31 juillet 2008

LES JEUNES NE SONT PLUS CE QU'ILS ETAIENT

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A l’époque, les jeunes travaillaient moins. Le taux de chômage qui affectaient leurs rangs avait grimpé de 7% entre janvier et juin 2008. Les employeurs le criaient à longueurs de talk-shows à la radio :

« Le jeune n’est pas courageux il est trop exigeant. Et puis le jeune est trop joueur et il brûle des voitures. ».

Ils achetaient moins de maisons les méchants ! Où passaient les primos-accédants, les indispensables baudets courant après la carotte de la propriété immédiate ?

Laissant désormais la télévision à la vieille génération, les jeunes se mirent à réfléchir, s’informant sur le réseau au sujet des vérités camouflées par les médias et sur les dernières arnaques que le système des possédants leur préparait.

En ère libérale, les jeunes étaient, suivant leur proportion dans le spectre social, de la matière première négociable à bon prix pour soutenir l’activité ou bien de la quantité négligeable, variable d’ajustement des périodes de crises. Les générations de jeunes se succédaient telles des bûches à jeter dans la cheminée des conjonctures consécutives.

Le bon côté de ces années de crise, c’est que l’on pouvait rester jeune plus longtemps. Les conditions d’admission dans les rangs de la jeunesse s’assouplissaient sous le poids de la précarité généralisée. Bientôt tout ce qui n’était pas propriétaire, endetté, salarié en CDI était jeune. L'expérience mise à part, il y avait de plus en plus de similitudes entre jeunes payés au lance-pierre et retraités aux pensions de misère.

La jeune colère grondait sourde, inaudible par la France des dinosaures dominants et déterminés à rester positifs jusqu’aux dernières minutes avant l’explosion de leurs jardinets.

Dans ces années de gris, le jeune, trop brillant, était une menace pour l’état.

Exigeant, moins crédule, assoiffé de bon temps, pas pressé d’acheter, n’ambitionnant pas prioritairement une vie salariée… Pour toutes ces raisons, et comme rarement depuis des décennies, le jeune me redonnait confiance en l’avenir.


Ci-dessus : illustration tirée des "Révoltés de l'an 2000" (Quien puede matar a un nino ?) bijou provocateur de Narciso Ibanez Serrador qui vient enfin de sortir en DVD et qui n'est pas sans rapport avec mon billet. Car, il y est question de jeunes qui se révoltent à leur manière.

30 juillet 2008

CHACUN CHERCHE SA CLAQUE

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J'étais bien décidé à ne pas allumer la télévision... Et patatras, je tombe sur un sujet propagandiste au 13 heures de "la première compagnie" au sujet du nouveau concept marketing pondu par un stagiaire fatigué de Séguéla : ""La maison au 15 euros".

Décodons : Il s'agit de vendre ce que l'on arrive pas à vendre depuis 6 mois à des gens à qui on ne voulait pas vendre il y a encore 2 mois.

Où comment le marché, ayant intégré la dégringolade à venir, s'apprête à plumer les derniers poulets avec la contribution active de l'état qui veut passer pour un bon samaritain.




Rappelons au gouvernement que les plus démunis ont besoin d'un toit et non d'un crédit.

28 juillet 2008

LA BELLE AMERICAINE

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Le Sénat américain a voté Vendredi dernier un plan de sauvetage du secteur immobilier américain à l'intention, prétendue, des 8 500 familles qui tombent chaque jour sous le coup d'une saisie. Le président Bush devrait le valider dans la semaine.

On retiendra que ce week-end, John Mac Cain, depuis un supermarché Safeway (équivalent Lidl) de l'Ohio et Barack Obama depuis un salon cosy du Hyatt de Londres, s'y sont déclarés favorables.

Comment donc l'état américain va aider les endettés ? En leur proposant de contracter un emprunt supplémentaire : Un prêt fédéral à taux privilégié. Sorte de RMI mais remboursable et avec intérêts. Le gouvernement voit les choses en grand : 300 milliards de dollars d'enveloppe budgétaire. Les marchés applaudissent.

Le plan prévoit des mesures de relance de l'immobilier pour les primo-accédants. Ceux qui achètent leur maison entre avril 2008 et juillet 2009 peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à hauteur de 7 500 dollars, remboursable sur 15 ans. Combattre la misère pas le risque de plus de misère. Je ne sais plus si c'est José Bové ou Bernard Tapie qui disait : "Plus on fauche, plus on récolte de blé". Anyway, promoteurs et banquiers retrouvent goût à la vie.

Le texte prévoit 4 milliards de dollars à destination des collectivités locales pour qu'elles réhabilitent les logements saisis et les zones pavillonnaires à l'abandon. A l'échelle de la catastrophe, autrement dit, rien.

