31 octobre 2008

face à l'empire de la crise qui empire

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Update 01/11/08 : J'apprends, via les colonnes du Daily Mail, qu'après avoir obtenu une aide d'"urgence" de 10 milliards de Dollars provenant de fonds fédéraux, la banque Goldman-Sachs s'apprête à en verser 12 (milliards de dollars bien sûr) à ses cadres supérieurs pour leurs mirobolants résultats de l'année (bénéfices et cours de l'action réduits de moitié).

La société du spectacle de l'information

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Plus pernicieux que la censure et fidèle compagnon de l'auto-censure : L'achalandage de l'information.

En toute circonstance, ne pas tant s'interroger sur ce que les médias nous cachent que sur ce qu'ils s'acharnent à nous montrer.

Coincé à domicile pour cause de nurserie, je me perds dans l'inutilité UMP-HD du PAF (paysage abrutissant français) avec son accompagnement de texte gouvernemental permanent (Jego-Wauquiez-Lefebvre aux trois huit sur les plateaux pour réaffirmer qui c'est le plus beau et qui c'est la plus conne), avec ses polémiques stériles (poupées vaudou, conseils de DSK pour dégrafer virilement les Wonder-bra et autres comptes présidentiels prétendument "visités") le tout entre deux spots publicitaires pour Renault (le premier constructeur français de chômage technique) destinés à occuper du temps de cerveau, d'information et d'analyse que l'on aurait pu, par exemple, consacrer à cette casse massive d'effectifs qui passe comme une lettre à, feu, la poste.

Nostalgie grande bretonne. Je me rabats donc sur la chaine anglaise Sky News dont je n'aurai jamais cru dire un jour qu'au même titre qu'Al-Jazeera international, elle constituerait une relative bulle d'air audiovisuelle au-dessus de l'océan conformiste des émissions françaises en plateau qui n'ont même plus besoin d'apposer des rires en boite là où leurs chroniqueurs crétinisés ont quotidiennement des pelletées de quidams en chair et en os pour applaudir à leur moindre pet.

Que titre donc Sky News, première chaine britannique de breaking news, en pleine crise économique mondiale, à six jours de l'élection présidentielle de la plus grande puissance (pas pour longtemps) du monde ? Grand scandale, grande indignation, grosse affaire : Deux figures emblématiques "tendance caustique" de la radio et de la télé anglaise, Russell Brand (mix d'Edouard Baer et Johnny Rotten) et Jonathan Ross (l’Ardisson local) sont congédiés par leur employeur, la BBC (média public) au terme d’une polémique montée en mayonnaise par la chaine elle-même.

Voici le portrait robot des coupables :

(no comment.)

18 jours après leur farce téléphonique d’ados attardés (un appel anonyme et salasse auprès d'une veille star anglaise consensuelle de type Foucault/Drucker) faite sur les ondes de la radio BBC 2, les larrons qui faisaient tant rire la nation sont médiatiquement conspués sur la base de 10.000 plaintes d'auditeurs déposées (dont on peut se demander d’où elles sortent vu que l’émission passait à un horaire tardif et qu’elle n’a entrainé aucune protestation dans les jours qui suivirent, restant même disponible sur le site de la BBC près d'une semaine), Russell et Jonathan deviennent ainsi les proies d'un pays, de leurs propres employeurs et du premier ministre anglais Gordon Brown qui, depuis le pavillon de la lanterne à Versailles (accompagné de son ami Sauveur Sarkozy) et après avoir brièvement évoqué les 20 milliards supplémentaires qui seront versés de nos poches européennes pour "soutenir un certain nombre d'état" (comprendre les banques), s'insurge que l'on gaspille de l'argent public pour de tels outrages, exige qu'une enquête soit ouverte et que des têtes tombent.

Entre deux annonces de la remontée du chômage en Angleterre, d'une précarisation sévère du marché de l'emploi (même les traders tirent la tronche) à base de coups de pieds au cul, d'un effondrement du marché immobilier sans précédent (la frénésie d'achat ayant été envenimée depuis 10 ans par des médias lobbyistes du bâtiment à faire passer Stéphane Plaza pour un éducateur social), sont désormais étalés dans la presse tabloïd et les journaux télévisés les salaires de Brand et Ross. Salaires indécents mais dans la moyenne leurs homologues d’avant et de ceux plus "politiquement corrects" qui sont encore dans la place.

