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9 mars 2011

Madame rêve

par

Dans la série "lorsque la corruption ne les discrédite pas, déconnexion et ridicule s'en chargent"... Après l'appel de 2007 à utiliser la bicyclette en cas de carburant trop cher, le courroucé "il n'y a pas de pénurie d'essence" en plein blocage des raffineries en 2010 et après s'être plantée sur toutes ses prédictions de croissance, Christine Lagarde, ministre de l'économie[1], a pris son chauffeur et sa plus belle berline pour t'apprendre les bonnes manières du bien rouler.  

Faut dire qu'après t'avoir incité à acheter à crédit loin de ton boulot, puis à changer de caisse avant la fin de la prime à la casse (+ 8.8% au 4e trimestre 2010), faut un minimum assurer le service après-vente quand l'essence et la menace d'un vote sanction pètent tous les scores.  

L'archiduchesse de Bercy, accompagnée de sa ribambelle de caméras, s'est donc fendue d'une excursion  dans une guinguette à pétrole au pied des fortifications de Lutèce.  Video uncut ici

Elle est formelle : pour payer l'essence moins cher, faut aller là où c'est le moins coûteux.  Madame rêve de comparateur, de voitures à 30 à l'heure et d'essence moins chère qu'ailleurs. On comprend mieux pourquoi elle est une des rares survivantes à son poste de ces remaniements à répétition (permettant aux ministres kleenex de traiter gens et dossiers par dessus la jambe). En sus de son sens de la proximité, son côté terroir limite France des clochers, cette ministre, au moins, maîtrise la signification du mot "économie". Là, je suis bluffé.

[1] Salaire brut mensuel de 13 471 euros + 13000 euros/mois de frais de représentation + 4 095 euros d'indemnité mensuelle de conseillère de Paris + appartement 300m2 gratuit au Ministère.


P.S : Autre méthode pour t'économiser des pleins et kilométrage zéro sur la twingo :  demande au chauffeur d'Estrosi de remonter de Nice pour tes déplacements de boulot sur Paris intramuros. 

4 août 2010

Donner c'est voter, reprendre c'est voler

par

Reconnaissons une chose à ce gouvernement : Il ne renonce jamais.Rappelons ses deux ordres de mission :

1 / Il s'agit, pour ces défenseurs zélés de la nation, de basculer le secteur public dans le secteur privé, de rendre le "mutualisé", bon marché et universel, en problématiques opaques et individualisées, catégorisées et hors de prix.

2 / Il s'agit également pour ces pourfendeurs de la hausse de l'impôt sur le revenu de faire les poches du gueux par tous les moyens détournés possibles. On ne sait jamais, dès fois que le train de vie des indécentes richesses ralentisse sa course folle.

C'est donc avec une détermination n'ayant d'équivalent que le courage de la date de son annonce, le 4 août, que Sainte-Lagarde ministre du culte de l'économie qui, à moins d'être remaniée, passera probablement l'intégralité du quinquennat à promettre de la croissance) supprime une promesse phare de la campagne du monarque : le crédit d'impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers pour les primo-accédants.

Compte-tenu des légions AVER (à velléités d'embourgeoisement rapide) qui ont foncé tête baissée dans la mesure en parpaings dès janvier 2007 (offrant une ribambelle d'articles à peine romancés sur ce blog), le monarque a trouvé ici des arguments de vote bien plus décisifs, auprès d'un électorat jeune classiquement abstentionniste, que les questions de sécurité âprement discutées depuis 2002.

Bon évidemment, comme lui et la loi ça fait deux, une fois l'avocat élu monarque, le conseil constitutionnel retoquait la mesure, la décrétant non-rétroactive.

Combien ai-je rencontré depuis de candides dupés par le candidat, ayant signé dans la précipitation leur acte d'achat, quelques jours avant de donner, euphoriques et confiants, les clefs de la bombe atomique au vendeur de tapis parano ? Beaucoup. Même s'ils l'avouent encore peu, ils s'en mordent les doigts.

