mercredi 28 février 2007

DECRYPTONS SARKOZY

Dans leurs discours, Les néolibéraux vantent l’esprit d’entreprise. Quelle hypocrisie ! D'abord ils n'ont pas d'esprit et s’il y a bien une chose que le néolibéralisme ne digère fondamentalement pas c’est que les gens entreprennent. Le monde néolibéral dépend avant tout des consommateurs et non des créateurs. Les progressistes cachent des conservateurs : tout pour nous et surtout que rien ne change d’un poil, excepté nos profits.
Derrière le ensemble tout est possible de Sarkozy, il faut lire : tout sera mieux pour mes intérêts et ceux de mes amis. L’art du bonhomme fait d’oxymores réside dans son aptitude à faire croire à la majorité des français qu’ils sont ses amis.

lundi 26 février 2007

VERS TOURS

Vaine hérésie que de vouloir me ravitailler en essence dans la banlieue de Tours. Rien n’y fait, je tourne en rond, frise l’accident et la crise de nerfs. Je ramasse un auto-stoppeur histoire de rentabiliser mon voyage vers Paris, au moins il servira à quelqu’un. De Tours à paris, je discute à bâtons rompus avec l’étudiant infirmier sans nom. Il revient de Toulouse et va à l’hôpital St Joseph Rue Raymond Losserand dans ma rue rénovée de prédilection !

Je propage, j’irradie, je charismate ceux qui pénètrent dans mon intimité. Tout y passe : le cinéma français, l’hypocrisie ambiante, le néolibéralisme triomphant qui vente les entrepreneurs mais ne souhaite que des consommateurs abrutis par la propagande publicitaire généralisée, le sacrifice d’une génération, la notre ne lui en déplaise malgré ses quinze ans de moins, les séries débiles, l’avènement évident de Bayrou, le CPE qu’il n’ose même plus défendre et nous voilà arrivé à Paris dans les embouteillages habituels de fin de journée. Je le dépose Porte de Vanves. L’auto-stoppeur sans nom quitte le tank vivifié, content de son voyage, éclairé par les évidences que je lui assène, surpris que l’on puisse voir autre chose dans cette réalité que l’on nous propose.

SEB
Vas-y, va ! Va propager la bonne parole !

Nous ne saurons jamais nos noms.

mardi 20 février 2007

BABY-BOOM et BOOM-BEBE

Sympathique apéritif avec deux quinquas parisiens tout juste à la retraite, tous deux grippés dans leur appartement surchauffé. Mes récentes observations sur le monde du travail sont mal reçues. Quid du marché du travail et de l’annonce en fanfare d’un taux de chômage se résorbant ? Voyons les choses en face :
Lorsqu’une offre d’emploi est publiée, il convient de vérifier que :

1 / Le travail en question n’est pas inférieur en salaire ou supérieur en responsabilité ou les deux à la fois, à celui proposé.

2 / Le travail en question se situe à moins de quatre cent cinquante kilomètres de l’endroit indiqué sur l’annonce.

3 / La rémunération du travail n’est pas de 30% inférieure à celle indiquée dans le cas, improbable, où elle serait indiquée.

4 / La date de début du travail est précisée. En ce domaine, toute communication dépend du bon vouloir des services vaguement concernés. Cela peut-être dans deux semaines, deux mois ou jamais mais, dans ce cas là malgré les propos courageusement tenus, on ne vous rappellera pas.

Tentons de faire comprendre à ces enfants couvés du baby-boom, pistons et rentiers des trente glorieuses qu’aujourd’hui le candidat au travail, trentenaire perdu ne demandant pas mieux que de rentrer dans un système dont ses parents se sont gavés dès vingt ans, pointe sans fin à des entretiens d’embauche qui n’ont comme finalité que de justifier les salaires des DRH. Le candidat lucide, souvent surdiplômé, ressasse jour après jour sa haine d’un système auquel il a cru, parfois croit encore. Les offres d’emploi ne servent qu’à évaluer la qualité et les prétentions de la demande afin de la cibler au plus juste, au plus rentable, le jour diffus où celles-ci seront sur le marché.

Acharnons-nous à faire comprendre à ce couple de quinquas embêtés d’être à la retraite et dont l’un d’eux n’a jamais travaillé, que là où leur dernier enfant, né en 1983, récent employé en succursale d’assureur, est prêt à subir toutes les avanies salariales et humiliations hiérarchiques pour renflouer les crédits auxquels il a souscrit afin de satisfaire son aspirante bourgeoise de femme leur fille aînée née en 1975, n’accepte pas de se faire marcher sur les pieds que ce soit en terme de rémunération ou de niveau de soumission. Quant à moi, l’idée même de me soumettre m’est intolérable.

