17 novembre 2007

PENDANT CE TEMPS, LES CHINOIS MEURENT D'ENVIE DE CONSOMMER

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Le conseil constitutionnel valide les tests ADN dans le cadre de la régularisation des sans-papiers mais interdit la moindre statistique ethnique les concernant. En France, on peut désormais déporter la conscience tranquille du moment qu’on ne compte pas. Seule l’hypocrisie flamboie encore dans l’ex-pays des lumières.

Malgré le silence étonnant du présiment, l’omniprésence de ses ministres rassurants sur les plateaux des médias en charge de la bonne diffusion de la pensée d’état - c’est à dire tous sauf les chaînes de jardinage - et la négociation supposée des représentants syndicaux, la base populaire – c’est à dire entre autres les étudiants, les cheminots, les juges, les hôtesses de l’air - poursuit le mouvement de grève. Début de confusion embarrassée dans les médias et à la tête du pays qui se sont laissés intoxiquer par leur propre propagande. Preuve supplémentaire que ce pays est bien divisé en deux : celui que l’on voit sur l’écran - l'élite - et celui que l’on voit dans la rue - le reste -*. Revolution will not be televised.

Pour nous rassurer sur l’éventualité d’un nouveau monde débarrassé de la barbarie capitaliste, petite brève locale en provenance de l’empire émergent : Une promotion exceptionnelle dans un hypermarché Carrefour en Chine est le théâtre d’une bousculade géante à l’ouverture. Bilan : trois morts piétinés.

* rappelons-nous les six mois qui, dans les médias, précédèrent la supposée validation populaire par référendum de la constitution européenne en 2005....

12 novembre 2007

LA VRAIE FRANCE

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Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs pas contents. Un cortège de marins pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement Invectives, noms de poissons pas frais, le montage des journaux télévisés insistent sur le courage du présiment dont le seul acte de résolution des conflits est de se présenter en personne sur le théâtre de la contestation.

NICOLAS SARKOZY
Dites-moi, combien de présidents avant moi venaient vous voir ?* Aucun.

Et le pèlerin continu son chemin. Hier il était au Tchad, ce soir à Washington avec son poteau Bush. Les journalistes sont cantonnés à l’illustration audiovisuelle du tourbillon Sarkozy, c’est plus clair ainsi. Plus aucune analyse, pas de recul, toujours dans le feu de l’illusion, des belles paroles et des promesses.

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards entourés de leurs journalistes, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs déchaînés. Un cortège de marin-pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement, un journaliste local filme. Cette fois, on entend plus Sarkozy mais tout ce que se hurle autour de lui.

LA FOULE
Ordure ! Escroc ! 140 % !**

Le présiment fend la foule selon les grandes lignes dessinées à coups de latte par ses bodygards.

JUJU DANS LA FOULE
Enculé !***

C’en est trop, et puis la caméra de TF1 l’a peut-être entendu, le présiment s’arrête.

NICOLAS SARKOZY
C’est qui qu’a dit ça !

JUJU
C’est moi.

NICOLAS SARKOZY risible empereur récemment plaqué par sa femme, dressé sur la pointe de ses talonnettes.
Descend un peu me le dire en face !

JUJU
Si je descends j’te fous un coup de boule alors vaut mieux pas…

LA FOULE
Ouais vas-y JUJU !

JUJU
Hein 140% d’augmentation… Tu gagnes combien par mois escroc !

Acclamations****. Le présiment à court d’argument continu son souverain pèlerinage dans la merde sociale des gens qu’il méprise profondément. Montés en intercalaire et dans la continuité des images diffusées en boucle à la télévision, on saisit l’ampleur du malaise qui s’amplifie depuis la rentrée en France et qui est sciemment ignoré par le gouvernement et ses médias. Un visage de La France ignorée se révèle dans sa crudité sur la toile. La contestation monte, le péquenaud est déçu, les prix augmentent, on lui avait dit qu’il gagnerait plus, on lui dit désormais de faire du vélo et de manger des biscottes. Seule la qualité de vie des riches s’est objectivement améliorée en six mois de présimence. La colère gronde, et avec elle sa compagne, la connerie.

