en une phrase ou presque, de ces 5 années en Sarkozie.

Il parait que notre Monarque est un nouvel adepte des rencontres de bistrot. Il va être servi.

[1] Rentré tard, j'ai finalement visionné la chose. L’offensive relativement sent une nouvelle fois le pétard mouillé. Il est apparu mal à l’aise, bafouillant à plusieurs reprises. Passéés sa soudaine passion lubie pour les référendums et la surexploitation du sauvetage de Lejaby par un ami (comme quoi, quand on veut on peut),  l'arbre censé cacher la forêt décimée, c'est vite aussi jubilatoire qu’un Vandamme de seconde partie de soirée sur RTL9.

Il pointe le manque d’idées dans l’opposition et passe paradoxalement la moitié de son temps d’antenne à les commenter sans, pour sa part, en avancer une autre que : les chômeurs sont des parasites sans valeur (puisque, notre homme générant 1000 chômeurs par jour depuis son arrivée nous réaffirme que la « valeur » travail surpasse toutes les autres).

Le travail n'a qu'une valeur, indispensable avant d'aborder le reste: sa rémunération.

Mon monarque, tu veux que le travail retrouve de la valeur ? Permets-lui d'être rétribué d'une façon juste : c’est-à-dire bien plus (et sans cette augmentation de la TVA qui ne fera que reprendre d'une main, ce que tu n'auras même pas donné de l'autre).

Le bilan du soir: A l’évidence, Le monarque ne croît plus ce qu’il dit, mais pense que les Français sont assez stupides pour

Aura-t-il raison ? A vous du juger.

10 février 2012

Quand Monarque avoir peur, Monarque faire ainsi !

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L'autre jour, je regardais une interview surréaliste d'Abdoulaye Wade, président du Sénégal, s'accrochant à son pouvoir à 86 ans pour un troisième mandat, et ce contre la constitution. Usant de tous les subterfuges pour multiplier les démonstrations de force, il va jusqu'à faire intervenir des figurants dans ses mises en scène.

Heureusement, ce n'est pas en France que l'on verrait ça, hein ? Les présidents de nos civilisations valent bien mieux que ça.

Chez nous c'est différent, non ?

Non.

La bête aux abois, mal aimée par cet imbécile de peuple, est prête à faire n'importe quoi. Après son show multicanal, après la phase 1 de l'opération "civilisation" lancée avec succès par le copycat de Le Pen pour recalibrer la droite déçue et désillusionnée autour de sa matrice xénophobe, voilà que notre Monarque sort de son chapeau des promesses de référendums.

C'est d'un cocasse consommé pour celui qui 1 / s'est torché avec le résultat du dernier en date à savoir le "non" français au TCE et 2 / ne prend plus une seule décision sans demander l'autorisation à Angela Merkel.

A court d'idée sauf celle lui permettant d'esquiver toute conversation sur son bilan, voilà que le Monarque nous livre dans Dassault Magazine un bijou d'interview (label andouillette 5A) donnant aux avertissements de Jean-François Kahn en 2007 et à nos multiples mises en garde sur sa santé mentale, parfois taxées de caricature, une dimension supplémentaire: celle du déni de réalité.

Pour une raison mystérieuse[1] (car quand même il faut être un peu fou pour vouloir être président aujourd'hui spécialement lorsqu'on l'a déjà été), notre Monarque veut se faire réélire. Ne pouvant unir les Français qui ont une sérieuse dent contre lui (car quand même il faut être un peu fou - ou riche - pour ne pas se rendre compte que son quinquennat est un échec), il tente de les fédérer avec ce qui est censé encore plus les effrayer que sa propre personne.

J'ai nommé : les immigrés et les chômeurs. Soit, en vision de droite, la peste et le choléra.

Testée avec la "racaille" ou les Roms, la technique du Monarque est connue: stigmatiser l'autre, supposé indigne de l'allocation ou de la nationalité, pour détourner des sujets qui fâchent et masquer le fait qu'il n'a pas été à une seule seconde à la hauteur de son mandat.


Résumons. 

- Un président déjà impopulaire nous promet une hausse de la TVA (impôt sur les pauvres par excellence, aux résultats sur l'emploi improbables).

- Avec + de 5 millions de chômeurs (bien plus en réalité), il veut forcer les demandeurs d'emploi à travailler en y conditionnant le versement de l'allocation. (Ce qui prouve, au mieux, une méconnaissance complète de la question).

- Se mettre encore plus à dos (mais est-ce possible ?) les enfants et petits-enfants d'immigrés, et au passage la droite modérée, autour de thématiques rances pourtant classées loin derrière les rémunérations, les conditions de travail, l'éducation, le logement, la politique familiale et la santé (autant de secteurs en cours de casse) dans les préoccupations des Français.

- Un président dont le gouvernement et ses députés ont mis en orbite pour septembre une augmentation des impôts et une suppression des aides pour des dizaines de milliers de ménages modestes.

Et maintenant, voilà que bruisse la rumeur d'une réservation du Stade de France (le fameux SDF) par l'UMP à la fin du mois.

Une question. Est-ce pour le lancement de sa campagne ou pour enfermer les coupables de mal voter ?

Dans ce cas, avertissons le Monarque en perdition: le Stade de France est loin d'être assez grand pour contenir les mécontents.


A lire ici: l'explication de texte.


[1] peut-être bien nommée Karachigate.

Illustrations : King of comedy, M.Scorcese (1982)

8 mai 2011

La rose et la flèche

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Intolérable cruauté. Presse et télé devancent d'une semaine la date de célébration du trentenaire de l'élection de François Mitterrand, éclipsant ainsi les efforts démesurés de la garde rapprochée de notre Monarque pour fêter ses quatre ans à L'Elysée et défendre, à base de "ah bah Ségolène elle aurait fait pire" et "le peuple a mal compris", son calamiteux bilan antisocial[1] ne fédérant plus qu'un faible 17% de satisfaits. Même si la rancœur nationale s'amorçait dès le 7 mai 2007 au matin, pouvions-nous imaginer voir quatre ans plus tard sur I-télé un best-of de son mandat façon bêtisier avec la BO de Benny Hill en fond sonore ? (véridique) 

Ce n'est pas anodin. La mélancolie d'un moment d'espérance est privilégiée à la contemporaine médiocrité d'une gouvernance de caste, méprisante et sans patine. Pourtant les deux septennats de Mitterrand furent aussi émaillés de déceptions et le personnage cultivait bien plus d’ambiguïtés, collectionnant également de nombreux ennemis. 