Mais le plus merveilleux dans les belles histoires des apparats de la richesse pour tous made in UMP, c'est encore l'argumentaire. D'apparence barbare ou d'allure neuneu, suivant le ministre ou la voiture bélier, il cache surtout une belle dose de cynisme et dans ce cas, si tout cela s'avère suivi d'effet, d'irresponsabilité.

Car, face à cette suppression d'un bout de "paquet fiscal" spécialement dédicacé aux classes moyennes, C.Lagarde propose dans une interview donnée ce jour aux Echos, la mise en place d'un prêt immobilier à taux zéro renforcé, universel et sans condition de ressource réservé aux primo-accédants.

Oui, oui. Tu as bien lu : le crédit immo en open bar.

Comprendre : bon, on a berné une génération de blaireaux en 2007, attaquons-nous à la deuxième pour 2012. Après tout, si on en croit l'expérience américaine : Plus la classe moyenne est pauvre, plus elle aspire à se persuader du contraire en s'endettant encore plus[1].

Passons sur l'exercice de style consistant à promettre du rêve défiscalisé dans trois ans aux aspirants-proprios au moment où on le retire à une catégorie similaire ayant cru à la même chose trois ans plus tôt, et demandons-nous si ce n'est pas là une discrète et estivale réapparition du crédit hypothécaire à la sauce subprime.

Pour peu qu'elle soit coordonnée avec d'autres dispositions bancaires encouragée par le lobby en charge, telle l'apparition de la titrisation à la française évoquée en juin dernier, nous avons là tous les ingrédients d'un beau cocktail au caca éco cataclysmique[2].

Ce ne sont évidemment pas les 2 millions de personnes mal ou pas logées du tout, les centaines de milliers de logement sociaux faisant défaut, ni les multiples infractions à la loi obligeant les communes à réserver 20% de leur parc immobilier au social (j'attends à ce sujet les peines de prison et l'arrestation des parents des maires délinquants) qui importent.

Pas son business à la Christine.

Non ce qui prime c'est que le prolo s'endette et, au passage, maintienne à la hausse la valeur du patrimoine de ceux qui ont terminés de payer depuis bien longtemps et dont on me glisse dans l'oreille qu'ils votent plutôt à droite.

Des pauvres oui, mais des pauvres propriétaires à crédit. Rappel : Pour la droite qui se prétend populaire, un bon pauvre est celui qui doit de l'argent. Les autres sont, ou vont être, des délinquants.

Et oui, autant les conditions du plan Lagardien sont fumeuses, autant son but est clair :

"L'objectif est d'améliorer l'accession à la propriété, sachant qu'il n'y a que 58% de Français propriétaires contre 66% en Europe." Mais que tu dormes dans ta bagnole parce le moindre loyer dans la ville équivaut deux fois ton salaire, ce n'est pas un drame.

Puis, la winneuse nonchalante conclura sur un brillant :

"L'argent redéployé sur le nouveau prêt à taux zéro, avec des plafonds à la hausse, va accroître la solvabilité des ménages."

Le crédit qui t'enrichit ou la perversion totale de la vérité : Voilà les vraies valeurs de la gagne.

Problème vu et vérifié : la carotte fait systématiquement avancer le mal informé.

Que crépite le feu de joie des puissants,
gerbant ses larmes de joie dans les ténèbres, tant qu'il y aura du petit bois à jeter dedans.


[1] renforçant ainsi son état de précarité et favorisant chez elle des pathologies mentales du type schizophrénie. A ce sujet, pour une observation plus profonde, je vous renvoie à l'observation des centres commerciaux le samedi après-midi.
[2] Un beau final lagardien.
Articles connexes :
Monarchie et mensonges#1 : une France de propriétaires
La bulle immobilière revient ?
Qui est propriétaire de qui ?

15 octobre 2009

Pas de pitié pour le revolving

par
Christine Lagarde, Ministre de l'économie animée d'une foi indéboulonnable en un libéralisme triomphant qui confine parfois au ridicule, dépose ce jour à l'assemblée un projet de loi visant à recadrer le crédit à la consommation renouvelable.