VERSION OFFICIELLE (avec CAC 40 inclus) :


VERSION REELLE (on passe de "SARKOZY s'énerve" à "SARKOZY insulté", il devient ce qu'il est en fait : passif):


* seul et unique argument de notre présiment lors de ses safaris provinciaux, dont on se demande combien de temps il va encore tenir. Je veux dire, même TF1 va s’en lasser à un moment ou un autre.

** rapport à l’augmentation de salaire que notre présiment s’est récemment votée. Gentils marins pécheurs, ils ne savaient pas alors que cette hausse de salaire était en fait de 172%.

*** Animé par la rage et la passion, Juju synthétise en un mot, les conclusions d’un an de ma stérile réflexion au sujet de notre présiment.

**** Bizarrement, non captés les ingénieurs du son des télévisions françaises.

9 novembre 2007

LES ENNEMIS DE MES ENNEMIS

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L’avantage d’être au pied du mur face à un ennemi dont la moindre facette vous répulse idéologiquement, c’est de se découvrir de nouveaux amis jusqu’alors méprisés. L’acteur Philippe Torreton que je ne portais pas spécialement dans mon cœur pour ses prises de position politiques au nom du peuple, surtout en périodes de promotion, prononce cette phrase si juste au sujet de notre présiment de la république et la base du rapport qu’il entretient actuellement avec le pays :

« Nicolas Sarkozy dédouane les gens de mal penser. »

Mis à part les médias français intégralement à la botte idéologique du nabot, mis à part la majeure partie des français lobotomisés par la septième saison de la Star Academy et une tapette à connards géante dénommée Coupe du monde de Rugby, comment ne pas voir ce qui se passe, insidieusement, dans ce pays depuis la rentrée ? Rafles de sans papiers, instaurations de tests ADN au titre hypocrite de l’aide au regroupement familial, incitations à la dénonciation. Et Les Français seraient pour ?

Face à cela une France toujours en crise, prenant de fouet une hausse record du dollar, une autre sans précédent des prix du pétrole et une multiplication par trois du prix des matières premières alimentaires. On le sait, la croissance sur-vendue par le candidat présiment ne sera pas là avant, au mieux, deux ans. On le sait, le fameux pouvoir d’achat si crucial pour nos concitoyens petits-bourgeois est plus que jamais en berne. On le sait, la vague du krach boursier chinois gronde au large. On le sait, les prix de l’immobilier dans les quartiers moyens va baisser parallèlement à la hausse des fameux taux d’intérêts variables si tentants pour les aspirants spéculateurs d’hier quand le marché était en hausse.

Crise renforcée au moment où le peuple se croyait sorti du tunnel, racisme même plus larvé, boucs émissaires tout trouvés, tyrannie des victimes, haro sur les coupables et au plus haut sommet de l’état une rhétorique populiste au service de recettes miracles, voici venu le temps de la barbarie débonnaire façon Berlin 1936.

Il est toujours flatteur de jouer les oiseaux de mauvais augure mais comment, une seule minute, peut-on concevoir qu’il va sortir de cette époque écœurante quelque chose de bon pour la race humaine ?

2 novembre 2007

LES CHINOIS A PARIS, LA ROUE TOURNE

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Ça y est on y est, ce cauchemar bourgeois que j’annonçais et que personne ne prenait au sérieux dans mon entourage désormais en quarantaine de sarkozistes se vérifie enfin de la bouche même de la ministre du travail d’un gouvernement qu’ils ont élu, et ce à quelques encablures des cent dollars le baril de brut :

CHRISTINE LAGARDE
J’en appelle aux citoyens** : Utilisez vos vélos !

Grosse erreur de communication au sommet de l’état. On pourra faire tous les Grenelle de l’environnement que l’on voudra mais faut pas toucher à la voiture à papa ! Même en le culpabilisant sur le réchauffement climatique, cela restera dur de faire comprendre une bonne fois pour toutes à l’occidental embourgeoisé qu’il va devoir rouler en vélo parce que le Chinois en quête d’embourgeoisement veut rouler en voiture. Après tout, chacun son tour.

** à savoir "les pauvres" par opposition à la classe à laquelle la ministre appartient et dont elle sert en exclusivité les intérêts.

25 octobre 2007

2 MONTHS IN PARIS

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Me voila parisien...à nouveau.

