Les grandes manoeuvres pour assurer d'ici 2012 un cadre internet digne de ce nom à notre monarchie élective (suivant l'adage "tout ce que je ne veux pas écouter, soit je le nie soit je le fais taire" ) sont entamées.
Est votée mercredi soir à l'assemblée l'article 4 de la LOPPSI 2 autorisant le ministère de l’intérieur à "filtrer" un site internet sans passer par la case judiciaire... Outil inefficace à lutter contre sa "cible", les abus sur pitinenfants et l'escroquerie en ligne[1], mais ouvrant d’intéressantes perspectives pour la fermeture pure et simple des sites contrariant l'autorité.
En cas de promulgation de loi liberticide, si l'on ne dispose pas dans l’actualité d'un niqab, d'un rom ou d'une tempête de neige pour faire diversion, il convient de guider le lecteur vers le chemin de la sécurité où il décidera de "lui-même" que la censure, finalement, ça a du bon.
Comme par hasard, le lendemain du vote nocturne (à 20 gus dans une assemblée), l'agence "conseil" Calypso publie le baromètre "enfant et internet", réalisé lors du tour de France des établissements scolaires "un clic, déclic, une opération nationale de sensibilisation" avec le soutien de l'association "la voix de l'enfant" (pour la respectabilité) mais aussi Apple, Google et Orange (pour le côté infiltration du marché à la source).
Soucieux de sensibiliser son lectorat au risque de viol encouru par leurs pitinenfants en cas de navigation sur internet, sans gilet de sauvetage certifié NS, loin des eaux usées des éditos de Threard ou de Catherine Nay, Le Figaro titre son article de synthèse sous l'angle de la catastrophe :
Soucieux de sensibiliser son lectorat au risque de viol encouru par leurs pitinenfants en cas de navigation sur internet, sans gilet de sauvetage certifié NS, loin des eaux usées des éditos de Threard ou de Catherine Nay, Le Figaro titre son article de synthèse sous l'angle de la catastrophe :
Je t'en propose quelques extraits revisités en mode "tu vas parler hein ? C'est quoi ton mobile et qui sont tes complices ?" et tu verras que, plus que jamais, les mots sont importants.
"Le quatrième baromètre [...] montre une escalade numérique impressionnante des 11-17 ans, qui passent notamment une grande partie de leur temps sur les outils communautaires.
Toujours plus jeunes. Toujours plus équipés.
[La phrase "toujours plus armés" n'a pu être utilisée le copyright étant déposé par Alain Bauer]
Enfants et adolescents plongent chaque année davantage dans le grand bain des nouvelles technologies.
[Étonnant... ce n'est pas comme s'il y avait une douche publicitaire continue pour les smart-phones et autres packs "internet illimité avec forfait bloqué", de l'abri bus devant leur bahut à la moindre émission de radio ou de télé chez eux].
Les chiffres les plus frappants de cette escalade numérique concernent les pré-adolescents. Désormais 55% des 11-13 ans auraient une page Facebook et 47% posséderaient déjà un téléphone portable.
[Chiffres terrifiants. Je me demande combien ont la télévision chez eux ? Et plus haut dans "l'escalade" : combien ont accès à l'électricité à domicile ? Une insertion de doigts mouillés dans la prise de terre risquant de provoquer un "raz-de-marée" intime chez le jeune irresponsable avide d'interdits.]
[La phrase "toujours plus armés" n'a pu être utilisée le copyright étant déposé par Alain Bauer]
Enfants et adolescents plongent chaque année davantage dans le grand bain des nouvelles technologies.
[Étonnant... ce n'est pas comme s'il y avait une douche publicitaire continue pour les smart-phones et autres packs "internet illimité avec forfait bloqué", de l'abri bus devant leur bahut à la moindre émission de radio ou de télé chez eux].
Les chiffres les plus frappants de cette escalade numérique concernent les pré-adolescents. Désormais 55% des 11-13 ans auraient une page Facebook et 47% posséderaient déjà un téléphone portable.
[Chiffres terrifiants. Je me demande combien ont la télévision chez eux ? Et plus haut dans "l'escalade" : combien ont accès à l'électricité à domicile ? Une insertion de doigts mouillés dans la prise de terre risquant de provoquer un "raz-de-marée" intime chez le jeune irresponsable avide d'interdits.]
[...]
Chez les collégiens et lycéens de 13 à 17 ans, le portable est devenu incontournable. [Alors que chez leurs parents pas du tout.] A tel point qu'il servirait de «doudou» à près d'un tiers des 15 à 17 ans qui déclarent le mettre sous leur oreiller pour dormir.
