Affichage des articles dont le libellé est ump. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ump. Afficher tous les articles

13 mars 2014

La tragédie d'un homme ridicule

par

Me faire ça ! A moi !

Moi, ex-président corrupteur, financé par un dictateur terroriste et une milliardaire aux fraises,
moi qui ai fidèlement arrosé d'argent public tous mes amis,
moi qui ai généreusement défiscalisé pour les nantis,
moi, pataquesseur né, me débrouillant pour être mêlé à une affaire louche par jour tout en l'étouffant (suffit de placer les bonnes personnes aux bons endroits, youpla !),
moi trompé par un abruti (Jean-François : se faire gauler pour 8 millions, c'est petit),
moi trahi par mon gourou depuis dix ans (Oui euh, ma campagne La France aux Français, c'est pas moi c'est lui),
moi qui voulais ficher les Français potentiellement déviants (tous quoi), appliquer la tolérance zéro pour les délinquants et vidéo-espionner toutes les rues du pays,
moi qui faisais espionner les journalistes ne me cirant pas les talonnettes,
moi qui voulais être Bobby De Niro chez Scorcese et ne serais jamais qu'un copycat de Joe Pesci chez Pécas,
moi qui ne suis qu'une victime du complot socialo-trostko-mediatico-reptilo-gay des bobos de St Germain contrariant, si peu, mon comeback triomphal (j'y pense en me rasant, j'essaye mes costumes et rode mon stand-up dans les salles paroissiales des stations balnéaires de droite où le récital de Carla cartonne chez les grabataires équipés d'Audika).

Moi, Nic... euh... Paul Bismuth, qui n'ai pourtant rien à me reprocher, me voilà traité comme un pauvre con de Français, malmené par la justice en sus. C'est ce félon de Buisson qui avait raison : actuellement les valeurs se perdent. Il est loin le temps où l'on respectait les délinquants nuisibles et incompétents pourvu qu'ils soient riches et élus.

Ça m'apprendra à vouloir mon bien autour de moi.

Parfois je me dis que c'est mon cruchon d'épouse qui a raison : trop bon trop con.

Paul B., sauveur éternel, crucifié en place de 'com.

C'est pas tout ça, je dois vous laisser bande de smicards : je vais rater ma séance de dédicaces. 


Illustration : Last temtptation of Christ, M.Scorcese (1988) + M.Monpontet, Twitter.

5 mars 2014

#Sarkoleaks : qui brouille l'écoute à droite ?

par

A chaque jour son dégueuli d'affaires à droite. 

Jean-François Copé (de droite) se fait balancer la semaine dernière par Le Point (de droite) au sujet d'une facturation très généreuse bénéficiant à ses amis de la 'com (de droite). Comme tout le monde nous exécrons Copé, mais nous ne pouvons nous empêcher d'être circonspect devant cette offensive, d'autant qu'en sous-titre, Le Point demande si Sarkozy n'a pas été "volé". Si spoliés il y a dans cette histoire, ce sont d'abord les donateurs du Sarkothon. Et encore : que représentent 8 millions face aux 50 milliards de cadeaux fiscaux concédés par leur poulain à son arrivée à L'Elysée ? Une bien minable rétrocommission. Heureusement, nous pouvions compter sur Copé, aveuglé par son ego, pour rater sa gestion de crise dont l'essentiel consiste à accuser tout le monde sauf lui (et par conséquent s'enfoncer encore plus, tout en concentrant l'attention sur sa seule personne alors que, s'il y a embrouille, il n'est clairement pas le seul à être impliqué). 

(Valeurs Actuelles partageant son fichier abonnés, je reçois cette demande de pognon de l'Association du Financement de l'UMP, le jour des révélations du Point. Ce qu'on appelle le sens du timing.)

Surgissent ce matin les "enregistrements Buisson", le Sarkoleaks. Les extraits des enregistrements du conseiller spécial (tendance Abrutea Party) de l'ancien président diffusés sur Atlantico et dans Le Canard enchaîné sont, pour le moment, anodins (on y parle de Bachelot et Morano, et pas de Karachi ou de Kadhafi). Là aussi, il sera intéressant de suivre la médiatisation de ce qui s'appelle déjà "l'incroyable feuilleton de la trahison" (entendu ce matin sur la très droitière France Inter, je n'ose imaginer le traitement sur BFM). 

Le plus beau dans ces deux affaires : Sarkozy n'a même plus besoin d’apparaître dans l'actualité pour la faire, et en sort presque victimisé (le terme "viol" ne devrait pas tarder à être utilisé à son endroit dans les deux cas). La propulsion médiatique de Patrick Buisson au rang de "félon au dictaphone" offre à Sarkozy une opportunité de se dédouaner de sa politique et d'une campagne très FNlike en 2012 (largement inspirée par Buisson, gourou intouchable et vénéré à l'époque, et les trigolos de la droite forte). S'il voulait revenir blanchi, sur une ligne plus au centre, avec un nouveau parti, on ne peut rêver meilleure préparation du terrain. A moins que... à la fois dans les comptes à Copé et dans les sons du Buisson, il y ait du très très compromettant à venir. 


Articles connexes : 

29 août 2013

Pourquoi c'est Fillon qu'il nous faut !

par

Il nous faut retourner aux valeurs simples et actuelles,
Il nous faut de la proximité,
Mais il faut en finir avec la promiscuité,
Il nous faut de la ruralité,
Il nous faut en finir avec la lutte des classes,
Il nous faut des polos Lacoste pour tous,
Il nous faut des tables à brunchs dominicaux en osier et le charme discret d'un château sarthois pour nos congés de fin de semaine,
Il nous faut ordonner au jardinier de tondre les cinq hectares de pelouse,
Il nous faut des adolescents habillés comme dans les années 80,
Il nous faut des espadrilles mauves et un homme vierge de tout pouvoir,
Il nous faut un souverain proche du peuple, sage et responsable, qui saura faire face à un état en faillite et ne causera pas 600 milliards de dette supplémentaire en un quinquennat.
Il nous faut l’équilibre,
Il nous faut Fillon.


