6 août 2010
par Seb Musset
8/06/2010
Articles connexes :
- l'insécurité c'est bien, en abuser ça craint.
- UMP, entre Lol et insécurité.
- Punir et faire payer les pauvres.
- En quête d'action interdite au cœur des preuves exclusives.
- Hortefeux : Back to basics.
- Larme du crime.
4 août 2010
par Seb Musset
8/04/2010

Reconnaissons une chose à ce gouvernement : Il ne renonce jamais.Rappelons ses deux ordres de mission :
1 / Il s'agit, pour ces défenseurs zélés de la nation, de basculer le secteur public dans le secteur privé, de rendre le "mutualisé", bon marché et universel, en problématiques opaques et individualisées, catégorisées et hors de prix.
2 / Il s'agit également pour ces pourfendeurs de la hausse de l'impôt sur le revenu de faire les poches du gueux par tous les moyens détournés possibles. On ne sait jamais, dès fois que le train de vie des indécentes richesses ralentisse sa course folle.
1 / Il s'agit, pour ces défenseurs zélés de la nation, de basculer le secteur public dans le secteur privé, de rendre le "mutualisé", bon marché et universel, en problématiques opaques et individualisées, catégorisées et hors de prix.
2 / Il s'agit également pour ces pourfendeurs de la hausse de l'impôt sur le revenu de faire les poches du gueux par tous les moyens détournés possibles. On ne sait jamais, dès fois que le train de vie des indécentes richesses ralentisse sa course folle.
C'est donc avec une détermination n'ayant d'équivalent que le courage de la date de son annonce, le 4 août, que Sainte-Lagarde ministre du culte de l'économie qui, à moins d'être remaniée, passera probablement l'intégralité du quinquennat à promettre de la croissance) supprime une promesse phare de la campagne du monarque : le crédit d'impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers pour les primo-accédants.
Compte-tenu des légions AVER (à velléités d'embourgeoisement rapide) qui ont foncé tête baissée dans la mesure en parpaings dès janvier 2007 (offrant une ribambelle d'articles à peine romancés sur ce blog), le monarque a trouvé ici des arguments de vote bien plus décisifs, auprès d'un électorat jeune classiquement abstentionniste, que les questions de sécurité âprement discutées depuis 2002.
Bon évidemment, comme lui et la loi ça fait deux, une fois l'avocat élu monarque, le conseil constitutionnel retoquait la mesure, la décrétant non-rétroactive.
Combien ai-je rencontré depuis de candides dupés par le candidat, ayant signé dans la précipitation leur acte d'achat, quelques jours avant de donner, euphoriques et confiants, les clefs de la bombe atomique au vendeur de tapis parano ? Beaucoup. Même s'ils l'avouent encore peu, ils s'en mordent les doigts.
Mais le plus merveilleux dans les belles histoires des apparats de la richesse pour tous made in UMP, c'est encore l'argumentaire. D'apparence barbare ou d'allure neuneu, suivant le ministre ou la voiture bélier, il cache surtout une belle dose de cynisme et dans ce cas, si tout cela s'avère suivi d'effet, d'irresponsabilité.
Car, face à cette suppression d'un bout de "paquet fiscal" spécialement dédicacé aux classes moyennes, C.Lagarde propose dans une interview donnée ce jour aux Echos, la mise en place d'un prêt immobilier à taux zéro renforcé, universel et sans condition de ressource réservé aux primo-accédants.
Oui, oui. Tu as bien lu : le crédit immo en open bar.
Comprendre : bon, on a berné une génération de blaireaux en 2007, attaquons-nous à la deuxième pour 2012. Après tout, si on en croit l'expérience américaine : Plus la classe moyenne est pauvre, plus elle aspire à se persuader du contraire en s'endettant encore plus[1].
Passons sur l'exercice de style consistant à promettre du rêve défiscalisé dans trois ans aux aspirants-proprios au moment où on le retire à une catégorie similaire ayant cru à la même chose trois ans plus tôt, et demandons-nous si ce n'est pas là une discrète et estivale réapparition du crédit hypothécaire à la sauce subprime.
Pour peu qu'elle soit coordonnée avec d'autres dispositions bancaires encouragée par le lobby en charge, telle l'apparition de la titrisation à la française évoquée en juin dernier, nous avons là tous les ingrédients d'un beau cocktail au caca éco cataclysmique[2].
Ce ne sont évidemment pas les 2 millions de personnes mal ou pas logées du tout, les centaines de milliers de logement sociaux faisant défaut, ni les multiples infractions à la loi obligeant les communes à réserver 20% de leur parc immobilier au social (j'attends à ce sujet les peines de prison et l'arrestation des parents des maires délinquants) qui importent.
Pas son business à la Christine.
Non ce qui prime c'est que le prolo s'endette et, au passage, maintienne à la hausse la valeur du patrimoine de ceux qui ont terminés de payer depuis bien longtemps et dont on me glisse dans l'oreille qu'ils votent plutôt à droite.
Des pauvres oui, mais des pauvres propriétaires à crédit. Rappel : Pour la droite qui se prétend populaire, un bon pauvre est celui qui doit de l'argent. Les autres sont, ou vont être, des délinquants.
Et oui, autant les conditions du plan Lagardien sont fumeuses, autant son but est clair :
Problème vu et vérifié : la carotte fait systématiquement avancer le mal informé.
Que crépite le feu de joie des puissants, gerbant ses larmes de joie dans les ténèbres, tant qu'il y aura du petit bois à jeter dedans.
[1] renforçant ainsi son état de précarité et favorisant chez elle des pathologies mentales du type schizophrénie. A ce sujet, pour une observation plus profonde, je vous renvoie à l'observation des centres commerciaux le samedi après-midi.[2] Un beau final lagardien.
Articles connexes :
Monarchie et mensonges#1 : une France de propriétaires
La bulle immobilière revient ?
Qui est propriétaire de qui ?
Compte-tenu des légions AVER (à velléités d'embourgeoisement rapide) qui ont foncé tête baissée dans la mesure en parpaings dès janvier 2007 (offrant une ribambelle d'articles à peine romancés sur ce blog), le monarque a trouvé ici des arguments de vote bien plus décisifs, auprès d'un électorat jeune classiquement abstentionniste, que les questions de sécurité âprement discutées depuis 2002.
Bon évidemment, comme lui et la loi ça fait deux, une fois l'avocat élu monarque, le conseil constitutionnel retoquait la mesure, la décrétant non-rétroactive.
Combien ai-je rencontré depuis de candides dupés par le candidat, ayant signé dans la précipitation leur acte d'achat, quelques jours avant de donner, euphoriques et confiants, les clefs de la bombe atomique au vendeur de tapis parano ? Beaucoup. Même s'ils l'avouent encore peu, ils s'en mordent les doigts.
Mais le plus merveilleux dans les belles histoires des apparats de la richesse pour tous made in UMP, c'est encore l'argumentaire. D'apparence barbare ou d'allure neuneu, suivant le ministre ou la voiture bélier, il cache surtout une belle dose de cynisme et dans ce cas, si tout cela s'avère suivi d'effet, d'irresponsabilité.
Car, face à cette suppression d'un bout de "paquet fiscal" spécialement dédicacé aux classes moyennes, C.Lagarde propose dans une interview donnée ce jour aux Echos, la mise en place d'un prêt immobilier à taux zéro renforcé, universel et sans condition de ressource réservé aux primo-accédants.
Oui, oui. Tu as bien lu : le crédit immo en open bar.
