Éloignez les enfants, le plaidoyer pour une fessée nationale intitulé "on veut notre plan de rigueur !" signé Agnès Verdier-Molinié, publié en page 27 du dernier Valeurs Actuelles (l'hebdo des droites libérales, réactionnaires et décomplexées avec une page culture sur De Gaulle aussi) sonne plutôt SM.
Ça tombe bien, ce sont mes initiales préférées.
Initions-nous à "cette France en retrait par rapport à ses partenaires" ce qui, vous en conviendrez, empêche tout plaisir.
D'entrée de texte, prenant exemple sur le plan de 80 milliards d'économie adopté par l'émoustillante Allemagne, un pays où, en guise de préliminaires, "rappelons que les agents publics n'ont pas le droit de grève et sont pour 60% d'entre eux, employés sous contrat de droit privé", la directrice du think thank libéral Ifrap (fort) rage de notre réluctance nationale à entrer de plein pied dans la rigueur assumée, à coups de mandales dans la fonction publique et de planche à clous dans les aides sociales.
L'auteur apprécie toutefois la qualité de certains gels (gel des dépenses de l'état sur trois ans et des dotations aux collectivités locales). Mais attention aux effets indésirables : "En parallèle, la révision générale des politiques publiques continue avec 100.000 postes non renouvelés au niveau de l'État mais, dans le même temps, les collectivités risquent d'embaucher autant d'effectifs." Ces rustauds de fonctionnaires avec leurs flasques paluches ankylosées par l'inactivité mollasse ne connaissent rien à la sophistication érotique des libéraux.
Tout bon désir est teinté de peur, comme celle fondamentale de "perdre la notation triple AAA à cause des dettes publiques". Le Triple AAA au triquomètre de la finance d'état, c'est le calibre minimum. Conseil pour toi le peine-à-gagner : si tu veux partager un moment complice avec l'élite réformatrice, raide Agnès ou Sorman courbettes, avec le vocabulaire tu seras prudent.
Avant d'entamer la parade amoureuse potasse le lexique de leur libido mâtiné de "couper les prestations", "réduire les subventions", "baisser les salaires et les pensions" et éventuellement d'"augmenter les impôts". Apprends toutefois à connaitre ton partenaire avant de lui soumettre cette dernière pratique : elle est encore injustement considérée un poil fist-fuckesque par certains d'entre eux.
Même si l'auteur reconnait qu'il subsiste certains étalons du haut-fonctionnariat tel Jean-Pierre Jouyet qui "sent que le vent de la dépense tourne et propose systématiquement de réduire son salaire", ce pays reste entaché de tue-l'amour nommés salariés du secteur public probablement pas payés le dixième de ce que le président sus-nommé de l'autorité des marchés financier doit toucher !
Heureusement, pour redresser la barre, la dévouée laborantine des dominants te propose sa médecine en deux temps :
1er temps, t'apprendre les bonnes manières :
"Alors, pourquoi ne pas dire que nous n'avons pas de recette magique et que nous devons, comme les autres, trouver des viviers d'économies au-delà des traditionnels boucs émissaires que sont les niches fiscales ? "
Pas touche au pognon des grands. La rigueur c'est hot et les niches c'est plein de riches, si c'est toi qui prend la torgnole ça les fait se sentir mieux. Le SML (sado-masochisme-libéral) est une pratique d'esthètes. Comme on dit : ça fait mal la première fois, la deuxième aussi mais faut y aller à fond pour être au top.
Lecteur, je sens chez toi monter l'excitation. Lis-donc la suite...
"A court terme, le plan de rigueur devrait comprendre, comme chez nos voisins européens [chez nos partenaires grecs par exemple qui en connaissent un rayon sur le raffinement des techniques de baise], le gel, voire la baisse [pour que les fantasmes se réalisent, brisons tous les tabous], des salaires des agents publics et de tous les personnels rémunérés sur fonds publics [ils vous ruinent toujours l'ambiance dans la partouze ces cons], ainsi que le gel des embauches publiques."
2eme temps, une fois que t'as compris qui est le maître et où est l'esclave : le coup de poing américain.
"Dans un second temps, des réformes de fond mériteraient d'être envisagées : fixer un pourcentage maximal d'agents publics par rapport à la population active à 15%, supprimer le statut public pour les fonctions non-régaliennes de l'état, [bref, tout ce qui n'est pas la justice, l'armée ou la police. Et je vous le demande messieurs : Quoi de plus stimulant qu'une thérapie foirée du cancer de la prostate facturée 19.250 euros ?] mettre en place un système de retraites universel et égal pour tous [reste à savoir si on le plafonne au niveau de Liliane Bettencourt ou de Patrick Tempspartiel] ainsi qu'un bouclier social qui fixerait un maximum de prestations par foyer fiscal [faut pas déconner non plus : tout ce flouze injustement détourné du marché-roi au nom du bien être et de la survie des individus - accessoirement consommateurs -, c'est scandaleux ! Notons au passage la perversion, façon gode ceinture, du terme "bouclier social".]
T'as moins envie hein ?
