Affichage des articles dont le libellé est les rapaces. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est les rapaces. Afficher tous les articles

14 mai 2020

Un mars et cent balles pour les héros

par
Alors les héros, vous avez travaillés sans compter ces trois derniers mois ? Vous vouliez des hausses des salaires, plus de moyens, des masques et des appareils de réanimations pour les hôpitaux et, soyons fous, des créations d’emploi ? Après un semestre d’épidémie et de surtension hospitalière (cause principale du confinement des Français), le conseiller clientèle en chef et la Power Point Action Team vous ont entendu : vous aurez des médailles. Chocolat pour les garçons, Fraise pour les filles. Ça vous changera des lacrymos que la police gouvernementale vous envoyait dans la gueule quand vous aviez encore le droit de manifester.

Rassurez-vous.

Si ça ne suffit pas, Muriel Pénicaud, ministre du travail des autres, demande aux Français de vous transférer leurs congés. De toutes les façons, ils ne vont pas pouvoir s’en servir.

Dès qu’il faut instrumentaliser les soignants et l’hôpital, on peut compter sur la république populaire du Baltringuisan (rappelons l’invasion de la Pitié-Salpétrière par de zombies extra-terrestres montée de toutes pièces par le Ministre de la Castagne le 1er mai 2019). J’en ai vu des merdes humaines en politique mais du niveau de Macron et de ses ploucs on est dans le fond de cuve de tout ce qui est humainement le plus puant sur cette planète.

Les soignants sont comme les Français, ils disent merde à cette clique déconnectée qui ne représente et défend que les intérêts d'une poignée qui accapare toutes les richesses, les services publics et maintenant la santé, en sacrifiant tout le reste. Les soignants le disent sur tous les tons depuis un moment d'ailleurs. Ils n'étaient jusque-là pas écouté du pouvoir. C'est chose faite, le gouvernement vient de leur cracher à la gueule.



3 septembre 2019

Comment Jean-Michel Blanquer détruit le bac et renforce les inégalités sociales et territoriales

par
Prenons quelques secondes pour expliquer la mascarade qu'essaye de faire avaler à l'opinion publique le ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer, au sujet de sa réforme du bac et du lycée. 

L'arnaque de Blanquer avec le "choix" des options pour les lycéens est assez simple. Tu es "libre" de choisir des options qui te font plaisir. Youpitralala le lycée, ça devient sympa !

Seulement le système de sélection des études, lui, n'a pas changé. Enfin si dans sa méthode. Ça s'appelle désormais "ParcourSup", une base de données RH qui applique les méthodes de surbooking des compagnies low-cost. 

Donc avec tes options qui te font plaisir, tu te retrouveras peut-être avec une scolarité et un Bac qui t'écarteront d'office de certaines études. (SPOILER : si t'as pas des maths dans ta sélection t'es mal).

Et là Blanquer, ou le clone libéral suivant, te dira : "- Tu veux faire astronaute ? Bah non ce sera coiffeur. C'est de ta faute mon grand, tu as fait ton choix en 3e !". Mince, c'est pas très tralala ça, on m'avait dit pourtant que c'était l'école de la confiance, mais j'avais pas lu les petites lignes en bas du contrat !

Le système de filières et d'initiés existe toujours, il est même renfoncé, mais il est camouflé et surtout, surtout, tu deviens l'acteur de ta discrimination (par un choix effectué en 3e sur lequel tu ne pourras plus revenir). En Macronie, quand ça ne marche pas : cherche pas, c'est de ta faute. 

(PS : Pour peu que ton lycée soit dans une "zone" l'affaire est pliée directe puisqu'avec l'évaluation tout au long de l'année le bac perd sa dimension nationale et devient local. Il n 'aura pas la même valeur d'un bahut à l'autre).


9 avril 2019

Grand débat et fiscalité : la bullshit therapie

par
Parmi les distractions du "grand débat pour occuper les médias", nous notons la baisse souhaitée de la fiscalité par les français (tout de suite interprétée par notre gouvernement en volonté de baisse de l’impôt sur le revenu).

Avec toutes ses imperfections, l’impôt que l'on paye à proportion de ses revenus est juste (dans le principe). La moitié des français est d'ailleurs trop pauvre pour en payer, à la différence de la TVA payée par tous (y compris les plus pauvres). Le SDF et Vincent Bolloré s'acquittent du même montant de TVA que ce soit sur leur paquet de nouilles ou leur Porsche Cayenne.

De réduction de la TVA il en est pourtant nullement question dans les conclusions gouvernementales. J'ai même croisé sur une chaîne de télé hier soir une Sibeth Ndiaye, toute honte bue, nous expliquant comment une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité appauvrirait au final les français.

Il s'agit à travers ces gesticulations (dans le prolongement du prélèvement à la source) de progressivement faire disparaître l’impôt sur le revenu des esprits, précisément pour faire disparaître l’impôt des plus gros revenus, et excuser ainsi (accélérer serait plus juste) destruction du service public et privatisations galopantes en s'appuyant sur « la parole des français ».

Ces derniers intègrent peu à peu (depuis trente ans que les gouvernement successifs et la majeure partie des médias leur rabâchent) que :

 - il faut réduire les dépenses publiques (naître ou sauver une vie ça doit être rentable, c'est comme ça puisqu'on te le dit)

- la hausse des salaires est impossible (petits ou moyens bien sûr, les gros y a encore de la marge), que, bref, la seule variable de gain de pouvoir d'achat c'est la baisse de l’impôt sur le revenu.

Passons sur le fait que cette « restitution de la parole populaire » (de 83000 personnes) survient à deux jours du début de la période de déclaration de revenus. Quand on aime on ne compte pas.

16 décembre 2017

La communication téléphonée et consensuelle de Jean-Michel Blanquer

par
Dans la galaxie des ministres de Frère Emmanuel reconnaissons l’habileté du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, dont le timing et le contenu de la prise de parole sont au diapason des attentes médiatiques. Malgré sa ligne « en même temps » libérale (l'école ce sera mieux demain) et réactionnaire (l'école c'était mieux avant), l'ex-boss de l'ESSEC avance en esquivant le conflit, mieux, en générant du consensus. Quitte à se répéter, il bat la cadence d’un agenda média en rassemblant sur du « bon sens ». Exemple : sa récente prise de position sur l’interdiction du portable à l’école qu'il nous ressort pour la troisième fois en huit mois. En mars 2017, Macron dans son programme promet d’interdire le portable à l’école. En septembre 2017, Blanquer déclare dans L'Express qu’il veut interdire le portable à l’école. En décembre 2017, Blanquer réaffirme, cette fois-ci sur RTL, qu’il va interdire le portable à l’école.