Comprendre : bon, on a berné une génération de blaireaux en 2007, attaquons-nous à la deuxième pour 2012. Après tout, si on en croit l'expérience américaine : Plus la classe moyenne est pauvre, plus elle aspire à se persuader du contraire en s'endettant encore plus[1].
Passons sur l'exercice de style consistant à promettre du rêve défiscalisé dans trois ans aux aspirants-proprios au moment où on le retire à une catégorie similaire ayant cru à la même chose trois ans plus tôt, et demandons-nous si ce n'est pas là une discrète et estivale réapparition du crédit hypothécaire à la sauce subprime.
Pour peu qu'elle soit coordonnée avec d'autres dispositions bancaires encouragée par le lobby en charge, telle l'apparition de la titrisation à la française évoquée en juin dernier, nous avons là tous les ingrédients d'un beau cocktail au caca éco cataclysmique[2].
Ce ne sont évidemment pas les 2 millions de personnes mal ou pas logées du tout, les centaines de milliers de logement sociaux faisant défaut, ni les multiples infractions à la loi obligeant les communes à réserver 20% de leur parc immobilier au social (j'attends à ce sujet les peines de prison et l'arrestation des parents des maires délinquants) qui importent.
Pas son business à la Christine.
Non ce qui prime c'est que le prolo s'endette et, au passage, maintienne à la hausse la valeur du patrimoine de ceux qui ont terminés de payer depuis bien longtemps et dont on me glisse dans l'oreille qu'ils votent plutôt à droite.
Des pauvres oui, mais des pauvres propriétaires à crédit. Rappel : Pour la droite qui se prétend populaire, un bon pauvre est celui qui doit de l'argent. Les autres sont, ou vont être, des délinquants.
Et oui, autant les conditions du plan Lagardien sont fumeuses, autant son but est clair :
"L'objectif est d'améliorer l'accession à la propriété, sachant qu'il n'y a que 58% de Français propriétaires contre 66% en Europe." Mais que tu dormes dans ta bagnole parce le moindre loyer dans la ville équivaut deux fois ton salaire, ce n'est pas un drame.
Puis, la winneuse nonchalante conclura sur un brillant :
"L'argent redéployé sur le nouveau prêt à taux zéro, avec des plafonds à la hausse, va accroître la solvabilité des ménages."
Le crédit qui t'enrichit ou la perversion totale de la vérité : Voilà les vraies valeurs de la gagne.
Puis, la winneuse nonchalante conclura sur un brillant :
"L'argent redéployé sur le nouveau prêt à taux zéro, avec des plafonds à la hausse, va accroître la solvabilité des ménages."
Le crédit qui t'enrichit ou la perversion totale de la vérité : Voilà les vraies valeurs de la gagne.
Problème vu et vérifié : la carotte fait systématiquement avancer le mal informé.
Que crépite le feu de joie des puissants, gerbant ses larmes de joie dans les ténèbres, tant qu'il y aura du petit bois à jeter dedans.
[1] renforçant ainsi son état de précarité et favorisant chez elle des pathologies mentales du type schizophrénie. A ce sujet, pour une observation plus profonde, je vous renvoie à l'observation des centres commerciaux le samedi après-midi.[2] Un beau final lagardien.
Articles connexes :
Monarchie et mensonges#1 : une France de propriétaires
La bulle immobilière revient ?
Qui est propriétaire de qui ?
30 juillet 2010
par Seb Musset
7/30/2010
"- Bettencourt a reçu 30 millions de remboursement du fisc ? Et alors ? Elle, au moins, elle fait tourner l'économie, jeune feignant." Lança le retraité.
Au-delà de la collusion d'intérêts, de l'évasion fiscale, de la godwinesque navigation du parti du déni (scandalisé par ces journalistes outrepassant les limites convenues de la flatterie gloussée sur plateau par les Duhamouleurs[1] de chamallow), les réactions sur le terrain au sujet du pataquès Woerth-Bettencourt confirment la cohabitation de plus en plus inconfortable de deux France aux réalités discordantes n’ayant plus en commun qu’un mépris profond l’une pour l’autre.
D’un côté, ceux peinant à boucler leurs mois, du galérien affamé, chair à bosser gratuit, au petit patron se mangeant des redressements fiscaux pour omission de 80 euros, sont légitiment outrés par les sommes sorties en liquides dans des enveloppes, les copinages au sommet, les défiscalisations et les remboursements d’impôts annoncés.
De l’autre, une frange de la population, pas ultra-riche ni même très riche mais plutôt aisée par rapport à la moyenne et certainement plus âgée, déconnectée du quotidien de la majorité des français. Elle partage avec son président une tolérance certaine pour les divers arrangements avec la morale fiscale, car à titre personnel elle a la rage qu'on lui prenne toujours "trop d'impôt".
Chez eux, le Woerth-Bettencourtgate pèse peu.
Ils t’argueront que "c’est pareil à gauche" et jetteront, tels les notables provinciaux des romans de Balzac, un voile pudique sur ces "bazar qui vient d'internet" sur lequel il ne vaut mieux pas trop gratter car au fond, même s’ils ne jouent pas dans la même catégorie, ce serait leur monde des représentations qui s’effondrerait.
C’est à cette part balzacienne, branche Goriot, disons le mot vieille, devant représenter au pifomètre à peine 20% des français, 1% des travailleurs et 45% des suffrages exprimés, appréhendant angoissée sa santé, ses rentes, son patrimoine, les revenus de son patrimoine, et son intégrité physique en mode purement sécuritaire que le monarque s’adressait dans son publi-entretien à domicile avec la Pujade, le 12 juillet dernier.
Depuis, il multiple signes et mots dans leur direction autour de deux axes :
1 / Je garantie les retraites ...pour ceux déjà à la retraite. [2]
2 / Je vais vous protéger des délinquants de la banlieue.... ...dans laquelle vous et moi ne foutons jamais les pieds (d'ailleurs à quoi ça ressemble un délinquant ? Ah oui... Sa voiture est plus belle que la nôtre, c'est scandaleux.)
C’est basique, rarement suivi d'effets, mais, et les précédentes élections l'ont prouvées, dans un contexte de division de l'opposition et de forte abstention : ça suffit.
Le président de la bougïte doit donc entretenir auprès de son bassin favori d'électeurs un dégout plus profond que les affaires d'état ou la jet-démocratie dont chaque français est le baudet : Enter Brice Contrefeux et sa com' de crise sur les gens du voyage (pourtant, à bien y regarder, exemple le plus abouti de la société de flexibilité et de mobilité professionnelle rêvée par le monarque.) labellisé PGDCDPAD, plus grand dénominateur commun de peur à droite.
Et les autres français alors ? Ceux qui s'émeuvent des scandales au ministère, des rétro-commissions véreuses et meurtrières, de la vente à la découpe du service public et autres évacuations musclées ?
Et bien, du seul point de vue humain qui l'intéresse[3], le kikivavotépourmoi : notre monarque s'en carre.
La démographie joue en sa faveur et il lui est relativement aisé d'entretenir un climat de renoncement et de ras-le-bol politique chez ceux qui peuvent lui nuire : les jeunes, les actifs et ceusses à sensibilité, théorique, de gauche.
D'un côté, les dégoutés du vote me demandent régulièrement si, où, quand (mais pas samedi on va voir Inception avé la carte UGC) et comment l'insurrection va venir alors qu'elle est déjà là. Elle prend la forme d'une défiance, diffuse, pragmatique, cruellement rationnelle. On l'appelle société de la demmerde, le type d'insurrection isolée à base de chacun pour soi, toujours sous-tendue par la logique néolibérale, et qui fait les affaires d’un état se débarrassant de tout (sauf, par intermittences opportunes, du service contentieux des faits-divers).
