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8 novembre 2012

La victoire d'Obama ou le second crash-system de la droite forte

par
Ah si seulement le droit de vote était réservé aux vieux mâles blancs cons, riches et isolés l'occident n'en serait pas là, fulminent-ils. Le suspens était donc gonflé aux hormones de droite: Barack Obama est réélu président des Etats-Unis et mieux que ses détracteurs ne le pensaient. 

A en suivre les commentateurs et les chaines d’info continue, ici comme là-bas, cette réélection est un "exploit", à deux doigts de l'inconvenante surprise. Passé le délice matinal de survoler les tweets de nos libertarés locaux et autres apprentis néo-cons qui se voyaient déjà en haut de l'affiche à Broadway, et d'un billet d'Ivan Rioufol (le journaliste du Figaro capable dans un même billet de s'insurger contre le "monde globalisé" tout en souhaitant plus de libéralisme) s'insurgeant de cette victoire de "la diversité" (on appelle ça aussi le peuple), nous ne poussons un grand ouf de soulagement. S'il ne soulève pas le même espoir qu'en 2008, ce résultat rassure sur la robustesse des peuples. La campagne financée à coup de dons de 3 dollars décroche la timbale face à celle sponsorisée par les banques et les grosses entreprises

Au niveau tricolore, après l'éparpillement façon puzzle de l'UMP d'il y a six mois, la réélection d'Obama en conjoncture merdique valide la faiblesse des stratégies électorales de type "droite forte" à la Copé-Peltier. En plus de sa richesse un peu trop affichée et de sa relégation des classes populaires à la rubrique perte et fracas, le beau Mitt a pâti des énormités répétées sur la religion ou l'avortement de son aile la plus droitière. Sur un point encore plus anecdotique, mais si savoureux, cette victoire accélère un peu plus la date de péremption d'un retour politique de  Nicolas Sarkozy, monsieur Ouiwilleouinetouguézeure qui, entre autres prétentions, s'autopersuadait d'être le frère jumeau du grand Barack.

Seule ombre au tableau: une cohabitation toujours en place qui compromettra encore le volet social de l’action d'Obama. Cette victoire ne doit pas faire oublier non plus que des forces de hétéroclites, à priori incompatibles, se sont soudées en un temps record sous la présidence d'Obama, un peu à l’image de ce qui commence à se passer ici depuis six mois. Le mouvement des pigeons ou celui des anti-mariage pour tous sont les prémisses d'une coalition contradictoire allant des libéraux aux réactionnaires, en passant par les "apolitiques" et les couvertures des news magazines les plus célèbres, d’abord unis par leur terreur fiscale, le refus de "payer pour les autres" et la détestation d'une application, même vague, du socialisme. Avec, en prime, la sucette du repli identitaire apeuré saveur musulmanopéril.

Obama quittera la présidence six mois avant la fin du quinquennat Hollande en mai 2017. Notre droite a le temps d'ici là de mettre de l'eau plate dans son vin de messe, de faire des alliances avec une extrême droite ripolinée, de propulser un candidat fourre-tout à la Fillon (réussissant l'exploit de faire oublier qu'il a été cinq ans premier ministre et qu'il est aussi violent que Copé, voire plus). Le combat sera rude pour la gauche, d'autant que celle au pouvoir ne l'aide pas particulièrement ces temps-ci

Et comme l'on doit beaucoup à l'Ohio...

9 mai 2012

Comment la droite a gagné la bataille des Internets ?

par
[Cellule Web UMP. Dernier message de riposte: "Nous avons perdu une guerre, pas la bataille".]  

A l’image de la participation au scrutin de dimanche dernier, la campagne présidentielle a connu une mobilisation sans précédent en ligne pour soutenir notre candidat, et répondre à son appel pour une campagne de gaucho-bashing, de "c'est celui qui dit qui y'est" et de "je n'aurai qu'un programme: haro sur le halal".

Grâce à vous, nous avons fait la web-campagne la plus sociale. Malheureusement, n'étant pas vraiment experts en "social", nous nous sommes rabattus sur la rase campagne comme Patrick nous l'avait dit. Mais nous perdons la tête haute.

Le 4 mai 2012, vous avez été plus de 695 250 768 000 amis de Nicolas Sarkozy sur Facebook, dont plus de 262 millions à l’avoir rejoint pendant la campagne (même Seb Musset a reçu un SMS crachant sur Hollande le jour du second tour, c'est dire si nous avons mis le paquet, quitte à défier la loi, pour déboîter l'autre nase): c’est un record en France, en Europe, et même en Libye, sur le réseau social le plus populaire du pays (crée en Amérique par un américain de 22 ans qui assurément quittera l’hexagone une fois les cocos au gouvernement). Portée par une dynamique exceptionnelle, et aidé par le mouvement en ligne du "oh oui, mais pff voter ça sert à rien. MDR", la deuxième page de Nicolas Sarkozy, dite vraie timeline, a dépassé en quelques semaines celle du vrai Nicolas Sarkozy. 

Vous avez été plusieurs centaines de millions à suivre la campagne en images, l'équivalent de la population de la Corée du Nord à partager les photos des meetings et plusieurs centaines de milliers à publier le cliché panoramique du grand meeting du vrai travailÇa collait nickel avec sa mise en image à la Leni Riefensthal.

Le soir du débat de l’entre-deux tours, vous avez soutenu Nicolas Sarkozy comme jamais. C’est plus de 150 trillions de like qui ont accompagné les messages anxiogènes publiés au cours de la soirée. 

Dans la dernière ligne extrême droite, la portée totale de la fan page de Nicolas Sarkozy était supérieure à la masse de Saturne. Un chiffre considérable lorsqu'on pense qu'à cause des 35 heures, que la Chine ne nous envie pas, 3 Français sur 4 n'ont plus une thune pour s'acheter un zipade.

Sur les 7 derniers jours de campagne, le nouvel indicateur de Facebook, les personnes qui parlent encore de ce baltringue, a pris 70 coïts / jour à la Bourse de Séguela ! Et ne parlons pas de Twitter où les hashtag #Sarkopipo #SarkoCaSuffit #SarkoDegage #SarkoAuTribunal caracolent en tête des trending topics mondiaux depuis des mois, preuve que le nom du président reste plus que jamais populaire.

Lors des émissions auxquelles Nicolas Sarkozy participait, les hashtags #France2 et #Dpda furent en tête, ce qui montre à l'évidence que nos électeurs ont une TV. Et nous ne vous remercierons jamais assez d'être restés chez vous lors du meeting de la #Concorde pour mettre, pour une fois, son hashtag brièvement en tête sur Twitter tandis que celui de #Vincennes manquait de peu de disparaître, englouti sous les #AvecHollande.

Alors même que François Hollande a décidé de faire campagne sur les réseaux sociaux à la première personne, avec un « je »  récurrent (preuve qu'il n'a rien compris au microblogging le con) avec des tweets résumant ses propositions (pas notre genre), @nicolassarkozy a choisi d’associer les Français à sa timeline, la FrancefortosphèreElle a vaillamment combattu et n'a pas de quoi rougir: des "Hollande enculay" de vos statuts aux "La Place Bastille est NOIRE de monde" ne pouvant mieux synthétiser la détresse du militant UMP de l'arrière-pays vendéen le soir du 6 mai, en passant par les messages d'élus de la République à quelques encablures du vote, les valeurs de l'intelligence, de la République et de notre programme constructif ont su s'imposer en ligne.