Là est la force de la génération montante, celle évidée aux ondes télévisées, adoubée au barbarisme, dans l’ego jusque dans l’intime et intégralement vouée à la consommation, l’insatiable appétit monomaniaque de ceux aux dents longues nés après 1983 : Cette génération est entièrement vouée au culte progressiste de leurs aïeux. Ces adeptes béats du système parfait répondent parfaitement aux attentes idéologiques de leurs parents copains en dissipant leurs angoisses naissantes de récents retraités. La génération montante leur renvoie un portrait craché, idéologiquement correcte, de leur propre jeunesse. Et tant pis si les réalités économiques n’ont rien à voir : Les uns sont trop jeunes pour comprendre, les autres trop vieux pour admettre. Comme eux, ils enfantent jeunes, comme eux ils sont propriétaires au plus vite même s’il la durée de leur crédit dure trois fois plus longtemps, comme eux ils sont croyants* que ce soit dans un retour aveugle vers le religieux ou dans les bienfaits continus de la société de marché, d’ailleurs, comme leurs parents, ils n’imaginent aucune autre alternative crédible au libéralisme.

Pour ceux nés avant entre 1968 et 1983, c’est une toute autre histoire. Les frontières de cette génération sont perméables mais la crête de ses naissances se situe en 1975. Cette génération là, après avoir été niée par ses parents sera méprisée par ses petits frères. Les trentenaires d'aujourd'hui glisseront dans les oubliettes du rendement. Génération délaissée, génération trop savante, génération exploitée, génération assistée, génération précaire. Tentons donc jusqu’au bout d’expliquer au père quinqua que c’est parce que son fils de vingt trois ans est prêt à subir toutes les réévaluations de salaire à la baisse après avoir accepter le sourire aux lèvres les surcharges de travail non rémunérées consécutives à des années de stage non-payées pour intégrer une entreprise à laquelle il s’identifie corps et âme, que sa fille de trente deux ans à qui en son temps on a fait croire qu’elle était cadre supérieur, est au chômage depuis plus d’un an parce que demander 30 % de moins que son salaire d’il y a cinq ans, c’est déjà trop exiger !

SEDUCTION CONTINUE ET HUMILIATION PERMANENTE

Le crédit ? Cette ruse inventée par les riches pour faire croire aux pauvres qu’ils font parti du même monde. En fait de réalité, les premiers volent les seconds et, au ras des blés, sou après sou, l’esprit satisfait, les pauvres crédules constituent ces montagnes d’or aux cimes illimitées pour quelques riches cyniques presque blasés.

mardi 6 février 2007

LE GRAND DEBAT LASSE

Je m’étais pourtant préparé psychologiquement, confortablement calé, les cannes allongées dans le fauteuil en osier d’Emmanuelle, une verveine dans la main gauche pour me calmer, le laptop dans la main droite pour live-bloguer.

L’arène est aseptisée, le nain trop fier d’être la star de la soirée*, l’interface des vrais gens survendue à longueur de bande-annonce par la première compagnie n’est qu’un artifice pour déballer une communication rodée en training toute l’après-midi. Je subis dix minutes de cette conférence de presse en trompe l’œil. Je reste absoluement non-réceptif à ce bon sens qui veut envoyer tout le monde au travail pour la dignité, endetter tous les salariés y compris et surtout les pauvres, combattre - chasser ? - les marginaux, un bon sens qui n’assume pas son racisme larvé et sa malhonnêteté d’état, un bon sens à géométrie variable qui, selon son intérêt, fait du cas particulier des généralités et des généralités un cas d’école. Dés que l’on a deux doigts de jugement et de recul, c’est proprement insupportable.

J’arrête l’émission et glisse un dvd dans lecteur : Violence des échanges en milieu tempéré de Jean-Marc Montout (2003). Chronique habile du déchirement intérieur vécu par un jeune consultant en management chargé de restructurer une PME de province. C'est une fiction bien plus encrée dans le concret que le show de variétés de Monsieur Sarkozy. Son émission s'appelle J'ai une question à vous poser. La seule question que le citoyen doit se poser, en chaque circonstance, c'est : A qui profite ma situation ?



Pour mémoire, résumons le projet d’avenir du candidat à la présidentielle avec ses propres phrases :

Une société qui croit en l'avenir, c'est des jeunes qui achètent un appartement.

Nous avons 30% d'emprunts de moins que dans les autres pays.

Quand on est propriétaire, on n'est plus en situation de précarité.

*L’UMP envoie trois cent mille textos à ses militants pour qu’ils fassent regarder l’émission à leur entourage afin de battre les records d’audience de la chaîne.