Le film du début de siècle, c'est plus Mad Max que Matrix.[4]
De l'autre, j'en croise des 25/35 ans écœurés par trois années de gouvernance dont ils payent la note (promesses du crédit d'impôt immobilier bafouée, salaires en stagnation pour ceux qui en ont...) mais qui n’envisagent aucune alternative. Ils baissent la tête, cumulant les tâches sans broncher dans des conditions toujours plus exécrables, leur sens de la "lutte sociale" uniquement stimulé dès lorsqu'il s'agit de passer en premier à l'image dans le lip-dub annuel du bonheur de la boîte. Contrats lance-pierre, stagiaires ou salariés d'apparence plus pépères mais en dégradation continue de leur qualité de vie, ils se sacrifient en regardant ailleurs mais surtout pas du côté de la politique.
- le nouveau chef du floor est pointilleux sur les indices de performance.
- heureusement, ce n'est que du temps partiel.
Tant que ce beau monde n'est, virtuellement, uni que par la transgression festive ou le craquage de bide sur canapé à la brioche maxi-pitch en jouant à World of guillotine sur des naintendo fabriquées par plus exploité que lui, épongeant une soif d'exister par l'accumulation et le paraître, partageant le dégoût mais pas la rage, le souhait soupiré de voir changer les choses mais surtout pas l'envie de s'y coller : Carlantoinette et le petit frère adoptif des riches peuvent régner tranquilles dans une société pensée, du travail à la santé à l'information, pour et par les vieux de droite.
Face à cette suprématie idéologique, sociale, immobilière et médiatique de la rente et de son modèle d'opulence débonnaire, c'est aux sans voix[5] et aux plus jeunes, considérés par nos ainés comme une "menace", de se faire entendre au lieu de hausser les épaules en rétorquant "oh, de toutes les façons c'est pourri" dès qu'on prononce le mot "politique". Pas de combat à mener sans une identification minimum des troupes. Pas de redistributions des richesses à espérer sans une redistribution préalable de la parole.
Le monarque n’a pas été élu par hasard. Sa vision individualiste de l’homme-entreprise, sa soif de l’argent, sa putréfaction idéologique au service d'un arrivisme sans limite reflétaient un air du temps de 2004-2007 n'ayant, malgré la crise, pas vraiment changé, si ce n’est pour le climat de violence sociale.[6]
Faire voter les vieux de la zone sécurisée, écœurer le reste. Affaires ou pas, chômage au top ou non, même impopulaire, tant qu'il arrivera à susciter un "dégout des autres" plus fort que les ravages de son action antisociale, que l'aspiration à l'embourgeoisement des cadets restera collée aux basques des ainés qui flippent, La France de 2012 poursuivra dans la droite ligne de celle de 2007 ou de 2002 :
Croissance incantatoire, vie rêvée du passé, entre tonfa et formol.
[1] Alain Duhamel, journaliste, traitant JL Mélenchon de "ringard" chez Chabot en juin dernier, et dont je rappelle qu’il était déjà à la table des animateurs procureurs du "Messieurs les censeurs bonsoirs" de Maurice Clavel un an avant ma naissance il y a, boudiou, 39 ans, merde #jesuisvieux.
[2] Voilà pourquoi ce plan est seulement financé pour une poignée d'années, correspondant au double quinquennat, en puisant allégrement dans le fonds de réserve crée par... Jospin. Tu peux reformer tant que tu veux : Tant qu’il n’y a pas d'emplois et que les salaires ne sont pas plus élevés, bref que l’argent est déconnecté du travail et, inversement, le travail n’est plus une source de revenus décents, il n’y a pas de retraites qui tiennent. Notons donc que les 16 / 55 (ça fait beaucoup) sont les dindons de la farce.
[3] hors le nombre de zéros que lui, ou son interlocuteur, portent en horlogerie suisse au poignet.
[4] Et rappelle-toi... du rom banni au "salarié précarisé en squat" ou au "jeune dans la galère", il n'y a que la catégorie à modifier. Ce gouvernement sans plus d'imagination que de résultats, nous jouera séquelle sur séquelle. C'est la criminalisation du marginal tel que définit par le rentier, c'est à dire au final tout ce qui n'est pas comme lui, qui est en jeu.
[5] Regarde par exemple la presse papier que l'on dit sclérosée. C’est d’une logique implacable : elle livre dans sa majorité ce que son lectorat payant (et qui paye à part les vieux pour le nouvel obs ?) veut lire : la sécurité, la santé, la jeunesse éternelle, DSK, la gestion du patrimoine et la peur de la délinquance.
[6] Rappelons-le : la nouvelle tendance en matière de banlieue, ce ne sont pas les bandes mais les cambriolages entre voisins et les violences physiques, elles, concernent plus souvent les jeunes que les vieux.
Au-delà de la collusion d'intérêts, de l'évasion fiscale, de la godwinesque navigation du parti du déni (scandalisé par ces journalistes outrepassant les limites convenues de la flatterie gloussée sur plateau par les Duhamouleurs[1] de chamallow), les réactions sur le terrain au sujet du pataquès Woerth-Bettencourt confirment la cohabitation de plus en plus inconfortable de deux France aux réalités discordantes n’ayant plus en commun qu’un mépris profond l’une pour l’autre.
D’un côté, ceux peinant à boucler leurs mois, du galérien affamé, chair à bosser gratuit, au petit patron se mangeant des redressements fiscaux pour omission de 80 euros, sont légitiment outrés par les sommes sorties en liquides dans des enveloppes, les copinages au sommet, les défiscalisations et les remboursements d’impôts annoncés.
De l’autre, une frange de la population, pas ultra-riche ni même très riche mais plutôt aisée par rapport à la moyenne et certainement plus âgée, déconnectée du quotidien de la majorité des français. Elle partage avec son président une tolérance certaine pour les divers arrangements avec la morale fiscale, car à titre personnel elle a la rage qu'on lui prenne toujours "trop d'impôt".
Chez eux, le Woerth-Bettencourtgate pèse peu.
Ils t’argueront que "c’est pareil à gauche" et jetteront, tels les notables provinciaux des romans de Balzac, un voile pudique sur ces "bazar qui vient d'internet" sur lequel il ne vaut mieux pas trop gratter car au fond, même s’ils ne jouent pas dans la même catégorie, ce serait leur monde des représentations qui s’effondrerait.
C’est à cette part balzacienne, branche Goriot, disons le mot vieille, devant représenter au pifomètre à peine 20% des français, 1% des travailleurs et 45% des suffrages exprimés, appréhendant angoissée sa santé, ses rentes, son patrimoine, les revenus de son patrimoine, et son intégrité physique en mode purement sécuritaire que le monarque s’adressait dans son publi-entretien à domicile avec la Pujade, le 12 juillet dernier.
Depuis, il multiple signes et mots dans leur direction autour de deux axes :
1 / Je garantie les retraites ...pour ceux déjà à la retraite. [2]
2 / Je vais vous protéger des délinquants de la banlieue.... ...dans laquelle vous et moi ne foutons jamais les pieds (d'ailleurs à quoi ça ressemble un délinquant ? Ah oui... Sa voiture est plus belle que la nôtre, c'est scandaleux.)
C’est basique, rarement suivi d'effets, mais, et les précédentes élections l'ont prouvées, dans un contexte de division de l'opposition et de forte abstention : ça suffit.