Blanquer ne s'y trompe pas, comme pour le retour des chorales (qui ne sont jamais parties) et de l'uniforme à l'école, cette thématique de proximité est à la fois la garantie de bonnes ventes pour les quotidiens et de bonnes audiences pour les talk-shows qui mettront le sujet en Une. De la gauche à l’extrême droite, l’écrasante majorité des Français est pour cette interdiction. Le sondage Ifop du 14 décembre confirme que 94% des Français sont favorables à l'interdiction du téléphone portable à l'école. Comme souvent avec les sondages, tout est dans la question. On demanderait aux mêmes  : "Laisseriez-vous aller votre enfant seul à l'école sans téléphone portable ?" et on obtiendrait  le même score de 94% de "Non". Tout le monde semble s’accorder sur le fait que c’est à l’école de corriger des comportements et des pratiques non-corrigées, subventionnées, voire encouragées par la famille.

L’arbre du bon sens qui cache la forêt de la réforme

Nul n’est censé ignorer la loi et surtout pas un ministre. L’interdiction du téléphone portable dans les classes existe depuis 2010 (Art. 183 de la loi 2010-788 du code de l’Éducation). Dans sa quête pas très discrète du consensus, l'ami de l'institut Montaigne aurait pu tout aussi bien interdire l'usage ou des armes ou de la drogue à l'école.

En l'état, appliquer cette interdiction du téléphone est impossible. Les enseignants n’ont pas le droit de fouiller les élèves et le taux d’encadrement dans les écoles françaises est le plus faible des pays de l’OCDE. Il faudrait donc employer massivement du personnel dédié, bref engager des vigiles du privé puisque les mêmes gouvernants nous rabâchent qu’il y a trop de fonctionnaires. Comment justifier que l’on engage massivement pour l'école des personnels qui n’ont à priori rien à voir avec l’enseignement ou même l'univers scolaire alors que le nombre de postes proposés en 2018 aux concours des enseignants baisse dans toutes les matières, jusqu'à 25% dans certaines [1] ?

Si l’on opte pour une détection automatisée, il faudrait donc installer des portiques de détection à l’entrée de chaque établissement scolaire et que chaque élève passe en ligne comme à l’aéroport. Pour un bahut de 600 élèves avec début des cours à 8h, cela impliquerait une arrivée à 6h. Les parents veulent-ils vraiment ça ? Se pose également la question de la consigne et de la gestion des téléphones avec construction (et entretien) de casiers individuels. Là aussi : qui, comment, combien ? Interdire le téléphone à l'école va coûter cher, très cher.

Alors quelle est la raison d’un tel barnum médiatique autour d'une interdiction incantatoire et inapplicable (à moins d’entamer de grands frais à l’encontre des dogmes de rigueur), le tout pour une question qui tient plus de l'éducation à la maison que de la législation scolaire ? Pour ne pas trop s'attarder sur une ligne idéologique qui pourrait fâcher : privatisation rampante de l’Éducation nationale, disparition du bac, mise en concurrence des établissements scolaires et, indirectement, en favorisant les dysfonctionnements sur le terrain, l'accompagnement du business en pleine croissance du soutien scolaire payant et des écoles privées.

Parce que oui l'école va mal : elle n'est pas assez rentable pour beaucoup de monde.

9 octobre 2017

Flexibilité : Quand Macron et Collomb jouent aux Playmobils

par

Bande de riens. Gérard Collomb et Emmanuel Macron ont raison : vous êtes vieux et immobiles.

La vraie France de la Win ne se plaint pas. Elle est en marche. Elle fait des séminaires de remotivation le dimanche. Elle prend son petit déjeuner à Lyon vers 7h, déjeune sur le pouce à la cantine de Matignon, avant de faire quelques tournées l'après-midi en Uber (les chaises à porteur du XXIe siècle, la disruption est totale) dans les usines populacières de nos colonies de lointaine province pour sermonner aux feignants, virés au bout de 30 ans de boulot, comment mieux travailler pour moins cher à 5 heures de route de chez eux. Attention, il est important d’être armé pour affronter la bêtise crasse du salarié désemparé, un costume de chez Jonas et Cie fera l’affaire. C’est important pour être respecté, d'autant que c'est filmé. N’allez pas chercher la sophistication, puisque vous êtes chez les pauvres : un simple modèle à un SMIC fera l’affaire. 

Mais l’hyper-mobilité de la modernité en marche n'empêche pas de se détendre un peu. Vers 18h, la France de la Win se réunit à Cannes pour un afterwork constructif avec les derniers soutiens de gauche encore dans la secte. Le sujet : comment mieux récompenser ceux qui ont déjà tout, et leur assurer une meilleure sécurité dans ce monde de flexibilité ? Les tapas seront servis par Bruno Roger Petit.

Il est déjà 22h. Voilà un lundi bien rempli : 15h de boulot. Mais ça fait déjà trop "droit acquis" de compter ses heures, la France de la Win compte en kilomètres : 1840 kms dans la journée. Petite forme. Il est l'heure de se reposer. La journée de travail de demain risque d'être dérangée par les fonctionnaires. Mardi 10 octobre, les cyniques rétrogrades arpenteront en guenilles les rues de France pour la défense de quelques privilèges du monde ancien (salaire, retraite et autres luxes qui bouffent la marge nette de l'actionnaire). Don't care. La France de la Win est flexible, elle restera donc inflexible, et poursuivra son brainstorming sur la casse du code du travail par Google Hangout.

28 août 2015

Not Safe For Work

par
Veuillez éloigner les chômeurs et les salariés du poste ce qui va suivre, capturé sur les réseaux sociaux hier en fin de journée, peut choquer (enfin ceux qui ne sont pas illettrés).

Jeudi 27 aout 2015. Tandis qu'à l'Université du PS à La Rochelle on embauchait du travailleur roumain à prix cassé pour monter le stand "Double discours et foutage de gueule", Emmanuel Macron, Ministre de l’Économie, jouait habillement une rentrée hors-série directement au club VIP du syndicat des patrons devant un insatiable parterre :

("- Le lapin ! Le lapin ! Le lapin !")


(Emmanuel arrivé, la fête pouvait continuer.)

 (Alors là il faut imaginer la scène avec le son d'un suave Careless Whisper de George Michael s'échappant de la cabine sono.)
(Tu l'as dit Pierrot, les opportunités fiscales ont été saisies. 50 Milliards de cadeaux et un chômage au top. A propos t'as pas ton pin's "1 million d'emplois" cette année  ?)