Grâce à vous, nous avons également fait la campagne la plus enflammée possible. Contre ceux qui voulaient fuir la discussion, nous avons ouvert le débat grâce à l’application Idées sur Facebook dont nous avons retenu qu'il fallait interdire le porc à la cantoche du QG. Vous avez été plus de 2 000 à proposer vos idées (dont 1780 taquins de gauche, ce qui prouve l’intérêt et la jalousie suscités par notre initiative) et, au cours d'un brunch sur le pouce au château de Chambord, Nathalie Kosciusko-Morizet a reçu les auteurs des 10 les plus plébiscitées pour discuter ouvertement d’idées nouvelles qui vous concernent en priorité: l'interdiction de se baigner dans les piscines en Burqa en écoutant du Orelsan armé d'une Kalachnikov, ou encore la peine de mort pour les mineurs qui passent en scooter sous ma fenêtre, ainsi que le passage de la diffusion de Confessions Intimes à 22h.

Grâce à vous, nous avons fait la campagne la plus innovante et la plus efficace et la plus innovante. Vous avez été plus de 25 000 à rejoindre la plateforme Alphabet Connect  pour vous familiariser avec les rudiments de l'orthographe et de la construction d'une phrase. Vous avez été des milliers à utiliser notre coucou numérique à tête de Carla pour vous donner rendez-vous après Derrick et vous synchroniser pour un porte-à-porte efficace des maisons de retraite en jonglant avec leurs plannings de siestes. 

Vous avez été des centaines de milliers à utiliser notre interface ludique le jeu des 777 erreurs qui permettait de comparer les promesses de Nicolas Sarkozy de 2007 avec son bilan en 2012, et chercher ce qui cloche. (Réponses que l'on peut toujours envoyer au siège de l'UMP, accompagné d'un chèque de 150 euros sous enveloppe avec la mention prochain scandale).

Vous avez été des dizaines de milliers à partager nos infographies pour présenter le bilan de Nicolas Sarkozy. A ce propos, nous remercions les équipes web du PS pour cette idée géniale. C'est vrai que mettre en quelques chiffres et trois dessins le bilan économique des 5 dernières années, ça vaut 1000 mots.

Grâce à vous, nous avons fait la campagne de proximité la plus transparente. Mission accomplie: Avec Benjamin Lancar, Nadine Morano et Valerie Rosso-Debord, l'épaisseur de la réflexion ne perturbait pas la perception du propos. Vous avez été nombreux à relayer nos informations sur le bilan local des réformes menées par Nicolas Sarkozy depuis 2007, en téléchargeant nos argumentaires (sur le site de lafranceforte.fr aux heures d'ouverture) pour expliquer ce que l’action de la gauche au pouvoir depuis 10 ans a changé dans votre vie depuis 2007. Nous remercions également le monde de la culture qui, grâce à un renfort de poids, a contribué au rayonnement numérique de notre idéologie: Merci à toi Mickaël pour la qualité de ta prose, ton engagement patriote et bonne chance pour ta nouvelle carrière de préparateur de Burrito sans papiers au Taco Bell de Sepulveda Boulevard !
Grâce à vous, nous avons fait la campagne la plus créative: Ce sont des milliers de détournements de notre affiche de campagne qui ont envahi les internets. Comme Tariq Ramadan, vous nous avez envoyé des centaines de témoignages, de photos, de vidéos, mais aussi quelques classiques de l'infographie FN et ce plan d'un panneau en arabe qui aura fait le "beuze" comme nul autre. Autant de créations que nous avons utilisées dans la campagne pour raconter la France forte avec vous ! 

Grâce à vous, nous avons fait la campagne la plus regardée, "laulée" comme ils disent. Vous avez été des milliers à regarder les discours de Nicolas Sarkozy diffusés en direct grâce à la modernité. Des discours bien plus suivis en ligne que ceux du Général De Gaulle. La plus belle surprise est également venue du succès de notre couverture en direct du débat présidentiel de l’entre-deux tours. Une belle couverture bleue avec une cible et la tête de Flamby au milieu. Nous l'avons agité à la fenêtre du QG. C'était joli.

Grâce à vous, nous avons fait la campagne la plus "enlarge your extremisme". Vous avez été des quelques centaines d'ultra-marine (mais pas assez) à nous suivre au cœur de la campagne. Si on ne se bat pas tous pour la France forte, ça ne sert à rien! Vous avez également été des milliers d'étrangers à La France à vous connecter sur notre site et avoir été impressionné par cette campagne, soulagés qu'elle se joue loin de chez vous.

Grâce à vous, nous avons fait la campagne la plus clean et la moins racoleuse. Nous avons tout misé sur l'éclatement de la société, la tension, la dernière semaine et la dépolitisation crasse du petit bourgeois apeuré alors qu'en face ils jouaient le programme, le respect de la jeunesse, le rassemblement, la constance et le temps long. 

Mais voilà, malgré tous vos efforts, certains forçant sur le flot rance allant jusqu'au claquage de neurones, force est de reconnaître que François Hollande et ses équipes web ont travaillé plus et que donc, ils ont gagné plus. Et si nous avons eu systématiquement trois trains de retard dans le Control C - Control V de tout ce que concevait la riposte web du PS, c'est de la faute aux privilégiés de la SNCF !

Mais bon, parce que vous respectez les valeurs défendues par Nicolas Sarkozy, vous serez désormais des militants respectueux de nos adversaires et du débat démocratique avec ces voleurs de victoire.

Merci encore pour votre engagement et votre énergie. Nous avons perdu la guerre, mais gagné la bataille. Voilà c'est fini, vous pouvez retourner devant Appels d'urgence

Minitelement votre.

L’équipe de la web campagne de Nicolas Sarkozy."

8 mai 2012

Le gros chagrin d'Olivier Mazerolle

par
"J'ai envie de dire merci Nicolas Sarkozy pour cette journée" Olivier Mazerolle, journaliste objectif à BFM. 08.05.2012

Il faut bien que l'info continue. Après la journée consacrée au développement de la notice d'utilisation du nouveau président globalement considéré par l'éditocratie comme un accident de l'histoire[1], voici en ce 8 mai sur nos écrans de divertissement le nouvel épisode de l'info-feuilleton version politique: Pleurer Sarko. Ou, comment les larmes journalistiques sont parfaitement solubles dans la commémoration historique.

Avouons qu'à défaut d'avoir réussi sa campagne, Nicolas Sarkozy négocie parfaitement sa sortie. Après un discours rassembleur quelques minutes après la défaite (peut-être son meilleur depuis 5 ans), celui qui parait-il veut arrêter la politique entame avec le concours appuyé des chaines d'info[2] une séquence anesthésiante de ripolinage de son image. L'acmé lacrymale en sera incontestablement ce dépôt de gerbe ce 8 mai sous l'Arc de Triomphe en compagnie de son successeur, François Hollande. 

Sur les chaines de news TNT, ce jour de célébration de l'armistice de 1945 vire vite à l'hommage au président du passé, avant que ses sbires (Pecresse, Zadig et Voltaire), fidèles à la tradition, taclent à l'antenne le nouveau président à 10 mètres de la flamme. 

