jeudi 27 décembre 2007

CONVERSATION AVEC SEB MUSSET > 27.12.07

Conversation désabusée sur les quais de scène avec Seb Musset pour un bilan franco-français de 2007.
Espoirs déçus, prise de conscience que le pays aime sa soumission au marché, 2007 est une année grise qui en annonce une noire.

lundi 17 décembre 2007

SEXE ET SYMBOLES : FUCK ME I'M FAMOUS

On annonce le couple glamour à la Une du Figaro*, de l'Express, de point de vue, de Guts et de Tiercé Magazine, le tout relayé à longueur de journée sous couvert d'appels des auditeurs** par les radios periphérico-Umpésiennes. Finalement ce n'est pas Laurence Ferarri, la journaliste au sobriquet pourtant ad-hoc, que notre président à choisi comme première dame mais la plus plus conciliante Carla Bruni, mannequin héritière tendeance Bobo-fin de race à voix fluette attirée par le pouvoir qui le lui rend bien. Honnêtement à quelques encablures d'une année 2008 qui s'annonce d'un point de vue économique - donc en bout de chaîne d'un point de vue humain - catastrophique comme jamais, à l'heure où du CRS débonnaire balance du SDF trop bruyant dans la Seine en l'invitant à coup de matraque à remballer sa tente de pauvre parce qu'elle gêne le panorama des blaireaux moyens qui viennent faire leurs emplettes de noel, en ces périodes de fête où de plus en plus de ces blaireaux moyens commencent à réaliser qu'ils ne sont en fait que des pauvres cons de pauvres qui risquent de finir sous une tente, n'est-ce pas une fois de plus, se foutre un peu de la gueule des électeurs que d'organiser un photo-call à Disneyland dans l'espoir que la saison deux du feuilleton "gloire et pouvoir à l'Elysée" soit encore plus clinquante que la première ? Le peuple en serait tombé si bas qu'il en oublierait ses misères privilégiant les rebondissements de la vie sentimentale à paillettes de son président ? C'est à craindre. Ainsi soit-il. J'attends qu'un journaliste burné, étranger donc, demande à notre présiment s'il compte prendre un ou deux tabourets pour escalader la poupée gonflante des stars le soir des noces ? Aurait-il trouvé dans cette couverture glacée un moyen de pression géo-politique ? Peut-être qu'en la donnant aux FARC, à condition qu'elle ne chante pas, il pourrait récupérer Ingrid Bétancourt***.

* renommable après cette glorieuse semaine : Kadhafi Magazine.

** scénarisé, mis en scène, avec un casting toujours parfait : le supporter de l'action du gouvernement, le contre qui avance des arguments contraires et le super énervé qui décribilise tous ces arguments contraires.

*** valeur étalon de la patience à laquelle j'accole l'image pieuse récemment découverte pour me calmer à chaque fois que la file d'attente au Champion de La rue de Buci se prolonge plus de douze minutes, c'est à dire systématiquement.

vendredi 30 novembre 2007

SUPER POUVOIRDACHA MAN

Allocution Tf1-confort depuis l’Elysée de ces idées à sens unique pour le présiment courtes pattes au bras long. Phrases creuses et manichéennes, évidences et pléonasmes assénés comme des cours de raisonnement de mathématique quantique. Ce type est une arnaque du sol au plafond* à la fois cause principale et conséquence logique de la médiocrité française. Quand est-ce enfin qu’un journaliste courageux - espèce en voie d'extinction - mettra le point sur la ressemblance évidente entre ces deux comiques populaires français dont l'intégralité du registre balance de la fausse compassion à la nervosité stérile :

LOUIS DE FUNES jouant Daubray-Lacaze un petit policien provincial véreux dans La zizanie de Claude Zidi (1977)
Mon premier point, le plein emploi.
Mon deuxième point, le plein emploi.
Mon troisième point, le plein emploi.

NICOLAS SARKOZY ce soir, depuis son bureau de l’Elysée devant ses laquais journaleux.
Parce que, au fond, quel est mon but monsieur d’Arvor ? Le plein emploi.







* Le figaro publie pour la première fois un sondage de popularité où notre homme flint tombe en dessous des 50% de popularité.

vendredi 23 novembre 2007

TOUT VA BIEN MES CONS DE CITOYENS

NS TV version front populaire
Il faut savoir terminer une grève

C’est l’hollywoodien Sarkozy remakant un vieux Maurice Thorez. Un message vraisemblablement destiné aux médias qui le prennent au pied de la lettre. Il n’y a donc, selon eux, plus de mécontentement en France. Apothéose de l’intoxication médiatique : le déni de vérité.

samedi 17 novembre 2007

PENDANT CE TEMPS, LES CHINOIS MEURENT D'ENVIE DE CONSOMMER

Le conseil constitutionnel valide les tests ADN dans le cadre de la régularisation des sans-papiers mais interdit la moindre statistique ethnique les concernant. En France, on peut désormais déporter la conscience tranquille du moment qu’on ne compte pas. Seule l’hypocrisie flamboie encore dans l’ex-pays des lumières.

Malgré le silence étonnant du présiment, l’omniprésence de ses ministres rassurants sur les plateaux des médias en charge de la bonne diffusion de la pensée d’état - c’est à dire tous sauf les chaînes de jardinage - et la négociation supposée des représentants syndicaux, la base populaire – c’est à dire entre autres les étudiants, les cheminots, les juges, les hôtesses de l’air - poursuit le mouvement de grève. Début de confusion embarrassée dans les médias et à la tête du pays qui se sont laissés intoxiquer par leur propre propagande. Preuve supplémentaire que ce pays est bien divisé en deux : celui que l’on voit sur l’écran - l'élite - et celui que l’on voit dans la rue - le reste -*. Revolution will not be televised.

Pour nous rassurer sur l’éventualité d’un nouveau monde débarrassé de la barbarie capitaliste, petite brève locale en provenance de l’empire émergent : Une promotion exceptionnelle dans un hypermarché Carrefour en Chine est le théâtre d’une bousculade géante à l’ouverture. Bilan : trois morts piétinés.

* rappelons-nous les six mois qui, dans les médias, précédèrent la supposée validation populaire par référendum de la constitution européenne en 2005....

lundi 12 novembre 2007

LA VRAIE FRANCE

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs pas contents. Un cortège de marins pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement Invectives, noms de poissons pas frais, le montage des journaux télévisés insistent sur le courage du présiment dont le seul acte de résolution des conflits est de se présenter en personne sur le théâtre de la contestation.

NICOLAS SARKOZY
Dites-moi, combien de présidents avant moi venaient vous voir ?* Aucun.

Et le pèlerin continu son chemin. Hier il était au Tchad, ce soir à Washington avec son poteau Bush. Les journalistes sont cantonnés à l’illustration audiovisuelle du tourbillon Sarkozy, c’est plus clair ainsi. Plus aucune analyse, pas de recul, toujours dans le feu de l’illusion, des belles paroles et des promesses.

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards entourés de leurs journalistes, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs déchaînés. Un cortège de marin-pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement, un journaliste local filme. Cette fois, on entend plus Sarkozy mais tout ce que se hurle autour de lui.

LA FOULE
Ordure ! Escroc ! 140 % !**

Le présiment fend la foule selon les grandes lignes dessinées à coups de latte par ses bodygards.

JUJU DANS LA FOULE
Enculé !***

C’en est trop, et puis la caméra de TF1 l’a peut-être entendu, le présiment s’arrête.

NICOLAS SARKOZY
C’est qui qu’a dit ça !

JUJU
C’est moi.

NICOLAS SARKOZY risible empereur récemment plaqué par sa femme, dressé sur la pointe de ses talonnettes.
Descend un peu me le dire en face !

JUJU
Si je descends j’te fous un coup de boule alors vaut mieux pas…

LA FOULE
Ouais vas-y JUJU !

JUJU
Hein 140% d’augmentation… Tu gagnes combien par mois escroc !

Acclamations****. Le présiment à court d’argument continu son souverain pèlerinage dans la merde sociale des gens qu’il méprise profondément. Montés en intercalaire et dans la continuité des images diffusées en boucle à la télévision, on saisit l’ampleur du malaise qui s’amplifie depuis la rentrée en France et qui est sciemment ignoré par le gouvernement et ses médias. Un visage de La France ignorée se révèle dans sa crudité sur la toile. La contestation monte, le péquenaud est déçu, les prix augmentent, on lui avait dit qu’il gagnerait plus, on lui dit désormais de faire du vélo et de manger des biscottes. Seule la qualité de vie des riches s’est objectivement améliorée en six mois de présimence. La colère gronde, et avec elle sa compagne, la connerie.

VERSION OFFICIELLE (avec CAC 40 inclus) :


VERSION REELLE (on passe de "SARKOZY s'énerve" à "SARKOZY insulté", il devient ce qu'il est en fait : passif):


* seul et unique argument de notre présiment lors de ses safaris provinciaux, dont on se demande combien de temps il va encore tenir. Je veux dire, même TF1 va s’en lasser à un moment ou un autre.

** rapport à l’augmentation de salaire que notre présiment s’est récemment votée. Gentils marins pécheurs, ils ne savaient pas alors que cette hausse de salaire était en fait de 172%.

*** Animé par la rage et la passion, Juju synthétise en un mot, les conclusions d’un an de ma stérile réflexion au sujet de notre présiment.

**** Bizarrement, non captés les ingénieurs du son des télévisions françaises.

vendredi 9 novembre 2007

LES ENNEMIS DE MES ENNEMIS

L’avantage d’être au pied du mur face à un ennemi dont la moindre facette vous répulse idéologiquement, c’est de se découvrir de nouveaux amis jusqu’alors méprisés. L’acteur Philippe Torreton que je ne portais pas spécialement dans mon cœur pour ses prises de position politiques au nom du peuple, surtout en périodes de promotion, prononce cette phrase si juste au sujet de notre présiment de la république et la base du rapport qu’il entretient actuellement avec le pays :

« Nicolas Sarkozy dédouane les gens de mal penser. »

Mis à part les médias français intégralement à la botte idéologique du nabot, mis à part la majeure partie des français lobotomisés par la septième saison de la Star Academy et une tapette à connards géante dénommée Coupe du monde de Rugby, comment ne pas voir ce qui se passe, insidieusement, dans ce pays depuis la rentrée ? Rafles de sans papiers, instaurations de tests ADN au titre hypocrite de l’aide au regroupement familial, incitations à la dénonciation. Et Les Français seraient pour ?

