29 février 2008

FELINISME

par
Lors de mes insomnies je profite des dernières radiations culturelles de notre service public télévisé. C'est ainsi qu'entre un "Point Route" sous-titré (pour les retraités qui s'acharnent toujours à partir au moment des congés scolaires), un best-of de Pascal Sevran et "Les enfants du Sonotone" présentés par Michel Drucker, je me délecte d'un de ces programmes novateurs avec lesquels France 2 tente de rajeunir son image : "Ça se Discute" (émission jeune à l'échelle de France 2 puisqu'elle n'a que quinze ans). C'est un Jean-Luc Delarue visiblement sous l'effet d'une ou plusieurs molécules chimiques qui anime le débat au thème pas racoleur pour un sou : Comment annoncer son homosexualité à ses parents.

Quel monde ! Comment peut-on rejeter son enfant par qu’il est homosexuel ? Comment peut-on accepter tout court qu’il ait une sexualité ? D’ailleurs comment peut-on accepter que son enfant grandisse et nous renvoie en permanence la caricature raillée de notre décrépitude de parent
has-been cantonné au rôle d’austère pompe à fric ?
Pour toutes ces raisons et d’autres encore*, je limite ma descendance à un chat que, dans ma grandiose bonté, j’ai stérilisé au plus vite.
Néanmoins, si le pire arrivait, j’ai tout prévu.
2025, Seb Junior m’interrompt en pleine grille de
Télé 7 Jeux :

JUNIOR
Dis Papa, je crois que je suis pédé.

SM
C’est bien mon fils, je suis fier de toi. Au moins tu ne te reproduiras pas. Tu réussiras là où j’ai échoué.

* réunies avec la nonchalance et la grâce du pachyderme bouddhiste dans Avatar, cet humaniste recueil prônant tolérance et respect de son prochain et dont, par chance, il me reste quelques exemplaires à dédicacer.

REBELLE A TOUT FAIRE

par
Petit déjeuner embrumé dans la cuisine d’un pote blafard à qui l’évocation de son week-end à la campagne dans quatorze jours, treize heures, et vingt minutes redonne un soupçon d’entrain. En attendant la poche d’air, deux semaines de boulot avec "les connards de sa boite de merde qui le font chier". Le pote est malade mais ne prend jamais de jour de repos. Il rumine chaque soir en se biturant qu’il déteste son travail puis se lève chaque lendemain matin, cuite ou pas cuite, à sept heures précises pour s’y pointer. Malgré ses discours haineux contre le libéralisme, il n’aura jamais une minute de retard au "taf". Il n’a pas foncièrement besoin d’argent mais continue à trimer. Pas que ça lui plait mais parce que c’est comme ça et que ce serait trop compliqué que ce soit autrement. Le soir, pour oublier, il prend la guitare et entame des refrains de grand soir. Le rebelle attend la retraite. Ce grand vide où, enfin, il se retrouvera sans travestissements oratoires face à lui-même mais avec trente ans de plus.

26 février 2008

DERNIERS JOURS TRANQUILLE

par
Derniers jours peinard sans Sarkozy. Avec un peu de retard, une petite carte postale du vingt-sixième étage avec vue imprenable sur la fin de l’occident.

Au programme :
- La (pas si) curieuse mise en avant médiatique d’Obama et Clinton.
- Quelques impressions sur New-York et l’américain moyen, endetté total, plutôt confiant face à la récession et à "la perte de son pouvoir d'achat".
- L'image de la France à 7 heures d’avion qui se résume au mieux, pour 0.1% des américains, à Edith Piaf et les "French Fries" qui d'ailleurs sont belges.



envoyé par sebmusset


24 février 2008

MON EMPEREUR EST UNE RACAILLE

par
22 février, c’est le pâté de campagne et le coup de grâce pour l'UMP.


