Lecteur, le moment est grave. La couche de raison nous préservant des tâches scolaires se détériore. Craignons qu’en 2020, il reste bien peu d’étudiants pour faire le rapprochement entre les titres des journaux télévisés de cette semaine.
D’un côté : A l’occasion du sommet sur le climat à
Copenhague, les chaînes déroulent à base de jingles alarmistes et reportages
[1] stock-shotés façon chute d'iceberg et bébés phoques en pleurs,
une information d'anticipation à dominante sensationnaliste avec variantes du niveau, de la localisation et de la date du grand tsunami environnemental
[2].
De l’autre : Les mêmes chaines s'interrogent, ou relaient l’interrogation,
sur la fin programmée de l'histoire en terminale S[3]. Une tendance de fond qu'elles accompagnent pourtant à base de
commémorations-spectacles sélectives faisant la part belle aux politiques, où le vide de l'analyse est recouvert par la pétarade du feu d'artifices.
Voici l'air du temps présent, balançant entre usurpation et propagande.
D’un côté, hier : Plus de passé ou un passé édulcoré,
colorisé, éventuellement
revisité suivant les convenances
personnelles des décideurs, l'histoire étant d'abord celle de celui qui te la raconte.
De l’autre, demain : L’invasion de l'ordre de la
croyance d'un
futur menaçant à portée de crainte mais toujours repoussé, une
menace du pire distillée au quotidien sans aucune justification autre que des images et des propos répétés et répétés encore :
La planète est en danger.
Vision martelée qui, avant de sauver qui que ce soit, permet aux
gouvernements de voter impôts et réformes avec la bénédiction d'un peuple qui les prendra en pleine tête, d'établir des normes de réhabilitation dont les grands bénéficiaires seront les marchands du temple, bref de développer
un nouveau business sur le dos du croyant, le temps pour nos vendeurs de passer d'un bassin de consommation à un autre.
"Croissance verte", ça c'est du concept. Et puis ça sonne bien, comme "
Guy Moquet", "
Prise de la Bastille" ou "
La France a gagné la Guerre".
Ton gouvernement le sait : Pour que tu sois un
bon petit robot ne captant rien à ce qui se passe, de ton boulot à ton quartier, il ne faut surtout pas te rappeler ce que tes ancêtres ont pu subir puis faire tomber, mais bien te terroriser au sujet de ce que tes enfants risquent pour 2050.
Fin de l'histoire et début de la croyance : Tout se tient.
Ils possèdent déjà le présent. "Hier" et "demain" deviennent leurs marques déposées.
Au lieu de regarder
la planète d'après qui serait possible si tous ensemble on se mettait à brouter bio, je fixe le doigt des sbires médias (jusqu’à preuve du contraire rémunéré par la publicité des pollueurs) qui me la montrent en insistant jusqu'à l'obscène pour me faire trembler.
Loin de moi l'idée de prétendre allègrement que la planète ne se réchauffe pas et que l'homme n'y est pour rien. Disons juste que subsistant dans un 25 m2 chauffé l'hiver à la seule puissance de ma température interne, me déplaçant le plus souvent à pied, ne respectant que très peu les grandes messes consuméristes, étant satisfait d’un point de vue acoustique par cet ampli à lampes acheté 32 ans plus tôt (durable non ?), le réchauffement climatique ne me préoccupe que très modérément.
Considérant qu'il y a plus à craindre du climat idéologique actuel si l'on ne fait rien que d'un ciel que l'on va prendre sur la tête si
l'on agit trop tard, je ne serai pas plus éco-citoyen que ma réduction de consommation acharnée pour cause d’absence de pognon et souci d’épure.
Certes, j'ai encore de nombreux efforts à faire pour atteindre le niveau de dénuement de la majeure partie des habitants de cette terre mais, avec l'aide de ce gouvernement, je devrais y arriver prochainement.
Peut-être même avant 2020.
[1] avec pédigrée des émanations compensées de CO2 causées par le reportage, vu sur France3.
[2] Ici, la mer va monter de 7 mètres dans 20 ans, là de 10 dans 5. Ailleurs, les Malouines vont disparaître, plus loin on nous promet des pistes de ski à Marrakech.