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28 avril 2010

[video] Melenchon et les médias, des amours rebelles

par
[Dans la série "Patientons tandis que notre rédacteur retrouve le chemin de son blog..."]


La scène débarque sur le net au début du mois...
A travers l'objectif d'un étudiant en journalisme traquant le clash au camescope, Jean-Luc Mélenchon s'attaque à la « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ». Le ramdam est parti. 230.000 visionnages. Aussi sec, le président du Parti de Gauche se prend quelques salves éditoriales, radiophoniques télévisées de la part de ceux qu'il appelle "la meute". Parallèlement, il suscite un pic d'intérêt "inespéré" chez ceux qu'il met en cause.

Le 14 avril dans la foulée de son "pas d'excuses Tour", curieux de ce jeu paradoxal mêlant mépris et "soif d'en être" qu'il entretient avec la société du spectacle, de ses réflexions sur la mutation du journalisme (qu'il a exercé) s'alternant aux admonestations contre les intéressés, 4 blogueurs (Sebmusset, Vogelsong de Piratages, Mancioday de Reversus et Bruno-Roger Petit du Post.fr) discutent avec JLM durant une heure sur ces thèmes occupant une place croissante dans son discours politique.

Rodé : Il mène la discussion allant et venant d'un sujet à un autre (télé, spectacle, presse, information) à l'intérieur de la thématique "médias". Ce qui rend le montage complexe. Nous le présentons ici dans sa (presque) continuité.


1/4 (13 min) :
- Retour sur l'épisode de "la petite cervelle"
- Retour sur "
la cléricature journalistique" et les épisodes Peillon, Zemmour et Mitterrand.


2/4 (9 min) :
- Combattre "la cléricature" de l’intérieur / L’attaque des médias est une façon d’attaquer un ordre « globalitaire » / L’exigence demandée aux journalistes / "La révolution citoyenne des médias".

3/4 (9 min) :
- La responsabilité des médias dans le conditionnement et l’unification des valeurs de la société.

4/4 (6 min) :
- Retour sur le passage socialiste à la gestion des médias dans les années 80 et la libéralisation des ondes.
- Comment les citoyens peuvent-ils être eux-mêmes producteurs de contenu ?



A lire sur le sujet,
Acrimed : La colère de Mélenchon et sa médiatisationArticle 11 - Jean-Luc, Radical ?

et la perle "Melenchon et les médias":



Merci à J.L Mélenchon pour sa disponibilité
ainsi qu'aux autres blogueurs, J. Rosselin et P. Moro.

1 février 2010

"S'opposer de manière utile et constructive"

par

Certains ont encore du mal à voir des évidences qui s'imposent depuis déjà dix ans : Si le Parti socialiste peine à faire rêver c'est par son manque de hargne, dans sa représentation la plus visible, à défendre les valeurs de gauche.

C'est sur ce constat, et parce que de la hargne il en a, que dans la foulée du vote des motions du congrès de Reims, Jean-Luc Melenchon claquait enfin la porte du PS où il vivait "tranquillement comme spécimen de gauche, dernier marxiste" pour se "jeter dans le vide avec des communistes" et créer le parti de gauche visant rien de moins que la refonte du socialisme.

A l'initiative du journal Vendredi et accompagné des blogueurs vogelsong, Ronald d'Intox2007, Laure Leforestier, Guillaume d'Owni.fr Richardtrois, mancioday, dedalus, j'ai rencontré la semaine dernière un Jean-Luc Mélenchon balançant de la révolte au scepticisme mais dont rien n'ébranle les convictions.

La première partie de l'entretien est une charge philosophique sur les médias et la façon biaisée d'introduire le débat, l'autocensure de certains journalistes, le jeu continu entre le faux et le vrai dont vous trouverez le compte-rendu chez Piratages.

Concentrons-nous sur l'analyse du socialisme, passé présent et futur, qui sera le fil rouge du reste de l'entretien.
(Je vous encourage à écouter les extraits audio jusqu'au bout, ça vaut le détour !)

Ça commence mal : Dedalus fâche Jean-Luc Mélenchon avec cette question que beaucoup se posent (tout de même) : "Est-ce qu'en sortant du PS il n’y a pas cette tentation de taper systématiquement dessus et finalement d’empêcher l’union ?".

Colère.

JLM : "- Qui divise la gauche ? Si ce n'est ceux qui ont décidé d'y mener une politique qui n'a rien a voir avec la gauche !" [...] Je suis contre les alliances avec le Modem, parce que le modem c'est la droite. Que dois-je faire ? Me taire ou le dire ? Madame Aubry se déclare à la télé pour la retraite à 62 ans et vous me dites : comment Monsieur Mélenchon vous osez la critiquer ? Et c'est moi qui aggraverait la division de la gauche ?"

