samedi 6 novembre 2010

[video] une Europe de gardiens ?


A l'initiative du blog Reversus, publiant ce mois-ci un dossier sur l'extrême-droite, nous avons rencontré le sociologue Erwan Lecoeur qui travaille depuis des années sur le sujet[1].

Tu l'auras remarqué. Tandis que la gauche de gouvernement peine à regarder sur sa gauche, la droite aux commandes, histoire de faire passer la pilule des désastres du néo-libéralisme qu'elle contribue allègrement à propager, penche, elle, fortement sur sa droite.

Pour E. Lecoeur, cela n'est pas étonnant. Il n y a pas de frontières infranchissables entre les partis de gouvernement et leurs extrêmes. Certaines périodes sont plus propices que d'autres au passage et à la récupération des idées. Nous entrons dans une époque où les démocraties occidentales, aux certitudes battues en brèche, seront inévitablement confrontées à un choix entre la société des "gardiens" (avec repli autoritaire sur la communauté, au nom d'un âge d'or fantasmé) et une vision plus progressiste qui, actuellement, peine à s'imposer.

Voici la dernière partie d'un entretien plutôt riche (version longue en fin de billet) où je demande au sociologue son analyse de la montée de la droite dure en Europe. E.Lecoeur précise que la montée de cette droite, aux mouvances hétéroclites, survient d'abord dans les pays riches de l'Union[2] et répond, en partie, à la fin de l'état Providence :
(Durée 12 mns : avec détours par la première guerre mondiale, ces mouvements extrêmes comme retour au "religieux", le libéralisme et le capitalisme mafieux orchestré par notre Monarque.)



En résumé, la droite "décomplexée" se sert du discours de la droite extrême pour feindre d'apporter des "solutions" aux maux qu'elle a causés.

Étant donné que nous avons au pouvoir un individu ayant programmé la destruction des protections sociales, qu'il est entouré de tenants de la "Nouvelle Droite" des années 70/80, dont Lecoeur précise que certains ont toujours l'idéologie bien tranchée, le tout sur fond d'un chômage (réel, non pas le chiffre à la Cendrillon) explosant tous les records: tu peux légitiment, être pris de vertige face au gouffre dans lequel s'est démocratiquement jeté ce pays en 2007.

Vu sous cet angle, les violentes politiques de rigueur mises en place un peu partout en Europe, qui accentueront le climat d'insécurité sociale, nous promettent de sombres lendemains.

Articles associés :
- Reversus : à paraître. en + d'un dossier sur le FN déjà publié.

Lire également :
- Pourquoi l'Europe s'enracine à droite ? LeMonde.fr

[1] auteur du Dictionnaire de l'extrême-droite (Larousse) et un néo-populisme à la française (La découverte)
[2] voir également la montée des Tea parties aux États-Unis.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Il existe pourtant une opposition fondamentale entre le droite classique et ce qu'on appelle "extrème-droite", faute de mieux. Cette dernière est en majorité nationaliste, alors que la première est radicalement opposée aux nations, puisqu'elle est au service d'une bourgeoisie qui s'est émancipée des frontières. C'est cette suppression des frontières qui fait de nos jours toute sa richesse.
Le rapprochement est donc fictif.
Il y a plutot une tentative de récupération par la droite classique de péoccupations légitimes du peuple : l'envie de vivre en sécurité, et celle de ne pas voir son territoire envahi. Ces préoccupations sont évidemment mises en avant pour atténuer les autres préoccupations, d'ordre économique.
Cette récupération par la droite doit aussi être reprochée à la gauche, qui refuse de répondre aux préoccupations populaires.

Anonyme a dit…

Erwan Lecoeur...Et pourquoi pas Eloim Bisounours?

Quel ramassis de conneries. Il n'y a pas de quoi écrire d'avantage là-dessus.

Séb