Le président de la bougïte doit donc entretenir auprès de son bassin favori d'électeurs un dégout plus profond que les affaires d'état ou la jet-démocratie dont chaque français est le baudet : Enter Brice Contrefeux et sa com' de crise sur les gens du voyage (pourtant, à bien y regarder, exemple le plus abouti de la société de flexibilité et de mobilité professionnelle rêvée par le monarque.) labellisé PGDCDPAD, plus grand dénominateur commun de peur à droite.
Et les autres français alors ? Ceux qui s'émeuvent des scandales au ministère, des rétro-commissions véreuses et meurtrières, de la vente à la découpe du service public et autres évacuations musclées ?
Et bien, du seul point de vue humain qui l'intéresse[3], le kikivavotépourmoi : notre monarque s'en carre.
La démographie joue en sa faveur et il lui est relativement aisé d'entretenir un climat de renoncement et de ras-le-bol politique chez ceux qui peuvent lui nuire : les jeunes, les actifs et ceusses à sensibilité, théorique, de gauche.
D'un côté, les dégoutés du vote me demandent régulièrement si, où, quand (mais pas samedi on va voir Inception avé la carte UGC) et comment l'insurrection va venir alors qu'elle est déjà là. Elle prend la forme d'une défiance, diffuse, pragmatique, cruellement rationnelle. On l'appelle société de la demmerde, le type d'insurrection isolée à base de chacun pour soi, toujours sous-tendue par la logique néolibérale, et qui fait les affaires d’un état se débarrassant de tout (sauf, par intermittences opportunes, du service contentieux des faits-divers).
Le film du début de siècle, c'est plus Mad Max que Matrix.[4]
De l'autre, j'en croise des 25/35 ans écœurés par trois années de gouvernance dont ils payent la note (promesses du crédit d'impôt immobilier bafouée, salaires en stagnation pour ceux qui en ont...) mais qui n’envisagent aucune alternative. Ils baissent la tête, cumulant les tâches sans broncher dans des conditions toujours plus exécrables, leur sens de la "lutte sociale" uniquement stimulé dès lorsqu'il s'agit de passer en premier à l'image dans le lip-dub annuel du bonheur de la boîte. Contrats lance-pierre, stagiaires ou salariés d'apparence plus pépères mais en dégradation continue de leur qualité de vie, ils se sacrifient en regardant ailleurs mais surtout pas du côté de la politique.
- le nouveau chef du floor est pointilleux sur les indices de performance.- heureusement, ce n'est que du temps partiel.
Tant que ce beau monde n'est, virtuellement, uni que par la transgression festive ou le craquage de bide sur canapé à la brioche maxi-pitch en jouant à World of guillotine sur des naintendo fabriquées par plus exploité que lui, épongeant une soif d'exister par l'accumulation et le paraître, partageant le dégoût mais pas la rage, le souhait soupiré de voir changer les choses mais surtout pas l'envie de s'y coller : Carlantoinette et le petit frère adoptif des riches peuvent régner tranquilles dans une société pensée, du travail à la santé à l'information, pour et par les vieux de droite.
Face à cette suprématie idéologique, sociale, immobilière et médiatique de la rente et de son modèle d'opulence débonnaire, c'est aux sans voix[5] et aux plus jeunes, considérés par nos ainés comme une "menace", de se faire entendre au lieu de hausser les épaules en rétorquant "oh, de toutes les façons c'est pourri" dès qu'on prononce le mot "politique". Pas de combat à mener sans une identification minimum des troupes. Pas de redistributions des richesses à espérer sans une redistribution préalable de la parole.
Le monarque n’a pas été élu par hasard. Sa vision individualiste de l’homme-entreprise, sa soif de l’argent, sa putréfaction idéologique au service d'un arrivisme sans limite reflétaient un air du temps de 2004-2007 n'ayant, malgré la crise, pas vraiment changé, si ce n’est pour le climat de violence sociale.[6]
Faire voter les vieux de la zone sécurisée, écœurer le reste. Affaires ou pas, chômage au top ou non, même impopulaire, tant qu'il arrivera à susciter un "dégout des autres" plus fort que les ravages de son action antisociale, que l'aspiration à l'embourgeoisement des cadets restera collée aux basques des ainés qui flippent, La France de 2012 poursuivra dans la droite ligne de celle de 2007 ou de 2002 :
Croissance incantatoire, vie rêvée du passé, entre tonfa et formol.
* * *
[1] Alain Duhamel, journaliste, traitant JL Mélenchon de "ringard" chez Chabot en juin dernier, et dont je rappelle qu’il était déjà à la table des animateurs procureurs du "Messieurs les censeurs bonsoirs" de Maurice Clavel un an avant ma naissance il y a, boudiou, 39 ans, merde #jesuisvieux.
[2] Voilà pourquoi ce plan est seulement financé pour une poignée d'années, correspondant au double quinquennat, en puisant allégrement dans le fonds de réserve crée par... Jospin. Tu peux reformer tant que tu veux : Tant qu’il n’y a pas d'emplois et que les salaires ne sont pas plus élevés, bref que l’argent est déconnecté du travail et, inversement, le travail n’est plus une source de revenus décents, il n’y a pas de retraites qui tiennent. Notons donc que les 16 / 55 (ça fait beaucoup) sont les dindons de la farce.
[3] hors le nombre de zéros que lui, ou son interlocuteur, portent en horlogerie suisse au poignet.
[4] Et rappelle-toi... du rom banni au "salarié précarisé en squat" ou au "jeune dans la galère", il n'y a que la catégorie à modifier. Ce gouvernement sans plus d'imagination que de résultats, nous jouera séquelle sur séquelle. C'est la criminalisation du marginal tel que définit par le rentier, c'est à dire au final tout ce qui n'est pas comme lui, qui est en jeu.
[5] Regarde par exemple la presse papier que l'on dit sclérosée. C’est d’une logique implacable : elle livre dans sa majorité ce que son lectorat payant (et qui paye à part les vieux pour le nouvel obs ?) veut lire : la sécurité, la santé, la jeunesse éternelle, DSK, la gestion du patrimoine et la peur de la délinquance.
[6] Rappelons-le : la nouvelle tendance en matière de banlieue, ce ne sont pas les bandes mais les cambriolages entre voisins et les violences physiques, elles, concernent plus souvent les jeunes que les vieux.
27 juillet 2010
par Seb Musset
7/27/2010
Ami salarié… T’ai-je raconté comment je vénérai dans les années 90 les États-Unis, ce pays où l’on pouvait entreprendre sans frein, où l’on pouvait consommer 24 hours a day, où les centres commerciaux m'accueillaient bras ouverts le dimanche, où l’on pouvait dévorer ce que l’on voulait, partout et sans limite aucune ?
Je trainais alors dans une Californie d’abondance, celle de l'interminable vallée de banlieues pavillonnaires où s’étalait en maisons clonées ce qui me paraissait alors la quintessence de l’épanouissement humain : la classe moyenne idéale, avec ses deux voitures dans le garage et ses chaînes câblées, peuplant relaxée, de barbecues en matchs de foot, les productions Spielberg de mon enfance.[1]
Je mettrai plusieurs années et plusieurs visites dans l'autre Amérique pour saisir que :
1 / les États-Unis, c’est aussi grand et contradictoire que le concept de classe moyenne.
2 / si tu peux y entreprendre sans frein et rapidement, il n’y a également aucune fin à ta chute encore plus expéditive.
3 / Que consommer est relativement aisé quand tu "prévois" de régler en différé.
