jeudi 18 août 2011

2011 l’odyssée de l'appart

UBS vient de publier son rapport "prix et salaires : pouvoir d'achat à travers le monde" qui confirme mon impression : vivre à Paris coûte plus cher qu'à Londres et New-York

Coupable numéro un : des tarifs de l'immobilier qui ont explosé au-delà du raisonnable, et même du rationnel économique (même s'il y a longtemps que l'association de ces deux mots ne signifie plus qu'une chose : sacrifice d'humains). En local, la chasse aux pauvres et aux classes moyennes est mollement combattue tandis qu'au niveau national la flambée immobilière est encouragée, quand elle n'est tout simplement pas subventionnée


Depuis un an je recherche un appartement de trois pièces sur la capitale et subis les feux de l’artillerie lourde des rentiers et sangsues de La France patrimonialistique. Je collectionne comme d'autres les anecdotes sur ces rapaces grisés par l'idéologie du tout propriétaire et angoissés par la criseTM, qui y vont désormais au Caterpillar, mode overdrive, pour écrabouiller la gueule de l'aspirant-locataire et défoncer en toute impunité les lois. Pour eux : pas de fichage, pas de contrôle, pas d'amende.

Lorsque l'on dispose d'un modeste budget (tout en restant dans la gamme de loyers que l'on est susceptible de régler sans devoir vendre un oeil, à savoir en y consacrant déjà plus de 50% de ses revenus) : il faut à son tour tricher. A la guerre de classe comme à la guerre de classe : la falsification, voire la création, de son bulletin de salaire n'est pas une option, mais le préalable à toute prospection locative sérieuse. Ne pas craindre les représailles des parasites à la solde de l'ennemi proprio : ils sont la plupart du temps eux-mêmes dans l'illégalité et le savent parfaitement[1]. 

Pour ta recherche d'appartement sur Paris, Photoshop sera ton seul ami. Mais ne crois pas t'en tirer à si bon compte

Déjà si tu vises le trois pièces, tu vas chercher longtemps. Il n'y en a pas. Les bonnes annonces partent avant d'être publiées. Tout ce que tu récoltes sur le net n'est que du second ou troisième choix qui n'a pas trouvé pigeon en agence. Si tu n'as pas de réseau, tu n'as plus qu'à t'exiler en banlieue. Par contre au choix, du studio de 3m2 sans fenêtre, du boyau de logement insalubre ou le bourgeois ne ferait pas même manger son chien, du placement spéculatif en forme de deux-pièces cuisine avec salle de bain dans la cuisine et rideau de douche moisi en guise cloison : en veux-tu en voilà... Ces merveilles dignes d'un Balzac se ramassent à la pelle pour un tarif tendant à s'uniformiser de la Porte Dauphine aux quartiers les plus "populaires" (la spéculation n'étant plus l'apanage des banques et des grandes fortunes, mais du moindre CSP+ ayant un peu de thune de côté) : 1200 euros. Chiffre qui est également parfois la date de l'installation électrique. 

Petit survol des réjouissances du locatif parisien pour pigeons :

1 / D'abord un classique : l'annonce mensongère. 
Le 3e étage est au 4e. Les 1200 euros deviennent 1250. Le toit est en option, mais les charges non. Ensuite nous trouvons l'annonce sans photo : spécialité sur l'internet français de l'immobilier bloqué au stade précambrien depuis 1997. Donc, moi aussi je suis draconien sur la sélection : je ne visite que des annonces avec photos.
(Non, non tu ne rêves pas : 1 / La salle de bain est bien dans la cuisine. 2 / C'est bien une photo promotionnelle.)