Face à cela une France toujours en crise, prenant de fouet une hausse record du dollar, une autre sans précédent des prix du pétrole et une multiplication par trois du prix des matières premières alimentaires. On le sait, la croissance sur-vendue par le candidat présiment ne sera pas là avant, au mieux, deux ans. On le sait, le fameux pouvoir d’achat si crucial pour nos concitoyens petits-bourgeois est plus que jamais en berne. On le sait, la vague du krach boursier chinois gronde au large. On le sait, les prix de l’immobilier dans les quartiers moyens va baisser parallèlement à la hausse des fameux taux d’intérêts variables si tentants pour les aspirants spéculateurs d’hier quand le marché était en hausse.

Crise renforcée au moment où le peuple se croyait sorti du tunnel, racisme même plus larvé, boucs émissaires tout trouvés, tyrannie des victimes, haro sur les coupables et au plus haut sommet de l’état une rhétorique populiste au service de recettes miracles, voici venu le temps de la barbarie débonnaire façon Berlin 1936.

Il est toujours flatteur de jouer les oiseaux de mauvais augure mais comment, une seule minute, peut-on concevoir qu’il va sortir de cette époque écœurante quelque chose de bon pour la race humaine ?

vendredi 2 novembre 2007

LES CHINOIS A PARIS, LA ROUE TOURNE

Ça y est on y est, ce cauchemar bourgeois que j’annonçais et que personne ne prenait au sérieux dans mon entourage désormais en quarantaine de sarkozistes se vérifie enfin de la bouche même de la ministre du travail d’un gouvernement qu’ils ont élu, et ce à quelques encablures des cent dollars le baril de brut :

CHRISTINE LAGARDE
J’en appelle aux citoyens** : Utilisez vos vélos !

Grosse erreur de communication au sommet de l’état. On pourra faire tous les Grenelle de l’environnement que l’on voudra mais faut pas toucher à la voiture à papa ! Même en le culpabilisant sur le réchauffement climatique, cela restera dur de faire comprendre une bonne fois pour toutes à l’occidental embourgeoisé qu’il va devoir rouler en vélo parce que le Chinois en quête d’embourgeoisement veut rouler en voiture. Après tout, chacun son tour.

** à savoir "les pauvres" par opposition à la classe à laquelle la ministre appartient et dont elle sert en exclusivité les intérêts.

jeudi 25 octobre 2007

2 MONTHS IN PARIS

Me voila parisien...à nouveau.

J'ai repris le travail à la con. Mon cerveau est en déconfiture certes, j’ai bientôt trente six ans, c’est certain, il n’y a pas un moment de ma vie à Paris où je suis bien. Ce sont là des signes inquiétants qui au moment où j’entre tête baissée dans une vie active normée en pleine capitale devraient m’inciter à m’enfuir à grandes enjambées vers d’autres contrées désertées.

Jardin du Luxembourg. Je cherche du regard quelque chose d’agréable mais, et je ne le répète que cent fois par jour, je déteste Paris. Sur la surface gélatineuse de l’eau couleur vinasse périmée, les feuilles mortes s’agglomèrent en plaques jeunes ambrées. Ici aussi j’entends plus parler anglais qu’à Londres, où j’entendais beaucoup parler français. Quand vais-je enfin en finir ?

Matin brumeux, café au comptoir d’un troquet de la gare de l’Est pas loin des ouvriers en ravitaillement de mégots. Moi aussi, j’attends pour embaucher. Le reste de la journée n’est qu’une montée de nerfs sur le montage virtuel d’une émission inintéressante pour une chaîne publique.

Le week-end suivant. Retour dans mon quartier à bobos. Journée d’une douceur estivale où je découvre pour la première fois, colonisé par ses touristes, le centre pittoresque de Paris dans lequel j’ai la luxueuse chance d’habiter. Nous remontons la rue Saint André des Arts pour déboucher sur Notre-Dame De Paris. Je ne réalisai pas en venant dans ce quartier, réserves pour riches, la place privilégiée que j’y occupe ironiquement, moi qui n’ai pas d’argent et déteste Paris. L'aimée se rassure de notre drôle de précarité en me faisant état des remarques glanées lors de la soirée d’auto célébration des trente ans d'une amie. Notre nouvelle adresse fait des envieux, notamment dans la classe de ces médiocres trentenaires sarkozistes. Ces petits-bourgeois déclinants et esclaves à temps plein - fils et filles de petits-bourgeois parisiens à la retraite dorée - pour assouvir leur désir d’être propriétaires - situation à jamais impossible financièrement s’ils restent dans Paris intra-muros - se relèguent d’eux-mêmes dans de blafardes banlieues de type Garches ou Juvisy dont la seule évocation faisait horreur aux ex-éternels étudiants il y a encore deux ans. Ils s’y terrent dans une semi-honte, se consacrant à customiser à l’excès leurs nids douillets pour nier cette fatalité : ce sont des pauvres.

MARIE P. (deux heures dix de transports en communs pat jour, ex-locataire durant sept ans d’une studette de vingt-deux mètres carrés donnant sur le boulevard périphérique au niveau de Malakoff et désormais propriétaire en trente-cinq ans d’un trois pièces de type hlm à Sceaux, éructe avec dégoût bourgeois) :
Trente deux mètres carrés, je ne pourrais jamais !

Après l’Angleterre et sa rue Perverse, la baie déserte de La Rochelle et l’exil rural en grange humide en plein poitou, nous voici débarqués dans le Beverly Hills français à manger nos saucisses lentilles à même la boite au sein d’une surface de trente-deux mètres carrés dont le balcon surplombe les pubs et restaurants les plus branchés. Etablissements que contemple de son regard désolé, Prince, à la fois notre chat et notre fils unique. Germanopratins issus de la petite-bourgeoise en déliquescence, mangeant avec les doigts dans le quartier le plus cher du pays, cultivés avec modération et désormais doublement sous-payés, nous sommes la définition pleine du terme bourgeois bohême.

Quant à ma précarité toute relative et l’étroitesse de mon habitat, la rudesse de mon séjour anglais m’a rodé à ce type de promiscuité sur fond de maigres revenus. Je me suis fait une raison : un locataire de mon genre n’aura jamais à la fois, une salle de bain et une cuisine. Pour des gueux comme nous, ce sera toujours l’un ou l’autre.

Peu importe, je passe avec l'aimée un charmant après-midi ensoleillé sur les bords de Seine dans un Paris, non pas que je redécouvre mais que je découvre, un vieux Paris aux rues serpentines où se succèdent troquets typiques et petites boutiques à touristes, quartier majoritairement piétonnier bordé d’un autre Paris urbain gorgé de vélos et de roller skates qui slaloment entre des bourgeois à la retraite effrayés par ces temps modernes où le travailleur minoritaire se remet à pédaler.

Retour au travail. Je cumule heures et nervosité, marquant progressivement mon workspace de mes stylos, de mes étiquettes, de mon vélo dans l’entrée et de mon casque stéréo attitré. Pourquoi suis-je là ? Je perds littéralement mon temps, ne lit plus rien, écrit à peine plus, m’évertue à produire de la merde au plus bas de la chaîne de conception. Pourquoi me lève-je si tôt ? Pourquoi gagne-je plus ? Pour une bouffée de nervosité, pour les souvenirs, pour paradoxalement oublier que je suis ici. Je travaille plus et par conséquent gagne plus. Je suis malgré moi la vérification du paradoxe de Sarkozy. Lentement, je prends conscience à mon corps défendant que chaque président de la république, qu’on le veuille ou non, marque un tournant.

Mon occupation quotidienne se concentre donc sur le rien du rien. Je fais. En ce sens, je suis utile. Je participe à la confection d’une tache donnée dans un cadre professionnel qui, lui-même, me confère une identité sociale. Je fais et jamais je n’ai eu cette autant impression de perdre mon temps à le gagner. Me consacrant à la réalisation de ce que j’estime n’être rien, mais qui n’est pas un rien dont je suis le décideur, j’en viens à éprouver un sentiment temporaire de compassion provisoire pour mes collègues de quelques semaines, les autres salariés.

En ce jour de grève dans les transports publics, les salariés, personnifications contemporaines du masochisme ancestral qui anime l’humain, sont tous stressés de ne pas pouvoir rejoindre leurs lieux de travail dont ils ont pris un malin plaisir à vivre le plus loin possible. Ils stressent ainsi à la terrible idée de ce qu’ils vont aujourd’hui gagner en moins. Vivant avec rien depuis dix sept ans, je pars, en vélo, au travail dans l’optique de gagner plus. Certains galériens, principalement les stagiaires, mettent cinq heures pour arriver en voiture à la mine où ils sont exploités, je fais le trajet en neuf minutes de bicyclette dans des couloirs de bus entièrement livrés à mon coup de pédale.

Principal motif de satisfaction de cette semaine parisienne, l’abandon du métropolitain pour un retour à la bicyclette. Au-delà de l’économie de miasmes humains et du gain de temps - neuf minutes pour raccorder le boulevard Saint-Michel à la gare de l’Est, record battu tous moyens de transports urbains confondus - le vélo, par son positionnement au centre de la chaussée donc des perspectives et l’ouverture du champ de vision qu’il offre, est le moyen le plus efficace de contempler Paris : Le défilé immobile des fines artères de part et d’autre des flux sanguins, les tranchées d’immeubles dépareillés qui, enfin, prennent un sens un tant soit peu esthétique. Cette ville n’est esthétiquement et pratiquement pas faite pour la voiture. Pratiquement, un après-midi passé au volant d’une voiture parisienne en apprendra à tout homme sur ses aptitudes à encaisser le stress et sa propension à la tolérance en général. Paris est une capitale qui est à l’origine un village conçu pour que le piéton occupe la chaussée. Esthétiquement, relégué sur le trottoir à l’ombre des arbres collés les uns aux autres, le piéton ne peut pas profiter des perspectives qui sont abandonnées aux voitures dont les toits couverts bloquent aussi la contemplation. De la continuation de cette confusion entre village et capitale, rien de bon ne sortira. Du village et de la capitale, un des deux doit disparaître ou, tout au moins, se soumettre à l’autre.

Qu'est qui unit les parisiennes, que ce soient les pisseuses de seize ans en jupes-tailleurs et collants noirs qui jacassent mouillées dans le métro parce qu’elles viennent de croiser Louis Garrel devant le café de Flore, les vieilles peaux grisâtres de célibataires pourtant trentenaires qui filent stressées sur les boulevards la clope au bec, les quinquas en descente, plâtrées au maquillage multicolore, sursautant à chaque passage de vélo alors qu’elles s’étalent de leurs démarches lourdes sur les pistes cyclables ? Elles me regardent toutes de haut, sans une once de chaleur dans leurs regards de crasse.