On ne peut donc s'empêcher de savourer la jouissive différence du traitement média, et la question qu'il induit : fêterons-nous de la sorte l’accession au pouvoir du Monarque dans trente ans ? A ton avis ?
A propos du film "La conquête" (relatant la campagne 2006-2007 du Monarque, en salles le 18 mai), David Abiker demandait à Philippe Sollers en janvier dernier pourquoi, selon lui, à la différence des autres présidents, cette fiction se tournait en cours de règne ? François Mitterrand n’a pas eu cet honneur de son vivant[2]. C'est que notre Monarque du moment, avec son mouvement perpétuel vers nulle part gonflé à la bulle des incantations opportunes et contradictoires, est un accélérateur de particules. Avec lui, mardi c’est déjà vendredi.  Premier président à obsolescence programmée, un film dont il est le héros : c'était maintenant ou jamais. Après son mandat, l'opération serait un bide assuré. Son intérêt commercial se circonscrit d'abord à l'anomalie de son accession aux plus hautes responsabilités (et là-dessus, je partage les conclusions de Sollers[3]). 

Mais d'ici là...

Méfions-nous du candidat. Monsieur "j'la sens bien cette élection" est un féroce. Même s'il part de loin pour 2012, il a le mérite de partir. Blindé au lexomyl pour s'éviter les boulettes, il sillonne à haute altitude le pays du 13h (ces déplacements seront-ils déduits des frais de campagne ?), (re)produit des images avec de l'ouvrier en bleu de chauffe autour (même si son coeur de cible reste le rentier et le retraité[4]), sert son stand-up lacrymal sur le tarmac d'Orly, rechausse ses pantoufles en peau de journaliste et prend l'avantage symbolique avec sa pipeau prime des 1000 euros  (dans ce domaine même avec un programme charpenté, la gauche patine encore[5]). Avec un possible "heureux évènement" dans les bras et de la formule en chamallow à base de « changer pour rester nous-mêmes » pour émoustiller son bloc de fidèles à mononeurone : il est en mesure de faire 25% au premier tour. 

Comme Le Pen V2 est l'outsider chouchou des médias, que je n'ai qu'une croyance limitée dans d'éventuelles candidatures centristes et qu'à gauche on s'accorde d'abord sur la division : le pire du pire est envisageable. Face à une opposition désunie qui multiplie les prétendants, nous nous retrouverions au soir du premier tour avec un président impopulaire mais triomphant et un FN, sans possibilité d'accession au pouvoir, mais renforcé (un 86% ne se reproduira pas). 

De là à dire que la multitude des candidats à gauche est suicidaire... Ne pas oublier qu'à droite, imposture ou pas, le culte du chef se conjugue au présent.


[1] Son action ? Au hasard, ce que j'en retiens. Discrimination, détérioration des services publics pour les replacer à la découpe chez ses potes du privé, optimisation des transferts de l’argent vers l’argent et mise en  kit des acquis.  Le blog de SarkoFrance, qui fête aussi ses quatre ans, recense l'abécédaire des promesses non tenues.

[2] Du moins sous son vrai nom. C’est bien de lui dont il s’agit dans Le Bon Plaisir de Francis Girod (1983). 

[3] Lui et moi ne voyons qu'une explication : l'abrutissement généralisé.

[4] aka "le peuple du cancer colorectal"

[5] Elle est d’ailleurs globalement sans discours audible face à une telle mesure démago financé sur fonds publics. Elle doit obligatoirement investir ce champ de la symbolique sans tomber dans ce genre de mesure assimilable à un « ticket gagnant » qui va automatiquement créer des déçus. Mais c’est ainsi que va la droite : la société y est un monde de gagnants et de perdants où il s'agit de convaincre les pauvres de voter pour les riches, en leur faisant croire que les richesses ruisselleront.

Illustration : Rennes, 10 mai 1981. Affiche du film : La conquête.

18 avril 2011

Le jeu des 1000 euros

par

Sous la pression de "la droite sociale" (mouarf) elle-même talonnée par l'extrême droite sociale (double mouarf), Le Monarque, après l'avoir consciencieusement piétinée, revient sur la thématique du "pouvoir d'achat" en promettant de s'attaquer à l'un des plus grands scandales de ces trente dernières années : la chute de 9,3 % de la part des salaires dans le Produit Intérieur Brut français entre 1983 et 2006 (source : commission européenne). Durant la même période, la part des dividendes dans la valeur ajoutée passait de 3,2 % à 8,5 %. Soit plus de 100 milliards d’euros par an passés de la poche des salariés à celle des actionnaires.[1] 
*
Le Monarque nous jurait donc la semaine dernière le vote prochain d'une loi (dont l'application tomberait  entre les deux tours de 2012imposant aux entreprises versant des bénéfices à leurs actionnaires de redistribuer une prime de 1000 euros aux employés. La somme fait rêver, spécialement ceux qui sont à 15 euros près à la fin du mois. Le projet sonne comme une volonté d'apaiser à bon prix la colère des bas salaires dans les grands groupes à gros bénéfices. Pour le pouvoir, des mobilisations comme celle des caissières de Carrefour sont à éviter à tout prix, car hautement symboliques et à fort potentiel de cristallisation : les hypermarchés, malgré ou à cause de leur abondante fréquentation, réussissant à peu près tous à faire l'unanimité contre eux. 
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D'ici 2012, on devrait en entendre encore s'accumuler d'autres soudaines mesures "sociales" du gouvernement (triple mouarf) : de la plus marketing à la plus ridicule (panier malin bidon ou revalorisation "supposée" de 2% du SMIC soit le prix d'un demi-menu MacDaube). Entre deux bouc-emissairisations, les sbires les mâtineront d'éléments de langage au registre "la crise est passée par là", histoire de dédouaner Le Monarque d'une quelconque responsabilité dans la dégringolade, sous son règne, de millions de français tandis qu'au sommet on se goinfre comme jamais. 
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Nous évoquions dans un article qu'un levier de sa réélection serait d'ouvertement user de son pouvoir pour tenter d'acheter quelques centaines de milliers d'électeurs. Mais zut, dans le cas présent, le sac à carottes craque par déjà par toutes les coutures. Déjà le MEDEF s'inquiète de distiller le démon de la cupidité actionnariale chez les salariés. Va savoir, ils pourraient en venir à vouloir s'auto-virer pour faire plus de profits. De plus, selon l'INSEE, le projet ne concernerait que 16.4% des PME. Il profiterait d'abord à des salariés bénéficiant pour la plupart déjà de mécanismes d’intéressement et ne concernerait évidemment pas les fonctionnaires. Il en reste du monde à augmenter sur des bases un peu plus solides, collectives et pérennes que de la prime opportune. 
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A ce sujet, la ministre des comptes de fée Christine Lagarde, chargée des finitions à la crème du soufflé à l'arnaque, nous apprend qu'il pourrait être d'un montant moindre et financé par... un mécanisme d'exonération de "charges" (tu sais, ces intolérables ponctions patronales qui financent santé et retraites  dont on ne cesse de te répéter que les caisses craignent et qu'il faudra bien que tu compenses de ta poche par un surplus de taxes... de la TVA "sociale" par exemple).  
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Comme quoi, le gouvernement retombe sur ces pattes, c'est à dire sur ta face. Garde à l'esprit qu'il y a fort risque de bonneteau, de carambouille ou d'un bon gros foutage de gueule quand, dans la même phrase, sont associés des mots aussi incompatibles que "droite" et "social".
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[1] cf Fakir hors-série "le hold-up tranquille"