4 / Qu'une existence passée à la rembourser dans le stress, est un projet de vie tout pourri.
5 / Que l’opportunité (alors aisée) d’avoir un job sans sécurité ni garanties, à deux heures d'embouteillages de chez soi, quasi sans congés et globalement pas terriblement payé rapporté aux frais cachés américains (choses auxquelles, je ne faisais pas attention en France…), ce n'était pas si top.
6 / Que l'Amérique, c'est pété de pauvres et que l'esclavagisme n'y pas disparu, il s'est juste sophistiqué[2]
7 / Que je n'ai plus besoin d'y aller pour être dépaysé. En vingt ans, mon beau pays a rattrape à grandes enjambées son modèle américain mais en pire (La France subissant une poussiéreuse suprématie générationnelle renforçant les effets dévastateurs de cette cavalcade dans le mur).
Mon plus gros choc US reste ce séjour en 2004 à Détroit et dans son apocalyptique banlieue (taux de pauvreté hallucinant, chômage et clochardisation massifs, maisons qui s'écroulent, routes défoncées, abandon des missions de service public, bâtiments fantômes, magasins et parkings vides...). Ville plus grande en superficie que Paris et probablement plus pauvre que la plus pauvre des villes françaises, berceau des Big Three de l'automobile Ford, Chrysler et General Motors.
Faisons court (si,si). C'est à Détroit, Michigan regroupant alors la totalité des chaines de montage automobile du pays, que naît au début du siècle dernier le fordisme (travail répétitif à la chaine, standardisation couplé à ce principe tout bête de payer plus les salariés pour éviter qu'ils se barrent mais aussi pour qu’ils consomment : ce modèle de société qui nous a drivé jusqu'à présent).
Sur les lignes d'assemblage de Motor City sont conjointement lancés le travail répétitif à la con qui améliore la productivité[3], la société de consommation et l'intégration sociale par le standing via l'étalage d'objets manufacturés par le salarié (ou des gens à proximité payés au même tarif que lui). Ce modèle connaitra son apogée au lendemain de la seconde guerre mondiale. En 1953, les big three détiennent le taux soviétique de 93% des ventes intérieures de véhicules et le Michigan sera l'état américain au salaire médian le plus élevé, comptant le plus de propriétaires individuels. Les ouvriers de l'automobile y sont massivement syndiqués.
Limites du modèle : d'un côté, il exige toujours plus de consommation, de l'autre, l'avidité des humaine et la dérégulation mondiale embrasant le bazar dans le dernier quart de siècle, actionnaires et direction margeront de plus en plus sur la bête humaine.
Dés les années 50 les entreprises automobiles délocalisent dans le sud des USA, le coût du travail est moins cher et / car on y compte moins de syndicats. Face à la concurrence asiatique avec ses modèles moins gourmands en carburant, à partir des années 70, elles délocalisent tout court. Ce sera le début de la chute des big three qui n'ont jamais su réinventer leurs modèles au fil des années de crise.
La crise de la consommation américaine accélérée par l'éclatement de la bulle des subprimes (la banlieue de Détroit, riche en pauvres, fut la première touchée) aurait du mettre une fin pure et simple aux big three et à General Motors déjà considérablement endettée.
Drivée par un management autiste, General Motors est depuis des années le symbole du déclin du Michigan. Après avoir englouti des milliards de dollars d'aides, cramé les futures retraites de ses employés à la bourse, elle sera placée en juin 2009 sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, de fait nationalisée par le gouvernement fédéral à hauteur de 60%, tandis que Détroit et sa région poursuivent leur agonie avec un taux de chômage "officiel" à 12.6 %, probablement du double.
Depuis dix ans déjà, les équipementiers automobiles du Michigan licencient en masse avec bazookage des acquis sociaux sur fond chantage au chômage pour ceux qui restent.
En novembre 2005, le dirigeant le "local 651" du syndicat auto UAW chez Delphi, (premier équipementier de GM à se mettre en faillite), Russ Reynolds, déclarait dans le Monde :
" - Il n'y a plus aucune loyauté aux États-Unis envers les ouvriers et aucune loyauté des grandes entreprises pour ce pays. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre, l'enjeu est trop grand. Si nous acceptons de voir nos salaires amputés des deux tiers, non seulement nous serons dans la misère, mais toute l'industrie automobile suivra."
Ce n'était déjà pas l'avis de tous les syndicats à l'époque. Dans le même article, nous apprenions que Bill Jordan du "local 599" considérait lui que "une grève chez Delphi serait sans doute la fin de la société et conduirait aussi General Motors à la faillite, ce n'est pas dans notre intérêt" avant d'ajouter un "[General Motors] ne peut pas lutter contre la compétition en payant les retraites de 500 000 personnes. Dans les autres pays, cela est de la responsabilité des gouvernements.[4]" tout droit sorti d'un brainstorming patronal de crise.
Le plan de sauvetage de Delphi était lui aussi, limpide : licencier les deux-tiers des employés US, ramener les salaires des autres de 26 à 9 dollars de l'heure, en favorisant la division syndicale. Cela n'a rien sauvé du tout. 5 ans plus tard, fort de son propre sauvetage d'état : GM rachète Delphi.
You got the message ? D'un côté le sauvetage de la grosse compagnie GM, de l'autre le dégraissage dans les plus petites au profit final de la première. Quant aux chômeurs du Michigan : GM vivant ou pas, ils n'ont pour la plupart pas retrouvé d'emploi.
En 2009, le gouvernement fédéral conditionne son entrée dans GM à la cessation d'actifs et à des réductions de personnel. Comme pour Delphi, l'avantage non-négligeable d'être sous chapitre 11, est de ne pas avoir à rembourser les dettes et de pouvoir renégocier les avantages sociaux, sous ultimatum du genre "c'est la fin de tes congés ou la fin de ton emploi".
GM a licencié, liquidant ses filiales les plus encombrantes, réussissant (selon ses critères) son optimisation sociale en imposant une négociation idéologique à sens unique, basée sur l'engagement, le sacrifice, la dernière chance, à base de réduction des salaires, de suppression des retraites et des programmes de soins, tablant sur une soumission des syndicats, la trahison de leurs dirigeants, voire la disparition pure et simple de la représentation syndicale (on ne va pas s'emmerder non plus) comme c'est envisagé pour ses nouvelles usines "bio".
Ah oui, j'oubliai : depuis quelques mois, GM est bénéficiaire. Bagnoles, banksters et bingo commencent par la même lettre.
Et les salariés de GM Strasbourg là dedans ? Même méthode, même finalité :
Le jour de la semaine passée où, comme leurs collègues du Michigan cinq ans plus tôt, les salariés alsaciens de GM capitulaient à 70% face au chantage à la productivité mexicaine pour la reprise de leur usine par la maison mère de Détroit[5], la firme lançait une nouvelle marque low-cost en Chine.
Le temps d'opérer sa transition sur le marché asiatique où GM bénéficiera d'une "marque" qui fera triper, trimer et s'étriper 3 milliards de consommateurs qui, eux aussi, veulent croquer de l'american way of life vu à la télé, les européens et les américains, de par leur compétences et leurs quelques économies, sont priés de faire tourner le bousin au plus rentable.
A peu près au même moment où General Motors se félicitait de l'accord syndical de Strasbourg, tentant même une dernière salve, la compagnie annonçait à Wall Street le rachat pour 3.5 milliards de dollars d'AmeriCredit, organisme spécialisé dans la vente auto en leasing et le crédit voiture "subprime". On n'est jamais trop prudent. Appauvrir ? Pourquoi pas, si tes salariés ne moufetent pas et que tu contrôles le business des piécettes qui leur restent. L'automobile est toujours du point de vue des banques, des lobbys, des escrocs, de l'état des potes et des ponctions diverses, un best market.