(Oui parce que là plus ce serait le travail gratuit.)

  
(Tout ça pour 0.1% de croissance, à Clignancourt j'ai vu des marabouts plus efficaces et pour moins cher. Attention : "C'est ça ou le FN" est une réponse de moins en moins audible.) 


(On y vient finalement. Le travail gratuit + Des enfants. Comme dirait Sophie De Menthon : c'est pas con.)

("- Non vraiment j'insiste Emmanuel. Laisse-moi t'offrir un Perrier à la buvette.")

("- Bon. Ça c'est fait. Maintenant on s'occupe des 35 heures.")


Articles connexes : 
Le patron et la pitié
Gang-bang à l'Université d'été du MEDEF
Les fantasmes économiques d'Emmanuel et Manuel

18 juin 2015

Uber et AirBnB ou l'économie du partage en trompe-l'oeil

par

Dans le flux de bullshits libérales déversées sur les ondes par les chausse-pieds du capital et autres valets de chambre de la dérégulation sauvage, il y en a une qui a vraiment du mal à passer chez votre rédacteur, c'est le schmilblick ecolo-marketo-geeko-frendly d'économie de partage cité à tort et à travers à propos de tout et n'importe quoi du moment que c'est étiqueté start-up sur la boîte, que la patron a moins de trente ans, un @ dans son nom, qu'il est végétarien et fait du blé en bourse.

Le pompon est décroché ces jours-ci au sujet de ces deux nuisibles arnaques urbaines que sont Über (taxis particuliers) et AirBnb (location touristique entre particuliers) présentées comme fer de lance de la sharing economy.

Je resterai objectif (si si). Je ne paye pas pour voyager chez l'habitant et me déplace aussi rarement en taxi qu'en VTC. Cette polémique de bourgeois fébriles à l'idée de payer sept euros de moins la course, et d'avoir une bouteille d'eau gratuite en prime, ou d'occuper un appartement si authentique, vintage mais confort en plein centre de capitales en pénurie de logement pour les locaux, me touche peu dans mon quotidien. Enfin presque. Je subis juste la pollution des voitures en ville et l'inflation soutenue des loyers depuis cinq ans dans mon quartier parisien (une des conséquences concrètes de l'explosion des deals dématérialisés d'Über et AirBnb). Je ne pleure pas non plus sur les hôteliers ni sur les taxis qui voient leur business déstabilisé par ces deux boites de Pandore.

Ces deux entreprises (peut-on d'ailleurs parler d'entreprises vu qu'elles n'emploient personne et ne détiennent rien ?) préfigurent le carnage social qui va s'abattre sur pas mal de secteurs.

ÜberLiberal et AirBordel sont des entreprises de prédation. La concurrence est faussée, elles se torchent des réglementations nationales (droit du travail, fiscalité) sous les applaudissements de l'upper-middle-class et des cornichons de l'expertise éco au prétexte que, tu comprends espèce de vieux réac et/ou crétin de pauvre, c'est de la nouvelle économie. AirBnB et Uber ne sont en aucun cas du partage et l'inédit y est minime. Un possédant loue un bien, un individu sa force de travail, à un autre individu qui le rémunère pour cela (What a flash ! Je suis bluffé par l'aspect profondément révolutionnaire du paradigme). La seule innovation est l'intermédiation de plateformes numériques COMMERCIALES et délocalisées (qui elles ne partagent pas trop leurs bénéfices économiques avec les services fiscaux du coin parce que "- Hey mec, c'est pas du travail ni de la possession, c'est internet").

Reconnaissons tout de même à AirBnB et Über un concept cynique à souhait (pas étonnant que ces sociétés soient célébrées par l'époque) :  prendre de l'argent sur des biens qui ne sont pas les leurs, faire travailler des gens sans les salarier (donc sans les protéger, sans cotiser, ni leur fournir d'assurance, de congés payés, rien). Mieux encore, dans le cas d'Über, le faux salarié fournit son outil de travail. Le client, lui, à l'impression d'être un peu plus riche. Une belle poursuite de l'ultralibéralisme dont nous sommes cette fois directement les artisans en proposant nos biens, en les consommant, et en travaillant pour ces parasites.

Cette nouvelle économie est de l'ancienne en pire. Il s'agit toujours d'arranger le pouvoir d'achat de ceux qui ont du pognon au détriment des conditions sociales de ceux qui n'en ont pas (en utilisant de jolis mots pervertis comme "partage", "modernité" et autre "collaborative"...).

Que trouvera-t-on au bout d'Über et AirBnb ? Augmentation des loyers pour les locaux non BnBaiseurs (autrement nommé les pauvres), désagrégation de la protection sociale pour les chauffeurs (et de leurs revenus une fois que tout le monde sera chauffeur Über, et qu'un nouveau service Über te proposera d'être véhiculé au tiers du prix en chaise à porteurs. Bah quoi, c'est bien puisque c'est bio. Tu pourras enrichir l'expérience sociale de coups de fouet sur tes prestataires collaboratifs de trajet, ce qui, nous en sommes convaincus, même en option payable d'avance, aura encore plus de succès que la bouteille d'eau en libre accès.

Articles connexes :
Salarié, upgrade-toi !
Dissolution des salariés
Paris, ville ouverte (à AirBnB)

12 avril 2015

Les fantasmes économiques d'Emmanuel et Manuel

par
Bénissons Saint Milton ! La politique libérale du gouvernement cartonne ! Les marges des entreprises augmentent, c'est L'INSEE qui le dit. L'institut national prévoit même une hausse "spectaculaire" dès cette année. La reprise est imminente selon L’Élysée. Elle serait déjà là même. Faites gaffe aux giboulées de lingots dans la rue. Sortez K-way et Pataugas sur la route de Pole Emploi. On va glisser sur les liasses !


Dans un publireportage de jene sais plus quel JT suce-boules, en duplex depuis la stratosphère, Emmanuel et Manuel sont fiers d'eux. Choc de compétitivité, crédit d'impôt et pacte de responsabilité ont marché. Pour les marchés. Parce que côté chômage, c'est zéro. Enfin en-dessous de zéro, vu qu'il augmente. En France, on n'a pas de pétrole mais on a toujours des idées de com' à la con pour bien arnaquer le populo : Emmanuel et Manuel ont relooké l’antienne de la reprise imaginaire (avec une petite nuance qui ne manque pas de causticité : la croissance sans emploi).