Terminées les consignes de campagne: avant de changer de cheval d'ici quelques jours, Mazerolle livre la météo de ses émotions et y va de son commentaire de poète-pouet dans ce qui tourne sur BFM à la cellule de soutien psychologique de sortie du sarkozysme. Et si la question politique du matin répétée par Jean-Michel Aphatie ou Ruth Elkrief (et surement par d'autres dans une journée ne fait que commencer) fut "A quoi pense-t-il ?", la leçon à retenir est que "Sarkozy est apaisé".  Super. On est content pour lui.
(Une autre claudette en larmes ne s'expliquant toujours pas l'électrocution de la popstar.)

Et les victimes de sa politique tombées au champ d'honneur de sa guerre anti peuple, à quoi pensent-elles exactement en ce moment ? Ouais, bah coco tu comprends: c'est pas avec ça qu'on va capter le spectateur et puis aujourd'hui c'est l'armistice. Priorité aux anciens opposants.

Partir sur l'image du rassemblement et de l'apaisement avec un commentaire dégoulinant de guimauve à la nostalgie alors que durant cinq ans le président n'a fait que diviser les Français et cliver le débat, et qu'il appelait à siffler les journalistes en meeting il y a encore quatre jours: il fallait le faire, ils l'ont fait.

Il est vrai qu'en ce jour médiatiquement silencieux du 10e anniversaire de l'attentat de Karachi voir Sarkozy sur la sortie se faire relooker façon ancien combattant sur la flamme du soldat inconnu par les experts en carton de l'info-feuilleton, oui, il y a de quoi pleurer.


[1] comme quoi, ils devraient plus souvent lire les blogs.

[2] N'y voyez aucun complot, on est dans le réflexe pur.

6 mai 2012

La chanson du dimanche

par
L'élastique de la catapulte est bien tendu, vous avez le couteau entre les mains. Bonne journée, votez bien.


(et après rendez-vous sur twitter)

4 mai 2012

Le choix du 6 mai : hier contre demain

par

Dans 2 jours, nous serons enfin fixés. Qu'écrire de plus ?

Que rien n'est joué. 

En fait pour le 6, je pourrais reprendre mon texte de mars 2011 intitulé Une France sans futur ?Tout y est. On peut résumer le choix qui se présente à quelques mots:  La Peur contre la confiance. Hier contre demain. La peine contre l'espoir. 

Le suivi des dernières semaines du président-candidat en campagne bunkérisée avec son illuminé papiste confirme tout ce que nous anticipions, parfois en caricature, au sujet de son état lors de ces 5 années de blog en partie consacrées à la dénonciation de son action. En meeting, la violence et les amalgames de ses propos font désormais passer Sarah Palin pour un prix Nobel de modération.

Selon son entourage, le président-candidat est convaincu qu'il va gagner. La droite ne peut pas perdre. Absolument pas. Même à gauche nous nous surprenons à ne pas y croire, même avec 375 sondages / 375 favorables. C'est dire combien la droite a contaminé nos représentations de la société. La droite ne peut juste pas envisager un pays sans droite. C'est contre nature. Du coup, du sommet à la base elle met en place des processus de résistance psychologique:

1 / Le déni. Avec "la vague souterraine qui va remonter aux étages" (sic). Certes, une grande partie de l'électorat de la droite barrée vivant déjà dans un monde parallèle fait de rentes réelles et de peurs fantasmagoriques, l'investissement intellectuel est modéré. 

2 / La vindicte. Décomplexée par les propos du chef en tribune, la base se lâche. L'accusation des "autres", les immigrés, les assistés, les travailleurs sociaux s'affiche désormais sans gêne à longueur d'ondes par NKM de l'UMP ou Ginette et Polo du PMU. Les journalistes sont maintenant molestés en meeting par des militants gonflés à l'haineuse harangue du pompeux incompétent, ou sifflés sur dénonciation du président. Ils ont probablement un peu vite oublié les idylles passées lorsque, ensemble, tout devenait possible.


Méfiance pour dimanche. N'oublions pas que le président-candidat a fait 10 millions de voix au 1er tour là où il aurait dû faire le score de Cheminade. Il faut rester mobilisés. Il reste deux inconnues: le taux de participation et le nature du vote des abstentionnistes du 22 avril. Et là, vu le niveau de gloubiboulga mental ambiant côté colère, on peut avoir des surprises. Rappelons que le président-candidat ne ménage pas ses efforts depuis deux semaines pour se positionner en "opposant au système" censé représenter "l'alternative" en inondant ses discours de stigmatisations tous azimuts avant de conclure sur la conservation de son pognon (le tronc commun de l'électeur de droite) en drapant ça de "défense du  travail" (avec un million de chômeurs de plus en 5 ans pour ceux qui débarqueraient). 

Le plus inquiétant à droite reste cette énergie du désespoir poussant chef et militants à se surpasser dans l'abjecte en piétinant éthique, morale, humanité, ou même la simple évidence. Nous n'avons pas ce travers à gauche (et jusqu’à présent cela a plutôt réussi à François Hollande), mais en fin de campagne à l'heure où la nuance n'est plus de mise, face à la kermesse au vomi, c'est une faiblesse.


Dimanche, faites que ce blog n'ait plus à écrire sur ce cornichon et sa clique autrement qu'à la rubrique judiciaire.

Après... les combats ne feront que commencer. Combat contre les forces de l'argent qui sauront appuyer là où ça fait mal. Combat pour réparer 10 années de casse sociale. Et le plus important: effort continu pour apaiser la société. L'histoire retiendra d'abord de son quinquennat que ce générateur de peur et dissensions nommé Sarkozy aura divisé le peuple comme aucun de ses prédécesseurs, jusqu'à son dernier souffle de pouvoir, pour assurer aux plus riches cinq années supplémentaires de prospérité. 

Illustrations : Blitz wolf de Tex Avery (1942), Du petit monde de Gildan

[video] Films de campagne(s)

par
Lundi 7 mai. Soit l'homme prônant depuis quelques jours le bonheur par les frontières les franchira allègrement dans un aller-simple  pour Miami en classe affaires véreuses avec Mickaël Vendetta sur les genoux. Soit il savoure sa victoire inespérée en autorisant quelques supporters galvanisés à tabasser journalistes et blogueurs à coups de déambulateurs. Toujours est-il que Le citoyen sera face à son destin et que vers 20h une question cruciale déchirera la société: qu'est-ce qu'il y a ce soir à la télé ? Cela tombe bien, ce soir-là, lendemain du second tour, deux programmes en couleur et de qualité ayant pour cadre les coulisses électorales seront diffusés l'un après l'autre.