Questions locales :
- Sur fond de baisse de l'euro, La France va t-elle conditionner ses relocalisations à la violente dégradation des acquis sociaux et des conditions de travail, s'orienter vers le tiers-monde social au nom du sempiternel "ailleurs, ils l'ont fait" ?
- Va t-elle, dans ce temps de latence attendant que le marché asiatique prenne massivement le relais de la consommation, poussivement tirer sa croissance en s'appuyant, comme les états-unis avant elle, sur la consommation à crédit pour pauvres ?
[1] pour son succès le modèle US, comme le "modèle anglais" une décennie plus tard, nécessitant une pulvérisation publi-culturelle continue).
[2] c'est tout con, fallait créer des classes intermédiaires de la pauvreté, générant alternativement peur et condescendance chez celle du dessus).
[3] qui évoluera au fil du siècle en "jobs - non-identifiables mais cumulables - de merde".
[4] enfin, jusqu'à présent...
[5] gel des salaires, pas d'intéressement jusqu'en 2013 et une renonciation à plus d'un tiers des jours de RTT actuels.
1 / les États-Unis, c’est aussi grand et contradictoire que le concept de classe moyenne.
2 / si tu peux y entreprendre sans frein et rapidement, il n’y a également aucune fin à ta chute encore plus expéditive.
3 / Que consommer est relativement aisé quand tu "prévois" de régler en différé.
4 / Qu'une existence passée à la rembourser dans le stress, est un projet de vie tout pourri.
5 / Que l’opportunité (alors aisée) d’avoir un job sans sécurité ni garanties, à deux heures d'embouteillages de chez soi, quasi sans congés et globalement pas terriblement payé rapporté aux frais cachés américains (choses auxquelles, je ne faisais pas attention en France…), ce n'était pas si top.
6 / Que l'Amérique, c'est pété de pauvres et que l'esclavagisme n'y pas disparu, il s'est juste sophistiqué[2]
7 / Que je n'ai plus besoin d'y aller pour être dépaysé. En vingt ans, mon beau pays a rattrape à grandes enjambées son modèle américain mais en pire (La France subissant une poussiéreuse suprématie générationnelle renforçant les effets dévastateurs de cette cavalcade dans le mur).
Mon plus gros choc US reste ce séjour en 2004 à Détroit et dans son apocalyptique banlieue (taux de pauvreté hallucinant, chômage et clochardisation massifs, maisons qui s'écroulent, routes défoncées, abandon des missions de service public, bâtiments fantômes, magasins et parkings vides...). Ville plus grande en superficie que Paris et probablement plus pauvre que la plus pauvre des villes françaises, berceau des Big Three de l'automobile Ford, Chrysler et General Motors.
Faisons court (si,si). C'est à Détroit, Michigan regroupant alors la totalité des chaines de montage automobile du pays, que naît au début du siècle dernier le fordisme (travail répétitif à la chaine, standardisation couplé à ce principe tout bête de payer plus les salariés pour éviter qu'ils se barrent mais aussi pour qu’ils consomment : ce modèle de société qui nous a drivé jusqu'à présent).
Sur les lignes d'assemblage de Motor City sont conjointement lancés le travail répétitif à la con qui améliore la productivité[3], la société de consommation et l'intégration sociale par le standing via l'étalage d'objets manufacturés par le salarié (ou des gens à proximité payés au même tarif que lui). Ce modèle connaitra son apogée au lendemain de la seconde guerre mondiale. En 1953, les big three détiennent le taux soviétique de 93% des ventes intérieures de véhicules et le Michigan sera l'état américain au salaire médian le plus élevé, comptant le plus de propriétaires individuels. Les ouvriers de l'automobile y sont massivement syndiqués.
Limites du modèle : d'un côté, il exige toujours plus de consommation, de l'autre, l'avidité des humaine et la dérégulation mondiale embrasant le bazar dans le dernier quart de siècle, actionnaires et direction margeront de plus en plus sur la bête humaine.Dés les années 50 les entreprises automobiles délocalisent dans le sud des USA, le coût du travail est moins cher et / car on y compte moins de syndicats. Face à la concurrence asiatique avec ses modèles moins gourmands en carburant, à partir des années 70, elles délocalisent tout court. Ce sera le début de la chute des big three qui n'ont jamais su réinventer leurs modèles au fil des années de crise.
(Détroit, General Motors autoplant, années 50)
La crise de la consommation américaine accélérée par l'éclatement de la bulle des subprimes (la banlieue de Détroit, riche en pauvres, fut la première touchée) aurait du mettre une fin pure et simple aux big three et à General Motors déjà considérablement endettée.Depuis dix ans déjà, les équipementiers automobiles du Michigan licencient en masse avec bazookage des acquis sociaux sur fond chantage au chômage pour ceux qui restent.
En novembre 2005, le dirigeant le "local 651" du syndicat auto UAW chez Delphi, (premier équipementier de GM à se mettre en faillite), Russ Reynolds, déclarait dans le Monde :
" - Il n'y a plus aucune loyauté aux États-Unis envers les ouvriers et aucune loyauté des grandes entreprises pour ce pays. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre, l'enjeu est trop grand. Si nous acceptons de voir nos salaires amputés des deux tiers, non seulement nous serons dans la misère, mais toute l'industrie automobile suivra."
Ce n'était déjà pas l'avis de tous les syndicats à l'époque. Dans le même article, nous apprenions que Bill Jordan du "local 599" considérait lui que "une grève chez Delphi serait sans doute la fin de la société et conduirait aussi General Motors à la faillite, ce n'est pas dans notre intérêt" avant d'ajouter un "[General Motors] ne peut pas lutter contre la compétition en payant les retraites de 500 000 personnes. Dans les autres pays, cela est de la responsabilité des gouvernements.[4]" tout droit sorti d'un brainstorming patronal de crise.
Le plan de sauvetage de Delphi était lui aussi, limpide : licencier les deux-tiers des employés US, ramener les salaires des autres de 26 à 9 dollars de l'heure, en favorisant la division syndicale. Cela n'a rien sauvé du tout. 5 ans plus tard, fort de son propre sauvetage d'état : GM rachète Delphi.
You got the message ? D'un côté le sauvetage de la grosse compagnie GM, de l'autre le dégraissage dans les plus petites au profit final de la première. Quant aux chômeurs du Michigan : GM vivant ou pas, ils n'ont pour la plupart pas retrouvé d'emploi.
En 2009, le gouvernement fédéral conditionne son entrée dans GM à la cessation d'actifs et à des réductions de personnel. Comme pour Delphi, l'avantage non-négligeable d'être sous chapitre 11, est de ne pas avoir à rembourser les dettes et de pouvoir renégocier les avantages sociaux, sous ultimatum du genre "c'est la fin de tes congés ou la fin de ton emploi".
GM a licencié, liquidant ses filiales les plus encombrantes, réussissant (selon ses critères) son optimisation sociale en imposant une négociation idéologique à sens unique, basée sur l'engagement, le sacrifice, la dernière chance, à base de réduction des salaires, de suppression des retraites et des programmes de soins, tablant sur une soumission des syndicats, la trahison de leurs dirigeants, voire la disparition pure et simple de la représentation syndicale (on ne va pas s'emmerder non plus) comme c'est envisagé pour ses nouvelles usines "bio".