2 / L'appartement inhabitable. J'en ai déjà parlé ici. Si Paris est, parait-il pour quelques parisiens qui ont du pognon "la plus belle ville du monde", hormis quelques appartements bourgeois où l'on peut s'organiser des parties de foot grandeur nature sous 6 mètres de hauteur de plafond avec vue sur les quais (tu sais ceux qu'on voit dans le cinéma français parisien qui nous parle des Français Parisiens), avouons que son offre immobilière est à chier par terre : vielle, grise, ultra mal isolée, sombre, moche et imprégnée jusque dans la conception de ses cages d'escalier de cette époque pré-RER où la domesticité s'entretenait dans les étages supérieurs. La spéculation a démultiplié le pire : le moindre cagibi hérité étant vu comme une pompe à fric par chaque beauf wannabee Warren Buffet. Les scandaleuses défiscalisations de travaux et autres divers crédits d’impôt pour réaménagement ont aggravé le mouvement. S'il m'est arrivé de dénicher quelques appartements pas trop mal dessinés ou réaménagés avec un semblant de soucis pour le futur occupant, ils restent largement minoritaires rapporté aux légions de terriers à portes défoncées, de studettes sans joints aux fenêtres avec tuyau de gaz changé en 1917, chiottes à la turque à partager avec l'étage et salpêtre en prime. Certaines de ces annonces reviennent régulièrement dans les faméliques listes des agences en ligne : preuve que, malgré la pénurie, les clapiers ne trouvent pas preneur et que leurs propriétaires ne sont pas aux abois puisqu'ils se permettent de ne pas baisser leurs prix.
3 / L'appartement avec vue sur mur ou en sous-sol. La tendance a le vent en poupe avant la prochaine mode : vivre dans les casiers de la consigne de la gare St-Lazare ou co-louer les abris bus le soir. Si j'en ai visité, je n'ai encore, à part dans les publi-reportages télévisés ou l'évocation de clandestins entassés en ces lieux par paquet de douze, vu personne y vivre. Pourtant, un agent immobilier à 4X4 et oeil luisant me l'affirme : "tout se loue".


4 / L'appartement à finir soi-même. La terrible maladie de Damido a tant ravagé les cerveaux qu'on ne se gêne plus exiger du locataire qu'il devienne "l'entrepreneur de son parcours locatif". Ici, la peinture à refaire (pour un dédommagement de 50 euros dans le meilleur des cas), ailleurs, comme je l'ai vu en juillet dernier dans un appartement que le proprio (stressé de ne pas perdre une miette de son investissement à crédit) désirait mettre sur le marché alors que son chantier de réhabilitation était abandonné à mi-chemin : construire tout simplement la cuisine (après présentation et validation du projet par le proprio entre "Les chiffres et les lettres" et "C dans l'Air", faut pas faire n'importe quoi non plus). Tout cela constitue du travail au noir de la plus belle espèce : celle qui ne sera jamais concernée par les fichiers de fraudeurs fantasmés par la "droite sociale" de mes fesses. Dans le cas de l'appartement sans cuisine, il est annoncé par l'agent lors de la visite que le "dossier" se montrant le plus motivé à emménager immédiatement et achever les travaux serait privilégié. En langage immobilier dès lors qu'il s'agit du locataire, on ne dit pas "couple", "prétendants" ni même "habitants": on dit "dossier". En cela, le locataire n'est pas si éloigné de l'aspirant propriétaire face à son conseiller financier, les analyses médicales et les couilles montées sur pendentif en moins, lorsqu'il veut décrocher un crédit sur 30 ans pour "réaliser son projet immobilier" (comprendre "acheter une maison sans thune"). Bref, que ce soit clair : si je suis locataire, ce n'est pas pour me taper des travaux. Ceux des voisins m’exaspèrent déjà assez. La vue d'un Leroy Merlin me file la gerbe et je laisse les pointilleuses décorations de salon à la marginalité en tube et écran 3D à ceux qui peinent par ailleurs à donner un semblant d'originalité et de relief à leur existence.
(clique pour agrandir)
(Enter : le deux-pièces cuisinière, à monter soi-même.)

5 / L'appartement que tu visites dans le noir en plein hiver à 19 heures. Même après l'annonce mensongère et sans photo, on y retrouve à chaque fois une bonne dizaine de jeunes prétendants, appelons-les "lapinous subventionnés par papa et maman", prêts à débourser 1300 euros en moyenne de frais d'une agence dont l'essentiel de l'action consiste à soupirer "pff,vous êtes trop nombreux", en sus du mois de dépôt pour habiter dans l'inconnu. A noter que, que l’exonération du deuxième mois de caution est effacée par l'anarchie complète des frais d'agence passant du simple au triple pour des logements similaires. 
(...et avec les frais, l'agent achète des colifichets pour séduire de nouveaux propriétaires. The boucle is boucled.)
(clique pour agrandir)

Petite précision à ce stade-ci : pour les jeunes, plus encore que dans l'accession à la propriété,  l'aide parentale est déterminante pour louer à Paris. Vu le niveau de revenu moyen du jeune travailleur dans la capitale (rien ou pire) et les garanties demandées par les propriétaires flippés (4 x le loyer, soit un salaire d'ambassadeur), il est tout simplement impossible de se loger si tu n'as pas de parents garants, parfois, eux-mêmes proprios et bailleurs. Via l'interface des enfants, ce glissement du capital des vieux vers d'autres vieux qui en ont autant est une des raisons du maintien des prix parisiens sur les petites surfaces systématiquement survalorisées d'au moins 200 à 300 euros. C'est malin, sauf pour ceux pour qui ont des parents pauvres : direction l'antépénultième périphérie (j'adore cette phrase).