Illustration : Cashback de S. Ellis (2007)

11 mars 2011

Contretemps man

par
Après avoir survolé les révoltes arabes pour ne trouver au final qu'à brandir la crainte d'une immigration massive, Le Mini-Monarque, aka Super chrétien, a décidé que, flûte, y'en a assez maintenant de passer pour un nase de Tripoli à Washington en passant par le Puy-en-Velay. 

Chez notre culbuto, la politique l'internationale est dictée par l'intérieure. Celle-ci se résumant ces jours-ci à tenter de renouer à tout prix avec une crédibilité populaire qui lui fait défaut jusque dans ses rangs, il veut étendre son "savoir-faire". Rien de tel qu'un tapis de bombinettes pour sauver des gens chez eux (que l'on déclare vouloir refoutre à la mer chez nous, étrange non ?) et redorer son pin's de président dans deux secteurs de pointe de La France avec un grand N : la crainte du grand méchant arabe et rouler des mécaniques de l'autre côté de la Méditerranée. 

Sur la base d'une conversation autour d'un thé fin avec Bernard Henri Lévy, notre souverain propose à l'UE des frappes aériennes ciblées sur la Libye. C'est pas comme si on avait eu 40 ans pour liquider Kadhafi en toute discrétion. Là faut agir vite et bien visible !

Sûr que Mouamar s'accrochant (ah ces dirigeants et leur pouvoir !), la perspective d'avoir à re-retourner sa veste et de voir à nouveau se planter, un jour, dans les jardins de L'Elysée la Quechua Deluxe de l'ex-dictateur, ex-terroriste (1980-2001) puis ex-partenaire (2007) puis de nouveau ex-dictateur sanglant (la semaine dernière, 'tain c'est compliqué les affaires étrangères): ça la ficherait mal. 

Jouer au Bush de Franprix et montrer qui c'est Raoul juste pour gagner deux ou trois points dans les sondages : on le retrouve enfin notre ouinneur, expert en dentelle, à-propos et demi-mesure.  

Seulement badaboum, patatras : quand ça veut pas, ça veut pas ! Avant même qu'Angela Merkel ne se déclare "fondamentalement sceptique" (google translate : c'est plié), Dame nature s'y met et le jour du buzz programmé, c'est vers le Japon que les regards se tournent. 
PS : Une pensée pour Alain Juppé.

11 février 2011

Obsolète

par

"La proximité de Nicolas Sarkozy à l'égard des préoccupations quotidiennes des Français souligne sa capacité d'écoute, de dialogue et sa franchise." - François Fillon, communiqué 11.02.11

L'actualité à flux tendu des colères populaires égyptiennes faillit bien lui voler la vedette et casser son émission sur mesure. Mais il en fallait plus...

Hier soir, Le Monarque a parlé. Au moins une heure de trop. Figé quelque part dans le fantasme d'une France du début des années 70, avec la jeunesse en horreur et le vieil électeur apeuré dans le viseur, au fil de l’exercice dépassé de propagande poussiéreuse, lubrifié par un cireur à carte de presse, devant un panel alibi de 9 français censés justifier par leur présence la sincérité survendue du commercial moins sur de son produit qu'à l'accoutumé, il a laborieusement déroulé le catalogue des "valeurs" qu'il n'a eu de cesse de piétiner avant même d'arriver au pouvoir : travail, justice, solidarité et sécurité.

Esquivant tous les sujets "hors cadre" ou qui fâchent, s'auto-posant des questions et répondant à des questions qu'on ne lui posait pas, sermonnant ses contre-vérités rehaussées à point nommé de statistiques ripolinées, le sire autiste s'enfonça, crispé sur le guidon, dans d'interminables monologues. Tentant en vain de nous persuader qu'il a le vent de la criseTM dans le dos, par quelques coups de dérailleur expert, l'entêté alterna à cadence soutenue les promesses aux mensonges, avec passage par l'incontournable balise du Point Laetitia (ah ces faits-divers, à se demander de quoi il pourrait bien parler sans eux !). Mais, l'apologiste du mouvement et de l'urgence parut bien rigide, ensuqué dans la contre-productivité criante de ses formules passées.

Paillassonant ses pompes sur le peuple, le protecteur de la partie supérieure de la réserve protégée de droite combla maladivement le vide, visant le seul électorat populaire pouvant encore croire en lui : les alzheimérisés a la mémoire qui flanche. On ne retiendra de ce marathon de la sincérité forcée qu'un appel du pied appuyé à la société du sous-salariat[1] et quelques allusions, malheureusement classiques, à l'Islam comme nuisance.

Vint alors à ceux n'ayant pas encore abandonné le navire, l'envie de balancer leurs sandales sur le plasma HD.

MADAME
- Mais Loulou t'es fou ! On n'a pas fini de le payer ! 

Hier soir, les Monarques ont parlé, mais nous n'avons plus rien à nous dire.  La dépendance au pouvoir est un vrai problème de société. 


[1] Le chômage n’intéresse pas les entreprises. Ce qu'elles veulent : du travail gratuit.

[update : 12.02.2011 : décryptage de la rhétorique, Rue89.]

17 décembre 2010

The dangereux network

par

Les grandes manoeuvres pour assurer d'ici 2012 un cadre internet digne de ce nom à notre monarchie élective (suivant l'adage  "tout ce que je ne veux pas écouter, soit je le nie soit je le fais taire" ) sont entamées

Est votée mercredi soir à l'assemblée l'article 4 de la LOPPSI 2 autorisant le ministère de l’intérieur à "filtrer" un site internet sans passer par la case judiciaire...  Outil inefficace à lutter contre sa "cible", les abus sur pitinenfants et l'escroquerie en ligne[1], mais ouvrant d’intéressantes perspectives pour la fermeture pure et simple des sites contrariant l'autorité.