Ah oui, j'oubliai : depuis quelques mois, GM est bénéficiaire. Bagnoles, banksters et bingo commencent par la même lettre.
Et les salariés de GM Strasbourg là dedans ? Même méthode, même finalité :
Le jour de la semaine passée où, comme leurs collègues du Michigan cinq ans plus tôt, les salariés alsaciens de GM capitulaient à 70% face au chantage à la productivité mexicaine pour la reprise de leur usine par la maison mère de Détroit[5], la firme lançait une nouvelle marque low-cost en Chine.
Le temps d'opérer sa transition sur le marché asiatique où GM bénéficiera d'une "marque" qui fera triper, trimer et s'étriper 3 milliards de consommateurs qui, eux aussi, veulent croquer de l'american way of life vu à la télé, les européens et les américains, de par leur compétences et leurs quelques économies, sont priés de faire tourner le bousin au plus rentable.
A peu près au même moment où General Motors se félicitait de l'accord syndical de Strasbourg, tentant même une dernière salve, la compagnie annonçait à Wall Street le rachat pour 3.5 milliards de dollars d'AmeriCredit, organisme spécialisé dans la vente auto en leasing et le crédit voiture "subprime". On n'est jamais trop prudent. Appauvrir ? Pourquoi pas, si tes salariés ne moufetent pas et que tu contrôles le business des piécettes qui leur restent. L'automobile est toujours du point de vue des banques, des lobbys, des escrocs, de l'état des potes et des ponctions diverses, un best market.

Questions locales :
- Sur fond de baisse de l'euro, La France va t-elle conditionner ses relocalisations à la violente dégradation des acquis sociaux et des conditions de travail, s'orienter vers le tiers-monde social au nom du sempiternel "ailleurs, ils l'ont fait" ?
- Va t-elle, dans ce temps de latence attendant que le marché asiatique prenne massivement le relais de la consommation, poussivement tirer sa croissance en s'appuyant, comme les états-unis avant elle, sur la consommation à crédit pour pauvres ?
Dans les deux cas, par caresse ou chantage mais toujours en lui cachant la vérité, gouvernement et patronnât soumettent respectivement, le citoyen et le salarié à un discours carré, sans échappatoire, de sorte à ce qu'en permanence, croyant agir pour ses intérêts, épousant la logique binaire de la trique immédiate et de la récompense après, le citoyen-salarié renforce une pression dont il sera la seule victime.
[1] pour son succès le modèle US, comme le "modèle anglais" une décennie plus tard, nécessitant une pulvérisation publi-culturelle continue).
[2] c'est tout con, fallait créer des classes intermédiaires de la pauvreté, générant alternativement peur et condescendance chez celle du dessus).
[3] qui évoluera au fil du siècle en "jobs - non-identifiables mais cumulables - de merde".
[4] enfin, jusqu'à présent...
[5] gel des salaires, pas d'intéressement jusqu'en 2013 et une renonciation à plus d'un tiers des jours de RTT actuels.
23 juillet 2010
par Seb Musset
7/23/2010
Le matin du 22 juillet, Prince créait l'évènement en distribuant son nouvel album gratuitement en kiosque dans l'édition du Courrier International. L'après-midi, je déambulai dans les rues de Paris écoutant la ballade de la plage 3, Future Soul Song, tout à ma rêverie : " Tiens ce serait fun si, pour la sortie de son album, Prince jouait cette chanson... ce soir... à Paris. Soyons fous puisque c'est un rêve."Fou, il faut l'être parfois.
Rapport que c'est précisément ce à quoi j'assisterai quelques heures plus tard.
Chapitre 1 : Still Waiting
20h. Paris, Rue des Petites Écuries.
De la mêlée remonte un cri : " - Putain, c'est ma bite où la tienne que je gratte ?"
Depuis deux heures que la rumeur circule, aux portes closes du légendaire New Morning, le mood est à la franche intimité type boite à sardines. Quelques centaines de personnes qui perdent toutes notions des réalités financières et humaines dés lors que le mot "Prince" est évoqué, plus communément appelés fans, se compactent de bon cœur contre la plus belle porte rivetée de Paris.
« - Ouais y a le beau-frère au coloc de ma sœur qui a dit que Prince va jouer ici ce soir...»
« - Mais non, rien n’est sur. Là c’est Booker T sur scène alors tu vois c'est pas vraiment le trip. Peut être que les zikos de Prince vont passer taquiner du clavier mais rien n’est garanti. »
« - Et le ticket c’est combien ? »
« - T'es conne ou quoi, puisque je te dit qu'il n'y a pas de concert »
" - Ouais mais pourquoi t'es là alors ?"
" - Oh toi et tes questions stupides..."
« - Allez vous deux : soyez positives. Si on reste, il viendra. »
Malgré une température de 74 degrés, l’ambiance reste conviviale. Un inconnu me tend une bouteille de Tsin-Tao. Contact au corps et partage, telle est la devise du fan avant concert. Par chance, j'ai mon porte-clef décapsuleur (on ne ne le répètera jamais assez les gens : sortez couverts).
22h. Les riverains s'inquiètent. Quel carton ce concert de Booker T ! La gelée humaine déborde pour se répandre sur la voie en éclats de rires désespérés et autres "Hey ho ! Bordel poussez-pas devant !". Y a du pugilat dans l'air. Une vielle dame à sa fenêtre est prête à composer le 3615 Hortefeux. Les poubelles sont dégagées, les voitures peinent à passer dans la rue étroite, tout individu qui fait moins d’1m60 est irrémédiablement gobé vers le haut façon flamby par la masse avide de funk.
Il en sera ainsi encore près de trois heures dans l'incertitude et la chaleur, chacun vacant, dans une hypoglycémie naissante, à ses rêveries de piscine ou de magnum glacé, persuadé à chaque heure que la prochaine sera la bonne.
Minuit.
Quoi ! déjà quatre heures que je poireaute liquéfié contre le mur ? Ce blog porte bien son nom. Certains se découragent. Une malheureuse s'accroupit, nous ne la reverrons jamais. Stoïque je reste, d'autant qu'à la cantoche ce midi j'ai pris rab' de spaghettis et que j'ai de quoi tenir encore 17 jours, fredonnant confiant Future Soul Song[1]
" - Il va jouer vous dis-je : je le sais je l'ai rêvé" ne sachant à qui sont mes pieds, ces mains, la roulée que je fume par le nez, ma tête plongée dans une tignasse indéterminée risquant l'incandescence, ni même à qui je m'adresse.
Le taux de promiscuité tourne à 30 funky-quidams au m2. Je ne peux plus bouger le moindre membre, encore moins boire ma tsin-tao en ébullition.
1h57. Certains abandonnent écœurés ou pour cause de cage thoracique perforée.
C'est con.
2h00. La petite porte est enfin ouverte.
Un peu parti et peu nase je descends dans la boite de jazz[3]. Me voilà contre la scène alors que le pianiste Renato Neto termine la balance. La porte sera refermée quelques minutes après, plus personne ne rentre : y a eu du grabuge à l’entrée.
Chapitre 2 : All the critics love U in New Morning
2h20. Sa seigneurie pourpre traverse le petit club sous les acclamations et s'engouffre dans la loge derrière la scène pour en revenir quelques minutes après, costard noir et veste très prwète-a-porwtè. Cora Dunham, sa batteuse, entame le Stratus de Billy Cobham, Prince la rejoint à la guitare, électrique of course. La version matraque : elle dure 15 minutes.
