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19 septembre 2008

De Wall Sreet à Verdun à Wall Street

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Pour le principe, j’en ai déjà parlé et puis là aussi.

Mais là, on vient de dépasser les frontières du n’importe quoi !

Suite à l'annonce d'un "Plan Paulson" de sauvetage des banques américaines en "difficulté" par la nationalisation de leurs pertes (on parle tout de même de 1200 milliards de dollars), à un cheveu du collapsus, les bourses mondiales retrouvent la trique !

Comme y disent sur Bloomberg, le Cac 40 "fait un bond" de 9.27 % en une journée !

Les valeurs financières qui vont "si mal" prennent 25% en 8 heures ! Avec tous les hauts et les bas en bourse depuis neuf mois de « crise », ça commence à être bon business pour certains.

Alors sur Bloomberg, c'est le "summer of love" ! A Wall Street, hier on n'en menait pas large, aujourd'hui on ressort le mousseux : C'est l'oncle Sam qui régale ! On parle de "journée historique" mieux que la libération de Nelson Mandela où l'homme sur la lune. Il faut sauver la finance occidentale !

Et le peuple américain ? Qu'il la ferme : il est sauvé ! Après s'être laissé endetté comme jamais par les banques aujourd'hui en banqueroute, pour renflouer ces dernières, le peuple américain va payer une deuxième fois ! Il faut que la plus grande puissance économique reste la plus grande puissance économique ! C'est que l'occident à un standing à tenir ! Et puis merde, si les américains avaient payé leurs crédits pour leurs baraques en papier mâché on en serait pas là !
Alors, la Grande Finance, émue par la seule annonce du geste de clémence de Mr Paulson, promet, des trémolos dans la voix, qu'elle ne recommencera plus !

...jusqu'à la semaine prochaine.

3 septembre 2008

Sarah Palin : L'arme fatale ?

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Attention aux confortables erreurs d’analyses au sujet de la politique US à 4000 kilomètres de distance.
Rappelez-vous l’été 2004 après le plébiscite du Farenheit 911 de Michael Moore en France (scandaleuse palme d'or*) : Les médias français considéraient comme acquise l’élection de John Kerry, candidat démocrate devant nettoyer l’insulte George W.Bush et dont on a depuis oublié le nom et la tête.

Ayant séjourné cet été là dans un Michigan bien différent de celui repeint par Michael Moore, j’étais revenu en France avec la conviction que Bush serait réélu, ce dont mon entourage et les médias, prenant leur éthique personnelle pour une vérité générale, ne pouvaient pas concevoir.

Ce sont les mêmes qui prétendent aujourd’hui que le candidat républicain John Mac Cain a torpillé sa campagne présidentielle avec le choix de Sarah Palin, gouvernante débutante de l’Alaska et ultra-conservatrice, comme colistière de son ticket.

Effet de la panique qui envahit le camp républicain après le succès de la convention démocrate, point extatique de l’Obamamania, le tir de barrage « Sarah Palin » de l’ancien militaire Mac Cain n’est, d’un point de vue tactique, pas la suprême bêtise que l’on peut lire ici et ou encore .

D’abord, et vous l’aurez noté : C’est une femme. Mac Cain ose donc ce que les démocrates n’ont pas fait.

Le passé de Miss qui dévalue Sarah Palin dans les médias français est positivement connoté dans la conscience populaire américaine. Une Miss américaine n’est pas Valérie Bégue. On a beau voir la miss en bikini dans le magazine du flingue, son bikini reste un drapeau américain et on ne verra jamais sa sex-tape dans News of the World. La différence est ténue mais là-bas, un bout de nichon c’est sacré.

La Miss fait partie de la tradition américaine comme le premier amendement et le pop-corn au cinoche du samedi soir. Cette ascension sociale via une promotion qui n’est pas seulement esthétique mais inclut des valeurs morales et religieuse, est hautement considérée outre-atlantique. C’est du spectacle, certes, mais qu’est-ce qui ne l’est pas aux Etats-Unis ? Cette dimension n’est pas à prendre à la légère pour un peuple qui a consacré à deux reprises un acteur de série B à sa présidence et un boby-builder autrichien venu réussir son rêve américain, à la tête du gouvernement de Californie.