La preuve. Comme 40 milliards de cadeaux fiscaux aux entreprises ce n'était pas assez, les ministres de droite ressortent en urgence un petit bonus de 2,5 milliards fin mars, c'est la collectivité qui régale. On appelle ça une "aide à l'investissement". En espérant que deux minables petits milliards suffiront à convaincre les patrons de cracher la thune, et facultativement d'embaucher un ou deux pécore, là où quarante n'ont visiblement rien provoqué à part une hausse significative de leur trésorerie. Entre le feuilleton du suicide en A320 et la saga média de notre nouvelle famille royale, (les Jean-Marie de St-Cloud de la haute haine, père et fille), l'indécent cadeau est passé à la rubrique faits-divers. Pendant ce temps, les budgets publics sont dézingués un peu partout. Mais n'allez surtout pas qualifier ça d'austérité, c'est de la res-pon-sa-bi-li-té. Nuance sémantique sur la ligne temporelle : L'austérité, c'est quand le peuple paye pour les projets ratés de son gouvernement. La responsabilité, c'est quand le gouvernement projette de faire payer le peuple pour réussir. On alternera régulièrement l'un et l'autre pour une bonne cuisson à l'étouffée.

Ceci étant écrit, pourquoi le nombre de chômeurs chuterait-il ? Plus d'un tiers d'entre eux ne reçoivent déjà plus aucune indemnité, et ils sont une formidable excuse pour continuer à mettre la pression sur les salariés. Rappel : Les salariés sont les seconds privilégies de la République (juste derrière les fonctionnaires qui eux méritent que Cazeneuve ré-ouvre Cayenne pour les parquer en les forçant à écouter du ZAZ à vie). Ces salauds de salariés, avec leurs maudites rémunérations et leurs multiples couvertures sociales, cause de tous nos maux locaux.

Caricatural ? Voilà donc, entre deux pauses sur la couverture de Voici, ce que le ministre de l’Économie déclarait il y a deux semaines chez nos amis allemands (experts en croissance sur boulots à bas salaire et vol en manuel) :


Et ouais gars, c'est pas con ça : Il y a des chômeurs à cause des travailleurs. Y a pas photo : Le mec mérite ses millions.

Comprenez bien que, au bout du bout des milliards déversés en pure perte dans le "soutien" aux entreprises, les prochaines cibles gouvernementales seront les salaires et les contrats de travail (et les 35 heures, Manu en fait une affaire personnelle). Que les socialos de gouvernement soient économiquement de droite, on s'en moquerait presque (qui ne l'est pas désormais ? Moi même j'épargne jalousement pour m'acheter un paquet de Pépitos rien que pour ma gueule. Dans six mois, je l'ai, vous n'aurez rien bande de crevards). Si ce gouvernement réussit son coup, je serai le premier à le féliciter. Mais le pataquès libéral ne marche pas, ça n'a jamais marché, ça ne marchera jamais. Ce n'est pas en appauvrissant les travailleurs, en les précarisant avec zéro visibilité à six mois qu'on leur donne 1 / Les moyens de consommer 2 / Pour ceux qui ont les moyens de consommer : l'envie d'investir. Il faut avoir le QI d'une amibe ou d'un chroniqueur éco du Grand Journal pour ne pas le comprendre.

Comptons sur nos poltrons pour céder dans l'indolence aux doléances patronales. Après avoir empoché la cagnotte, certains geignent sur leur impossibilité d'embaucher car il serait trop coûteux de licencier. A défaut de croissance, la destruction émancipatrice du CDI est au coin de la rue (ceci dit je ne connais déjà quasiment plus personne en CDI). Le contrat de travail unique, flexible à mort (avec contrat pourri, sans sécu, sans salaire ou à siège éjectable incorporé), nous sauvera c'est promis. Une fois que nous serons tous précaires au long cours et terrorisés au quotidien, l'économie repartira à n'en point douter. Emmanuel et Manuel devraient lâcher la bibliothèque bleue de la libertarée Verdier-Molinié (qui est au droit du travail ce que Zemmour est à l'amour de son prochain) pour compulser les études de leurs propres services, et notamment celle récente réalisée par la DARES montrant que 36% des CDI conclus sur l'année 2011 ont été rompus avant un an, et 50% avant deux ans. Pour les emplois peu qualifiés, la proportion des CDI rompus dans l'année grimpe à 52 %. Sacrément flexible ce contrat de plomb supposé contraindre les employeurs au point de les empêcher d'embaucher.

Nous sommes donc une fois de plus dans l'incantation libérale du gagnant-gagnant, purement fantasmatique pour les trois-quarts de la population. La flexibilité prônée n'est (encore) qu'une optimisation à sens unique des "coûts salariaux". En décodé : moins payer les salariés gonfle les marges, marges qui ne se traduisent pas en embauche ni en investissement mais systématiquement en rétribution de dividendes pour les actionnaires. On devrait commencer à comprendre, ça fait plus ou moins trente ans que ça dure.

D'ailleurs, depuis le retour d'un discours libéral assumé au sommet de l’État, les marchés ne se sont jamais aussi bien portés. Le jour de la confidence berlinoise de Macron, le CAC claquait même la barre des 5000 points. Rappelons les fondamentaux : La crise, c'est quand tu crèves de faim. La reprise, c'est quand tu crèves de faim et que la bourse va bien.

9 février 2015

Fait divers sur la planète riche

par

Après deux semaines d'une ritournelle éditoriale leparmentiero-quatremeriste sur l’égoïsme congénital des grecs et la nécessité que ces irresponsables criminels (ils votent à gauche) remboursent jusqu’au dernier centime 'dussent-ils en crever sur trois générations au nom du respect entre les peuples d'Europe) une dette dont les restructurations par l'austérité ont précipité l'agonie (certaines de nos zélites éditocratiques de l'orthodoxie économique allant jusqu'à prétendre que la victoire de Syriza coûterait 600 euros à chaque Français, histoire de nous monter un peu plus les uns contre les autres), voilà que Le Monde nous apprend que la banque HSBC (la même qui me facture 100 euros pour un découvert de 10) a organisé l'évasion fiscale de 180 milliards d'euros pour 100.000 particuliers dont 3000 français.  Il y a de tout dans la liste des 100.000 fraudeurs et notamment la présence, pour une fois comique, d'un standuper arrondissant ses fins de mois en tapinant sur nos écrans à la gloire d'une autre banque.

Notons tout de même que ce petit détournement entre millionnaires représente plus de la moitié de ce que les moralistes du capital réclament à la Grèce (320 Milliards) .