Avec ce premier morceau, physiquement et moralement, le souvenir de l'attente s'évapore. Mon énergie et celle du peuple sardine sont totalement retrouvées. Sauf pour Erykah Badu, assise au bord de la scène et qui a l’air de s’ennuyer ferme. Quant à moi ça va. J'ai juste, allez, mon idole qui exécute solo de gratte sur solo de gratte à 77 centimètres, le tout dans un club qui a marqué sa carrière dans les années 80 [2]. Bref, je me sens tout chose. Et puis, très vite j'oublie tout ça, la musique du soir transcende les souvenirs, ainsi qu'à cette heure-ci, toute forme de pensée cohérente. Pas de passé, pas de futur, le présent.
" - What time is it ? It's time to get funky !"
De l’électricité, cette nuit il y en aura en surplus des deux côtés du micro. Ce concert "qui n’existe pas avec un Prince qui ne sera surement pas là", tourne à la soirée d’anthologie orchestrée par un maestro à ressorts.
J'avais parlé de princière mandale à Montreux en 2009. Ce 23 juillet au New Morning, c'est le royal uppercut avec option passage à tabac. Le peuple sardine a vaillamment combattu, dansant, chantant et hurlant jusqu'à ce que le soleil se lève. L’homme irrité par l’annulation d’un show à Genève se défoule sur nous. Il livrera près de quatre heures de concert. Prince va jouer, c’est le terme adéquat, avec ses musiciens et un public majoritairement constitué de fans hardcore.
Nous débutons sur 1 heure de gros son avec mise en avant de sa choriste Shelby J. (Baby love, I've never loved a man, Hair, Brown Skin), des bouts de morceaux inédits, mais aussi des superbes versions de Beautiful Strange (encore un très bon titre officiellement difficile à trouver) et Sometimes it snows in April puis s’enchaineront une série de rappels plus longs que le show principal ayant cette prodigieuse faculté de nous donner de plus en plus d’énergie. Tiens, Erykah Badu s'est barrée.
Rapporté à ses concerts de l'an passé, Prince a rajeuni de dix ans. Il danse, blague, saute, jubile sur la petite scène, s'approprie une basse de géant dont la sangle lui tombe aux pieds pour plusieurs morceaux.
3h30 ? Suivent une cargaison de jams improvisés devant une audience en totale communion, de ping-pong musicaux avec son groupe (ils sont parfois simultanément 3 aux claviers) ses choristes et l'harmoniciste français Frédéric Yonnet, des titres des années 80 qu’il joue rarement voire jamais (Purple Music mixé à All the critics, Still Waiting), des reprises de Sly Stone (Everyday people, I want to take you higher, Que sera sera), de Michael Jackson (Shake your body down to the ground), des Stones (Miss you), des morceaux plus rocks (Dreamer, The Ride), des titres intimistes presque a cappella (I love you but I don't trust you), des hits en versions revisitées (Kiss, Cream et un Controversy qui fait instantanément jumper "up and down" l'intégralité du club).
Cocktail de fatigue, de proximité, d'un cumul de bons gros grooves : le concert qui ne s’achève jamais est un rêve éveillé.
« - Putain mais c'est trop bon ! Tu te rends compte ? »
« - Ta gueule et kiffe ! »
("- Quoi ! c'est la seule photo de ta nuit avec Prince ?""- Heu, comment dire, je risque déjà gros là...")
Le show tourne parfois à la répétition studio. Prince apprend à Cassandra, une des claviers, à jouer la partition de "How come U don't call me anymore", le Ne me quitte pas du Minnesota. Apparente conclusion boule à facettes sur une reprise seventies de Sylvester "Dance (Disco heat)".
5h30 ou 29h40 whatever... it ain't over ! A ce stade, je ne compte plus le nombre de rappels, 4 ou 5. On a pris plutôt sévère au niveau esgourdes. L'estocade finale semble avoir été portée. Le club se rallume, on sent enfin planer comme une envie générale de se pieuter, le mouvement est même entamé par les organismes les plus défaillants. Et bien non. Body don't wanna quit, gonna get another hit. Le gamin de 52 ans revient pour la énième fois pour un medley au piano (Diamonds and pearls, starfish and coffee, raspberry beret, venus de milo) avant d’entamer ce morceau[4] qui m’a accompagné toute la journée : Future Soul Song.
Il termine son set aux 29 titres avec une très belle version de sa plus célèbre chanson. Notables exceptions, il a refait les arrangements et les termes du refrain "Purple" et "Rain" sont remplacés par "New" et "Morning".
Ce haut vol au dessus d'un nid de clubeurs atterrit en douceur dans un clair obscur, et une nappe de synthé, des samples de la forêt à l'aurore. La tornade nocturne a frappé Paris, version ultra localisée, force 10 sur l'échelle de l'after. Suants à grosses dégoulinades, en lambeaux, nous les dégueux sommes dans un état tiers. Comme pour l’arrivée, la salle ne disposant d’aucune sortie des artistes, Prince traverse l'audience qui lui fait une haie d’honneur. L'irréel tourne au mystique.
Les « Thank you Prince » pleuvent. Il est souriant, heureux, presque prêt à se faire encore quatre heures de gig à la même cadence. Mais bon, certains ici rembauchent dans 20 minutes pour 8 heures de turbin.
Il nous guide vers la sortie. Dehors, il fait jour. 6h18.
Certains d'entre nous, tentant de recomposer le puzzle, tout en soulageant crampes et lumbagos, comprennent enfin le sens du "May U live 2 see the dawn" qui ornait les pochettes des vinyles du Purple Yoda dans les années 80.
Pourvu que tu vives assez longtemps pour voir l'aube.
6h50. Devant le New Morning, à l'heure du ramassage des poubelles, un demi à la main, les témoins abasourdis aux vêtements gluants, douchés mais joyeux, peinent à se remémorer cette pure séquence de musique et de plaisir.
" - Colossal concert man !"
" - La légende des surprises princières continue !"
" - Ce sera dur à dépasser…"
" - ouais... jusqu’à la prochaine fois. "
Epilogue
8h15. Rue Reaumur, le rédacteur erre hagard et mort, ravi du nouveau matin : La rumeur, parfois, n'a pas tort.
* * *
[1] 20ten est un bon album. Pas l'album du siècle mais les mélodies sont obsédantes et il y a plusieurs très bons titres.
[2] Dans lequel il n'a pas joué depuis son aftershow de 1987 dont j'ai juste écouté 3121 fois la cassette audio pir... shhh.
[3] histoire d’oublier un peu le cours de ma vie.
[4] secondé au micro par une amie rouge qui se reconnaîtra.
[update : 24.07.10 - 22.40 - photo / réglage bug html]
22 juillet 2010
par Seb Musset
7/22/2010
Ce caïd de banlieue est formel : "C'est une responsabilité de l'état."
Prendre aux riches pour donner aux pauvres ? Vingt ans plus tard, nous avons la réponse.
retrouver ce média sur www.ina.fr
Prendre aux riches pour donner aux pauvres ? Vingt ans plus tard, nous avons la réponse.
C'est l'inverse qui se passe.
Et la banlieue ? Au gré des affaires qui s'accrochent, des casses en huis-clos et des campagnes qui débutent dans la chaleur de ses faits-divers, depuis huit ans, on lui déclare régulièrement la guerre.
Et la banlieue ? Au gré des affaires qui s'accrochent, des casses en huis-clos et des campagnes qui débutent dans la chaleur de ses faits-divers, depuis huit ans, on lui déclare régulièrement la guerre.
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