JLM poursuit son explication musclée sur la seule finalité de son parti : Forcer le PS à revenir à gauche. Il étaye sa démonstration sur son observation des mutations européennes (politiques libérales de Blair et Schroeder) ainsi que sud-américaines causées par un socialisme dévoyé.

JLM : "- La catastrophe italienne pour moi est la plus glaçante : Il n’y a plus de parti de gauche ! Ça répond à votre question ? Moi je suis obligé de me dire mais qu’est-ce que je suis entrain de faire ? Je suis entrain [à l'époque] de raconter aux gens que le débat continu à l’intérieur du PS, que faire autrement c’est diviser. Sauf que petit a petit la pente est prise, y a plus de résistance, y a pas de réaction !

Son devoir, continue-t-il, est de critiquer le PS français qui en arrive progressivement au point italien.

"- La responsabilité individuelle d’un homme libre c’est de s’opposer au moment où on peut le faire, de manière utile et constructive.
[...] Il faut changer la gauche, changer son centre de gravite, rectifier son programme sur son orientation."

Suite de la réponse en audio (A propos de la gauche en Amérique du Sud et de Chavez) :






A l'idée qu'on puisse le soupçonner d'amalgamer socialistes français et sud-américains, Melenchon repart au quart de tour :







Ré insuffler de "la révolution" à gauche tout en restant dans un cadre républicain et générer l'implication populaire.

La question de l'alliance avec le NPA, pas réputé pour sa volonté d'accéder au pouvoir, est replacée dans une perspective historique : JLM rappelle qu'il y a 30 ou 40 ans nombre de socialistes étaient bien plus extrêmes que les extrémistes de gauche d'aujourd'hui :

JLM : "- Vous avez vu ce qu’était le PS dans les années 70 ? […] On était un parti révolutionnaire. C’était marqué dedans. Il y avait du double vitrage à ma fédération et quand je demandais pourquoi on me disait : « camarade, l’ennemi de classe ne se laissera pas faire. » […] On peut toujours dire c’est pas ça qui s’est passé mais je rappelle que l’on a nationalisé toutes les banques, le tiers de l’industrie etc, etc.. et que « le vieux » [François Mitterrand] que l’on présente comme un machiavel cynique a toujours refusé de signer les ordonnances de privatisation jusqu’à son dernier souffle. »

A ce sujet, le chef du parti de gauche réhabilite la stratégie politique de François Mitterrand. Il donne sa version de l'élection de 1981 et du "tournant de la rigueur de 83" :

1ere partie :







2eme partie :








En fin d'entretien, je lui demande si les élections régionales, avec un PS annoncé triomphant et donc peu enclin à l'autocritique, ne risquent pas de reporter son message d'encore un scrutin ? Réponse pragmatique et ouverte sur un deuxième scénario... :







Leçon de gauche terminée.

Pendant ce temps...


Dominique Strauss-Kahn est, parait-il, le candidat socialiste préféré des français...


18 janvier 2010

[video] Un samedi chez les verts

par

[Reportage vidéo en fin du billet.]

Même par temps crado un samedi après-midi de janvier, avec un troquet à chaque coin de rue et du monde qui cavale partout, Montreuil c'est un peu un Paris disparu.

Au bar devant le bunker entouré de flaques d'eau, je retrouve quelques ecologeeks en charge du réseau social et quelques blogueurs venus comme moi, par curiosité, palper l'ambiance et couvrir le lancement officiel de la campagne d'Europe Ecologie pour les élections régionales.

Je suis le seul à cette table à ne pas posséder d’Heil-Phone[1]. Ça c'est ecolo et alternatif ! Je ne participerai donc pas à la débauche de tweets, de twitpic et piques émis cette journée. Nom de code #EE2010.

Perle des tweets de la journée : Meeting Europe Ecologie 16 Janvier

Croquons du meeting écolo. 1500 à 2000 personnes s'impatientent déjà au premier étage du bâtiment. La moyenne d’âge est sensiblement plus jeune que dans un meeting UMP. Sur scène et dans la salle, on croise des ex-PC, Modem et PS.

Sur fond musical à la taratata, entrée de la green-team (Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly) entourée de son pack de presse. Direction la scène verte fluo.


L'appel de la nature est plus fort. Après le discours d'ouverture de Dominique Voynet, je suis pris d’une envie d'un produit relativement vert à base de houblon nommé bière. Bravant la pluie accompagné de quelques téméraires, je retourne au café. Sur un coin de table, un grand barbu croisé jadis sur les quais de Seine, la maréchaussée au cul, y peaufine concentré le discours sur le mal logement qu'il va prononcer dans quelques minutes sur la scène du bunker.