[Le mitraillage de SMS à la con sur smart-phone payé à crédit, histoire de détailler toutes les 10 minutes à Chouchounet(-te) les facettes du vide de sa vie de bureau, est en revanche la chasse gardée de l'adulte salarié. Existe aussi en mode "Poker sur smart-phone dans les transports en commun"[2]].
Chez les collégiens et lycéens de 13 à 17 ans, le portable est devenu incontournable. [Alors que chez leurs parents pas du tout.] A tel point qu'il servirait de «doudou» à près d'un tiers des 15 à 17 ans qui déclarent le mettre sous leur oreiller pour dormir.
[Le mitraillage de SMS à la con sur smart-phone payé à crédit, histoire de détailler toutes les 10 minutes à Chouchounet(-te) les facettes du vide de sa vie de bureau, est en revanche la chasse gardée de l'adulte salarié. Existe aussi en mode "Poker sur smart-phone dans les transports en commun"[2]].
[Facebook] est la nouvelle star des cours de récréation
[en terme de révélations : wikileaks peut se rhabiller.].
[...] Facebook est leur nouveau couteau suisse. Ils l'utilisent pour tout. Discuter en ligne, partager des photos et des vidéos, les commenter…
[oui, il s'agit ici de sensibiliser le lecteur du Figaro au monde opaque et alarmant de l'ouvertue à l'autre et de l'échange gratuit sur fond de technologie luciférienne.]
Du coup, ils utilisent de moins en moins les mails. Si les messageries de type MSN ont également un peu moins la cote, un quart des 11 et 13 ans déclarent tout de même y passer plus de trois heures par jour.
[Tandis que leurs parents, en dociles citoyens friands de culture et de spectacles nobles diffusés sur des canaux indépendants du pouvoir, consacrent 3h30 quotidiennes et constructives à la télévision.]
«Quant aux blogs, délaissés par les adolescents, ils attirent désormais un public dès le CM1-CM2», avance Thomas Rohmer [patron de Calypso].
[Oui, l'âge moyen du blogueur politique est de 7 ans et demi. Ce qui tranche avec le petit monde des éditocrates de plateau dont certains approchent le siècle (ainsi que son dîner).]
[en terme de révélations : wikileaks peut se rhabiller.].
[...] Facebook est leur nouveau couteau suisse. Ils l'utilisent pour tout. Discuter en ligne, partager des photos et des vidéos, les commenter…
[oui, il s'agit ici de sensibiliser le lecteur du Figaro au monde opaque et alarmant de l'ouvertue à l'autre et de l'échange gratuit sur fond de technologie luciférienne.]
Du coup, ils utilisent de moins en moins les mails. Si les messageries de type MSN ont également un peu moins la cote, un quart des 11 et 13 ans déclarent tout de même y passer plus de trois heures par jour.
[Tandis que leurs parents, en dociles citoyens friands de culture et de spectacles nobles diffusés sur des canaux indépendants du pouvoir, consacrent 3h30 quotidiennes et constructives à la télévision.]
«Quant aux blogs, délaissés par les adolescents, ils attirent désormais un public dès le CM1-CM2», avance Thomas Rohmer [patron de Calypso].
[Oui, l'âge moyen du blogueur politique est de 7 ans et demi. Ce qui tranche avec le petit monde des éditocrates de plateau dont certains approchent le siècle (ainsi que son dîner).]
Les jeux vidéo font également un malheur. 87% des 11-13 ans et 80% des 15-17 ans disent s'y adonner au moins une fois par jour. Enfin, le téléchargement de films et séries TV «explose», selon le baromètre. Plus de la moitié des 13-15 ans, contre 21% l'an passé, vont chercher ces contenus sur le web.
[la moitié restante allant probablement les télécharger sur un autre internet encore plus dangereux.]
Et ce de manière illégale. Chez les 15-17 ans, ce chiffre dépasse les 60%.[Comme dirait le grand philosophe Robert Menard dans ces monologues "sans interdits" de 17h45 : "dès fois on regrette l'abolition de la peine de mort". Exemple des propos pondérés et responsables prouvant la supériorité idéologique de la télévision pour vieux à l'heure où les mômes rentrent de l'école.]
[la moitié restante allant probablement les télécharger sur un autre internet encore plus dangereux.]
Et ce de manière illégale. Chez les 15-17 ans, ce chiffre dépasse les 60%.[Comme dirait le grand philosophe Robert Menard dans ces monologues "sans interdits" de 17h45 : "dès fois on regrette l'abolition de la peine de mort". Exemple des propos pondérés et responsables prouvant la supériorité idéologique de la télévision pour vieux à l'heure où les mômes rentrent de l'école.]