La toute primaire fois de Jeremy Sahel, documentaire auquel j'ai (un peu) participé, sera diffusé le 7 à 19h30 sur LCP. Jeremy a suivi de l'intérieur la campagne des primaires socialistes, une première dans la politique française (et quand le concept va arriver à droite en 2072, ça devrait envoyer du lourd). Il en sort un film de 56 minutes démarrant au lendemain de l'affaire DSK pour s'achever à la désignation du candidat 6 mois plus tard. On suit au travers de séquences brutes, les interrogations et les doutes des états majors, mais aussi la ferveur militante et la montée de la dynamique. Stéphane Le Foll, organisateur de la campagne de Hollande pour la primaire, (l'un des rares à avoir accepté sans condition la présence de la caméra) est le fil rouge du film qui sera accompagné d'un webdocumentaire sur le site de LCP. Amuse-toi à y compter les têtes de blogueurs. Voici 2 extraits en exclu:

Extrait 1: Arnaud Montebourg en campagne à Toulouse.


Extrait 2: Stéphane Le Foll commente les résultats du premier tour


Pause bière. A 20h45 sera diffusé sur la 3 le dernier épisode de la série Elysée 2012, la vraie campagne de Serge Moati. Le réalisateur du débat de 81 entre Mitterrand et Giscard (entre autres, il a signé nombre de documentaires politiques et de fictions) a rempilé ici pour sa 4e campagne présidentielle, embarqué en caméra discrète. Après être venu nous voir au début de la campagne au Kremlin des blogs, il nous a accueillis avec Jegoun et Intox dans la dernière ligne droite du montage de l'épisode final (le film sera achevé quelques heures avant la diffusion). Moati assume parfaitement être en décalage avec ce que demandent des médias à la recherche de la sidération permanente (quête de la petite phrase, priorité au direct supposé gage d’absolu...). Il n'est pas journaliste donc pas à la recherche du scoop, mais de moments de vérité. Des séances de motivation de Copé aux consignes d'Eva Joly à son équipe, des confections de pancarte au rassemblement de Melenchon à La Bastille en passant par Philippe Poutou découvrant Le Fouquet's: Il nourrit l’espoir d’œuvrer pour l’histoire en livrant non pas ce que montre l'info classique, mais en décalant sa caméra sur le côté. 

Extrait de Elysee 2012, la vraie campagne. NKM face à Marine Le Pen


Impératif d'empathie. Moati insiste sur l’impératif d’empathie avec les personnages filmés qu’il s’agisse de militants Front de Gauche, de la droite populaire ou de cadres du FN (ce qui lui a d’ailleurs valu pas mal de reproches). "Quand ils sont contents, vous devez être contents. Quand ils sont tristes vous devez être tristes. A gauche comme à droite. Si vous arrivez avec une idée arrêtée sur les gens que vous allez filmer, votre film sera mauvais".

Extrait de Elysee 2012, la vraie campagne. G.Peltier + Concorde - Vincennes, la bataille des meetings.


La violence est consubstantielle aux campagnes présidentielles. Féru d’histoire politique, Moati nous rappelle que les débats dans la 1e partie du siècle étaient au moins, si ce n’est plus, violents que la campagne 2012. C’est le côté réducteur de l’information d'aujourd'hui, de la TNT à twitter, où tout se résume à une phrase qui intensifie la portée des messages et donne un sentiment de flux tendu du trash. D'ailleurs, il nous bombarde de questions sur la campagne en ligne avant de rendre hommage à ceux qui occupent la moitié de son film: les militants politiques. En meeting, au porte à porte, en distribution de tracts, et ce, quel que soit leur sensibilité: "Ce sont toujours les oubliés de l’histoire".

La toute primaire fois de J.Sahel. LCP 7 mai 19h30
Elysée 2012: la vraie campagne de S.Moati en collaboration avec C.Lancellotti,V.Decointet et H.Marquis. France 3 7 mai 20h40

Illustration: @_margal

3 mai 2012

Hollande: L'anaphore tranquille

par
Dernière riposte party géante des activistes numériques hier soir à La Bellevilloise pour commenter le débat de second tour Sarkozy / Hollande. Coincé dans la grande salle bondée, j'ai la nostalgie soudaine des premières ripostes PS où il y’avait plus de pizzas que de participants. Enfin...  Malgré la bonne humeur, vu les milliers de messages à la minute partant d'ici encombrant un réseau vite saturé, les conditions étaient un peu hardcore pour un live tweet efficace. Livrons ici nos impressions à l'issue de ce qui restera un beau débaudruchage du sarkozysme penaud. 

François Hollande s’est révélé ce soir aux Français. Pour ceux qui suivent et s’intéressent un peu au personnage depuis plusieurs mois, ce ne sera pas une surprise. Pas surprenant non plus un Sarkozy fuyant, de plus en plus courbé et sautillant sur sa chaise, se frottant le nez, cherchant du regard le journaliste sauveur (mais contraint par le CSA au mutisme). Pauvre chaton pris dans les barbelés de son bilan, il n’est jamais sorti de sa posture habituelle au dédain d'abord: les "vous mentez", les "c’est faux", les baratins, les formules maladroites, les moments mythos et les incontournables éléments de langage usés jusqu'à la corde. J'ai ainsi pu biffer toutes les cases de mon bingo des débats Sarko (la piscine halal, le point DSK, le point Mitterrand, le point Drapeau rouge, le "c'est pas moi c'est la crise", le "c'est la faute aux 35 heures"...). Malgré la longueur (2h50), les tunnels de chiffres et quelques baisses de régime, F.Hollande, raide et pointant du doigt, a gagné la bataille de la crédibilité (au point de distiller le sentiment, pour celui qui débarquerait de l'étranger, que c’était lui le président et l’autre l’opposant). Le candidat socialiste a surtout remporté les deux moments clés du débat (celui avant qu'on zappe et celui où l'on revient d'M6):

Le début: en attaquant très fort sur le respect que l'on devait aux Français en tant que président, là où tout le monde le pronostiquait  "à la cool" (histoire de ne pas prendre de risque et de surfer sur son avance). Du coup, il a donné le tempo et a toujours plus ou moins maîtrisé la danse. D’autant que Sarkozy, au lieu de parler de son projet, n’aura finalement passé sa soirée qu'à s'opposer au programme que le candidat socialiste déclinait sans ciller. Un débat finalement à l'image de cette campagne: Le fond et la constance pour l'un, l'approximation et la panique pour l'autre. Sarkozy s'enlisera finalement seul dans ses thématiques fétides, Hollande clôturant d'entrée par des réponses fermes sur la laïcité.

Sa fin: en assénant en slam une tirade anaphorique d’anthologie (renforçant par le verbe sa stature présidentielle) devant un Sarkozy (pourtant fan de Stéphane Camus, Kevin Zweig, Seb Musset et  Grégory Le Balzac) hébété qu’on lui dise ses 4 vérités en 3 minutes avec plus de style qu'il n'en aura jamais eu en 5 ans. Quelque part ce soir, Hollande a vengé en prime-time nombre de Français face à l'arrogance d'une politique et d'un mode de gouvernance qu'ils subissent depuis trop longtemps. 



Mercredi soir, le Karcher a été passé devant 17 millions de spectateurs. Bien. Ne reste plus qu’à confirmer cela dimanche prochain. 

Le pearltree des réactions au débat:
Illustration : Riposte party à La Bellevilloise, Paris, 02.05.2012

2 mai 2012

L'unité du 1er mai: Virons-le !

par
"Ce 1er mai nous appartient, il n'appartient à personne d'autre" Mot d'ordre scandé à l'unisson vers La Bastille, le 1er mai 2012 vers 20h.