Étrangement, c’est ici, dans ma studette sur rue piétonne, au cœur de cette capitale village que je hais par dessus tout, et alors que je suis devenu un salarien comme un autre, que je me sens bien. Oubliée la Charente et ses rochelais et le bon temps du beau temps. J’en recroise quelques-uns sur le site de la télé-locale du coin*, je capte les échos de températures médiocres aux bulletins météos et, entre deux pédalages hystériques au milieu des fumées de bus sur le boulevard Sébastopol, rien, pas même la nostalgie du ciel si bleu qu’il en est noir.

J’en avais enfin assez de l’esprit charentais. Depuis ma terrasse charentaise, j’ai assisté mi-goguenard mi-rageur, à la mutation de la région dont avec mon exil il y a six ans j’ai été, malgré moi, l’un des amorceurs. Le péquenaud local, crétin mais attendrissant, qui n’a pas eu la sagesse d’investir dans l’immobilier locatif, a laissé sa place à une classe moyenne pondue à la chaîne M6 et constituée de tubes digestifs gobant toutes les couleuvres, travaillant et croyant aimer ça, chiant de la banalité à l’année. Le crétin français, mi-trentenaire, en pleine hypnose auto-suggestive est persuadé de faire partie de l’élite mais il achète tout discount, se croit au-dessus des autres mais fait la queue avec eux à la grande surface du coin à la première heure du premier jour des promos. Il est propriétaire mais à cent bornes de son travail d’esclave, il a des polos Gucci et quatre crédits sur le dos. Ce crétin là n’a plus les moyens d’habiter en ville et se propage comme de la mauvaise herbe dans les coins jusque là les plus paumés de province. Tandis que les centres des grandes villes redeviennent de vrais villages, les lointaines banlieues ignorées il y a encore trois ans se gorgent jusqu’à l’écœurement de nouveaux propriétaires persuadés d’être à la campagne, n’ayant pas encore conscience - mais l’auront-ils un jour ? - qu’ils reproduisent le système des ghettos excentrés pour pauvres. Quoique stressés par la réalité des échéances, ils bâtissent gaiement en quarante ans de mensualités leurs futures prisons : les cités pourries mais horizontales de demain, loin, bien loin, des vrais riches.

Mon malaise d’il y a deux ans qui nous a conduit sur un exil anglais, parenthèse parmi les parenthèses, était essentiellement du à cette arrivée massive de gros cons qui s’est accélérée entre 2004 et 2006 avec leur cortège d’animaux domestiques, de grands-parents, de poussettes, de mauvaise humeur, de bêtise crasse et de bruit en général. Même un village reculé comme l'était le notre n’a pas tardé à se faire rattraper par la fièvre du béton. Avec ses trois cents maisons particulières en parpaings champignonnant subitement hors des champs et son centre commercial en construction à deux pas de l’école, le hameau va directement devenir cité après un bref passage dans la rubrique région bourgeoise avec mini-baguette à un euro cinquante ! Ni boulanger, ni retraité, ni petit-bourgeois et, malgré tout l’attachement que j’ai pour le ciel de La Rochelle, je n’avais plus rien à faire dans cette région.

Regardant la plèbe de ma terrasse au soleil en plein sixième, boycotteur volontaire de tout transport public, avec une grosse berline bichonnée dans un parking souterrain loué une fortune, serais-je entrain de glisser bourgeois ? Par chance, je n’ai pas d’argent. C’est précisément l’excuse que sortent toujours les bourgeois.

Retour à pied vers mon petit studio vers St Germain des près, la petite rue est bondée de supercakes qui ont tout investit dans la sape et qui traînent là histoire de faire croire aux badauds qu’ils habitent dans le quartier. Je passe en baskets de prolos, k-way et sac à dos au milieu des bandes de mâles aux parfums à pédés qui poireautent dans le froid pour rentrer, un jour, dans ce pub doré. Je fais mon code et passe derrière la porte verte. Le bourdonnement des bouseux disparaît au fil de la montée des marches en velours de l’escalier lustré.

mardi 9 octobre 2007

PUTAIN NICO EST ENTRAIN DE ME TUER

Veuillez excuser cet arrêt momentané des transmissions mais je travaille actuellement plus (beaucoup trop) pour gagner plus (si peu).

J'y reviens au plus vite promis. En attendant n'hésitez pas à fouiller dans les archives, y a de quoi faire.

samedi 22 septembre 2007

HYSTEROVALIE

Ce soir là La France rencontre l’Irlande pour un match éliminatoire de la coupe du monde de Rugby. Inutile de préciser que le chauvinisme d’un peuple dont le moral est aux abois sera au rendez-vous. A l’occasion d’un changement de dvd entre deux films*, je tombe en pleine deuxième mi-temps de match. Je me penche, un instant mais pas plus, sur ce sport dont je garde un souvenir assez inoffensif des sympathiques supporters**. Avec le football, on a souvent à faire a des cons bêtes et méchants, avec le rugby nous avons là de gentils cons, bien disciplinés. Je ne saurais dire quel est le pire ?

Quant au sport en question, sa complexité est sur-annoncée pour flatter l’improbable intelligence du téléspectateur moyen. Rassurons-nous : il s’agit bien de mettre le ballon dans le camp opposé. A la vue de ses brutes sanguinaires, niveau zéro ou bien aboutissement suprême de la civilisation, de ce ballon qu’on ne voit jamais, de ce va-et-vient de spectateurs leurs hot dogs à la main dans les tribunes et de people peinturlurés de bleu blanc rouge, je ne peux m’empêcher de faire la connexion entre cette passion spontanée*** pour un sport collectif hautement chiant et l’hystérie commerciale autour du football américain, encore plus soporifique, qui agite le peuple du nouveau-continent depuis vingt ans. Une fois de plus, nous sommes plus américains que les Américains. Valeur de fraternité et tactique de l’effort collectif, cohésion nationale autour de bourrins écervelés : Le Rugby est le sport sarkoziste parfait. Manque de bol, ce soir, les trépanés édentés propulsés au rang de Dieux ont gagné. Sale soirée qui, inévitablement, en annonce d’autres.

* Caché de Michael Haneke (2005) et Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam (1979)

** qui, par un habile mécanisme, m’ont assuré une rente financière de 1993 à 1997.

*** unique résultant d’une fine conjonction entre avidité du marché en conquête de nouveaux territoires, le besoin de communion des masses sur la base du plus petit dénominateur commun et, surtout, de sa propension à croire. La croyance étant ici comme toujours : la supériorité de la nation. C’est sur ce même sentiment de base que les élites planquées plongent régulièrement leurs peuples dans la guerre.

MESQUINS DU MONDE

C’est là bien la seule valeur de l’électeur sarkoziste, l’unique corde sensible dont le nain gris de l’élite à su jouer à la perfection pour conduire le troupeau à l’élire : l’égoïsme bourgeois qui siège en chacun de nous, occidentaux obscurantistes de plus en plus acculturés.

Ma propriétaire, Madame G., affolée de mon départ annoncé, parce que c’est du manque à gagner devient hystérique dès lors qu’il s’agit de faire visiter à de nouveaux locataires la grange réaménagée qu’elle me loue et qui sert d’attrape citadin. Hors de question bien sur qu’elle me reprenne à prix cassés les équipements électroménagers flambant neufs que j’ai du acheter pour son endroit dénué de tout confort à ce niveau, ça ne [l’]intéresse pas, [elle n’en a] pas besoin. Hors de question d’annoncer aux nouveaux locataires qu’ils ne pourront ni brancher une plaque électrique ni une plaque de gaz, qu’ici rien n'est aux normes, que tout a été bricolé à l'économie, pas plus que de les avertir que l’endroit est soumis aux inondations et qu’à ce propos, bien que le mal fut identifié par votre narrateur rien n’ait été réparé. Pas d’espoir de ce coté là non plus ni de celui d’un remboursement de mes trois pauvres derniers meubles ayant survécus à mes moult déménagements et qui furent détruits par l’inondation d’août dernier. Par contre, Madame G., qui conduit les visites de nouveaux locataires, ne manque pas de me de me demander où elle pourra m’envoyer la facture pour l’entretien annuel de la chaudière que je suis censé effectuer une fois l’an. La mesquinerie du petit-bourgeois pro-sarkoziste est reconnaissable entre milles, il s’agit de pauvres qui, bercés par les sirènes télévisées, jouent aux riches mais n’arrivent pas à se défaire de leurs habitudes de pauvres sans toutefois avoir l’honnêteté ou l’intelligence - souvent les deux - de le reconnaître. Et dans les faits c’est vrai que comparé à leurs modèles, l’élite de Neuilly, ils sont en fait bien plus proche de ma misère que de l'opulence stratosphérique des patrons du CAC. Pourtant, ce sont mes propriétaires. Ils possèdent et moi pas. Mais, ils possèdent à crédit, le plus souvent en échange d’une vie complète de soumission. Une fois arrivés à la retraite ces bourgeois là tremblent de terreur parce que leur locataire leur a déposé un préavis de départ d’un mois et qu’ils auront un manque à gagner d'un mois de loyer ! Trembler pour six cent vingt euros et refuser de faire le moindre frais pour améliorer le quotidien basique de ses locataires, est-ce une preuve de richesse ou de mesquinerie Madame G. ?

Ma seule force, qui me rend libre, est de savoir dans quelle catégorie je danse, leur unique faiblesse, cause de leur interminable terreur d'avoir moins, est de prétendre incarner ce qu’ils ne seront jamais : l’élite financière ou intellectuelle. Ils sont à la richesse ce que l’aspartam est au sucre. Ils sont à la bêtise ambiante du modèle sarkozien ce que le sucre est à l’organisme : un carburant indispensable.

Comme je le dis souvent à ma mère en son château vétuste : "Quand on a pas les moyens de faire le plein de sa Jaguar, c'est qu'il est temps de se mettre au vélo !"

mercredi 19 septembre 2007

BREVE DU POITOU

Place du marché désert, un village reculé du Poitou profond, le cœur d’un de ces après-midi chauds figés dans l’intemporalité, j’écarte le rideau de lianes en perles de plastique multicolores et entre dans la boulangerie poussiéreuse parce que, con comme je suis, je cherche une baguette. Pas de baguette ici monsieur. On a de la 80, de la festive, de la joyeuse, de la granité, de la au Sésame, au noix de cajou, du pain au réglisse, à la moutarde et à la merde me grogne dessus le Kubota aux plis moulés à la louche dans un tablier à fleurs jaunes, bleues et vomies. Tant pis, je ne lâcherai pas un euro cinquante pour une demi-baguette au prétexte qu’on y a rajouté un arachide de synthèse. Mais, merde j’ai faim. Mon regard tombe sur cette dernière viennoiserie molle autour de laquelle quelques insectes orbitent endoloris à l’approche de l’automne et dont je ne pourrais décrire si elle est décorée de fruits confis ou de fientes d’insectes.