Poursuivons notre revue des agences immobilières et des propriétaires. En trois mois, on y est allé crescendo dans le n'importe quoi : le refus par téléphone que je visite tel appartement au prétexte que "mon appartement n'est pas fait pour les familles". L'appartement refusé malgré "un excellent dossier" au prétexte avoué en toute décontraction que "vous avez un enfant et le propriétaire ne veut pas d'enfant, mais je garde quand même votre dossier sous le coude parce que des salaires comme ça, ça se trouve pas souvent" (tu l'as dit bouffi) et, nouveauté, le dossier à préalablement envoyé par internet pour savoir si l'on aura "le droit de visiter" le taudis référencé. Un excellent blogueur m'a également raconté qu'il avait dû rédiger une lettre de motivation pour louer ! Quelle sera la prochaine étape ? Un stage probatoire, le servage, une pipe ? Cette annonce de colocation débusquée sur leboncoin lance des pistes.

Attention également à bien choisir votre profession : un métier lié à l'internet, même à 3000 unités par mois, peut s'avérer rédhibitoire lors d'une prise de contact téléphonique avec les particuliers de plus de 60 ans qui vous lâcheront un "- communiste ménagère, c'est koissa ? On veut pas d'ça chez nous" avant de vous raccrocher au nez sans plus d'au revoir qu'il n'y eut de bonjour.

6 / Last but not least, nous l'avons déjà évoqué, le locataire parisien est depuis trois ans soumis à la concurrence déloyale du touriste étranger qui bénéficie en boomerang d'un vide juridique sur les baux courte durée dans lequel les multiproprios se sont engouffrés. Ce qui leur permet de louer un deux-pièces à la semaine 800 euros,  payable d'avance, sans avoir à le faire visiter, là où "ne peut que" le louer 1200 au mois à des "locaux" disposant encore malencontreusement de quelques droits. Comme quoi, le vieux monde comprend parfaitement l'avantage d'internet quand ça l'arrange ! En plus d'une rente dépassant de loin le salaire annuel moyen du parisien, le proprio jouit d’exonérations en amont et peut jouer de l'évasion fiscale en aval tout en gardant l'usufruit de l'appartement qu'il aura fait retapé "au noir" au vu et au su de tous sans que cela n'entraîne le moindre contrôle. Qui dit mieux ? De plus en plus, insidieusement, ces annonces à la semaine se confondent à celle au mois sur les sites d'annonces immobilières. 
N'évoquons pas la colocation, entassement que le discours dominant avec force série et reportages essaye encore de faire passer pour "cool" au seul bénéfice d'un proprio n'ayant que cette combine pour louer des surfaces supérieures à 50m2 qui ne trouveraient pas de couples moyens solvables au fameux "prix du marché". J'ai fait une vidéo sur le sujet. Nous constatons depuis une nouvelle forme de colocation parisienne : celle des retraités.

A ce stade, ce n'est pas que mon "dossier" soit refusé (avec mes références fictives, j'aligne 6000 euros par mois et dispose éventuellement d'un garant à 4500 euros) : je ne le dépose pas, ne trouvant RIEN de convenable à un prix décent. Les trois pièces réellement "habitables" pour une famille (donc pas le trois pièces de 28m2) démarrant à 2000 euros par mois (il n'y a pas de limite haute). En un an de recherche parisienne, je peux donc affirmer qu'il y a une offre pour les pauvres (moche, mal foutue, exiguë, aménagée sans respect, systématiquement au double voire au triple d'un prix "normal", les cinq sont cumulables...) et une offre pour les riches aussi scandaleuse dans l'autre sens (nous y reviendrons dans un autre article). Entre les deux se creuse à vue d'oeil un vrai vide dans un inquiétant laxisme municipal
(Il est pourtant tellement tentant d'être propriétaire sur Paris. Charles-Edouard, j'ai du mal à comprendre et excuser la mauvaise volonté de ces pauvres.)