Ensuite, Sarah Palin gouverne l’Alaska, ce qui pour l’américain moyen est un peu la dernière frontière bref, un synonyme d’ouverture sur le monde. Pour faire court, ça nettoie l’accusation d’un vote trop poussiéreux. Le républicain moyen qui votera pour une colistière d’Alaska aura le sentiment d’avoir accompli un geste aussi révolutionnaire que s’il avait voté pour un candidat noir - mais avec le noir en moins -. Car, croyez-moi là-dessus, on sous-estime en Europe le racisme anti-black qui est toujours une constituante américaine.

Sarah est créationniste ? Pro-arme ? Anti-avortement ? So what ? Sarah est à l’image de nombre de ses compatriotes. L'histoire de la grossesse de sa fille mineure ? Tout cela va rentrer dans l'ordre par un mariage et, au contraire, finira par rajouter du crédit à son discours célébrant la vie à tout prix et attendrira l'audience (spéciale dédicace à Rachida).
Ne pas oublier le dicton "God, Guns and Guts made America Great". Sarah Palin réunit les trois mieux que personne !

Sarah Palin gêne l’élite des côtes ouest - c’est à dire l’intelligentsia européanisée de New-York, Boston et Los Angeles - et la majorité des européens soit, respectivement, 7 % et 0% de la population américaine. Le vote ne se passe pas là.

Son inexpérience et son côté populaire ? Dans des démocraties occidentales qui plébiscitent les candidats de Big Brother ou de la Star Academy et font de ces jeux la seule possibilité de progression sociale, je prétends que ça la rapproche plutôt des ambitions moyennes de ses électeurs.
Ajoutons qu’il y a un bon paquet des soutiens d’Hillary Clinton qui ne se reporteront jamais sur Obama.
Ajoutons qu''il y a aussi un paquet de noirs américains qui considèrent Barack trop blanc.
Ajoutons que les hispaniques sur la base d’une jalousie communautaire n’encaissent pas Obama et qu’ils représentent un autre gros paquet d’électeurs et que ça commence à faire beaucoup de paquets...
Ajoutons que « Démocrate » et « Républicain » ne signifient pas « gauche » et « droite » mais que chacun de ces deux partis regroupe des gens de gauche et de droite (quoique dans le cas des républicains c'est plutôt de "droite" et d'"extrême-droite").
Je reste donc, pour l’instant, réservé sur le soi-disant suicide politique de Mac Cain.
Au contraire, on a jamais autant parlé de lui depuis 72 heures.

N’est-ce pas le plus important quand on vend un produit ?
* L'attribution de la palme d'or à ce documentaire de piètre qualité n'est peut être pas étrangère au fait que, cette année là, le président du Jury, Quentin Tarantino, préparait la sortie de son film "Kill Bill" produit et distribué par la même compagnie que celle aux commandes du film de Michael Moore. Simple supposition...

28 juillet 2008

LA BELLE AMERICAINE

par
Le Sénat américain a voté Vendredi dernier un plan de sauvetage du secteur immobilier américain à l'intention, prétendue, des 8 500 familles qui tombent chaque jour sous le coup d'une saisie. Le président Bush devrait le valider dans la semaine.

On retiendra que ce week-end, John Mac Cain, depuis un supermarché Safeway (équivalent Lidl) de l'Ohio et Barack Obama depuis un salon cosy du Hyatt de Londres, s'y sont déclarés favorables.

Comment donc l'état américain va aider les endettés ? En leur proposant de contracter un emprunt supplémentaire : Un prêt fédéral à taux privilégié. Sorte de RMI mais remboursable et avec intérêts. Le gouvernement voit les choses en grand : 300 milliards de dollars d'enveloppe budgétaire. Les marchés applaudissent.