C'est le type de crédit que l'emprunteur appelle génial, revolving ou escroquerie suivant le stade de remboursement où il se trouve.

Au menu : Encadrement publicitaire type "Attention, le crédit endette", facturation des intérêts «intercalaires» (pénalités) pour ceux qui sont sortis du surendettement (alors qu'il conviendrait d'éviter de les y faire rentrer) et répartition des mensualités entre capital et intérêt (dans une proportion restant toutefois à définir).

Comme la consommation des ménages même aux poches trouées, c'est toujours ça d'emmagasiné pour la sacro-sainte croissance et que les traites renouvelables ad-vitam c'est fondamental pour le cash-flow des créanciers (banques, établissements spécialisés, VPC, organismes de rachat de crédit, assureurs et enseignes de la grande distribution) [1], il s'agit ici (comme dans la pub Cetelem) de responsabiliser (mais pas trop) les organismes prêteurs sans passer pour leur attaché de presse auprès des floués.

Pas question de supprimer l'arnaque à 20% du revolving à l'évidence conçue pour ne jamais être remboursée mais prendre à la gorge le plus longtemps possible l'emprunteur.

"- Parce que l'interdire, ce serait la facilité ! Le crédit est utile et nécessaire" Lance Lagarde au JDD. (déjà vu ici)

Ancien service pour riches ciblant désormais les pauvres, le crédit revolving c'est la quasi certitude pour le souscripteur de devoir à moyen terme en prendre un second pour rembourser le premier et ainsi de suite. Maintenu sous l’eau sans réelle connaissance des contrats signés aux clauses hiéroglyphiques toujours merveilleux au moment de signer, ni de ses moyens de défense (limités), parfois menacé, parfois honteux, l'endetté devenu surendetté au grand bonheur du prêteur, endure son enfer en solitaire.

Je n'exonère en rien ceux qui, sur la base d'un catalogue avec des couleurs flashies leur promettant une 3e naintendo à -50% pour 2 achetées, tombent à répétitions avec un laisser-aller déconcertant dans le piège du fric facile dont ils devraient instinctivement se méfier mais si l'on parle souvent de surendettement on pourrait également concevoir la notion de surprêt.

Etant donné la clientèle désormais visée, pourquoi la difficulté à rembourser de celle-ci (lorsqu'elle est prévisible) ne serait-elle pas pénalement reconnue, au moins pour moitié, comme une faute du prêteur ?

Pourquoi ne pas poursuivre banques et établissements pour avances d'argent abusives ? C'est simple : Il n'y a pas de fichier permettant de collecter les informations sur la totalité des crédits [2]. Selon Christine Lagarde ce serait " très lourd sur le plan des libertés individuelles." Une première au pays du fichage !

La responsabilisation du crédit comme la moralisation des banques sonne tel un oxymore. Il faut inévitablement passer par la case punition pour renverser la vapeur et qu'elle aille un peu plus dans le sens des vrais intérêts du client. Mais "punir" est un gros mot dès lors qu'il s'applique aux puissants.

D'un point de vue client (mis à part rémunérer plus les gens, ce qui semble exclu sous ce régime), il y aurait des solutions pour réduire son malheur :
-Interdire le crédit revolving.
-Instaurer un fichier national des crédits,

-Instaurer la coresponsabilité pénale du prêteur en cas d'endettement abusif,
-Permettre les class actions.

(procédure collective économique et efficace d'inspiration anglosaxonne crainte par les établissements bancaires bizarrement repoussée à "l'après-crise" par la Ministre.)

Et plus simple, mais pas très UMP compatible :
-Créer un service de crédit d’état prêtant à des taux raisonnables avec un vrai suivi et des propositions de financement cohérentes.

Au hasard : Pourquoi ne pas se servir de la banque postale ?

