11 septembre 2013

[J-29] Résidents de la République

par
Sachez que je violente par SMS mon sweat-shop délocalisé de rédacteurs pour qu'ils terminent mon livre en temps et en heure. Ils m'ont déjà fourni une première liste de mots-clés :

#socialisme #promesses #abandon #blonde #victoire.

L'abondance sort dans 29 jours.

Abondant play list - sample #4
Alain Bashung - Résidents de la République 2009

Débaptisez-moi ! (épisode 2 : l'Eglise contre-attaque)

par

Rendons hommage à René Loubouvier et à son combat contre cette satanée Eglise catholique collant aux baskets de ceux à qui l'on a imposé un baptême étant bébé.

René n'a rien contre l'église, mais c'est comme ça : il n'a pas demandé à être baptisé, et ne voit pas pourquoi il serait comptabilisé comme "catholique". Je suis un peu pareil, je n'aime pas qu'on parle en mon nom, ou que l'on m'associe à des groupes sectaires, homophobes, extrémistes ou les trois à la fois[1].

Résumons. Après avoir fait barré son baptême dans le registre du diocèse en 2001, le septuagénaire normand voulait disparaître définitivement de la liste des baptisés. On n'est jamais trop prudent. Le Tribunal de Coutances lui donne raison en 2011.

Alors j'entends (et reprends des commentaires laissés sur mon premier article sur le sujet), "c'est pas grave d'être sur une liste", "de toutes les façons un sacrement ne veut rien dire", "et puis personne ne peut la voir cette liste"... D'accord. Mais, bizarrement, cette chose "futile" (qui a  nécessité dix ans de procédure) est prise très à cœur par l'état-major des cathos puisque l’évêché a fait appel de cette décision (pas de miséricorde pour les hérétiques).

Que René Loubouvier soit damné. En appel, Le Tribunal de Caen donne finalement raison à l’évêché. Le nom du boulanger continuera à apparaître sur le registre du diocèse. René Loubouvier (comme des millions d'autres) pourra donc continuer à être utilisé dans le débat public en étant compté comme catholique (pratiquant ou pas tout le monde s'en fout, le principal ce sont les effectifs).

Merci donc à l'Eglise catholique de nous confirmer par son action en justice que cette bataille pour l'apparition ou pas des noms dans ses listes est capitale pour elle. On comprend sa panique à l'idée que René réussisse son coup. Avec une telle jurisprudence, elle courait le risque d'une fuite massive de recensés, euh pardon d’enrôlés de force. 

René Loubouvier a annoncé en mai dernier qu'il irait en cassation


[1] Je n'évoque pas ici mon passage chez les scouts de 9 à 11 ans qui m'a poursuivi durant vingt années dans la boite aux lettres avec, entre autres, les vœux personnalisés de Christine Boutin à chaque fin d'année. Fondamental traumatisme.

6 septembre 2013

Retraites : La stratégie du renoncement

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Un sondage du Pèlerin révèle que 74% des Français sont opposés à la réforme des retraites annoncée par Jean-Marc Ayrault. Bizarrement, c'est peu commenté.

Même les mesures sur les femmes et la pénibilité ne font pas passer la potion magique.

C'est vrai qu'en y regardant de près, c'est encore plus vicieux qu'une bonne grosse réforme de droite.

Les points pénibilité ne sont qu’un hochet. On ne pourra au mieux en cumuler que 2 ans (contre 15 ans de travail à risque), c'est-à-dire juste de quoi revenir à la situation de ...2013. Paye ton avancée sociale ! 

Les points pénibilité c’est aussi, et surtout, faire rentrer dans les consciences le concept de retraite à la carte (individualisée) dans un système mutualisé (pour tous). Bientôt, chacun pourra reprocher à l’autre d’avoir un métier moins dur que le sien et de toucher trop : là aussi un vrai progrès social, et un point d'argumentation prometteur pour de futures réformes. Nos dirigeants veulent que la pénibilité au travail soit reconnue ? Qu'ils augmentent les salaires. En règle générale et quel que soit le boulot, être payé 1000 euros pour 35 heures hebdomadaires, c’est plus que pénible : c’est être insulté chaque mois.