AUGUSTIN LEGRAND (présent sur la liste Europe Ecologie Ile de France)
"- Voilà les RG."

Le porte-voix des « enfants de Don Quichotte » sur la liste électorale d'un parti politique ? Surprenant ou prolongement logique ? Nous y revenons en vidéo avec l'intéressé ainsi que sur les problèmes de mal logement :



Retour dans la salle : Prestations axiomatiques carrées chacun dans sa spécialité (Eva Joly, Philippe Merieu, José Bové) entrecoupées de tables rondes chronométrées orientées "terrain" avec les élus et candidats départementaux.

Apparemment, le mouvement a capté les griefs qui lui sont de plus en plus souvent reprochés notamment celui de servir de cheval de Troie à des taxes "aimables" (l'écologie étant l'alibi parfait) et de neo-business indiscutables (via l'élaboration de nouvelles normes, il est possible de tout vous faire payer deux fois et que trouviez ça "sympa"). Ça parle donc ce samedi plus de "justice sociale" et de "relocalisations" que de tri sélectif. La récupération des thématiques écologiques par l’UMP (qualifiés d'écolo-populistes) et le PS est systématiquement dénoncée.

"- Si l'écologie populaire, ça veut dire plumer le peuple, M. S..kozy ça ne passera pas"

Le nom du Monarque est évité durant deux heures. Daniel Cohn-Bendit tape dessus le premier. L’avant-dernier orateur de la journée a de très beaux restes : Il retourne la salle, appelle a un contre-pouvoir régional histoire de forcer celui d'en haut à la cohabitation.


"- On n'a pas besoin de gouverner une région comme S..kozy gouverne la France."

Qu'on soit écolo ou pas : Grand moment de tribune que le candidat suivant aura du mal à égaler.

Monte au pupitre Cécile Duflot.

Cécile a du mal à trouver son souffle. Plus émue que sur un plateau de télévision, elle lit lentement un texte que visiblement elle n'a pas écrit, à base de "Mieux produire, mieux consommer, mieux travailler pour vivre mieux " et autres "combattre les inégalités sociales, c'est combattre les inégalités écologiques".

A côté de la scène, je fixe la tête de liste Ile-de-France, fasciné comme je le suis parfois devant 3 épisodes de la sitcom en plans fixes le Miel et les abeilles diffusés en nocturne à la suite sur AB 1 et dont le troisième est la reprise du premier.[2]

Tout en me demandant comment elle en est arrivé là, je balance d'un avis à l'autre à son sujet avant de réaliser que mine de rien, malgré un discours qui ne casse pas des briques, depuis 15 minutes, je réponds à ma question puisque je suis planté à l'écouter. Cécile Duflot, c'est l'incarnation d'un principe d'Europe Écologie : Le mélange de la vie civile et de la vie politique. Elle est là pour ressembler à ses électeurs, un avantage évident pour séduire en campagne mais qui peut vite tourner au handicap en cas de vote crucial.

Effet Ségolène ? La salle acclame chacune de ses phrases. Cécile Duflot conclut sa prestation dans une explosion de joie dont on pleure encore sur twitter :

« Cecile Duflot ovationnée fait ovationner les têtes de listes. Quelle émotion !!! »

Sur le fond, je n'ai pas assez entendu le mot "décroissance" mais qui d'autre en parle ?

De la foule revigorée s'échappe une voix : " - Pourvu qu'ils gagnent en Nord Pas de Calais !".

Fin de meeting. On remballe. A vous de voter.

Retour sur cette journée en vidéo :



Sont (seront) également disponibles d'autres compte-rendus et l'intégralité des interviews réalisées samedi : Sandrine Bélier / José Bové / Nadia Azoug et Stéphane Gatignon (Merci à eux pour leur disponibilité) chez les blogueurs :

- Piratages,
- Intox2007,
- Reversus,
- Laure Leforestier
- Olympe

[1]
Au rythme du must-have et de l'ego-blogging, je suis bien parti pour avoir une application Heil-phone personnalisée avant d'avoir le maléfique appareil.
[2] fonctionne aussi avec les films de Steven Seagal.

30 juin 2009

Pot aux roses à Solidays

par

Samedi 27 juin 2009, 18h00. Festival Solidays à l'hippodrome de Longchamp. Grosse chaleur et gros son. Je sors du concert des canadiens de Creature en terminant mon kebab et pénètre dans la réserve aux privilégiés à bracelets rouges.