Toutefois, les miracles arrivent. Fort d'une organisation en binôme, l'un visitant un appartement pour une fois pas trop pourri (attention : je n'ai pas dit bon marché juste bien entretenu, relativement ample, dans un quartier agréable et bien desservi) tandis que l'autre dépose simultanément le dossier dans l'agence immobilière à l'autre bout de la ville : on arrive enfin à être le Connor Mac Leod de l'annonce locative. Il n'en reste qu'un et c'est moi. Youpi tralala c'est la fête. Ou presque. L'arnaque ne faisant parfois que commencer. 

Est-ce pour contrer l’explosion des fausses fiches de payes elles-mêmes mises en place pour contrer le renforcement délirant des conditions d'acceptation ou, plus probablement, pour s'assurer un peu de trésorerie sans se fatiguer, mais un nouveau tri sélectif des déchets s'opère dans les agences immobilières. Surfant sur un texte de loi, l'agent immobilier exige le règlement trimestriel du loyer, soit 3600 euros en sus des frais d’agence (1200), du dépôt de garantie (600), du règlement de l’Etat des lieux d'entrée et de sortie (200). La note à sortir de suite monte à 5600 euros. Non sans avoir hésité par désarroi à me plier au deal litigieux (le règlement trimestriel est possible, le reste est de la pure truanderie), ne disposant pas de cette épargne et étant entendu qu'il est hors de question que je m'endette  pour louer et malgré l'insistance de l'agent à me préciser la date et le lieu du rendez-vous (en pleine journée et non négociable) pour signer le bail avec la propriétaire ("trop vieille pour se déplacer") à Neuilly-sur-Seine (comme par hasard), je retire à la dernière minute "ma candidature" à l'exploitation.

Passons sur les annonces aberrantes, les fichiers payants, les « remises à neuf »  se résumant à la pose d’un décalco hideux, le parasitisme des agents (finalement, comme partout il y en a des plus honnêtes et parfaitement lucides sur leur activité que d'autres), le sans-gêne des bailleurs (dont la richesse à virtuellement doublé en dix ans grâce à l’immobilier) est de ces comportements acceptés par tous qui me collent la rage. Je crains malheureusement, étant donné la répartition démographique à l’avantage des aînés et les rêves de la jeune génération (une récente étude de l'IFOP révèle que 68% des moins de 30 ans désirent devenir propriétaires, les 32% autres l’étant déjà sûrement) sur fond de lustrage gouvernemental pour soutenir la richesse des uns tout en coinçant les autres à perpétuité dans l'étau du crédit, que l’air immobilier de la capi-taule reste encore irrespirable un moment. 
(Oui, vous venez de pénétrer dans la quatrième dimension de l'immobilier, celle où la rentabilité foncière défonce jusqu'aux frontières de la cohérence géographique.)

Un lecteur me rétorquait récemment comme une évidence "mais pourquoi rester dans cette ville qui traite mieux les velibs que les gens ?". D'abord je fais ce que je veux. Deuxièmement, j'ai constaté, en moins violent certes, les mêmes mécanismes en province. Et, à la différence de la majorité de mes voisins, sans que je n'en tire aucune fierté ni aucun droit à y rester à vie (d'ailleurs je n'aime pas cette ville, mon idéal ressemblant plus à ça) : je suis né à Paris. Mais doit-on, cher lecteur, tous accepter de quitter les lieux où l'on a grandi au prétexte que les plus riches les monopolisent ? Suivant cette logique, chacun se retrouvera tôt ou tard en bidonville. Les forces locales et internationales du pognon ne se cachent tellement plus pour éradiquer les pauvres de la capitale que, quelque part, je prends mon « attachement » à habiter dans Paris avec aussi peu de revenus comme un acte de résistance. Ils nous ont déjà pris nos cerveaux, le travail, l’argent, le futur : on ne va pas leur abandonner nos lieux de vie. Même si, n'étant ni riche ni esclave de riche, mon avenir parisien est sérieusement compromis, avec ma vue sur cette jolie rue pavée refaite pour la seconde fois en trois ans pour qu'elle fasse encore plus jolie sur les dépliants nippons, tant que je peux m'accrocher, je resterai.
Les moyens d'action pour sortir de l'impasse (le rentier étant l'ici l’actionnaire principal d’une entreprise de désordre garantie par l’Etat) sont entre les mains des politiques et leur commandent un violent virage législatif. Il va sans dire qu'à l'instar de cette mixité sociale indispensable à la vie de la ville (dont Paris, musée aseptisé virant parc d'attractions bordés de boutiques faussement rustiques, manque cruellement), une véritable mixité sociale et générationnelle s'impose chez nos élus (dont j'aimerais connaitre le pourcentage de propriétaires et de locataires, les conditions d’accès à la propriété et les montants des loyers). Que ça se passe tranquillement par la loi ou l'on finira tôt ou tard par leur prendre, par la force.

