16 avril 2009

Une victime de plus de la crise du disque

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Ça devait m'arriver, j'ai craqué. 7 jours sans billet et sans prévenir !

Serais-je passé à droite comme me le suggère Gilles par courriel ?
Certes, début avril, entre le G20, l'Hadopi et l'Otan j'ai eu, comme chaque semaine depuis quelques années, une phase de blues, une sorte d'A-quoi-bonisme jamais très loin chez moi du putain-faut-tout-péter, me disant que j'attendrai vraiment la bonne raison d'être révolté pour publier un billet bon à déglinguer.

LCI m'aurait-elle approchée pour que je prenne au pied levé la relève de Revel, sous condition d'exclusivité, et que je donne un petit coup de neutralité à ligne éditoriale du site d'information de droite ?

Alain Bauer aurait-il discrètement soufflé mon nom à quelque ami pour que l'on me retire de la circulation préventivement en attendant un non-lieu pour terrorisme littéraire ?

Aurais-je, au bout de 14 mois non-stop d'écriture, précipité une escapade prolongée à l'autre bout du globe ?

Rien de tout cela : La raison de la baisse du volume de billets est bien plus triviale :

J'en ai plein le dos.

Et malgré ce monde d'injustices, je ne le dois qu'à moi. J'ai fais une grosse erreur, la bêtise des bêtises. Moi qui n'aime ni le football ni les enfants : J'ai joué au foot avec des mômes.


Heureusement, l'honneur est sauf. Grâce à quelques tacles offensifs et avec le concours d'un arbitre sponsorisé à base d'œufs de Pâques, j'ai torché les morveux 18 à 2.

Mais douloureux à été le réveil le lendemain. Constat affligeant : Sciatique carabinée.
La faute aux disques, usés parait-il. Tantôt très douloureuse tantôt totalement paralysante, l'ignoble m'empêche de marcher et même de m'assoir, ce qui reste la position préférée du Kamasutra des rédacteurs. Les spécialistes qui se sont précipités à mon chevet sont unanimes. Citons entre autres Fred à la Kro de Béziers : "- Tu travailles trop, t'as besoin de repos !"

Le site européen de la colonne vertébrale m'invite lui à avoir une vie normale.

Mes vacances forcées sont donc studieuses. Moi qui voulait changer d'air, je fais un blind-test accéléré de la vieillesse
ultime : Un véritable plaidoyer pour l'euthanasie. J'évolue allongé à la journée dans un univers de 2 mètres carrés entre les rediffusions de France Culture et les dessins animés de Gulli à regarder le ciel bleu à travers les persiennes.

Alors vous comprenez votre blog à la c...!

Constatons qu'aujourd'hui il pleut enfin et que je vais un peu mieux, et que l'économie la bourse aussi. Pourquoi diable m'énerverais-je alors que je reviens à la vie en position assise ?

9 avril 2009

Le chiendent nécessaire à la chienlit

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Mercredi 8 avril, 14h00 : Boulevard St-Michel, remontent jusqu'à mes oreilles intéressées les échos d'un attroupement improvisé.

Des policiers repoussent une centaine d’étudiants ayant monté des barricades à l’arrache depuis La Rue des Écoles vers le Boulevard. Au loin, sur les quais, j'aperçois les gyrophares encadrant la fin d'une autre manifestation contre "le délit de solidarité".

C’est ainsi à Paris depuis que nous sommes en Sarkozie : Une manifestation s’achève, une autre s'éveille.



Une étudiante hurle : "Tous à Port-Royal !" Ses compagnons remontent le boulevard au milieu de la voie bloquant la circulation. La collective des égoïsmes des conducteurs, à base de demi-tours précipités sur vocabulaire haineux, provoque l'immobilisation des boites à excédés. Heureusement surpris par la spontanéité et la détermination de l'embardée estudiantine : Barricade, blocage du trafic et gestion maladroite par des policiers à deux doigts du débordement, je les piste aux sons des tambours et retrouve étudiants, lycéens et enseignants à Denfert-Rochereau.

Le rassemblement d’environ trois mille personnes contre la loi LRU descend vers le Boulevard Montparnasse, direction le Ministère de l’éducation. Cliché du bitume, une vieille acariâtre hurle sur les feignants qui font encore grève.