Le plan prévoit des mesures de relance de l'immobilier pour les primo-accédants. Ceux qui achètent leur maison entre avril 2008 et juillet 2009 peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à hauteur de 7 500 dollars, remboursable sur 15 ans. Combattre la misère pas le risque de plus de misère. Je ne sais plus si c'est José Bové ou Bernard Tapie qui disait : "Plus on fauche, plus on récolte de blé". Anyway, promoteurs et banquiers retrouvent goût à la vie.

Le texte prévoit 4 milliards de dollars à destination des collectivités locales pour qu'elles réhabilitent les logements saisis et les zones pavillonnaires à l'abandon. A l'échelle de la catastrophe, autrement dit, rien.

Le texte annonce également un plan de sauvetage des deux géants du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, menacés de banqueroute, entièrement sous perfusion du trésor public américain. Autrement dit : C'est juste énorme. Le citoyen finance les banques qui ont contribué à l'appauvrir. Comme disaient les Beatles débarquant aux Etats-unis en pleine guerre froide : « We're back in USSR » !

Sur une note positive (car on me reproche un certain pessimisme c'est mal me lire) : Concédons que les autorités américaines sont conscientes de la crise (« la plus grave qu'ait connu notre pays » selon Christopher Dodd, président des affaires bancaires au Sénat), et qu'au moins, elles agissent (spéciale dédicace à Lagarde et Châtel, nos Pipo et Molo locaux de l'apocalypse économique qui continuent à claironner que tout va bien, à tour de vidéos non-regardées sur Daily Motion ).

Après avoir heurté l'iceberg, les américains accélèrent le navire au risque d'en prendre un autre, tandis que Les Français continuent à chanter sur le pont que "les Icebergs ne tombent jamais 2 fois au même endroit".

Notons juste des techniques interventionnistes américaines de type communiste qu'on aimerait voir appliquer à toutes les époques et pas seulement aux classes moyennes "victimes" d'une trop grosse soif de consommation.

J'étais en 2003 au Michigan et en Ohio, il y avait déjà des villes fantômes et personne ne bougeait le petit doigt. L'heure était à la guerre contre la menace terroriste. Il a fallu attendre que la crise immobilière atteigne La Californie, La Floride et la population blanche des suburbs jadis garantis chics, bref que le capitalisme fou devienne lui-même une terreur pour que l'état s'active enfin.

Cette mesure d'urgence cache mal le manque d'imagination du politique (surtout à la veille d'échéances électorales). Aider les gens surendettés en les endettant encore plus, à part prolonger un peu plus la vie des suceurs organismes de crédit : Qui sera gagnant tous comptes faits ?

Extrapolons cette méthode au domaine des énergies renouvelables... Mac Cain et Obama, se sont unilatéralement déclarés ce week-end, en faveur du développement d'une alternative au pétrole (Mac Cain au "late show with Conan O'Brien" à même cité La France et ses 80% d'énergie atomique comme modèle, avant d'ajouter quelque chose comme « si les Français sont devenus pro-américains, on peut passer au tout nucléaire. Tout arrive »). Si le nouvel élu à la maison blanche réagit à la crise des carburants avec la même inventivité dont le président actuel fait preuve face à la crise immobilière américaine, on peut tabler sur un doublement des plates-formes pétrolières d'ici 5 ans.

Le cœur du problème reste l'incapacité de l'occident à s'imaginer hors de l'éternelle croissance, même lorsqu'il est pris en flagrant délit de Krach.

Cette loi prouve une chose : Le souhait du gouvernement américain que le pays retourne en arrière et s'en tienne à l'hystérie immobilière des années passées. Le politique se moque des contrecoups écologiques ou humains tant qu'ils n'atteignent pas un seuil critique (appauvrissement trop rapide de l'électorat middle-class).