SEB MUSSET de sa voix penaude teintée de bienveillance et d’un amour naïf et pour son prochain
Bon bah, je vais prendre un pain aux raisins.

Le tromblon à conne lisse s’exécute.

LA BOULANGÈRE que je me représente avec un mégot à la commissure de ses lèvres couleur vinasse aboie sa dernière question d’une voix rauque - ça c’est de la didascalie - :
- Et avec ceci ?

SEB MUSSET fier de ne pas avoir à sortir plus de quatre vingt centimes d’euros de sa précieuse cassette, regard de braise, de trois quart, pince la bouche à la manière d’une stagaire à LCI fraîche émoulue de l’école de journalisme.
- C’est touchhhh*.

La boulangère déjà d’humeur cendrier pousse un long soupir de mécontentement à pépites de glaviot. Zut, moi qui comptais lui laisser un pourboire bien que dans ce domaine je pense qu’elle dispose déjà de ce qu’il faut backstage. La monnaie rendue jusqu’au dernier centime que je m’empresse de recompter, je sors majestueux, soupesant la friandise tiédie par l’après-midi et une vitrine en plein soleil. Apercevant une pancarte suspendue me faisant dos, je décide d’un geste aérien de détendre l’atmosphère guindée de l’endroit si select et pivote l’écriteau vers moi. Un cri guttural remonte de l’enfer et me saisi d’effroi.

LA BOULANGÈRE
On touche po à ço, c’est fragile, ca tient po ! On touche po !

La vibration tétanise le pédant auteur et votre narrateur redevient soudain ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être, un petit connard piqué en flagrant délit de chourravage de sa dose quotidienne de Carambars au Monoprix du Boulevard Murat.

Sur la pointe des pieds, je tente d’immobiliser l’écriteau qui se balance au-dessus des babas au rhum et je sors sans un regard, sur la pointe des pieds, préparé à recevoir d’une seconde à l’autre une rafale de chevrotine dans le cul. Une fois dehors, j’estime que je m’en sors plutôt pas mal. Cela aurait pu être pire : j’aurais pu être anglais et ne pas parler un mot de français. Sur la place du marché pas plus peuplée qu’avant JC, j’enlève de son papier gras le petit pain aux fientes confites et, parce que la curiosité me tuera, me tourne vers l’échoppe pour découvrir ce qui est inscrit sur la table des lois en police manuscrite Oui-Oui 130 :

« Coupe du monde de Rugby : Ce soir France Namibie ! »

Il faudra que je me penche sur ce virus soudain du Rugby qui, du Boulevard St Germain au marais poitevin, rend hystérique ce peuple français. Peuple désarmant à la naïveté touchante de ses délicats mouvements de masse - tout y est fait par paquets de quinze millions minimum -, peuple si déprimé qu’il veut gagner à tout prix quelque chose, une coupe du monde, le trophée des cons ou un tournoi de boules.

* se référer à Avatar un enfant du siècle, un livre qui vaut ce qui vaut mais qui en vaut bien d’autres.

vendredi 14 septembre 2007

IT'S A MADDIE WORLD

Quelle surprise ! Après quatre mois d’enquête au Portugal, du chagrin on-line déversé par kilotonnes sirupeux via avatars et bannières dans la blogosphère larmoyante et moutonneuse des jeunes mères de famille qui s’emmerdent à domicile immobilisées avec des enfants-rois qu’au fond elles apprécient peu dès lors qu'ils se mettent à interargir en tant qu'humain, après le kaleidoscope à l'unisson des unes mondiales du tabloïd le plus crasseux à l'honorable quotidien communiants tous dans la douleur indescriptible d’une famille faisant face à l’adversité, ce couple modèle de beaux blonds médecins contrant courageusement l’horrible pédophilie galopante qui gangrène le monde des gentils des adultes. Après David Beckham et l’équipe nationale de football chantant à l’unisson pour la réapparition miraculeuse de l’enfant martyr, après une bénédiction du pape en mondovision*, après l’indiscutable innocence face à l’impardonnable lâcheté appelant la loi du talion voici venir le temps du doute. Il aura donc fallu quatre mois et la découverte de quelques indices troublants pour que les enquêteurs portugais susurrent ce dont je suis certain depuis plus de trois mois : il n’y a dans cette histoire pas plus d’enlèvement d’enfant que pédophile hideux. Avant le grand lynchage, et histoire de ne pas retourner sa veste trop vite, les médias travaillent l’opinion populaire pour lui faire comprendre que, peut-être mais c’est à prendre avec des pincettes, ce serait ses parents qui auraient accidentellement tué la petite Maddie**. Ils lui auraient injecté une trop forte dose de somnifère pour qu’elle reste, bien sage, dans leur chambre d’hôtel pendant qu’ils se torchaient la tête à coup de gros blanc*** entre colons prétentieux de l’upper-middle-class anglaise dans cette cantine portugaise sans âme pour touristes se la jouant jet-set.

Pour le moment, avant les aveux, le consensus mou nie toujours l’évidence. Discrètement, les bannières de soutien aux parents de Maddie disparaissent des blogs.**** Le monde dans ses grandes largeurs médiatique et idéologique s’est fait ridiculiser. Le nez dans sa merde, il nie toujours mais à voix basse : Les parents sont innocents et les pédophiles sont méchants. Quelle étrange curée envers les abominables abuseurs d'innocence lorsque les chiffres montrent clairement qu’au hit-parade des viols et violence sur enfant on retrouve en tête de classement… les parents ! Que l’homme devient encore plus con des lors que l’enfant entre dans l’équation de sa réflexion limitée ! Quand bien même on dénombre quelque chose comme un attouchement pédophile pour mille tabassages d’enfants par leurs parents biturés, la voix populaire des parents angoissés le réclame : que l’on coupe les couilles aux condamnés! Et si l'on a doute sur la culpabilité, tant pis, on coupe aussi ! Pendant ce temps, l’alcool se répand à flots détendus sur la planète des crétins qui laissent crever leurs bambins. Selon le même principe de précaution, c’est donc l’homme dans son intégralité merdeuse qu’il faudrait songer à stériliser.

Une pensée pour Maddie puisque dans cette histoire, que ce soit pour les plaindre ou désormais les lyncher, l'opinion a toujours vu cette histoire du point de vue des parents.


* étonnant que Sarko ne s'en soit pas mêlé.
** depuis début mai, la disparition de la petite Maddie dans une chambre d’hôtel d’un village de vacances portugais tient le monde médiatique en haleine et à susciter une sympathie planétaire pour ses parents, beaux et convenablement friqués, les prototypes de l’humble réussite occidentale.


*** 14 bouteilles pour 8 selon un témoignage.

**** avant bien sur le prochain déferlement anti-Kate Mc Cann.

mercredi 12 septembre 2007

ECHOS PARISIENS

Jean-François Bizot, fondateur d’Actuel et de Radio Nova est mort. Encore un sur le fil du rasoir, et ils sont de plus en plus nombreux, à ne pas avoir supporter l’avènement sarkozien.

* * *

Un constat depuis mon retour à Paris. C’est désormais à Londres que l’on trouve les meilleures viennoiseries, les boulangers français les plus pointus y ont planté commerces. Les boulangeries de Paris, elles, cèdent peu à peu leurs pas de porte aux seuls travailleurs acceptant de se lever à trois heures du matin qui restent en lisse intra-muros, c’est à dire une poignée de maghrébins. Entendons-nous, je n’y vois rien de mal. Mixant labeur et perpétuité de la tradition, boulanger est la plus honorable des intégrations. Si ce n’est que quand je veux un couscous, je préfère aller chez un restaurateur kabyle que poitevin. Trop gras, fade, mou et de plus en plus cher, la qualité du croissant est en chute libre sur Paris. Optez désormais pour les pâtisseries plus sucrées.

* * *

Brêve de serfs chez Gibert.

LE PREMIER VENDEUR
Tu vois pour l'instant on a la première partie : travailler plus.

LE DEUXIÈME VENDEUR
Te plains pas c'est déjà bien, tant que ça dure.

LE PREMIER VENDEUR
T'inquiète ça va durer... encore quarante ans.

* * *

Je suis pas économiste ni adepte du" travail" mais la logique de ce travailler plus pour gagner plus me semble absurde dans l’optique d’un rétablissement de croissance, elle s'adresse à l'individu et non à la collectivité. Ne faudrait-il pas plutôt être plus à travailler ?

* * *

A Paris, même les aveugles sont teigneux. L’un d’eux me bouscule en m’insultant. Cette ville est un exploit de bêtise, son plus beau monument : la mine blafarde des cafardeux qui ont la haine d’être là.

LE SEIGNEUR DES EGARES (compte-rendu impressioniste de la première université d'été d'EGALITE ET RECONCILIATION)

Chemin tortueux, directions contradictoires, fausse route : je ne suis pas loin de tout laisser tomber et d’aller me recoucher. Subtile mélange d'arobica, d’instinct et de volonté, j’atteins enfin le lieu de la rencontre : le domaine de Grand Maisons. C’est ici qu’est organisée ce 8 et 9 septembre, la première université d’Égalité et Réconciliation, mouvement naissant et en cours de solidification autour des analyses et de la personnalité d’Alain Soral. Guest-list et coup de tampon, j’entre dans l’ancienne étable. Deux cent personnes sont déjà présentes à quelques minutes du lancement officiel. Premier sentiment, je suis agréablement surpris par l’hétérogénéité et la jeunesse des participants. Une moyenne d’âge de vingt-huit ans est citée par Soral. Je grappille quelques conversations et constate que la curiosité est un motif de participation au moins aussi fort que la volonté de combattre le système. Chacun veut transformer l’essai virtuel et voir ceux qui se cachent derrière le clavier. Bienvenue au speed dating socio-politique en milieu champêtre.

