5 décembre 2011

L'alibi germanophobe

par
Zut, ça cafouille au PS!  Dans un monde d'images où l'élection d'une Alsacienne en maillot deux pièces hypnotise 8 millions de personnes le samedi soir, où Confessions Intimes a remplacé Apostrophes, où l'opinion politique se forge à deux tiers de Direct matin et un tiers de Canteloup le soir, faire une référence historique vieille d'un siècle pour pointer du doigt la vassalité présidentielle à cet ordre teuton qui veut casser nos salaires et écorcher vive toute forme de solidarité, c'est viser à côté de la plaque.

Ces références à Bismarck et à Daladier : à part la rédaction d'Historia, qui va comprendre ? 

Relativisons les accusations de racisme antiallemand lancées par l'UMP à l'encontre des socialistes et rassurons nos xénophobes d'Etat qui jouent les outrés. Tradition et identité nationale sont encore respectées: de Dunkerque au Lavandou, il vaut toujours mieux s’appeler Helmut que Mamadou. 

Se soumettre à la rigueur allemande (en taxant toute critique de xénophobie) et culpabiliser au même moment les mecs au RSA, les salariés malades et les étudiants étrangers: il fallait oser. Fort avec les faibles, faible avec les forts: c’est ainsi qu'Emmanuel Todd résume justement l’entrée en campagne d’un président plus que jamais en contradiction. 

Même si le président en campagne reprend confiance, pour l'auteur des récents "l'Europe ce n'est pas moins de souveraineté, c'est davantage de souveraineté" et autre "gouvernance intergouvernementale", la suite jusqu'en mai prochain sera délicate sur l'argument franco / allemand. Comment le président va-t-il vendre à un pays qui a rejeté le TCE (avant de se le faire imposer de force, et pour quel résultat), et à qu'il a survendu l'idée de nation durant un quinquennat sans avoir d'échantillon sur lui, le fait de soumettre notre budget à un commissaire européen? Dire tout et son contraire en accusant les autres d'être des sectaires peut-il suffire ? 

Une chose est acquise. Quand cette politique économique suicidaire révélera la douloureuse étendue de son échec (pour l'instant c'est l’apéritif), la réponse de ton président est déjà toute prête: ce sera la faute à l'Europe (...et aussi aux socialistes).

Alors, peut-être qu'à ce moment-là, comme ci-dessous en 2007, il demandera à Henri Guaino de lui pondre un nouveau discours avec un brin de germanophobie.

Vidéo compilée par Melclalex.

Illustration : Delicatessen / JP Jeunet

3 décembre 2011

La tentation d'Yves

par
Connais-tu Yves Thréard ? Probablement. Si tu allumes la télé ou la radio dans la journée en semaine, tu as une chance sur deux de tomber sur son expertise socio-économique (de droite). A quel titre? Il est journaliste et directeur adjoint du Figaro. Enfin presque. Parce qu'avec ses passages télés permanents, il n'a plus le temps d’écrire grand chose Yves et nous pond donc des billets de blog à peine plus épais qu'un tweet. 

Son billet du 2 décembre 2011, intitulé "Montebourg et le social nationalisme" était simple, sa ligne claire: croiser les effluves Merkel et Bismarck, comme l'a récemment fait Arnaud Montebourg, c'est mal.


Extrait:  "La germanophobie de Montebourg, qui compare Angela Merkel à Bismarck, renvoie à la tentation du social-nationalisme de quelques figures de la gauche au siècle dernier. Le politologue Dominique Reynié [autre expert en plateaux, chargé de délivrer la musique d'ambiance de notre résignation au libéralisme, le plus souvent chez Yves Calvi] avait déjà relevé ce travers chez bon nombre de "nonistes" socialistes, lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen."

Il faut croire que la télé détruit tout, et d'abord la mémoire. Heureusement que quelques gauchistes du net comme Rimbus ou Melclalex en ont à revendre.