Cette loi souligne également le rôle essentiel du crédit particulier dans une économie américaine virtuelle. Crédit particulier qui, en gros, ne génère rien si ce n'est du bien à usage privé (des pauvres maisons de piètre qualité, du gros 4X4 pour aller bosser et rembourser la maison).

Si La France est moins touchée par la crise immobilière - ce n'est pas moi mais Christine Lagarde qui le dit -, c'est précisément que la dette française est plus une affaire publique que privée. En échange de cette dette publique chaque citoyen bénéficie de services à couts réduits ou gratuits (routes, hôpitaux, crèche, sécurité sociale...). Services que l'on considère en France comme acquis et qui font cruellement défaut dans des pays de type Etats-Unis où, en période de retournement économique, le citoyen se retrouve littéralement sans rien.

Réfléchissons...Le gouvernement français fait de la réduction de la dette publique "sa priorité" (d'où la fermeture discrète cet été du centre de sécurité sociale de mon quartier) et de l'accession à la propriété pour tous les français une autre "priorité" (cf. Maisons à 15 euros par jour).

Vieux pays ou pas, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

4 juillet 2008

NES UN 4 JUILLET

par
Aujourd'hui c'est fête nationale dans le nouveau monde.

Revenons sur les belles histoires de "réussite des pays étrangers" qui émerveillent ceux, en bonne santé, qui restent chez eux à regarder la télé.



Un petit exemple de ce qui vous attend :


envoyé par kamini-le-ouf
"Les images, filmées par une caméra de surveillance dans un hôpital de New York le 19 juin 2008, sont implacables.

Une patiente frappée par un infarctus tombe de sa chaise dans la salle d'attente des urgences psychiatriques de l'hôpital Kings County.

Un bref instant à quatre pattes, elle finit étendue à plat ventre sur le sol.

Pendant une heure, l'oeil de la caméra sera le seul qui regardera le corps de cette pauvre femme de 49 ans désormais morte.
Une heure durant laquelle ni un patient, ni le gardien, ni même un docteur qui passait par là, ni un quelconque membre du personnel médical aura remarqué quoique ce soit."

26 février 2008

DERNIERS JOURS TRANQUILLE

par
Derniers jours peinard sans Sarkozy. Avec un peu de retard, une petite carte postale du vingt-sixième étage avec vue imprenable sur la fin de l’occident.

Au programme :
- La (pas si) curieuse mise en avant médiatique d’Obama et Clinton.
- Quelques impressions sur New-York et l’américain moyen, endetté total, plutôt confiant face à la récession et à "la perte de son pouvoir d'achat".
- L'image de la France à 7 heures d’avion qui se résume au mieux, pour 0.1% des américains, à Edith Piaf et les "French Fries" qui d'ailleurs sont belges.



envoyé par sebmusset


17 février 2008

15 février 2008

AU BORD DU GOUFFRE

par

Sept ans après, le trou est encore une plaie béante dans l’âme new-yorkaise.

Je remonte vers Soho où l'européen moyen se sent soudain riche. Avec un euro pour un dollar cinquante, il coûte parfois moins cher ici d’acheter une paire de baskets que de se payer un repas décent. Tout ce qui nécessite du service et de la main d’œuvre locale - services, nourriture - est bien plus cher que les produits d’importations asiatiques dans des proportions encore plus effarantes qu’en France. Entrants confiants dans la récession*, les États-Unis toujours convaincus de la suprématie de leur système, sont clairement arrivés en bout de cycle, au carrefour infranchissable d’un paradoxe économique : Comment être plus compétitif en interne qu’un système qu’on a soit même construit sur la consommation de biens produits à moindre coût à l’autre bout du monde sur nos ordres et selon notre logique implacable de rendement ? Plus inquiétant, que deviendra ce pays de plus de 300 millions d’habitants dont la stabilité interne repose sur l’occupation coûte que coûte du moindre de ses habitants s’il entre dans la spirale dépressionnaire du chômage de masse ?