Même si on te dit que ça va te faire du bien : tu n'es probablement pas assez ouvert d'esprit ou alors bien trop pauvre pour apprécier ce type de littérature olé-olé.
Tout bon texte SML s'oriente vers un bouquet final bétonné à base de "les études économiques les plus sérieuses" établissant que "au-delà de 90% de PIB, la dette devient un frein à la croissance" pour conclure que "Accepter la rigueur ou survivre sans croissance, sans créations d'emploi, sous des monceaux de dettes, voilà le dilemme de la France."
Concernant cette croyance que la réduction des dépenses publiques (donc la désintégration progressive des administrations, des aides, du service, du lien, et son corollaire, la progression de la sphère concurrentielle dans le domaine de la santé, de l'éducation, des infrastructures, le tout dans un contexte de large chômage avec stagnation voire régression des salaires dans le secteur privé, parallèlement aux explosions des charges foncières ou locatives et donc des impayés, de nouvelles taxes, une chute de la consommation - solvable -, une baisse du moral sans précédent et des situations de sur-endettement en pagaille) provoquerait une croissance de niveau 9.1 sur l'échelle Lagardienne de Riche-très[3], mon expert personnel en logique mathématique, Jean-Gonzague du CM2[4], est formel :
L'EXPERT
- Faut arrêter d'avoir la tête dans le cul !
Le raisonnement est simple et tu vas l'entendre ad-nauséum dans les semaines à venir : A défaut de croissance, distillons d'abord la croyance en la souffrance indispensable pour avoir de la croissance. Puisque je te rappelle que tu ne souffres pas assez, appauvris-toi donc un peu plus dans un état qui te laisse tomber, paye tout trois fois plus cher et jouis plus tard... au paradis du capitalisme où tu retrouveras pour une belle partie fine, arrosée d'une douche dorée aux lingots, tes copains de classe Bernard Arnault, Mamy Nonchépuouestlasuisse et Serge Dassault.
Prochainement... nous reviendrons sur le cas Challenges (le magazine qui enfile les perles idéologiques sur le macramé des réformes qui puent et caresse dans le sens du pelage le petit cadre qui se pense PDG) et son dossier de juillet intitulé : "les bienfaits de la rigueur".
Prends ton gel, ton fouet et ta rilance : tu vas déguster !
Post-scriptum.
Illustration : affiche de "Atamé" film de P.Almodovar (1990)
Initions-nous à "cette France en retrait par rapport à ses partenaires" ce qui, vous en conviendrez, empêche tout plaisir.
D'entrée de texte, prenant exemple sur le plan de 80 milliards d'économie adopté par l'émoustillante Allemagne, un pays où, en guise de préliminaires, "rappelons que les agents publics n'ont pas le droit de grève et sont pour 60% d'entre eux, employés sous contrat de droit privé", la directrice du think thank libéral Ifrap (fort) rage de notre réluctance nationale à entrer de plein pied dans la rigueur assumée, à coups de mandales dans la fonction publique et de planche à clous dans les aides sociales.
L'auteur apprécie toutefois la qualité de certains gels (gel des dépenses de l'état sur trois ans et des dotations aux collectivités locales). Mais attention aux effets indésirables : "En parallèle, la révision générale des politiques publiques continue avec 100.000 postes non renouvelés au niveau de l'État mais, dans le même temps, les collectivités risquent d'embaucher autant d'effectifs." Ces rustauds de fonctionnaires avec leurs flasques paluches ankylosées par l'inactivité mollasse ne connaissent rien à la sophistication érotique des libéraux.
Tout bon désir est teinté de peur, comme celle fondamentale de "perdre la notation triple AAA à cause des dettes publiques". Le Triple AAA au triquomètre de la finance d'état, c'est le calibre minimum. Conseil pour toi le peine-à-gagner : si tu veux partager un moment complice avec l'élite réformatrice, raide Agnès ou Sorman courbettes, avec le vocabulaire tu seras prudent.
Avant d'entamer la parade amoureuse potasse le lexique de leur libido mâtiné de "couper les prestations", "réduire les subventions", "baisser les salaires et les pensions" et éventuellement d'"augmenter les impôts". Apprends toutefois à connaitre ton partenaire avant de lui soumettre cette dernière pratique : elle est encore injustement considérée un poil fist-fuckesque par certains d'entre eux.
Même si l'auteur reconnait qu'il subsiste certains étalons du haut-fonctionnariat tel Jean-Pierre Jouyet qui "sent que le vent de la dépense tourne et propose systématiquement de réduire son salaire", ce pays reste entaché de tue-l'amour nommés salariés du secteur public probablement pas payés le dixième de ce que le président sus-nommé de l'autorité des marchés financier doit toucher !
Heureusement, pour redresser la barre, la dévouée laborantine des dominants te propose sa médecine en deux temps :
1er temps, t'apprendre les bonnes manières :
"Alors, pourquoi ne pas dire que nous n'avons pas de recette magique et que nous devons, comme les autres, trouver des viviers d'économies au-delà des traditionnels boucs émissaires que sont les niches fiscales ? "
Pas touche au pognon des grands. La rigueur c'est hot et les niches c'est plein de riches, si c'est toi qui prend la torgnole ça les fait se sentir mieux. Le SML (sado-masochisme-libéral) est une pratique d'esthètes. Comme on dit : ça fait mal la première fois, la deuxième aussi mais faut y aller à fond pour être au top.