Loin de moi l’idée de défendre ces représentants anglais de "la nouvelle aristocratie" médiatique (dont une description est faite dans ce merveilleux livre que l’on appelle "Perverse Road" et qui a désormais tout d'un classique) mais tout de même, je ne peux m’empêcher de penser qu'il s'agit ici d'un parfait exemple de sacrifice, à haute valeur symbolique ajoutée (ils touchaient chacun un million d'euros par mois), favorisé par l'élite pour dégorger un peu de la rage populaire et faire passer la pilule sociale du "sauvetage des banques".

En France, dans un registre similaire mais moins rock n'roll, les médias ne prennent même plus de gants pour tirer (à base de brèves en boulets de canon) sur le nouveau "trader fou" de La Caisse d’épargne mis en examen pour avoir "perdu" 700 millions d’euros en pleine chute des marchés.

Par définition, un trader joue, il "trade". Au casino comme au marché, il faut que certains perdent pour que d'autres gagnent. Le trader ne fait pas exception, il gagne ou il perd, c'est juste une question de timing, de nerfs et surtout de chance. Pas de martingale. Quand le trader gagne, son patron affiche des dividendes juteux à l’assemblée des actionnaires, quand le trader perd, surtout en période de serrage de vis, son patron le dénonce et l'employé devient justiciable, direction la case prison. Dans les deux cas, il a scrupuleusement appliqué les règles d'un métier auxquelles, ni son patron à parachute doré, ni les bonnes consciences médiatiques à salaires épais, ni leurs gentils téléspectateurs apeurés ne comprennent grand chose.

Loin de moi également l’idée de défendre les traders, disciples cafeinés et robotisés de l’idéologie du toujours plus guidant l'humain dans le mur, mais comment ne pas voir dans ce lynchage comme dans celui de Kerviel, les boucs-émissaires qu'ils incarnent et qui permettent à d'autres de garder les mains propres ?

Le système néolibéral franchit donc de nouvelles étapes : Avec l'aide de ses médias affiliés, il n'hésite plus à livrer certains de ses disciples (stars TV, traders zélés, capitaines d’industrie célébrés décrétés bandits amoraux) à la vindicte populaire pour apaiser les rancœurs de celle-ci.

Signes de fébrilité d’un système ou processus standard de décompression en période de crise ?

L’avenir proche nous le dira.

29 octobre 2008

Le jour du saigneur

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Comme notre président nous a refait le sketch éculé de la «vendeuse du bon côté des Champs-Elysées » dans son soporifique discours des Ardennes (pour la relance de l’emploi) supposé étayer le bien fondé de sa volonté de faire travailler les plus pauvres le Dimanche, faisons le point sur le sujet :

Le travail le dimanche a beaucoup d’avantages (pour le gouvernement) :

- A la différence des Etats-Unis (où les magasins sont ouverts le dimanche depuis des dizaines d’années), La France épargne, beaucoup, trop au gout du marché. Cette épargne est intolérable pour notre gouvernement : Il lui faut mettre la main dessus. Le travail le dimanche est là pour ça. Dans une société où le pouvoir d’achat rapetisse à vue d'œil, avec son offre exceptionnelle d'une journée supplémentaire pour dépenser c'est, pour les plus fauchés, l’aubaine d’un endettement supplémentaire qui, à une carte près, les conduira directement au surendettement.

- Le travail le dimanche occupera les travailleurs les plus précaires. Cette solution à l’avantage de plaire à ceux qui ne travaillent pas (ou plus) et qui se déclarent favorables à ce que les autres, ceux qui travaillent, travaillent vraiment tout le temps. Je ne donne pas de nom, je ne cite pas d’âge : on va encore me tomber dessus.