Illustration : Paris Match de cette semaine

19 avril 2013

Ces crétins que l'on ne bâillonne pas assez

par
Théorie du pire, rappel.


Un homme (nous l’appellerons Joe La louze) hystérise le pays pendant 5 ans. Après avoir fait des papouilles idéologiques à l'extrême droite, en plus d'un pays méchamment endetté, il laisse son parti dans un état de décomposition mentale avancée.


Au détour de la loi pour le mariage pour tous (qui passe comme une lettre à la poste dans tous les pays développés), une never-been hystéro, trop déglinguée pour la télé-réalité, se lance dans l'activisme contestataire avec la bénédiction de l'UMP.

 
(Après tout, quand on a eu Enrico Macias, Steevy ou Patrick Buisson comme idéologues, plus aucun  think-tank ne surprend à droite.)

Des chaines d'information couvrent intensivement les manifestations de la never-been hystéro en tablant sur le fait que leur côté anti gouvernement couvrirait ses slogans de plus en plus ouvertement anti homos.


Ce bazar obscurantiste réunit la diversité la plus putride des droites éparpillées:
- les cathos tradis dont les réseaux financent la mise en branle, 
- la droite à la droite du FN
- les réacs de 642 ap.JC, 
- des Marie-Chantal en Carré Hermés,
- Du Gudard
- les anti-Hollande chauffés à blanc par la presse depuis 8 mois 
- des députés UMP en roue libre qui n'ont pas plus fait le bilan de leurs échecs électoraux répétés qu'ils n'ont de vision pour la France (enfin autre que le comeback de Joe La louze)
- et beaucoup de frustration sexuelle (si si les images parlent).

Bref, l'abrutea-party est en marche. Il se voit déjà majoritaire et anti élites. Mais ce qui marque surtout c'est sa capacité à défoncer quotidiennement les portes de la connerie la plus grumeleuse. 
(attention ne pas se méprendre: dans notre environnement médiatique c'est un avantage).


Et dans leur marche contrariée vers l'Elysée, n'écoutant que leur courage, nos grands défenseurs de la famille mettent en avant... leurs enfants.


Au passage, après avoir craché dessus durant des décennies, découvrir sur le tard les joies lacrymales de la contestation sur pavé. 


Malgré les dérapages, les propos limites, les désirs de "sang", ouvrir grandes les ondes à ces irresponsables, mais ne pas s'offusquer que les abords du Sénat et de l'Assemblée nationale soient progressivement envahis par les prières de rue (catholiques, c'est pour ça). 


Laisser la droite accuser la gauche d'attiser la violence, alors que la droite ferme les yeux sur les débordements du mouvement et condamne mollement les (prévisibles) actes de violence qui en résultent. Et oui, car entre temps, grisés par l'agitation et l'open bar médiatique offert à leur haine décomplexée, des disciples des #ManifPourTous tabassent un couple homo en plein Paris et vandalisent un bar gay lillois (Une "initiative citoyenne" selon la porte-parole des #ManifPourTous). 


Commencer à tabasser les journalistes.
 

Et, enfin, à court d'arguments à droite (car en fait il y en a jamais vraiment eu de raisonnablement audible contre le mariage pour tous) en venir aux mains dans l'hémicycle.


A l'inverse de la Une du dernier Valeurs Actuellesvu les tonneaux de vomi qu'elle déverse sur ce pays en un temps record, j'ai tendance à penser que l'on n'a pas assez bâillonné l'expression des valeurs moisies de cette France des siècles enfouis.

30 janvier 2013

Des bienfaits de la diversion

par

Alors que l'assemblée commence enfin à débattre du mariage pour tous, Ayrault tease[1] déjà les médias sur l’éventualité du droit de vote des étrangers aux élections localess’il y a la possibilité d’une majorité des 3/5e au parlement »), promesse de campagne que l’on pensait enterrée. 

OK. Sur la méthode, plus de doute possible: ce gouvernement n'a pas la diversion discrète. Reconnaissons que pour le mariage pour tous, la mécanique a été redoutable: 

1 / Ringardisation de la droite[1]. Elle a plongé la tête la première dans le ridicule[2], s’enferrant dans les retranchements poussiéreux de schémas patriarcaux d'un autre siècle, avant de sombrer dans l'effrayant avec ses accointances foireuses. 

2 / Unité de la gauche (ses composantes sont pourtant loin d'être aussi enthousiastes sur d'autres pans de l'action gouvernementale) et augmentation de ses soutiens suite à la mobilisation à droite. 

3 / OPA sur le temps d'information. On se souvient du souci sarkozyste de dicter l'agenda médiatique en début de quinquennat. Un sbire lançait une annonce le matin, elle était débattue toute la journée sur les ondes, puis close par le président lui-même le soir venu. Pendant ce temps là, on ne parlait pas des sujets qui fâchent. Le principe est le même ici, à la différence notable que la thématique est diluée sur des mois et que personne ne doute que la loi soit votée. 

Inconvénient. En faisant traîner, dans un tel environnement média raffolant du clash ou de la libre expression du fétide au nom du débat d’idées, on attise les haines dans une société déjà à cran. Mais il semble que la connerie ne paye plus: suite aux excès et aux démonstrations de force des anti mariage gay, allant jusqu'au revival de la prière de rue, l’adhésion au projet de loi grimpe dans l'opinion (63% pour, sondage Ifop/Atlantico). 

