29 juin 2010

[video] pugnace pas pugnace

par
De la férocité du journaliste en bois selon que son interlocuteur représente la puissance ou la marge.

Les enregistrements de l'économiste franc-tireur Paul Jorion (lire son compte-rendu) et du pointilleux patron de Goldman Sachs Europe (voir la suite du même tonneau) datent du même jour : le 9 juin 2010.

Le journaliste, lui, est le même, ou presque.



27 juin 2010

Woerth : Will zen win ?

par
Si nous étions dans cette vraie société décomplexée de l'argent roi, l'ouverture des jeux en ligne ne se limiterait pas au sport. Nous pourrions jouer sur la date et la nature de l'exil gouvernemental d'Eric Woerth. Demain ? Au prochain remaniement ? Seul ? Fortement incité ? A coups de latte ?

Les gestionnaires de la fortune Bettencourt, disposant d'une source fiable d'information interne, pourraient alors fructifier les dividendes de Madame en misant, comme par hasard, à la perfection.

"Quand on arrête de se les reprocher [les choses], on est assez serein."
RTL
, 27.06.2010

Le départ du Ministre du travail serait pour bientôt ? A en croire des journaux et des radios usant et abusant de la métaphore de l'étau et de la pression au sujet d'un ministre prit la main dans le pot aux collusions : Oui.

Je ne m'attarderai pas sur la cascade des éléments s'accumulant contre lui, elle évolue d'heure en heure.

Mais...

Compte-tenu que payer moins d'impôts est souvent la première activité du riche, via l'expert en défiscalisation, et du très très riche via la création de structures dédiées.

Compte tenu de la profusion des possibilités d'évasions de pognon et de niches fiscales autorisées, concoctées, aménagées, renforcées par ce gouvernement pour chouchouter leurs camarades de classe.

Le combat pour départager le légal de l'inégal s'annonce compliqué.

J'imagine que l'ex Ministre du Budget, aujourd'hui homme clé de la réforme des retraites, table là-dessus ainsi que sur une victoire de La France en coupe du monde et un été ensoleillé pour qu'on lui lâche la grappe.

La faute est originelle : Comment Eric Woerth a t-il pu être Ministre dans ces conditions ou, comment son épouse a pu accepter un tel job avec un conjoint officiant au Budget [1] sans que cela ne choque ni lui ni personne dans la classe politique ?

Sans compter, et ce n'est pas son genre, que notre homme était simultanément trésorier de l'UMP.

A l’image d’un Christian Blanc ne comprenant pas que, pour des français de plus en plus nombreux à compter leurs clopes, c'est le concept même que l’on puisse claquer 12.000 euros en cigare qui est choquant, l’autisme instinctif Woerhtien dans le frais prolongement des révélations de Mediapart compromet son destin politique à court terme.

Qu'il ne se soit pas retiré de lui-même de ses fonctions en attendant une clarification, pour reconnaître au minimum une faute de goût, mais au contraire qu'il ait joué la carte de la morgue, confirme ce sentiment de contrefaçon pouvant émaner de ce pourfendeur autoproclamé de l'évasion fiscale lors de ses interventions télévisées. Il en va de même pour son gouvernement uni battant des records de discrédit [2].

Prenons garde à ce que son cas personnel et sa médiatisation, suite d'une série de stigmatisations individuelles sur fond de dénonciations (le balancier penche aujourd'hui à droite [3]) ne cache pas à la fois la machinerie et la machination :

- La machinerie législative permettant à Woerth et d'autres de proclamer leur respect de la loi, et aux rentiers une élasticité jamais égalée dans les constructions et les évasions fiscales légales.

- La machination, limpide comme l’eau de riche, conçue par lui et ses acolytes pour couler le système collectif des retraites et en faire une préoccupation privée. Si son départ peut contribuer à fragiliser la réforme : qu’il s’en aille sous les hués.

Pour le soldat, je ne me fais aucun souci. J'ai cru comprendre qu'il avait de bonnes connexions dans le privé.

