30 octobre 2020

#Confinement2 Jour 1 : Parce que c'est son projet

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 « Les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer, les EHPAD et maisons de retraite pourront être visitées » — Emmanuel Macron, 28 octobre 2020 

En presque un an, le gamin débile nous aura fait toutes les combinaisons possibles du jeu de mécano. La queue entre les jambes, il aura eu beau ressasser le terme "notre stratégie" lors de sa dernière bafouille télévisée, ça ne fera pas la farce. C’est SA stratégie et la vérité c’est qu’il n’en a jamais eue. 

Mercredi soir, après avoir agité un bilan aussi gratuit que fou et fantasmé de 400000 morts qui ne sont pas morts grâce à "nos efforts", le conseiller clientèle nous annonce donc quatre semaines de confinement qui seront réévaluées dans deux. Ce sera donc minimum six, avec des écoles en vrac d’ici quinze jours et un retour total à la situation de mars avant la fin novembre

J’avais prévenu en mars la suite du confinement c’est le confinement. Le pouvoir a juste mis sous le tapis l'hystérie COVID qu'il a lui même généré et continuer à laisser filer pépouze les programmes de fermetures d'hôpitaux entre les deux vagues. Le premier confinement était la conséquence d'échecs passés et multiplies, celui-ci est une défaite exclusive et impardonnable du président de la République. 

Et ce sera un échec supplémentaire. Si les mesures de reconfinement du Baltringuistan restreignent  encore une fois les libertés du plus grand nombre, elles ne modifient rien au grand brassage des contaminations : école, transport, entreprise. 

Seule innovation de l'automne, le labeur devenant un sauf-conduit, au bout de 10 mois de lutte sanitaire avec son épée en carton pour une restriction croissante des libertés, Macron réinvente le camp de travail. (Sauf que là tu payes ton loyer et des impôts). 

Pour les enfants, les adolescents et les enseignants, c'est plus cynique. Pour permettre aux cadres de télé-travailler (télé-travail qui n'a pas une fois été rendu obligatoire depuis la fin du premier confinement), 12 millions d’élèves et 1 millions de profs vont pouvoir continuer à passer la journée en toute promiscuité dans des locaux exigus. On dira que c'est pour le bien des enfants, certes. Si seulement il y a avait eu des preuves de ce souci gouvernemental des élèves depuis la rentrée de septembre. Mais non. De l'avis de tous les personnels et enseignants, d'un point de vue sanitaire cette rentrée a été un ratage de plus se surajoutant aux autres problèmes non traités (manque d'effectif, classes surchargées...). Ne pas croire évidemment le monsieur Propre de l’éducation nationale fanfaronnant depuis son paddle estival à l'unisson d'un gouvernement en lévitation que "nous sommes prêts". Rien n’a été accompli d'efficace depuis le début du déconfinement pour les collèges et lycée, il ne faut pas espérer grand-chose de plus dans les deux jours qui restent. Les écoles tiennent encore un peu parce qu'elles sont portées à bout de bras par les enseignants clairement sacrifiés par le conseiller clientèle en chef qui visiblement est plus soucieux des votes des seniors. 

Les seuls autres à bénéficier de quelques largesses souveraines : les personnes âgées dont les protocoles de visites en EPHAD seront allégés. Tant mieux pour elles sincèrement même si, là encore, on marche sur la tête sanitaire puisqu’elles sont les victimes quasi exclusives du machin chinois. Les autres ? Ils doivent travailler. 

Travail travail travail. Le conseil clientèle en chef n’a eu de cesse de le répéter. Pas mal comme mantra pour un mec qui aura généré en fin de mandat du chômage comme personne avant lui. 

Rasez les murs si vous êtes en bonne santé et vivez dans le travail tant que vous avez un travail (puisque au-delà de cela point de vie en macronie). Malgré l’apparente adhésion populaire, avec ce confinement sans fin et sa ribambelle d'échecs, c’est désormais juste une question de temps avant que les Français en aient marre qu'on se foute de leur gueule avec autant de solennité sur une base quasi quotidienne. L'équation tabou (effondrement mental, physique et économique du pays VS. sauver 30000 octogénaires) va se poser de moins en moins timidement y compris, je suis prêt à le parier, chez les moralistes des premières heures de la guerre sanitaire.