Le plus ironique ? Cette escroquerie institutionnalisée a été mise en place pour contourner une taxe européenne sur l'épargne (comment sauver l'argent dont vous n'avez pas besoin, mais que vous ne voulez surtout pas partager).

Le plus triste ? Il s'agit d'une goutte d'eau dans l'océan de l'évasion fiscale. 2000 milliards (minimum) chaque année d'évasion fiscale rien qu'en Europe

De quoi éponger quelques dettes publiques sans blesser personne.


Articles connexes : 
Banksters à la petite semaine
Crimes et délits du banquier
Braquage à l'européenne


18 novembre 2014

La colère de Gattazounet l'assisté

par

C'est-y pas de l'énervement ça ! Gattazounet Junior veut en finir avec l'Impôt sur la Fortune (juste un gadget fiscal plus symbolique qu'autre chose). Reconnaissons au fils à papa une constante dans la défense des intérêts de son club fermé.

Un article de La Voix Du Nord m'apprend aujourd'hui que Radiall, la florissante entreprise du patron du MEDEF  "n’a payé que 202 000 euros d’impôt l’an dernier, alors qu’elle en recevait 876 000 au titre du crédit impôt compétitivité emploi" (Rappel : Le CICE est un truc magique ciblé avec les pieds qui devait tout résoudre. Comme prévu par tous, sauf par notre secte de croyants de la croissance par subvention du capital, autrement nommée "gouvernement", ces cadeaux aux entreprises n'ont pas rapporté un seul job à la collectivité. A elle désormais de régler une ardoise (entre autres) de 20 Milliards sous forme d'austérité dans sa gueule.

Résumons. Gattaz verse 2, il touche 9. Ça c'est de la compétitivité française ! C'est clairement plus avantageux que les cotisations salariales et ta mutuelle complémentaire. De quoi laisser du temps à mon Pierrot pour chialer dans les médias que le chômeur n'est pas assez salarié et que le salarié, cette dispendieuse sangsue, doit être éradiqué. Ce ne serait pas si grave (si l'on fait abstraction de l'argent qui aurait pu servir à construire des hôpitaux ou payer des enseignants) si notre assisté à l'ISF ne donnait pas le tempo de l'incessant tango du Je t'aime moi non plus avec un gouvernement "pro-business" qui  lui léche les pieds un jour et fait semblant de le sermonner le lendemain.

Pour éviter que l'on me taxe encore d'anti-entreprise : Gattaz est autant une insulte aux travailleurs qu'aux patrons dont la majorité, comme le reste des Français, ne sont pas soumis à l'ISF et dont Pierrot n'a absolument rien à carrer. Rappelons son équation personnelle que nos chercheurs bénévoles ont eu loisir de déchiffrer dans la file d'attente au guichet Pole Emploi :

Pognon public + propagande morale avec violons au JT + salariés pas payés sur optimisation fiscale au cube  = dans la poche à Gattaz.

T'en veux du vrai gros scandale mon Pierrot ? 1% des Français les plus riches possèdent autant que 70% des Français les plus pauvres (en gros nous tous, Étude OXFAM 2014). Et ça, quelque chose me dit que c'est TRÈS mauvais pour "la croissance". La notre évidemment, pas la tienne puisque jamais dans l'histoire de ce pays, les riches moralisateurs du travail des pauvres ne sont aussi bien portés.

Articles connexes :

15 septembre 2014

Vers le ras-le-bol social ?

par

On a trop malmené François Rebsamen. Et s’il avait, avec son ball-trap sur chômeurs capté l’humeur du pays ?, comme Moscovici l’année d’avant avec son ras-le-bol fiscal partagés même par des non-imposables.

De plus en plus, j'entends cette rengaine (hier encore au hasard de deux conversations avec des gens totalement dépolitisés, bref anti-socialistes) : "Les chômeurs sont trop payés et ça ne les incite pas à reprendre un boulot". Ça ne vient pas de patrons geignant pour que le gouvernement leur oigne encore le corps de quelques ors, mais bien de simples salariés qui ont souvent (mais quelle famille n'en a pas) des chômeurs dans leur entourage proche.

La connerie crasse serait-elle en train de triompher ?

Une récente étude du Crédoc tendrait à le prouver. 

Attention ça raye le cerveau :

- 37 % des Français pensent que les personnes qui vivent dans la pauvreté n'ont pas fait d'effort pour s'en sortir. (25 % en 2009). (L'argument génétique n'est pas encore invoqué, mais c'est pour bientôt).

- 53 % considèrent que le RSA n'incite pas les gens à travailler (31 % en 2009). (Et là je proteste : 509 euros par mois, ça ne te permet même pas d'acheter une moitié d'Iphone6 te permettant d'accéder au statut d'être humain)

- 63% pensent que l'aide apporte aux familles très modestes est suffisante (31% en 2009).  (Et si on pouvait en lapider quelques-uns en place publique, ce serait bon pour le moral de la collectivité).

- 64 % pensent que, s'ils le voulaient, les chômeurs pourraient retrouver un emploi. (Et gagner au Millionnaire).

Avec des scores pareils, ce n'est plus seulement l'expression des riches. Au lieu de renforcer les solidarités, la baisse du niveau de vie renforcerait la haine de l'autre, et la recherche de boucs-émissaires. 

La-dessus le discours du Medef servi en trois-huit télévisé imbibe les esprits : la pauvreté, c'est la faute aux pauvres, comme le chômage est la faute des chômeurs, patron = dieu à qui faire quotidiennement des offrandes. Nous ne sommes même plus au niveau de la réduction des idées, mais du court-circuit de neurones via la boite de dérivation du sens critique TNT-TF1-CdansLair. 

Face à cet océan de connerie due à un arrosage médiatique massif de la doxa libérale conduisant les  victimes à épouser la logique de leurs bourreaux, répétons quelques évidences :

1 / Ne sont indemnisés que les chômeurs qui ont assez cotisé (en langage libéral, on appelle ça une assurance). Ce qui nous en dégage une bonne moitié déjà.

2 / Les aides sociales perçues par les familles en difficulté sont, par définition, quasi intégralement reversées dans la consommation de survie (boire-manger-rester propre). A ce titre, on pourrait presque affirmer (allez on l'affirme) que des boites comme Carrefour ou Auchan vivent en grande partie grâce à ce transfert d'argent public via la poche des pauvres. (L'autre partie étant le fruit de leur  optimisation fiscale performante).