Ah flûte, j’ai cru comprendre qu'elle aussi devait élargir son fonctionnement, histoire que le client bénéficie de cette concurrence dont il payera le prix... à crédit.

* * *

[1] Avant le vol à l'étalage, la grande distribution redoute que l'intégralité de ses clients se mettent à payer comptant !

[2] De l'efficacité actuelle du fichage bancaire appliqué au crédit : Alors que votre rédacteur qui n'a jamais contracté de crédit ne reçoit aucune offre pour cartes de fidélité et autres réserves d'argent immédiates, un de ses amis massivement surendetté en reçoit trois par jour.

19 décembre 2008

Lagarde du secteur bancaire

par
Devant actuellement m'attarder à quelques fastidieuses taches de production, je ne peux me consacrer pleinement à mon activité cérébrale quotidienne : Le décryptage de la campagne publicitaire permanente de notre gouvernement.

Néanmoins, hier à l’heure du goûter, j’ai jeté un œil à la courte émission de Thierry Guerrier C’est à dire sur France 5 et dont Christine Lagarde, Ministre de l’économie, de l’industrie, de l’emploi, bref du Titanic, était l’invitée.

Rien de bien neuf sous le soleil de l'UMP, j’assiste pendant les neuf premières minutes à un vol de croisière classique reliant sur le ton de la positive-attitude la république de l’autisme d’élite aux contrées perdues de la confiance populaire sur le mode de ceux que l’on voit en rotation permanente, depuis deux ans, de La première compagnie aux plateaux d'Arlette Chabot.
Sur un ton monocorde enjoué évoquant, en plus jésuitique, Gene Kelly dans Singin'in the Rain, se succèdent les formules convenues du type les petits épargnants seront épargnés par le scandale Madoff, la présidence européenne française fut un succès pour ce qui est de prévenir les crises économiques, le sempiternel La France sera moins touchée que ses partenaires et autre récéssion ? Quelle récession) dont sur la base de l’observation de ce que notre Ministre a déclaré depuis dix-huit mois on peut raisonnablement conclure qu’elles sont annonciatrices du contraire.

Non, le véritable intérêt de cette émission est d’exposer avec des gants, voire des moufles, les ambitions de notre Ministre en terme de relance économique.

J’en veux pour preuve ce passage (à partir de 9.30 sur ce lien) où l’animateur l'interpelle au sujet des crédits à la consommation (du futur scandale en puissance).

Question : Vous ne pouvez rien faire pour que l’on prête aux gens non pas à 20% mais moins cher ? (étant donné qu’au même moment la FED aux Etats-Unis baisse son taux directeur à zéro, ce qui termine de prouver à ceux qui en doutaient encore que nous vivons une époque formidable.)

Réponse de Christine Lagarde : Je veux beaucoup plus de transparence sur le crédit à la consommation… Il faut absolument que l’on encourage le crédit à la consommation, c’est utile est nécessaire mais il faut que l’on en supprime les abus. (La Ministre fait ici référence aux publicités qualifiées de mensongères (que fait le BVP ?) qui pullulent sur les écrans de ces chaînes de télés privées dont, dans le même temps, l'Assemblée vient de valider le doublement de la diffusion.)

Face au discours à la liqueur de Vaseline, armé de son chausse-pied,Thierry Guerrier repart à l'assaut de la forteresse guindée :

Question : Vous ne pensez pas que 20% de taux d’intérêt c’est un peu cher ?

Réponse un poil crispée de la Ministre qui en appelle à ce que le consommateur se fasse entendre au travers du jeu de la libre concurrence dans le secteur bancaire (secteur que l’on ne peut soupçonner de connivence ou d’harmonie stratégique) et qu'il fasse ainsi baisser de lui-même les taux de son emprunt, avant de réitérer tout sourire que ce type de crédit à 20% est utile et nécessaire.
Pauvre, on ne te prête plus pour acheter ta maison ? Tu n’as plus d’argent pour nourrir tes enfants ? Pire, tu n’as plus d’argent pour leur offrir la dernière WII ?