La seule vague bonne nouvelle dans ce merdier : le conseiller clientèle en chef peut déjà préparer ses valises, il sera collectivement licencié pour incompétence notoire et faute grave à répétition.  

(Illustration honteusement piquée à Pierre-Emmanuel Barré parce que j'ai eu la flemme de photoshoper la gueule du couillon sous un rouleau de PQ. Au passage je m'étonne qu'aucun start-uper en papier-toilette n'ait eu l'idée de le faire. Vu le contexte : succès financier garanti et passages médiatiques assurés)



23 octobre 2020

En attendant le reconfinement

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Lors du point presse gouvernemental du 22 octobre 2020 (sur la montée du virus COVID-19 dans la population, médiatiquement nommée la deuxième vague), j’ai appris plusieurs choses intéressantes : 

- Que le couvre-feu à 21 heures d'un tiers de la population, bien que respecté et n’ayant aucun effet : il serait étendu a encore plus de territoires dans le pays. 

- Que, au même titre que le lavage des mains et le port du masque, le travail était considéré comme un geste barrière. (dixit Castex) 

-  Que, si les Français n’étaient pas plus responsables, le reconfinement leur pendait au nez en novembre (même si le mot a soigneusement été évité). Toujours selon le même Castex. 

- Que, au bout de bientôt un an d’alerte pandémique, une première vague sur le sol français et, après avoir décidé la réouverture totale des frontières, des écoles, des transports en communs saturés, après ne pas avoir clairement obligé à placer en télétravail les salariés des entreprises qui le pouvaient alors que notre pays explose les records de contamination européen, le ministre de la santé avait tout juste "démarré une étude sur les lieux de contaminations des malades du COVID". 

 "C’était fascinant. Nous vivions dans une peur panique de l’invisible et nous étions dirigés par des cons, surdiplômés mais authentiquement cons " : C’est ce que je raconterai à mes petits enfants au coin du brasero dans mes montagnes reculées pour leur expliquer comment nos gouvernements occidentaux s’y sont pris pour flinguer nos pays. Je leur dirais aussi : "Oui, l’effondrement est arrivé à forces de mesures destructrices et liberticides qui n’ont en rien enrayé le virus". Un virus ça n’est pas un "ennemi". Ça n’a pas d’âme. Un virus ça se propage. C’est sa fonction unique. L’obstination de ce gouvernement à ne pas reconnaitre son impuissance dans ce domaine est la plus grosse erreur de son catalogue d'erreurs. 

Pour contrebalancer sa noyade quotidienne, la république du Baltringuistan opte pour les mesures liberticides, l'infantilisation et la culpabilisation des Français. C’est la faute des jeunes et de leurs soirées clandestines ou des mauvais citoyens qui portent mal leur masque. C’est peut-être vrai, mais de façon résiduelle, à la marge. La seule chose que je constate concrètement pour le moment c’est que nous payons et n'avons pas fini de payer collectivement les conséquences de mesures à 100% gouvernementales

- Le confinement et son blocage de l’économie au printemps avec des conséquences désastreuses à court, moyen et long terme, n’a qu’une justification : l’impossibilité des hôpitaux à faire face à cause du  manque de lits de réanimations, de personnels soignants. Cette impossibilité résulte de décisions politiques(1). Entre les deux vagues du virus des milliards ont été distribués aux grosses entreprises, rien n'a été fait pour l’hôpital. Devine quoi ? Ce sont des décisions gouvernementales. 

- Le déconfinement, géré en mode YOLO (par un certain Jean Castex, logiquement promu premier ministre), la rentrée décomplexée du slip avec des écoles et universités grandes ouvertes et bondées, des transports en commun saturés et du présentiel inutile dans des entreprises aux protocoles sanitaires souvent risibles ? Là encore : des décisions gouvernementales.

Einstein disait parait-il que "la folie c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent".