" - Backstage pass ! "

Tapissé de canisse, l'oasis et ses tentes baignent dans une indolente béatitude. La vie s'y déroule sans tensions, à coup de "pop" de bouchons de Chardonnay et nappée des échos de basses mêlées des performances de Louise-Attaque et des Blérots de R.A.V.E.L se déchainant sur leurs scènes respectives à 100 mètres de là.

Je suis invité avec d'autres blogueurs de gauche-gauche, gauche, pas à droite, centre-gauche et Nickcarraway pour une rencontre informelle avec Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France qui est le soutien financier principal du festival.[1]

Notre présence ici est l'indicateur que la campagne de 2010 a déjà commencé. De l'avis des intéressés, elle s'annonce violente.

Amis du PS, l'heure est grave : Avec l'anti-pub solférinesque, votre parti
a un risque non-négligeable d'être corrigé aux régionales et d'abandonner quelques bastions sur lesquels il appuie encore sa légitimité pour prétendre, un jour, reprendre le pouvoir.

Pour le portrait,
avec sa bière et son cigarillo, Jean-Paul Huchon est un personnage forcément sympathique. Sans présidentielles dans le collimateur, ça change.

" - La région : Tout le monde en voit les effets mais personne ne sait que nous en sommes responsables. [...] On fait de gros efforts mais les gens ne s'en rendent pas compte."

Pour la politique locale, je sais ce que c’est qu’une région dirigée par la droite donc il n’a pas besoin de me convertir.

Sur les perspectives nationales du PS, on est d'accord : Je l'ai écrit et répété, barre à gauche pour les socialos ou next stop : Total annihilation.

D'autant plus tragi-comique que, jamais depuis le début du siècle dernier, le besoin d'un vrai discours de gauche crédible ne s'est autant fait sentir dans ce pays où la solidarité s'étiole et les acquis sociaux passent un à un au rouleau-compresseur des cons killers de la 'com.


Tandis que sous la tente j'aperçois Stéphane Plazza entrain de home-stager le buffet garni et ses soupières de sangria, me passe par la tête qu'effectivement, si je sondais mon entourage d'endoctrinés M6 franciliens de moins de 40 ans les deux-tiers d'entre eux me répondraient :

" - Jean-Paul Huchon qui c'est ? "
" - Ah bon la région est à gauche ? "
" - C'est quoi la gauche ? Connais pas. Dans le doute, je fais comme mes parents, je vote UMP. "

Retour à l'apéro :


"- On a trop fait d'anti-sarkozysme." Déplore JPH.

Et oui, il reste au PS un champ des possibles qu’il s’évertue à ne pas regarder, un concept tout bête et 100% bio qui parfois peut même voter : Les victimes (un jour ou l'autre) des décisions du monarque. On les appelle aussi : La majorité des français.

Tandis que du jeune précaire au quinqua black listé, on se résigne amer à devenir la donnée variable d'exploitation d'un occident en plein processus décomplexé de tiers-mondisation sociale, les pontes du PS, devant micros et caméras, se cantonnent à pérorer sur des luttes intestines qui n'intéressent qu'eux.

Ici, pas de micro pas de caméras. Enfin presque pas.

" - Les valeurs du socialisme sont plus que jamais d'actualité. [...] Il faut ré-insuffler le sens du collectif." lance JPH.

Avant de préciser :

« - On devrait être plus dur en interne avec les gens qui ne sont pas de gauche. Et pas dans 6 mois ! Maintenant ! »

J'approuve. Mais les baffes de 2002, 2005, 2007 et 2009 n'ont pas l'air d'avoir fait passer le message.

Je me roule une cigarette. C'est compliqué avec ce temps lourd, mes feuilles sont trempées. JPH enchaîne avec un florilège de touches impressionnistes au gant de boxe sur le congrès de Reims[2] au point que je n'arrive même plus à les noter sur mes papiers collés.

Au terme de la discussion, le président de région nous salue et nous invite à se revoir à la rentrée. En le regardant rejoindre le constitutionnel sous le tambourinage audio des sound-system, je pense à ce jour utopique, qui serait quand même efficace histoire de contrer concrètement l'autocratie en place, où ceux en train de pogoter derrière les canisses en hurlant "Politic Kills !"[3] et quelques têtes du socialisme, prêtes à se sacrifier en interne, parleront la même langue.

Ce soir, on en est pas loin. Mais ce soir, c'est la fête de la solidarité et nous sommes tous des VIP.

Et Merde, Plazza est parti. J'aurai pas ma photo pour le blog.

[1] Région Ile de France : Un tiers de la population nationale et presque 5 milliards de budget annuel : Y a de quoi s'occuper.

[2] Bonus cinéma : Le congrès de Reims vu par Jean-Paul Huchon :


[3] Petits arrangements avec la programmation : Manu Chao passe le lendemain.

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