P.S : si tu as un trois pièces sur la capitale à me proposer un prix honnête, c'est à dire pas celui du "marché", je suis preneur. Un espace consacré à ta splendeur sera réservé sur ce blog.

Illustrations : publicités et annonces immobilières parisiennes glanées entre février et août 2011.

[update 24/08/2011 : "UFC Que choisir ?" livre son enquête sur un peu plus de 1000 agences immobilières révélant que plus de 60% d'entre elles sont dans l’illégalité concernant les pièces demandées."]

[1] Le marché locatif parisien, rappel des fondamentaux :

28 commentaires:

Freezed a dit…

Didier Super le dit depuis quelques temps déjà...
www.dailymotion.com/video/xhq8s_marre-des-pauvres_fun

Franck a dit…

raaah, la maison paumée au milieu de nul part comme "maison révée"...

J'me dis la même chose : c'est un petit coin de paradis. Mais pas évident à vivre réellement

Sinon, je vois que Paris ne fait qu'empirer ! C'est Tallucinant, avec un T, comme "Tirez vous d'ici, bande de pauvres"

Accessoirement, y'a un bug dans une phrase : "Les bonnes annonces trouvent partent avant d'être publiées"

je pense que le "trouvent" est peut etre en trop, hé hé

En tout cas, bon article !

Franck

Apolline a dit…

Même combat. Excellent biyé ! ...
Signé d'une Parisienne,tête de chienne et fière de l'être !

David Burlot a dit…

combat abandonné depuis longtemps, pour la banlieue et ses jardins...

Anonyme a dit…

Hum il y a du vrai dans cet article mais pas seulemet, notament quand tu dis "un qurtier agreable et pas trop mal desservis", j habite a belleville depuis ma naissance, et j ai pas l impression que la mixite sociale y fasse defaut, la meme vers barbes ou chateau rouge... mais je dois dire que je donne un p,us un : les prix c est de l hallucinant, j ai eu de la chance de trouver un (tres) bon plan par bouche a oreille. Mais y a n moment faut erreter de craquer : n***e les touristes et les profiteurs, une bonne loi (comme en 48) nous ferait du bien ;)

nanou a dit…

non mais rassure moi, l'annonce de coloc sur le bon coin elle est fausse ? C une blague n'est ce pas ?

raph a dit…

Même si ce n'est pas en rapport directement avec le sujet précis de la pénurie parisienne, A. Charpentier, statisticien, propose quelques calculs sur l'accession à la propriété :
http://freakonometrics.blog.free.fr/index.php?post/2010/08/04/Propriétaire-ou-locataire .

Sinon, que peut faire la mairie de Paris, face à cette spéculation effrénée -- et l'absence d'offre ?

zcomme a dit…

J'ai bien un 100 m2,1 salon, 1 cuisine US, 2ch, 1 vraie sdb,1 WC, 1 cave tout remis vraiment à neuf nickel il y a 3 ans pour 800Euros à te proposer...mais c'est à Bruxelles!!

mike hammer papatam andropov a dit…

Si je pouvais t'avoir un trois-pièces à tarif raisonnable,j'attendrais pas huit secondes.
Effrayant le constat.
Rennes, dans le privé, mon grand luxe ce fut d'avoir un 20m2 (une pièce glaciale recouverte de peinture d’hôpital à la Damido, comprenant un placard chiottes/douches/évier qu'un con à cravate nommait pompeusement : "votre salle de bain"), pour 300 euros, avec des tas de frais merdiques pour rien, et une obligation de chauffer 10 mois sur 12 tellement je me caillais.
Mais néanmoins, ON POUVAIT SURVIVRE et ça n'atteint pas ce que tu dis niveau escroquerie.
A rennes, comme je l'ai déjà signalé je me retrouve dans un HLM en plein centre-ville, et dan un quartier plutôt friqué.
Chance (enfin pour le loyer, je ve dire, parce que la fréquentation de l'entourage...)
Donc, une certaine mixité sociale fonctionne à Rennes. Ailleurs, je ne sais pas ce qu'ils foutent.
Courage, en tout cas.

seb musset a dit…

@zcomme > je note.