Comme d'autres gouvernants, notre Président du Baltringuistan s'est piégé lui-même en déclarant une guerre sans munition ni stratégie, en continuant comme ses prédécesseurs à tirer sur sa propre armée  (l'hôpital). Ces néolibéraux n'ont pas de vision à long terme autre que leur logiciel classique : coupes budgétaires pour faire plaisir aux copains et travail + endettement pour assommer la populace.

Voilà donc qu’après avoir "sauvé les vacances", la petite musique du "il faut sauver noël" se fait subtilement entendre dans les médias (qui non contents de faire l'après-vente du couvre-feu, teasent désormais les bandes-annonces gouvernementales). En décodé les ploucs, on va peut-être bien à nouveau vous parquer sur canapé. Faut dire, ça craque un peu dans tous les pays d’Europe quelle que soit la ligne sanitaire menée. Ici, notre prétentieuse République du Baltringuistan a choisi une gestion à base de "je montre mes muscles" et de contraventions à 135 euros, et elle est régulièrement prise en flagrant délit d'incohérence et de ridicule. Sur la base imaginaire de "morts évitées", elle alimente une défiance populaire et génère une misère croissante (1 million de Français supplémentaires ont basculé sous le seuil de pauvreté depuis le début de l’année) qui inévitablement tourneront en violence. 

"Je ne dirais pas que c'est un échec : ça n'a pas marché" a déclaré le conseiller clientèle en chef le 14 octobre au sujet de l’application mobile Stop Covid. Il pourrait l'appliquer à l'ensemble de sa gestion depuis le départ de cette histoire. 

Face à ce virus, avec ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas, il n’y a pas 36 attitudes à avoir. Il y en a juste 2, elles sont relativement simples et ont chacune un coût : Le renoncement total à la liberté (avec ses conséquences) ou l’acceptation éclairée de cette liberté en attendant que ça passe (avec ses conséquences). En résumé, on serre la vis ou on serre les fesses. Toutes les mesurettes entre sont vouées à l’échec répété. Les gesticulations gouvernementales depuis septembre sur le dos de nos libertés pour ménager les vieux (qui votent, à la différence des jeunes) et le MEDEF ne trompent personne : nous subissons en temps réel un ratage gouvernemental de plus. 

En attendant, je ne dis pas qu’il va y avoir reconfinement : je dis juste que je vais juste profiter des vacances des parisiens pour stocker des nouilles, des vinyles et du rhum. 

(1) Rappel : Sarkozy a fermé une centaine d'hôpitaux et environ 50000 lits d'hôpital pour "éviter de faire payer l'addition à la génération qui vient"


14 octobre 2020

Et maintenant, essayons la dictature

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Voilà. La nation solidaire attendait impatiemment les décisions du plouc. Il a parlé. 

"On s'était progressivement habitués à être une société d'individus libres"

Après avoir laissé les écoles ouvertes, les transports en commun pleins à craquer,  ne pas avoir imposé le télé-travail et chié à longueur de journées depuis Paris des mesures incohérentes et contradictoires,  face à la hausse des contaminations, le conseiller clientèle en chef de la république du Baltringuistan annonce ce soir un reconfinement reloaded sous forme de "couvre-feu" de 21h à 6h pour 20 millions de personnes.  Pourquoi pas la réglementation de consommation du Banga et l’interdiction de la marelle, tant qu’on y est ?  Ça doit bien être un peu efficace aussi. 

Embarrassé par ces flagrants-délits d'incompétence répétés et le constat de son impuissance le reste du temps, la république du Baltringuistan doit montrer à son électorat âgé qu'elle agît. Disons-le clairement d'un point de vue sanitaire cette nouvelle étape du couvre-feu sera une « bataille » perdue comme les précédentes. On ne déclare pas la guerre sans munitions ni artillerie, sans stratégie ni capacité à apprendre de ses erreurs. Tout ce qui a été mené jusque-là par la technocratie du Baltringuistan a raté.