Bataille des défilés ce 1er mai dans Paris. Avec Gildan et Intox, et malgré la tentation d'accompagner SarkoFrance dans son infiltration de la gériatrie apeurée à monte-escaliers Stena de La France Botox s'agglutinant place du Troca dans les effluves de Chanel n°5, je suis resté aux bonnes vieilles habitudes du 1er mai. J'ai suivi de 14 à 20h30 le défilé parisien à l'appel des syndicats. 

Place à tous sans distinction: La France qui travaille, celle qui travaille mal, celle qui cherche à travailler, à travailler mieux et tous les autres quelles que soient leurs origines. Charme et chaleur de ces 1ers mai là: ils n'excluent personne, sauf ceux qui basent leur réflexion sur une logique d'exclusion justement. Du coup, ils sont largement débordés: enfants, familles, retraités, salariés, chômeurs, féministes, précaires... Pour avoir défilé plusieurs fois début mai sur la capitale (avant que cela ne devienne une mode impromptue pour une droite n'ayant pourtant eu de cesse de moquer ce type de rassemblement depuis 5 ans), cette fête du travail est probablement la plus importante et la plus compacte des 4 dernières années sur Paris.


Combien étions-nous ? En me basant sur les précédentes éditions, et sur la densité de celle-ci, je dirai 150.000. On me parle de 750.000 avec la province. Vers 20h20 alors que la foule abondait encore Place de Bastille, j'apprenais à travers mes derniers souffles de batterie que nos journaux télévisés n'en relataient rien, préférant abondamment relayer le rallye des fins de races du candidat-président.

Avec son rassemblement du "vrai travail" auprès de La France qui n'en rame pas une, Sarkozy visait la Une du JT avec le pouvoir d'une image massive, livrée clef en main, assortie de son faux chiffre (à la compta pyramidale) asséné avec assurance à 5 jours du second tour. A ce titre, c'est gagné. Là où les défilés syndicaux se multipliaient en France s'étalant lentement (sans service de production d'images léchées), celui de la France rance des rentiers et des fils à papa se concentrait en statique dans les limites de son ghetto, à l'intersection du 8e et du 16e arrondissement de Paris (le petit père du capital y fait des scores à 70%), avec une communication visuelle aux petits oignons, en plans réalisés au grand angle avec des cadres avantageux.


Tandis que la droite avec chauffeur, après son brunch dominical, ratonnait une journaliste devant le palais de Tokyo, nous, nous défilions solidaires et dans la bonne humeur de Denfert à La Bastille sans discontinuer durant plus de six heures. Malgré les sensibilités diverses, peu ici s'abstiendront dimanche. Pourvu que le message hurlé et hurlé soit entendu au-delà de nos bataillons de motivés. N'oublions pas mai 2007. Rien n'est joué tant que ce n'est pas voté.

Bottons l'incompétent hors d'une République qui ne le mérite pas. Ennemi des travailleurs, braqueur de notre modèle social, il n'a et n'aura de cesse de repprocher aux autres les conséquences de sa politique désastreuse en branlant du nationalisme, de la peur d'autrui, de la frontière et autres thématiques dont il se moque comme de sa première Rolex. Jamais dans la Ve République un président n'aura dégradé en aussi peu de temps son pays, aussi bien dans son économie que dans ses institutions, dans sa pratique du pouvoir que dans nos vies quotidiennes. Voilà l'unique second souffle promis pour son prochain quinquennat: définitivement dédouaner les gens de mal penser et une fois encore pourrir ce terrain qu'il méprise tant.  

Répétons-le. La vraie leçon du 1er tour n'est pas le score du Le Pen, mais bien celui de Sarkozy. Le chasser du palais est le préalable à toute discussion posée sur l'après. 

30 avril 2012

L'invisible France des propriétaires en colère

par
Les résultats du premier tour des élections présidentielles sont la vérification la plus cinglante d'un divorce entre centres-villes / zones périurbaines où se mêle rancœur et incompréhension réciproque.

J'y vois dans ce grand thème ignoré (ou plutôt mal traité) qu'est le logement, une raison essentielle. 

Au bout de 20 ans de montée de prix de l'immobilier et de course acharnée à la propriété, de  bombardement d'émissions sur le cocooning décoratif, de volonté d'enrichissement par la pierre et de l'impératif propagée au sommet de l'état de faire de chaque français l'entrepreneur individuel d'un "projet immobilier", un constat: les centres-villes se vident des classes populaires et des revenus moyens. Paris est évidemment le summum urbain de cette ghettoïsation de classe et devient la cible favorite des discours du FN, à travers les fantasmagoriques "velibiens" et autres "bobos parisiens"[1], nouvelles cibles au second tour d'un Sarkozy en panique stigmatisant désormais les habitants du Boulevard St-Germain qui (mais nous ne sommes plus à un n'importe quoi près de sa part) ont pourtant voté pour lui à 45%. Je rassure la province: être pauvre à Paris n'est toujours pas un luxe. Et niveau confort bourgeois, marques et déco, j'observe souvent du nettement plus sophistiqué dans des pavillons de territoires reculés que je n'en croise dans les appartements pourris de la capitale. Allez comprendre.

Une classe d'âge bercée par la télé, soucieuse d'être propriétaire au plus vite, s'est lancée dans la vie active rompue aux mauvaises payes. Le coït à crédit passé pour le salarié condamné à la boucler, la prédominance culturelle d'un modèle parisien friqué, véhiculant à longueur d'émission sa réalité, son entre soi, sa façon de voir et penser, renforçait la frustration d'après-boulot dans ces parcs enclavés à jeunes proprios ruraux découvrant un peu tard que le vice caché du confort "bobo", version propriétaire sans cagnotte, se paye au prix de l'isolement. 

En 2012, la valorisation idéologique de la propriété servie depuis quinze ans par le triptyque banques / promoteurs / médias montre enfin ses limites. 

Limites financières et géographiques. Les ménages sont très endettés, leur manque de mobilité lié au remboursement d'un crédit long et l'impossibilité de revendre sans perdre d'argent devient un vrai frein pour l'emploi. L’accès à la propriété de gens qui n'auraient pas dû l'être avant 10 ou 15 ans entraîne des coupes sombres dans leur consommation (vitale pour les plus pauvres, de "transgression" pour ceux qui le sont moins: même effet pour les deux, frustration), les frais énergétiques et les charges explosent. L'impression d'être pris à la gorge, sans espoir de la culbute financière anticipée sur prospectus par nos primos-accédants enpavillonés alimentent la colère sans pour autant susciter l'autocritique. 

Se double à la ghettoïsation, l'inévitable utilisation de la voiture: voire de 2 voitures (puisqu'il est désormais acquis pour toute une génération que pour être propriétaire, il faut être deux à trimer). Et l'on retrouve là encore, une des thématiques permettant à Le Pen de ratisser large et facile, "le racket automobile dont est victime la classe moyenne". Notons que le candidat-président, créateur des robots radars, a bien essayé de rattraper à la volée cette thématique juste avant le premier tour avec sa carambouille sur le permis de conduire.