Sur le long terme, rien ne sera réglé avec cette réforme. On reste avec un déficit prévu de 17 milliards à l’horizon 2040, même si j’ai déjà précisé le ridicule de cette somme au moment où l’on vient d’en jeter 20 par la fenêtre en cadeau sans retour pour les entreprises (ponctionnés sur le pouvoir d’achat des Français, et notamment les plus pauvres vu qu'il s'agit d'une hausse de la TVA). Là aussi spéciale dédicace aux idées de gauche, trahies comme il faut.

Rassurez-vous. Dans son grand effort de soutien au pognon, le pouvoir épargnera les entreprises (et ce n'est qu'un début, parait qu'on n'est "pas assez compétitif"). Dans la pratique, les entreprises vont peu contribuer à l'effort de redressement des comptes. On leur baisse d’autres impôts (En plus de la baisse du "coût du travail", Moscovici leur a annoncé la baisse des cotisations familiales à l'UE du MEDEF) qui seront payés par (guess who ?) les travailleurs. 70% de l’effort portera sur les salariés d’ici 25 ans (3.2 Milliards pour les patrons contre 12.8 payés par les salariés). J'espère que d'ici là ils disposeront d'autant de relais dans la presse et à la télévision que patrons et actionnaires (180 Milliards versés aux actionnaires en 2011) pleurnichant depuis deux ans de plateaux TV en tribunes radio sur les "charges" les "asphyxiant".

On travaillera donc plus longtemps (Bien vu la gauche). Ou plutôt travailleront plus longtemps ceux qui auront un travail, la denrée se raréfiant. Scoop, le travail continuera à être de plus en plus rare, euh pardon, flexible. La France atteint un taux historique d’embauche en CDD (82.4%) au premier trimestre 2013. 

Chômage plus souvent + jobs précaires dans plein de secteur +  entrées de plus en plus tardives dans l’emploi et sorties de plus en plus précoces + multiples caisses de retraite (la réforme ne prévoyant étrangement aucune réduction dans le domaine) + hausse de la durée de cotisation = à terme des baisses de pensions pour tout le monde. Je ne sais pas si "on vivra plus longtemps". En revanche, second scoop : c’est bien parti pour que nous vivions pauvres plus longtemps.

Alors oui, certains (en mode Christine Lagarde) s'emballeront sur 0.3% de croissance (anticipé) par l’OCDE. On leur rappellera (mais ils le savent très bien) qu’il faut au minimum 3% de croissance pour commencer à créer des emplois sérieux (non je ne parle pas des jobs allemands à un euro, ou de cette myriade d’autoentrepreneurs bossant déjà autour de moi littéralement pour rien, et sans protection, pour le plus grand bonheur de patrons, pauvres martyrs décomplexés multipliant ainsi leur marge par 2 ou 3 tout en dumpant les salaires à la baisse).

Bien évidemment, il n’y aucun effort de lisibilité des retraites. Plus aucun salarié ne sait combien il touchera, ni s’il touchera quelque chose. Troisième scoop : c’est fait exprès. C’est l’ambition de fond de ces réformes ne résolvant rien se succédant de gauche à droite. Ou plutôt de droite avec caféine à droite sans sucre.

Il s’agit de décourager progressivement les gens, de la faire renoncer (et ça marche). 

Il faut leur sortir de la tête l’idée :

1 / de prendre une retraite tout court (tant qu'à faire si tu pouvais crever en travaillant, ça arrangerait notre dette : ce péché originel des peuples coupables selon le catéchisme dominant de ceux s'enrichissant sur leur dos). 

2 / de toucher quelque chose un jour en cotisant à travers le système par répartition aujourd’hui. (En omettant de l'équation notre démographie triomphante, l'augmentation du PIB, l'accaparement des richesses par les actionnaires ou l'ébauche de l'esquisse de l'hypothèse de payer un peu plus les salariés).