- L'absence de masques au début, 
- Le confinement (conséquence massue d’échecs préalables), 
- Le déconfinement (et son open bar décomplexé, avec frontières ouvertes illicos pour les cadres sup), 
- Les tests en pagaille (qui n’ont clairement servi à rien durant des semaines),
- L’application mobile torchée avec les pieds,
- L’obligation aveugle du masque en extérieur (au lieu de clairement plancher sur des mesures sanitaires efficaces d’aménagement ou de ventilation des locaux et de favoriser le télé-travail). 

Mais peu importe, le bougre est grisé. Le plus important c'est de nous faire glisser par touches progressives dans un régime policier et totalitaire au cas où les esprits s'échaufferaient (et avec les millions de chômeurs qui vont débouler, ça devrait fort logiquement se produire). 

Après tout, pourquoi s'en priverait-il ? Maintenant qu'il a le pied dans la porte, qu'on est tous bien conditionnés et qu'on se bâillonne bien gentiment la gueule, tout est possible. 

L’épidémie se propage de plus belle parce que personne n'y peut rien, ni Macron ni personne. On est en slip face à ce virus (en slip, mais avec un masque). S’ils daignaient descendre dans ce pays qui les terrorise, nos élites constateraient que le masque est bien porté partout, même dans les coins où il n’est pas obligatoire (vu et vérifié ce week-end à la boulangerie d’un village de l’Eure-et-Loire : 100% du port du masque). Mais un bout de tissu n’est pas la panacée. Un masque retarde, diminue, mais n'est en aucun cas une protection à 100%. Tant que tu peux respirer tu peux contaminer et être contaminé, Promiscuité + espace non ventilé = contamination inéluctable, masque ou pas. Un enfant de 5 ans peut le comprendre. Les plus grosses villes sont aujourd'hui les plus touchées par une reprise des contaminations. Les écoles et universités (35%), les entreprises (20%) sont les principaux cloaques de contamination (aka clusters (Chiffres : Santé Publique France). Et fuck l’entassement dans les transports publics. Ça n’existe pas, c’est pour les pauvres dixit le préposé gouvernemental aux transports. Evidences balayées avec condescendance d’un revers de main magique par le gouvernement des déconnectés. 

Voila donc le programme. Vivre enterré (sauf pour aller travailler) pour ne pas risquer de mourir, quel projet et pour quelle putain de réussite jusqu'à présent ! La start up nation est en fait le pays de l’enlisement technocratique au service exclusif de la rente, du MEDEF et de sa réélection. Avec le bon appui médiatique*, le conseiller clientèle en chef en chef pourra peut-être se prévaloir d'avoir « sauvé des vies », puisqu’il ne lui reste que le domaine du fantasme pour démontrer l’efficacité de son action (tout en accusant le moindre sceptique de complotisme ou de propager des fake news). Combien de vies ce gouvernement aura t-il concrètement flinguées pour en arriver à ce chiffre imaginaire ? Le bilan des morts évitées est le paroxysme de la malhonnêteté intellectuelle. On pourra y opposer dans quelques temps le chiffre réel des suicides, dépressions, autres pathologies non soignées à cause de la gestion hystérique du machin chinois ainsi que le bilan désastreux pour les petites entreprises, les secteurs « non essentiels » de l’économie (indice chez vous : tout ce qui n’a pas de gros actionnaires) et l’ensemble d’une classe d’âge à qui l’étiquette génération Covid collera sur le front durant des décennies pour justifier un taux de chômage stratosphérique et son assortiment de salaires minables (pour changer). Dangereux je ne sais pas, mais il m’a l’air quand même bien un petit peu néo libéral ce virus. 

Sacrifier les vieux tout en culpabilisant les jeunes, puis sacrifier les jeunes tout en ne faisant concrètement rien pour les vieux, et que les seconds en veulent aux premiers pour leur égoïsme et vice versa, et au final tous les accuser de ne pas être de bons citoyens : Voilà à peu près la seule ligne que l’on peut dégager de la gestion sanitaire gouvernementale.