Ne boudons pas non plus notre plaisir, le magistral discours de Christine Taubira, servi avec  son hachis de députés UMP, restera un grand moment du quinquennat et de l'histoire de l'assemblée nationale


C'est le paradoxe de ce combat. D'un côté, le gouvernement fait profondément évoluer la société et on ne peut que l'encourager. De l'autre, il se sert de cet épisode pour masquer ses renoncements dans des domaines impactant pourtant bien plus de citoyens (réforme bancaire ou droit du travail pour n'en citer que deux).

Reste à savoir si, après un semestre sur le mariage des homos, les Français sont prêts à remettre le couvert sur le droit de vote des immigrés aux scrutins locaux et, surtout, s'ils tiendront longtemps avec de belles tribunes pour de nobles combats sans amélioration de leur situation personnelle sur le front de l'emploi, du pouvoir d'achat ou du logement. 

Ils sont aujourd’hui 72% à estimer que le débat autour du mariage pour tous a trop duré.

[1] désolé.
[2] Cela ne se représentera pas souvent alors rendons hommage aux voix discordantes à droite:  Franck Riester, Benoist Apparu, Yves Jego et Rama Yade.
[3] Notons pêle-mêle: un Mariton en mode trolling, un Guaino nous rejouant la petite marchande d'allumettes (the Malraux mix) et une Barjot explosant d'un plateau à l'autre les records du pathétique établis de dure lutte par Nadine Morano

Illustration: la stratégie de la poussette, C.Michel  (2013)

11 janvier 2013

L'abrutea-party

par
Carnet de bord du mariage pour tous. 8e mois.

S’en remettre au ciel et croiser les doigts pour que la météo soit immonde dimanche prochain sur Paris, histoire de pourrir la déferlante annoncée de cathos secs, fachos moites, foldingo abîmée de la jet-set, apprentis scouts manipulés, UMPs sur le retour, packs de rombières versaillaises à crucifix chromé et autres conservateurs faisandés. Voilà où en est.

Avoir appelé ça "mariage pour tous" et non pas "mariage civil gay" (confusion sémantique permettant aux religieux de s'infiltrer dans un projet de loi qui ne les concerne pas), puis avoir fait traîner le vote, laisser grandes ouvertes les portes d’un débat offrant une exposition médiatique à des illuminés: Chapeau, bien joué! Soit, il s'agit d'une stratégie délibérée pour détourner l’attention d'autres débats comme celui de la refonte du CDI ou la hausse du chômage. Soit, c'est la conséquence d'une mauvaise appréhension par le pouvoir de la défiance à son encontre sur le terrain. Soit, plus probablement, un peu des deux. Quelle que soit l'issue, l'épisode laissera des traces.

Dans la déconfiture idéologique de l'après Sarkozy, ce combat est, avec la fiscalité "confiscatoire", le tronc commun des droites hétéroclites sur lequel elles rebâtissent en un temps record, en usant intelligemment des médias et d'internet, un discours d'opposition, à chier certes, mais omniprésent sur les ondes. Avec tout notre anti-sarkozysme à gauche et les (bien plus) violentes mesures fiscales à droite au début du mandat précédent, nous n'avions pas atteint une telle masse critique aussi rapidement. Assistons-nous à la montée d'un tea-party à la française, sur un canevas proche de ce qui s'est passé dans la foulée de l’élection d'Obama ?

Telle la taxe à 75%, devenue l’emblème d'un "matraquage fiscal" alors qu’elle n’aurait concerné (elle n’existe déjà plus) que 1200 à 1500 personnes, le mariage pour tous devient, au pays du divorce et des familles recomposées ou monoparentales, le fantasme terrifiant d'une perte de l’identité familiale qui serait provoquée par la gauche du diable. Ce gouvernement ne fait pourtant que répondre (laborieusement) à une évolution de la société. La loi concernera au final bien moins de gens que la réforme des retraites[1] ou les négociations syndicales du moment, n’aura aucune incidence sur la vie quotidienne de la majorité de la population et renforce plutôt même le concept du mariage.

Ce qui aurait dû être une mesure emblématique, un symbole immédiat d'avancée de début de mandat et qui n'aurait excité qu'une poignée d'énervés, laissera les images d'un long flottement du pouvoir, propice à la mousse médiatique, au doute, puis aux démonstrations de force des opposants galvanisés par le boulevard qui leur est abandonné. Les anti mariage pour tous ont gagné la bataille de la com'. Ces droites n'ayant d'unité que la haine du socialisme ont même réussi à éclipser médiatiquement le pathétique rabibochage Fillon/Copé  après le fiasco de l'automne dernier. C'est dire si l'UMP devrait prendre en compte ligne et méthode Barjot dans sa stratégie de reconquête.

J'en ai d'avance mal à la tête.

Articles connexes :

[1] cette époque pas si lointaine où Jean-François Copé considérait que manifester était un truc du passé.

4 mai 2012

Le choix du 6 mai : hier contre demain

par

Dans 2 jours, nous serons enfin fixés. Qu'écrire de plus ?

Que rien n'est joué. 

En fait pour le 6, je pourrais reprendre mon texte de mars 2011 intitulé Une France sans futur ?Tout y est. On peut résumer le choix qui se présente à quelques mots:  La Peur contre la confiance. Hier contre demain. La peine contre l'espoir. 

Le suivi des dernières semaines du président-candidat en campagne bunkérisée avec son illuminé papiste confirme tout ce que nous anticipions, parfois en caricature, au sujet de son état lors de ces 5 années de blog en partie consacrées à la dénonciation de son action. En meeting, la violence et les amalgames de ses propos font désormais passer Sarah Palin pour un prix Nobel de modération.