Selon les médias, le mouvement des universités s’essouffle. Personne ici, ne me semble essoufflé. A l’angle d’un boulevard Raspail anormalement sous quadrillé par les policiers (Est-ce une nouvelle méthode du ministère de l’intérieur depuis les émeutes de Strasbourg : Contrôler de loin et laisser survenir la casse pour faire de l’image au 20h et ainsi réaffirmer la nécessité d’un dispositif encore plus sécurisé ?), des sécessionnistes appellent les troupes à s’engouffrer dans les petites rues direction Assas : Itinéraire bis non conseillé et straight-to-boboland. Hésitation de la foule, organisme mou et hautement mimétique. L’encadrement syndical se démène pour garder uni le cortège et menace de problèmes les insurgés. Avec succès. Débarrassé de ses casseurs, le cortège poursuit sa route dans le tam-tam des bidons sur un parcours sciemment étudié par les autorités pour longer des boulevards inhabités à l’écart de toute activité commerciale.

Les slogans :
Un million, deux millions, trois millions de pauvres cons. Sarko, Fillon, Darcos : Démission ! On veut étudier pour ne pas finir policier !

J’observe le manège habituel de la police infiltrée. Toujours la même de défilé en défilé, blousons de cuir et camescope au poing, fichant chaque profil.

En contraste avec leur relatif abandon des petites rues, un cordon de CRS bloque La Rue de Rennes et ses commerces (commerces dont un sur deux a déjà fermé pour cause de crise). Je devance les manifestants et remonte le boulevard des Invalides vidé de sa circulation. Une mère, le pas pressé, explique à ses deux enfants pourquoi tant de fureur.

LA MERE
C’est un bon moyen pour eux de faire pression sur le gouvernement !

J’aimerai que le journal télévisé fasse ce devoir d’information.

Pas loin du Ministère, dans la souricière finale, je retrouve le quadrillage classique et oppressant des CRS casqués tandis que les serveurs du bistrot à l'angle, en prévision de l’ouragan, s’affairent au rangement des tables et chaises avant de baisser le rideau. Un septuagénaire à la voix gentille m’entretient de la manifestation de ce matin à St-Michel.

LE VIEIL HOMME
Moi je suis Canadien. Je suis arrivé en France en 58, on m’a donné mes papiers presque sans que je les demande en 62. Ca ne faisait pas tant d’histoire en ce temps-là !

Grondements au loin.

LE VIEIL HOMME
J’ai vu 68, c’était violent. Il y avait de la casse mais beaucoup de bonne humeur. Ils hurlaient pour obtenir mieux. Aujourd’hui ils sont désespérés, ils hurlent dans le vide pour éviter le pire.

La lame de fond est à quelques mètres.

LE VIEIL HOMME
Bon je vous laisse. J’ai beau avoir des papiers, je suis pas naturalisé. En tant que Canadien j’ai pas le droit de manifester en France. On risque de me renvoyer chez moi. Même si je n’y a pas foutu les pieds depuis 50 ans.

Fin de la manifestation. Rangement de banderoles. Il n’y aura pas d’incidents. Ils auraient été inutiles : Peu de journalistes pour les filmer. Je remonte vers Odéon. Les nombreux cars de CRS et de policiers stationnés saturent les ruelles. A partir de la Rue du Cherche-Midi jusqu’à la Place St-Sulpice en passant par La Rue de Rennes et Montparnasse, le quartier n’est qu’un vaste embouteillage qui mettra une bonne heure à se déliter.

Police partout circulation nulle part.

16h00 : Remontant amusé vers mon quartier général, je ressasse mes observations de l'après-midi : Multiplication des foyers de mécontentement, embryons de manifestations sauvages et paradoxale paralysie policière pour cause de sur effectifs embourbés. Avec un bon carnet de contacts twitter, pourraient être mises en places des manifestations bien plus vivaces et contraignantes pour l’activité de la cité que ces bons vieux défilés pépères sur itinéraires désaffectés où, du syndicaliste au policier en passant par votre rédacteur, on croise toujours les mêmes abonnés.


8 avril 2009

Victime(s) de guerre

par


Il ne fallait pas attendre les conclusions du G20 pour se prononcer sur la tournure des mois à venir. Le G20 lui-même en était la plus instructive bande-annonce : Sa localisation en pleine plaque tournante pour taxos-trafiquants, son encadrement répressif meurtrier, sa médiatisation people et l'arrogance capitaliste dans toute sa splendeur, flashée dans sa dernière ligne droite.Avec l'aide d'une rock star en tournée européenne, ce sommet des impuissants, articulé en deux temps (grand espoir et satisfaction d'une avancée transcendantale), fut un effort concerté des services de communication des politiques internes pour fasciner leurs populations. Pas de Coupe du monde cette année : Il s'agit de faire oublier pour quelques semaines aux audiences concernées, classes moyennes désœuvrées, leur aller simple vers la paupérisation, seconde classe fond de cabine.