Après avoir accumulé bourdes, gourmettes, mannequin, yachts et Rolex, notre monarque joint les mots au mépris profond qu’il éprouve pour le peuple qui l’a sacré empereur. "Casse-toi pauvre con !". C’est la sentence de mort que le premier de français bien parti pour devenir le dernier des derniers, lance à un visiteur du salon de l’agriculture qui refuse de lui serrer la main. C’est ce genre de sentences lapidaires qu’ont les gens de droite envers tout ceux qui ne sont pas comme eux : pauvres, bronzés ailleurs qu'à Saint-Barth, salariés précaires, non-rentiers. Mais non, Sarkozy n’est pas de droite, il est au-delà des courants, au-delà de la politique, au-delà de la raison, c’est le danger. Je rappelle pour mémoire, ami français, que le petit VRP complexé et hyperactif dispose du pouvoir nucléaire. S’il ne se contrôle pas dans un rassemblement populaire traditionnel à la Porte de Versailles qu'en sera t-il en cas de tensions imprévues avec, par exemple, le gouvernement Iranien ?

La révélation par l'image de ce qu’est vraiment Sarkozy me soulage, j’en commençais à en avoir marre de systématiquement lui casser du sucre sur le dos. A cet exercice, je le trouve désormais meilleur que moi. J’en avais déjà parlé ici : ce qu’il y a de bien avec Sarkozy, c’est qu’il est son propre poison.

Seule inquiétude (mais de taille) : A coup de moins dix points par mois et avec des vidéos de ce type qui tombent toutes les semaines, comment notre monarque peut-il encore tenir plus de quatre ans à ce rythme sans resserrer les dispositifs liberticides et accentuer la répression envers son propre peuple ? Du fond du cœur, ami français, et pour paraphraser les grands menteurs : j’aimerais bien que l’on me débarrasse de cette racaille.

23 février 2008

LES GENS DE DROITE SONT FORMIDABLES

par
Vu dans une pastille "Municipales 2008" sur I-Télé.

Quand on l'interroge sur sa vision pour la ville, le candidat sortant à la marie de Rouen, Pierre Albertini - Liste Gloubi-Boulga UMP-Nouveau centre-Modem - a cette magnifique réponse :

"J'encourage les gens à travailler pour faire baisser le chômage".

Toute la droite est résumée dans cette brillante analyse macro-économique : Le grand méchant chômage qui nous fait honte à l'étranger, et, face à cette infamie, une donnée variable d'ajustement à appeler comme vous voudrez : le salarié, l'esclave, le citoyen, l'électeur. Bref, ce pauvre type génétiquement feignant et incapable de raisonner, ce blaireau qui n'a rien compris à l'économie de marché et qu'il faut convaincre par tous les moyens même les plus populistes de faire revenir dans le droit chemin : celui de la droite.

Par souci statistique, Mr Albertini, faux-derche oblige, 8 mois après son soutien spontané à notre monarque entre les deux tours de la présidentielle, ajoute avec cette sagesse toute électorale qui fait les grandes lavettes :

"Quand même Mr Sarkozy m'a déçu."

Bonne chance Mr Albertini, La France est avec vous, Rouen je sais pas.

21 février 2008

DERIVE CONTINENTALE

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Une amie me raconte durant quatre heures un voyage fantastique au pays de la masse morte : un endroit préfabriqué comme il y en a des milliers de milliers. Un lieu générique et mystérieux où il est question de poussettes à huit roues, de lampes fleur numérotées, de dvd en promotion à la fnac à 9.99 qu’il faut acheter par quatre pour bénéficier d’un gratuit. C'est une contrée accessible par ascenseur après délivrance de digicode. Un univers de divertissement pour initiés délimité aux murs d’un logis en traites à régler où l’individu est le piston d’un tout et la vie de couple une vitrine à achalander sans discontinuer. Un monde où le reste du monde se voit à la télé et les mots "conséquence", "responsabilité" ou "libre-arbitre" n’ont jamais l'opportunité d'être cités.
Le capitalisme a triomphé. Pour peu, s’il avait un peu de suite dans les idées, le néo-prolétaire, sédentaire consommateur avide, prierait chaque soir vers son dieu Leclerc pour qu’il lui permette d’accéder à un peu plus de pouvoir d’achat, le seul paradis sur terre possible et, comme tous paradis, jamais accessible. Mais, des idées, ces nouveaux pauvres d’esprit là n’en ont guère d’autres que celle dictées par le consensus et les disciples de Seguéla.

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