En cas de promulgation de loi liberticide, si l'on ne dispose pas dans l’actualité d'un niqab, d'un rom ou d'une tempête de neige pour faire diversion, il convient de guider le lecteur vers le chemin de la sécurité où il décidera de "lui-même" que la censure, finalement, ça a du bon.

Comme par hasard, le lendemain du vote nocturne (à 20 gus dans une assemblée), l'agence "conseil" Calypso  publie le baromètre "enfant et internet", réalisé lors du tour de France des établissements scolaires "un clic, déclic, une opération nationale de sensibilisation" avec le soutien de l'association "la voix de l'enfant" (pour la respectabilité) mais aussi Apple, Google et Orange (pour le côté infiltration du marché à la source).

Soucieux de sensibiliser son lectorat au risque de viol encouru par leurs pitinenfants en cas de navigation sur internet, sans gilet de sauvetage certifié NS, loin des eaux usées des éditos de Threard ou de Catherine NayLe Figaro titre son article de synthèse sous l'angle de la catastrophe :



Je t'en propose quelques extraits revisités en mode "tu vas parler hein ? C'est quoi ton mobile et qui sont tes complices ?" et tu verras que, plus que jamais, les mots sont importants.
"Le quatrième baromètre [...] montre une escalade numérique impressionnante des 11-17 ans, qui passent notamment une grande partie de leur temps sur les outils communautaires.

Toujours plus jeunes. Toujours plus équipés. 
[La phrase "toujours plus armés" n'a pu être utilisée le copyright étant déposé par Alain Bauer] 
Enfants et adolescents plongent chaque année davantage dans le grand bain des nouvelles technologies.
[Étonnant... ce n'est pas comme s'il y avait une douche publicitaire continue pour les smart-phones et autres packs "internet illimité avec forfait bloqué", de l'abri bus devant leur bahut à la moindre émission de radio ou de télé chez eux].
Les chiffres les plus frappants de cette escalade numérique concernent les pré-adolescents. Désormais 55% des 11-13 ans auraient une page Facebook et 47% posséderaient déjà un téléphone portable. 
[Chiffres terrifiants. Je me demande combien ont la télévision chez eux ? Et plus haut dans "l'escalade" : combien ont accès à l'électricité à domicile ? Une insertion de doigts mouillés dans la prise de terre risquant de provoquer un "raz-de-marée" intime chez le jeune irresponsable avide d'interdits.]

[...]

Chez les collégiens et lycéens de 13 à 17 ans, le portable est devenu incontournable. [Alors que chez leurs parents pas du tout.] A tel point qu'il servirait de «doudou» à près d'un tiers des 15 à 17 ans qui déclarent le mettre sous leur oreiller pour dormir.
[Le mitraillage de SMS à la con sur smart-phone payé à crédit, histoire de détailler toutes les 10 minutes à Chouchounet(-te) les facettes du vide de sa vie de bureau, est en revanche la chasse gardée de l'adulte salarié. Existe aussi en mode "Poker sur smart-phone dans les transports en commun"[2]].

[Facebook] est la nouvelle star des cours de récréation
[en terme de révélations : wikileaks peut se rhabiller.].
[...] Facebook est leur nouveau couteau suisse.  Ils l'utilisent pour tout. Discuter en ligne, partager des photos et des vidéos, les commenter…
[oui, il s'agit ici de sensibiliser le lecteur du Figaro au monde opaque et alarmant de l'ouvertue à l'autre et de l'échange gratuit sur fond de technologie luciférienne.] 
Du coup, ils utilisent de moins en moins les mails. Si les messageries de type MSN ont également un peu moins la cote, un quart des 11 et 13 ans déclarent tout de même y passer plus de trois heures par jour.
[Tandis que leurs parents, en dociles citoyens friands de culture et de spectacles nobles diffusés sur des canaux indépendants du pouvoir, consacrent 3h30 quotidiennes et constructives à la télévision.]
«Quant aux blogs, délaissés par les adolescents, ils attirent désormais un public dès le CM1-CM2», avance Thomas Rohmer [patron de Calypso].
[Oui, l'âge moyen du blogueur politique est de 7 ans et demi. Ce qui tranche avec le petit monde des éditocrates de plateau dont certains approchent le siècle (ainsi que son dîner).]

Les jeux vidéo font également un malheur. 87% des 11-13 ans et 80% des 15-17 ans disent s'y adonner au moins une fois par jour. Enfin, le téléchargement de films et séries TV «explose», selon le baromètre. Plus de la moitié des 13-15 ans, contre 21% l'an passé, vont chercher ces contenus sur le web. 
[la moitié restante allant probablement les télécharger sur un autre internet encore plus dangereux.] 
Et ce de manière illégale. Chez les 15-17 ans, ce chiffre dépasse les 60%.[Comme dirait le grand philosophe Robert Menard dans ces monologues "sans interdits" de 17h45 : "dès fois on regrette l'abolition de la peine de mort". Exemple des propos pondérés et responsables prouvant la supériorité idéologique de la télévision pour vieux à l'heure où les mômes rentrent de l'école.]

(capture d'écran :
la nouvelle réclame pour le filtre anti-Robert Ménard.)

À chaque génération ses loisirs et un tel succès des nouvelles technologies ne devrait pas forcément poser de problèmes.
[Il va falloir que la jeunesse de ce pays se le mette une bonne fois pour toutes dans le crane : ce ne sont pas les anciens qui vont se mettre au vélo mais les jeunes qui doivent se véhiculer en déambulateur.]
Malheureusement, ce baromètre montre aussi la très faible présence des parents [...et s'il faut culpabiliser les parents pour ça, on ne va pas se gêner] dans ce nouveau quotidien numérique des plus jeunes qui manquent parfois d'armes pour protéger leurs données confidentielles ou peuvent être confrontés à des images choquantes. Campagnes de prévention, messages ministériels… Rien n'y fait." [et pourtant nos agences de com, people, pubards séniles, politiques, pachydermes tv, journalistes et acteurs n'ont pas ménagé leurs efforts pédagogiques pour nous démontrer qu'Internet = mensonge, pédophilie, délinquance, raclure analphabète de bidet inculte.]
(La droite ? Une certaine vision du net.)