Pauvre, tant que tu as un salaire, même de misère, soit patriote avec ton secteur bancaire !

Pauvre, c’est ton Ministre de l’économie qui te le dit : Le crédit à la consommation à 20%, c'est utile et nécessaire.

7 novembre 2008

Lagarde et mirages

par
Je reviens parmi les vivants. Rien de tel qu'une thérapie par le rire : Je sors peu à peu de ce virus qui m'a cloué au lit trois jours grâce aux petites phrases de Christine Lagarde à la fois précieuse ridicule, femme savante et médecin malgré elle.

A propos de l’élection du premier noir à la présidence des Etats-Unis et sur la probabilité qu’un tel événement survienne en France, Christine Lagarde a ces mots magiques sur France 2 : « Quelque part, ça s'est un peu produit avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. »

Petite précision qui en raconte sur chacun de deux pays : Barack Obama a été élu grâce au sursaut des moins de 30 ans alors que Sarkozy ne doit son trône qu’à la mobilisation moutonnière des plus de 60.

L'après-midi, Christine Lagarde nous offre sa réévaluation mensuelle de la croissance pour l'année prochaine qui restera "positive mais plutôt entre 0.2 et 0.5%". Ce n'est pas tant le chiffre proche du zéro absolu qui compte mais le mot "positif" qui, bien qu'il soit en contradiction avec d'autres analyses, doit rassurer le gentil français. Prochaine étape : Noël avec une réévaluation entre 0.05 et 0.1.

Le soir sur France 3, La ministre de l'économie conclut sa prestation media-trainée face a Carole Gaessler sur un philosophique (mais inquiétant vu son poste) : "Ce qui est certain c'est que personne n'a de certitude" qui me sort des limbes.

Préparer les français à souffir mais sans les alarmer telle est la mission de Christine Lagarde. Petit détail dont l'avocate du gouvernement n'a pas forcément conscience : Beaucoup de français souffrent déjà et depuis un petit moment. Ils n'attendent pas les euphémismes mathématiques des services de communication gouvernementaux pour se reconnaître à titre personnel, familial et professionnel : "'En récession".

Merci Madame Lagarde. Voilà que je me sens revigoré, doté de la force de 1000 Steven Seagal, prêt à tataner à la faucille, au marteau et au coup de boule ce genre d'expérience génétique foireuse du 7e avec sa chemise repassée par maman, se pavanant sur les ruines touristiques de 68 en prétendant que :

21 octobre 2008

Sa seigneurie du média-training

par
Au gouvernement des incompétents, les avocats sont rois. Je m’incline : Cette femme est vraiment exceptionnelle. Après dix huit mois de camouflages, de contre-vérités, d’euphémismes et de prédictions systématiquement démenties par la réalité, le tout dans le strict cadre de son domaine d’expertise supposé Christine Lagarde est toujours en place. Crise économique ou pas, si vous gériez vos économies avec sa clairvoyance pas de doute : C'est vous qui seriez vraiment en difficulté avec votre banque. Mais que voulez-vous, elle communique bien, du moins elle en est convaincue (Il y a du Raffarrin chez cette dame, mais en plus anglophone).

Nouveau coup de communication de notre avocat américaine bombardée cheftaine de l’économie par un président fan de la série La Loi de Los Angeles, le jour de la mort de sœur Emmanuelle (ça passe mieux, directement en brève de fin de journal) : L’injection de dix milliards d’euros dans six banques françaises qui "vont bien" (puisque c’est Christine qui le dit) « sous condition qu’elles s’engagent à respecter un code de bonne conduite en matière de rémunération et de gouvernance récemment élaboré par… le Medef et l’Afep ». Où comment, selon un vague « code moral » érigé en catastrophe par la caste dominante à l’origine du désastre et avec un bon bagout d’avocat, prendre l’initiative médiatique d’un sauvetage à la cool, éviter ainsi aux banques qu’elles aient à avouer qu’elles sont en difficulté histoire de ne pas affoler encore plus les marchés.

