dimanche 27 novembre 2011

Moi vouloir lui

Ce dimanche, dans notre série, "la vieillesse bourgeoise, ce naufrage"...

La grasse matinée dominicale sérieusement compromise dès 7h pour cause de biberon, je survole à l'Heil Pod la programmation des radios, tout en versant les croquettes du chat miaulant famine, un bol de café tiède sous le bras. Il devait bien me rester une ou deux mains libres, mais à ces heures tardives d'une nuit trop courte, il ne faut pas trop m'en demander. En ce moment, j'alterne entre BFM Business et Rires et Chansons, c'est très proche sauf que la seconde entrecoupe les sketchs avec des chansons. Je prends aussi la température de la croulantocratie dominante sur RTL et Europe 1. Il faut savoir vivre avec son temps.

Vais-je encore vous parler d'un énième publi-reportage radiophonique avec laquais cire-mocassin embedded à carte de presse sur Sarkozy "à l'attaque des fraudeurs", "face au défi de la crise", "en première ligne contre les anti-nucléaires" ou dans les tranchées la baïonnette au poing contre le streaming ? Rien de tout ça. La campagne du printemps 2012 est bel et bien commencée et les soutiens divers sortent du bois pour envoyer du pâté. 

C'est Gérard Lanvin, l'acteur sympa de mon enfance qui, en promo pour son nouveau film au micro de Florent Chatain sur Europe1, a su se mettre au diapason de l'audience de la radio bleue. 

Après une petite promo ronflante sur le code d'honneur des voyous où Lanvin nous raconte son amitié pour le braqueur Edmond Vidal ou le policier lyonnais Michel Neyret (récemment mis en examen pour corruption), et non sans avoir craché comme tout bon réac qui se respecte sur les dangers d'internet responsable entres autres de la perte des bonnes manières chez les braqueurs (à 8.10 sur la vidéo sur la vidéo en fin de billet), le copain de Coluche se hasarde sur le terrain politique...  et dans une bonne bouillabaisse analytique, niveau puzzle deux pièces, nous livre un superbe hommage au président. On y retrouve l'esprit et quelques fulgurances de ce meeting à Bercy entre les deux tours de 2007 réunissant de la crème des philosophes du show-business en indélicatesse fiscale.

[A partir de 10.00 sur la vidéo en fin de billet]

GERARD LANVIN
"La politique, ça me travaille à tel point qu'on a plus du tout envie de s'y intéresser. C'est ça le problème. on est démotivés, désempares, désespérés. Mais qu'elle soit française ou mondiale. Vous savez, Monsieur Nicolas Sarkozy, le président de la République [Merci Gérard], il fait ce qu'il peut. Je trouve qu'il agit énormément moi. Et à force de se foutre de sa gueule, de commenter, on démobilise les gens. [C'est sur, quelle connerie la critique. Et l'humour je t'en parle pas : si tu ne le payes 10 euros pas pour aller le voir en salle, c'est rien que de la mauvaise qualité dangereuse] C'est pas être sarkozyste ou pas de dire ça. C'est observer ce qui se passe. Le mec il est sur le terrain depuis une année pour essayer de sortir du chapeau la meilleure solution avec un tas de gens, comme lui, qui sont responsables de notre vie en fait [parle-t-il de la dream team Baroin-Pecresse, dont la nullité crasse fait désormais passer Christine Lagarde pour un prix Nobel de physique quantique ?]de ce qui va se passer et arriver. On parle de la Grèce, on parle de tout ça... Mais y'a des mecs qui sont sur le terrain en permanence et qui s'en préoccupent [parce que nous les cons avec nos tafs de merde, et nos payes à chier, en plus de rien n'y comprendre, on n'est pas dans le réel]Et de l'autre côté vous avez des adversaires qui le font passer pour un mec qui fait rien (rires) [si seulement il ne faisait rien, ce serait déjà ça. Mais on ne peut rien contre le dogme du mouvement, mais si celui-ci tient plus des gesticulations de parade]Vous savez y'a pas de respect de la droite ou la gauche pour moi [comme disent les mecs de droite]Y'a une envie : c'est que les plus intelligents et les plus capables se réunissent, qu'ils soient de droite de gauche ou d'ailleurs [...] hein, faut éviter juste que les extrêmes passent [Ah on revient au logiciel de base, 1983 style]C'est tout simple. Les extrêmes [droite c'est mal en général, gauche c'est mal pour mes impôts] c'est ce qui peut passer dans les moments comme ça où les gens ont peur. Et moi Marine Le Pen c'est pas possible pour moi. [votez Sarko, CQFD]"

J'en ai renversé mon café tiède sur le chat, tout en rattrapant l'Heil Pod puis le bébé.

Quant à son engagement politique, le processeur quadricon déjà bien endommagé, l'acteur de conclure avec cohérence : "Non, moi je m'engage pas avec ces gens-là. J'ai pas confiance en ces gens-là. [...] Moi j'ai pas envie de fréquenter des blaireaux pareils. Moi je préfère être à la campagne au milieu des vaches." En résumé : 'y sont tous pourris, même s'il faut pas dire qu'ils sont  pourris, et surtout pas Sarkozy qui lui fait des choses rapport qu'il est président. 

Merci à Gérard Lanvin, en rodage pour les enfants de la télé, de nous rappeler sur quelle gélatine mentale peut à nouveau se fortifier un vote sarkozyste.  
=

P.S : Le titre de ce billet est un hommage au "Moi vouloir toi", savoureux nanar à l'eau de rose de Patrick Dewolf des années 80. Gérard Lanvin y interprétait un animateur d'NRJ (le top de la branchitude d'antan) en proie à de violents tourments sentimentaux à savoir que c'est 'achement dur d'aimer.