Ainsi peu à peu, par dépit et peur, les salariés sont incités à basculer dans la retraite par capitalisation, les assurances privées ou l’investissement immobilier, pour le plus grand bonheur des banques qui vont jouer tout ça en bourse pour 1 / produire de l'argent nocif 2 / générer de nouvelles crises financières (C'est marrant comme dans tous les coups pourris on les retrouve).

Ainsi, en une génération, tu démantèles en "douceur" un acquis social, sans toucher à certaines grosses retraites actuelles. Au lieu de défendre le système, de l'expliquer, on l'enterre progressivement, en le complexifiant, en l'éparpillant.

La solidarité intergénérationnelle, principe même de la retraite ? Penses-tu ? Explosée ! Au contraire, les instigateurs de cette réforme optent sciemment de jouer les vieux contre les jeunes. Ces derniers prendront (enfin continueront à prendre) tout dans la tronche.

Alors faites ce que vous voulez. Même si je sais qu’il faudrait taper plus concret, plus fort, plus festif aussi, je serai le 10 dans la rue comme à l’époque où nos ennemis étaient au pouvoir. 

Oui exactement comme à cette époque.

Illustration : No country for old men, Coen bros. 2007

Articles connexes :
Ce jour où la gauche a augmenté la TVA
Le choc de compétitivité dans ta gueule
A l'ombre des patrons en pleurs

5 septembre 2013

[J-36] Une certaine fébrilité

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Bon c'est promis, au prochain morceau, on change de décennie. Vous allez finir par croire que l'histoire de mon prochain livre (qui sort dans 36 jours, vous l'ai-je dit ?) se passe dans les années 80, alors que pas du tout.

Mais l'on m'informe que ce "fight for your right (to party)" des Beastie Boys tient un rôle important au chapitre 11. Comme c'est également le morceau qu'écoute Bernard Guetta chaque matin après avoir livré sa chronique pro-bombardement sur France Inter, je me suis dit : "Seb, l'occasion est trop belle".  

Rappel. Bernard Guetta dédicacera son recueil de chroniques Comment j'ai fait la troisième guerre mondiale depuis mon tabouret, le 12 au Toy's R Us de Villacoublay.

Abondant play-list - sample #3
Beastie Boys - (You Gotta) Fight For Your Right (To Party) (1986)



4 septembre 2013

Réforme des rythmes scolaires : Crash-test sur enfants

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"- Alors c'était bien ton activité périscolaire ma chérie ?"
" - Oui très. On a mangé des Carambars dans la cour pendant 2 heures"

C'est la rentrée et je vais donc, en tant que parent d'élève en maternelle, je vais m'autoriser quelque avis sur la réforme des rythmes scolaires imposée par le Ministre de l’Éducation Vincent Peillon et dont j'ai déjà pu, en ce jour de rentrée, apprécier en avant-première nationale le potentiel catastrophique. A Paris, comme on est mieux que les autres, tout a été décidé dans l'urgence (par opportunisme électoral ? Auquel cas c'est con[1]) et dans une belle confusion.

Bon. Je passe sur les activités que l'on m'a fait choisir en juin avec un beau formulaire bourré de fautes d'orthographe, tout cela pour m'entendre dire le 3 septembre au matin que, bah non, en fait je n'ai pas mon mot à dire sur les activités. Je passe sur le second planning à remplir le matin dans la précipitation et requérant un Bac+12 pour sa compréhension. Je passe sur le flagrant sous-effectif dans l'encadrement déjà constaté depuis un an pour les activités hors temps d'école (heure de goûter), plutôt limite en termes de sécurité. Selon le Ministère, 400 nouveaux emplois ont pour buts de développer la scolarisation des enfants de moins de 3 ans à l’école maternelle. Pour La France je trouve ça léger mais bon.

Alors oui, j’entends les "Bah dans mon école, ça c’est bien passé" et autre "faut le temps de se roder", ou encore les "on fera le point dans un an".

Bullshit.

Je vais clore tout de suite le débat. On parle d’enfants ici, pas de mannequins-test dont on va évaluer la disposition dans l'habitacle pour voir comment ils encaissent un choc frontal d'une école à l'autre.

