vendredi 7 mars 2008

COMEDIE FRANCAISE

SCÈNE DE LA VIE QUOTIDIENNE DANS UN QUARTIER BOURGEOIS

LE DARON
(encarté UMP)
Bordel de Merde ! Je ne vais toucher que 1800 euros par mois pour ma retraite, Quel scandale !

SEB MUSSET
Putain 1800 par mois à rien branler ! Quel scandale. Nous on vit avec ça pour deux depuis des années en bossant. Enfin... surtout elle.

Je ne m'attarderais pas sur ces manifestations plutôt gonflées de la part de retraités globalement gâtés, souvent propriétaires, à 75% sarkozistes qui découvrent enfin que le monde libéral pour lequel ils ont voté est ainsi fait qu'il enculera jusqu'au dernier des faibles dont, en tant que vieux dépendants de leurs pensions, ils font mathématiquement partie.

Au moment donc où les retraités défilent pour la revalorisation de leurs pensions, je m'efforcerais plutôt de souligner un paradoxe bien français
à la source duquel on trouve (encore) la génération du baby-boom. Paradoxe relatif à l'inconsistance éducationnelle de cette génération gâtée comme aucune autre avant elle et vraisemblablement aucune après elle, et à l'hypocrisie coupable dont elle fera décidément preuve jusqu'au bout en surfant sur les précarités financière et intellectuelle de ses enfants.

En France, c'est une triste réalité : Les vieux jouent aux jeunes, les jeunes veulent être vieux.


Alors les vieux et les jeunes se retrouvent une dizaine d’années, en famille autour du berceau du bébé, innocent fédérateur, au moment où les jeunes retraités deviennent grands-parents. Leurs enfants trentenaires, esclaves assujettis à rembourser les crédits, leurs confient leurs propres enfants la majeure partie du temps parce que, quand même, « ça coûte moins cher que la crèche ». Et c’est sympa cette époque là : table rase des rancœurs, tout le monde s’aime enfin ! Ça rajeunit les vieux qui se baladent dans le jardin du Luxembourg avec bib' et poussettes trois roues et ça vieillit les jeunes qui se voient plus « matures » avec, enfin, une signification dans la vie sociale. Éphémères satisfactions. Attendons que tout le monde ait dix ans de plus… Que les jeunes vieux deviennent de vrais vieux, capables de pas grand chose si ce n’est de se plaindre, que les trentenaires inquiets de « leur baisse de pouvoir d’achat » deviennent des quinquas réacs angoissés de ne pas toucher « assez d’héritage » et de devoir payer une maison de retraite pour des parents qui « n’en finissent pas de vivre » tandis qu'en dessous, leurs ados de mômes pollués par la mentalité consumériste ambiante les pressent comme des citrons en les traitant de ringards.

C'est Maman qui avait raison. En 1983, elle me disait : « Mon chéri, si c’est pourri aujourd’hui, dis-toi que ce sera pire demain. ». Aujourd'hui, retraitée, elle vote à droite et désespère d'être une grand-mère "dans le coup".

3 commentaires:

labilbe a dit…

Comédie dramatique quand même

Anonyme a dit…

C'est vrai on est des privilégiés mais les privilèges cela ne dure qu'un temps et quand il y a l'inflation on a pas de patron à qui demander une augmentation.
signé: un retraité qui a beaucoup donné parce qu'il a eu un enfant et qui ne vote pas Sarko.Oui,camarade, il y en a.

Anonyme a dit…

la plupart des électeurs sarkozystes que je connais sont vraiment très cons...

Pourquoi ? dans un système qui fonctionne sur le sacrifice continuel des plus faibles, tout ceux qui ne font pas partie de la classe dominante seront sacrifiés. D'abord les pauvres, ensuite les jeunes bourgeois dopés au paraitre, ensuite les retraités. C'est simplement mathématique.

Et oui, on est toujours le faible de quelqu'un. Il ne sert à rien de jouer au chat si on est une souris.