Coup de bol supplémentaire, un tremblement de terre salvateur aura définitivement effacé de tous ses trémolos, le devoir d'analyse. Au passage quelques bénéfices boursiers ont été engrangés et la popularité de nos chefs d'état remonte. A court terme certes, mais c'est leur monde.

Dans ce monde, leurs échéances sont plus enivrantes que les nôtres. Dans ce monde, nous ne sommes que des Ian Tomlinson.

3 avril 2009

Je n'aime plus ces artistes

par
La Loi Hadopi, autorisant la suspension de votre abonnement internet en cas de dénonciation de votre adresse IP par le lobby des galettes en plastique sur facturées, a donc été votée en catimini par une poignée de députés.

Barnum répressif débile pensé par les adorateurs du Minitel où tout internaute est potentiellement coupable, cette porte du flicage d’internet franchie le jour de la publication d’un rapport d’Amnesty international sur la police française sobrement intitulé des policiers au-dessus des lois, nous assure de bons gros dérapages.

Ne nous laissons pas abattre. Premièrement, détendons-nous en musique et commençons par pirater (et éventuellement l'enregistrer*) le lecteur exportable à l'exportation auto-censurée de Deezer :



Deuxièmement, soyons réalistes : L’industrie du support musical, c'est terminé. Les majors, qui ne sont pas remises de ce hold-up qu'elles ont initié au milieu des années 80 avec la généralisation du cd, s’évertuent à ne pas le comprendre depuis quinze ans. Tant pis pour elles. Quinze ans, c'est bien assez pour prendre de nouvelles habitudes musicales. Surtout quand le mélomane a lui-même quinze ans.

Voyons là aussi un conflit de générations. Les dinosaures disparaîtront de leur sale mort à coups de best-of bradés pour leur dernier cœur de cible : Les seniors (qui sont encore) friqués. Au mieux, ils écouleront pour les plus jeunes, via des accords avec les épiciers généraux, quelques intégrales offertes pour tout achat d’une clé USB 2 Terra octets qui fera téléphone, télé HD et console de mixage.

Le plus écœurant dans cette calamiteuse histoire, c’est la collaboration active d'artistes à la promotion d'une loi, en feignant l'inconscience des dérives technologiques qu'elle permet.

En ces heures sombres de police du réseau, de listes, de suspensions arbitraires, à nous de fliquer ces collaborateurs, de les mettre sur liste noire, de les boycotter de l'achat à la scène en passant par leur non-téléchargement (je retire ce que j'ai dit sur Luc Besson, pas la peine de gaspiller de la bande passante).


Les nouveaux mythes musicaux, eux, n'ont pas attendu de loi pour s'adapter. Ils se construisent de façon plus intime sur des sites d'où ils gèrent eux-mêmes leur distribution, dans les salles des cafés, les festivals et sur les plates-formes gratuites de partage vidéo depuis déjà des années. A eux de se servir des majors et non l'inverse.

La force de la musique : Quelques notes qui offrent une infinité de combinaisons et de nouvelles émotions.

Création (n.f) :
action de créer. Inverse de la rente.

* création française de Sébastien Migniot.

2 avril 2009

1er avril dans les médias, un jour comme un autre en Sarkozie

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8h00 : Interview radiophonique du Roi en son palais, par son laquais favori, Jean-Pierre. Le fossoyeur précoce des stars est envoyé spécial à L'Élysée, à 300 mètres de son studio (voir schéma) pourtant acquis à la raison d’état. Au micro, le monarque promet aux salariés de Caterpillar la même protection que celle promise l’année dernière aux salariés d’Arcelor-Mittal dont l’usine a définitivement été liquidée hier. Puis, le Roi reprend la thématique bande-annoncée hier à la sauvette à Châtellerault devant une caméra d’ITV, à l’abri des quelques milliers de mécontents (taux résiduel minimum désormais constaté au moindre de ses déplacements) : Si le G2O de Londres ne se passe pas comme je veux, je claque la porte du sommet !

Après le nombre de CRS, l'important c'est le buzz.

Schéma 1 : L'odyssée d'Europe 1, 330 mètres.