Le 19 mai 2010, au moment du premier "sauvetage" grec, Y.Thréard publiait un billet tout en cirage de pompes envers Merkel en qui il voyait l'opportunité d'enfin pouvoir imposer à la France ce serrage de vis social ultime avec salaires à 1 euro qui fait triquer les libérauxLe titre du billet ?

"Merkel, un Bismarck en jupon !"    



Extrait: "Merkel, si moquée à son arrivée au pouvoir, si critiquée dans la tourmente financière de ces dernières semaines, est une redoutable politique. Sans doute, pense-t-elle à Bismarck, le père de l'unité allemande, qui fut aussi un fervent adepte de la realpolitik pour assurer la domination de son pays dans une Europe pacifiée (il était hostile à l'annexion de l'Alsace-Lorraine)"

La tentation du social-nationalisme se cache donc jusque dans la rédaction du Figaro. Qui l'eût cru ?

30 novembre 2011

Du sang, des larmes et un miroir

par
Et vogue le spectacle de la peur. La dette déroule son mélodrame depuis l'été, Attali annonce la fin de l'euro avant noël, les sommets de la dernière chance s’enchaînent hebdomadaires, Benjamin Biolay sort un best-of et s'installe progressivement dans les têtes cette idée sentant bon le sermon dominical à la paroisse que non seulement on va souffrir, mais qu'en plus c'est là seule condition[1] pour accéder au paradis. A savoir l'aboutissement d'un système qui, après avoir foiré durant 30 ans et après une ultime phase sacrificielle, fonctionnerait enfin. 

A six mois de l'élection présidentielle, j'observe trois attitudes dans mon entourage:

1/ Ceux qui veulent renverser la table et changer de système.

2/ Ceux qui s’apprêtent à souffrir pour les cinq prochaines années, convaincu qu'il faut "du sang et des larmes" pour s'en sortir. La timide remontée de popularité de N.Sarkozy, toujours à la fête statistique dès qu'il y a de la peur et du malheur, nous remémore avec accablement que persiste une appétence populaire à la souffrance (ce qu'on appelle dans les milieux autorisés: la Michelgodetise). Certes, la catégorie se subdivise en deux sous-parties: ceux qui sont convaincus qu'ils doivent souffrir et ceux convaincus que c'est aux autres de souffrir. L'art de l'homme de droite est de conduire ces deux parties à l'osmose.

3/ Ceux qui iront là où leur dira d'aller étayant leur amertume d'un "c'est comme ça" ou "de toutes les façons, on n'a pas notre mot à dire", ou encore du célèbre "parce que les politiques c'est rien que des pourris qui ne nous représentent pas" (éventuellement suivi dans la foulée d'un "sinon, y a quoi ce soir sur M6?"). N.B: Ceux-là sont de loin les plus nombreux.

Dans les deux "partis de gouvernement", on vise le rassemblement des deux premières catégories sur fond de rationalité en soufflant d'un jour sur l'autre sur l'une des deux logiques: l'annonce de la souffrance et l'indispensable promesse électorale du changement. On promet que ça ne peut pas continuer ainsi, mais on s'interdit la radicalité en délaissant les changements de paradigme aux partis extrêmes que l'on amalgame dans le même sac étanche étiqueté "fadaises". Quant à la troisième tendance, vu qu'elle ne vote pas, le politique s'y intéresse peu: ce qui en retour renforce logiquement le mépris et le fameux "tous pourris qui ne nous représentent pas"[2].
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Le Yeti écrit sur son blog : "J’appelle Indignés tous ceux qui ont compris l’impérieuse nécessité de jouer la partie hors du cadre systémique imposé". 
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Qui a envie de jouer hors de la partie? Le changement est-il réellement souhaité? Dans une société où l'ouverture d'un Marks and Spencer réunit sous des trombes d'eau dix fois plus de piétons tièdes qu'un rassemblement de téméraires indignés à La Défense, où la révolution est une box internet  designed by Starck, où les records de participation aux indécentes cagnottes de la loterie sont régulièrement explosés, où les goûts et les rêves du bobo que le prolo exècre s'accordent sur les  codes, les marques et les mêmes programmes que ceux du prolo que le bobo conchie, où les velléités de cocooning, d'upgrade frénétique d'hi-tech hautement périssable, de "plus-value net vendeur" transcendent la pyramide des âges et des régions, c'est moins le système qui est critiqué que ses défaillances à remplir le contrat d’abondance tel qu'il est vu à la télé. De plus, mes observations sont sans appel: dès que l'on possède une part de confort, même minime, assorti d'un endettement, même maximum, on s'y accroche. La droite le sait bien. La gauche aussi.
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A partir de là, on pourra toujours critiquer les politiques pour leur carence à fournir du rêve. Comment être indigné, et contre quoi, lorsqu'on a qu'une envie: celle de devenir bourgeois? Comment rêver d'un autre monde alors que l'on aspire en permanence à surperformer dans celui-ci, quitte à écraser l'autre et à se sacrifier soi?

