vendredi 2 mars 2012

L'exfiltration bayonnaise


Par Jean-Jacques Sussetige, notre envoyé spécial au coeur de la campagne présidentielle:

Épuisé, blessé dans son amour propre, mais libre et hors de danger, Le Président Nicolas Sarkozy a quitté jeudi soir ses partenaires du Conseil européen à Bruxelles pour venir annoncer à la presse l'évacuation réussie de Bayonne du candidat Nicolas Sarkozy et de la députée UMP des Pyrénées-Atlantiques Michele Alliot-Marie, pourtant aguerrie aux excursions sans Perrier rondelle dans l’erg tunisien. 

"Cette fois, je peux vous confirmer que c'est officiel, elle et lui sont en sécurité" a dit le chef de l'État, allusion à sa fuite intempestive avec pipi culotte en direction du troquet le Balto bayonnais sous les jets d’œufs de la section Alqaida-64. Selon Jacques Séguela, spécialiste en flatulences multiplateaux, la cellule séparatiste s'est alliée pour l’occasion à la redoutable bande à Bedos (désignant la racaille provinciale perméable aux idées rétrogrades de la gauche parisienne). 

"Je viens de m'entretenir avec lui, il est fatigué, il a beaucoup souffert, mais il sait qu'il sera bientôt soigné" a déclaré le chef de l'État en remerciant "tous ceux qui ont contribué à cet heureux dénouement". Il a notamment rendu hommage aux "démocrates français". 

"Ne pas célébrer comme il se doit le président, c’est une atteinte à la démocratie" A rajouté le candidat.

Rappel des faits. Les deux Français étaient en excursion électorale ce jeudi dans les rues de Bayonne (territoire Français, "chez les péquenauds" comme on dit au QG de campagne du candidat) lorsqu’ils ont été pris à partie par des hordes de terroristes scandant des "Sarkozy enculé !" que la décence ne nous permet pas de rapporter ici. 

Sous le bombardement des huées, assorties de rafales de prospectus format carte postale, se demandant d'abord pourquoi diable les figurants encartés (le précédant dans tous ces déplacements, NDLR) ne formaient pas le cordon de sécurité visuelle traditionnel, le candidat n’écoutant que son courage a d'abord songé à lancer un "cassez-vous pauvres cons!" aux tribus locales peu faites aux coutumes de dévotion protocolaire dues à notre souverain (et décrites à la génuflexion prés par Jean-Pierre Elkabbach dans son manuel "savoir-vivre avec les puissants" ed.Delalèche, 4e réédition). Mais devant le nombre et la virulence des guerriers, et par réflexe inné du bon cliché, le candidat a essayé de jouer la victime, espérant vivement prendre un cendrier salvateur (de marque Berlusconi) sur le coin de la gueule, histoire de faire la une de Paris-Match avec une légende sacrificielle à sa gloire. 

Mais, rien n'est venu ou presque: Que de l'oeuf pourri et du papier. Ce n'est décidément pas à la hauteur de notre suzerain qui, même dans le jet d'objets du rejet, mérite au moins un chandelier en or massif ou un bidet serti de diamants. Ces Bayonnais sont vraiment des rustres.

Dans son intervention du soir à Bruxelles, le président Sarkozy a ajouté que le candidat Sarkozy souffrait de fractures sondagières, avec déplacement des courbes prolongé. Cette blessure a rendu "extrêmement compliquée" les opérations de célébration populaire sur le terrain, pourtant indispensables au bon remplissage des chaines d’information continue. Le président a refusé de fournir plus de détails sur l'amplitude de la branlée, "compte tenu de la tension extrême dans un pays sous la férule de la gangrène gauchiste".

Outre la forte insécurité ressentie hors du palais de l'Elysée, l'état d'enlisement des propositions de la majorité complique fortement l’opération de séduction de type blitzkrieg pour bourrins nommée France Forte. Dans l’entourage du président, on en est désormais réduit à espérer qu’une émeute dans nos lointaines colonies du 9-3 survienne au plus vite. "Que le peuple se déchire, c’est encore notre seul espoir de récupérer les morceaux" confie Patrick B., un conseiller qui tient à rester discret.

"Le candidat Sarkozy et Michèle Alliot-Marie ont donc quitté Bayonne au plus vite" a souligné le président Sarkozy sans nommer les participants impliqués dans l'opération, les qualifiant seulement de "sombres crétins qui seront épurés après ma réélection par les gros abrutis". 

Et le président de préciser que "François Hollande, ce marxiste sanguinaire de triste renommée, ne nous a pas facilité la tâche" en réitérant l'appel à la cessation  "immédiate" des violences socialistes contre les présidents de la république et les 3000 contribuables les plus riches de ce pays.

Espérons que l'appel au calme d'un candidat, réputé sous présidence pour son respect du peuple, son souci constant de l'apaisement et du dialogue social, sera entendu par les barbares basques.

9 commentaires:

Gérard Foucher a dit…

Excellent ! J'adore ce ton ! ;^)

Léon a dit…

Un reportage sur Sarkozy censuré en France
( reportage réalisé par la TSR Télévision Suisse Romande )
http://www.bu2z.com/video/reportage-sarkozy-censure.html

Un partageux a dit…

"Chroniqueur de guerre néo-libérale". Tu mérites bien ton titre auto-proclamé ! Qu'est-ce que j'ai rigolé en te lisant !

pupuce a dit…

you made my day!

<3 (sans offense à madame bien entendu )

Anonyme a dit…

La vedette de Bayonne c'est l'avidité de l'homme SARKOZY. Pourtant M ALIOT MARIE connaît sa ville avec sa plage privée gardée tout l'été par deux fourgons de CRS.

Vlad unrâleurdeplus a dit…

Très bon :)

Fuck Yeah ! a dit…

Les derniers billets ont un charme(cspesque) particulier mais je ne saurais dire si ca vient d'un mauvais carambolage de neurones dans ma tête ou si c'est réellement toi qui a updaté ton style. Quoi qu'il en soit :

Encore !! \o/

BA a dit…

Merkel ligue les dirigeants européens conservateurs contre Hollande.

La chancelière allemande Angela Merkel et ses homologues conservateurs italien, espagnol et britannique se sont entendus pour refuser de recevoir le candidat socialiste à l’élection présidentielle en France, François Hollande, affirme le magazine Der Spiegel à paraître lundi.

Mme Merkel, le président du Conseil italien, Mario Monti, et le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, se sont «engagés verbalement» à ne pas recevoir M. Hollande, que les sondages donnent vainqueur de la présidentielle française, selon Der Spiegel. Le Premier ministre britannique David Cameron s’est joint à eux.

D’après l’hebdomadaire, les dirigeants conservateurs sont «scandalisés» par la déclaration du candidat socialiste sur une renégociation du pacte fiscal, une pièce centrale du sauvetage de la zone euro.

http://www.liberation.fr/politiques/01012393739-merkel-liguent-les-dirigeants-europeens-conservateurs-contre-hollande

sivergues a dit…

A 81 ans M ROCARD retrouve des accents de jeunesse et délivre un pensum -dommage- une charge en régle contre nos -nains- politiques, le choc financier qui nous attend bien supérieur aux années 30 et nous rêvassons sur des programmes inapplicables ? le Diable suit le Bon Dieu comme la queue suit le chien.