C'est donc avec une détermination n'ayant d'équivalent que le courage de la date de son annonce, le 4 août, que Sainte-Lagarde ministre du culte de l'économie qui, à moins d'être
remaniée, passera probablement l'intégralité du quinquennat à promettre de la croissance)
supprime une promesse phare de la campagne du monarque : l
e crédit d'impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers pour les primo-accédants.
Compte-tenu des légions AVER (à velléités d'embourgeoisement rapide) qui ont foncé tête baissée dans la mesure en parpaings dès janvier 2007 (offrant une ribambelle d'articles à peine romancés sur ce blog), le monarque a trouvé ici des arguments de vote bien plus décisifs, auprès d'un électorat jeune classiquement abstentionniste, que
les questions de sécurité âprement discutées depuis 2002.
Bon évidemment, comme lui et la loi ça fait deux, une fois l'avocat élu monarque,
le conseil constitutionnel retoquait la mesure, la décrétant non-rétroactive.
Combien ai-je rencontré depuis de candides dupés par le candidat, ayant signé dans la précipitation leur acte d'achat, quelques jours avant de donner, euphoriques et confiants, les clefs de la bombe atomique au vendeur de tapis
parano ?
Beaucoup. Même s'ils l'avouent encore peu,
ils s'en mordent les doigts.
Mais le plus merveilleux dans les belles histoires des apparats de la richesse pour tous made in UMP,
c'est encore l'argumentaire. D'apparence barbare ou d'allure neuneu, suivant le ministre ou la voiture bélier, il cache surtout une belle dose de cynisme et dans ce cas, si tout cela s'avère suivi d'effet, d'irresponsabilité.
Car, face à cette suppression d'un bout de "
paquet fiscal" spécialement
dédicacé aux classes moyennes, C.Lagarde propose dans une interview
donnée ce jour aux Echos,
la mise en place d'un prêt immobilier à taux zéro renforcé, universel et sans condition de ressource réservé aux primo-accédants.
Oui, oui. Tu as bien lu :
le crédit immo en open bar.
Comprendre : bon, on a berné une génération de blaireaux en 2007, attaquons-nous à la deuxième pour 2012. Après tout, si on en croit
l'expérience américaine : Plus la classe moyenne est pauvre, plus elle aspire
à se persuader du contraire en s'endettant encore plus
[1].
Passons sur l'exercice de style consistant à promettre du rêve défiscalisé dans trois ans aux aspirants-proprios au moment où on le retire à une catégorie similaire ayant cru à la même chose trois ans plus tôt, et demandons-nous si ce n'est pas là
une discrète et estivale réapparition du crédit hypothécaire à la sauce subprime.
Pour peu qu'elle soit coordonnée avec d'autres
dispositions bancaires encouragée par le lobby en charge, telle l'apparition de
la titrisation à la française évoquée en juin dernier, nous avons là tous les ingrédients d'un beau cocktail au caca éco cataclysmique
[2].
Ce ne sont évidemment pas les 2 millions de personnes mal ou
pas logées du tout, les centaines de milliers de logement sociaux faisant défaut, ni
les multiples infractions à la loi obligeant les communes à réserver 20% de leur parc immobilier au social (j'attends à ce sujet les peines de prison et l'arrestation des parents des maires délinquants) qui importent.
Pas son business à la Christine.
Non ce qui prime c'est que le prolo s'endette et, au passage, maintienne à la hausse la valeur du patrimoine de ceux qui ont terminés de payer depuis bien longtemps et dont on me glisse dans l'oreille qu'ils votent plutôt à droite.
Des pauvres oui, mais des pauvres propriétaires à crédit. Rappel : Pour la droite qui se prétend populaire, un bon pauvre est celui qui doit de l'argent. Les autres sont, ou vont être, des délinquants.
Et oui, autant les conditions du plan Lagardien sont fumeuses, autant son but est clair :
"L'objectif est d'améliorer l'accession à la propriété, sachant qu'il n'y a que 58% de Français propriétaires contre 66% en Europe." Mais que tu dormes dans ta bagnole parce le moindre loyer dans la ville équivaut deux fois ton salaire, ce n'est pas un drame.
Puis, la winneuse nonchalante conclura sur un brillant :
"L'argent redéployé sur le nouveau prêt à taux zéro, avec des plafonds à la hausse, va accroître la solvabilité des ménages."
Le crédit qui t'enrichit ou la perversion totale de la vérité : Voilà les vraies valeurs de la gagne.
Problème vu et vérifié : la carotte fait systématiquement avancer le mal informé.
Que crépite le feu de joie des puissants, gerbant ses larmes de joie dans les ténèbres, tant qu'il y aura du petit bois à jeter dedans.
[1] renforçant ainsi son état de précarité et favorisant chez elle des pathologies mentales du type schizophrénie. A ce sujet, pour une observation plus profonde, je vous renvoie à l'observation des centres commerciaux le samedi après-midi.[2] Un beau final lagardien.
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