mardi 21 avril 2009

L'insécurité c'est bien, en abuser ça craint.

Qu'écrire ? Comme souvent, l'échéancier média est efficace.

Au lendemain d’un
publi-redactionnel complément d’enquête sur France 2 consacré aux policiers en première ligne à base de clichés spéciale racaille, de courageux flics aux visages floutés (leurs voix parfois reconstituées par des acteurs), le tout nappé d’un discours pour le moins policé souvent véhiculé par des femmes (les banques aussi l'ont compris, la femme adoucit l'image de l"organisme qui au même moment vous brise les deux bras) et quelques heures après une battue aux clandestins rondement menée dans les faubourgs de Calais, notre omni-président se dressait contre le nouvel ordre de la racaille nationale, ce mardi à Nice.

Pendant une heure il aura distribué
en mode cette fois ça va défourailler du "je veux, je vais, je ne veux pas, je ne laisserai pas faire" au sujet de la tenace insécurité.

C'est avec le vieux baratin que l'on fait les meilleurs scrutins. A défaut d’être performant en économie, de comprendre le mécontentement de ces petites gens gagnant moins de 30.000 / mois, de respecter les promesses évaporées, l’oldie but goodie de l’insécurité semble la seule carte a jouer pour mobiliser l’électorat de droite avant le scrutin des européennes (et lui faire oublier sa feuille d'imposition reçue ce jour).

En substance, La France a peur mais ne se laissera pas faire par la racaille musulmane et cagoulée. Un peu court comme analyse mais appelons que c’est avec ce type de programme, à peine édulcoré, que notre homme a solidifié son assise électorale allant jusqu'à siphonner l’électorat du Front National avec la contribution duquel il remportait le joujou républicain en mai 2007.

Notons, en fin de soirée sur la chaîne Public Senat, le discours du motard repenti, Christian Estrosi, Maire de Nice dans les petits papiers du président pour revenir au gouvernement*, nous expliquant un peu comment il compte s'y prendre en matière d'insécurité...

CHRISTIAN ESTROSI bouffi d'orgueil :
"- En décembre, Nice sera la première ville française en terme de video-protection. Avec 500 cameras qui traqueront les voyous."


[Définition de la "Video-Protection" dans le lexique Estrosi : Camera capable de courrir le 100 mètres en moins de 20 secondes, de maitriser et menotter (sans insulte c'est Complément d'enquête qui me l'a dit) le voyou agressant le retraité frontiste.]

Encore une fois pour les durs d'oreille : Pour sa pérennité, la politique sécuritaire a un fondamental besoin d’insécurité. En d’autres termes, en raison de son impuissance à opérer sur d'autres leviers, s'il veut compter sur cette bonne vieille peur de l'insécurité pour retrouver la popularité, notre omni-président a, dans le domaine, le constant besoin d’échouer.

On peut souvent élargir ce raisonnement à ses autres discours volontaristes.

Se faisant, comme souvent en Sarkozie, que l'on soit voyou, policier ou retraité frontiste : Tant pis pour chacun et que le malheur soit pour les autres.



* Christian Estrosi a déjà fait parti du gouvernement. Il l’a quitté au lendemain des municipales pour se consacrer à sa mairie. Un retour au gouvernement serait la marque d'un homme ayant de la suite dans les idées et restant fidèle à ses engagements.

4 commentaires:

Mr Whistlewolf a dit…

Bon petit billet, merci.
Effectivement notre president de la grande et belle democrature francaise a repris son vieux cheval de bataille.
A l'ecouter je ne sors pas dans la rue sinon je me fais egorger. Merci president, je vais fermer a double tour chez moi et regarder josephine ange gardien.

lache anonyme a dit…

un lien pour rire : souriez vous êtes pisté !

Anonyme a dit…

ah, estrosi, enfin un qui n'a pas fait l'ena. On voit qu'on conséquence, il est tellement plus terre à terre, modeste,....

Threepiglets a dit…

Mouais, toujours l'angle mort de la gauche vis à vis de cette question.
Si la droite a besoin de l'insécurité pour sa politique sécuritaire, la gauche la justifie avec cette industrie de l'excuse perpétuelle et à gerber.
Si les caméras du surveillance ne servent qu'à fliquer le citoyen lambda, les "associations" et autres subventions du "c'est due à la pauvreté et aux problèmes sociaux" (en parlant de l'insécurité) sont là pour justifier une rente sociale d'un paquet de parasites, d'en bas ce coup ci.
Et pendant ce temps, la première des libertés, c'est à dire celle de se déplacer sans se faire bolosser dans un bus par exemple, est bafouée.
Quand les gens de gogoche auront compris que l'insécurité sociale c'est aussi cela, on aura avancé.
En attendant, on peut dire qu'ils sont les idiots utiles de cette politique, sous couvert de larmoiement et misérabilisme déplacé.