L’« American-way-of-life », le « Two incomes », le « Home mortgage » et le « 3.5 kids » qui sont encore la base de tous les spots publicitaires débordant dans la guimauve des émissions de télévision sont en voie d’extinction. La transition sera peut-être plus douloureuse ici qu’en France. Aux États-Unis, l’alternative a méthodiquement été ignorée. Sur la base d’une instruction limitée, le peuple américain - au demeurant pas plus con qu’un autre - est conduit depuis des décennies à travailler pour s’endetter, à consommer toujours plus et surtout à ne pas réfléchir à sa condition. Les institutions, la religion et les médias lui garantissaient la suprématie éternelle et incontestable de son modèle. Les plages de temps libre lui restant étant exclusivement consacrées aux divertissements de masse. Stoppons les idées arrêtées françaises sur les américains : c’est un peuple sympathique - un américain antipathique restant généralement plus aimable avec son prochain qu’un français de base -, un peuple jovial, à l’affût et ouvert aux alternatives quand on prend la peine de lui expliquer avec ses mots. Son principal problème ? Ce peuple a tout sacrifié à la culture marchande et ce depuis plusieurs générations. Sa raison en est altérée. Exemple cinglant, la crise des « subprimes » de l'été dernier qui a eu pour conséquence l’expropriation de milliers d’américains est majoritairement considérée comme un dysfonctionnement temporaire de quelques banques : une exception qui confirmerairt la règle de l’endettement nécessaire à la bonne marche du pays. "Le crédit c’est la santé" pourrait être gravé sur les dollars à la place du fameux "in god we trust". C’est ainsi que pour éviter la dépréciation financière de quartiers complets dont les maisons risquent de devenir des squats – ce qui baisserait encore plus la côte des maisons des rares voisins encore propriétaires – l’état d’Ohio procède à la destruction des maisons au bulldozer ! Cela ne soulève aucune espèce de protestation dans le pays, ni chez les pauvres, ni chez les riches.

Sur les écrans géants de Times Square, entre les rubans du Nasdaq et les néons publicitaires, la chaîne d’information économique MSNBC annonce que le mois de janvier 2008 fût le plus mauvais pour la consommation américaine depuis 40 ans. Comme en France, la « dégringolade de standing des classes moyennes » gangrène la popularité d’un président qui se fait discret.

Les premiers signes extérieurs de la récession depuis Manhattan ? Les commerçants vous parlent en français, l’euro est triomphant, les "Homeless" dociles et affamés vous supplient de leur lâcher un Quarter à chaque Block.

D’autres choses restent tout de même inchangées aux Etats-Unis comme la dévotion des "working-poors" à leurs taches abetissantes. A Tribeca, j’observe ainsi pendant une demi-heure ces blacks qui travaillent à la confection de hamburgers à la chaîne d’une succursale de restauration rapide comme il y en a des milliers dans cette ville. Gestes précis répétés à l’infini dans l’afflux incessant des nouveaux clients, les esclaves uniformes n’ont aucun espace sonore disponible pour se parler entre eux. Quand par hasard malencontreux, il y aurait « un trou », ils trouvent instinctivement de quoi s’occuper : rinçage de table, rechargement de la machine à "Diet Coke", réassortiment de serviettes en papier. Puis, ils s’en retournent à leur chaîne : « Can I help you Sir ? ». Ce stakhanovisme épileptique au service de l’appétit de l’autre semble les enrober dans un état de jouissance qui restera à jamais un mystère pour moi. Autre constante, plus protectionniste cette fois, je constate que la ville regorge de terrains vague constructibles. New York, loin d’être la ville surpeuplée qu’on l’on pourrait penser qu’elle est, se révèle dans les faits une réserve pour riches dont l’urbanisme est insidieusement pensé pour repousser toujours plus loin les logements des esclaves qui assurent son bon fonctionnement au quotidien. Rien de bien nouveau dans ce nouveau monde, c'est surement pour cela qu'il plait tant à notre monarque.