Selon son entourage, le président-candidat est convaincu qu'il va gagner. La droite ne peut pas perdre. Absolument pas. Même à gauche nous nous surprenons à ne pas y croire, même avec 375 sondages / 375 favorables. C'est dire combien la droite a contaminé nos représentations de la société. La droite ne peut juste pas envisager un pays sans droite. C'est contre nature. Du coup, du sommet à la base elle met en place des processus de résistance psychologique:

1 / Le déni. Avec "la vague souterraine qui va remonter aux étages" (sic). Certes, une grande partie de l'électorat de la droite barrée vivant déjà dans un monde parallèle fait de rentes réelles et de peurs fantasmagoriques, l'investissement intellectuel est modéré. 

2 / La vindicte. Décomplexée par les propos du chef en tribune, la base se lâche. L'accusation des "autres", les immigrés, les assistés, les travailleurs sociaux s'affiche désormais sans gêne à longueur d'ondes par NKM de l'UMP ou Ginette et Polo du PMU. Les journalistes sont maintenant molestés en meeting par des militants gonflés à l'haineuse harangue du pompeux incompétent, ou sifflés sur dénonciation du président. Ils ont probablement un peu vite oublié les idylles passées lorsque, ensemble, tout devenait possible.


Méfiance pour dimanche. N'oublions pas que le président-candidat a fait 10 millions de voix au 1er tour là où il aurait dû faire le score de Cheminade. Il faut rester mobilisés. Il reste deux inconnues: le taux de participation et le nature du vote des abstentionnistes du 22 avril. Et là, vu le niveau de gloubiboulga mental ambiant côté colère, on peut avoir des surprises. Rappelons que le président-candidat ne ménage pas ses efforts depuis deux semaines pour se positionner en "opposant au système" censé représenter "l'alternative" en inondant ses discours de stigmatisations tous azimuts avant de conclure sur la conservation de son pognon (le tronc commun de l'électeur de droite) en drapant ça de "défense du  travail" (avec un million de chômeurs de plus en 5 ans pour ceux qui débarqueraient). 

Le plus inquiétant à droite reste cette énergie du désespoir poussant chef et militants à se surpasser dans l'abjecte en piétinant éthique, morale, humanité, ou même la simple évidence. Nous n'avons pas ce travers à gauche (et jusqu’à présent cela a plutôt réussi à François Hollande), mais en fin de campagne à l'heure où la nuance n'est plus de mise, face à la kermesse au vomi, c'est une faiblesse.


Dimanche, faites que ce blog n'ait plus à écrire sur ce cornichon et sa clique autrement qu'à la rubrique judiciaire.

Après... les combats ne feront que commencer. Combat contre les forces de l'argent qui sauront appuyer là où ça fait mal. Combat pour réparer 10 années de casse sociale. Et le plus important: effort continu pour apaiser la société. L'histoire retiendra d'abord de son quinquennat que ce générateur de peur et dissensions nommé Sarkozy aura divisé le peuple comme aucun de ses prédécesseurs, jusqu'à son dernier souffle de pouvoir, pour assurer aux plus riches cinq années supplémentaires de prospérité. 

Illustrations : Blitz wolf de Tex Avery (1942), Du petit monde de Gildan

[video] Films de campagne(s)

par
Lundi 7 mai. Soit l'homme prônant depuis quelques jours le bonheur par les frontières les franchira allègrement dans un aller-simple  pour Miami en classe affaires véreuses avec Mickaël Vendetta sur les genoux. Soit il savoure sa victoire inespérée en autorisant quelques supporters galvanisés à tabasser journalistes et blogueurs à coups de déambulateurs. Toujours est-il que Le citoyen sera face à son destin et que vers 20h une question cruciale déchirera la société: qu'est-ce qu'il y a ce soir à la télé ? Cela tombe bien, ce soir-là, lendemain du second tour, deux programmes en couleur et de qualité ayant pour cadre les coulisses électorales seront diffusés l'un après l'autre.

La toute primaire fois de Jeremy Sahel, documentaire auquel j'ai (un peu) participé, sera diffusé le 7 à 19h30 sur LCP. Jeremy a suivi de l'intérieur la campagne des primaires socialistes, une première dans la politique française (et quand le concept va arriver à droite en 2072, ça devrait envoyer du lourd). Il en sort un film de 56 minutes démarrant au lendemain de l'affaire DSK pour s'achever à la désignation du candidat 6 mois plus tard. On suit au travers de séquences brutes, les interrogations et les doutes des états majors, mais aussi la ferveur militante et la montée de la dynamique. Stéphane Le Foll, organisateur de la campagne de Hollande pour la primaire, (l'un des rares à avoir accepté sans condition la présence de la caméra) est le fil rouge du film qui sera accompagné d'un webdocumentaire sur le site de LCP. Amuse-toi à y compter les têtes de blogueurs. Voici 2 extraits en exclu:

Extrait 1: Arnaud Montebourg en campagne à Toulouse.


Extrait 2: Stéphane Le Foll commente les résultats du premier tour


Pause bière. A 20h45 sera diffusé sur la 3 le dernier épisode de la série Elysée 2012, la vraie campagne de Serge Moati. Le réalisateur du débat de 81 entre Mitterrand et Giscard (entre autres, il a signé nombre de documentaires politiques et de fictions) a rempilé ici pour sa 4e campagne présidentielle, embarqué en caméra discrète. Après être venu nous voir au début de la campagne au Kremlin des blogs, il nous a accueillis avec Jegoun et Intox dans la dernière ligne droite du montage de l'épisode final (le film sera achevé quelques heures avant la diffusion). Moati assume parfaitement être en décalage avec ce que demandent des médias à la recherche de la sidération permanente (quête de la petite phrase, priorité au direct supposé gage d’absolu...). Il n'est pas journaliste donc pas à la recherche du scoop, mais de moments de vérité. Des séances de motivation de Copé aux consignes d'Eva Joly à son équipe, des confections de pancarte au rassemblement de Melenchon à La Bastille en passant par Philippe Poutou découvrant Le Fouquet's: Il nourrit l’espoir d’œuvrer pour l’histoire en livrant non pas ce que montre l'info classique, mais en décalant sa caméra sur le côté. 