Tout de même, je m’étonne moi-même. Me faire venir ici est un exploit. Qui me connaît saura que je suis mal à l’aise dès qu’un groupe se constitue dans ma proximité et j’entends par groupe toute assemblée de plus d’une personne. Qui me connaît saura que je suis un farouche indépendant dans tous les domaines et que celui qui me fera devenir supporter aveugle d’un parti politique - même pas né - n’est pas né. Pourtant, je suis là. Pourtant j’y crois. Je suis là pour me rassurer. J’y crois sinon c’est la fin. Il n’y aurait plus qu’à me prendre un abonnement Canal Satellite, refermer le cercueil et le recouvrir de terre. Dans ce monde sarkozien, l’individu ayant un peu de sensibilité, un début de lucidité, un soupçon de réflexion et que, par nature, toute injustice empêche de jouir en rond, ce maudit là va au devant d’une lente et douloureuse agonie. Je suis un perdu parmi les autres : un mélange de conviction et d’impuissance, à la fois intimement convaincu d’être dans le juste et donc exclu de la pensée mainstream. En voyant les grandes affiches du mouvement trônant sur l’estrade, je réalise que la contraction d’Egalité et Réconciliation, c’est « égaré ». C’est le mot me venant à l’esprit quand je regarde cette assemblée, plus si petite, de gens jadis dépolitisés, de sceptiques qui cherchent à croire, de révoltés pur-jus et d’ennemis du passé. Nous cherchons nos marques dans le cercle des égarés.

L’organisation est minimaliste, l'effort de quelques irréductibles sur-motivés, Soral est visiblement tendu. Enjeu des deux jours : début du concret ou fin du rêve. C’est le combat qui commence ou le KO final.

L’université débute. « Restons cordiaux » précise Soral. La salle est divisée en deux rangées de chaises : à gauche et à droite. D’instinct les corps se disposent autour de cet axe au gré des sensibilités politiques. Bon signe : les placements se brouilleront au fil des débats.

Les interventions du samedi matin sont centrées sur l’islam, son histoire et son rapport à la notion de nation. Ces interventions s’adressent à l’évidence à la sensibilité FN en présence et aux diverses mouvances en bataille à l’intérieur de celle-ci. De culture dépolitisée, d’éducation radicalement anti-Fn, c’est un monde inconnu pour moi. Pas de réconciliation possible sans principe d’égalité. Ce qui me semblait être acquit, et qui fut le moteur de ma venue à Villepreux, ne l’est pas forcément pour tous ici. Inquiétude. Mais, cela se passe sans heurts et l’état des lieux dressé par Christian Bouchet, certes non-exhaustif, est difficilement contestable. Un petit encouragement de Dieudonné détend l’atmosphère et redonne l’impulsion.

A la pause de midi, je reste sur ma faim. Ce que je considère comme une évidence depuis longtemps, bien avant l’élection de l’antéchrist, à savoir qu’il faut dépasser les clivages des partis populaires décrétés incompatibles par l’intelligentsia au pouvoir n’est pas encore, malgré les défaites de plus en plus cinglantes de leurs partis respectifs, une priorité pour les sympathisants d’extrême-gauche et d’extrême-droite. C’est ici la dernière fois que j’emploi par écrit les termes « gauche » et « droite » qui n’ont de signification que dans les actes.

Au fil du méchoui, je discute avec des gens charmants de divers horizons. Unis dans la casse successive de nos fourchettes en plastique, nous échangeons « cordialement » nos vues et je retrouve confiance. Sensibilités éparses mais convergentes, l’agréable fluidité des conversations entre inconnus sous un ciel d’azur prête au moment les tonalités d’un repas de famille idéal. Pour les deux cents personnes présentes ici, combien n’ont pas fait le pas ou n’ont pas pu venir, peut-être dix fois ce chiffre, peut-être plus ? Et après cela, combien n’ont simplement pas accès parce qu’ils n’ont pas le temps ou pas l’idée, à une analyse alternative ? Sûrement cent ou mille fois ce nombre. Combien d’entre eux, une fois affranchis, seraient alors en mesure d‘éclairer deux ou trois personnes dans leur entourage ? La majorité.

Curieux ou convaincus, nous sommes donc ici à quelques degrés de séparation amenés à s’estomper, de la même famille. Ok, c’est bien. Encore faut-il en informer l’entourage et les amis. Encore faut-il avoir les mots. A ce titre, je suis étonné de certaines réactions sous couvert d’« éthique » au long de l’exposé de Marie-Therèse Philippe sur les techniques de communication. Nous sommes tous ici rodés à la propagande médiatique continue mais à l’ère de l’idéologie people et de la société des apparences, il faut aussi savoir ne pas se laisser piéger soi-même dans une rhétorique pouvant desservir nos convictions. C’était là une des interventions les plus « concrètes ». Dépasser le stade virtuel est une chose, il faut sortir du cercle des initiés.

Entre L’islam, la nation et le trostkysme, une autre intervention également intéressante de Giorgio Damiiani sur les pièges d’internet. Je crois intimement à la force des mots, de nos analyses et à la transmission de nos arguments de vive voix. Comme l’a prouvée l’expérience pré électorale, ce délire médiatique d’un internet qui allait bouleverser la donne s’est avéré trompeur. Les clics ne se transforment pas en vote et la moitié des électeurs ne réfléchissent à la question politique qu’une fois dans l’isoloir pour finir le plus souvent par revêtir le manteau confortable de la raison supposée du plus nombreux. Ce que Nietzsche appelait « l’instinct du troupeau ». La sarkoze a gagné sur le terrain, en séduisant les cercles familiaux qu’elle infiltrait par tous les bouts. Le virus de la gagne tranquille a contaminé une audience croyante travaillée au corps depuis des années par la bouillie à paillettes de la télévision. Le fils de pub a embourgeoisé l’esprit français jusqu’aux plus précaires en leur faisant croire avec des formules creuses, voire absurdes, qu’ils seraient les guest-stars d’un épisode des experts-miami. Résultat, il est le seul à avoir décrocher la super cagnotte. Mais ce n’est pas le sujet et je vous renvoie en bas de page pour un complément de dégoût*. Revenons plutôt à nos égarés dont l’aversion anti-sarkozienne est le plus solide des ciments. Comme le précise Frank Timmermanns, on peut à ce sujet remercier en cette seule et unique fois - notre hyper-président : Quelle matérialisation plus concrète d’un parti extrême que celui arrivé au pouvoir en mai dernier ?

Toujours de qualité, quelques interventions sonnent pourtant parfois comme des tentatives de récupération du mouvement par le FN, preuve de l’intérêt de l’entreprise. L’audience attend plus que ça d’une université d’été. La première journée se conclut sur un texte d’Alain Soral sur les ravages de l’esprit petit-bourgeois et un débat politique avec son public acquit, le tout sur fond de tire-bouchonnage de gros rouge. C’est tout l’esprit revolutionno-festif que j’estime. Je repars sur Paris, tout va bien, je ne mets que deux heures à rejoindre ma base.

Pour diverses raisons dont la principale est une pochetronnerie tardive, je ne suis pas présent le lendemain matin pour les interventions sur le libéralisme et celle de Jean Robin dont on me dit le plus grand bien à mon arrivée vers 14 heures. L’audience a changé ce dimanche. Certains curieux de la veille ne sont pas revenus, la moyenne d’âge a augmenté et il y a encore moins de filles qu’hier. Conseil aux organisateurs : En plus d'une distribution préalable de GPS, il faut absolument amener des personnes extérieures aux prochaines rencontres, avec entrée gratuite pour les filles avant 22h et première conso offerte !

Costard soigneusement taillé, précédé de son nuage de parfum, je croise un Jean-Marie Le Pen classieux et accessible qui a soigneusement préparé son intervention. Je sens l’homme apaisé et, malgré son âge, résolument tourné vers le futur. Leçon de jeunesse. Sa venue et son discours vitalisent la dernière partie de l’université.

Les interventions suivantes gagnent en profondeur, des thèmes de réflexion sont esquissés, l’esprit d’Egalité et Réconciliation se clarifie. Une étape est franchie, on y va pas à pas. Mais ce n’était pas là le plus important. Sans rien enlever à la qualité des intervenants, les colloques furent avant tout la trame de fond, le prétexte à la cohésion des volontés éparses. Rien ne sera accompli sans volonté(s). Ce qui compte n’est pas tant le résultat que la direction à prendre pour atteindre ce résultat. Par des actes individuels et collectifs, il faut détourner de son chemin le bulldozer de la raison du plus fort. Ce n’est pas parce que le marché nous écrase qu’il faut lui cirer les pompes. Ce sont par le rythme et la multiplicité de ces actes - et les actes sont initiés par des rencontres comme celle-ci - que nous y arriverons. Je pars de l’Université d’été réconforté et avide d’action. Ce furent là les deux principaux buts des organisateurs. Ca et récolter des adhésions car maintenant faut faire tourner le bouclard.

Quant aux mises en garde de Soral sur un éventuel embourgeoisement du mouvement, vu le côté roots de sa première université d’été, on est encore loin. A ce propos, je tiens à féliciter les organisateurs, Soral et tous les participants - et je m’inclus dedans pour avoir, deux fois de suite, galéré pour atteindre cette destination improbable - pour cette recharge de confiance dès la rentrée. Nous en avions besoin.

PS : Le soir, le bon sens féminin de l’aimée casse ma baraque. Je cite : « Ouais, en fait, je ne vois pas la différence entre un club de tricot et la finalité de ton Egalité et Réconciliation ? » Je réponds à cette impétueuse qui sait trouver les mots : « certes, tu as un très bon esprit de synthèse. Mais il te manque l’imagination et la vue à long terme**. Rappelle-toi 1789. Ce truc que l’on célèbre plus de deux cents après et qui, on le veuille ou non, à jeté les bases du système républicain. Et bien ma chère, ce soulèvement des masses à démarré quarante ans plus tôt dans l’intimité conviviale de clubs de réflexions entre gens lucides et bien éduqués. Face à l’oppression aristocratique - système de droit divin implacable qui ne venait pas à l’esprit du commun des mortels de discuter - et sur la base d’un constat - l’iniquité de système est intolérable -, des gens de divers bords et sensibilités prirent sur eux de se réunir. D’abord pour se rassurer, donc pour se sentir plus fort, ils organisèrent une réflexion et des arguments à travers des œuvres et propagèrent leur vision éclairée dans d’autres cercles à priori plus hostiles jusqu’à influencer le cours de l’histoire. »



* Paté-Sarkozy a donc niqué La France, c’est un fait. Mais, il continue l’insatiable. A défaut de proprement honorer sa bourgeoise, il se fait La France depuis cent jours et garde son extase pour lui bloquant la porte de sa chambre à L’Elysée avec son autre pied pour que personne n’y rentre. La France, c’est ma gagneuse ! L’hyper-président court vers la méga branlée : c’est une évidence qui se confirme jour après jour et plus vite que je ne le pensais en mai dernier.