Max a dit…

L'annonce du bon coin est terrifiante.. elle dort dans la même pièce, en dessous de vous, à fumer et regarder la télé jusqu'à très tard dans la nuit..

Anonyme a dit…

Mais franchement vous en avez pas marre de vous faire arnaquer et de vivre pollués en plus ? Je sais que Paris a ses avantages surtout quand on est citadin mais il y a Lyon alors bien moins cher ou alors aller à Paris quelques jours par mois (comme je peux faire) et de toute façon la vraie vie n'est pas à la ville, encore plus avec la "crise" c'est bien aussi en acceptant les conditions de vie déplorable que le système marche alors descendez un peu vivre ailleurs à la campagne dans le sud en ardèche par exemple...payer 1000 ou 1500 par mois pour un clapier à Paris mais faut être débilos désolé j'hallucine quand je lis ça et elle est fière l'autre avec sa feuille de paie trafiquée pour arriver à ça ! Enfin non restez à Paris finalement et faites vous bien avoir, comme ça pour nous ça ira mieux encore :)

Dagrouik a dit…

Grandiose ! je vais sommer mes lecteurs de venir te lire sous peine de punition.

tu as des infos sur les vieux obligés de faire de la colocation pour ne pas se retrouver on ne sait où ?
Par ce que ça me semble un truc pas con de leur part : une espèce de solidarité contre le marché. Enfin bon à creuser.

Après ne se font ils pas arnaquer une fois en collocation ?

Et sinon que fait Apparu le ravi de la crèche immobilière?

Elfe a dit…

Je vais casser un peu l'ambiance, désolé (enfin, si mon commentaire est publié).

Ca me parait pas déconnant qu'un proprio refuse un gosse dans un appart ou un animal (comme on le fait aux US), je vois pas en quoi le critère de discrimination est plus choquant que celui du salaire.

Pour le reste, quel est le propos ? De geindre que les prix sont trop chers et les propriétaires de gros vilains en sortant les exemples les plus caricaturaux du net, tout en expliquant que falsifier allègrement ses bulletins de salaire au point de n'avoir pas assez d'argent pour donner... 3 mois de loyer d'avance est "normal" ? Il serait temps de se remettre en question au lieu de se draper dans un sentiment de "justicier masqué" pour justifier ses fraudes... On ne parle pas de "vide juridique" mais de falsification de document.

Heureusement que le sacro-saint argument de "mixité sociale" est ressorti, il manquait ce dernier cliché du locataire aigri dont le dernier espoir réside dans le fait d'être tiré au sort pour faire partie d'un quelconque quota pour vivre dans un quartier au dessus de ses revenus (même falsifiés).

Je suis moi même locataire à Paris et conscient de la folie autour des prix de l'immobilier ces dernières années, mais il faut savoir objectivité et raison garder.

pupuce a dit…

chacun y va à prêcher pour sa paroisse...
c'est pas über moins cher en banlieu de toute manière et moyennant la carte orange tu t'y retrouves, ta gamine devant changer d'école en option, merci pour elle.
c'est pas über moins cher en province en province non plus parce que certes pour ce pris là t'auras un T4 mais on te demandera les mêmes garanties et on vérifiera beaucoup plus du coup tu l'auras dans le baba, et moyennant une perte de salaire bien sèche aussi et un mode de vie où les commerces de proximité ne te vendent que des fringues il te faudra une voiture, bilan négatif là aussi.
la Belgique je sais pas mais j'avoue que j'y songe, y ayant depuis peu une pote qui n'en dit pas que du mal, en effet, mais ça s'étudie.
bref au final y'a fort à parier qu'on soit tous la même merde mais avant qu'on décide que c'est bien le cas et qu'on arrête les querelles stériles de clochers abandonnés depuis longtemps, il me semble qu'il aura coulé beaucoup d'eau sous les ponts où on se battra bientôt pour dormir...

indignez-vous, peut-être?
nan?

seb musset a dit…

@pupuce > oui j'ai habité à plusieurs endroits en France : Paris, petite banlieue, grande banlieue, littoral touristique, arrière-pays... J'ai tjs claqué le même budget habitation. Paris a ses avantages : le budget transport, chauffage, impôts locaux est dérisoire, il y a des services à profusion et tu est à 10 minutes de tout. Et j'ai croisé des proprios véreux dans ts l'héxagone, à croire que c'est consubstantiel.