Extrait de Elysee 2012, la vraie campagne. NKM face à Marine Le Pen


Impératif d'empathie. Moati insiste sur l’impératif d’empathie avec les personnages filmés qu’il s’agisse de militants Front de Gauche, de la droite populaire ou de cadres du FN (ce qui lui a d’ailleurs valu pas mal de reproches). "Quand ils sont contents, vous devez être contents. Quand ils sont tristes vous devez être tristes. A gauche comme à droite. Si vous arrivez avec une idée arrêtée sur les gens que vous allez filmer, votre film sera mauvais".

Extrait de Elysee 2012, la vraie campagne. G.Peltier + Concorde - Vincennes, la bataille des meetings.


La violence est consubstantielle aux campagnes présidentielles. Féru d’histoire politique, Moati nous rappelle que les débats dans la 1e partie du siècle étaient au moins, si ce n’est plus, violents que la campagne 2012. C’est le côté réducteur de l’information d'aujourd'hui, de la TNT à twitter, où tout se résume à une phrase qui intensifie la portée des messages et donne un sentiment de flux tendu du trash. D'ailleurs, il nous bombarde de questions sur la campagne en ligne avant de rendre hommage à ceux qui occupent la moitié de son film: les militants politiques. En meeting, au porte à porte, en distribution de tracts, et ce, quel que soit leur sensibilité: "Ce sont toujours les oubliés de l’histoire".

La toute primaire fois de J.Sahel. LCP 7 mai 19h30
Elysée 2012: la vraie campagne de S.Moati en collaboration avec C.Lancellotti,V.Decointet et H.Marquis. France 3 7 mai 20h40

Illustration: @_margal

3 mai 2012

Hollande: L'anaphore tranquille

par
Dernière riposte party géante des activistes numériques hier soir à La Bellevilloise pour commenter le débat de second tour Sarkozy / Hollande. Coincé dans la grande salle bondée, j'ai la nostalgie soudaine des premières ripostes PS où il y’avait plus de pizzas que de participants. Enfin...  Malgré la bonne humeur, vu les milliers de messages à la minute partant d'ici encombrant un réseau vite saturé, les conditions étaient un peu hardcore pour un live tweet efficace. Livrons ici nos impressions à l'issue de ce qui restera un beau débaudruchage du sarkozysme penaud. 

François Hollande s’est révélé ce soir aux Français. Pour ceux qui suivent et s’intéressent un peu au personnage depuis plusieurs mois, ce ne sera pas une surprise. Pas surprenant non plus un Sarkozy fuyant, de plus en plus courbé et sautillant sur sa chaise, se frottant le nez, cherchant du regard le journaliste sauveur (mais contraint par le CSA au mutisme). Pauvre chaton pris dans les barbelés de son bilan, il n’est jamais sorti de sa posture habituelle au dédain d'abord: les "vous mentez", les "c’est faux", les baratins, les formules maladroites, les moments mythos et les incontournables éléments de langage usés jusqu'à la corde. J'ai ainsi pu biffer toutes les cases de mon bingo des débats Sarko (la piscine halal, le point DSK, le point Mitterrand, le point Drapeau rouge, le "c'est pas moi c'est la crise", le "c'est la faute aux 35 heures"...). Malgré la longueur (2h50), les tunnels de chiffres et quelques baisses de régime, F.Hollande, raide et pointant du doigt, a gagné la bataille de la crédibilité (au point de distiller le sentiment, pour celui qui débarquerait de l'étranger, que c’était lui le président et l’autre l’opposant). Le candidat socialiste a surtout remporté les deux moments clés du débat (celui avant qu'on zappe et celui où l'on revient d'M6):

Le début: en attaquant très fort sur le respect que l'on devait aux Français en tant que président, là où tout le monde le pronostiquait  "à la cool" (histoire de ne pas prendre de risque et de surfer sur son avance). Du coup, il a donné le tempo et a toujours plus ou moins maîtrisé la danse. D’autant que Sarkozy, au lieu de parler de son projet, n’aura finalement passé sa soirée qu'à s'opposer au programme que le candidat socialiste déclinait sans ciller. Un débat finalement à l'image de cette campagne: Le fond et la constance pour l'un, l'approximation et la panique pour l'autre. Sarkozy s'enlisera finalement seul dans ses thématiques fétides, Hollande clôturant d'entrée par des réponses fermes sur la laïcité.

Sa fin: en assénant en slam une tirade anaphorique d’anthologie (renforçant par le verbe sa stature présidentielle) devant un Sarkozy (pourtant fan de Stéphane Camus, Kevin Zweig, Seb Musset et  Grégory Le Balzac) hébété qu’on lui dise ses 4 vérités en 3 minutes avec plus de style qu'il n'en aura jamais eu en 5 ans. Quelque part ce soir, Hollande a vengé en prime-time nombre de Français face à l'arrogance d'une politique et d'un mode de gouvernance qu'ils subissent depuis trop longtemps. 



Mercredi soir, le Karcher a été passé devant 17 millions de spectateurs. Bien. Ne reste plus qu’à confirmer cela dimanche prochain. 