3 / Admettons même que certains chômeurs ne soient pas incités à retravailler. N’est-ce pas en raison des salaires de merde qui leur sont proposés ? (Quand il y en a un d’ailleurs, souvent il faut sortir de sa poche pour bosser, c'est sûr que suivant l'équation temps pour soi = richesse, ça calme sec). Le problème n'est pas celui de l’indemnisation trop haute (la supprimer accélérait la paupérisation française donc la chute de consommation, donc la chute de l’emploi, donc le chômage) mais la trop faible rémunération du travail ! (Rappel : ne pas confondre avec la rémunération du capital qui elle augmente). Note : Quand je sors cet argument face à un salarié "outré" par les chômeurs feignants, il m'oppose souvent un : « - Oh bah euh…mais…euh…mais c’est vrai t’as peut-être raison » alors que je perçois sur son visage sa difficulté à rechercher une réplique efficace parmi les milliers d'heures de programmes télés qu'il a bouffés. 

Ça devient (presque) comique quand, en grattant un peu, je découvre que ces salariés moralisateurs sont déprimés par un boulot qu'ils n'aiment pas, où leur salaire s'est transformé en remboursement de crédits, quand il ne sont pas harcelés. Certains chérissent le fantasme de se faire virer pour monter leur entreprise, partir en Angleterre ou en Australie (parce qu'ailleurs ils ont tout compris eux) ou encore de devenir fermier macrobio avec maison d'hôtes à la campagne (une fois leurs indemnités empochées bien sûr, 99% de moi-même pensant que ce scandaleux salaire, même faible, ne les incite pas à avoir le courage de quitter leur boulot).

Bien sur, on attendrait d'un gouvernement socialiste même et surtout impopulaire, qu'il profite au moins de cette défiance pour réaffirmer quelques principes de solidarité et œuvrer pour les plus démunis, et non surfer sur cette vague de rejet des solidarités. Ce ne serait même pas du courage, juste le respect de son programme.

Mais ceci est désormais une utopie.  


12 septembre 2014

#Socialimze : Tu seras un #SansDents mon fils

par

OK, le bouquin de l'autre pathétique a bien amusé la galerie fusillant la rentrée sociale et littéraire en une passe par occupation totale du temps d'antenne. Notre président a cru bon de rajouter un épisode à ces Feux de l'Amour de la République en précisant face à son hagiographe qu'il aimait quand mêmes les pauvres. Ouais +1 et pouce en l'air les gueux !

Le vrai problème de la polémique des "sans-dents" engendrée par les confessions de la Cosette névropathe de L'Elysée n'est pas de savoir si oui ou non Notre Président appelle les pauvres ainsi sur le ton de la blague, mais bien que la politique qu'il mène depuis quelques temps est diablement raccord avec ce mépris des moins favorisés. Une phrase pareille parait ainsi crédible, et c'est absolument tout sauf une blague pour ceux qui vivent au quotidien ce mépris dans leur chair.

Dernier épisode en date, diablement maladroit mais on n'est plus à ça près : l'annonce de la suppression immédiate, par la CNAM et l'Etat, du programme de prévention bucco-dentaire M'T DENTS, et ce dès aujourd'hui (malgré les centaines de milliers de courriers envoyés cette année).

Et là, comme dirait Valérie, je me sens un peu trahi et vénère.

Oui parce que je viens de recevoir le coupon pour ma fille.



Le programme M'T Dents offre, enfin offrait, une consultation chez le dentiste pour votre enfant aux âges à risque entre 6 et 18 ans. Objectif : dépistage et soins éventuels. 

L'UFSBD precise que "les politiques de santé bucco-dentaire à l’école inspirées par l’UFSBD ont permis de diviser par 3 le nombre de caries par enfant depuis 1987 puisque chez les 12 ans, il est passé de 4,2 à 1,2" lit-on sur Doctissimo. En résumé, ce genre d'opérations marche.

Et c'est un type qui a dû dépenser le prix de deux bagnoles en frais dentaires non remboursés qui vous le certifie : le suivi précoce de votre enfant peut lui sauver la mise, lui économisera de la douleur et beaucoup de pognon dans sa vie adulte. Une carie soignée à treize ans (60 euros, remboursé spresque intégralement) peut vous éviter l'implant à trente (entre 1000 et 3000 euros remboursés au tarif : ton cul en selfie sur la commode si t'as pas une mutuelle de nabab qatari).

Et je ne parle pas évidemment des la thune ainsi économisée pour la collectivité. Ah oui, mais on s'en brosse le dentier, l'Etat a d'abord des banquiers à rembourser et des patrons à arroser.

Gel des petites retraites, réduction du congé parental, caries pour tous : grattons encore quelques millions sur le dos des plus fragiles. Et que chacun se démerde. This is the new socialimze !

Illustration : The late Richard Kiel.

2 septembre 2014

#Socialimze : Le chômeur fumiste

par

C'est du déjà vu. A mi-quinquennat, quand sa politique se révèle pire que sans effet, qu'il distribue joyeusement, les yeux embués de confiance, des milliards par dizaines à l'élite ébahie du patronat qui dans deux semaines en demandera le double, le pouvoir qui ne doute de rien cherche des boucs-émissaires : roms, voleurs de mobylette ou chômeur.

Aujourd'hui dans Plus beau le socialisme : C'est François Rebsamen, ministre du Travail, digne héritier de Nadine Morano, Laurent Wauquiez, Marc-Philippe Daubresse ou du plus communiste d'entre eux, Nicolas Sarkozy, qui s'y colle. Et c'est le chômeur qui gagne le gros lot à la kermesse des boulets :


On ne peut rien faire pour l'emploi, éliminons le demandeur.

Rappelons ce qu'est un chômeur. 

Le chômeur est un salaud de privilégié qui n'a plus le malheur d'avoir un travail, ou n'en a même jamais eu de rémunéré. Selon la rumeur, il y aurait d'autres chômeurs, cumulards (ça Rebsamen connait) et supérieurement gâtés qui, en plus de faire le tour du monde en RER, touchent des indemnités pour lesquelles ils ont cotisé. La paresse du chômeur est le ferment de notre croissance atone. Ils sont presque aussi pires que les salariés (Salarié : Le salarié est un enfant gâté ne travaillant pas assez et coûtant trop cher). D'ailleurs les salariés deviennent souvent chômeurs : preuve évidente que nous sommes face à un complot de la vermine assistée contre la grande libéralisation du capital, euh du pays, entreprise par notre gouvernement socialiste. Ajoutons à cela que le chômeur sans visibilité (poste en or dont honnêtement tout le monde rêve) a parfois la chance d'être débarrassé de ces gesticulations administratives qui l'obligeraient à faire de la défiscalisation foncière avec ses multiples acquisitions immobilières.