Il reste néanmoins une lueur d’espoir. A 100% de positivité, avec une écrasante majorité de survivants, cet acharnement thérapeutique au mépris complet des libertés fondamentales en démocratie, de notre bien être, de notre santé dans les tous les autres domaines devrait cesser. On pourra peut-être enfin retrouver ce qui fait qu'une vie vaut la peine d'être vécue, et collectivement corriger les erreurs qui nous ont conduit jusque-là, au lieu de s’acharner à se fracasser à répétition contre le mur de l'évidence : on ne peut pas vivre sans respirer. 

Je n’en suis même plus si sûr. Les murs de la prison mentale que nous construisons de nos petites mains à force de renoncements masqués, de consentements quotidiens à l'absurde et à la perte d'espaces de liberté que nous peinerons à reconquérir, m’ont l’air bien épais.

*Je rappelle les bases médiatiques françaises :
Trump = Prout, Macron = Roi Soleil.

(rassemblement de trois personnes autorisé)

21 septembre 2020

Collaborons avec l'ennemi

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Le chef de guerre en carton aura mis neuf mois à capituler : il faut « vivre avec le virus ». 

Après l'appel solennel à la guerre au printemps, l’automne venu l’état-major dépassé reconnait la défaite. La puissance ennemie a envahi le territoire, signons l’armistice : collaborons avec l'ennemi invisible. 

Réduisant la "quatorzaine" à sept jours et allégeant le protocole sanitaire des écoles au moment même où le nombre de cas explose (cassons le thermomètre ça fera baisser la fièvre et au passage sacrifions les enseignants), le conseiller clientèle en chef prouve sans l'avouer qu'il a fait le choix de l’immunité collective. Je ne vais pas m’en plaindre à titre personnel d’autant que je ne vois toujours pas l’ombre d’un vague rhume venir. Reste encore une montagne d’absurdités technocratiques quotidiennes qui ont plus à voir avec la superstition qu'avec la science et dont nous sommes tous et toutes les acteurs : le port du masque obligatoire mais à géométrie variable suivant que tu sois piéton ou buveur de bière en terrasse, la frénésie du test inutile, les injonctions à la consommation de masse et au maintien d’une vie professionnelle et culturelle « normale » alors même que l’on nous culpabilise en permanence sur nos regroupements familiaux ou personnels…  

Magie des chiffres. Le nombre des réanimations Covid est sensiblement le même à trois mois d’intervalle : 750 au 17 mars (hausse), au 17 juin (baisse), au 17 septembre (hausse). Le virus semble aussi saisonnier que l’incompétence des gouvernements Philippe et Castex qui, d'un semestre à l'autre, ont foiré la gestion des masques en pénurie et celle des tests en abondance. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, et avec toujours aussi peu de lits et de personnels dans les hôpitaux alors que les milliards ont été copieusement distribués au secteur privé : nous devrions repartir pour une période dure, pour peu qu’on l’ait quittée un jour. Ça tombe bien les Français désirent, parait-il, de l’autorité. Et s'il y a des morts, on pourra toujours dire que c'est la faute de ceux qui vivent dans le péché. 

Quand la guerre sera terminée (d’ici quatre ans, temps moyen constaté des guerres occidentales), qu'une puissance étrangère (la Chine qui sait, smiley cocasse) nous aura libéré avec son vaccin salvateur et qu’un ouvrage-somme sera publié sur cette débâcle, il aura suffi à son auteur de reprendre la chronologie des faits et les déclarations de chacun pour savourer le grotesque de notre hystérie nationale. Elle n'a d’égale que l’absence stratégique de nos gouvernants et l’impuissance matérielle dans laquelle ce gouvernement (et ceux d’avant) à force de coupes budgétaires ont délibérément plongé le pays. 

On pourrait s’en amuser pourtant mon petit doigt me dit que les temps compliqués ne font que commencer et que la période, aussi démesurée que simple, du confinement généralisé nous paraîtra si douce en comparaison de ce quotidien de tests obligatoires permanents, de fichage à tous les étages et de délation qui nous pend au nez. Sans parler du vaccin magique qui nous promet encore une belle tranche de rigolade républicaine. 