À chaque génération ses loisirs et un tel succès des nouvelles technologies ne devrait pas forcément poser de problèmes.
[Il va falloir que la jeunesse de ce pays se le mette une bonne fois pour toutes dans le crane : ce ne sont pas les anciens qui vont se mettre au vélo mais les jeunes qui doivent se véhiculer en déambulateur.]
Malheureusement, ce baromètre montre aussi la très faible présence des parents [...et s'il faut culpabiliser les parents pour ça, on ne va pas se gêner] dans ce nouveau quotidien numérique des plus jeunes qui manquent parfois d'armes pour protéger leurs données confidentielles ou peuvent être confrontés à des images choquantes. Campagnes de prévention, messages ministériels… Rien n'y fait." [et pourtant nos agences de com, people, pubards séniles, politiques, pachydermes tv, journalistes et acteurs n'ont pas ménagé leurs efforts pédagogiques pour nous démontrer qu'Internet = mensonge, pédophilie, délinquance, raclure analphabète de bidet inculte.]
[Il va falloir que la jeunesse de ce pays se le mette une bonne fois pour toutes dans le crane : ce ne sont pas les anciens qui vont se mettre au vélo mais les jeunes qui doivent se véhiculer en déambulateur.]
Malheureusement, ce baromètre montre aussi la très faible présence des parents [...et s'il faut culpabiliser les parents pour ça, on ne va pas se gêner] dans ce nouveau quotidien numérique des plus jeunes qui manquent parfois d'armes pour protéger leurs données confidentielles ou peuvent être confrontés à des images choquantes. Campagnes de prévention, messages ministériels… Rien n'y fait." [et pourtant nos agences de com, people, pubards séniles, politiques, pachydermes tv, journalistes et acteurs n'ont pas ménagé leurs efforts pédagogiques pour nous démontrer qu'Internet = mensonge, pédophilie, délinquance, raclure analphabète de bidet inculte.]
Suit une petite intervention d'Alex Turk, président de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) au sujet de facebook :
«Les parents et le corps enseignant ne savent pas par quel bout prendre le problème.
[Tu noteras ici l'absence de doute quant à l'existence d'une putain de tuile.]
Il faut reconsidérer l'instruction civique sous l'angle de la protection des données personnelles pour sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge. Ce sujet devrait devenir une priorité nationale. Des générations sont en train de s'engager dans la vie avec un patrimoine de libertés fondamentales mutilé car ils ne pourront jamais récupérer complètement les informations qu'ils ont diffusées sur la toile».
[J'imagine qu'à l'arrivée de la voiture quelques chefs de CNIL prétendirent qu'à plus de 30 km/heure les charrettes du diable rendraient stériles. Et regarde, 120 ans plus tard : on n'est pas heureux à passer nos week-end dans les bouchons pour se rendre avec les mioches chez le concessionnaire, histoire de bénéficier avant la fin de l'année de la prime à la casse et de changer de Laguna pour la troisième fois en 3 ans ?]
«Les parents et le corps enseignant ne savent pas par quel bout prendre le problème.
[Tu noteras ici l'absence de doute quant à l'existence d'une putain de tuile.]
Il faut reconsidérer l'instruction civique sous l'angle de la protection des données personnelles pour sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge. Ce sujet devrait devenir une priorité nationale. Des générations sont en train de s'engager dans la vie avec un patrimoine de libertés fondamentales mutilé car ils ne pourront jamais récupérer complètement les informations qu'ils ont diffusées sur la toile».
[J'imagine qu'à l'arrivée de la voiture quelques chefs de CNIL prétendirent qu'à plus de 30 km/heure les charrettes du diable rendraient stériles. Et regarde, 120 ans plus tard : on n'est pas heureux à passer nos week-end dans les bouchons pour se rendre avec les mioches chez le concessionnaire, histoire de bénéficier avant la fin de l'année de la prime à la casse et de changer de Laguna pour la troisième fois en 3 ans ?]
Aujourd'hui, 87% des 11-13 ans ne protègent aucune donnée personnelle sur Facebook et trois sur dix acceptent systématiquement «les nouveaux amis» qui s'y présentent.
[Bien sûr : la télé et son produit star "la télé-réalité", basé sur l'exposition continue et décomplexée de l'intimité du spectateur devenu acteur discount (avec ce "petit plus" qu'elle est assortie d'une totale soumission à l'autorité a.k.a la prod a.k.a l'annonceur), n'y sont pour rien.]