La trahison de la France des propriétaires à crédit de 2007 se paye en partie dans les urnes en 2012 par le vote de la colère. Ils font partie de cette "France des invisibles". Pourtant, le dogme et la peur de perdre sont plus forts que la logique. Nombre de victimes de cette arnaque sont prêtes à revoter pour le candidat-président, le seul bêtement identifié comme pouvant les sortir d'une impasse dans laquelle il les a placés, avec le concours actif de leur crédulité crasse.

Auront d'abord profité de la bulle en cours de dégonflage, les générations précédentes ayant pu acheter sans trop de douleur dans les années 70-80 ou les plus jeunes (souvent leurs enfants) disposant d'aides parentales conséquentes au début des années 2000.  On les retrouve d'ailleurs dans la dernière ligne de défense Sarkozyste Les récents discours du président-candidat sont révélateurs. Après une heure de sorties clonées sur le discours FN, décontenançant une partie de sa sensibilité, notre français fort y revient au tronc commun de droite: la garantie de conservation et de fructification de son patrimoine immobilier.

En 2007, le VRP a sorti ce que les jeunes croyants voulaient entendre. Moteur de ce barnum qui a poussé les classes moyennes à se précariser en pensant s’enrichir: la foi aveugle en une émancipation individuelle à travers le patrimoine immobilier à débit différé. Une fois la folie de la pierre propagée sur tout le territoire à tous les revenus, via le crédit ouvert aux pauvres, l'Etat pouvait démanteler sans trop de heurts les droits du travailleur, le logement social et l'idée même de la solidarité. 

Certes, le baratin sarkozyste d'une "France de propriétaires" aurait pu fonctionner quelques années. Mais, il aurait fallu, au minimum: 

1 / avoir une vision de la croissance économique un peu plus charpentée, et pas seulement basée sur l'immobilier à crédit

2 / Ne pas massivement subventionner sur fonds publics des produits immobiliers douteux (Scellier, Robien...) totalement déconnectés de l'activité économique sur le terrain et qui n'ont, dans le meilleur des cas, bénéficié qu'à ceux arrivés les premiers et disposant déjà d'une épargne conséquente. 

3 / Ne pas, au nom de la RGPP et du remboursement de la dette, opérer la casse des services publics sur les territoires, avec fermeture d'hôpitaux (au profit de centres de santé[2], ni plus ni moins qu'une privatisation en douce), de commissariats (augmentant la thématique "insécurité"), des transports. 

4 / Permettre aux épargnants d'investir dans le logement social au lieu de le céder à prix cassé au secteur privé. (Ce que propose François Hollande).

Rare contentement qu'il tire de son bilan: le candidat-président se félicite que La France n'en soit pas au niveau de la crise espagnole (24% de chômeurs). Il oublie un peu vite qu'il n'a juste pas eu le temps de déployer ici le désastre immobilier à l'origine du chaos là-bas. 


[1] Y-a-t'il une différence fondamentale entre celui qui porte une marque ou affiche un mode de vie à Paris et celui qui veut le même en province ou porter la même en province ? Sans compter que bien souvent, dans ce dernier cas, il y arrive. Les gourous des marques et des modes étant très forts pour véhiculer l'idée d'élitisme alors que leur rentabilité repose sur la propagation la plus massive de leurs produits et concepts. 

[2] En Charente-Maritime, il me fallait 8 mois pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologue à 15 kilomètres. Rendez-vous que j'obtiens pour dans 10 minutes, en bas de chez moi à Paris.

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27 avril 2012

Au grand bazar du vote Sarkozy

par
Après l'analyse du vote FNcreusons le mystère du vote Sarkozy en 2012

27% au premier tour au lieu des 2.7% que l'on était en droit d'attendre. Déception.

Au terme du quinquennat, la récidive d'un vote sarkozyste chez le Français moyen reste incompréhensible, elle contredit jusqu'aux règles animales de l'instinct de survie. En plus du million de chômeurs supplémentaires, nous retiendrons d'abord de la politique UMP qu'elle tape sans pitié depuis 5 ans sur tout ce qui est en-deçà du RMC (Revenu Minimal Copé) à 5000 euros par mois, seuil UMP en dessous duquel le sujet est relégué au rayon "minable" (soit 90% des Français).

Nous comprenons bien sûr que la France du pognon plébiscite toujours celui qui n’a eu de cesse de la favoriser durant ces cinq sombres années que les historiens qualifieront un jour, j'espère, d'âge d'or des grosses fortunes. 

Moins indécent, mais contribuant aussi à la propagation du désastre en mode "c'est pas ma faute, c'est le système", n'oublions pas le "petit" rentier. Certes l'actionnaire, le multi-proprio ou le bailleur n’est pas Bettencourt ou Dassault, mais s'il peut voir son pactole prendre 10% à l'année et / ou cumuler du 4000 euros mensuel de loyer sans rien faire, on saisit alors (sans pardonner) qu'humanisme et partage pèsent peu face à l’évocation du péril communiste tapi dans l'urne (oui je sais c’est dingue, mais François Hollande est identifié comme tel dans l’esprit du forcené de droite, se ruant chez le notaire pour protéger sa succession, et vivant dans la terreur du débarquement des chars Mélenchonistes Place de la Bastille le 6 au soir).

Ayant observé leur quotidien à l'éternelle poursuite de rêves en publicité mâchée, leur indécrottable croyance en un libéralisme meilleur, la redondance bornée d'une analyse sociale à base de "oh putain, un jour je vais gagner grave de l'argent", ne perdons pas de vue ces jeunes ménages M6isés aspirant, en trimant comme des chiens pour un 1.2 Smic, à être bourgeois-branleurs comme leurs parents baby-boomers. Dans un régime se nourrissant de leur exploitation croissante (qu'elle soit appelée "compétitivité", "vrai travail", "recours au crédit pour accéder à la propriété qui est la condition ultime de l'émancipation" ou "TVA sociale"...), ils s'auto-entretiennent dans une frustration permanente et intime appelée déclassement.  

Allez comprendre (une petite faiblesse de gauche ces dernières années surement), mais cette peur du "déclassement", à la fois fantasme (la quête au toujours plus alimentant sans fin la colère de ne pas avoir assez) et réalité (Les conditions et les droits du travailleur, son salaire, son accès à la santé, à la bonne nourriture, au logement, sont effectivement dégradés par rapport aux générations précédentes), génère depuis 10 ans du vote de droite. Le raisonnement du neuneu sarkozyste à l'approche du 6 mai 2012 est simple : "Je n’ai déjà pas grand-chose, mais avec la gauche je vais perdre encore plus!" (Et ce, alors que les rares périodes de dynamisme économique ces 20 dernières années l’ont été sous des gouvernements de gauche, mais bon passons).