Le texte annonce également un plan de sauvetage des deux géants du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, menacés de banqueroute, entièrement sous perfusion du trésor public américain. Autrement dit : C'est juste énorme. Le citoyen finance les banques qui ont contribué à l'appauvrir. Comme disaient les Beatles débarquant aux Etats-unis en pleine guerre froide : « We're back in USSR » !

Sur une note positive (car on me reproche un certain pessimisme c'est mal me lire) : Concédons que les autorités américaines sont conscientes de la crise (« la plus grave qu'ait connu notre pays » selon Christopher Dodd, président des affaires bancaires au Sénat), et qu'au moins, elles agissent (spéciale dédicace à Lagarde et Châtel, nos Pipo et Molo locaux de l'apocalypse économique qui continuent à claironner que tout va bien, à tour de vidéos non-regardées sur Daily Motion ).

Après avoir heurté l'iceberg, les américains accélèrent le navire au risque d'en prendre un autre, tandis que Les Français continuent à chanter sur le pont que "les Icebergs ne tombent jamais 2 fois au même endroit".

Notons juste des techniques interventionnistes américaines de type communiste qu'on aimerait voir appliquer à toutes les époques et pas seulement aux classes moyennes "victimes" d'une trop grosse soif de consommation.

J'étais en 2003 au Michigan et en Ohio, il y avait déjà des villes fantômes et personne ne bougeait le petit doigt. L'heure était à la guerre contre la menace terroriste. Il a fallu attendre que la crise immobilière atteigne La Californie, La Floride et la population blanche des suburbs jadis garantis chics, bref que le capitalisme fou devienne lui-même une terreur pour que l'état s'active enfin.

Cette mesure d'urgence cache mal le manque d'imagination du politique (surtout à la veille d'échéances électorales). Aider les gens surendettés en les endettant encore plus, à part prolonger un peu plus la vie des suceurs organismes de crédit : Qui sera gagnant tous comptes faits ?

Extrapolons cette méthode au domaine des énergies renouvelables... Mac Cain et Obama, se sont unilatéralement déclarés ce week-end, en faveur du développement d'une alternative au pétrole (Mac Cain au "late show with Conan O'Brien" à même cité La France et ses 80% d'énergie atomique comme modèle, avant d'ajouter quelque chose comme « si les Français sont devenus pro-américains, on peut passer au tout nucléaire. Tout arrive »). Si le nouvel élu à la maison blanche réagit à la crise des carburants avec la même inventivité dont le président actuel fait preuve face à la crise immobilière américaine, on peut tabler sur un doublement des plates-formes pétrolières d'ici 5 ans.

Le cœur du problème reste l'incapacité de l'occident à s'imaginer hors de l'éternelle croissance, même lorsqu'il est pris en flagrant délit de Krach.

Cette loi prouve une chose : Le souhait du gouvernement américain que le pays retourne en arrière et s'en tienne à l'hystérie immobilière des années passées. Le politique se moque des contrecoups écologiques ou humains tant qu'ils n'atteignent pas un seuil critique (appauvrissement trop rapide de l'électorat middle-class).

Cette loi souligne également le rôle essentiel du crédit particulier dans une économie américaine virtuelle. Crédit particulier qui, en gros, ne génère rien si ce n'est du bien à usage privé (des pauvres maisons de piètre qualité, du gros 4X4 pour aller bosser et rembourser la maison).

Si La France est moins touchée par la crise immobilière - ce n'est pas moi mais Christine Lagarde qui le dit -, c'est précisément que la dette française est plus une affaire publique que privée. En échange de cette dette publique chaque citoyen bénéficie de services à couts réduits ou gratuits (routes, hôpitaux, crèche, sécurité sociale...). Services que l'on considère en France comme acquis et qui font cruellement défaut dans des pays de type Etats-Unis où, en période de retournement économique, le citoyen se retrouve littéralement sans rien.

Réfléchissons...Le gouvernement français fait de la réduction de la dette publique "sa priorité" (d'où la fermeture discrète cet été du centre de sécurité sociale de mon quartier) et de l'accession à la propriété pour tous les français une autre "priorité" (cf. Maisons à 15 euros par jour).

Vieux pays ou pas, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

25 juillet 2008

LA DISPARITION DES POETES ENCERCLES

par
"Joie et allégresse, je me soumets au flux continu des accompagnateurs de promesses !
O ! objectivité des médias pressés, du palais lequel d'entre vous sera le favori ?
Presse, radio et télé, vous propagez pourris.
Ce matin vous m'appreniez que ce serait une belle journée,
Qu'il ferait bientôt beau pour nos restaurateurs,
Que le temps était déjà radié pour les chômeurs,
Et comble du bonheur,
Que maintenant le prix de l'essence baissait :
"moins quatre pour cent de plus quarante pour cent".
Joie et allégresse, Médias de France, je partage votre liesse.
Mocassins vernis du pouvoir, comme je vous comprends :
A la fin c'est toujours celui qui vous écoute qui l'a dans les fesses."