- Le travail le dimanche comblera, comme à son habitude, l’ennui existentiel de l’occident, fatigué par la réduction de ses désirs à l’acte d’achat mais qui combat cette déprime, avec le seul pouvoir à sa disposition : En achetant encore plus. Du point de vue d’une élite qui n’a pas plus d’imagination que ceux qu’elle contraint : Pourquoi ne pas appliquer une recette qui gagne tous les autres jours de la semaine ?

- Face à la menace permanente de la crise (bien plus terrible qu’un Ben Laden ou un Dieudonné), sous le joug du terrorisme de la croissance coûte que coûte (puisque apparemment notre économie ne tolère même pas le ralentissement, alors la baisse pensez-vous…) voici le travail étendu au dernier sanctuaire de liberté sociale et intime : Le dimanche. Prochain stade : La mise en place dans un terminal de carte bleue dans vos rêves (on y arrivera probablement avant que l'homme ne retourne sur la lune).

On le voit donc, à l’inverse des discours pseudos progressistes du gouvernement qui, à base de sondages orientés, tentent de vous persuader que vous y trouverez "liberté", "épanouissement" et "pouvoir d’achat", le travail le dimanche n’arrangera rien à vos bidons. Il s'agit de court-circuiter l’ennui et une potentialité d’insurrection d'un peuple en mettant la main sur son épargne. Cette "modernisation" surfant sur un asservissement supplémentaire, favorisera pauvreté et frustration.

A la fin de cette journée culturelle en centre commercial avec la petite famille, parions que beaucoup auront encore la rage de ne pas pouvoir acheter plus.

Pour la version vidéo (disco style) :


28 octobre 2008

la crise...des générations

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Dans cette vidéo (première d'une série de quatre enregistrée le 26 octobre), je reviens sur un aspect démographique de la crise financière peu évoqué par nos médias (et pour cause) : L'âge de ses principales victimes.

Question : Pourquoi cette crise médiatisée comme une guerre contre "la récession" littéralement "ralentissement de l'activité économique" devrait-elle faire peur à ceux qui n'ont déjà pas grand chose (en majorité les jeunes), ceux qui expérimentent, dans le désintérêt des médias et le déni des politiques, une "récession personnelle" depuis déjà plusieurs années ?
Et si le traitement de cette "crise" par des médias largement contrôlés par la classe dominante du Baby-boom (55-70 ans) traduisait l'angoisse qui l'étreint : Celle de devoir passer la main à une autre génération, pour un autre monde ? Lorsque l'on sait que les trois quarts du patrimoine dans les pays développés appartiennent aux plus de 50 ans et près de 50 % aux plus de 60 ans, on comprend que "la crise" à de quoi faire frémir... ceux de l'ancien monde.


Pour beaucoup de jeunes, la crise c'est comme Johnny Hallyday : Ca ne leur fait pas grand chose. C'est une sorte d'incompréhensible nuisance sonore qui semble exciter leurs parents.

cf : Je fais référence dans l'interview à cet article de Olivier Dousset dans Le Monde.

25 octobre 2008

Toys are him !

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Noël approche. Après la poupée vaudou du président voici en exclusivité, à mes risques et péril, le prototype d'un nouveau jouet à son effigie. Comme l'original... il va faire fureur !

(existe aussi en modèle "jogging", "branleur des bacs à sable" et "sauveur de l'économie".
Ray-Ban et Rolex vendues séparément. Ne convient pas aux enfants de sans-papiers.)

24 octobre 2008

De plumeur à plumé

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Boudiou, les temps vont mal ! Si De Particulier à Particulier (auto proclamé premier site immobilier français) m’envoie - à moi - sa newsletter d'octobre sans que je la demande, c’est bien la preuve que le secteur du bâtiment est salement amoché !

Soit ! Je suis toujours partant pour une bonne tranche de littérature immobilière, toujours curieux de découvrir ces publications à haute teneur idéologique plus ou moins bien camouflée où j’en apprend encore sur la mentalité des propriétaires qui prennent les "autres" (ceux qui ne sont pas propriétaires) pour, au mieux, des sous-créatures à dégorger du cash.

(Pour mémoire, un panneau de particulier en 2004)
Pour sa une, La lettre de Pap rentre dans le vif du sujet et dément catégoriquement les échos alarmistes agitant un secteur prétendument en difficulté ! Pfff, billevesées et ragots vous dis-je !

