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6 avril 2008

LA DEMOCRATIE EST EN MARCHE

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27 juillet 2006

FIEVRE TROPICALE A LONDRES

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L’orage éclate alors que je suis à mi-chemin sur mon canal au détritus. J’accélère le pas de peur d’attirer les foudres avec mon grille-pain en aluminium sur le dos acheter quinze minutes avant au Wolford d’Edgware Road. J’ai liquéfié celui de Djamila pour cause de trop forte proximité avec la plaque électrique. La topographie exiguë de notre cuisine ne nous autorise pas l’usage simultané de deux appareils électroménagers. Je cours, vite essoufflé, plus que jamais éreinté par la cité l’été, nouvellement gâté par mes nouvelles addictions au goudron. Je m’évapore le temps d’un shawarma poulet. La nuit est courte. Il fait bien trop chaud dans la cellule de plomb. Vers trois heures du matin, j’entends la toux significative du voisin pakistanais. Il ne lui reste que quelques mois, c’est assuré. En Angleterre, on vit dans la crasse et l’on meurt dans la misère. Je m’endors en caleçon contre le chat sur les poufs du salon. Un moustique me guette aux frontières de l’abandon. Je n’ai plus le courage de rien, je me laisse voler un peu de sang. Si je reste plus longtemps, c’est mon âme qui s’enfuira, déjà que le vocabulaire s’en va.

22 juillet 2006

CLICHES DE LONDRES

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Bloqué à l’un de ces feux éternellement rouges, j’épie deux gamins bien anglais, joufflus à la coupe rose, les bourrelets moulant leurs maillots de foot England. Ils sont prisonniers derrière la vitrine du cost cutter et font coucou en riant aux silhouettes qui passent. C’est vain. Personne ne les voit. Les gens filent têtes baissées. En deux minutes et malgré les efforts des enfants, pas un de ces adultes si importants ne les voit. Tant pis, les gamins s’amusent bien.
Londres, la riche, se vide en juillet. On a tout prévu pour mater les pauvres qui restent enfermés dans leur misère. Les affiches de la ville le placardent haut et fort : la chaîne de cinéma Film Four est maintenant gratuite. Les veaux pourront désormais regarder passer les trains des riches depuis leur salon, et ce, gratuitement. Meuh, c’est merveilleux.
Ici ou là-bas, les gens sont définitivement les mêmes. Stupides, prétentieux, gonflés d’orgueil, méchants et peureux, intéressés, facile à convaincre du moment que la décision leur évite d’avoir à penser, au final : résolument égoïste. Je n’ai rien de plus ou de moins. Je ne suis rien d’autre qu’eux. L’important n’est pas d’être ou d’être un peu moins stupide mais de le savoir et de s’en tenir là.

6 juin 2006

666 - GOOD DEVIL DAY

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J’écoute amusé depuis Londres, les échos français de polémiques anticipées d’entre deux tours d’élection présidentielle quant aux nuances entre les des deux candidats prévus par les happy-fews qui croient faire l’opinion : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je ne vois personnellement pas la différence entre ces deux incapables, respectivement, un frontiste social à grande gueule qui n’a rien accompli de probant et une prétendue socialiste bourgeoise chassant à cours sur les terres de droite. La vraie question reste le comportement de l’électeur français. Saura-t-il, comme pour le référendum de l’année dernière, résister à l’intoxication idéologique de la classe people-politico-médiatique où s’engouffrera-t-il, apeuré, dans les encadrements de portes inexistantes à force d’être défoncées, comme le 5 mai 2002 ?

Je ne souhaite plus qu’une chose pour ces élections présidentielles de 2007 : Un premier tour dont le résultat apocalyptique marque l’aboutissement logique de la cécité des élites, le ridicule de sa people-politque ainsi que l’atomisation nette de la cinquième république, une chose horrible mettant en compétition finale - comme dans un de ces épisodes de série B japonaise aux couleurs criardes - les deux honteuses créatures françaises, résidus de trente ans de pollution idéologique et d’occultation de débat public : l’extrême gauche et l’extrême droite, starring Jean-Marie Le Pen dans le rôle de Godzilla et José Bové dans celui du Monstro-plante.

22 avril 2006

INSOLATION

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Grand soleil sur la terrasse. Lecture d’un Paris-match pro-Sarkoziste d’il y a deux semaines, envoyé de Francce. Le paquet est garni d’œufs de pâques, de deux dictionnaires des synonymes et d’une grammaire anglaise un peu datée. Djamila nous annonce en chantonnant que le council l’a averti que nous allons bénéficier d’une exonération totale d’impôt. Ce pays n’en finit pas de m’étonner. Un jour le council menace de nous envoyer les huissiers sous quarante huit heures exigeant que nous réglions sur-le-champ une erreur qu’ils ont commise, le lendemain le même council s’insurge que nous payions trop d’impôt car nous sommes plus d’un ménage à partager nos soixante mètres carrés. Ce n’est pas volé.

2 avril 2006

RANDONNEE A LONDRES

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Je profite de ma peur de l’extérieur pour rattraper en une matinée plusieurs journées d’écriture. Dans les soucis combinés de profiter de cette première journée de printemps, de réduire drastiquement mes dépenses, de volonté de modeler mon corps jusqu’au dernier souffle, je marche à travers la ville pour rejoindre Lou dans une courte pause amoureuse dans un square non loin de Baker Street, quartier qui, malgré le roucoulement compressé du marteau piqueur d’un chantier préolympique, ne donne pas la sensation d’être au cœur d’une mégalopole. On est, à la rigueur, dans une rue commerçante de Bordeaux un jour de faible affluence.

Lou et moi sommes ici sans être là. Les pauses sont courtes, le travail jamais bien loin. Déjà trente minutes. Je reprends ma randonnée urbaine en guise de sport quotidien. Je remonte la north circular road, éventé par les traînées de gaz d’échappement des bolides anglais. Malgré l’apparente étroitesse de la ville, les espaces de circulation sont amples et aériens. Les espaces verts succèdent aux squares et aux rives de canaux aménagées à l’écart du brouhaha. Passé l’échangeur à l’ouest d’Edgware, le long de Harrow Road, je quitte le centre touristique et glisse le long du quartier islamique qui me sépare de Kensal Green. On est à mille lieux de la discrétion gênée des quartiers équivalents en France. A Londres, les vitrines halal sont bien visibles et les enseignes calligraphiées en arabe, fières. Quelques imams se détendent bien en vue, narguilés à la barbe. Les regards des piétons sont bienveillants. Il y a bien quelques crack-heads et autres imitations à capuches de gang members californiens pour apeurer le bon blanc que je ne manque pas d’incarner au cœur de cette zone à nette dominante musulmane. Je poursuis mon chemin me sentant, sans pouvoir l’expliquer, plus en sécurité, sûrement moins épié, que dans mon ancien quartier français.

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