Lui parti, d’autres du même tonneau reprendront le combat, la morale toujours plus haute et toujours pour les autres, avec le même rictus de domination propre à ceux conscients qu'ils n'ont pas les aptitudes requises pour les postes qu'ils occupent par manque d'empathie ou d'éthique ou les deux.



[1] Le lecteur biffera selon sa situation conjugale.

[2] et de chômage.

[3] Qui prône le bling-bling doit en redistribuer sinon il se fait dépouiller gourmette et enjoliveurs.

25 juin 2010

De beaux marronniers

par

Ce ne sera que timidement avoué sur les ondes. Sachez-le : c'était ensoleillé, massif, hétéroclite et revigorant.

Hier. Alors qu'à l'appel des syndicats, les cortèges de salariés du public, du privé, retraités, intermittents, familles se rassemblaient partout en France, la belle journée débutait sur une double farce mediapolitique :

- L'annonce de la réception d'un footballeur à la main baladeuse à l'Élysée par un Monarque, visant rien de moins que le Grenelle du foot, n'hésitant pas à annuler pour l'occasion ses rendez-vous de longue date avec des ONG.

- Un sommet du journalisme d'investigation à la française sur une chaine d'information continue : une interminable course poursuite derrière la berline du capitaine de l'équipe de France (éliminée) depuis la sortie de son avion, avec motos, satellite et commentaires à l'avenant : "On vient de passer le Stade de France, mais je suis pas sur", "C'est quel tunnel ? Porte de Clignancourt ?" ou encore le subliminal "Paris est une bien belle ville avec ces marronniers".

Faute de budget, la pétrolette de marque "OJ Simpson" modèle "avek15ans2Retar" tombait en carafe aux alentours du palace final. Par chance, il ne se situait point dans le triangle des Bermudes de la contestation République-Bastille-Nation.

D'un côté : des animateurs d'infos qui occupent 95% de leur temps d'antenne à l'appât automobile, alors que des travailleurs se privent d'une journée de salaire pour défendre les retraites de tous contre un projet de réforme inique et inefficace.

De l'autre : le grand ordonnateur de la réforme sacrificielle reçoit un footballeur (qui triche, perd et tourne à 500.000 mensuels[1]).

Je n'ai qu'un un seul mot : Merci. Merci de rappeler à ceux qui n'ont pas pu, pas voulu, pas osé venir contester, de quel mépris se chauffe cette gouvernance et pour qui tournent ces médias.

Le soir, nous apprenions que la France comptait en mai 43.900 chômeurs supplémentaires avec une forte augmentation chez les quinquagénaires... Avant de songer à sauver le foot et péter les retraites, notre Monarcoach ferait bien de s'interroger sur le travail.




[1] à + ou - 100.000 près mais quand on aime on ne compte pas.

23 juin 2010

Monarchie et mensonges #2 : Les retraites sont sauvées

par
Peut-être pensais-tu comme ton perspicace président que le football était la "réponse à la crise" ? Patatras ! Ta fière équipe fait ses valises, éliminée au premier tour de Coupe sous les sanglots de Bachelot qui berçaient ton cœur d'une langueur kilotonne.

Attristé ? J'ai le remède qu'il te faut : Le Figaro.

A la rubrique néocons et propagande, tu trouveras un article euphorisant qui décortique à l'enclume, et à 24 heures d'un mouvement social sur le sujet, les résultats d'un sondage sur les français et les retraites, sobrement intitulé :

Retraite : "Les Français acceptent la retraite à 62 ans"

Il suffisait de le dire.

Dans une symbiose fusionnelle avec le directeur adjoint d'un institut de sondage jadis dirigé par l'actuelle patronne du Medef, l'article non signé nous confirme (puisque c'est le peuple qui le dit) le bien fondé du projet UMP de réforme[1] des retraites :

«Les Français reconnaissent au gouvernement le mérite de prendre le taureau par les cornes, même s'ils trouvent que la potion est amère».

A peine remarquerait-on surnageant dans ce torrent d'amour une minime contradiction : "le sentiment d'injustice qui anime une majorité des sondés." [Bah, faudrait savoir.]