Si toi aussi, tu sais qui sont les méchants qui plombent notre moral. Soutiens avec moi François Rebsamen, Emmanuel Macron et Manuel Valls, et en avant pour l'avènement d'un pays moderne débarrassé des chômeurs et des salariés, un pays social-libéré où il ne restera plus que des patrons et des retraités multi-propriétaires, avec des esclaves pour les servir et un gouvernement de drauche pour les fliquer. 


Articles connexes : 
Culpabilisons les pauvres
Faites entrer l'assisté
La Dolce Vita des travailleurs

28 août 2014

Gang-Bang à l'Université d'été du Medef

par

Chaque année l’université du Medef est ce moment magique où l’on peut voir batifoler dans son biotope, avec macarons sous tente, la fine fleur du fantasme libéral.

Et entre deux tirs sur fonctionnaire, la gueule pleine de petits fours, ça postillonne gras sur le travail trop cher tant qu’il n’est pas gratuit, la fin des 35 heures, la retraite à 102 ans et que le travail des enfants ça serait quand même sympa dans cet environnement concurrentiel mondialisé qui doit pousser ces feignants de français à prendre un peu sur eux. Et le patron repu (oui, le patron de PME est là pour la déco) pleurniche des larmes de champagne sur notre régime communiste tortionnaire n'ayant versé que quarante milliards de cadeaux fiscaux à ce martyr des temps modernes à qui, en plus, il a osé suggérer d'embaucher. (La présence où non d'un salaire assorti à cette embauche n'a heureusement pas été précisée lors de la signature sur un bout de nappe en papier à la fin d'un repas fortement alcoolisé).

Cette année Pierre Gattaz avait donc arboré son pin’s 1 million d’emploi (édition spéciale "dans ton cul, je l'ai fabriqué aux Etats-Unis"), seule contrepartie visible du pacte de responsabilité (subvention pure et simple, et sans retour, de l’entreprise financée sur le dos de la collectivité) concocté sur un plateau doré par notre gouvernement qui, décidément, a le sens du peuple et des mathématiques comme nul autre avant lui.


Fraîchement boosté par la valse de rentrée au gouvernement et l’arrivée du banquier beau gosse qui a gagné des millions Macron à Bercy, ce n’est donc pas un discours social-libéral, ni sociétal-libéral, mais bien libéral-libéral, tendance porno allemand, que le Premier Ministre a livré face à un parterre visiblement satisfait par cette fellation collective.

Le seul avantage de cette confirmation de tendance (au point où nous en sommes, nous reprocherons juste à François Hollande d'avoir mis autant de temps à trahir son programme), c’est qu’elle coince la droite dans les cordes. En effet, elle n’est jamais allée aussi loin (au pouvoir) dans la soumission aux dogmes libéraux. La droite va pouvoir désormais se consacrer à ce qu’elle sait faire le mieux : se palucher sur les pages de Valeurs Actuelles et défiler dans la rue avec des crucifix en appelant à bouter Satan hors de Gaule.

En attendant la merveille sociale et économique qui nous attend (à peine une journée en poste et le loup de Bercy peste déjà contre les 35 heures) nous nous divertirons en lisant les tweets effacés de Manuel Valls.

Illustrations : source, Wolf of Wall Street (M.Scorcese,2013)

Billets connexes :

26 août 2014

Ceci n'est pas un exercice

par

Quelle rentrée de merde mes enfants !

Après un été pourri sur le front de l’info mondiale et de la météo locale (même la 25e saison de Fort Boyard est vraiment en-dessous de tout), voilà que notre gouvernement réussi à saper encore un peu plus le moral de ce pays. J’étais presque décidé à reprendre la rédaction de ce blog en cherchant à défendre dans l'action gouvernementale (si si, reste des trucs). Et patatras, le lundi même où j’allais m’y mettre, un flash de France Info me stoppe net.

Passée ma fausse joie en entendant sur les ondes nationales et dans la même phrase les mots Valls et démission, je réalisai pas même blasé que le Président suivait en fait à la lettre son Manuel du parfait ratage sociétal-libéral[1], chapitre chantage, en tançant l'intégralité de son gouvernement pour les récents propos de Montebourg contre la ligne politique décidée par le Président. Il faut croire que François Hollande n'avait donc, jusqu'ici, jamais écouté son ministre de l'Economie, et que Montebourg ignorait tout de l'action du gouvernement auquel il participait. Le Président ne supporte plus de traverser en solitaire la tempête des mots de travers et, à défaut de pouvoir faire le beau temps et le beau temps, montre qui est le patron (après Pierre Gattaz bien sûr). Quand les cadres dirigeants s'ennuient, virer quelques subalternes ça détend toujours un peu, ça amuse la galerie et ça ne porte pas préjudice à l'activité.

Il n’en fallait pas plus pour alimenter le grand feuilleton de la rentrée [Mode conspiracy on/l'annonce de la démission collective du gouvernement arrivant le matin même de la rentrée de la majorité des médias/Mode conspiracy off]. Beaucoup de bruit pour rien, de la parlote pas chère, du suspens en balsa avec des jingles à la Gozilla marche sur Hollywood plus une cascade de directs satellites à 1000 boules la minute sur des perrons vides : les chaines d’info adorent les remaniements gouvernementaux. Et Pourquoi Jean-Michel Baylet a mis son costume du dimanche ? Et Bernard Tapie va-t-il revenir ? Selon ses informations Michael Darmon serait ministre de l'Information, est-ce crédible ? Et pourquoi Valls fait sa loi dans le triangle de Matignon-St-Honoré-Beauvau alors qu’il a fait un score minablissime à la primaire socialiste ? [2]. Alors Christophe Barbier, est-ce une crise de régime ? Une crise politique ? Des Chrysanthèmes ? Vous reprendrez bien un Krisproll Christophe ?

J’ai assez critiqué la pratique du sitcom permanent sous Sarkozy pour retomber dedans. Chacun se contre-branle copieusement du remaniement, encore plus aujourd'hui avec un pessimisme social au plus haut et une déflation qui se profile [3]. Et cet énième jeu de chaises musicales (avec de moins en moins de participants) ne va pas arranger ce sentiment de lassitude. Même Montebourg se carbonise au grand jeu du quel ministre ou ex ministre, potentiellement présidentiable, fera le plus de buzz à la rentrée ? alors qu'il était porteur d'une vraie parole (seul domaine où il excelle encore).

