Ce dimanche, dans notre série, "la vieillesse bourgeoise, ce naufrage"...
La grasse matinée dominicale sérieusement compromise dès 7h pour cause de biberon, je survole à l'Heil Pod la programmation des radios, tout en versant les croquettes du chat miaulant famine, un bol de café tiède sous le bras. Il devait bien me rester une ou deux mains libres, mais à ces heures tardives d'une nuit trop courte, il ne faut pas trop m'en demander. En ce moment, j'alterne entre BFM Business et Rires et Chansons, c'est très proche sauf que la seconde entrecoupe les sketchs avec des chansons. Je prends aussi la température de la croulantocratie dominante sur RTL et Europe 1. Il faut savoir vivre avec son temps.
C'est Gérard Lanvin, l'acteur sympa de mon enfance qui, en promo pour son nouveau film au micro de Florent Chatain sur Europe1, a su se mettre au diapason de l'audience de la radio bleue.
Après une petite promo ronflante sur
le code d'honneur des voyous où Lanvin nous raconte son amitié pour
le braqueur Edmond Vidal ou
le policier lyonnais Michel Neyret (récemment mis en examen pour corruption), et non sans avoir craché comme tout bon réac qui se respecte sur les dangers d'internet responsable entres autres de la perte des bonnes manières chez les braqueurs (à 8.10 sur la vidéo sur la vidéo en fin de billet),
le copain de Coluche se hasarde sur le terrain politique... et dans une bonne bouillabaisse analytique, niveau puzzle deux pièces, nous livre un superbe hommage au président. On y retrouve l'esprit et quelques fulgurances de ce meeting à Bercy entre les deux tours de 2007 réunissant de
la crème des philosophes du show-business en indélicatesse fiscale.
[A partir de 10.00 sur la vidéo en fin de billet]
GERARD LANVIN
"La politique, ça me travaille à tel point qu'on a plus du tout envie de s'y intéresser. C'est ça le problème. on est démotivés, désempares, désespérés. Mais qu'elle soit française ou mondiale. Vous savez, Monsieur Nicolas Sarkozy, le président de la République [Merci Gérard], il fait ce qu'il peut. Je trouve qu'il agit énormément moi. Et à force de se foutre de sa gueule, de commenter, on démobilise les gens. [C'est sur, quelle connerie la critique. Et l'humour je t'en parle pas : si tu ne le payes 10 euros pas pour aller le voir en salle, c'est rien que de la mauvaise qualité dangereuse] C'est pas être sarkozyste ou pas de dire ça. C'est observer ce qui se passe. Le mec il est sur le terrain depuis une année pour essayer de sortir du chapeau la meilleure solution avec un tas de gens, comme lui, qui sont responsables de notre vie en fait [parle-t-il de la dream team Baroin-Pecresse, dont la nullité crasse fait désormais passer Christine Lagarde pour un prix Nobel de physique quantique ?], de ce qui va se passer et arriver. On parle de la Grèce, on parle de tout ça... Mais y'a des mecs qui sont sur le terrain en permanence et qui s'en préoccupent [parce que nous les cons avec nos tafs de merde, et nos payes à chier, en plus de rien n'y comprendre, on n'est pas dans le réel]. Et de l'autre côté vous avez des adversaires qui le font passer pour un mec qui fait rien (rires) [si seulement il ne faisait rien, ce serait déjà ça. Mais on ne peut rien contre le dogme du mouvement, mais si celui-ci tient plus des gesticulations de parade]. Vous savez y'a pas de respect de la droite ou la gauche pour moi [comme disent les mecs de droite]. Y'a une envie : c'est que les plus intelligents et les plus capables se réunissent, qu'ils soient de droite de gauche ou d'ailleurs [...] hein, faut éviter juste que les extrêmes passent [Ah on revient au logiciel de base, 1983 style]. C'est tout simple. Les extrêmes [droite c'est mal en général, gauche c'est mal pour mes impôts] c'est ce qui peut passer dans les moments comme ça où les gens ont peur. Et moi Marine Le Pen c'est pas possible pour moi. [votez Sarko, CQFD]"
J'en ai renversé mon café tiède sur le chat, tout en rattrapant l'Heil Pod puis le bébé.
Quant à son engagement politique, le processeur quadricon déjà bien endommagé, l'acteur de conclure avec cohérence : "Non, moi je m'engage pas avec ces gens-là. J'ai pas confiance en ces gens-là. [...] Moi j'ai pas envie de fréquenter des blaireaux pareils. Moi je préfère être à la campagne au milieu des vaches." En résumé : 'y sont tous pourris, même s'il faut pas dire qu'ils sont pourris, et surtout pas Sarkozy qui lui fait des choses rapport qu'il est président.
Merci à Gérard Lanvin, en rodage pour les enfants de la télé, de nous rappeler sur quelle gélatine mentale peut à nouveau se fortifier un vote sarkozyste.
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P.S : Le titre de ce billet est un hommage au "
Moi vouloir toi", savoureux nanar à l'eau de rose de Patrick Dewolf des années 80. Gérard Lanvin y interprétait un animateur d'
NRJ (le top de la branchitude d'antan) en proie à de violents tourments sentimentaux à savoir que
c'est 'achement dur d'aimer.