Les conseils au Roi pour mieux faire gober sa réforme s'accompagnent de l'exégèse SMS de ses derniers faits d'arme [également connus sous le nom de "discours en bois comme il en copie-colle douze par semaine] : "Reste que pour éviter une coalition des mécontents, [Le Monarque] aura intérêt à être «très attentif» à «la situation de ceux qui ont commencé à travailler très tôt» ou «qui ont des emplois pénibles», comme il s'y est engagé mardi en visitant l'usine Turbomeca près de Pau.

Ces catégories se montrent les plus sévères vis-à-vis de la réforme. [Que veux-tu, jusqu'à présent, les gueux étaient chiants : moins ils avaient, plus ils piaillaient.] 59% des ouvriers jugent «inacceptable» le report de deux ans du départ à la retraite. Cette disposition n'est pas négociable, [T'as compris ducon ?] et les Français l'ont bien compris [ah bah oui t'as compris], puisque 70% de l'ensemble des sondés - et 66% des ouvriers - se disent persuadés que le projet «sera maintenu en l'état» après les grèves et les manifestations de demain..."

Tu auras saisi la manipulation (un indice chez vous : elle est explicitement inscrite).

Comme le disait hier soir dans le Grand Journal un ministre à nom de renvoi gastrique n'ayant pas la tête à couvrir de l'évasion fiscale : "un sondage on lui fait dire ce que l'on veut". Les seules questions à se poser étant : Qui le commande et pourquoi faire ? Les réponses des sondées coulent alors de source. Elles dépendent pour deux tiers de la formulation des interrogations et des options alternatives proposées. C'est ainsi que l'on peut se retrouver avec un boss du FMI incarnant le renouveau de la gauche, à l'unisson des quotidiens de droite (mais ceci est un autre sujet).

Ce publi-reportage à vague alibi scientifique, nouvelle salve préventive tirée à l'approche des grondements du pavé, est dans la droite ligne du bombardement médiatique que nous subissons depuis février dernier qui vise à empêcher la concorde des mécontents. J'imagine que les sbires de l'UMPEDEF vont encore squatter les plateaux télés des prochaines heures pour déverser une liquoreuse louche de résignation supplémentaire sur l'onctueux baba "du bon sens des gens responsables face à la gauche caduque et rétrograde."

Tant d'efforts de leur part pour ridiculiser la contestation : La plus belle des confirmations que celle-ci les fait pétocher au plus haut point et que, à moins de la mater en amont par l'autosuggestion, contre elle ils ne peuvent rien.

Mais, revenons à nos moutons.

Sous l'impulsion d'un monarque motivé pour faire de la bataille des retraites l'argument pivot de sa réélection en 2012 (à base de "regardez, c'est moi qui l'ai fait !" : ne te moques pas il a eu des slogans plus cons), le gouvernement (sans oublier son relais, le perroquetage du journaliste feignant), ne ménage pas ses efforts depuis des mois pour noyer tes capacités d'analyse et émousser ton potentiel de révolte sous les rasades de lubrifiants syntaxiques. Tout serait joué sur le front des retraites, la réforme serait une évidence se basant sur du logique, de la justice, de l'indiscutable puisque "tous les autres pays l'ont fait". (cela peut se dire aussi des guerres et des génocides.)

Ce sera travailler plus longtemps et pas autrement.

Note par exemple que l'intitulé de l'article susmentionné est biaisé. Le chiffre le plus pertinent de "la bataille des retraites" n'est pas 62 ans mais 67, âge pour bénéficier d'un remboursement à taux plein, sans décote. (65 ans aujourd'hui pour 28% des femmes)

Note également que la fenêtre de tir est optimale pour commettre ce socialicide avec préméditation [2]. Ce qui devait prendre 10 ou 20 ans à démonter, hors temps de crise, est en passe d'être atomiser en quelques mois de "rigueur"[3].