Notons que depuis quelques mois sur les marchés est apparue une nouvelle équation appliquée aux cours des banques :

La banque X est dans le rouge de Y milliards : son action perd 20%.
L’état donne Y milliards à la banque X : son action prend 20%.

On peut, au grand bonheur des spéculateurs entraînés, renouveler l’équation d'un jour sur l'autre (voir le cours journalier de Dexia en septembre).

Selon Le Figaro, Christine Lagarde a donc « lancé une vaste opération de renforcement des fonds propres de l'ensemble des grands groupes bancaires français, qui sera réalisée avant la fin de l'année. En discussions jusqu'au dernier moment, le montant de cette opération atteint 10,5 milliards d'euros, répartis entre six grands réseaux. » Et Le Figaro de préciser : « L'enjeu de l'opération générale est d'éviter l'amalgame avec un renflouement répondant à un risque immédiat de faillite. » Tu m’étonnes.

Le terme technique (et faux) c'est "recapitalisation". Quant aux 10.5 milliards, on peut se demander, en vertu de ce que d'éminents psychiatres appellent désormais "le paradoxe de Lagarde", combien ce serait si cela allait mal ? > A mon humble avis, on ne tardera pas à le savoir.

Le Figaro accole une photo d’une Christine tout sourire et conclut l’explication de texte des savantes prévisions de notre oracle de la croissance : « La crise risque de durer ». Une seule question (à la vue de la photo) : S'agit-il d'une crise de rire ?

Du gros foutraque mais bien habillé et avec ce qu’il faut de morgue : Quelle classe cette gouvernance à La Française !

4 octobre 2008

Mon Apéro chez des UMP : Le pire contre-attaque

par
Pour ceux qui ont raté le premier épisode : c'est ici.

Même décor, mêmes intervenants. Neuf mois se sont écoulés.

SALON PARISIEN - INT.DEBUT DE SOIREE - (03.10.2008)
Muscadet et Bretzels chez le couple de quinquas parisiens angoissé par le calcul de ses retraites, le montant total de ses minimes héritages, tout à la fouille de ses tiroirs, histoire de dénicher quelques babioles à vendre sur ebay. Le mari, encarté UMP, digère moins bien la vie qu'en février dernier. Il aura mit le temps mais il me croit maintenant : Christine Lagarde a un "pet au casque" !

Pour le reste, mon encarté a des aigreurs d'estomac : Il n'a pas fini de payer l'appartement acheté il y a deux ans, sur conseil du banquier, après trente-et-un ans de location. (Pour info : Le bailleur était un grand assureur qui a "subitement" liquidé son stock immobilier parisien à un "prix préférentiel" pour ses locataires, "prix d'ami" supérieur au "prix du marché" actuel.)

LE QUINQUA DANS LE CACA ENCARTE UMP respire un peu
Pour l'instant à Paris ça va, ça ne baisse pas.

SEB MUSSET conciliant
Non, non pas trop...

Je le devine se torturant pour savoir comment il va passer entre les gouttes du mecano économique qui lui tombe sur la gueule. Il a quand même renouvelé son adhésion à l'Union pour la Monarchie des Puissants. J'ai beau lui dire qu'un encartage n'est pas un contrat europ-assistance et qu'il ne faut pas compter sur Frédéric Lefebvre ou Brice Hortefeux pour honorer ses mensualités ou lui faire de la place dans leurs chambres d'amis quand il sera jeté sur le trottoir, rien n'y fait. Son argumentaire est puissant :

LE QUINQUA DANS LE CACA ENCARTE UMP
Le site de L'UMP est tellement bien fait avec toutes ces vidéos !
SEB MUSSET
Mais, concrètement mon bon monsieur, pouvez-vous me citer une chose qu'il vous a apporté votre Président en deux ans de mandat merdeux ?

LE QUINQUA DANS LE CACA ENCARTE UMP
Ah bah tout de même, avec la loi sur les seniors, on va pouvoir être à la retraite et continuer à travailler !