Comme a dit un ami il y a de cela quelques années : « tout ça finira dans des stades, et pas pour faire du sport ».


31 août 2020

Panique à Covid Country - Saison 2, épisode 1 : La peur contre-attaque !

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C’est la rançon du succès. La saison 1 vous a cloué à votre fauteuil, la saison 2 va vous couper le souffle. Quant un blockbuster marche de la sorte, il faut s’attendre à une suite bien opportuniste. Bienvenue donc à la « deuxième vague » du Covid 19 tant espérée par nos autorités. 

Alors stop. J’entends dire que la « guerre » contre « un ennemi invisible » serait un prétexte idéal pour soumettre les populations mondiales, à commencer par notre belle république du baltringuistan. Je m’inscris en faux. Ce n’est pas un complot. Vu le ratage du printemps dernier et l’improvisation générale au plus haut sommet, je ne vois pas l’ombre d’une préparation ou même d’une ébauche de plan de complot de la part des tocards en charge des choses et de nos destins. Nous avons simplement à faire aujourd’hui à la médiocrité de cyniques qui s’adaptent à la situation.

Le conseiller clientèle en chef est-il décidé à surfer sur la seconde vague jusqu’aux prochaines présidentielles en instaurant plus qu’un climat de terreur, en propageant la croyance ? Deux ans c’est a peu près ce qui nous est annoncé pour une éradication du virus, deux ans c’est à peu près ce qui nous sépare de la prochaine présidentielle. Au passage si cela permet de mater en gardant les mains propres toute opposition, contestation ou vague mouvement social pour des raisons « sanitaires » : ce serait quand même pas mal. 

Le Covid-19 est désormais plus qu’un virus, c’est une religion. Moins on le voit plus on y croit. Ça n'a pas de fin. Toutes les mesures contradictoires de l'été, d'une ville à l'autre, efficaces ou non, ont plus avoir avec l’irrationnel et la superstition qu’avec la science. Et de quoi une religion a besoin pour perdurer ? De fidèles. Ce petit monde orwelien se met en place « naturellement » sans même que l’on puisse le reprocher à quelqu’un tant nous sommes tous acteurs de cette farce.

Le cocktail est parfait : la peur de la mort, le code de bonne conduite (même s'il est absurde et sans cesse contredit), la culpabilité (tout est de notre faute, on ne cesse de nous le rappeler) et la confession (les déclarations de cas-contact : de la délation pure et simple). Nous avons nos évangélistes (H24 sur les chaines d’info pour qui d’ailleurs les règles de port de masque obligatoire ne s’appliquent pas) et des hérétiques (bouh les méchants anti-masques). 

On croyait être au-dessus de ça, on s’est recréé une nouvelle religion en six mois, sponsorisée par les chaines d’infos continus et validée par l’état. On en a même oublié la Chine qui nous a envoyé cette merde. On fonctionne désormais en panique autogénérée. Evidemment « anti masques » ou « pro Raoult »  sont moqués et assimilés à des complotistes avec l’aide de toutes les rédactions et des portes flingues de la pensée autorisée sur les réseaux sociaux quant bien même ils ont (parfois) raison.  On en est à un point de délire collectif que l’on nous demanderait de se foutre une plume dans le cul pour nous protéger du virus qu’on trouverait encore des moralistes rentrant leur deux mois de vacances à l’autre bout de l’Europe pour nous dire qu’on a mal lu le tuto sur gouv.fr, qu’on s’est trompé de sens, et que vraiment « le français » est bien moins responsable que le grec ou l’italien qui lui se soumet bien gentiment aux consignes sanitaires et sert des Spritz à prix cassés.  