La semaine passée, entre la commémoration de l'appel du 18 Juin et un coup de pouce météo que notre monarque optimisera à la perfection, le ministre du travail des autres invitait ses concitoyens à "la responsabilité" en présentant au grand public la fameuse réforme des retraites.

Peu importe que ce projet de financement n'évoque ni l'emploi, ni la croissance. Peu importe qu'il cumule les zones floues : pénibilité, carrières longues et éclatées, polypensionnés (dommage pour ceux qui sont nés juste après 1951 et qui cumulent les trois)[4], qu'il manque de son propre aveu 15 milliards à son bouclage d'ici 2018 (soit un an après le double mandat maximum du monarque). Peu nous cuit que, les jours précédant son élection, son instigateur ait garanti que, grâce à la précédente réforme en 2003 ourdie par un certain Fillon, leur financement serait assuré jusqu'en 2020. Ne devenons pas trop regardant non plus sur sa fierté du siècle dernier d'avoir voté la retraite à 60 ans.

La seule ambition à court-terme de cette réforme idéologique n'est pas de "sauver les retraites de demain" (dans l'esprit de l'UMPEDEF elles sont programmées pour disparaitre) mais de cajoler les retraités d'aujourd'hui.

Enfin... une certaine catégorie privilégiée de retraités se goinfrant des pensions à rendre hystérique l'actif standard, qui sont propriétaires ou multi-propriétaires, actionnaires, gros consommateurs de soins et disposant, comme aiment à le rappeler les apologistes de la réforme, d'une espérance de vie qui s'est améliorée comme jamais dans l'histoire de l'humanité. Et pour cause : pas folle, elle s'est barrée à la retraite à 60 ans ! Pour eux, rien ne bouge dans le projet de réforme. Par défaut, cette tranche voit sa suprématie confirmée et son abonnement au Figaro renouvelé.

- On est jeunes et on vous emmerde !

Même si dans les sphères consanguines de la clique mafieuse, on se bataille déjà le marché des cotisations de retraites privées qui se développera pour le pire durant "cette période de transition garantissant l'équilibre pour la nouvelle génération", mets-toi bien dans la tête que ce projet, qui ne règle rien et aggrave les inégalités, n'est qu'un projet.

Rien n'est voté, rien n'est même présenté, ni au Monarque (ce sera le 13 juillet) ni à l'Assemblée, encore moins au Sénat. La finalité de la réforme ne dépend désormais que de ta capacité de réaction.

Une chose est certaine : ne compte pas sur eux pour changer quoi que ce soit. Tant que tu seras lent, ils seront là.

Et Le Figaro d'un monde parallèle de titrer :

"Ceux qui ne bossent pas cautionnent à 100% que tu cravaches jusqu'au tombeau."


* * *


[1] réforme n.f : progrès que le populo prend dans la gueule. Neoliberalis Universalis.

[2] socialicide n.m : crime contre la société, qui a l'inverse du crime contre l'humanité n'est condamné par aucun politique. Les intéressés peuvent même nier son existence à longueur de plateaux télés sans rien risquer. Lucidus Analysis.

[3] conditionnement facilité si le terrain mental est préalablement labouré par 4 heures d'M6 quotidiennes sur quidam expurgé de toute conscience de classe autre que "moyenne" (terme englobant tout et n'identifiant rien.)

[4] Il n'aura qu'à s'arracher une jambe pour obtenir ses 20% d'invalidité, et bénéficier d'un départ à 60 ans et à taux plein. A moins bien sur que ne soit pas constituée d'ici là une brigade pour débusquer les fraudeurs de retraite à l'arrachage de jambe.


Articles connexes :

- Les retraîtres
- Les retraites la peur et l'abandon
- Pas de retraite dans ta tête

illustration : Le repos, Pablo Picasso.

21 juin 2010

Faiblesses et faux-derches

par
Théorème d’hypocrite : Chacun cherchant à vendre son papier ou sa réélection, la vitesse du retournement de veste des médias et du politique en charge, est inversement proportionnelle à leur lenteur à reconnaitre le désastre jusque là, le tout sur fond d'espoir gâché de ne pouvoir s'accrocher à la victoire.