Le pearltree des réactions au débat:
Illustration : Riposte party à La Bellevilloise, Paris, 02.05.2012

23 avril 2012

[video] L'heure du rassemblement

par
Le psychodrame des sondages soudainement impubliables est (provisoirement) fini. Verdict : une bonne et une mauvaise nouvelle

- Pas de courbes croisées, pas de vague de la majorité silencieuse. La France a fait le tour, du fond et de la forme, de Sarkozy et avant tout de sa politique antisociale, en plaçant la gauche en tête au premier tour. Enfin. Tant mieux. 

- En revanche, les sirènes du FN restent plus attractives que jamais pour 18% des électeurs avec un fort décrochage Paris / Province

- A l'UMP, la stratégie Buisson / Peltier est un échec qui pourrit la donne. A force d'avoir emboîté le pas voire précédé les thématiques FN, le kéké sans programme se fait talonner par l'original qui offre la quinquennale occasion de se lâcher dans les urnes, mais n'apporte aucune solution concrète pour améliorer le quotidien des Français. Reste à savoir si l'électeur déçu de l'UMP, qui a signifié sa colère au roitelet de Neuilly en votant Le Pen, reviendra au bercail au second tour, confirmera la pelle forte ou préférera aller à la pèche. Donc à droite entre les deux tours, attendons-nous à de l'über trash pas constructif pour un sou. Ce qui ne nous changera pas trop, mais complique la tache d'un Sarkozy qui est déjà allé bien loin dans ce domaine, et qui doit aussi compter sur les voix d'un Bayrou dont le seul espoir de survie politique repose sur l'échec du candidat-président (même si, grand fan du ni oui ni non, il ne le dira pas).

- A propos de Sarkozy. C'est le grand absent de la soirée. Le voilà qui après avoir esquivé le débat tout au long de la campagne veut désormais en faire 3 en 10 jours ! On attend toujours sa participation à l'émission de Mediapart (qu'il refusait il y a à encore 2 semaines) auquel François Hollande s'est frotté durant trois heures avec des questions d'un autre niveau que celles des laquais de plateaux. Il veut des sujets de débat, nous en avons : son bilan en chiffres, Karachi, Bettencourt, Kadhafi... Subsiste une grosse énigme de type quatrième dimension: Comment 26% des électeurs peuvent encore plébisciter la politique de ce type ? Y'aurait-il autant de millionnaires et de milliardaires en France ? Une épidémie d'Alzheimer ?

- A noter que plusieurs ministres du gouvernement prennent également des gros coups de pelle à domicile

- La fausse surprise du score de Mélenchon. Ses 11% ne m'étonnent pas. Je me félicite de son parcours ces derniers mois (je l'envisageais à 6 ou 7% il y'a encore trois mois) et de la ferveur qu’il a redonné à son camp, aux abstentionnistes, et en général au débat politique de ces dernières semaines. 

En conclusion: quelque soit le résultat du second tour, la recomposition de la droite version encore plus dure et décomplexée va aller plus vite que prévue[1]. D'où l'importance de se mobiliser dans le spectre le plus large de la gauche jusqu'au centre, de nous focaliser contre l'ennemi commun. Pas une mince affaire, mais l'enjeu de taille. Malgré les apparences, la joie d'un soir et de bonnes estimations de second tour, nous sommes dans une situation plus critique que lors du coup de théâtre de 2002 où l'extrême droite qualifiée pour le second tour n'avait aucune chance de gagner. 

Cette fois-ci, le risque existe. 

Bonus: La vidéo que BFM n'a pas eu lors de sa nuit motorisée. François Hollande arrivant à l'intérieur du QG de campagne, tournée dans des conditions extrêmes par votre rédacteur. Durée 3 minutes.


[1] Il va sans dire que d'un point de vue stratégique, chacun voulant récupérer la droite en vrac, le FN a bien également intérêt à ce que Sarkozy et l'UMP se gamellent.

2 avril 2012

Faites la guerre, pas l'amour !

par

Dans la série les jeunes et leur avenir. Aujourd'hui: la guerre.

Curieux mélange qu'un meeting UMP "pour la jeunesse". On y retrouve côte à côte prépubères et postgériatrie à l'engouement variable selon l'âge et la médication. Pour donner un peu plus de dynamisme à la célébration scout quelques icônes pop sont parfois conviées: Bernadette Chirac, Michèle Alliot-Marie ou David Douillet. 

Passé l’inévitablement amusement provoqué par le "printemps des jeunes de la France forte" samedi dernier à la Porte de Versailles, thé dansant antihollande à la sauce pognon entre consanguins et fils-à-papa rehaussée de Marie-Chantal et autres croûtons déconnectés, nous fûmes intrigués par le discours du candidat-président à destination de la jeunesse.

Dans la droite ligne d'un Jean-Paul II exhortant la jeunesse a "ne pas avoir peur"[1], on aura rarement entendu autant de fois l’occurrence "guerre" dans un discours à destination des jeunes et dont le fil rouge était d'une fracassante modernité: la France de 1940. 

Il ne fait pourtant mystère pour personne que le candidat-président mise sur la peur, seul article en magasin en période électoral à droite depuis 10 ans. Réélu, il continuerait à ne pas bouger le petit doigt face aux puissances de l’argent. Il sait ainsi que les 5 prochaines années de rigueur seront bien plus chahutées, à la sauce greco-ibère, que les cinq dernières. Il se prépare donc (au cas où), et nous prépare, à la guerre et c'est particulièrement flagrant dans ce discours vide de proposition[2].

Préparer la guerre à l’avance, c’est choisir les termes du conflit et l’ennemi. 