Philippe Sage écrit sur son blog: "Ce que veut le peuple, c'est le changement, et en profondeur".

Alors le peuple le cache bien. L'élection de 2012 ne s'articulera pas sur l'aspiration du peuple à changer de système en profondeur. Au contraire, sera choisi celui ou celle qui sera le plus à même de garantir la pérennité de celui-ci. Et ce même, s'il doit y avoir souffrance. "Même et surtout" peut-on craindre, l'équation religieuse souffrance = paradis étant prêchée en continu depuis six mois par l'armée des douze"experts" économiques aux trois-huit dans les médias. 

Les périodes d'austérité sont propices aux alternances politiques et, j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, ça me semble compliqué pour la droite de l’emporter en 2012 (à moins d'un nouveau passage de comète Nafissatou). La course éperdue après le FN est d'ailleurs la preuve que la droite a conscience du problème. Mais, selon les mécanismes punition-récompense qui sont un des piliers de notre époque et la base du discours dominant, l'hypothèse de la réélection du bourreau, mal aimé mais reconnu comme le plus crédible à préserver le système, n'est pas à prendre à la légère. 

Au lieu de reprocher à un candidat socialiste de ne pas être d'une gauche assez pure (mais se risquera-t-il à radicaliser plus son propos au regard de ce qui est énoncé ci-dessus et dont il est parfaitement conscient?), il nous faut sans cesse, partout autour de nous, rappeler le bilan du candidat sortant et plus encore l’inefficacité de son logiciel de gouvernance (NDLR: clairement pas à gauche).

Pour le changement, étant convaincu que chaque acte de la vie quotidienne recèle une part de politique, c'est d'abord l'affaire de chacun de nous. A nous d'être et agir à gauche, alors les hommes et femmes politiques suivront. 
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[1] faire payer les riches ou envoyer balader les banques ayant été des hypothèses écartées d'office.
[2] A ce sujet, histoire d'exister à leurs yeux, on ne peut que conseiller à ceux qui n'ont pas fait la démarche de s'inscrire sur les listes électorales avant la fin décembre. C'est simple et rien que cette action contribue à changer la donne.
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Illustration: E la nave va, Federico Fellini (1981)

29 novembre 2011

Forever RGPP

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Comme Gérard Lanvin, cessons cet inutile mauvais esprit envers notre Sauveur et son équipe gouvernementale. Notre Astérix et ses Idéfix ne ratent pas tout. En effet, la croissance française du chômage est stupéfiante: +33% depuis 2007. Mais le gouvernement a le triomphe modeste et préfère aborder la question cruciale du vote des étrangers ou faire voter une 36e loi sur la délinquance prénatale.
Attardons-nous donc sur d'autres succès de ce gouvernement infiniment moins médiatisés. A la catégorie destruction, nous trouvons: la RGPP - Révision générale des politiques publiques - dont le premier Ministre doit dresser aujourd’hui le bilan (sans aucun doute merveilleux) à Bercy.