( - Revoyons au ralenti cette action décisive.)

Lors du désastre tragico-fanfaronesque de l'équipe de France de footcheball en Coupe du Monde, le lynchage politico-médiatique du coach puis des bleus (le premier, lecteur assidu de Le Bon, ayant habillement utilisé la fatuité des seconds pour détourner la mitraille) est un bel exemple grandeur nature des basculements idéologiques dont gouvernants et médias sont capables.

Tombant dans le sillage au sirop des commémorations de l'appel 18 juin où les mêmes firent leur choux gras sur les vertus de l'insurrection individuelle (mais exclusivement conjuguée au passé composé) face à la collaboration d'état avec un grand c, c'est savoureux.

( "- Did I do that ?")

Imaginons en 1998, en 2002, en octobre dernier lorsque que Thierry Henry qualifiait à la main son équipe ou, encore plus récemment, lorsque celle-ci s'échauffait en club sur mineure, qu'un quotidien titre au sujet de nos champions bardés de sponsors et payés quelques smics par jour à se plaindre de taper dans la balle : « Lamentables » , « les imposteurs » , « ras les bleus », « les bleus au fond du trou »...

Imaginons, il y a peine deux semaines un Woerth, un Copé, un Guaino ou un monarque à l'insulte pourtant facile, occupant de dimanche matin à dimanche soir télés et radios pour tirer à boulet de canons au nom du "c'est pas ça La France" sur cette équipe (toujours ça de pris en temps de parole sur les retraites ou les affaires visqueuses) alors que les mêmes, la tête bariolée en tricolore, sur-jouaient la comédie inverse deux semaines avant.

Imaginons un éditorialiste accouchant de sentences aussi haineuses sur ces privilégiés bouffis d’orgueil au QI de pétoncle, il y a tout juste quatre ans, lorsque Zidane coupdeboulait Materazzi (des opus ont été alors écrits pour souligner la beauté du geste !)

Imaginons un instant cette science-fiction du passé...

Toute indécence et injustices oubliées, La France ne perd son honneur qu'aujourd'hui, à cause de ses pieds cassés. Intuition personnelle : Ce sera ainsi tant qu’elle persistera à glorifier le roi fric en chiant sur le collectif.

Alors que le match « pour en sortir la tête haute » de Mardi face à L’Afrique du Sud se dirige vers un forfait pur et simple et que la nation des champions s’enfonce dans le ridicule au niveau planétaire, que Ribéry nous interprète la tirade du mal aimé de Plus belle la vie dans Telefoot, qu’au niveau local on peut espérer être débarrassé des réclames de footeux pour quelques années, je devrais exulter. C’est le point extatique que je n’osais plus espérer : le moment opposé en tout aspect à l’obligation d’hystérie nationale du 12 juillet 1998.

Pourtant, cette situation laisse un arrière-goût amer en ce qu’elle révèle sur l'influence du monarque sur ce pays.

Il a grand ouvert les vannes du penser pourri et du parler mal au niveau national, tant chez ses « représentants » supposés exemplaires que dans la presse nobiliaire racolant ouvertement pour vendre quelques feuilles de torche-cul supplémentaires.

Concentré de bassesse, symptomatique de l'ancrage des valeurs du régime dans nos esprits, cet itinéraire de footeux gâtés sent la mort et laissera des traces. C’est une étape de plus dans la désintégration de la société et dans la montée du racisme car, vu le nombre de fois où notre envoyés spéciaux du gouvernement a brandi de "la honte faite au drapeau" ce week-end, nul doute que le grandiloquent fiasco des baltringues sera récupéré dans ce sens.

J'en viens (presque) à espérer que, déjouant toutes les incantations, l'équipe de France tape son 5-0 Mardi prochain, et se qualifie, histoire de ridiculiser les procureurs de la dernière rafale.

Pauvre Dom [1], il aura choisi le plus mauvais samedi pour lancer son appel à une république solidaire, dans son décor Batcavesque à la halle Freyssinet. Il aurait mieux fait de concocter une pétition pour le rapatriement prématuré des bleus.