** Tiens prends ça ! (…avant que j’aille faire la vaisselle et repasser le linge).

vendredi 24 août 2007

CONVERSATION AVEC SEB MUSSET > 24.08.07

24 aout 2007, Paris > Conversation à batons rompus (dans ta gueule) avec Seb Musset, écrivain et réalisateur. A propos de la navrante actualité. Bref, encore une ôde à l'optimisme.
Les thèmes abordés sont : - Vacuité présidentielle - Fatalité du système - Fatalité du confort...

RESUMONS LA FRANCE DE 2007

Ou plutôt, comment me résumer en France en 2007 ? Simple, je n'ai qu'à reprendre cette anecdote qui m'est survenue le week-end dernier alors que je joggais* tel le Sarkozy médiatique de base, en bord de mer :

Sur la départementale sinueuse au milieu des champs en jachère et des pavillons en construction arrive face à moi, un vélo de course luxueux sur lequel trône son vieux fluo équipé toute option. Déjà à cinquante mètres, j'anticipe la non-réaction du vieux. Le temps que mettra celui-ci à répercuter l'information visuelle de mon avancée vers lui en déportation de son corps flapi vers ailleurs, est équivalent au temps que ma belle-sœur met à résoudre la déchirante et hebdomadaire équation du lundi soir : Les experts-Miami ou Grey's anatomy**.

Comme le plus intelligent cède toujours, je me meus au milieu de la voie. Mal m'en prend, je manque de me faire écraser par un Cherokee flambant neuf, chromes et peintures epoxy, arrivant de derrière et dont j'ai juste le temps de m'apercevoir qu'il est conduit - comme il le peut - par un autre vieux. Je me fais donc invisible au milieu de la voie, sur la fine ligne blanche, entre le retraité en vélo, niais, souriant mais sans réflexes et le retraité quatre-quatréisé me regardant de haut, au volant de son mépris de nanti. Pas un merci, pas un pardon, les deux ne laissent derrière eux que du vent.

Petite anecdote quotidienne qui traduit mon humeur, la moyenne d'âge du pays et la teneur du climat social des années à venir où ne s'opposeront pas travailleurs précaires et travailleurs nantis mais bien, esclaves et rentiers.

* au choix : un sport de riche - selon libération - ou bien de pauvre - selon moi - puisqu'il ne demande aucun ami, équipement ou frais d'inscription.

** pas la peine de m'écrire pour dire que je n'y connais rien et que Grey's Anatomy est diffusé le mardi. J'emmerde par principe tout spectateur de TF1.

P.S : J'emmerde également, pour des raisons plus personnelles que je peux développer sur demande écrite, les - quelques - connards sarkozistes d'Euro-Rscg. Quant il s'agit de piller les créations dénichées dans les festivals de courts-métrages amateurs pour les retourner à l'identique, mais à vastes frais sans rémunérer ni même avertir les auteurs originaux, et faire croire ainsi dans tous les festivals du monde que les publicistes français sont hyper-créatifs, je les trouve bizarrement moins scrupuleux que lors de la rédaction des fiches de paye de - certains de - leurs collaborateurs.

dimanche 19 août 2007

RENTREE : EMEUTES EN PAGAILLE ou STAR AC'7 ?

Bourse molle, croissance dans les choux*, déficit extérieur abyssal**, un euro fort comme jamais donc non-compétitif à souhait***, une fausse descente des prix à la consommation****, la stagnation des créations d’emplois*****, la bais(s)e promise des impôts******plus l’annulation du crédit d’impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers contractés avant son élection*******. Plus généralement l'essouflement du rendement immobilier et l’inévitable montée des remboursements qui attend les emprunteurs pour 2008 et au passage la hausse du tabac et une météo estivale plus qu’à chier : pour une fois c'est François Hollande qui a raison, la rentrée ne s’annonce pas si mauvaise que cela pour les opposants à Sarkozy.

En effet, passé l’état de gras une question s’impose : A part son ego et le business des agences de presse, qu’est ce qui va mieux en France depuis l’arrivée de Sarkozy ? La réponse est aussi simple que prévisible : Rien. Si après ces préliminaires sado masos le peuple en redemande, il sera toujours temps de lui augmenter la TVA.

* La semaine dernière, l'Insee - institut qui n'est pas le dernier pour la réévaluation à la hausse - faisait état d'une maigre croissance de 0,3% au deuxième trimestre : moitié moins que prévu.

** il n’y aura guère qu’Europe 1 pour réussir à faire un reportage positif là-dessus.

*** mais selon Jean-Pierre Pernault, parait que c'est bien.

**** Faisons-la simple :
Riches, si cette année vous avez acheté deux BMW et trois écrans plasmas votre pouvoir d'achat a augmenté de 25%. Par contre, cons de pauvres, si vous avez consacré 90% de vos maigres ressources à la survie alimentaire de votre petite famille de blaireaux sous-informés via des ravitaillements pédestres et quotidiens au Lidl de votre zone pouilleuse, votre pouvoir d'achat a baissé de 10%.

***** Seulement 3.700 emplois créés au deuxième trimestre, preuve que la baisse du chômage des derniers mois n’est qu'une résultante démographique (trentenaires = classe creuse) et non d’un regain de dynamisme national. En clair, rapporté aux bénéfices des entreprises et à la croissance mondiale qui n'a jamais été aussi soutenue, le taux d’emploi français est plus que dramatiquement nul. En poussant l'observation, on constate que l'explosion visible du secteur de la construction censée créer pléthore de nouveaux emplois n'en génère pas vraiment, l'emploi dans ce secteur se décomposant en 3 grosses catégories que l'on retrouve souvent dans les pages de ce blog :

- les travailleurs immigrés non-déclarés.

- Des transvasions de compétences, c'est à dire l'embauche en chèque emploi services d'ouvriers licenciés (souvent surqualifiés lorsqu'il s'agit de poser du carrelage dans la véranda de Papy)

- Et enfin, le gros du secteur : les retraités et les propriétaires qui font les travaux eux-mêmes. D'où l'explosion du taux de fréquentation des urgences hospitalières provinciales pour mains perforées et couilles thermo-cloutées. Une fois de plus, tradition française, seules les grosses enseignes concentrationnaires - Leroy-Merlin, Bricorama et Casto - tirent leur épingle du jeu.

****** A ce titre, je tiens à remercier les électeurs sarkozistes - dont les impots augmentent, O surprise ! - de financer mon dégrèvement intégral d'imposition cette année. A vrai dire, Madame Lagarde va même me rendre de l'argent.

******* Et j'en connais qui doivent se mordre les couilles d'avoir signé leur crédit le 4 mai 2007. Spéciale dédicace à Max : Il n'a pas pu résister trois jours de plus à la fièvre du béton qui cimente les emprunteurs dans la soumission ! > Fiston, en attendant l'inévitable correction des prix et la hausse des taux, embrasse ta carte UMP et prépare la vaseline !


vendredi 17 août 2007

STANDING OVATION (sociologie de plage)

L’amour dure sept ans, au mieux. Les couples restent unis pour le confort : le standing financier, l’intérêt des enfants, la peur de l’après ou parce que l’on aime non pas l’autre mais l’image valorisée que l’autre nous donne de soi. Passer le cap de la crise, avec ou sans enfant puisque cela importe finalement peu, le couple s’accorde sur l’apparence. L’apparence devient une marqué déposée, un état figé. L’apparence est l’identité du couple.

Selon la même primauté de l’apparence, les enfants de ces couples sont attachés à la famille, plus pour le modèle, cadre sécurisant, qu’elle leur assure. Ils sont dés le plus jeune âge aussi soucieux du standing que la famille procure qu’ils sont attachés aux individualités composant cette famille. Les années passent et cette proportion se déséquilibre jusqu’à ce que l’affection disparaisse avec l’aïeul, quand elle n’a pas disparue avant : l’être humain supportant mal de regarder la maladie d’autrui surtout quand les traits de l’autre lui rappellent les siens. Cette relation du standing familial est réciproque. Les parents ne prêtant pas plus d’importance aux individualités de leurs enfants au fur et à mesure que ceux-là sont physiologiquement aptes à les exprimer. Au même titre que les choses matérielles permettant d’accéder à une reconnaissance sociale, les enfants du standing se doivent d’être le produit type d’une éducation parfaite. C’est évidemment illusoire. Malgré tout, si l’enfant varie trop de la matrice familiale ou si ses particularités ne s’estompent pas, voir s’affirment, avec les années faisant de lui un individu idéologiquement autonome, la perte d’affection et l’excommunication du cercle familial sont génétiquement programmées. Quid de l’amour filial ? C’est à l’évidence une mystification dont le marché rabâche les oreilles au consommateur qu’est en priorité avant toute autre considération, l’homme occidental.

Car on y revient. Tout aujourd’hui mène à cela. Pour étouffer cette soumission, canaliser toute cette violence contenue envers soi, la société, le patron, ses voisins qu’il aime pas mais qu’il faut en permanence épater, oublier ses fantasmes passibles de prison et des désirs qui ne seront jamais assouvis, l’homme achète. Une maison puis deux, une paire de Nike puis cinq, un Ipod flambant frime et le plasma qui tue. Peu importe. Son credo est : il faut tuer la pensée qui est moi par la répétition continue de brèves saccades jouissives. Quel plaisir là-dedans? Quel futur vraiment? La consommation est à l’être humain ce que la masturbation est à la reproduction de son espèce. Et s’il ne doit rester qu’un humain sur terre, soyons certains qu’il se branlera encore.

jeudi 16 août 2007

IL EST TOUJOURS PLUS TARD QUE TU NE LE PENSES

Effet secondaire de la pilule contraceptive : l’omniprésence du désir d’enfant dans ma génération, la première à jouir pleinement de la pilule comme un acquis naturel. Il y a encore vingt ans, une femme se stérilisait après avoir pondu deux ou trois mioches. Désormais, après vingt ans où l’usage de la pilule s’est généralisé, l’enfant est paradoxalement devenu une priorité, un objet idéal et optimum devant être pondu à la période ad hoc : Pas trop tôt, pas trop tard.

Preuve de la suprématie féminine dans les sociétés occidentales contemporaines : Avant une femme était angoissée à l’idée de tomber enceinte, désormais ce sont les hommes qui sont terrorisés à l’idée d’être ou ne pas être père. La femme a obtenu le choix, l’homme récupère le doute. Quel que soit le choix féminin, l’homme est perdant puisque destitué de tout pouvoir. Instrument de fécondation, responsable devant la société, la morale et sa famille, l’homme est le looser suprême de ce début de XXIe siècle.