Les adolescents se disent quant à eux peu concernés par le débat sur le droit à l'oubli."
[Assez logique dans une société où la célébrité, pour rien et à tout prix, représente la quintessence de la réussite.]
Nouvelle pierre apportée à l'édifice idéologique, sous l'angle "ado irresponsable, liberté technologique trop dangereuse et que ne ferait-on pas pour nos enfants ?", conditionnant le lecteur à conclure que ce n'est "pas si mal" de censurer internet (d'autant que c'est cool : on s'est comme par hasard doté de l'outil législatif ad-hoc le jour même !). L'article sous-tend l'idée, en vogue chez les promoteurs de la peur, que l’émetteur de ses données personnelles est plus coupable que celui risquant d'en abuser. Si l'on suit la même logique : celui recevant un courrier d'Hadopi[3], lui reprochant d'avoir téléchargé une oeuvre musicale et le menaçant de sanctions s'il recommence, devrait blâmer l'artiste pour avoir créé l'oeuvre à l'origine du "délit" passé et à venir. On le voit une fois encore : les réponses sont conditionnées par la façon de poser "les problèmes".
[Bien sûr : la télé et son produit star "la télé-réalité", basé sur l'exposition continue et décomplexée de l'intimité du spectateur devenu acteur discount (avec ce "petit plus" qu'elle est assortie d'une totale soumission à l'autorité a.k.a la prod a.k.a l'annonceur), n'y sont pour rien.]
Les adolescents se disent quant à eux peu concernés par le débat sur le droit à l'oubli."
[Assez logique dans une société où la célébrité, pour rien et à tout prix, représente la quintessence de la réussite.]
Nouvelle pierre apportée à l'édifice idéologique, sous l'angle "ado irresponsable, liberté technologique trop dangereuse et que ne ferait-on pas pour nos enfants ?", conditionnant le lecteur à conclure que ce n'est "pas si mal" de censurer internet (d'autant que c'est cool : on s'est comme par hasard doté de l'outil législatif ad-hoc le jour même !). L'article sous-tend l'idée, en vogue chez les promoteurs de la peur, que l’émetteur de ses données personnelles est plus coupable que celui risquant d'en abuser. Si l'on suit la même logique : celui recevant un courrier d'Hadopi[3], lui reprochant d'avoir téléchargé une oeuvre musicale et le menaçant de sanctions s'il recommence, devrait blâmer l'artiste pour avoir créé l'oeuvre à l'origine du "délit" passé et à venir. On le voit une fois encore : les réponses sont conditionnées par la façon de poser "les problèmes".
Bon, le plus beau de l'article du Figaro reste sa mise en abyme finale où le lecteur est convié à... laisser son témoignage.
Le Figaro s'est trompé, le besoin de s'exprimer est plus qu'une catastrophe : c'est une intolérable malfaçon humaine, le vrai bug des années 2000. A défaut de nous mater physiquement, ça coûte cher et ça tache, le pouvoir et ses VRP n'auront de cesse de nous persuader qu'il faut mater l'outil (après abonnement bien sur).
(La France est à l'aube d'une révolution numérique : l'offre unique.
Thierry Solère planche déjà sur le packaging.)
Thierry Solère planche déjà sur le packaging.)
* * *
[1] Pitinenfants qui devront se contenter de la trash-tv et des dissections "porno-chic" de cadavres dans les séries américaines sur la première compagnie et ses déclinaisons débiles de la TNT gratuite, bourrées de pubs pour crédits à la conso à 53% et sonneries de téléphone portables personnalisées à 13 euros la minute.
Dans le même temps, la même LOPPSI assouplit les règles du permis à point : être écrasé par une voiture grillant un feu rouge étant probablement moins dangereux pour l'enfant que de surfer sur internet.
Dans le même temps, la même LOPPSI assouplit les règles du permis à point : être écrasé par une voiture grillant un feu rouge étant probablement moins dangereux pour l'enfant que de surfer sur internet.
[2] Certes, matin et soir, les mêmes avaient déjà la tête baissée dans le métro avant l'arrivée de l'heil-phone. La force d'Appeule et des opérateurs de 3G est d'avoir réussi à leur faire payer, sur abonnement, ce long tunnel d'ennui et de soumission qui, jusque-là, n'était pas profitable au marché.
[3] brillant résultat à 30 millions d'euros annuels de l'ancienne "bataille" du net menée par les mêmes grands esprits.
[3] brillant résultat à 30 millions d'euros annuels de l'ancienne "bataille" du net menée par les mêmes grands esprits.