Suit une petite intervention d'Alex Turk, président de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) au sujet de facebook :

«Les parents et le corps enseignant ne savent pas par quel bout prendre le problème.
[Tu noteras ici l'absence de doute quant à l'existence d'une putain de tuile.]
Il faut reconsidérer l'instruction civique sous l'angle de la protection des données personnelles pour sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge. Ce sujet devrait devenir une priorité nationale. Des générations sont en train de s'engager dans la vie avec un patrimoine de libertés fondamentales mutilé car ils ne pourront jamais récupérer complètement les informations qu'ils ont diffusées sur la toile».
[J'imagine qu'à l'arrivée de la voiture quelques chefs de CNIL prétendirent qu'à plus de 30 km/heure les charrettes du diable rendraient stériles. Et regarde, 120 ans plus tard : on n'est pas heureux à passer nos week-end dans les bouchons pour se rendre avec les mioches chez le concessionnaire, histoire de bénéficier avant la fin de l'année de la prime à la casse et de changer de Laguna pour la troisième fois en 3 ans ?] 

Aujourd'hui, 87% des 11-13 ans ne protègent aucune donnée personnelle sur Facebook et trois sur dix acceptent systématiquement «les nouveaux amis» qui s'y présentent.
[Bien sûr : la télé et son produit star "la télé-réalité", basé sur l'exposition continue et décomplexée de l'intimité du spectateur devenu acteur discount (avec ce "petit plus" qu'elle est assortie d'une totale soumission à l'autorité a.k.a la prod a.k.a l'annonceur), n'y sont pour rien.]
Les adolescents se disent quant à eux peu concernés par le débat sur le droit à l'oubli."
[Assez logique dans une société où la célébrité, pour rien et à tout prix, représente la quintessence de la réussite.]
Nouvelle pierre apportée à l'édifice idéologique, sous l'angle "ado irresponsable, liberté technologique trop dangereuse et que ne ferait-on pas pour nos enfants ?", conditionnant le lecteur à conclure que ce n'est "pas si mal" de censurer internet (d'autant que c'est cool : on s'est comme par hasard doté de l'outil législatif ad-hoc le jour même !). L'article sous-tend l'idée, en vogue chez les promoteurs de la peur, que l’émetteur de ses données personnelles est plus coupable que celui risquant d'en abuser. Si l'on suit la même logique : celui recevant un courrier d'Hadopi[3], lui reprochant d'avoir téléchargé une oeuvre musicale et le menaçant de sanctions s'il recommence, devrait blâmer l'artiste pour avoir créé l'oeuvre à l'origine du "délit" passé et à venir. On le voit une fois encore : les réponses sont conditionnées par la façon de poser "les problèmes".

Bon, le plus beau de l'article du Figaro reste sa mise en abyme finale où le lecteur est convié à...  laisser son témoignage. 

Le Figaro s'est trompé, le besoin de s'exprimer est plus qu'une catastrophec'est une intolérable malfaçon humaine, le vrai bug des années 2000.  A défaut de nous mater physiquement, ça coûte cher et ça tache, le pouvoir et ses VRP n'auront de cesse de nous persuader qu'il faut mater l'outil (après abonnement bien sur).

(La France est à l'aube d'une révolution numérique : l'offre unique.
Thierry Solère planche déjà sur le packaging.)

* * *

[1] Pitinenfants qui devront se contenter de la trash-tv et des dissections "porno-chic" de cadavres dans les séries américaines sur la première compagnie et ses déclinaisons débiles de la TNT gratuite, bourrées de pubs pour crédits à la conso à 53% et sonneries de téléphone portables personnalisées à 13 euros la minute.
Dans le même temps, la même LOPPSI assouplit les règles du permis à point : être écrasé par une voiture grillant un feu rouge étant probablement moins dangereux pour l'enfant que de surfer sur internet.

[2] Certes, matin et soir, les mêmes avaient déjà la tête baissée dans le métro avant l'arrivée de l'heil-phone. La force d'Appeule et des opérateurs de 3G est d'avoir réussi à leur faire payer, sur abonnement, ce long tunnel d'ennui et de soumission qui, jusque-là, n'était pas profitable au marché.

[3] brillant résultat à 30 millions d'euros annuels de l'ancienne "bataille" du net menée par les mêmes grands esprits.

26 novembre 2010

L’escroquerie institutionnalisée

par
Définir l’époque en un mot ?

Cherchons... inégalité, souffrance, boulimie, vacuité, ignorance, égoïsme… chacun ne reflète qu'une facette du drame. « Escroquerie » : en voilà un qui traverse les classes sociales et les continents, que chacun du plus pauvre au plus riche reconnaîtra à sa façon, et qui synthétise la situation.

Sentiment personnellement éprouvé depuis le début du millénaire, avec accélération depuis ses trois dernières années. De l'Euro au Monarque, en passant par ta facture de téléphone mobile dont l'augmentation n'a d'équivalent que l’opacité des raisons de cette hausse à laquelle, vraiment, tu n'as pas "tout compris" : l'air du temps est à l'arnaque. Trop plein d’abjecte, de l’intime au global : il devient impossible de hiérarchiser, d'emmagasiner même, le flot quotidien d'injustices te submergeant. L'époque est un hold-up généralisé.  Tous veulent se goinfrer avant le dépôt de bilan définitif de nos maigres certitudes.


Étage intermédiaire avant les gros braquages des "politiques de rigueur" pour réapprovisionner en jetons les joueurs de poker, j'évoquais dans le précédent article sur la sécurité que, s'ajoutant à la dégradation des conditions de travail et à la désespérance planifiée du « non-emploi » (sur laquelle il va quand même bien falloir que tu arrêtes de culpabiliser un jour),  l'un des facteurs de violence ignoré dans la société est l'exponentielle escroquerie de sa sphère commerciale[1]. D'autant plus fâcheux qu'au nom du "progrès" et de "l'alignement sur les autres pays"[2], elle empiète peu à peu sur les secteurs jadis sanctuarisés.

Au hit-parade de l'escroquerie "à échelle humaine" : le royal-cheese with cornichons du vol auto-infligé,  aux redoutables effets sur le reste de la société (tu remarqueras que les pays où l'économie s’effondre furent préalablement le théâtre d'une belle bulle de la pierre où les individus ont joué à la spéculation les uns contre les autres avant de se retrouver tous à la rue), je veux bien entendu parler du crédit immobilier.[3] Là dessus, ma position est simple. Elle te préservera des déconvenues et te conférera le minimum de crédibilité requise pour critiquer à longueur de forums les méchants banksters qui t'ont entubé : si t'as pas l'argent, et bien t'achètes pas. 

