15 décembre 2009

Brève d'UMP : "faire la maline"

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66 minutes, M6 dimanche 13 décembre 2009 :

« Là, tu sais où je suis, je suis à ma place, et je ne sais pas si tu entends derrière, je suis dans l’hémicycle du parlement de Strasbourg, là. Je n’en peux plus, je n’en peux plus ! Je pense qu’il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat, là. Je suis obligée de rester là, de faire la maline, parce qu’il y a juste un peu de presse et, d’autre part, il y a l’élection de Barroso. Oui, oui, il va être élu mais si tu veux, quand tu es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon, ça veut dire que tu n’es pas là »

Rachida Dati, eurodéputée UMP oubliant encore qu'elle avait micro cravate branché sur elle.

Indemnité mensuelle (brut) : 6.952,91 €
Indemnité mensuelle représentative de frais de mandat : 3.500 € brut
Indemnité journalière pour frais de bouche et de logement : 251 €
Remboursements de frais de voyage : calculés sur une base kilométrique aérienne forfaitaire. En fonction du lieu d'élection.
» Durée du mandat : 5 ans
(logo : humourdedroite)

11 décembre 2009

Wiki(mass)média du futur #1 : La libre antenne

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Libre antenne :
Expression médiatique française du début du XXIe siècle utilisée par les radios dites périphériques.

Genre d'émissions constitué par les appels téléphoniques des auditeurs.

De tradition américaine, très économique à la fabrication, on en attribue la paternité française à Jean-Marc Morandini (voir "Ministre de la Culture de de 2014 à 2018") ainsi qu’à la station RMC, station rapidement plagiée par toutes les autres.


Principe de la libre antenne :
Autour d’une question orientée invitant à une réponse tranchée, la libre antenne consistait, pour les rédactions redoutant de payer des journalistes à se risquer à l'analyse ou à étayer une opinion divergente de celle des autorités, à scénariser une représentation de l’opinion publique en puisant dans un réservoir d’appels téléphoniques anonymes.

En fonction de leur aisance ou maladresse d'expression et de leur aptitude à défendre ou desservir telle ou telle conviction, filtre du casting franchit, la poignée d'auditeurs accédait à la libre antenne pour des périodes parfois longues.

De par sa nature purement audio, la libre antenne permettait tout type de manipulations : Au niveau de la rédaction manipulant l'auditeur comme au niveau de l'intervenant pouvant lui-même manipuler la rédaction.

On reconnaissait l'animateur de libre antenne à ses conclusions classiques de type "nous espérons avoir fait avancer le débat". (Sans qu'il y eut de nous, ni même d'avancée pas plus que de débat.)

Exemples de question dans une émission de libre antenne de radios périphériques :

« Êtes-vous dérangé par les mouvement sociaux à répétition d’une partie des salariés du secteur public ? »

ou

"Pourquoi l'Islam vous fait peur ?"

Exemples de réponse :

" Le vrai problème dans ce pays, cékon travaille pas assez."

ou

"Le vrai problème avec l'Islam, céki sont dans un pays catholique."

Certains esprits rebelles voyaient dans la libre antenne un procédé de censure inversé : Non pas par la suppression de propos mais au contraire par l’abondance du même type de propos.

La vraie question que personne ne se posait alors (et surtout pas dans ces émissions) :

Qui décrétait cette antenne libre ?

Subterfuge de démocratie que les apparentes motivations plaçaient au-dessus de tout soupçon, la libre antenne, très populaire à la radio, restait absente de sa grande sœur la télévision (hors jeux dégradants) où, pour cause d'images, les manipulations se révélaient plus flagrantes et leurs conséquences nettement plus désastreuses.

Les débats télévisés, plus policés, parfois conduits par les mêmes animateurs, utilisaient sensiblement le même principe mais avec des intervenants idéologiquement identifiés, nommés bons clients.

Voir également : micro-trottoir (variante télévisée), sondages (variante presse), facebook présidentiel (variante internet)

* * *

Une info? Un scoop ? Un making-of de lipdub ? Nous vous invitons à compléter cet article.

9 décembre 2009

Top of the Pops

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C'est bien la première fois que je passe du matériel promotionnel de l'UMP sur ce site. Mais bon, c'est de la bombe bactériologique à fort potentiel destructeur. Et puis quand ça peut niquer une exclusivité mondiale, faut pas se gêner !

Plus tôt dans la journée, je demandais s'ils étaient naïfs, cyniques ou dans un monde parallèle ? Quelques éléments de réponse avec l'avant-première tombée du camion du déjà culte "lipdaube des jeunes POP" starring la fine fleur de la droite : Passée, présente et future.