La RGPP, mise en place en juillet 2007, est le round-up des services et missions de l’Etat. A l'époque, il s'agit de Faire mieux avec moins (slogan que nous ré-entendons aujourd'hui à peine modifié pour la prochaine campagne présidentielle de droite). Au palmarès de la kermesse RGPP: suppressions de tribunaux, nouvelles répartitions et fusions d’administration, développement des services sur internet, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux (150.000 postes supprimés en 5 ans, 500.000 selon le livre noir de FO), généralisation du principe de mobilité...) et moult autres mesures de cost-killing multi azimuts décrétées d'en haut et sans aucune concertation avec les élus  ou spécialistes de terrain.

La RGPP est l'application progressive du néo-libéralisme au secteur public, sous l'angle unique de la performance. Mais comment évaluer la performance d'un juge ? Pour avoir des enfants dans de bonnes conditions, les mamans doivent-elles habiter dans une région présentant un taux annuel d'accouchements suffisant pour que l'Etat y daigne laisser une maternité ?

La RGPP, peu médiatisée, remodèle complètement les territoires de province, enclavant certaines zones où il faut désormais faire une 1h30 de voiture pour passer un examen de santé, et une heure de plus pour en faire un autre complémentaire, où les perceptions et les gendarmeries ferment.

La RGPP détruit peu à peu l’égalité républicaine supposée dans l’accès aux soins et à l’éducation.

Certes, pour l’illuminée Pécresse moins d’hôpitaux mieux équipés améliorent la qualité du service public. Toujours est-il que, grâce à la RGPP, il devient plus risqué d’être cardiaque en vivant dans certaines régions de France pour cause d’hôpital désormais à 60 kilomètres trop loin. Ne te plains pas, c'est ça la modernité.

La RGPP est un des ces facteurs de déclassement médiatiquement discrets, mais affectant des millions de Français. Voyons d’ailleurs dans la récente victoire de la gauche au Sénat, une remontée de colère des élus de terrain envers des mesures souvent absurdes, imposées sans concertation et dont ils sont, par manque d'information, tenus pour responsables chez eux.

Le plus beau c’est que la RGPP rate ses ambitions budgétaires. Elle aurait permis d’économiser 15 milliards d’euros depuis 2007, soit l’équivalent de ce que l’Etat a dilapidé en cinq minutes le mois dernier pour la Grèce, histoire de contenter les marchés.

Le gouvernement avait promis de reverser sous forme de primes 50% des économies générées. "Ce taux de retour a en réalité atteint 67,3% en 2010" selon la Cour des comptes citée par Le Figaro. Et d’ajouter "Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget, a même démontré que dans certains ministères, comme l'Intérieur, les primes avaient dépassé les économies." Oups.

Mais peu importe le résultat pour la droite, seul compte le processus.  Dégrader froidement les services publics est un moyen à peine déguisé de progressivement convaincre les esprits de l’impérieuse nécessité de laisser gérer la santé ou l’éducation par le secteur privé. 

Dès octobre 2007, Fillon avait annoncé la couleur: "La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire".

La droite est droite, c'est pour ça qu'on l'appelle ainsi. Comme pour le chômage ou le pouvoir d'achat, on ne change pas les méthodes qui foirent. Fort de ce maigre résultat économique, source d’un beau bazar sur le terrain et de drames humains aussi bien pour les personnels impactés que pour les citoyens abandonnés, soyons assurés d'un violent renforcement de la RGPP si ce président (qui a révisé la politique personnelle de son salaire de +173%) est réélu.

Rêvons ensemble d'un monde encore plus moderne. Il reste tant à faire: privatisations des rues, le casting des maladies à soigner, consultation médicale par SMS surtaxés, l'école maternelle au mérite, la police privée ou l'armée de mercenaires… 
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A lire sur le sujet :
- Philippe Merlant : la RGPP dans les faits, Mediapart.
- Le livre de Jacques Cotta "Qui veut la peau des services publics ?"  JC Gawsevith éditeur, 2011.
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Illustration : L'équipe du budget au grand complet.

27 novembre 2011

Moi vouloir lui

par
Ce dimanche, dans notre série, "la vieillesse bourgeoise, ce naufrage"...