[1] Comme d'autres à gauche, j’aimerais bien l’aimer Domi mais il est de droite et son discours démago qui glisse à la surface de strictement tout devant un auditoire encore plus décati et endimanché que celui du monarque, ne suscite chez moi qu’une demie De Gaulle.

17 juin 2010

Karachi, on insiste ! (2)

par
Certains jours d'uppercut social, la scandaleuse actualité croise l'actualité du scandale. Ne pouvant être partout à la fois, je reviendrais sur la déforme des retraites plus en profondeur (terme ad-hoc) dans un prochain billet. Nous évoquerons également le Woerthgate se profilant à l'horizon du lupanar des élites qu'on appelait jadis République.

Mercredi matin, lors d'une conférence de presse, six des familles des victimes de l'attentat de Karachi en mai 2002 ont fait savoir par leur avocat, Maitre Morice, qu'elles ont déposé lundi dernier une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, auprès de la doyenne des juges du TGI de Paris pour entrave à la justice, corruption active et passive, faux témoignage, extorsion et tentative d'extorsion en bande organisée et recel aggravé de l'ensemble de ces infractions.

C'est un peu technique, alors je la fais courte :

En décembre 2009, les familles avaient déposé une première plainte pour les mêmes motifs au procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin

Aucune information sur les investigations n'a été transmise aux familles des victimes par le parquet de Paris. Il n'a pas non plus soumis à l'examen de la justice un certain nombre d'infractions relatives au financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 qui pourrait être une des raisons, par ricochet, de la mort de leurs proches à Karachi.

Maitre Morice est explicite : "Le procureur de la république de Paris est une autorité non-indépendante, totalement soumise au pouvoir exécutif." Et de rajouter : "son seul souci est de protéger le pouvoir politique, de protéger le président Sarkozy, de protéger M. Balladur et tous ceux qui sont concernés par le financement de la campagne présidentielle de M. Balladur"

Il en veut pour preuve la publication d'un communique du procureur Marin dans les heures qui suivirent le dépôt de la plainte, et donc sans connaissance de son contenu. Le procureur y déclare que certains griefs et faits visés par cette nouvelle plainte seraient "prescrits"[1] . En langage clair , le message aux familles est "ça ne sert à rien de s'acharner", celui au reste du pays : "circulez y a rien à voir."

Extrait 1 (1.30) :
Les étapes de la décrédébilisation de l'affaire
.


La constitution en partie civile permettra aux familles d'avoir accès au dossier si l'instruction est ouverte (ce qui n'est pas le cas dans le cadre de l'enquête préliminaire actuelle). Elles souhaitent ainsi que des magistrats du pôle financier, indépendants du pouvoir politique, puissent examiner l'ensemble des délits et crimes reprochés.

Le tout, en parallèle de l'information judiciaire pour assassinat actuellement conduite par Marc Trévidic (qui les recevra dans trois jours, un an après la "réorientation" de l'enquête sur la piste des rétrocommissions).

Extrait 2 (1.30) :
"Arrêter d'être face à un mensonge d'état"


Avec cette nouvelle plainte, les familles des victimes, qui désirent plus que jamais savoir pourquoi leurs proches ont été sacrifiés, lancent une offensive judiciaire permettant d'instruire ou pas (ce refus serait opposé au nom de la fameuse prescription supposée).

Dans ce cas, une commission d'enquête parlementaire pourrait être ouverte...

A condition, bien sur, que les députes se prononcent pour.[2]

Extrait 3 (1.40) :
Retour sur les pressions subies par la mission parlementaire de Bernard Cazeneuve :



La conférence de presse sera diffusée dans quelques jours sur le blog consacré à l'affaire.


[1] à l'inverse de ce qu'il laissait entendre dans une note du 22 novembre 2007 au procureur général.

[2] Maitre Morice s'interrogeant sur un certain "silence politique complice face à des éléments factuels objectifs déjà connus"

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