J'ai repris le travail à la con. Mon cerveau est en déconfiture certes, j’ai bientôt trente six ans, c’est certain, il n’y a pas un moment de ma vie à Paris où je suis bien. Ce sont là des signes inquiétants qui au moment où j’entre tête baissée dans une vie active normée en pleine capitale devraient m’inciter à m’enfuir à grandes enjambées vers d’autres contrées désertées.

Jardin du Luxembourg. Je cherche du regard quelque chose d’agréable mais, et je ne le répète que cent fois par jour, je déteste Paris. Sur la surface gélatineuse de l’eau couleur vinasse périmée, les feuilles mortes s’agglomèrent en plaques jeunes ambrées. Ici aussi j’entends plus parler anglais qu’à Londres, où j’entendais beaucoup parler français. Quand vais-je enfin en finir ?

Matin brumeux, café au comptoir d’un troquet de la gare de l’Est pas loin des ouvriers en ravitaillement de mégots. Moi aussi, j’attends pour embaucher. Le reste de la journée n’est qu’une montée de nerfs sur le montage virtuel d’une émission inintéressante pour une chaîne publique.

Le week-end suivant. Retour dans mon quartier à bobos. Journée d’une douceur estivale où je découvre pour la première fois, colonisé par ses touristes, le centre pittoresque de Paris dans lequel j’ai la luxueuse chance d’habiter. Nous remontons la rue Saint André des Arts pour déboucher sur Notre-Dame De Paris. Je ne réalisai pas en venant dans ce quartier, réserves pour riches, la place privilégiée que j’y occupe ironiquement, moi qui n’ai pas d’argent et déteste Paris. L'aimée se rassure de notre drôle de précarité en me faisant état des remarques glanées lors de la soirée d’auto célébration des trente ans d'une amie. Notre nouvelle adresse fait des envieux, notamment dans la classe de ces médiocres trentenaires sarkozistes. Ces petits-bourgeois déclinants et esclaves à temps plein - fils et filles de petits-bourgeois parisiens à la retraite dorée - pour assouvir leur désir d’être propriétaires - situation à jamais impossible financièrement s’ils restent dans Paris intra-muros - se relèguent d’eux-mêmes dans de blafardes banlieues de type Garches ou Juvisy dont la seule évocation faisait horreur aux ex-éternels étudiants il y a encore deux ans. Ils s’y terrent dans une semi-honte, se consacrant à customiser à l’excès leurs nids douillets pour nier cette fatalité : ce sont des pauvres.

MARIE P. (deux heures dix de transports en communs pat jour, ex-locataire durant sept ans d’une studette de vingt-deux mètres carrés donnant sur le boulevard périphérique au niveau de Malakoff et désormais propriétaire en trente-cinq ans d’un trois pièces de type hlm à Sceaux, éructe avec dégoût bourgeois) :
Trente deux mètres carrés, je ne pourrais jamais !

Après l’Angleterre et sa rue Perverse, la baie déserte de La Rochelle et l’exil rural en grange humide en plein poitou, nous voici débarqués dans le Beverly Hills français à manger nos saucisses lentilles à même la boite au sein d’une surface de trente-deux mètres carrés dont le balcon surplombe les pubs et restaurants les plus branchés. Etablissements que contemple de son regard désolé, Prince, à la fois notre chat et notre fils unique. Germanopratins issus de la petite-bourgeoise en déliquescence, mangeant avec les doigts dans le quartier le plus cher du pays, cultivés avec modération et désormais doublement sous-payés, nous sommes la définition pleine du terme bourgeois bohême.

Quant à ma précarité toute relative et l’étroitesse de mon habitat, la rudesse de mon séjour anglais m’a rodé à ce type de promiscuité sur fond de maigres revenus. Je me suis fait une raison : un locataire de mon genre n’aura jamais à la fois, une salle de bain et une cuisine. Pour des gueux comme nous, ce sera toujours l’un ou l’autre.

Peu importe, je passe avec l'aimée un charmant après-midi ensoleillé sur les bords de Seine dans un Paris, non pas que je redécouvre mais que je découvre, un vieux Paris aux rues serpentines où se succèdent troquets typiques et petites boutiques à touristes, quartier majoritairement piétonnier bordé d’un autre Paris urbain gorgé de vélos et de roller skates qui slaloment entre des bourgeois à la retraite effrayés par ces temps modernes où le travailleur minoritaire se remet à pédaler.