Le problème de fond est cette putain de tendance NATIONALE (exagérée à Paris, mais finalement plus compréhensible)des français à vouloir devenir des Ténardier de l'immo. Merci M6.

@Elfe > Aucun soucis avec l’illégalité, surtout face à des escrocs qui ont lancé le premier assaut. C'est de la légitime défense, face à une situation absurde puisque les conditions d'obtention sont irréalisables pour 95% des gens candidats. Franchement avec 5000 euros par mois, je vais à l’hôtel je me ferais pas chier à louer un pauvre appart 90% du temps pourri. D'ailleurs, certains AI le savent très bien : les demandes débiles viennent d'abrutis de proprios croulants encore persuadés que le salaire minimum est à 200.000 anciens francs.

Sinon, je pourrais tenir la compta de toutes les fraudes (travaux au black, agents immo...).Rien que dans mon quartier y aurait de quoi faire un autre blog particulièrement bien fourni.

Anonyme a dit…

La province pas vraiment moins cher que Paris ? Mais c'est une blague ou alors vous êtes allés aux mauvais endroits : Paris ça peut aller jusqu'à 2 fois plus cher sans souci, alors l'histoire des impôts locaux moins chers peut être mais dérisoire; de plus la qualité de vie c'est pas la ville, où on peut aller de temps en temps au besoin, mais pratiquement tout pour se faire à distance désormais (sauf les études ok et c'est là le problème à mon avis, les étudiants qui peuvent pas tous payer ou qu'on parque souvent dans des campus pour qu'ils bougent pas!)

Bref le rapport qualité prix en province est de plus en plus en Province, et encore plus avec la crise (version 2011) personnellement à la campagne je me tape de la crise et du chômage, et on peut très bien consommer (un peu!) sans prendre sa voiture (sauf si on ne voit qu'Auchan ou Carrouf dans sa pitoyable vie)

Concernant les faux et usages de faux pour avoir un logement, c'est effectivement juste idiot (car se mettre à genoux devant un proprio non merci, mais ceux qui font ça font pareil avec leur boss pour avoir un job au smic!) et aussi illégal bien sûr, et de plus en plus on attaquera ces illégalités : oui je sais ce sont les banquiers ou proprios qui devraient peut être aller en prison mais vous avez surement entendu parler du rapport de force, qui est toujours du même côté (même avec une bourse qui baisse ou monte!), et ce sont bien les manifestants qui sont allés en Prison à Londres, pas les esclavagistes, ce sera idem pour les locataires qui fraudent, c'est comme ça !

Ceci dit bonne chance quand même pour ceux qui galèrent, mais n'oubliez pas que dans certaines régions de France (très belles en plus) la galère est moindre avec en plus de la fraternité qu'on ne trouve que dans les villages (Paris tu peux crever dans un caniveau on te remarquera même pas!)

Zcomme a dit…

Pour la petite histoire, Bruxelles compte 48000 français. Ce qui en fait la première communauté étrangère de la capitale devant les ressortissants Marocains. Pourquoi?
Pour faire "haut et court":
la proximité culturelle, linguistique et géographique (Paris est à 1h30 en Thalys tout confort), le cadre de vie est relativement similaires en termes d'accès aux services, loisirs, bouffes etc et surtout les prix au regard de la variété de l'offre immobilière sont, disons, raisonnables (il y existe encore des bons plans et les bons proprios qui vont avec). Même si cette vérité a tendance à s'amenuiser aussi de plus en plus. Le syndrôme d'enflement (d'enflûres?) de la grenouille et du beauf frappe aussi là-bas.
Sinon le top à ce niveau c'est Berlin mais Das ist eine Kleiniche Different...
Voilà c'était pour apporter quelques infos pragmatiques qui peuvent, qui sait, peut être aider dans vos choix de vies.

Anonyme a dit…

Oui enfin le Thalys c'est pas donné...ceci dit les belges sont bien sympas et ont bien la frite et même sans gouvernement d'ailleurs nous des fois on aimerait rien avoir plutôt que d'avoir ce qu'on a enfin je me comprends, sinon oui le top Berlin et d'ailleurs j'y vais souvent deutschland uber alles pardon je sors ok !!

triton95 a dit…

mon conseil, faire comme Claude Monet, qui s'est installé voici un siècle à Argenteui, près de la gare à 1/4 heure de train de Paris, ce qui n'est qu'une durée de trajet en métro.