A cette peur s'ajoute, parait-il, la sensation d'une perte d'identité (identité que les intéressés sont d'ailleurs incapables de définir) liée aux invasions de femmes en burqa et de steaks halals chaque soir au JT (moi qui croyais que c'était l'aspartame qui causait des cancers et que la voiture était le plus gros serial killer français). L'erreur est de croire que ce sentiment est seulement lié aux seuls électeurs du FN. La lecture d'un Valeurs Actuelles ou une discussion au troquet du coin vous informera que non. Parait que cette "souffrance" a ses "raisons". Si j'en crois les résultats du 1er tour, la gauche arrive en tête dans les zones à forte mixité. Et, au contraire le vote FN caracole dans des zones rurales, dans des villages de 300 habitants où l’on n’a pourtant pas trop l’occasion de croiser boucheries musulmanes ou mosquées. Il progresse également dans les zones périurbaines où la distance entre travail et habitation est la plus élevée. Faut-il y voir un  contrecoup de l'hystérie immobilière dont je rappelle que le président-candidat a été le promoteur lors de la précédente campagne ? Penses-tu. Dans sa course à l'électorat, l'autocrate au service des oligarques (se la jouant aujourd'hui Caliméro anti-système en pompant tous les codes sémantiques FN du "bobo parisien" aux "technocrates"), nous dit dans les grosses lignes stabilobossées recouvrant son programme de feuilles vierges que la France en crise c'est de la faute aux mauvais français (de couleur, musulman, chômeur ou les 3 à la X).

En cinq ans, Sarkozy aurait donc réussi 2 choses:

- Ne pas dégoûter une partie des classes moyennes de son action de précarisation des masses. 
Légitimer le FN en ne cessant de valider, sous l'impulsion de Patrick Buisson[1] ses thèses xénophobes. Bref comme disait Emmanuel Todd l'autre soir chez Taddei, l'UMP est devenu le FN en pire, puisque c'est le discours du FN + le soutien actif aux riches. 



S'opère depuis 10 ans (et non depuis 3 jours) la jonction entre les vieux cons réacs (apeurés d'avoir moins) et les jeunes cons télé-réalitilisés et totalement imbibés à la doxa libérale (rageant de ne pas avoir plus). Chacun accommodant à sa sauce un racisme larvé auquel carte blanche est désormais donnée au sommet de l'état. Faites le test autour de vous: ces derniers jours le "mais non je ne suis pas raciste, mais bon on n'est plus chez nous" revient à la mode. Non pas chez l'électeur frontiste (où il l'a toujours été), mais chez d'autres de droite parait-il plus modérée ou, pire, chez les pointures s'autoqualifiant un peu vite "ni de droite, ni de gauche" parce que "la politique c'est pourri et compagnie".

Libérant la parole de stigmatisation envers le rom, le musulman, l'allocataire (martingale programmatique censée exonérer le bilan personnel puisque la cause des maux est toujours autrui), le président-candidat en détresse, alors que son parti se désintègre en temps réel, parachève,dans l'outrance et le fiel d'un sprint crépusculaire à la poursuite éperdue du bulletin FN son oeuvre de dédiabolisation de la pensée raciste. Avec la casse sociale, elle restera l'autre ligne forte de son mandat. 

Non seulement certains n'ont tiré aucun enseignement d'une gouvernance dont ils ont été les victimes au point de désespérer aujourd'hui (à grand renfort de SMS haineux et autres status Facebook à la xénophobie décomplexée) que celui les ayant couillonnés ne soit pas réélu pour terminer son arnaque[2], mais ils ont intégré l'idée, placides ou rigolards, que "Oui. Il y'a nous et les autres" et que "s'il y'avait un peu moins d'étrangers (comprendre des Français qui n’ont pas l’air trop catholique, limite musulmans d’apparence), ça marcherait quand même un peu mieux chez nous". 

Voilà pourquoi aucune voix[3] ne doit manquer le 6 mai pour battre le lanceur d'essence sur incendie. Pour qu'au désastre social que constituerait sa réélection, ne s'ajoute pas un quotidien de haine. Il a assez dressé les uns contre les autres, il a échoué économiquement, nous avons besoin de souffler, il doit quitter le pouvoir.  Mais, ne nous faisons aucune illusion : les dégâts dans les consciences sont profonds et le lendemain du scrutin un long travail de reconstruction nous attend.

Car, rentrez-le vous bien une fois pour toutes dans le crâne à droite : nous n'avons qu'une vie, et pas d'autre choix que de la vivre ensemble


[1] Précision. Si P.Buisson est bien d'extrême droite, Sarkozy est avant tout d'extrême Sarkozie. Il se contrefout des musulmans comme des chrétiens, des syndicalistes, des salariés, des homos et des chômeurs. Melenchon aurait fait 20%, au lieu de jouer à Petain Express dans ses meetings, il y entamerait l'internationale.

[2] Toi aussi, reconnais-les dans ton entourage : leur mantra c'est "de toutes les façons, nous les classes moyennes, on prend toujours plein la gueule, mais ce sera pire avec Hollande".

[3] J'espère que, en plus d'une participation massive du peuple de gauche, nous pourrons compter sur une partie non négligeable des électeurs de droite humaniste, avec de l'éthique, un sens de la survie, préférant encore l'alternance au bout de dix ans à la fange pour cinq années de plus.

Illustrations : O Brother where are thou ? E.Coen (2001) - Seventh seal I.Bergman (1956)

24 avril 2012

Au grand bazar du vote FN

par
Ce samedi-là, quelque part en France, devant The Voice.

LUI
- C'est ta première fois, tu voteras quoi dimanche ?

ELLE
- Je sais pas. Pas Sarko. Surement pas pour la gauche. Marine peut-être. C'est une femme, et puis son parti n'a jamais été au pouvoir.

* * *

Comme tous les cinq ans, la séquence éditoriale sur les raisons du vote FN est engagée

Etant à la fois condescendant et prétentieux de théoriser le vote FN, je vais donc m'empresser de faire comme les autres. La conclusion est simple: à 6,4 millions d’électeurs, il est impossible de le circonscrire à un type d'électeur. 

Fonds de commerce oblige, au grand bazar du vote FN on trouve d'abord un socle de racistes (Alors que chacun redoutait qu'elle ne bénéficie à Sarkozy, peu parlent aujourd'hui des retombées de l’affaire Merah sur le score de Marine) ainsi qu'une part de nostalgiques du bon vieux temps des colonies, mais cela ne suffit pas à tout expliquer.

On y trouve:

- Une part non négligeable de colère sociale et de rancœur alimentée par le sentiment de ne pas être reconnu et représenté chez les élites

- Une part d’électeurs UMP à l'état liquide, excédés comme tous par Sarkozy, qui se retenaient plus ou moins (en tous les cas dans les urnes) avec le père Le Pen, mais qui y vont aujourd'hui plus gaîment (aidés en cela par 1 / le story-telling FN de la dédiabolisation repris en cœur par les rédactions feignantes 2 / les pas de Guéant accomplis ces deux dernières années pour la convergence des derniers neurones disponibles entre xénophobes, droite réac et droite libérale). 

Une part de la France du fric qui se rangera toujours du côté de la trique plutôt que de prendre le risque de laisser ne serait qu'une once de pouvoir à la gauche. 

- Une part d'envie légitime de retrouver un état fort. Etat que le parti à la flamme réduit à l'idée de  nation (moins coûteux fiscalement, permettant dans le même temps de détruire les services publics, tout en procurant à l'électeur propulsé "patriote" l'impression d'être diplômé de quelque chose).