J’imagine ce jour où la pilule sera mise au rancart, décrétée trop dangereuse, contre-productive pour le moins. La pilule contraceptive était l’instrument indispensable à la libération sexuelle de la femme, c’est devenu la condition de l’aliénation mentale de l’homme au désir d’enfant. Sans pilule, ce sera l’heure du choix : enfanter ou pas, partager un objet de consommation courante avec sa femme du moment ou rejeter bébé avec l’eau de l'humain. J’espère ce jour où l’homme prendra enfin le taureau par les cornes et se coupera toute possibilité de reproduction que ce soit par l’abstinence, l’homosexualité ou la stérilisation définitive. On y vient.

mercredi 15 août 2007

ON SE CALME ET ON BOIT FRAIS A ST-TROPEZ (...avant la guerre)

L’homme canalise en permanence ses pulsions et ses émotions : cela s’appelle la civilisation. Tout pourtant dans l’humain n’est que violence, l’histoire ne cesse de le confirmer. Le malaise occidental se tapi dans ce frein permanent. Notre société ne serait-elle pas plus heureuse, moins déprimée, si les plus simples conflits pouvaient se résoudre physiquement à travers des duels et autres règlements de compte ? On s'éviterait ainsi le ressentiment, la rancœur et chaque individu aurait en permanence à l’esprit les conséquences éventuellement dramatiques qu’entraînent mauvaise foi et colère.

Malheureusement, l’homme a désormais peur de lui-même. Rendu fiotte par le binôme Etat-Marché qui n’attend de lui que son complet dévouement, l’homme se cantonne la majeure partie de sa vie à respecter scrupuleusement les lois étatiques, morales, sociales et économiques délimitant une existence qu’il espère sans remous.

Alors, l’homme et sa famille voyagent en club de vacances. Ils recréaient ainsi temporairement, à l’identique et dans un cadre idyllique, au milieu de gens qui leur ressemblent, un cadre de vie familial débarrassé des contraintes habituelles - les lois énoncées ci-dessus -. Il n’y est même plus question d’argent : tout est compris dans le forfait. Trêve paradisiaque dont lui et sa bourgeoise ont rêvé toute l’année. Pourtant, il ne faut pas que cela dure trop longtemps. Débarrassé des contraintes, en deux semaines de promiscuité familiale, l’homme se rend compte d’instinct que son existence est d’une vacuité n’ayant d’égale que celle de son voisin de pallier. Une grève générale d’Air France, il est bloqué trois semaines à Agadir avec eux et voilà qu’il se met à penser ! Quatre semaines, il exécute sa famille au fusil à pompe et se tire une balle dans la bouche.

Selon le même principe de retenue, ce sont souvent les parents les plus calmes s’interdisant la moindre calotte sur leurs enfants choyés à température climatisée qui finissent par leur éclater le crâne un soir de déprime sur le béton de leurs certitudes passées.

Regardez cet homme : Comment à travers une investigation sur site sur les traces de son gourou le présiment Sarkozy-à-gourmette, il canalise à la perfection sa haine des clubs de vacances.




mardi 7 août 2007

FOLKLORE TERRESTRE

L’homme comprendra t-il un jour qu’il ne doit pas tout à Dieu mais qu’au contraire c’est Dieu qui n'est rien sans l’homme ?


Peu probable : tant qu'il y aura de la vie il y aura de l'espoir.

lundi 6 août 2007

PARIS, JE NE T'AIME PAS

Du 15 juillet au 15 août, Paris devient une zone morte plus provinciale que la province, où plus de la moitié des commerces baissent le rideau et les inégalités sociales, et surtout ethniques, ne sont plus contestables sauf par les aveugles.

Le pouvoir d’achat en baisse
est en villégiature balnéaire et abandonne la ville à ses esclaves basanés et à quelques touristes japonais. Paris devient cette capitale colorée d’où le blanc s’auto-exclut sans le crier sur les toits. L’été, le blanc est en vacances. La capitale du travail appartient enfin à ses minorités colorées officiant dans les divers emplois subalternes non-qualifiés imposant une présence à l’année*, de caissiers à éboueurs dont ils occupent l’intégralité des effectifs. Le reste de la ville, hors touristes friqués, appartient un mois par an à ses pauvres, romanos et exclus en tous genres, arabes ou noirs et autres jeunes désœuvrés fils d’arabes et de noirs qui bullent au pied des barres cerclant la capitale. Les quartiers riches de Paris, c’est à dire aujourd’hui l’intégralité de la capitale moins un bout du XXe arrondissement, eux sont désertés.

Je ne croise que quatre personnes ce jour : trois sont noires, ils sont manutentionnaires ou travailleurs sur la chaussée, la dernière est blanche, elle a le droit de toucher l’argent et trône à la caisse. Si j’en crois le mois de juillet, La France de l’intégration est un succès. Dieu que je regrette Londres ! On y était fondamentalement pas plus heureux mais on y voyait plus de diversité, plus d’animation l’été pour une moyenne d’âge se situant vingt ans plus bas.

* à l’inverse de la rédaction de l’hebdomadaire Challenges, le magazine de la France qui gagne qui après avoir fait sa une du 12 juillet sur le classement des cinq cents plus grandes fortunes françaises s’octroie cinquante jours de vacances bien méritées. Prochain numéro : le 3 septembre.

dimanche 5 août 2007

LA NOUVELLE FRANCE EST UNE VIEILLE AMERIQUE

Sarkozy a vendu à ses cons de citoyens une idée d’une France à l’américaine qui serait, dans l’inconscient national grégaire, une nouvelle Californie. Dans la réalité, avec son déséquilibre économico-démographique favorisant les rentiers du papy-boom, son dialogue au passé avec elle-même, un conservatisme triomphant dans tous les domaines, son explosion de l’investissement foncier, ses esclaves jeunes et non-intégrés généralement basanés délibérément maintenus incultes et Disneyland au milieu pour distraire, La France ressemble bien plus à La Floride et rien ne ressemble moins à La Californie que La Floride.

La Californie est un état jeune, dynamique et urbain, basé sur l’apport des étrangers, fer de lance en terme de technologie et de divertissement, son gouverneur est autrichien. La Floride est un ghetto de banlieues interminables et réservées aux vieux les plus riches - et blancs - du pays dont le patrimoine boursier est géré par les fameux fonds de pension dont on apprécie chaque jour à chaque coin du globe le chaos social dont ils sont (petit-)porteurs, le gouverneur est le frère de George Bush. A l’inverse de La Californie, La Floride ne crée strictement rien et surtout pas du patriotisme. La pratique décontractée du golf entre vieilles peaux burinées par le soleil se déplaçant en mini-karts climatisés y est le seul semblant de cohésion citoyenne. Et pourtant, malgré sa complète non-représentativité du reste des Etats-Unis, c’est bien grâce aux voix de La Floride que ce pays a basculé dans l’ère du tout Bush. Il faut y voir le dernier signe d’alarme de nos démocraties en fort mauvais état.

Quant au reste des Etats-Unis, avec ses mobiles homes moisis, ses usines désaffectées, ses ponts qui s’effondrent et ses coupons de rationnement, il a plus à voir avec le Michigan ou le Delaware qu’avec La Californie ou La Floride.

samedi 4 août 2007

DES VERTUS DE L'ENNUI EN PERIODE D'EXIL

Le reste du temps, je dors dans le bric-à-brac matériel d’une forteresse vide d’âme. L’ennui est le ciment de mes souvenirs. C‘est la seule sensation précise me restant d’avant. A la fois endroit, temps, son et odeur, l’ennui a constitué depuis mes plus jeunes années, l’essence de ce que je suis. Des jardins superposés de la forteresse au début des années quatre-vingt au couloir triangulaire de l’appartement du Boulevard Murat, des traumatisantes nuits blanches de bivouacs sous tente de scouts de mars 82 aux journées d’errances de Santa Monica à Wilshire Boulevard en décembre 93, des matinées interminables de 2006 enfermé dans la maison de Perverse Road aux après-midi d’angoisse de l’été 89, embastillé volontaire en forteresse à combattre la faim. Des angoisses dépressives en magasins parisiens de l’hiver 88 à la recherche de l’objet qui jamais ne me contente aux après-midi charentais de 2004 à boursicoter virtuellement sans finalité autre que de filer en solitaire le long de la corde du temps et d’accumuler un maximum de pognon en un minimum de temps, pas pour avoir mais pour avoir à ne rien faire.

Ne rien faire. Subi et recherché, accablement et addiction, l’ennui est l’air de mes années. Unité dans le voyage de l’existence : d’abord imposé, puis domestiquée enfin recherché. Il n’y a que de l’ennui ou dans la suractivité que je me sens respirer.

Sérieuse envie de disparaître. Dégoût général de l’autre et donc de ce que j’ai d’autre en moi, c’est à dire tout. Sérieuse envie de disparaître. Maudit et condamné jusqu’au bout, dans ce monde qui a infiltré le moindre de nos pores, conditionné la plus infime de nos humeurs et domine le moindre de nos mouvements, même disparaître est impossible.

Donc pour me remonter le moral et parce que l’on trouve de tout chez Shopi, je savoure Politique et éthique au bord de la piscine. L’ouvrage est complet, dense et recouvre un large spectre de mes préoccupations en y apportant les mêmes conclusions désarmantes mais en plus il défonce mes derniers retranchements d’espérance. Relativisant le sentiment de compassion qui ne serait que de la lâcheté et celui d’injustice qui ne serait, parfois, que de la cruauté travestie, le philosophe fait mouche. Si ce n’était que ça. Ecrit il y a cent soixante dix ans et ne datant jamais ses démonstrations par des exemples tirés de son actualité, l’ouvrage pourrait avoir été écrit cette semaine ! Ce qui au vu du pessimisme de ses conclusions me draine encore plus bas dans les sous-sols de l’apathie. Après tout, pourquoi cette triste mascarade pour abrutis ne durerait-elle pas cent soixante dix ans de plus avec ou sans intervention de ma part ? Allons, ressaisissons-nous et piquons une tête dans le grand bain.

Complète perte d’intérêt dans la rédaction dans mon journal dont quelques pages constituent ce blog dont j’aurai du arrêter la rédaction au lendemain de l’élection du nain. Comment une race qui se laisse gérer sans broncher par un usurpateur pareil peut générer un enrichissement spirituel, intellectuel - et financier - des futurs individus qui la composeront ? Passons sur moi. Je suis condamné. Mais ces écrits ? Ces traces d’existence, de sensations instinctives de décomposition générale ? Que deviendront-elles ? Soyons clairs, il y a peu d’espoir que mes journées éclairent des lecteurs du futur. Soit la race disparaîtra engloutie par les conséquences de sa bêtise soit, elle perdurera à l’état végétal dans la naphtaline à l’abri de toute individualité et donc, de toute lecture.