Anonyme a dit…

Sébastien, j'adhère complètement à votre constat (mais pourquoi dites-vous tant de gros mots?), mais pas du tout à vos conclusions. Pour moi, la seule réponse à cette situation est le BOYCOTT. Quittez tous cette ville. Lorsque les Parisiens n'auront plus personne pour vider leurs poubelles ou les urinals des hôpitaux, peut-être la situation pourra-t-elle évoluer enfin.

Quant à fabriquer de fausses fiches de paie, personnellement je ne le ferais pas car c'est cautionner ce système et jouer le jeu des agents immobiliers...mais je n'irai pas non plus jeter la pierre aux pauvres diables poussés par la nécessité!

Signé: un ex-étudiant, ex-proprio parisien aux revenus très modestes, devenu provincial.

Anonyme a dit…

Au delà de la qualité des logements à Paris (qui laisse à désirer, mais qui n'est malheureusement pas pire que dans des grandes villes de Province), je dirais que le principal problème reste le prix complètement surévalué du locatif parisien!

Pour exemple, je paye pour 3 pièces en plein Paris 1400€ par mois (oui j'ai réussi à en trouver un correct!), alors que pour la même surface à Lille, on est aux alentours de 900€…

Hubert a dit…

Seb et les autres vous connaissez des possibilités d'hebergement à prix raisonnable sur Paris, en appartement, pour quelques jours ? Il y a bien « citadines » mais c'est quand même 150 € la nuit (et en plus vous risquez de croiser Houellebecq ui y habite tout le temps!) y a aussi des particuliers qui louent leur appart' mais c'est sans garantie...

Tassin a dit…

Pour ma part et ma moitié : 3 pièces 54m² avec jardin collectif et cabanon à vélo près du Centre d'Orléans : 590€ charges comprises.
Budget transport très faible (vélo et 5000km annuels en pijo).
A 55min de Paris tant et si bien qu'il m'arrive d'y monter juste pour une soirée au Glazart.

:-)

Anonyme a dit…

Les institutionnels (banques, assurances) qui n'ont pas vendu leurs immeubles à la découpe proposent un service correct : apparts refaits à neufs, pas de demandes illégales, loyers corrects. Je suis locataire du CA.
Il faut les contacter car toutes les offres ne sont pas publiées.

@seb : Les impôts locaux sont bon marché à Paris pour les immeubles anciens car la "valeur locative" est obsolète, par contre pour les immeubles récents c'est autre chose... Je paie 800 EUR de TH pour un 2p dans le 15ème, ce qui est très élevé.

Tassin a dit…

Faut absolument aller faire un tour sur ce site : http://selogeraparis.tumblr.com/

Seb ça va te plaire!!

Julien Gilles de la Londe a dit…

La spéculation immobilière est d'autant plus insupportable qu'il serait facile de légiférer pour la bloquer. Sans être économiste, ça ne doit pas être sorcier.
Quelques idées "de bon sens" comme on dit si souvent à droite et à tort :

Obligation de résidence au-moins 6 mois par an, afin de calmer les Anglais, Ricains, Chinois ou Brésiliens qui achètent leurs 7ème résidence à Paris.
Plafonds des prix au mètres carrés, indexation sur l'inflation, majoration de la fiscalité sur les maisons 2ndaires pour éviter de continuer à favoriser ceux qui ont des maisons dont ils n'ont pas besoin pour se loger ! Les rentiers sont des plaies.

Sinon la ville va continuer à engraisser les "assistés de la rente", muer en musée et en cité internationale pour milliardaires et dictateurs qui vivent à l'autre bout du monde. Ils ont qu'à aller au Crion, les palaces s'est pas fait pour les chiens.

Julien Gilles de la Londe
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Bakchich - http://www.bakchich.tv/_Julien-Gilles-de-la-Londe_.html

Julien Gilles de la Londe a dit…

Top ce site merci Tassin http://selogeraparis.tumblr.com/

On y trouve entre autres cette annonce :http://www.leboncoin.fr/locations/224776601.htm

Pratique ! J'ai "signalé un contenu abusif" au boncoin, puis envoyer un mail au loueur pour lui signifier qu'il est un voleur.

Faites comme-moi pourrissez-lui sa journée en lui rappelant qu'il est un fripon !