Chaud devant, Pap déploie ses arguments :


- Oui la hausse des prix ralentit mais bof pas trop…
(y a des mots encore tabous comme "baisse" ou "crise")
- Et puis c’est la faute aux banques. (remarque quand ça montait aussi…)


Avant de préciser pour l'immobilier neuf : « Sur la majorité des programmes, les promoteurs ne devraient pas baisser leurs prix » (Pour un complément d'information, lire l'explicite brève des Echos : Vers une plus forte baisse en 2009.)

(à venir, un panneau de particulier en 2009)

La deuxième partie de la newsletter enchaîne un descriptif des mesures gouvernementales et des bonus fiscaux visant à donner un coup de fouet à "la France des propriétaires" (espèce menacée). Quelques crédits d’impôts mais aussi des frais supplémentaires dits "écologiques". L'article annonce un petit lifting de la loi Robien qui sera suspendue dans les secteurs où elle a fonctionné, ce qui signifie donc qu'on la maintient dans les zones où elle est un piège à cons. Alors foncez ! Comme le dit la lettre : « Ce système, qui a permis de loger 230.000 familles dans de bonnes conditions, profitera toujours aux investisseurs sur les marchés les plus porteurs.» Utiliser un argument social à l’avantage des locataires pour vanter une mesure fiscale supposée bénéficier aux propriétaires alerte le lecteur avec deux doigts de cervelle sur le côté foireux du dispositif !

(pour tout investissement Robien, vous sera livré ce panneau "A louer", gratuit les 5 premières années)

A la pointe de l’actualité, la newsletter de Pap nous annonce au sujet des prêts à l’accession sociale qu’ils seront garantis par l'Etat. « Ce qui devrait rassurer les banques. Elles devraient prêter plus facilement. » : Justesse d’analyse quand tu nous tiens !

Le troisième article aborde les questions de fond, enfin non d’ailleurs, les affirmations de fond :
« Les Français ont toujours envie d'acheter un logement ! » La suite de l’article démontre que l’envie ne suffit pas. Crise, pessimisme, incompétence politique (c’est marqué je n’invente pas), incertitude conjoncturelle : En gros, il n’y a plus d’argent dans les poches des acheteurs potentiels. Malgré son titre racoleur l’article ne s’adresse pas aux acheteurs mais aux vendeurs. Il aurait pu s'intituler : « Les français ont toujours envie d’acheter un logement... alors bande de nases de proprios persuadés d’être assis sur un distributeur de caviar veuillez baisser le tarifs de vos bouses en papier mâché sinon notre business va couler ! »

(Schéma "Autocad" du prochain projet de building PAP)

Le quatrième article (dans le plus pur style quatrième dimension) titre fièrement : « C’est le bon moment pour emprunter ! » (Qui prétend encore qu'il n y a plus de grands humoristes provocateurs ?) Quelques raisonnements tirés par les cheveux tentent de nous expliquer comment, selon toute logique immobilière, il est actuellement possible de négocier ses taux à la baisse et d’emprunter les yeux fermés grâce à des banques super open-minded, en parfaite visibilité, confiantes en elles-mêmes et en leurs prospects. De grands auteurs sont cités, comme Monsieur Meilleurtaux.com (prix Nobel d’économie, section parasitisme) « dans un contexte difficile, les banques françaises font un effort pour aider les bons dossiers à se concrétiser et satisfaire les particuliers.» Comprenons que oui il est facile d’emprunter… quand on a déjà de l’argent. Pauvre, passe ton chemin, t'as assez foutu le brun avec tes subprimes de misère (que l’on t’a vendu en t’embrouillant avec le même genre de publication propagandiste) !

Place à la rubrique « zoom » avec un petit dossier sur « comment réussir son crédit relais ». Dommage qu’il n’était pas été publié deux ans plus tôt. Dommage non plus qu’il ne soit pas en version papier : Il aurait pu alimenter les braseros que les quelques dizaines de milliers de foyers qui, les yeux plus gros que le ventre n’ont pas « réussi leur crédit relais » et qui vont se retrouver sans maison, allumeront sous les ponts cet hiver ! Ouf, l’article nous rassure : C’est Christine Boutin (Madame Endette-toi pour acquérir ton logement social) qui est en charge de négocier avec les banques pour rallonger les délais des dits crédits. Là aussi foncez ! Rejoignez les 30.000 blaireaux qui ont acheté une maison sans avoir réussi à vendre celle qu'il possédait déjà et qui pour cela ont hypothéqué les deux !