Retour au travail. Je cumule heures et nervosité, marquant progressivement mon workspace de mes stylos, de mes étiquettes, de mon vélo dans l’entrée et de mon casque stéréo attitré. Pourquoi suis-je là ? Je perds littéralement mon temps, ne lit plus rien, écrit à peine plus, m’évertue à produire de la merde au plus bas de la chaîne de conception. Pourquoi me lève-je si tôt ? Pourquoi gagne-je plus ? Pour une bouffée de nervosité, pour les souvenirs, pour paradoxalement oublier que je suis ici. Je travaille plus et par conséquent gagne plus. Je suis malgré moi la vérification du paradoxe de Sarkozy. Lentement, je prends conscience à mon corps défendant que chaque président de la république, qu’on le veuille ou non, marque un tournant.

Mon occupation quotidienne se concentre donc sur le rien du rien. Je fais. En ce sens, je suis utile. Je participe à la confection d’une tache donnée dans un cadre professionnel qui, lui-même, me confère une identité sociale. Je fais et jamais je n’ai eu cette autant impression de perdre mon temps à le gagner. Me consacrant à la réalisation de ce que j’estime n’être rien, mais qui n’est pas un rien dont je suis le décideur, j’en viens à éprouver un sentiment temporaire de compassion provisoire pour mes collègues de quelques semaines, les autres salariés.

En ce jour de grève dans les transports publics, les salariés, personnifications contemporaines du masochisme ancestral qui anime l’humain, sont tous stressés de ne pas pouvoir rejoindre leurs lieux de travail dont ils ont pris un malin plaisir à vivre le plus loin possible. Ils stressent ainsi à la terrible idée de ce qu’ils vont aujourd’hui gagner en moins. Vivant avec rien depuis dix sept ans, je pars, en vélo, au travail dans l’optique de gagner plus. Certains galériens, principalement les stagiaires, mettent cinq heures pour arriver en voiture à la mine où ils sont exploités, je fais le trajet en neuf minutes de bicyclette dans des couloirs de bus entièrement livrés à mon coup de pédale.

Principal motif de satisfaction de cette semaine parisienne, l’abandon du métropolitain pour un retour à la bicyclette. Au-delà de l’économie de miasmes humains et du gain de temps - neuf minutes pour raccorder le boulevard Saint-Michel à la gare de l’Est, record battu tous moyens de transports urbains confondus - le vélo, par son positionnement au centre de la chaussée donc des perspectives et l’ouverture du champ de vision qu’il offre, est le moyen le plus efficace de contempler Paris : Le défilé immobile des fines artères de part et d’autre des flux sanguins, les tranchées d’immeubles dépareillés qui, enfin, prennent un sens un tant soit peu esthétique. Cette ville n’est esthétiquement et pratiquement pas faite pour la voiture. Pratiquement, un après-midi passé au volant d’une voiture parisienne en apprendra à tout homme sur ses aptitudes à encaisser le stress et sa propension à la tolérance en général. Paris est une capitale qui est à l’origine un village conçu pour que le piéton occupe la chaussée. Esthétiquement, relégué sur le trottoir à l’ombre des arbres collés les uns aux autres, le piéton ne peut pas profiter des perspectives qui sont abandonnées aux voitures dont les toits couverts bloquent aussi la contemplation. De la continuation de cette confusion entre village et capitale, rien de bon ne sortira. Du village et de la capitale, un des deux doit disparaître ou, tout au moins, se soumettre à l’autre.

Qu'est qui unit les parisiennes, que ce soient les pisseuses de seize ans en jupes-tailleurs et collants noirs qui jacassent mouillées dans le métro parce qu’elles viennent de croiser Louis Garrel devant le café de Flore, les vieilles peaux grisâtres de célibataires pourtant trentenaires qui filent stressées sur les boulevards la clope au bec, les quinquas en descente, plâtrées au maquillage multicolore, sursautant à chaque passage de vélo alors qu’elles s’étalent de leurs démarches lourdes sur les pistes cyclables ? Elles me regardent toutes de haut, sans une once de chaleur dans leurs regards de crasse.