Mon hypersensibilité aux êtres fera à jamais de moi un isolé. Mon avenir : c’est au choix la solitude ou le carnage sur mes semblables. N’allons pas croire que je soie égoïste, cette haine prégnante me range malheureusement dans la catégorie de ceux, de plus en rares, qui s’inquiètent de leur prochain. Eux et moi. Eux toujours là. Eux que je ne fais qu’entendre et voir. Eux dont je subis les miasmes mentaux en continu. J’imagine que nos cerveaux ne sont pas constitués des mêmes ingrédients et que là où je ne puis tolérer toute trace de leur bêtise - son, image, activités de groupe - eux se supportent aisément, se félicitant inconsciemment qu’il en soit ainsi et pas autrement. Force inébranlable de la connerie qui a, et continuera, de mener le monde, les progressions et les grandes découvertes, bref les transgressions génératrices de progrès, étant quasi exclusivement le fait d’individus exceptionnels allants à contre-courant des idées reçues, marginaux en quelques sortes souvent vilipendés quand ils ne furent pas contraints physiquement de leur vivant. La race humaine ne doit rien à son mental. Plus que jamais dans notre époque de régression, le mental est mal vu. Le bonheur des uns fait donc le malheur de moi. Je suis condamné à la solitude pour ma survie mentale.

Je m’enlise amer dans la dépression post-sarkozienne. France de la rente, France de vieux, France de bourgeois et de maître, Franche d’ultra riches urbains ghettoisés et France de petite bourgeoisie provinciale grignotant tous les terrains, France de retraités Leroy-merlinisés, France qui a tué démocratiquement toute idée de la république. Mon départ d’Angleterre fut une erreur. Mon retour en France me bloque dans une impasse : j’ai perdu mon pari. J’ai cru en mon pays. Je n’ai plus aucune volonté d’ici, encore moins de revenir à Paris et sa région, offense à l’intégralité de mes sens. Condamné à vingt ans de vie française à attendre que la prochaine génération se réveille, de devenir moi-même un de ces vieux rentiers que je hais et qu’ils ne manqueront pas de critiquer ?

Voici un mois que je me suis installé en cette forteresse familière redevenue paisible. Même si mon quotidien ne diffère en rien de mes journées charentaises diluées dans l’errance contemplative du renoncement, j’ai le sentiment d’être ici en vacances ce qui, malgré les apparences de mon inactivité notoire, est un sentiment que depuis longtemps je n’ai pas expérimenté. Je me surprends à ne pas songer à un retour précipité en bord de mer. Il est même possible que je me remette à écrire, tout doux. Je suis accompagné pour la seconde fois de mon vieux chat aux moustaches brisées abandonné il y a quinze ans à l’affection soudaine de ma mère. Cette bête ronronnante déborde d’amour pour moi ? Je parle bien sur du chat, on sait ce qu’il en est de l’amour maternel avec les années : un aller simple vers l’oubli.

Allons bon, voilà que j’écris à nouveau.

samedi 7 juillet 2007

vendredi 6 juillet 2007

FRANCE : ETAT DES VIEUX

Couches Téna, fixation de dentier, convention prévoyance, appels à embaucher les quinquagénaires : Plus qu’une balade dans n’importe quelle rue de mon beau pays, dix minutes de publicités télévisées sur chaîne nationale permettent d’en apprendre beaucoup sur la sociologie et l’état des articulations de l’endroit nation : C’est un pays de vieux.

Sur les écrans de télévision, entre les crétins incultes de Secret-Story et les retraités qui ne se savent plus quoi faire des trente années qui leur reste à vivre, il n’y a rien ou pas grand chose condensé en un terme séduisant : la ménagère de moins cinquante ans.

Je ne suis pas loin de penser que c’est la réalité du moment. Où sont les gens de vingt à quarante ans ? Je parle de ceux non asservis à la doctrine Sarkoziste : travail, reproduction, emprunt, propriété, repos télévisé et travail encore puis mort, toute étape taxée. Partout où je vais dans ce pays dynamique de France je ne vois que vieux et rides, bonne conscience du troisième âge, mépris profond de la jeunesse dans tout ce qu’elle véhicule idéologiquement, morale du travail accompli par des gens bullant du matin au soir. Certes, il reste quelques poches de molle résistance, quelques villes universitaires, des centres élitistes, plusieurs régions de l’ouest et quelques quartiers marginaux mais c’est bien peu. Nous sommes submergés par la vieille vague. C’est elle qui vient de prendre le pouvoir. Et pour bien plus que cinq années.

Alors pour le reste - révolution, réforme, espoir de rénovation en général - on peut attendre vingt ans pour que, un, les vieux d’aujourd’hui ne soient plus qu’un souvenir et, deux, que la prochaine génération - celle de ceux, nombreux, actuellement en poussettes - pourrie par des parents sans QI, brise ses chaînes*.

* sous réserve de non-lobotomie en bas âge par overdose de radiations TF1.

mardi 3 juillet 2007

SENTIR LE MELON

Douce journée du mois de novembre occupée à la confection d’un Tiramisu comme symbole de mon affection à mon aimée éloignée me retrouvant en fin de journée. Plus tôt dans la journée, expédition à l’Intermarché du village d'à côté J'y détecte un attroupement de pétasses bourgeoises reniflant chacune leur melon autour du bac à promotion.

Le reniflage du melon en supermarché est un de ces derniers rites sociaux unissant classes, sexes, âges et origines régionales de mon pays dans un même geste quasi ancestral dont chacun des sujets s’y soumettant ne peut démontrer la validité scientifique ni même expliquer simplement le principe. Comme la nouvelle saison de Grey’s Anatomy ou l’abolition ou pas de la peine de mort, c’est comme ça parce que c’est comme ça, un melon ça se renifle. Moi j’avance fièrement mon cabas au bras et me dirige en conquistador vers le bac à melons. Je tends mon bras tel Néron prêt à sceller le destin d’un gladiateur estropié et saisi fermement le premier fruit rond me tombant sous la main. Silence. Les pétasses me fixent horrifiées. Comment ? Il n’a pas senti le melon. Hérésie ! Sorcellerie ! Le fou ! Le con ! Pire que ça, il n’est pas comme nous !

- Oui, et tant mieux.

Le melon était excellent.

LA FIEVRE DU BETON

Je rentre dans mon village par les petites routes périphériques encombrées des véhicules des touristes européens. Où sont les Français ? Probablement sur le chantier de leurs pavillons. C’est que ces vieux là, qu’ils aient trente ou soixante-dix ans, sont pris depuis trois ans d’une hystérie bâtisseuse que la promesse sarkozienne de déduction fiscale sur les intérêts d’emprunts a ravivée d’un cran. Ils construisent, font, refont, décorent et re-décorent encore. On ne peut plus faire trente mètres dans un coin de ce pays sans se heurter à une pancarte permis de construire, sans devoir contourner un chantier, éviter une bétonneuse et ses maçons polonais. Les agrégats formatés de parpaings gris s’enfilent à l’horizon de ce qui fut il y a encore quelques années des champs. A la place des vaches, ces merveilles de constructions beiges à la Française dont la laideur d’ensemble le dispute au souci d’originalité dont chacun de leurs nobles propriétaires à crédit fera preuve bien à la vue de ses voisins dans le peu de marge et avec le maigre sens esthétique lui restant. Qui de ses volets fuchsia, qui de sa fontaine en plâtre rouge, de sa collection de nain de jardin, de son étage en verrière ou de son salon d’hiver en faux marbre avec panneaux solaires ! Autant de perles décoratives qui font de ces pollutions immobilières des atrocités non biodégradables empiétant inexorablement sur des terres vierges, car le Français, même le plus soucieux d’écologie, au même titre qu’il lui paraît inconcevable de ne pas se reproduire, Le Français donc, cette contradiction faite peuple, veut faire construire. Tradition aristocratique oblige. Et puis à longueur de spots, on lui dit que c’est bien d’acheter même, et surtout, sans rien. C’est tendance. Cela correspond à un cycle économique qui après l’automobile, la bourse et les nouvelles technologies fait du bâtiment et de la banque les fer-de -lance de tout un pays. Alors Le Français construit pour des raisons diverses : parce qu’il ne peut pas louer ou parce qu’il va pouvoir revendre, parce que les taux d’intérêts sont bas ou parce qu’il va faire une bonne affaire, il bâtit, il refait, il s’y croit, il s’y plait. Et tant pis si tout ça, une fois que ça sera construit, refait et que tous seront propriétaires, si tout ça ne vaut donc mathématiquement plus grand chose puisque tout le monde l’aura. En attendant, c’est bien du terrain immaculé depuis la nuit des temps qui est ravagé.

Une fois les cent maisons atteintes par zone pavillonnaire, celle-ci n’attend plus que son centre commercial avec parking de trois cents places. Une fois le centre commercial construit, il faut le relier à l’autre zone pavillonnaire par souci de rentabilité. La construction d’une rocade est envisagée. Trois ans de laborieux chantier plus tard, ca y est, elle est faite. Des bouchons du matin au soir. On se rend compte vite qu’elle ne suffit pas. Il faut en construire une autre. Entre les deux rocades, il reste du terrain en friche et, suprême hérésie, non construit. On y amalgamera à la va-vite une ZAC en tôle avec produits chimiques qui fera la fierté des locaux et remplira de ses multiples taxes professionnelles collectées les caisses de la municipalité. On dresse des pylônes électriques car il faut alimenter tout ce beau monde. C’est que les nouveaux temples sociaux poussent comme des champignons en bordure d’agglomération. Ils sont avides d’électricité. Ils s’appellent Leroy-Merlin ou Bricomarché. Le Français - toujours lui on le retrouve des que ça sent la peinture neuve - s’y rend en pèlerinage quotidien sa bible à la main : le catalogue du mois en cours. Les parkings de ces camps de concentration volontaire sont gavés avant même l’ouverture du rideau de fer jusqu’à la clôture des caisses, toutes les heures de la journée tous les jours de la semaine et le dimanche avec. Le reste du temps entre quelques heures de travail salariées et facultatives pour les rares Français n’étant pas encore retraités et parce que, en gros, tout ce qui n’est pas lui lui fait peur, il refait son intérieur à la perfection dans le respect des commandements amicaux des émissions déco d’M6. Il en sera blasé la saison prochaine mais bon, jusque là il sera à la fois tendance et original sans que cela lui paraisse antinomique, ni à lui ni à son voisin ni à celui d’après, d’à côté et de l’autre bout du pays.