Un grand merci à Guy Birenbaum et à l'équipe de Sarko-info chaque soir à 20h30 sur BFM-TV.

8 décembre 2009

Brève de brunch chez Bibou et Bruno

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A regarder les cours de Wall Street, c'est à se demander comment a t-on pu paniquer l’an passé ?

A entendre le bruit des perceuses dans le quartier, c'est à croire que le moral des propriétaires lui aussi va mieux.

Mes incartades sur le terrain de la classe moyenâgeuse le confirment aussi : Le moral des soldats est radieux.

Position : Toujours prêts au sacrifice.

Exemple, cette brève de brunch chez Bruno et Bibou dimanche dernier :


SALON M6/TAUPE - DIMANCHE DEBUT DECEMBRE 2009 - INT.JOUR. (atmosphère : Ici on est bien, dehors il pleut) :
BIBOU LA TRENTENAIRE (l'œil luisant, du haut des 3160 euros mensuel de salaires cumulés de la PME déja bien endettée.)
- Avec Bruno on a visité un appartement à Nanterre. 350.000 euros : C’est pas cher.

La conjugale PME Bruno et Bibou est emballée comme un cadeau de noël par la trop bonne affaire. Elle aura fini de payer son précédent appartement dans onze années (sous condition qu'aucun des deux ne se fasse licencier) mais bon, elle s’ennuie. Elle a redécoré trois fois le salon en deux ans et veut plus grand pour pouvoir ranger les bleues-raies et les téléphones portables du petit Enzo, 8 heures de Gulli par jour et bien parti pour savoir poster des MMS de Lol cats jetés du huitième étage avec pétard dans le cul, avant de savoir articuler la phrase "Maman je t'aime".

Merci à la banque et au promoteur : La Bibou and Bruno Bling and Bling Company va pouvoir renouer avec ses rêves de noblesse mensualisée.

En plus de ma purée de pruneaux Pecor Surgelés dans sa verrine cristal d'orques, je savoure cette proustienne remontée dans le temps.

Me voilà début 2007 dans La France des je veux devenir proprio pour pouvoir revendre dans cinq ans avec une méga plus-value.

Pas de doute : Bruno et Bibou sont restés en stand-by sur la planète UMP promettant l'opulence X2 au courageux qui bosserait X5. A croire qu'ils ne savent pas qu'ils sont déjà propriétaires. Pourtant cette hausse exponentielle de leurs charges, source du même tracas chaque trimestre (dont Bibou confesse par fessebouque que cela perturbe à chaque fois la libido des fauchés durant au moins trois mois) devrait le leur rappeler. Étrange.

SEB MUSSET
- Dis-donc Bruno quand je te dis "subprime", ça t'évoque quoi ?

BRUNO
- J'sais pas. Mais préviens-moi à l'avance et on se regardera "Transformers 2" sur le plasma 7.1 la prochaine fois. Avant de me chuchoter tel un secret d'état : - Mais le dit pas à Bibou, elle aime pas quand je me la joue solo.

SEB MUSSET (regardant l'écran si grand qu'il occupe un mur entier, les 3 autres étant ornés de lithos de Yab en série limitée à 4 millions d'exemplaires.)
- Ah ouais dis donc, c'est nouveau ça ! (mimant à la perfection l'extase requise lors de telles célébrations de standing.)

BIBOU
- Ouais, ouais on l'a acheté avec ma Revolvingo-dingo. C'est super beau les images.

Nous devons écourter nos retrouvailles. La cellule à bonheur Bibou et Bruno a un sapin de noël bio label Copenhague certifié abattu sans douleur, à acheter avec 10% de réduction entre 13h22 et 14h12 chez Connarama, à 74 kilomètres de là.

Vite au Picasso !

Lovés dans leur cocon moderne à portée de leasing, nos tourtes héros caressent leur tableau de bord en rosses de noyés avec gépéhèsse incrusté pour pas se perdre sur le chemin du kipositive et option pare-buffle à l'avant pour niquer les velibs sans déclencher l'air-bag. Excellence moderne de l'high-tech automobile avec assurance en béton : Chaque année est garantie par contrat la bonne grosse panne à la con.

BIBOU- Sur le chemin du retour, on passera se faire piquer hein ma chouchoune ? J'ai mon invit' et c'est trop top : C'est ouvert le dimanche !

BRUNO
- Oui mais alors bon j'espère que ça ira plus vite que l'immatriculation du monospace ! Parce que les fonctionnaires qui foutent rien ça va bien.