Étrangement, c’est ici, dans ma studette sur rue piétonne, au cœur de cette capitale village que je hais par dessus tout, et alors que je suis devenu un salarien comme un autre, que je me sens bien. Oubliée la Charente et ses rochelais et le bon temps du beau temps. J’en recroise quelques-uns sur le site de la télé-locale du coin*, je capte les échos de températures médiocres aux bulletins météos et, entre deux pédalages hystériques au milieu des fumées de bus sur le boulevard Sébastopol, rien, pas même la nostalgie du ciel si bleu qu’il en est noir.

J’en avais enfin assez de l’esprit charentais. Depuis ma terrasse charentaise, j’ai assisté mi-goguenard mi-rageur, à la mutation de la région dont avec mon exil il y a six ans j’ai été, malgré moi, l’un des amorceurs. Le péquenaud local, crétin mais attendrissant, qui n’a pas eu la sagesse d’investir dans l’immobilier locatif, a laissé sa place à une classe moyenne pondue à la chaîne M6 et constituée de tubes digestifs gobant toutes les couleuvres, travaillant et croyant aimer ça, chiant de la banalité à l’année. Le crétin français, mi-trentenaire, en pleine hypnose auto-suggestive est persuadé de faire partie de l’élite mais il achète tout discount, se croit au-dessus des autres mais fait la queue avec eux à la grande surface du coin à la première heure du premier jour des promos. Il est propriétaire mais à cent bornes de son travail d’esclave, il a des polos Gucci et quatre crédits sur le dos. Ce crétin là n’a plus les moyens d’habiter en ville et se propage comme de la mauvaise herbe dans les coins jusque là les plus paumés de province. Tandis que les centres des grandes villes redeviennent de vrais villages, les lointaines banlieues ignorées il y a encore trois ans se gorgent jusqu’à l’écœurement de nouveaux propriétaires persuadés d’être à la campagne, n’ayant pas encore conscience - mais l’auront-ils un jour ? - qu’ils reproduisent le système des ghettos excentrés pour pauvres. Quoique stressés par la réalité des échéances, ils bâtissent gaiement en quarante ans de mensualités leurs futures prisons : les cités pourries mais horizontales de demain, loin, bien loin, des vrais riches.

Mon malaise d’il y a deux ans qui nous a conduit sur un exil anglais, parenthèse parmi les parenthèses, était essentiellement du à cette arrivée massive de gros cons qui s’est accélérée entre 2004 et 2006 avec leur cortège d’animaux domestiques, de grands-parents, de poussettes, de mauvaise humeur, de bêtise crasse et de bruit en général. Même un village reculé comme l'était le notre n’a pas tardé à se faire rattraper par la fièvre du béton. Avec ses trois cents maisons particulières en parpaings champignonnant subitement hors des champs et son centre commercial en construction à deux pas de l’école, le hameau va directement devenir cité après un bref passage dans la rubrique région bourgeoise avec mini-baguette à un euro cinquante ! Ni boulanger, ni retraité, ni petit-bourgeois et, malgré tout l’attachement que j’ai pour le ciel de La Rochelle, je n’avais plus rien à faire dans cette région.

Regardant la plèbe de ma terrasse au soleil en plein sixième, boycotteur volontaire de tout transport public, avec une grosse berline bichonnée dans un parking souterrain loué une fortune, serais-je entrain de glisser bourgeois ? Par chance, je n’ai pas d’argent. C’est précisément l’excuse que sortent toujours les bourgeois.

Retour à pied vers mon petit studio vers St Germain des près, la petite rue est bondée de supercakes qui ont tout investit dans la sape et qui traînent là histoire de faire croire aux badauds qu’ils habitent dans le quartier. Je passe en baskets de prolos, k-way et sac à dos au milieu des bandes de mâles aux parfums à pédés qui poireautent dans le froid pour rentrer, un jour, dans ce pub doré. Je fais mon code et passe derrière la porte verte. Le bourdonnement des bouseux disparaît au fil de la montée des marches en velours de l’escalier lustré.

9 octobre 2007

PUTAIN NICO EST ENTRAIN DE ME TUER

par
Veuillez excuser cet arrêt momentané des transmissions mais je travaille actuellement plus (beaucoup trop) pour gagner plus (si peu).

J'y reviens au plus vite promis. En attendant n'hésitez pas à fouiller dans les archives, y a de quoi faire.

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