 .(4 minutes qu'elle vient de signer.
 Babette est pour le moment satisfaite par son modèle longue durée : 27 ans minimum.)
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Mais, niquer les béats embobinés à l'hameçon de la plus-value ne suffit plus. Il a été décidé par nos mafieux pontes, gestionnaires de ressources humaines en période de contraction économique, que tous sans exception, du plus fauché à l'objecteur de croissance, nous passerions à la caisse.

Quelques spécialités sont prévues à cet effet :

Le piège des crédits à la consommation aux clauses insaisissables dont la victime ne peut se dépêtrer (il sera alors soumis à une batterie de chasseurs de dette aux méthodes plus ou moins légales.) 

- L’engrenage sans fin des agios et des frais bancaires (avec ajout d'un interlocuteur jeune, volontaire et en stage d'assimilation escroc, que l'on fait régulièrement tourner d'une succursale à l'autre pour éviter qu'il s'attendrisse sur l'endetté.)

Les augmentations régulières des dépenses contraintes aux justifications les plus abracadabrantes (exemple type : les hausses régulières d'EDF pour rembourser ses errances spéculatives).

L’augmentation du coût de la consommation courante. (Ce qui nous ramène au piège des crédits à la consommation puisqu'il dévient clair qu'au rythme de la hausse de tous les prix sauf des salaires, surviendra plus vite que tu ne le penses cette paroxysmique période, aboutissement logiques des démocraties molles et maquerelles de la libre concurrence totalement faussée et complètement déloyale, où tu patienteras, sous le regard inquisiteur de 15 vigiles armés, à la caisse automatique de ton Lideule pour t'acquitter du prix d'un paquet de nouilles de l'unique marque en rayon, avec un crédit au taux dépassant l'usure.)

Autant de situations ressenties comme injustes et sans issue. Car, oui, il est compliqué d’en sortir si tu suis leur schéma : c’est conçu pour. Pour traiter les causes, pas de secret, on en a déjà parlé. L'heure n'est plus au nettoyage à l'eau précieuse et au coton-tige. Par la loi et une forte détermination politique, il convient dans certains domaines (habitation, nourriture...) de briser les déséquilibres et les spéculations, d'empêcher la propagation aux zones jusque-là préservées (éducation, santé...) d'un ultra-libéralisme qui, sous alibi d'améliorer tout de suite le confort de chacun ou de combler au plus vite l'"insoutenable" dette de l'état, saccage à perpétuité l'existence de tous en les endettant à titre privé sur trois générations.
(Il y a deux escroqueries sur cette publicité pour le crédit immobilier. 
Sauras-tu les débusquer ? J'attends tes réponses dans les commentaires.)

Dans l’immédiat, une République attachée au bien-être et à l'apaisement de ses citoyens, pourrait légiférer pour les protéger de ces « petits désagréments » qui ne font jamais les grands sujets de campagne et qui constituent pourtant l’essentiel de ta vie et le gros de tes découverts mensuels.  Mais non. L'inverse se passe. Avec un implacable aplomb, au lieu de t’épauler dans tes vicissitudes de consommateur lésé, l'État assure un cadre législatif garantissant que tu seras dupé, deep and constantly. Primes, concessions et bonus aux voleurs de grand chemin. Taxes, crédits à la conso, vigiles, caméras de surveillance et police de la pensée pour les autres.

Politiques de rigueur ou consommation intérieure, le citoyen n'a désormais de valeur qu'en fonction de son potentiel de dépenses. Volontaire asservi depuis un demi-siècle à la machine à consommer, maintenant que le moteur économique européen court vers l'explosion en pièces détachées pour cause de notice de montage en allemand, le citoyen n’a qu’un seul droit : celui de la boucler et de se serrer la ceinture en attendant le crash suivant (car, comme dirait mon conseiller financier, Enzo 3 ans, en assemblant ses legos  : - un moment, quand y a pu de briques le château y s'écroule.)

Alors que les parachutes dorés sont de retour (avec la bénédiction du Sénat), que les banques renouent avec les bénéfices et les bonus, que certains empochent 1400 années de SMIC en un week-end de glande et qu'est lancée une nouvelle chaîne boursière pour faire triquer du gros cadre[4],  toi, le dommage collatéral de la grande mue occidentale[5], tu as la sensation d’avoir raté un épisode. Ton loyer augmente, ton salaire stagne et cinq fruits ou légumes par jour, ce n'est pas un conseil santé, mais un investissement compliqué. 

Le problème pour nos gouvernants : une partie non négligeable d'entre toi, exclue  de tout (travail décent-logement potable-espoir crédible) et  mal-aimée du monde d’avant qui fait encore sa loi, a le temps de s’intéresser au mécanisme qui a conduit à cette situation pourrie. Tu  pointes ses dysfonctionnements, sa logique pyramidale, son aberration répétée[6]. Tu commences même à le remettre en cause, toi le déviant du "meilleur système qui vaille" (pour eux). Voilà que ce discours qui, 10 ans plus tôt, t'aurait fait passer pour un timbré de la secte de Wacho, commence à avoir de l'écho. Certains d'entre toi appellent même les autres à vider leurs comptes en banque le 7 décembre prochain! Vraiment, tu ne respectes rien[7].

Pour contrer ces indésirables, l’Etat contribue à t’enfoncer dans une nouvelle ère européenne (à moins que ce ne soit l’inverse) de "l'escroquerie institutionnalisée": une étape supplémentaire dans la, plus si lente,  agonie des  démocraties occidentales

Si, à condition de s'intéresser un tant soit peu à la question, au niveau de la dette des états et des crises financières à répétition, l’escroquerie est bien visible. Dans la consommation, c’est moins spectaculaire. Quand l'Etat ne ferme pas les yeux sur les abus, il les encourage:

- En toile de fond du quinquennat, nous avons déjà le refus des class-actions régulièrement défendu par Christine Lagarde. Les class-actions (procédures judiciaires collectives contre une marque ou une institution) permettraient, à moindre frais, de venir à bout, avec jurisprudence et fortes indemnités, des abus des banques ou des opérateurs téléphoniques… A la trappe sur demande du Medef.

- Toujours par la même Christine, nous avons également eu le refus de taxer les banques (ça handicaperait leur compétitivité) puis les souplesses octroyées à ces dernières dans le cadre de l’endettement des particuliers. Pour la championne de brasse coulée, empêcher le revolving chez les pauvres freinerait la reprise de l'activité économique. Comme l'a signalé en juin dernier un rapport de l'UFC-Que choisir, nous sommes de plus en plus nombreux (spécialement les plus fauchés) à être victimes d'irrégularité de surfacturation de nos banques. Et ?  Rien. Elles continuent.

