Evoqué sur ce blog à la rubrique pistes et alternatives : le revenu universel (ou dividende universel ou revenu de base) serait une somme versée à chaque individu, sans critères d'éligibilité, chaque mois, de sa naissance à sa mort. L'idée fut développée en son temps par André Gorz. Les modalités et les calculs divergent suivant les approches [1]. Je m'y intéresse sur la base d'un constat simple :
1 / Pénurie organisée ou modernisation permettant de plus en plus souvent de s'en affranchir : le travail se raréfie depuis 30 ans. Dans le même temps a été distillée l'idée proprement stupide que celui ne travaillant pas (enfin... celui hors du salariat) est un bon à rien, un inactif donc un nuisible.
2 / Parallèlement, les richesses s'accumulent pour une poignée d'individus (qui, et vous allez voir c'est ironique, le plus souvent ne travaillent pas. Comme si le manque, la culpabilité, la soumission des uns alimentaient l’opulence décomplexée des autres, fortifiant au passage leur moral(e)).
Ajoutons à cela la masse de talents gâchés, s'entêtant à s'insérer dans ce rapport de force aussi idéologique qu'économique (vicié et à l'inefficacité croissante) : nous obtenons des populations appauvries, perpétuellement anxieuses et passant à côté de leur vie.
Je retrouvais mardi dernier, le monomaniaque de la création monétaire, qui vit et respire revenu de vie, Stéphane Laborde, ravi qu’enfin, un parti de gauche, en l’occurrence le parti de gauche, réponde à son appel à la discussion [2] sur le revenu universel.
Corinne Morel-Darleux tempère l’enthousiasme de notre ingénieur. Bien qu'elle réfléchisse avec Baptiste Mylondo au sein du mouvement Utopia à une proposition de loi sur le revenu universel, la secrétaire nationale du PG en charge des questions écologiques (et conseillère régionale Rhône-Alpes) s’exprime en son nom, pas en celui de son parti où la question fait encore débat.[3]
Chamboulant les conditionnements mentaux, le changement de paradigme qu'implique une allocation universelle bouscule aussi bien la gauche (où l'évoquer permet de se faire traiter de libéral, puisqu'elle sous-entend de repenser les prestations sociales) que la droite (où en faire part, réenclenche le laïus sur "l'assistanat du tire-au-flanc").
Chamboulant les conditionnements mentaux, le changement de paradigme qu'implique une allocation universelle bouscule aussi bien la gauche (où l'évoquer permet de se faire traiter de libéral, puisqu'elle sous-entend de repenser les prestations sociales) que la droite (où en faire part, réenclenche le laïus sur "l'assistanat du tire-au-flanc").
Voici l'interview vidéo de Corinne Morel-Darleux en deux parties. L'entretien a débordé le cadre du revenu universel et de son application (fiscalité, échéance) pour aborder des thématiques jointes (La VIe république. L'instauration d'"une assemblée constituante" où des représentants du peuple rédigeraient une nouvelle constitution à l'image de ce qui se construit actuellement en Islande. La proposition de loi du PG sur le revenu maximum autorisé. L'articulation à trouver entre un Etat fort qui édicte des règles-cadres et sanctuarise les services publics, et de l'autre, l'entrée des citoyens dans les décisions de gestion des biens communs au niveau local...)
Partie 1 :
Présentation / Concept du revenu universel / Quid des minimas sociaux ? / Modalités / Différence entre RSA et revenu universel / Le revenu universel et les mineurs. 12 minutes.
Partie 2 :
Revenu universel et Europe / Articulation entre Etat fort et société décentralisée / Les monnaies complémentaires. 11 minutes.
"- Qualifier le gouvernement de libéral tout de même, vous y allez un peu fort… "
Partie 1 :
Présentation / Concept du revenu universel / Quid des minimas sociaux ? / Modalités / Différence entre RSA et revenu universel / Le revenu universel et les mineurs. 12 minutes.
Partie 2 :
Revenu universel et Europe / Articulation entre Etat fort et société décentralisée / Les monnaies complémentaires. 11 minutes.
"- Qualifier le gouvernement de libéral tout de même, vous y allez un peu fort… "
S.Laborde, 18.01.2011
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[2] Les deux partis politiques à avoir répondu jusque-là à nos questions sur le sujet sont Alternative Libérale et le Parti Chrétien Démocrate.
[3] Interrogé sur la question en février 2010, J-L Mélenchon bottait en touche, ne se considérant pas spécialiste sur ces questions et, craignant la dévalorisation du travail qu'entraînerait ce dispositif.