Ci-dessous : spécimen de raclure politique en vitesse de croisière, capturé dans son environnement privilégié, mais évaluant encore mal le danger de l'abus de promesses non respectées.
L'important dans la chute, ce n'est pas l'atterrissage mais l'image au JT.


24 juillet 2008

LA NAISSANCE D'UNE NATION ?

par
alternative (n.f.)
1.solution de remplacement.
2.situation où il n'y a que deux choix possibles. (ex :
la bourse ou la vie)

Expliquons-nous : Si je publie moins de billets et de vidéos cet été, c’est que je suis plongé jusqu'au cou dans l’écriture d’un nouveau livre. En bon monomaniaque, j’ai du mal à me concentrer sur autre chose. Il y a pourtant à dire sur une actualité politique au top de son infamie.

Ce que vous faîtes.

Permettez-moi donc de vous remercier pour vos marques de soutien et vos courriels déchaînés. Leur rythme a explosé depuis le début de l’été. Je suis, comment dire, rassuré par la causticité, la clairvoyance et la violence de ce pugilat anti-puissants en totale opposition avec la soumission pépère qui
catatonise la presse française du 15 juin au 1er septembre. Je cite, pèle-mêle, les gros titres de l’été :

«
Cœur Caraïbes pour Ingrid Betancourt », « Le Tour de France propre, cette fois c’est la bonne, si si on vous le dit », « Travaillez pour gagner plus, mais n’oubliez pas bébé dans la voiture », « Vacances en France, partez de chez vous dans un rayon de 4 kilomètres » .

Comme beaucoup d’entre vous, je sens l'onde sourde de rébellion qui se propage à travers le pays, l’autre pays, notre pays. Je suis convaincu que nous vivons sous l’apparente torpeur nationale, une période historique dont on reparlera ému dans quelques décennies.

Bien sur, tant que leurs rédactions ne sont pas en feu, aucun média n’en fera écho.

Pour certains cela passe par un retour au potager, pour d’autres il est question de squats et de nouveaux carburants, d’autres organisent des entraides locales, distribuent du purin d’ortie ou opèrent une veille sanitaire de l’internet.

Et de citer Danton qui au moment de monter à l’échafaud alors qu’on lui tendait une tasse de
Banania, avouait : « Quand même ça réchauffe ! »

C’est donc à nous lecteurs, blogeurs, travailleurs, chômeurs, résistants d’octets ou sur le terrain, de relayer "la flamme de la vie". Grandiloquent certes, mais ce n'est ni plus moins de cela dont il s'agit.

Les temps se gâtent, sûrement. La crise est devant nous, évidemment. Et pourtant, malgré les apparences, les sales lois discrètement passées l’été, l’atomisation en cours des libertés individuelles, le dynamitage de la liberté de la presse, le remodelage des institutions et la mise à sac du secteur public, rien n’est perdu, bien au contraire.

Et de paraphraser Steven Seagal dans «
Tatane Fighter IV » avant qu'il n'assomme son assaillant d’un fameux moulinet : « C’est quand il n’y a plus rien à perdre que tout se gagne ».

Ma conviction se renforce en vous lisant : Il faut jouer de la solidarité populaire pour développer non des alternatives - néologisme - mais une alternative regroupant tout ce qui n’émane pas de l’ordre des puissants, n’est pas sous sa gestion et dont il ne tire aucun bénéfice. Récupérer nos vies, récupérer nos familles, récupérer nos journées. Rendre le système obsolète, bouter hors-jeu ses codes en chassant nos addictions et nos automatismes, d’abord ceux nous reliant au travail salarié et à l’argent***.

Pas facile ? Commençons chacun à notre petite échelle par partager, juste partager. Le reste viendra.



* notons la recrudescence sur ce blog de calembours avariés et autres jeux de mots approximatifs, premiers signes extérieurs d'une déliquescence morale.

** Ne pas croire les écrivains dont le métier est d’être en promotion à la télévision : Ecrire un livre bouffe à la fois votre temps et votre moral. (d'où les calembours)

*** Pour ma part, avec 14 euros sur mon compte et à peu près autant d’heures salariées depuis le début de l’année, je fais preuve de bonne volonté.

VAL..., DE GRACE !

par
Philippe Val, poignant, en rajoute une couche dans le nouveau Charlie. Non Philippe, c'est normal, et plutôt rassurant, de retrouver des « bêtes et méchants » sur le net quand les hommes du président, eux, officient à Charlie Hebdo. Rédaction dans laquelle, c'est le buzz du bourreau qui te le dit, sont distribués gratis des abonnements Darty Box à vie.

Pour que Siné reste dans la maison, tapez et .

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