L’ennemi du moment, comme dans une bonne vieille série télé qui nous a fait tourner en rond 5 ans, ce sont, en creux, "les autres" (au choix: chômeurs, fonctionnaires ou musulmans). Les évènements récents permettent à notre Monarque de recalibrer sur l'Islam, ce qui a l'avantage de ne pas le faire  revenir sur "le chômeur" donc "le chômage" donc son échec, et de ne pas trop froisser les fonctionnaires qui ont une fâcheuse tendance à voter (il faudra un jour penser à leur interdire). 

Notre candidat-président tente encore une fois de recalibrer la colère (tout au moins l’incompréhension et l'impuissance) du peuple face aux mécanismes de domination (travail, pouvoir financier, précarisation des parcours, suprématies commerciales...) dont il paye la note au quotidien  sur une communauté, un ensemble culturel ou religieux censé 1 / être en partie responsable des désordres. 2 / l'attaquer sur le dernier sanctuaire restant: sa tradition, son histoire, bref le passé.

Les contours de la menace sont flous ? On s’en fout. Nous ne sommes pas dans le rationnel, mais  dans le monde de l'angoisse, avec sa part fantasme et ses ivresses suffisant à définir le flacon. Dans ce monde de la terreur, tiré à l'extrême, le citoyen est réductible a une communauté, la communauté à la religion, la religion à l'apparence. In fine, dans ce monde des peurs cultivées dans les discours et sur la TNT, tout converge vers une idée simple: il y’a eux et nous, le bien et le mal. 

Définir plus ou moins ouvertement l'ennemi. Provoquer du conflit pour pousser au clivage et forcer chacun à se positionner.  

Porte de Versailles, faute de bilan brillant, de programme et d'espoir, le candidat-président a préparé ses jeunes starship troopers à la guerre. Il aurait pu attaquer sur du concret, parler travail, éducation ou santé (secteurs qu’il s’active depuis 5 ans à atomiser, spécialement pour les jeunes générations et celles à venir). Non. Le candidat-président a souligné que ce pays avait "un besoin de civilisation". Ah. Pour la jeunesse et son taux de chômage à 23%, il se prononce pour "l’autonomie". En décodé: "démerdez-vous". 

Si l'on comprend que les rentiers, de moins en moins nombreux, s’apprêtent à revoter pour le candidat-président dans 3 semaines. Si l'on comprend que les travailleurs, de moins en moins nombreux également, s’apprêtent à ne pas le faire. On s'interroge encore sur ce vote de droite des "moins de 30 ans".  

N'ont-ils pas compris ces jeunes-là que la guerre néo-libérale nécessitera à la fin des fins qu'ils soient physiquement sacrifiés pour que les empires subsistent et que les rentes des planqués perdurent ? 

Dans un éclair de vérité, le candidat-président le leur a pourtant clairement avoué: "c’est la jeunesse qui meurt pour la liberté"

Il a juste omis de préciser qui seront les premiers à tirer profit de cette liberté

P.S: Toute ressemblance du titre avec un récent sondage expliquant qu'on baise à moins à droite qu'à gauche serait fortuite ou involontaire.

Illustration: Starship troopers. Paul Verhoeven, (1997).

[1] on se rappelle du succès qu'avait eu la même formule utilisée par un Chirac face à la jeunesse à quelques semaines du référendum de 2005.

[2] Autre qu'une énième faribole marketing de "banque pour la jeunesse" qui tournera au mieux en crédit revolving pour financer tes études afin que tu partes dans la vie avec une dette carabinée.

25 mars 2012

Objectif nul

par
 
Le Monarque aurait donc retrouvé une grosse partie de son programme dans un deux-pièces de la côte pavée à Toulouse. Ainsi, faute d'idées, la droite s’apprête à nous faire une mini-campagne sécuritaire pour la troisième présidentielle consécutive.

Ceci devrait théoriquement indiquer à l’électeur que, malgré les gesticulations, la droite et les résultats en matière de sécurité, depuis 10 ans ça ne marche pas

C'est que... entre 2007 et 2012 notre Monarque aura supprimé près de 13 000 postes de policiers et de gendarmes et ce, comme le précise Melclalex, au nom de la "performance" (cad "la compétitivité" appliquée aux forces de l'ordre). Il en va de la "performance" comme de la "compétitivité", ces logiques axées sur le ratio mathématique au détriment de la qualité et de la proximité, nous éloignent peu à peu du but premier et nous rapprochent inéluctablement du zéro absolu.


Voilà qui n’empêche pas notre monarque de lâcher un de ses faux "off", censés relever le niveau de médiatisation de sa campagne sans projet, en qualifiant son opposant François Hollande de "nul"

Il voulait juste dire par là que son concurrent principal n'a pas pu exercer une longue pression sur le RAID à distance, conduisant l’opération au semi ratage puisque, comme les 66 autres millions de français, il n'est pas président. Et donc, un moins que rien.

Le Monarque aime nous répéter à longueur de plateaux conciliants que "la crise est passée par là" et que "les Français ne sont pas assez compétitifs". Nous pouvons lui signifier en retour et selon ses propres termes que son bilan à la tête du pays est pire que nul, il est rétrograde.


Répétons-le, encore et toujours :

- 1 million de chômeurs en plus (+ forte hausse depuis 30 ans, 35% en 5 ans), 
- 612 milliards de dette supplémentaire (le poids de la dette passe de 64 à 85% du PIB en 5 ans), 
- 75 milliards de cadeaux fiscaux
- 340.000 pauvres supplémentaires (225 par jour), 
- un taux de prélèvement obligatoire passé de 43 à 45 %, 
- 300.000 emplois industriels détruits (750.000 en 10 ans de droite), 
- 80.000 postes d'enseignants supprimés
- Création de la franchise médicale, augmentation du forfait hospitalier, doublement de la taxe sur les mutuelles complémentaires, suppression de 16.360 lits d’hôpitaux...