18 commentaires:

deef a dit…

Dis pas trop de mal... dans le prochain gouvernement sarkozyste, il sera ministre de la culture (avec Douillet, "Les deux font la paire")
Ok, je suis déjà sorti^^

Rafo a dit…

Il a des airs de Johnny, vous trouvez pas ? Remarquez, il a le même carburant.

Anonyme a dit…

C'est marrant les phrases toutes faites. Par exemple, chaque fois que quelqu'un dit ou écrit "de droite comme de gauche", je sais que c'est un discours .. de droite !

Un partageux a dit…

Marrant aussi que ce discours cent mille fois entendu vient toujours de gens qui ont du fric à gogo. T'as remarqué ?

http://partageux.blogspot.com

Romain / Variae a dit…

Culte !

Et je partage la remarque de Partageux.

Valdo a dit…

Excellent!

Pour la santé de ton chat, interdiction d'écouter des émissions à la con avec café à la main!

Anonyme a dit…

Merci Seb, même si ne j'ai pas voulu perdre 5 minutes sur la vidéo, ayant bien mieux à faire.

robin a dit…

Eh bien c'est fort décevant oui car ce type vit dans une roulotte et n'est pas bourgeois. Je me rappelle l'avoir vu dans "erreur de la banque en votre faveur" à une époque où déjà on nous piquait du pognon (sans erreur possible) pour les banques, et je l'avais trouvé sincère (en même temps je sais que c'est un comédien!)

Ca serait sympa peut être de l'informer de la réalité, sur la dette et la Grèce, peut être manque-t-il d'infos et se contente-t-il, comme bcp de français hélas, de ce que dit Pernaut ? Seb tu te cahrges de lui écrire ? Juste histoire s'il est mal informé, idiot, ou juste s'il devient aigri avec l'âge...la vieillesse bourgeoise comme tu dis, qui ne semble heureusement pas toucher tout le monde (cf Edgar Morin par exemple)

Minium a dit…

On n'a pas fini d'être déçus. Par les connus et qui avaient des principes sympas avant, par les anonymes croisés au quotidien, par nos proches.
C'est seulement l'âge qui rend con, un petit pécule ou quoi ?

El Camino a dit…

Et dire qu'il a commencé en vendant des fripes sur les marchés.

Leopard Blanc a dit…

"Y'a une envie : c'est que les plus intelligents et les plus capables se réunissent, qu'ils soient de droite de gauche ou d'ailleurs"

Donc, "le gouvernement des meilleurs". En grec, ça se dit "aristocratie". Démocratie, c'est le gouvernement par le peuple. Seulement voilà :

"Les extrêmes c'est ce qui peut passer dans les moments comme ça où les gens ont peur."

Et voilà : le problème, c'est que le peuple est con. Classique. C'est intéressant de ce point de vue de (re)lire Proust : notre société ressemble à s'y méprendre à celle de 1910, avec ses dérives monarchistes à peine refoulées (on pourra me rétorquer que depuis 1958, notre république n'en a plus que le nom).

Toutatis a dit…

Il y en a de tous les bords ce ces soit-disant "artistes". Par exemple il y en a qui soutiennent les sans-papiers.
Moi je m'en fiche de leurs déclarations et attitudes en dehors de leur travail, étant donné que leur profession ne leur donne pas a priori plus d'intelligence et de clairvoyance que les autres. De plus je n'ai pas constaté qu'il y avait plus de talents du coté de ceux qui sont d'un bord ou d'un autre.
Par contre je suis très curieux de savoir s'ils sont délocalisés fiscalement ou non.

nanou a dit…

Non mais oh tu pourrais faire gaffe qd meme ! pauv minou
En tout cas j'aprecie ton sens des priorité, penser a rattraper l'ipod avant la pepette, ta femme a du apprecier lol

Petit Louis a dit…

j'adore le mot Croulantocratie, sinon j'ai vu le GéGé sur France 2 ou 3 je sais plus, il a radoté de nouveau le coup du respect des voyous de son temps, ha ces cabotins a force d'apprendre des âneries par cœur ils finissent pas les répéter ^^

Anonyme a dit…

Un homme qui dit ça est-il fondamentalement mauvais ?

"Ce n’est pas que je les aime, c’est que je suis fatigué de ce monde, effectivement. Je pensais qu’il allait être agréable. Mais, même si tout se passe bien pour nous, on ne peut pas être heureux dans un monde aussi malheureux. J’essaie encore de trouver des solutions d’amour, d’amitié, de bonheur, mais c’est de plus en plus dur. L’homme n’est pas fondamentalement gentil. Dès qu’il peut se mettre sur la gueule, il est très heureux. J’ai beaucoup plus de respect pour les femmes, qui donnent la vie et qui la défendent, que pour les hommes, que je commence à mal supporter."

Mike Hammer Papatam Andropov a dit…

Gélatine mentale, c'est le mot.
Il faut à tout prix défiscaliser les heures où la gélatine mentale s'écrase sur la tranche horaire du sandwich médiatique (si vouloir triompher en 2012).
Je crois que les films de merde entraînent indubitablement une pensée de merde.
C'est un très joli billet que voilà là.

seb musset a dit…

@nanou > M'enfin... au prix que ça coûte.

Anonyme a dit…

après être devenu le pote de jacques chirac dans un camping voilà qu'il cire les pompes du p'tit président