La grasse matinée dominicale sérieusement compromise dès 7h pour cause de biberon, je survole à l'Heil Pod la programmation des radios, tout en versant les croquettes du chat miaulant famine, un bol de café tiède sous le bras. Il devait bien me rester une ou deux mains libres, mais à ces heures tardives d'une nuit trop courte, il ne faut pas trop m'en demander. En ce moment, j'alterne entre BFM Business et Rires et Chansons, c'est très proche sauf que la seconde entrecoupe les sketchs avec des chansons. Je prends aussi la température de la croulantocratie dominante sur RTL et Europe 1. Il faut savoir vivre avec son temps.

Vais-je encore vous parler d'un énième publi-reportage radiophonique avec laquais cire-mocassin embedded à carte de presse sur Sarkozy "à l'attaque des fraudeurs", "face au défi de la crise", "en première ligne contre les anti-nucléaires" ou dans les tranchées la baïonnette au poing contre le streaming ? Rien de tout ça. La campagne du printemps 2012 est bel et bien commencée et les soutiens divers sortent du bois pour envoyer du pâté. 

C'est Gérard Lanvin, l'acteur sympa de mon enfance qui, en promo pour son nouveau film au micro de Florent Chatain sur Europe1, a su se mettre au diapason de l'audience de la radio bleue. 

Après une petite promo ronflante sur le code d'honneur des voyous où Lanvin nous raconte son amitié pour le braqueur Edmond Vidal ou le policier lyonnais Michel Neyret (récemment mis en examen pour corruption), et non sans avoir craché comme tout bon réac qui se respecte sur les dangers d'internet responsable entres autres de la perte des bonnes manières chez les braqueurs (à 8.10 sur la vidéo sur la vidéo en fin de billet), le copain de Coluche se hasarde sur le terrain politique...  et dans une bonne bouillabaisse analytique, niveau puzzle deux pièces, nous livre un superbe hommage au président. On y retrouve l'esprit et quelques fulgurances de ce meeting à Bercy entre les deux tours de 2007 réunissant de la crème des philosophes du show-business en indélicatesse fiscale.

[A partir de 10.00 sur la vidéo en fin de billet]

GERARD LANVIN
"La politique, ça me travaille à tel point qu'on a plus du tout envie de s'y intéresser. C'est ça le problème. on est démotivés, désempares, désespérés. Mais qu'elle soit française ou mondiale. Vous savez, Monsieur Nicolas Sarkozy, le président de la République [Merci Gérard], il fait ce qu'il peut. Je trouve qu'il agit énormément moi. Et à force de se foutre de sa gueule, de commenter, on démobilise les gens. [C'est sur, quelle connerie la critique. Et l'humour je t'en parle pas : si tu ne le payes 10 euros pas pour aller le voir en salle, c'est rien que de la mauvaise qualité dangereuse] C'est pas être sarkozyste ou pas de dire ça. C'est observer ce qui se passe. Le mec il est sur le terrain depuis une année pour essayer de sortir du chapeau la meilleure solution avec un tas de gens, comme lui, qui sont responsables de notre vie en fait [parle-t-il de la dream team Baroin-Pecresse, dont la nullité crasse fait désormais passer Christine Lagarde pour un prix Nobel de physique quantique ?]de ce qui va se passer et arriver. On parle de la Grèce, on parle de tout ça... Mais y'a des mecs qui sont sur le terrain en permanence et qui s'en préoccupent [parce que nous les cons avec nos tafs de merde, et nos payes à chier, en plus de rien n'y comprendre, on n'est pas dans le réel]Et de l'autre côté vous avez des adversaires qui le font passer pour un mec qui fait rien (rires) [si seulement il ne faisait rien, ce serait déjà ça. Mais on ne peut rien contre le dogme du mouvement, mais si celui-ci tient plus des gesticulations de parade]Vous savez y'a pas de respect de la droite ou la gauche pour moi [comme disent les mecs de droite]Y'a une envie : c'est que les plus intelligents et les plus capables se réunissent, qu'ils soient de droite de gauche ou d'ailleurs [...] hein, faut éviter juste que les extrêmes passent [Ah on revient au logiciel de base, 1983 style]C'est tout simple. Les extrêmes [droite c'est mal en général, gauche c'est mal pour mes impôts] c'est ce qui peut passer dans les moments comme ça où les gens ont peur. Et moi Marine Le Pen c'est pas possible pour moi. [votez Sarko, CQFD]"