- En toute discrétion, la DGCCRF est dynamitée (là encore on retrouve Christine au service bonnes excuses). C'est vrai, pourquoi s'embarrasser d'un organisme public à même de signaler les dérives et les abus des marchands surtout quand t'es marchand ?
Mais encore. Le magistrat B.Hurel nous rappelait en début de semaine dans Libération  qu'en février dernier, dans la foulée des appels à ne pas acheter de produits israéliens, l'ex-garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie a, en quelques lignes, criminalisé  les appels au boycott de marques sur le critère de l'origine[8].  Cette décision est particulièrement inquiétante en matière de liberté publique et le texte enclenche une logique facilement extensible à d'autres domaines : le devoir de consommer passe avant le droit de s’abstenir de consommer. Tremblez décroissants. 
Après le refus du salariat qui, revendiqué haut et fort, te fait encore passer pour un "marginal bon à enfermer" (même si les évènements te donnent raison), l'appel à ne pas consommer est en passe de devenir un délit.

L'autre jour, j'écrivais en blaguant que viendrait le jour où serait répréhensible par la loi le fait de ne pas regarder la télévision. Je m'aperçois au fil des dépêches que cette perspective n'est plus si folle, que la réalité sera probablement encore plus vicieuse et imaginative. Je suis même persuadé que les appels à vider les comptes des banques seront punis d'une amende bien avant qu'un texte de loi ne marque le début d'un encadrement sérieux de ces établissements de haut vol.
Sur une note positive : on peut prendre le problème à l’inverse. S’il y a besoin de passer en catimini ce genre de textes, c’est qu’il y a inquiétude en haut-lieu. La crise aura au moins ce mérite de forcer l'individu à réfléchir et, je l’espère, à comprendre que les désordres présents ne sont pas le seul fait d’un « pire », ni d'un « empire », d'une « oligarchie », pas plus que d'un « ordre » nouveau ou ancien, mais bien de sa soumission continue aux sirènes et aux dogmes au nom de son confort physique et de sa tranquillité mentale (l'expérience prouvant pourtant qu'agissant ainsi, il rate souvent les deux).
Ils te veulent aveuglé, avide de consommer, désintéressé de l'économie (hormis celle liée à la spéculation personnelle et à ce plan d'épargne retraite individualisée te rendant complice de leurs turpitudes) désabusé du débat politique (hormis un cadre restreint à un catalogue rabâché d'idées "sécurisantes", garanties sans remise en cause des paradigmes actuels) et effrayé par le reste.

Pour son profit électoral et celui financier de ses camarades de classe, l'excitation, le buzz et l'apparente incohérence de ce gouvernement recouvrent une logique continue de son action  : nous rendre esclaves, de gré ou de force, à la consommation sans fin. 

Si tu fais un pas de côté et ne rentres plus dans les formules toutes faites, tu repenses la situation au lieu de la subir : le danger commence. Pour eux.

Ceux, celles en l’occurrence, qui sont capables de passer ce type de lois, de tenir ce type de propos contre le citoyen, ont les aptitudes requises pour te rouler sur le crâne en tank, Terminator style. Très vite, si rien n’est fait en haut pour relâcher la pression et remettre de l'ordre dans cette escroquerie institutionnalisée contaminant toutes les parcelles de nos vies quotidiennes, l'intenable équation entre voleur et volé se résoudra ainsi : un des deux détruira l'autre.


* * * 
  [1] Lorsque tu viens de te prendre une 20eme fois "la tête" avec ta banque qui t'a aspiré 200 euros pour un découvert de 14, après une journée de pression au taf passée tête baissée, que tu en es est à ton 43eme appel surtaxé dans l’hydre aux langues hétéroclites des call-centers (où des types aussi mal traités que toi sont rémunérés trois fois moins à te faire tourner en bourrique) pour tenter sans succès de te désabonner d’un service surfacturé que tu n’as pas demandé : tu ne seras pas d’humeur bienveillante. En fait, t’aurais même tendance à sombrer dans la démence ou à en vouloir au premier type que tu croises et dont la tête ne te revient pas. Ce qui facilitera les discours sécuritaires des candidats en campagne.
 a
  [2] UMP et "identité nationale" = on est les plus beaux.  Sauf en économie où, les autres pays ayant étrangement à chaque fois raison, c'est à nous de nous assimiler à leur cadence réformatrice.

  [3] pour une étude plus approfondie, je te renvoie à l'excellent ouvrage "Les endettés". 357 pages de rires et de pleurs, dans la joie et l'irrespect le plus complet de la hiérarchie actuelle des valeurs.
 a
  [4] J'espère que ma signature à la pétition pour enfin avoir un CNBC local avec un vrai tout schuss de l'ultra-over-libéralisme francophone en 24 /24 va porter ses fruits ! 

  [5]  Ah oui, je ne sais pas si je t'en ai déjà parlé : tu es le grand perdant de la mutation occidentale en cours depuis 30 ans qui voit (ou plutôt feint de ne pas voir) le passage d’une classe moyenne "confortable", vivant sur ses acquis financiers et sociaux (legs d’une période de croissance qui bat encore, pour ton plus grand malheur, la mesure des médias et des éditorialistes non renouvelés dans ce laps de temps, des principaux partis politiques et des aspirations populaires), à une classe moyenne, redéfinie par le bas, une nébuleuse instable sans sécurité aucune (d'où ta frénésie d'achat immobilier, légende urbaine de l'investissement "sûr"). Cette nouvelle répartition des richesses entre pauvres et riches cachée par le terme "moyen" (signifiant juste le plus nombreux) n’est que l’aboutissement des désordres s'accumulant depuis 40 ans. En pure logique, il ne semble donc pas souhaitable de renouer avec l'économie de ces "30 glorieuses" mythifiées. 

  [6] En Irlande, les salaires sont baissés, les impôts augmentent sauf les impôts sur les sociétés qui ne sont pas relevés au prétexte que ces "merveilleuses" iraient ailleurs. Stupide spirale qui provoquera encore plus de misère. Mais rien n'y fait, Rue 89  nous apprend que les grandes entreprises préfèrent engager des non-natifs. Parlant plusieurs langues, ils assurent à un le boulot de trois. 