BIBOU
- Mais ça va pas Bruno t' es con ou quoi !

BRUNO
- Quoi ?

BIBOU
- C'est pas un monospace, c'est un ludospace !

Tandis que Bibou recense ses coupons promos, Bruno allume la radio. Il zappe du pessimisme de Christine Lagarde[1] sur le plan social à une alerte météo à la banquise molle avant d'atterrir, bien au chaud, sur une publicité au marteau rediffusée depuis le siècle dernier entre deux sketches de Rires et Chansons.

Enveloppée de sa confiante ritournelle, synonyme de lendemains enchantés, la charrette bleu métal des amoureux de sitcom à rires préenregistrés s'éloigne vers un horizon plombé de gris, rejoindre les milliers d'autres entassées sur le boulevard circulaire.

Direction l'hypermarché.

"Carglass répare, Carglass remplace...."



[1] Convenez-en, c'est inquiétant.

7 décembre 2009

Passé, présent, futur : Des têtes bien faites

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Lecteur, le moment est grave. La couche de raison nous préservant des tâches scolaires se détériore. Craignons qu’en 2020, il reste bien peu d’étudiants pour faire le rapprochement entre les titres des journaux télévisés de cette semaine.

D’un côté : A l’occasion du sommet sur le climat à Copenhague, les chaînes déroulent à base de jingles alarmistes et reportages[1] stock-shotés façon chute d'iceberg et bébés phoques en pleurs, une information d'anticipation à dominante sensationnaliste avec variantes du niveau, de la localisation et de la date du grand tsunami environnemental [2].

De l’autre : Les mêmes chaines s'interrogent, ou relaient l’interrogation, sur la fin programmée de l'histoire en terminale S[3]. Une tendance de fond qu'elles accompagnent pourtant à base de commémorations-spectacles sélectives faisant la part belle aux politiques, où le vide de l'analyse est recouvert par la pétarade du feu d'artifices.

Voici l'air du temps présent, balançant entre usurpation et propagande.

D’un côté, hier : Plus de passé ou un passé édulcoré, colorisé, éventuellement revisité suivant les convenances personnelles des décideurs, l'histoire étant d'abord celle de celui qui te la raconte.

De l’autre, demain : L’invasion de l'ordre de la croyance d'un futur menaçant à portée de crainte mais toujours repoussé, une menace du pire distillée au quotidien sans aucune justification autre que des images et des propos répétés et répétés encore : La planète est en danger.

Vision martelée qui, avant de sauver qui que ce soit, permet aux gouvernements de voter impôts et réformes avec la bénédiction d'un peuple qui les prendra en pleine tête, d'établir des normes de réhabilitation dont les grands bénéficiaires seront les marchands du temple, bref de développer un nouveau business sur le dos du croyant, le temps pour nos vendeurs de passer d'un bassin de consommation à un autre.

"Croissance verte", ça c'est du concept. Et puis ça sonne bien, comme "Guy Moquet", "Prise de la Bastille" ou "La France a gagné la Guerre".

Ton gouvernement le sait : Pour que tu sois un bon petit robot ne captant rien à ce qui se passe, de ton boulot à ton quartier, il ne faut surtout pas te rappeler ce que tes ancêtres ont pu subir puis faire tomber, mais bien te terroriser au sujet de ce que tes enfants risquent pour 2050.

Fin de l'histoire et début de la croyance : Tout se tient.

Ils possèdent déjà le présent. "Hier" et "demain" deviennent leurs marques déposées.

Au lieu de regarder la planète d'après qui serait possible si tous ensemble on se mettait à brouter bio, je fixe le doigt des sbires médias (jusqu’à preuve du contraire rémunéré par la publicité des pollueurs) qui me la montrent en insistant jusqu'à l'obscène pour me faire trembler.

Loin de moi l'idée de prétendre allègrement que la planète ne se réchauffe pas et que l'homme n'y est pour rien. Disons juste que subsistant dans un 25 m2 chauffé l'hiver à la seule puissance de ma température interne, me déplaçant le plus souvent à pied, ne respectant que très peu les grandes messes consuméristes, étant satisfait d’un point de vue acoustique par cet ampli à lampes acheté 32 ans plus tôt (durable non ?), le réchauffement climatique ne me préoccupe que très modérément.

Considérant qu'il y a plus à craindre du climat idéologique actuel si l'on ne fait rien que d'un ciel que l'on va prendre sur la tête si l'on agit trop tard, je ne serai pas plus éco-citoyen que ma réduction de consommation acharnée pour cause d’absence de pognon et souci d’épure.