Tandis que les files d'attente s'allongent devant les centres de test (by the way : le meilleur endroit pour être contaminé), une logique se dessine tout de même dans ce délire : ce gouvernement nous aime bien malades, apeurés, isolés, cons et dépendants de lui. Pour l’instant force est de constater : ça marche.  Nous aimons croire, nous aimons avoir peur et, pour beaucoup, nous aimons même être malades. Après nous avoir convaincu en quatre jours de nous emprisonner de nous mêmes deux mois à domicile, Jacques à dit pour la rentrée : pour faire oublier le fiasco des masques de l’hiver dernier, je t'oblige à porter un masque en extérieur à l'automne (inutile tant qu’il n’y a pas de situation de promiscuité). Pour ta santé et celle des autres, ton masque tu porteras dans la rue ou au travail sauf si tu fumes, tu bois au bar et en terrasse ou si tu es à l’antenne de BFM. Tout ceci est parfaitement logique.

En comparant les statistiques INSEE des dernières années avec les chiffres des décès identifiés COVID on s'aperçoit en fait que la moyenne de l’espérance de vie AVEC Covid est proche, voire supérieure, à celle SANS Covid (paye ton apocalypse), des pans de l’économie à commencer par ceux de la culture s’effondrent les uns après les autres et notre plus gros recruteur sera bientôt Pole Emploi…  Mais peu importe. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais l’effort collectif et notre peine individuelle en attendant le vaccin (obligatoire et payant) de la rédemption. 

Le paradis ça se mérite. 

Sinon c’était comment les vacances ?


20 juillet 2020

Port du masque obligatoire, c’est la chenille qui redémarre

par
Deux mois sont passés dans le monde d'après...

En juin, on souffle un peu. Le citoyen veut des vacances, l'Etat veut du PIB. Un petit air de "plus rien à foutre du virus" plane sur le pays depuis le début du déconfinement. Les incompétents du gouvernement ont été remplacés par d'autres incompétents provisoirement moins impopulaires. On peut donc recommencer à culpabiliser le quidam, lui dire qu'on va lui baisser son salaire, qu'il coûte trop cher, qu'il se relâche trop, fait trop la fête et porte mal son masque. 

En juillet, ça reconfine un peu partout en Europe. Plusieurs signaux sanitaires sur une hausse de la propagation du covid titillent ces rédactions d'info-feuilleton qui raffolent de l'affolement. Le gouvernement Baltringuistan-du-Castex décrète en plein milieu des grandes vacances (comme il le ferait pour une hausse de taxe honteuse) que le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos (tous sauf l’entreprise bien sûr, ce qui permet aux experts de chaines d'info-feuilleton de faire la morale sans masque en lieu clos sur l'importance pour les autres de porter le masque en lieu clos).

J’avoue que je ne comprends pas le pataquès actuel autour du port du masque, comme s’il fallait être systématiquement pro ou anti sur chaque chose. Je croyais naïvement que le port du masque dans les lieux publics clos était, si ce n'est obligatoire, au moins très fortement recommandé vu que c’est précisément l'absence de masques l'hiver dernier qui nous a collectivement fait traverser deux mois merdiques au printemps suivant. 

Il fallait juste le temps que l'opinion oublie un peu le fiasco d'état de la pénurie de masques à l'origine du confinement pour que le nouveau gouvernement légifère plus fermement au sujet du petit bout de tissu qui, s'il avait été livré à temps et porté par tout le monde nous aurait probablement évité deux mois de prison et dix ans de crise économique.  

Le masque c'est surtout le marqueur le plus visible d'un sombre futur collectif. On veut revenir comme avant, avant le confinement, même si "comme avant" c’était loin d’être la joie. C'est ça le monde d'après, chapitre 1 : « le monde d’avant n’a pas compris qu’il était mort ». Tout est en transition. Relations humaines, réunions, façon de travailler, tourisme, lieu de vie, espace habitable… plus rien n’est déjà plus comme avant et ça va continuer.  Il y a ceux qui le comprennent et s'adaptent et ceux qui foncent sans masque et gestes barrière, avec les mêmes schémas mentaux et certitudes, dans le monde d’hier. Si ce n’est pas ce virus, ce sera son petit frère encore plus musclé. La question n’est pas si mais quand. Les années à venir, dans les domaines sanitaire, écologique et économique, ressembleront plus à Mad Max qu’à L’auberge espagnole

C'est ce que nous dit le masque et c'est ce que l'on voudrait oublier.  


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