  [7] Même si, pour les raisons exposées, les comptes vides ne sont plus pour beaucoup une motivation mais une réalité. 

  [8] "D'autant que si l'on commence à boycotter les produits fabriqués ailleurs, on va vite ne plus rien consommer en France"  a dû se dire MAM. Il est cocasse qu'un pouvoir appelant régulièrement à plus de fermeté sur l'immigration soit si prompt à défendre l'ouverture sur les importations.

Illustrations : Radiohead, "Hail to the Thief", flickr : rjseg1, affiche de " Family business"  de S.Lumet (1989), capture d'écran de "T2 - Judgement day" de J.Cameron (1992), diverses publicités pour le crédit à la consommation.

15 juillet 2010

[video] la société de la corruption

par
12 juillet 2010. Quelques minutes avant le sarkopiposhow d'été d'un magnanime souverain[1] mis en condition par l’homme qui tua Vérité Relance, quelques blogueurs rencontraient Séverine Tessier, fondatrice de l’association Anticor.

Anticor est une association regroupant élus et citoyens contre la délinquance en col blanc, spécialisée dans l'alerte des conflits d'intérêt dans la classe politique. Elle a déposé deux plaintes en 2009 : contre François Pérol, ancien conseiller du monarque et nouveau pilote du lobby bancaire, pour prise illégale d'intérêt et une dans l'affaire des sondages de l'Élysée.

L'entretien a gravité autour d'un thème souvent abordé sur ce blog : l'insistance de notre gouvernement à livrer clés en main, via la législation et / ou le démantèlement de services publics, des populations à des entreprises privées, si possible gérées par des proches de ce même gouvernement.

Vous retrouverez des analyses de cette rencontre sur Piratages, Intox2007 et chez Sarkofrance.

Voici 4 extraits en vidéo...

Extrait 1 :

"Le stade ultime de la corruption : la corruption démocratique" Durée : 7.30

- La banalisation des conflits d'intérêt : De la grippe A au Woerth-Bettencourt en passant par les jeux en ligne.

- L’importance de la fraude fiscale en France (évaluée à 50 milliards). Hormis du symbolique et annonce médiatique Woerthienne du type "je suis l'ennemi public n°1 en suisse". Rien n'est fait. Au contraire. Depuis l'arrivée de ce gouvernement les fuites fiscales sont plus abondantes que jamais tandis que, dans le respect du choc d'austérité (ce booster idéal pour retourner au précambrien social), les plus faibles se voient ratiboiser leurs aides au nom de la rigoureuse rilance képasdelarigueur.



Extrait 2 :
"Ré-instaurer les contre-pouvoirs" Durée : 5.00

Face à une démocratie vérolée de l’intérieur, dépénalisant peu à peu les affaires, "c'est le corps social qui réagit..."

La société glisse vers l’impunité juridique et idéologique de la délinquance politico-financière. La tolérance envers "les affaires" étant inversement proportionnelle au niveau social des individus, les plus pauvres sont les plus dégoûtés.

Dégoûtés et non révoltés, la nuance fait la différence.

"Taxer les pauvres" et les culpabiliser tout en leur distillant de la logique libérale par tous les canaux de contrôle médiatique ne suffit plus : il s'agit de les écœurer du débat public, le fatalisme renforçant la mécanique de corruption.

Dans le même temps, conséquence de l'abandon de l'état, de l'individualisme et d'une paupérisation croissante : la corruption se généralise sur le terrain et s'insinue dans nos esprits. D'où l’importance de la dénoncer au niveau local (outils de diagnostics indépendants, expertises objectives, conseils citoyens, interpellation par les députés, dépôts de plaintes…) : le champ d'action le plus accessible.




Extrait 3 :
« La corruption érigée en dogme » Durée : 4.00.

- Retour sur la dimension culturelle de la corruption basée sur notre asservissement à la logique de marchandisation généralisée.

- De l’importance de s’intéresser plus aux corrupteurs qu'aux corrompus (rarement le cas dans les médias et pour cause, les corrupteurs sont souvent les annonceurs.)



Extrait 4 :
"Incompatibilité des fonctions et inéligibilité des politiques avec casier judiciaire."
Durée : 4.00

Pour S. Tessier, la désaffection du vote est du en grande partie à la perte de crédibilité des politiques, au travers des affaires et autres condamnations classées sans suites électorales par leurs partis (...si ce n'est que ces candidats perdent de plus en plus souvent).

Selon le Cevipof, en 2006 : 60% des français jugeaient leurs élus corrompus.

Un retour à la légitimité de la classe politique passe, entre autres, par une liste d’incompatibilité des fonctions (le cumul des fonctions est souvent plus préjudiciable que le cumul des mandats) et un principe d’inéligibilité des candidats déjà condamnés. C'est loin d’être le cas aujourd’hui.




En attendant un retour plus actif du blog, avec un jour de retard, voilà une façon plus instructive qu'un défilé avec chars et Carla de célébrer la fête de sa "république irréprochable" qui est la notre.

Ils se servent de la démocratie comme accélérateur de business, certes.

Qui leur a laissé la concession ?

Qui peut leur reprendre ?



Merci à O_live et Séverine Tessier pour cette rencontre.

Référence citée : «Les discrètes vertus de la corruption » Gaspard Koenig, 2009, Grasset

* * *

[1] Pas la peine d'en faire un billet : tout individu rationnel aura fort normalement été atterré par la cascade de mensonges et des contrevérités déballés, avec sa légendaire syntaxe de salle de garde et l'assurance des grands jours, par un monarque se la jouant solide mais décontracté (mais peinant à inspirer l'un ou l'autre chez le quidam aux sens non-atrophiés).

L'allocution Berluscono-ceaucescuienne avec charentaise journalistique
embedded n'était juste pas nous. Elle s’adressait à son camp qui, lui aussi, montre quelques signes de désenchantement mais garde un faible (La droite, what else ?) pour les réponses concepts s’emboîtant tel un Duplo dans un dentier à sa vision pépéro-sécuritaire d'une retraite dorée avec monte-escalier automatisé et assistants d'autonomie à domicile.

Oui, le camp de la France moderne a 65 ans d'âge moyen.

L’affaire Woerth-Bettencourt le secoue à peine. Au fond, les passe-droits, le favoritisme, les clans et, grosso modo, l'avarice et la cupidité l’animent (notre monarque l'a d'ailleurs rappelé).

Il a donc parlé à son camp à cran en méprisant le reste des français.

Rassurez-vous
les autres : D'autres appeaux, type je n'augmenterai pas les impôts, sont dans les tuyaux.

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