Quant on propose une réforme engageant une telle machinerie avec de telles conséquences, et vu le budget du Ministère en question, cela doit être parfait partout le jour J. Sinon on ne fait rien, et surtout pas des belles phrases sur le bien-être des enfants qui sont visiblement ici la dernière roue du carrosse.

J'avais 3 craintes à l'annonce de cette réforme :

1 / Que le machin tourne à la garderie (avec hausse des accidents)

2 / Que le privé s'insinue dans le marché et qu'il y ait des activités à 2 vitesses, les "nobles" pour les riches et les pourries pour les fauchés. (Sois directement en interne dans l'école, soit via des offres périphériques auxquelles les parents seront bien obligés de recourir si c'est le bazar en interne)

3 / Que l'on allège les rythmes à l'année sans toucher aux 2 mois de vacances d'été (Une vraie galère pour l'ensemble de ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir 2 mois de vacances, dont on me souffle qu'ils sont beaucoup parmi les fauchés susmentionnés).

J'ai le sentiment que nous nous dirigeons à grandes enjambées vers les 3.

Et ce n'est pas faute d'avoir prévenu. Les réunions parents-profs en colère vs. La municipalité fière d'elle ont été particulièrement houleuses. Et visiblement, rien n'a été écouté.

Peillon veut une école plus humaine ? 

Qu'il augmente les effectifs d'encadrement aussi bien pour le périscolaire que dans les classes (avec la présence d'un second adulte pour l'encadrement et le soutien. Toujours selon Le Ministère de l’Éducation, plus de 1000 emplois seront consacrés au dispositif "plus de maîtres que de classes", qui a pour but de renforcer l’encadrement des élèves dans les zones les plus fragiles. Question : quelles zones ne sont pas fragiles ?).

Qu'il pense également à un réel plan avec un vrai programme pédagogique et des gens diplômés (tant qu'à faire) pour les heures "libres" ainsi récupérées (musique, sport...) au lieu de proposer cette usine à gaz à la carte qui sent le fiasco scolaire à plein-nez et va se résumer dans la moitié des cas (les plus pauvres) à mater Gulli à 60 dans le préau sous la supervision d'un stagiaire.


[1] Ne cherchez plus le principal ennemi d’Anne Hidalgo pour la campagne municipale en 2014. Il ne s’appelle pas NKM mais "réforme des rythmes scolaires".

Illustration: P.Torreton dans Ça commence aujourd'hui de B.Tavernier (1999)

3 septembre 2013

[J-38] Amour et trahison

par

Le pouvoir de gauche, saison 2. 

Résumé des derniers épisodes.

En quelques jours, nous avons assisté :

1 / Au baiser avec la langue du Ministre de l'Economie au patron des patrons à l’université d'été du MEDEF, 

2 / Aux rodomontades marketing d'un Ministre de l'Intérieur en mode Sarkozy Turbo-Pinpon (Note au PS : Même acclamé par la presse, Manuel Valls ne vous fera jamais gagner une seule voix aux Municipales avec un discours DE DROITE), 

3 / A la fière présentation par notre Premier Ministre d’une régression sociale, plus habile dans l'énoncé mais tout aussi violente que celle concoctée par Eric Woerth trois ans plus tôt : Une réforme des retraites et un rallongement de la durée de cotisation qui affecteront prioritairement les jeunes (Note aux électeurs. Les jeunes étaient "la priorité" de notre président en campagne). Réforme où chacun sera mis à contribution ...sauf les entreprises même si elles prétendent le contraire (d'où le bisou baveux susmentionné).

4 /  Et maintenant, cette lubie présidentielle de "punition" de la Syrie[1]. Tout de suite parce que là quand même c'est soudainement urgent, mais enfin bon on peut attendre un peu, hein ?

Soyons honnête, ce gouvernement est pour le moment plus qu’une déception. Il est déjà en partie une trahison. 

Heureusement, dans 38 jours sort un beau livre plein d'amour[2]. 

Abondant play-list - sample #2
Roxy Music. Love is the Drug (1982)



[1] dixit M.Sapin dans Tous Politiques sur F.Inter le 01/09/2013.
[2] et de trahison aussi.

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