Certes, j'ai encore de nombreux efforts à faire pour atteindre le niveau de dénuement de la majeure partie des habitants de cette terre mais, avec l'aide de ce gouvernement, je devrais y arriver prochainement.

Peut-être même avant 2020.



[1] avec pédigrée des émanations compensées de CO2 causées par le reportage, vu sur France3.
[2] Ici, la mer va monter de 7 mètres dans 20 ans, là de 10 dans 5. Ailleurs, les Malouines vont disparaître, plus loin on nous promet des pistes de ski à Marrakech.
[3] en même temps, laisser l'éducation nationale dans les mains d'un camelot d'hypermarché, c'est un peu comme si on donnait les clés de la république à un VRP de chez Rolex

crédit photo : Flickr / Jonathan MacIntosh / Oldnavy

3 décembre 2009

[videos] Punir (et faire payer) les pauvres

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Régulièrement ton monarque te sort ses petits bras musclés pour te jurer ses grands dieux que cette fois il va terrasser l'insécurité.

Ça travaille ton imaginaire, et tandis que tu crains ce qui pourrait t'arriver tu ne lui reproches pas ce qu'il a raté.

PARTIE 1 : TAPER LES PAUVRES


Dans Punir les pauvres, Loïc Wacquant a décrit le processus du tournant pénal américain des années 80 dont les noirs subirent principalement les frais : Au fur et à mesure que s'atrophie l'état providence, se développe sur le terrain un état policier concentrant l'essentiel de sa répression sur les pauvres.

Nous vivons le remake à la française.

PARTIE 2 : LA NOUVELLE SÉCURITÉ SOCIALE


Le rôle primordial de la télévision.
Désormais est diffusée en trois huit sur les chaines gratuites de la TNT (des amis du monarque) une bien piètre image de La France d'en bas (celle qui regarde justement). On dirait du Ettore Scola : Affreux, sale et méchant.

Pauvre, obèse, illettré, fraudant les allocs, le RMI et la sécu, éduquant comme un manche ses enfants criminels multi-récidivistes à 9 ans : Le pauvre tabasse sa femme et n'est jamais assez courageux au travail comparé à ces spécimens extra-terrestres de dévotion salariale qu'on lui oppose à chaque reportage.

Pauvre ou bien parti pour le devenir, il faut que cela rentre dans son crâne, qu'il fasse gagner du temps à la police et de l'argent à l'état : Qu'il se considère d'emblée comme coupable.

Coupable d'être pauvre.
Tandis que d'autres capitalisent en attendant l'acte II de la crise, dynamisent fiscalement, échappent à l'impôt en toute légalité, se confectionnent des retraites chapeaux à 1400 siècles de SMIC, que le pouvoir abandonne tout sauf sa jouissance personnelle, le bien-être fiscal de ses amis fortunés et sa sécurité, vénérant lui-même l'idole argent, le pauvre va payer pour son crime : il n'est pas riche.

- Il paiera au nom de la culture du résultat et d'une loi en 50 tomes que nul n'est censé ignorer : Un état policier bien managé fait rentrer beaucoup d'argent.

- Il paiera par la privation de ses libertés, pour avoir téléchargé ce film dont il n'aurait pu payer la place en salle ou pour avoir voler ce steak au Kipositive discount du quartier parce que le dix du mois il n'a déjà plus de monnaie. Ah les belles prisons privées que les promoteurs immobiliers vont pouvoir construire avec cette manne de coupables !

- Il paiera de sa vie, parfois.

- Les moins pauvres d'entre lui paieront également via une taxation indirecte, inique et camouflée, et rejoindront plus tôt qu'ils ne le croient les rangs des fauchés.

Bref, le marché du malheureux est promis à l'expansion et aux coups de colère.

C'est à cela aussi que sert l'état policier: Préserver le pouvoir de l’insurrection qui vient.

Des solutions politiques ?
Oui, si elles vont radicalement à l'inverse du processus de destruction actuellement à l'œuvre :
- Une forte taxation des riches,
- La création d'une banque d'état,
- La garantie par celui-ci que chaque citoyen ait un toit, des soins décemment remboursés, une alimentation équilibrée aux coûts et aux conditions de production rationnels, un enseignement sanctuarisé,
- Le relèvement du salaire minimum, le renforcement des droits du travailleur et de celui qui ne travaille pas.

Des blessures méprisées par le monarque, qui deviennent intolérables au quotidien pour de plus en plus de ses sujets. Une fois soignées, elles feraient pourtant baisser l'insécurité plus qu'il ne le fera jamais.

Musique : Sabotage by The Beastie boys / Mondwest by Qurtis

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