* à la différence des médias français, les chaînes économiques ne s’interrogent plus sur l’entrée des États-Unis en récession. C’est acquis. La récession est aussi considérée comme une crise comme une autre, un défi supplémentaire dont le pays sortira la tête haute. Sont ainsi publiés des guides pour gérer au mieux son argent en période de crise.

14 février 2008

A GRAND CENTRAL STATION

par
A Grand Central Station, j'observe le balais des petits vieux en déambulateurs customisés qui matent les culs moulés des jeunes touristes japonaises. Ce n’est pas qu’il y a plus ou moins de vieux qu’en France, c’est qu’ici ils sont toujours occupés à quelque chose. Soit qu’ils travaillent - un des door men de mon hôtel flirte avec les 90 ans - soit qu’ils s’activent physiquement - 1 joggeur sur 2 dans Central Park à plus de 60 ans -.

Ils ne sont pas comme en France, retraités dominants et toujours dans le chemin des autres comme embarrassés de leur temps libre, déprimés face à leur manque d’imagination quant aux nouveaux produits à consommer pour "faire jeune" et polluant idéologiquement leurs enfants.

Les Etats-Unis c’est un pays où les vieux sont économiquement et philosophiquement contraints de rester jeunes, La France c’est un pays où les jeunes sont, pour les mêmes raisons, déjà vieux à vingt ans.

13 février 2008

LA DIFFERENCE PRINCIPALE

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La différence principale entre New York et Paris ? Quand tu croises un type à New York, il y a neuf chance sur dix pour qu’il soit bienveillant, qu’il t’aide spontanément s’il te devine en difficulté, qu’il ait un mot aimable ou juste un sourire. Quand tu croises un type à Paris, tu peux renverser la statistique. Il y a neuf chance sur dix pour qu’il te fasse la gueule, t’envoie chier, te bloque le chemin parce qu’il veut rentrer dans le wagon de métro avant que tu n'en sortes ou, plus simplement, qu'il passe à tes côtés en t’ignorant alors que tu es roulé sur le pavé en pleine crise de tétanie.




5 août 2007

LA NOUVELLE FRANCE EST UNE VIEILLE AMERIQUE

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Sarkozy a vendu à ses cons de citoyens une idée d’une France à l’américaine qui serait, dans l’inconscient national grégaire, une nouvelle Californie. Dans la réalité, avec son déséquilibre économico-démographique favorisant les rentiers du papy-boom, son dialogue au passé avec elle-même, un conservatisme triomphant dans tous les domaines, son explosion de l’investissement foncier, ses esclaves jeunes et non-intégrés généralement basanés délibérément maintenus incultes et Disneyland au milieu pour distraire, La France ressemble bien plus à La Floride et rien ne ressemble moins à La Californie que La Floride.

La Californie est un état jeune, dynamique et urbain, basé sur l’apport des étrangers, fer de lance en terme de technologie et de divertissement, son gouverneur est autrichien. La Floride est un ghetto de banlieues interminables et réservées aux vieux les plus riches - et blancs - du pays dont le patrimoine boursier est géré par les fameux fonds de pension dont on apprécie chaque jour à chaque coin du globe le chaos social dont ils sont (petit-)porteurs, le gouverneur est le frère de George Bush. A l’inverse de La Californie, La Floride ne crée strictement rien et surtout pas du patriotisme. La pratique décontractée du golf entre vieilles peaux burinées par le soleil se déplaçant en mini-karts climatisés y est le seul semblant de cohésion citoyenne. Et pourtant, malgré sa complète non-représentativité du reste des Etats-Unis, c’est bien grâce aux voix de La Floride que ce pays a basculé dans l’ère du tout Bush. Il faut y voir le dernier signe d’alarme de nos démocraties en fort mauvais état.

Quant au reste des Etats-Unis, avec ses mobiles homes moisis, ses usines désaffectées, ses ponts qui s’effondrent et ses coupons de rationnement, il a plus à voir avec le Michigan ou le Delaware qu’avec La Californie ou La Floride.

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