Lecteur, je sens chez toi monter l'excitation. Lis-donc la suite...
"A court terme, le plan de rigueur devrait comprendre, comme chez nos voisins européens [chez nos partenaires grecs par exemple qui en connaissent un rayon sur le raffinement des techniques de baise], le gel, voire la baisse [pour que les fantasmes se réalisent, brisons tous les tabous], des salaires des agents publics et de tous les personnels rémunérés sur fonds publics [ils vous ruinent toujours l'ambiance dans la partouze ces cons], ainsi que le gel des embauches publiques."
2eme temps, une fois que t'as compris qui est le maître et où est l'esclave : le coup de poing américain.
"Dans un second temps, des réformes de fond mériteraient d'être envisagées : fixer un pourcentage maximal d'agents publics par rapport à la population active à 15%, supprimer le statut public pour les fonctions non-régaliennes de l'état, [bref, tout ce qui n'est pas la justice, l'armée ou la police. Et je vous le demande messieurs : Quoi de plus stimulant qu'une thérapie foirée du cancer de la prostate facturée 19.250 euros ?] mettre en place un système de retraites universel et égal pour tous [reste à savoir si on le plafonne au niveau de Liliane Bettencourt ou de Patrick Tempspartiel] ainsi qu'un bouclier social qui fixerait un maximum de prestations par foyer fiscal [faut pas déconner non plus : tout ce flouze injustement détourné du marché-roi au nom du bien être et de la survie des individus - accessoirement consommateurs -, c'est scandaleux ! Notons au passage la perversion, façon gode ceinture, du terme "bouclier social".]
T'as moins envie hein ?
Même si on te dit que ça va te faire du bien : tu n'es probablement pas assez ouvert d'esprit ou alors bien trop pauvre pour apprécier ce type de littérature olé-olé.
Tout bon texte SML s'oriente vers un bouquet final bétonné à base de "les études économiques les plus sérieuses" établissant que "au-delà de 90% de PIB, la dette devient un frein à la croissance" pour conclure que "Accepter la rigueur ou survivre sans croissance, sans créations d'emploi, sous des monceaux de dettes, voilà le dilemme de la France."
Concernant cette croyance que la réduction des dépenses publiques (donc la désintégration progressive des administrations, des aides, du service, du lien, et son corollaire, la progression de la sphère concurrentielle dans le domaine de la santé, de l'éducation, des infrastructures, le tout dans un contexte de large chômage avec stagnation voire régression des salaires dans le secteur privé, parallèlement aux explosions des charges foncières ou locatives et donc des impayés, de nouvelles taxes, une chute de la consommation - solvable -, une baisse du moral sans précédent et des situations de sur-endettement en pagaille) provoquerait une croissance de niveau 9.1 sur l'échelle Lagardienne de Riche-très[3], mon expert personnel en logique mathématique, Jean-Gonzague du CM2[4], est formel :
L'EXPERT
- Faut arrêter d'avoir la tête dans le cul !
Le raisonnement est simple et tu vas l'entendre ad-nauséum dans les semaines à venir : A défaut de croissance, distillons d'abord la croyance en la souffrance indispensable pour avoir de la croissance. Puisque je te rappelle que tu ne souffres pas assez, appauvris-toi donc un peu plus dans un état qui te laisse tomber, paye tout trois fois plus cher et jouis plus tard... au paradis du capitalisme où tu retrouveras pour une belle partie fine, arrosée d'une douche dorée aux lingots, tes copains de classe Bernard Arnault, Mamy Nonchépuouestlasuisse et Serge Dassault.
Prochainement... nous reviendrons sur le cas Challenges (le magazine qui enfile les perles idéologiques sur le macramé des réformes qui puent et caresse dans le sens du pelage le petit cadre qui se pense PDG) et son dossier de juillet intitulé : "les bienfaits de la rigueur".
Prends ton gel, ton fouet et ta rilance : tu vas déguster !
Post-scriptum.
Illustration : affiche de "Atamé" film de P.Almodovar (1990)
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[1] Mais je te conseille plutôt d'acheter le dernier numéro de Fakir qui, en page 10, te décrypte le rôle publicitaire des agences de notation.
[2] Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques.
[3] sans évoquer, mais ce n'est pas le sujet, la pertinence révolutionnaire, et pas du tout destructrice, du concept.
[4] son nom a été changé pour pas que l'on découvre qu'il se nomme Jules. Il officie également dans la prospective économique en argent de poche, le catch et plaide, en alternance avec son frère, comme avocat de la nuit blanche au barreau de son lit.
[2] Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques.
[3] sans évoquer, mais ce n'est pas le sujet, la pertinence révolutionnaire, et pas du tout destructrice, du concept.
[4] son nom a été changé pour pas que l'on découvre qu'il se nomme Jules. Il officie également dans la prospective économique en argent de poche, le catch et plaide, en alternance avec son frère, comme avocat de la nuit blanche au barreau de son lit.


