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22 mars 2011

Parce que tu le votes bien

par

Sûr que c'est de la grosse, grosse vague, du tsunami force 1664 au baromètre de la bulle média. Des électeurs UMP ont voté FN, la belle affaire !  Ça mérite des prises de positions, des bisbilles pour occuper le terrain, des camemberts fluos pour capter le spectateur, des annonces de speaker tous les quarts d'heure pour amorcer des tunnels de piaillements avec du Thread au kilo et Barbier à la découpe. Déjà que l'on ne parlait pas beaucoup "projet" dans cette élection, avec le concept marketing de la "vague bleu marine"TM et son boomerang à polémiques façon talk-show avec vote SMS "pour ou contre le front républicain" réduisant une fois de plus l'élection à un référendum anti extrême droite ou anti extrême droite alors que l'on a une droite extrême au pouvoir : on va vraiment progresser.

S'il y a une leçon, désormais habituelle, à retenir du premier tour des cantonales : c'est le ras-le-bol, le sentiment du non-prise en considération au sommet de la dégradation d'un quotidien d'une masse de gens dans la mouise. Cela passe d'abord par l'abstention et, un peu, par le vote FN. Pour ce dernier, les motivations sont diverses, et à solidité variable[1], on aurait tort de penser qu'elles se cantonnent au cliché auquel on aime les réduire[2]. L'abstention est navrante, spécialement pour des enjeux locaux et, plus déprimant (à prendre avec les pincettes de rigueur car entendu sur un plateau télé de la bouche d'un sondeur au soir du scrutin) : on assisterait à une abstention massive (70%) chez les moins de 35 ans alors qu'elle n'est "que" de 40% chez les plus de 60 ans. En ne votant pas, tu donnes voix double aux seniors. Après faudra pas venir chialer que la société, elle n'est pas faite pour toi

Aux "tous pourris" que l'abstentionniste aime à plaider, opposons dans la même caricature le "que pour ma gueule" d'un peuple paresseux justifiant son absence d'un "gauche et droite c'est pareil". Non, il y a certes une mollesse politique, renforcée par le firewall médiatique d'obédience ultracapitaliste, à défendre les idées et les acquis décrochés par la gauche expliquant jusqu'à la dépréciation du mot dans l'inconscient collectif, mais non, dans l'idée, je t'assure, c'est loin d'être pareil.

Donc, bof, c'est toujours la même histoire. Montée du FN ou pas, la gauche de pouvoir doit reconquérir les préoccupations populaires, provinciales, peri-urbaines, qui lui font trop souvent défaut depuis dix ans et sur lesquelles, faute de futur, s'accélère la fuite en avant d'un discours sécuritaire et xénophobe (peu importe d'où il vient). Constatons néanmoins que, rapportée à la baffe UMP, avec ses apports négligés, la gauche se sort bien dans ce scrutin. Bizarrement, cet enseignement n'est pas la premier tiré par des médias décidés à faire du paquet de lessive qui lave plus blanc la tête de gondole de la démocratie.

Pour le reste, il est affligeant de constater - encore - que des politiques n'ayant pas réussi à déplacer plus d'un électeur sur deux en traitant la campagne (dans les deux sens du terme) par-dessus la jambe, brandissent maintenant du "front républicain" contre un parti épouvantail (et pourtant pas interdit, certains lui piquant même thème et rhétorique). Pensent-ils sérieusement qu'infantiliser de la sorte les électeurs contribuera à relever le peu d'estime que ces derniers leur portent ? 

Le vote doit constituer le résultat, non l'argumentaire.

* * *

[1] Façon ultime de remettre le FN à sa place : lui donner, effectivement, la gestion d'une ville (comme dans les années 90) ou d'un département. Quand les candidats fantômes de 93 ans auront la gestion des crèches ou du logement social. Là, on sortira de l'emballage pour discuter hardware et catastrophe.

[2] Je suis persuadé qu'il y a une partie de "jeu" dans ce scrutin. Pour le reste, je te renvoie à l'interview d'Erwan Lecoeur, filmée en octobre 2010.

Illustration : Martin Veyron.

28 avril 2010

[video] Melenchon et les médias, des amours rebelles

par
[Dans la série "Patientons tandis que notre rédacteur retrouve le chemin de son blog..."]


La scène débarque sur le net au début du mois...
A travers l'objectif d'un étudiant en journalisme traquant le clash au camescope, Jean-Luc Mélenchon s'attaque à la « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ». Le ramdam est parti. 230.000 visionnages. Aussi sec, le président du Parti de Gauche se prend quelques salves éditoriales, radiophoniques télévisées de la part de ceux qu'il appelle "la meute". Parallèlement, il suscite un pic d'intérêt "inespéré" chez ceux qu'il met en cause.

Le 14 avril dans la foulée de son "pas d'excuses Tour", curieux de ce jeu paradoxal mêlant mépris et "soif d'en être" qu'il entretient avec la société du spectacle, de ses réflexions sur la mutation du journalisme (qu'il a exercé) s'alternant aux admonestations contre les intéressés, 4 blogueurs (Sebmusset, Vogelsong de Piratages, Mancioday de Reversus et Bruno-Roger Petit du Post.fr) discutent avec JLM durant une heure sur ces thèmes occupant une place croissante dans son discours politique.

Rodé : Il mène la discussion allant et venant d'un sujet à un autre (télé, spectacle, presse, information) à l'intérieur de la thématique "médias". Ce qui rend le montage complexe. Nous le présentons ici dans sa (presque) continuité.


1/4 (13 min) :
- Retour sur l'épisode de "la petite cervelle"
- Retour sur "
la cléricature journalistique" et les épisodes Peillon, Zemmour et Mitterrand.


2/4 (9 min) :
- Combattre "la cléricature" de l’intérieur / L’attaque des médias est une façon d’attaquer un ordre « globalitaire » / L’exigence demandée aux journalistes / "La révolution citoyenne des médias".

3/4 (9 min) :
- La responsabilité des médias dans le conditionnement et l’unification des valeurs de la société.

4/4 (6 min) :
- Retour sur le passage socialiste à la gestion des médias dans les années 80 et la libéralisation des ondes.
- Comment les citoyens peuvent-ils être eux-mêmes producteurs de contenu ?



A lire sur le sujet,
Acrimed : La colère de Mélenchon et sa médiatisationArticle 11 - Jean-Luc, Radical ?

et la perle "Melenchon et les médias":



Merci à J.L Mélenchon pour sa disponibilité
ainsi qu'aux autres blogueurs, J. Rosselin et P. Moro.

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