- Une part d’inculture ou de paresse intellectuelleA la vue des résultats, on ne peut s’empêcher de comparer la médiocrité de la campagne Le Pen et la qualité de celle de Mélenchon, qui n’a eu de cesse de relever le débat, et de conclure que les standards cognitifs nationaux sont quand même tombés bien bas. L'épisode du mutisme de Le Pen face à Melenchon chez Pujadas est révélateur: aucun autre candidat n'aurait survécu à une prestation aussi désastreuse. On soulignera aussi la colossale influence des médias. Voir et revoir la chiasse sécuritaire de la TNT, ces jeux de pognon facile, ses JT racoleurs, sa pseudo télé-réalité rabaissant le spectateur également sujet n’a jamais grandi l’âme. 

Ce dicton se vérifie souvent, je l’ai expérimenté sur moi de nombreuses années: quand tu ne sais pas où te situes politiquement, c’est que tu es de droite. Avec 30 ans de crise, une société privilégiant de la base au sommet la rentabilité sur toute autre considération, les rapports humains qui en découlent, un fossé prononcé entre pauvres et possédants, l'atomisation idéologique continue de l'idée de réponse collective ou de solidarité abandonnant une classe moyenne (enfin se considérant comme telle) dans la terreur de son voisin et frustrée de ne pas être aussi belle que la vie des stars vues entre deux tranches de cette télé publicitaire constituant 90% de sa connaissance du monde (hors sortie à l'hypermarché) : si tu ne sais pas te situer sur l’échiquier politique, tu as de plus en plus de chances d’être à l’extrême droite. A moins d'être charpenté au niveau éducation, c'en est presque logique.

Le cake à la misère sociale aux pépites de bouc-émissaires (sans défense si possible) se sert à grosses plâtrées par le premier VRP sans programme (mais disposant d'un parti) qui passe, "président du pouvoir d'achat" ou héritière de St-Cloud (bourgeoise bourgade à côte de laquelle Neuilly fait figure de bidonville). Bien sûr que Le Pen peut accéder au pouvoir chez nous, Sarkozy y est bien arrivé. Il parlait (et parle toujours) travail, mérite, petites gens sans un échantillon dans son CV et une montre à 50 smics à chaque poignet.

Doit-on, en mode marronnier, chaque fin d’avril une fois tous les 5 ans, subir l'exégèse éditocratique  du vote Le Pen ? C’est trop tard.

Le FN ne fait que bénéficier du désastre ambiant avec l'argument imparable qu'il n'a jamais été responsable de rien. Le vote d'extrême droite ne se combat pas aux élections, mais jour après jour. Réduire le vote d'extrême droite, c’est d’abord ne pas abandonner les territoires et assurer partout de façon équitable les services publics de l’éducation, de la santé, de la sécurité. C'est ne pas considérer comme une fatalité de cracher des payes de misères aux jeunes et de laisser filer en Roumanie l'emploi de leurs parents pour contenter l'actionnaire avant d'insulter le million de chômeurs que l’on a généré en cinq ans en lui parlant "vrai travail" (au lieu de lui parler vrai salaire). C'est combattre cette spéculation immobilière, repoussant de plus en plus loin locataires et propriétaires, qui ne bénéficie au final, sans rien faire et avec aides fiscales, qu'à ceux osant dire "mérite au travail" ou "cancer de l'assistanat". C’est aussi commencer à produire de la qualité à la télévision au lieu de chier en multicanal de la junk-food pour veaux. Réduire le vote d'extrême droite, c'est d'abord réparer dans les têtes et sur le terrain les ravages de l'ultra libéralisme. 

Sinon, quel que soit le résultat du 6, le peuple fatigué s'en retournera très vite au pays fort en gueule des solutions en tube. Au grand bazar du vote FN, une seule certitude: si l'on continue ainsi, il va gagner.

23 avril 2012

[video] L'heure du rassemblement

par
Le psychodrame des sondages soudainement impubliables est (provisoirement) fini. Verdict : une bonne et une mauvaise nouvelle

- Pas de courbes croisées, pas de vague de la majorité silencieuse. La France a fait le tour, du fond et de la forme, de Sarkozy et avant tout de sa politique antisociale, en plaçant la gauche en tête au premier tour. Enfin. Tant mieux. 

- En revanche, les sirènes du FN restent plus attractives que jamais pour 18% des électeurs avec un fort décrochage Paris / Province

- A l'UMP, la stratégie Buisson / Peltier est un échec qui pourrit la donne. A force d'avoir emboîté le pas voire précédé les thématiques FN, le kéké sans programme se fait talonner par l'original qui offre la quinquennale occasion de se lâcher dans les urnes, mais n'apporte aucune solution concrète pour améliorer le quotidien des Français. Reste à savoir si l'électeur déçu de l'UMP, qui a signifié sa colère au roitelet de Neuilly en votant Le Pen, reviendra au bercail au second tour, confirmera la pelle forte ou préférera aller à la pèche. Donc à droite entre les deux tours, attendons-nous à de l'über trash pas constructif pour un sou. Ce qui ne nous changera pas trop, mais complique la tache d'un Sarkozy qui est déjà allé bien loin dans ce domaine, et qui doit aussi compter sur les voix d'un Bayrou dont le seul espoir de survie politique repose sur l'échec du candidat-président (même si, grand fan du ni oui ni non, il ne le dira pas).

- A propos de Sarkozy. C'est le grand absent de la soirée. Le voilà qui après avoir esquivé le débat tout au long de la campagne veut désormais en faire 3 en 10 jours ! On attend toujours sa participation à l'émission de Mediapart (qu'il refusait il y a à encore 2 semaines) auquel François Hollande s'est frotté durant trois heures avec des questions d'un autre niveau que celles des laquais de plateaux. Il veut des sujets de débat, nous en avons : son bilan en chiffres, Karachi, Bettencourt, Kadhafi... Subsiste une grosse énigme de type quatrième dimension: Comment 26% des électeurs peuvent encore plébisciter la politique de ce type ? Y'aurait-il autant de millionnaires et de milliardaires en France ? Une épidémie d'Alzheimer ?

- A noter que plusieurs ministres du gouvernement prennent également des gros coups de pelle à domicile

- La fausse surprise du score de Mélenchon. Ses 11% ne m'étonnent pas. Je me félicite de son parcours ces derniers mois (je l'envisageais à 6 ou 7% il y'a encore trois mois) et de la ferveur qu’il a redonné à son camp, aux abstentionnistes, et en général au débat politique de ces dernières semaines. 

En conclusion: quelque soit le résultat du second tour, la recomposition de la droite version encore plus dure et décomplexée va aller plus vite que prévue[1]. D'où l'importance de se mobiliser dans le spectre le plus large de la gauche jusqu'au centre, de nous focaliser contre l'ennemi commun. Pas une mince affaire, mais l'enjeu de taille. Malgré les apparences, la joie d'un soir et de bonnes estimations de second tour, nous sommes dans une situation plus critique que lors du coup de théâtre de 2002 où l'extrême droite qualifiée pour le second tour n'avait aucune chance de gagner. 

Cette fois-ci, le risque existe. 

Bonus: La vidéo que BFM n'a pas eu lors de sa nuit motorisée. François Hollande arrivant à l'intérieur du QG de campagne, tournée dans des conditions extrêmes par votre rédacteur. Durée 3 minutes.


[1] Il va sans dire que d'un point de vue stratégique, chacun voulant récupérer la droite en vrac, le FN a bien également intérêt à ce que Sarkozy et l'UMP se gamellent.

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