12h00 : Sortent enfin de leur interrogatoire de police, les journalistes de Rue 89 et France3, chaîne provisoirement gérée par Patrick vivant mal sa réorientation monarchique. Les journalistes étaient entendus dans le cadre d’une plainte venue de haut sur la fuite sur internet d’images Off du Roi où on le découvre dans toute sa magnificence, s’énervant contre un technicien qui refuse de le saluer avant son interview. Histoire de les intimider, furent présentées aux journalistes des captures d’écran de vidéo surveillance des locaux de la chaîne où ils officient. Qui a fourni les images ? Qui a fayoté ? La police a du mal à se prononcer.

13h00 : Reprise du feuilleton du Roi en tête des journaux radios et télés : Le Roi claquera t-il la porte du G20 ? La thématique en gommerait presque la nature du sommet et son évidente conclusion : En haut rien de nouveau.

13h10 : Je m’isole de toute transmission radiophonique ou télévisée pour quelques heures. Fin du monde ou pas, ce type de temps début avril : Faut en profiter.

17h30 : Ballade au jardin du Luxembourg. Sur l’Heil-pod, j'entends Laurent Ruquier qui, quand il n’est pas l’hôte d’une émission sur une chaîne publique de son pion Patrick, remet les pendules à l’heure dans son émission sur la radio privée de l'ami Jean-Pierre. Les médias nous manipulent ! lance l’animateur de divertissements. Il reprend ce sondage d’hier publié dans Libération et accuse le journal d’avoir présenté Dominique Strauss-Khan comme meilleur candidat pour la gauche aux prochaines présidentielles en focalisant sur les réponses de l’ensemble des Français, électeurs de droite compris, alors qu’il est fait peu de cas du fait que Ségolène Royal arrive toujours en tête auprès des sympathisants socialistes (seuls à trancher dans les primaires).

Une chroniqueuse euphorique rajoute : Ah, ce serait pas mal si c’était le candidat opposé qui choisissait son adversaire ! Rires de l’assemblée.

20h10 : Le journal de France 2 couvre le dîner d’avant G20 en direct de Londres. Gros suspens : Va t-il claquer la porte ? L'avenir du monde ? Comme le Roi, pour l'instant il se fait attendre. Gros plan sur le tapis rouge, Michael Darmon, envoyé spécial pour la chaîne de Patrick, est en costard. Festival de Venise ? Festival de Cannes ? On ne sait pas, les comédiens se font désirer. Caprices de stars.

Sans transition. Sujet : Aujourd'hui, en marge du G20 à La City c'était la guerre, des milliers de manifestants déchainés, mieux valait ne pas être banquier. Sans transition. Sujet : De l’influence des éoliennes entraînant un ralentissement de la rotation de la terre. Un technicien du CNRS témoigne : "il faut rapprocher les éoliennes du sol sinon d’ici vingt ans, la journée durera 25 heures". Sans transition. Sujet : Une loi va bientôt être déposée pour pénaliser le non-respect à l’hymne national. Sanction : Un an de prison pour sifflement de chant révolutionnaire. Sans transition. Météo : Demain sera encore plus beau. Sans Transition. J’ai bien l’impression que quelque par il y a eu un poisson d’avril. Pour la première fois de l’année j’attends la fin du journal pour que l’animateur de l’information m’avertisse du moment où il a roulé son audience.

Générique. Pujadas n'a rien précisé.

Aveu par omission d’un grand professionnel : Sous ce règne, l'information est une gigantesque bouffonnerie.

22h00 : Le Roi nomme un nouvel éxécutant à la direction de Radio-France.

* * *

En exclu, l'adaptation britannique de l'émission de Yann Arthus-Bertrand, La terre vue du ciel tournée avec des caméras de surveillance (restriction de budget, c'est la crise). 1er épisode, Londres :




1 avril 2009

ça ne fera pas la farce

par
Relevé sur le site de France 2 en cette veille de G20 :


L'insoluble équation du G20 :
La seule analyse du politique est de renouer avec la croissance de ces dernières années. Celle-ci est conditionnée aux comportements ahurissants qui nous ont conduit là où nous en sommes. Il faudrait donc retourner à la normale des coupables tout en faisant croire le contraire aux victimes (NDLR : elles sont plus nombreuses à voter). Problème : Les victimes sont de moins en moins consentantes (NDLR : et votent de moins en moins).

Dans ce monde du court terme et sans imagination, où pour perpétuer l'enfer on promet le paradis, l'absurde se nomme pragmatisme, les baltringues s'appellent économistes et le futur sent la cendre.

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