Suit un dossier dithyrambique sur toutes les possibilités fiscales qu’offre cette formule (qui a le mérite de fournir deux fois plus de boulot à PAP : Si la vente tarde à se faire, c’est autant de semaines d’annonces à publier !)

Notons à ce stade un encadré en bleu qui prouve que chez PAP, ils ont tout de même une âme : « Dans tous les cas, retenez que plus un crédit relais s'éternise, plus il coûte cher. D'où l'importance de ne pas surévaluer son logement au départ et de connaître les différents prêts relais qui existent sur le marché. »

Suit un passage moins austère que toutes ces histoires vénales pour simili friqués. Dans la rubrique « tendance », il n’est plus question de "crédit" mais de « piscine naturelle » Qu’est-ce qu’un proprio qui n’a pas de piscine ? Un anti-social (tendance "gauchiste") qui ne regarde pas M6 ! Bref, un hérétique doublé d’un pauvre mec et sans sujet de conversation à la cantoche ! Le proprio bling-blingeur qui se respecte, même endetté, se doit de faire sa piscine… « écolo » bien sur, avec de l’eau 100% garantie ne pas provenir de la fonte des glaces.

(en exclu la ligne éditoriale d'M6 pour 2012 : )

La newsletter se conclut sur un bouleversant plaidoyer pour l’investissement dans la pierre sobrement intitulé :

« L’immobilier vous protège de la crise. » (en pleine crise de l’immobilier, fallait oser !)

Suit une succession de lieux communs du siècle dernier dispatchés autour des résultats d’un sondage sur la volonté d’accession à la propriété commandé par Natixis (la filiale en cours d’autodestruction de la Caisse d’épargne qui en mars dernier excluait une baisse prolongée des prix dans l’immobilier) :

- « Tous les calculs le prouvent : sur sept ou dix ans, période moyenne de détention d'un bien, le propriétaire est toujours gagnant par rapport au locataire » explique Christophe Crémer, PDG de... Meillaurtaux.com (abondamment cité dans cette lettre d’info, d’ailleurs abondamment présent dans les médias depuis le début des crises immobilières et financières qui le font doublement morfler)


ou plus fort :

« Selon l'indice Clameur […] sur le long terme, le propriétaire gagne du pouvoir d'achat. » Tiens, ce n’est pas ce que constate mon pote Kevin Quedelamarque (primo-accédant en 7e année de stage dans l'audiovisuel) qui s’est endetté jusqu’à ses 54 ans pour acheter un 2 pièces avec vue sur le (parking du Monoprix du) Parc de Sceaux il y a 24 mois. Dans ce laps de temps, il a vu ses charges prendre 15%, ses taxes foncières monter à 2000 euros alors que se multipliaient les pancartes « à vendre » autour de sa cellule, cette dernière étant maintenant estimée à -5% de son prix d’achat ! Pouvoir d'achat en plus je ne sais pas, mais Kévin a déjà le pouvoir de vendre moins cher !

Non, monsieur PAP sur le long terme seul le riche est encore riche. Que quelques besogneux à force d’une vie d’esclave, « choses dociles » de leur banque se privant de tout sauf de la joie d’être « propriétaire » (virtuellement bien sur) arrivent en bout de course à posséder ce qu’ils appellent "un patrimoine" et que j’appelle "un toit" (ce que leurs ancêtres homo-sapiens obtenaient en quelques heures de ballade en réglant d'éventuels litiges fonciers à coups de baffes) ne prouve qu’une chose : Que l’on vit dans un monde où la soif de l'or (même si les lingots sont en parpaing) et l'acte d'achat promulgué par le marché comme vecteur prioritaire de reconnaissance sociale trompent les sens de l’homme et altèrent sa raison !

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