Je te laisse compléter tant, des conditions de travail à l'état de la retraite en passant par le soutien actif à la bulle immobilière, il n'y a pas un domaine où il n'a pas empiré les choses. Je n'évoque pas non plus les affaires Bettencourt, Karachi, l'air force four-à-pizza, la hausse de salaire de 172% et l'augmentation de 30% du pouvoir d'achat du président en 5 ans de "crise passée par là" (hausse de 2.1 M à 2.7 M d'euros révélée par sa récente déclaration de patrimoine)...

Avec un CV pareil et de telles prétentions salariales, notre glorieux monarque qui, toujours animé de la passion des autres, traite alternativement peuple et concurrent de "con" ou de "nul", ne se verrait probablement pas confié un poste de déboucheur de chiottes par Pôle Emploi.  

Motif ? Pas assez performant et très peu compétitif.

2 mars 2012

L'exfiltration bayonnaise

par

Par Jean-Jacques Sussetige, notre envoyé spécial au coeur de la campagne présidentielle:

Épuisé, blessé dans son amour propre, mais libre et hors de danger, Le Président Nicolas Sarkozy a quitté jeudi soir ses partenaires du Conseil européen à Bruxelles pour venir annoncer à la presse l'évacuation réussie de Bayonne du candidat Nicolas Sarkozy et de la députée UMP des Pyrénées-Atlantiques Michele Alliot-Marie, pourtant aguerrie aux excursions sans Perrier rondelle dans l’erg tunisien. 

"Cette fois, je peux vous confirmer que c'est officiel, elle et lui sont en sécurité" a dit le chef de l'État, allusion à sa fuite intempestive avec pipi culotte en direction du troquet le Balto bayonnais sous les jets d’œufs de la section Alqaida-64. Selon Jacques Séguela, spécialiste en flatulences multiplateaux, la cellule séparatiste s'est alliée pour l’occasion à la redoutable bande à Bedos (désignant la racaille provinciale perméable aux idées rétrogrades de la gauche parisienne). 

"Je viens de m'entretenir avec lui, il est fatigué, il a beaucoup souffert, mais il sait qu'il sera bientôt soigné" a déclaré le chef de l'État en remerciant "tous ceux qui ont contribué à cet heureux dénouement". Il a notamment rendu hommage aux "démocrates français". 

"Ne pas célébrer comme il se doit le président, c’est une atteinte à la démocratie" A rajouté le candidat.

Rappel des faits. Les deux Français étaient en excursion électorale ce jeudi dans les rues de Bayonne (territoire Français, "chez les péquenauds" comme on dit au QG de campagne du candidat) lorsqu’ils ont été pris à partie par des hordes de terroristes scandant des "Sarkozy enculé !" que la décence ne nous permet pas de rapporter ici. 

Sous le bombardement des huées, assorties de rafales de prospectus format carte postale, se demandant d'abord pourquoi diable les figurants encartés (le précédant dans tous ces déplacements, NDLR) ne formaient pas le cordon de sécurité visuelle traditionnel, le candidat n’écoutant que son courage a d'abord songé à lancer un "cassez-vous pauvres cons!" aux tribus locales peu faites aux coutumes de dévotion protocolaire dues à notre souverain (et décrites à la génuflexion prés par Jean-Pierre Elkabbach dans son manuel "savoir-vivre avec les puissants" ed.Delalèche, 4e réédition). Mais devant le nombre et la virulence des guerriers, et par réflexe inné du bon cliché, le candidat a essayé de jouer la victime, espérant vivement prendre un cendrier salvateur (de marque Berlusconi) sur le coin de la gueule, histoire de faire la une de Paris-Match avec une légende sacrificielle à sa gloire. 

Mais, rien n'est venu ou presque: Que de l'oeuf pourri et du papier. Ce n'est décidément pas à la hauteur de notre suzerain qui, même dans le jet d'objets du rejet, mérite au moins un chandelier en or massif ou un bidet serti de diamants. Ces Bayonnais sont vraiment des rustres.

Dans son intervention du soir à Bruxelles, le président Sarkozy a ajouté que le candidat Sarkozy souffrait de fractures sondagières, avec déplacement des courbes prolongé. Cette blessure a rendu "extrêmement compliquée" les opérations de célébration populaire sur le terrain, pourtant indispensables au bon remplissage des chaines d’information continue. Le président a refusé de fournir plus de détails sur l'amplitude de la branlée, "compte tenu de la tension extrême dans un pays sous la férule de la gangrène gauchiste".

Outre la forte insécurité ressentie hors du palais de l'Elysée, l'état d'enlisement des propositions de la majorité complique fortement l’opération de séduction de type blitzkrieg pour bourrins nommée France Forte. Dans l’entourage du président, on en est désormais réduit à espérer qu’une émeute dans nos lointaines colonies du 9-3 survienne au plus vite. "Que le peuple se déchire, c’est encore notre seul espoir de récupérer les morceaux" confie Patrick B., un conseiller qui tient à rester discret.

"Le candidat Sarkozy et Michèle Alliot-Marie ont donc quitté Bayonne au plus vite" a souligné le président Sarkozy sans nommer les participants impliqués dans l'opération, les qualifiant seulement de "sombres crétins qui seront épurés après ma réélection par les gros abrutis". 

Et le président de préciser que "François Hollande, ce marxiste sanguinaire de triste renommée, ne nous a pas facilité la tâche" en réitérant l'appel à la cessation  "immédiate" des violences socialistes contre les présidents de la république et les 3000 contribuables les plus riches de ce pays.

Espérons que l'appel au calme d'un candidat, réputé sous présidence pour son respect du peuple, son souci constant de l'apaisement et du dialogue social, sera entendu par les barbares basques.

Top Ad 728x90