Comme vous, tout ceci me fatigue, m’exaspère. De la pitoyable danse du ventre au patronat, aux promesses non tenues en passant par ces personnalités pleines de promesses se fracassant avec plus ou moins de panache sur le mur de leur ego, je n’ai absolument plus envie de commenter l’actualité de ce quinquennat ressemblant dans les grandes lignes économiques, mais en version téléfilm moldave, à celui d’avant. Si je ne les regrette absolument pas, les années Sarko avaient au moins le mérite de recréer de la mobilisation et un vague désir de gauche. Ici, tout est désespérant du sol au plafond. En prime, le socialisme est flingué pour vingt ans. A la sclérose idéologique de ce pouvoir ensuqué dans des recettes économiques d'un autre siècle qui ne marcheront jamais (couvrir de de milliards les grosses entreprises en espérant des millions d'embauche n'est pas une ligne économique viable), va s'ajouter désormais le feuilleton de la prochaine présidentielle. Et le pouvoir là dedans ? L'action politique ? L'amélioration sociale ? L’intérêt collectif ?

Rien. Une petite gueulante de temps en temps et puis c'est marre. Une privatisation rampante de tout. Au mieux, une préparation mentale (avec moins d'hystérie que sous Sarkozy) au grand "démerdez-vous" qui s'installe année après année dans ce pays à force de travail au noir, de petits boulots, de salariat low-cost et de stages gratuits, d'indécences patronales et de self-exploitations auto-entrepreunariales.

Allons, ce n'est rien. Juste le blues de la rentrée. Juste un mauvais moment à passer.

Continuons la lutte camarades. 


[1] sobrement intitulé Comment trahir ses électeurs, tout en faisant une politique ringarde et sans souffle, pour faire l’unanimité contre soi jusque dans ses propres rangs et fièrement gagner 0.2 % de croissance en 5 ans de sacrifices ?  Fiasco éditeurs, 2012. (Réédition actualisée de 2007 et 2002)

[2] Au temps pour moi, celle-ci n’est pas posée.

[3] Rappel. L'inflation à la française, c'est l'augmentation de tout sauf des salaires.
La déflation à la française, c'est la baisse de quelques trucs comme les pastèques, les capotes et les salaires.

Illustration : source

16 avril 2014

Vivre et laisser Gattaz

par

« Il vaut mieux quelqu’un qui travaille dans une entreprise avec un salaire un peu moins élevé que le SMIC, de façon temporaire et transitoire[1], plutôt que de le laisser au chômage ». 
Pierre Gattaz, président du MEDEF, 15.04.2014

Le fiston à papa est bien parti pour devenir la star du blog. Nous avons déjà parlé de la baisse du SMIC  ici ou . Résumons notre position : "non mais sincèrement, vous croyez deux secondes que l'économie peut décoller en payant moins les gens ? (alors que l'on pourrait ponctionner sur les actionnaires, les fraudeurs du fisc, les rentiers qui, eux, ne se sont jamais aussi bien porté et ne font pas circuler le pognon)". Nous avons d'ailleurs théorisé cette équation complexe et vous la livrons en exclusivité : 

4 = 2 + 2. 

Nous espérons que les économistes "hétérodoxes" (mais pas de gauche) reçus à L'Elysée (le même jour que la sortie de Gattaz, le monde est bien fait) par François Hollande discuteront de mes calculs audacieux


Bon. Reconnaissons à Pierre Gattaz un vrai plus produit : en sus d'expliquer sans détour avec cet air d'enfant de chœur assistant à son premier gang-bang la logique sous-tendant l'époque, sans le vouloir le patron du MEDEF introduit mieux que personne un débat philosophique au cœur de l'information continue (et c'était pas gagné). En partant du principe que le temps est la seule valeur incontournable et commune (limitée pour tous et non récupérable) :

Vaut-il mieux travailler pour rien et, donc, enrichir un autre que de ne pas travailler et s'enrichir soi ?

Il ne s'agit pas d'être pour ou contre le salariat là n'est même pas la question, mais d'être pour ou contre l'esclavagisme, ce que devient peu à peu le monde du travail au SMIC et à sa périphérie. C'est insidieux, tapissé de promesses, de croyance, de morale, de crédits à la consommation, mais ça se dessine : un sous-monde du travail précarisé (va vivre, te loger et te nourrir avec un SMIC mon Pierrot et on en reparle), coincé, écœuré et assommé (ceux que Jean-François Copé qualifiait de "minables"), et un autre monde du travail structurant, enrichissant dans tous les sens du terme, celui des revenus confortables surreprésentés dans le débat public. En gros, tout ce qui est entre 1500 et 4000 euros est programmé pour disparaître (la baisse des cotisations patronales sur le SMIC va renforcer ce mouvement).

Il convient de définir le travail en question, sa pénibilité, ce qu'il a demandé comme sacrifices, le plaisir que l'on peut y trouver et surtout de mettre ces critères face au déterminant principal : que me rapporte vraiment ce travail ? En quoi m'épanouit-il réellement ? Que me laisse-t-il ? (indice : en cas de doute, l'unique "valeur travail" à considérer est celle de la rémunération)

Non parfois, pour ne pas dire tout le temps, il vaut mieux ne pas travailler que travailler pour rien. Pour notre jeune audience, cible des propositions de Gattaz, nous avons mis en karaoké cette relation de cause à effet : 

"Si j'arrête de leur tendre mon fessier, ils arrêteront d'me le fouetter. Oué." 
(à fredonner sur J'me tire de Maître Gims).

La majeure partie de la confusion vient du fait que dès que ces sujets sont abordés dans les médias, l'espace de discussion est squatté par des prédicateurs professionnels de la compétitivité dont les fiches de paye ou les rentes culminent loin au-dessus des réalités sociales de ceux qu'ils accusent de trop coûter en travaillant. Nos érudits ramènent systématiquement le débat à deux notions : celui qui ne travaille pas est mauvais pour la société, mais manque de bol le travailleur, lui, n'est jamais assez performant pour le pays. Nos prédicateurs n'ont évidemment ni les salaires, ni les grilles horaires, ni les angoisses, ni l'espérance de vie de ceux qu'ils s'acharnent à culpabiliser.

Nos économistes devraient y songer lorsqu'ils élaborent des plans sur l'avenir de la France. En quoi est-il encore utile (pour soi) de travailler (pour le profit des autres) quand l'interface qui fait lien social et constitue le moteur de la consommation (le salaire à bibi) est une insulte se doublant d'une absurdité arithmétique ?

[1] jusqu'à ce que le jeune quitte son statut de jeune à l'âge de 30 ans et, de fait, sa place dans l'entreprise.

Illustration : Big Lebowski, Coen bros (1997)

Top Ad 728x90