J'en ai renversé mon café tiède sur le chat, tout en rattrapant l'Heil Pod puis le bébé.

Quant à son engagement politique, le processeur quadricon déjà bien endommagé, l'acteur de conclure avec cohérence : "Non, moi je m'engage pas avec ces gens-là. J'ai pas confiance en ces gens-là. [...] Moi j'ai pas envie de fréquenter des blaireaux pareils. Moi je préfère être à la campagne au milieu des vaches." En résumé : 'y sont tous pourris, même s'il faut pas dire qu'ils sont  pourris, et surtout pas Sarkozy qui lui fait des choses rapport qu'il est président. 

Merci à Gérard Lanvin, en rodage pour les enfants de la télé, de nous rappeler sur quelle gélatine mentale peut à nouveau se fortifier un vote sarkozyste.  
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P.S : Le titre de ce billet est un hommage au "Moi vouloir toi", savoureux nanar à l'eau de rose de Patrick Dewolf des années 80. Gérard Lanvin y interprétait un animateur d'NRJ (le top de la branchitude d'antan) en proie à de violents tourments sentimentaux à savoir que c'est 'achement dur d'aimer.

23 novembre 2011

L'excellence automobile française

par
La Tribune nous apprend que Renault veut "se lancer dans le véhicule ultra-économique" et compte fabriquer une nouvelle voiture à 2500 euros à côté de laquelle la Dacia Logan aurait des airs de Coupé Merco toutes options. Et la Tribune de préciser "Ce nouveau programme révolutionnaire est évidemment destiné à une production et une commercialisation dans les pays émergents les plus pauvres. Mais ces modèles pourraient aussi avoir leur place sur le marché européen, à terme." Et oui, le secteur de la pauvreté en Europe est un des rares du continent promis à une croissance continue.

Gageons que cette ambition d'un des fleurons de notre industrie automobile tricolore qui licencie à  grosses ramées et s'oriente résolument vers le 100% délocalisé, s'intégrera à merveille dans le nouvel axe programmatique de l'UMP présenté hier soir à Lambersart, "Développer nos filières d'excellence" [...] "pour encourager [nos] entreprises à innover pour monter en gamme pour faire du made in France une marque aussi reconnue que le made in Germany".

Bon évidemment, pour ce qui est de la balance commerciale, on va encore être marron. Mais heureusement que grâce à la "fiscalité anti-délocalisation" aussi présentée par l'UMP (en langue Novelli : hausse de la TVA, destinée à financer les prestations sociales en remplacement des cotisations patronales supprimées), le pauvre licencié (parce que pas assez compétitif) pourra payer plus cher ici un véhicule discount de marque française fabriqué dans quelque paradis "ultra-économique" où les salaires mensuels ont deux chiffres de moins. 

A 2500 euros la bagnole, je n'ose pas imaginer la tronche des salaires et des voitures. Perso, a ce prix, je trouve ça encore un peu excessif. J'attendrais donc encore un peu que ce merveilleux néolibéralisme automobile me donne ma Traban, avec un peu de pognon en guise de cadeau de bienvenue. Soyons ambitieux : sur le modèle du mobile, l'automobile à abonnement, avec options payantes, proposée par des sociétés délocalisées (un peu d'audace que diable !), le tout dans le cadre d'une hausse exponentielle des frais quotidiens de fonctionnement (carburants et péages), me semble un créneau encore plus juteux. 
Nous dédions ce billet au tricycle Smoby fabriqué, lui, à 100% en France.

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