C'est sûr que vu sous l'angle régressif, il n'y a rien à dire.

A ce propos, Madame, qui jusque là se taisait en buvant son Schweppes dans un coin du salon, s'est mise à faire des "ménages" - comprendre du baby-sitting - pour arrondir les fin de mois. Oui, après avoir pourri le marché du travail de leurs enfants sur la base d'un non-partage appuyé, les jeunes retraités songent sérieusement à piquer les "jobs" de leurs petits-enfants.

L’ÉPOUSE DU QUINQUA SOUS QUININE susurre en lapant son godet.
Y a beaucoup de demandes en ce moment.

La dégelée capitaliste mondiale ? Pas la peine d'en rajouter : Recroquevillé derrière ses piles de Paris-match, le couple ne pense qu'à elle. La "crise financière" conditionne désormais ses moindres faits et gestes. Les certitudes s'effondrent mais pas les habitudes. On vote à droite, on votera toujours à droite, jusqu'à l'apocalypse du marché. Le Président n’est plus nommé. Même dans ce milieu acquis à l'UMP, le nom du pauvre type au costard trop grand accompagné de sa pouf en papier glacé devient peu à peu une injure. Mais peu importe les hommes, dans le beau salon à patins, il est question de "principes". Le gaga couple quinqua préfère tout perdre en bourse et renflouer les banques jusqu'à sa propre banqueroute. Au bout de la misère, même s'il doit être SDF, le gentil couple choisira la mort plutôt que la gauche.

Sarko, c'était Bruce Willis dans The last man standing, le dernier recours. Celui-ci se révèle impuissant : Il n’y a plus d’espoir.

C'est là, au détour d'une troisième rasade, que l’impossible arrive. En trinquant au kir tranquille, l'encarté UMP et moi, tombons enfin d’accord :

SEB MUSSET
Tout cela va continuer avec une de ces guerres mondiales dont l'humanité quand elle est à bout de souffle a le secret ! Les gouvernements occidentaux ont atteint les niveaux d’impuissance et de discrédit requis. Les peuples sont désespérés. Et L’économie ? L'économie, mon bon encarté, elle n’attend que ça !

LE QUINQUA DANS LE CACA
Alors santé !

SEB MUSSET
Oui, trinquons. Nous sommes là pour ça.

Prochain épisode : Le retour du jeudi (noir bien sûr)

20 juin 2008

BOULETTE A BERCY

par
Communiqué du service communication de Christine Lagarde, Ministère des Finances :

"Une malencontreuse erreur s'est glissée dans nos publications économiques de ces derniers mois. Il ne fallait pas lire prévision d'inflation : -0.4% et croissance : +3.2 % mais bien l'inverse. Les Français auront rectifiés d'eux-mêmes.
Veuillez accepter l'expression distinguée de notre doigt le plus profond.

Union Majoritaire des Possédants."

2 novembre 2007

LES CHINOIS A PARIS, LA ROUE TOURNE

par
Ça y est on y est, ce cauchemar bourgeois que j’annonçais et que personne ne prenait au sérieux dans mon entourage désormais en quarantaine de sarkozistes se vérifie enfin de la bouche même de la ministre du travail d’un gouvernement qu’ils ont élu, et ce à quelques encablures des cent dollars le baril de brut :

CHRISTINE LAGARDE
J’en appelle aux citoyens** : Utilisez vos vélos !

Grosse erreur de communication au sommet de l’état. On pourra faire tous les Grenelle de l’environnement que l’on voudra mais faut pas toucher à la voiture à papa ! Même en le culpabilisant sur le réchauffement climatique, cela restera dur de faire comprendre une bonne fois pour toutes à l’occidental embourgeoisé qu’il va devoir rouler en vélo parce que le Chinois en quête d’embourgeoisement veut rouler en voiture. Après tout, chacun son tour.

** à savoir "les pauvres" par opposition à la classe à laquelle la ministre appartient et dont elle sert en exclusivité les intérêts.

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