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6 juin 2009

De ce scrutin las

par

Mystérieux naufrage. Retrouvera t-on un jour la boîte noire des élections européennes de 2009 ?

J'ai beau chercher, je ne me sens pas coupable de mon désintérêt. Diantre, personne n'aura su me le vendre ce scrutin !

La télé d'abord. La baffe du "non" de 2005 se fait encore sentir. Rappelons que la propagande du "oui" débuta en mars sur ce média pour se poursuivre sur une ubuesque tonalité quasi "colère" après la déconvenue des urnes. Cette fois pas de risque de se gourer : Rien en prime-time tv ou pire que rien, à vous de juger.

Les politiques surtout. Idées plates et com' à la con, spots de campagne où même les bons clients nous accablent par leurs contre-performances. L'homo-politicus aligne le discours au niveau de ses ambitions. Les européennes, c'est le cadeau électoral empoisonné. Si tu gagnes, faut t'y coller et pour quelle gloire ? Siéger à Bruxelles, ce n'est pas avec ça que l'on apaise ses fantasmes de souverain. En découle une campagne pour la forme, transpirant le contrecœur, une tribune pour certains, un tour de chauffe pour d'autres et, pour ceux qui occupent déjà tous les postes de direction nationaux : Une case supplémentaire à cocher sur le QCM de la démocratie pour les nuls.

"Européennes : Pour qui votent les blogeurs ?"
s'interrogeait récemment Vendredi.

Le plus populaire d'entre nous devant cumuler en une journée d'audience ce que Supercopter récolte en dix minutes de rediffusion sur la TNT, je reste mesuré sur l'influence de ce petit monde au-delà de sa sphère de prédilection mais bon... puisque personne ne me demande mon avis mais que je le vote bien, réfléchissons ici à la question : Vers qui va mon bulletin ?

Vers le NPA ? Trop "anti" pour moi. Pourquoi voter pour casser ? Pas besoin d'un bulletin pour ça : Une bonne batte suffit.

Vers la logique d'une gauche frontale et unitaire qui rouleau-compresserait le méchant capital ? Si elle a toute ma sympathie et mes encouragements, je m'interroge encore sur sa destination finale.

Vers le PS (a.k.a stratégie du vote par l'absurde) ? Envisageable juste pour l'ulcère perforant qui déchirerait le storm-trooper Lefebvre si, au soir du 7, le parti socialiste dépassait les 25%. Mièvre consolation. Là aussi détection d'une anomalie lexicale : Au PS, si le parti se fait sentir, on cherche encore ses socialistes.

Vers le Modem ? Inquiétude fondamentale concernant les termes choisis : "mouvement" et "démocrate". Deux mots suspects lorsqu'il sont prononcés par un homme faisant main basse sur ses contradictions, dont la seule visée c'est le pouvoir suprême et le seul parti c'est lui-même.

Vers les listes écologiques et décroissantes ? Les seules à remuer des question de fond pour réorienter une Europe dont le seul ciment reste la monnaie, vers des chemins de traverse plus apaisés. Pas besoin d'un vote pour être décroissant, être sans euros aide vachement.

Vers l'alternative libérale ? Préférons le sucre à l'aspartame.

Vers la majorité présidentielle ? Seule formation à l'idéologie sans équivoque, sur laquelle je peux compter pour ne jamais me décevoir.

Vers l'exutoire d'un coup de gueule sans lendemain ? J'ai passé l'âge.

Dans ce débarras du choix (29 listes en IDF), par mon vote sous pli, nourrir la bête électorale des atomiseurs de république qui dimanche soir triompheront du haut de leur quart de suffrages exprimés : C nou kon é lé + grands !

Fidèle à ma devise "s'il subsiste un doute c'est qu'il n'y a pas de doute", témoin du ridicule des ambitions et de la médiocrité du débat, s'offre une option inhabituelle pour moi : Celle de l'abstention. Ne serait-ce qu'en mémoire du 29 mai 2005. Référendum suivi de son after-eight à la crème de cocu : Une ratification privée éclairant l'électeur lésé sur la finalité de l'Europe du marché et les moyens démocratiques dont elle se pare pour s'imposer peinard et livrer ses peuples aux lobbies.

Boycott du vote par dépit, juste pour cette fois, pour l'honneur à défaut d'utopie. Puisqu'au niveau européen nous ne sommes que des figurants, qu'au niveau national cela vole encore plus bas, que personne ne désire gagner, pourquoi ne pas hausser de la non-voix et semer le doute dans nos duchés ?

A moins bien sur qu'au dernier moment le soleil perce, que je change d'avis et que j'aille voter Europe-Ecologie.


Illustration Flickr / David Reverchon. Normal que l'Europe ne me fasse pas réver. Depuis le début, elle ne fait que compter.

29 mai 2009

Banalités des bourreaux débonnaires

par
Illustration : Panorama de France.
Jeudi, 11h00 :

HAINE ès TV

- "Je refuse la dictature des bons sentiments."

Quand monarque pas content à 9 jours des élections, monarque brandir ainsi faits-divers et sortir canons pour fouiller cartables.

Est-ce pour s'épargner des bastons d’enfants ? Est-ce pour éviter des attentats ? Est-ce pour réduire la délinquance ? Bien sur que non. Vieil électeur, l’UMP a bien trop besoin de ta peur pour perpétuer son pouvoir. C'est pour cela qu'il te caresse dans le sens de la terreur : Plus ça va mal autour de toi, plus tu roules pour lui. Pourquoi s'en priverait-il ? Avec toi cette politique fait, dans tous les sens du terme, un vrai malheur.


Un cycle d'actualités commence, un autre s'achève. Au moment où le Kaiser Kinder lance tambour battant devant un parterre au garde-à-vous son programme européen (code name : Karcher 2) pour bouter les Ben-Laden-babies hors des cages d’escalier et transformer les collèges en décor de film Europa Corp, on apprend que Julien Coupat va être remis en liberté au terme de 7 mois de détention.

Des journalistes (hors Figaro) aux politiques (hors secte), on s’accordait à dire dès le second jour que cet emprisonnement était injustifié. Il fut prolongé par volonté politique de faire de "l'insurgé" un exemple.

Jeune, en démocratie antiterroriste, tu as le choix : Fais des études et tais-toi, bosses en contrat-pro ou alors ne sois pas d’accord mais tu finiras comme Coupat !

Contenter les uns avec de la rhétorique sécuritaire, soumettre les autres par la terreur. Suivant tes revenus : Flatter les fantasmes et générer de la soumission. Atomiser l'opposition grâce à un enfumage frénétique de polémiques, le tout sur fond de privatisation de la nation. Au fond, c'est simple un programme UMP.

14h39 : J’imaginai que la nouvelle de la libération déplacerait un peu plus les foules. Je fais un crochet par le charbonneux mausolée des peines. Une poignée de journalistes se grillent des roulées devant la porte en fer, sous la grisaille. C'est du discret. On est loin de la communication à gros sabots, avec équipe TV embedded, de l'arrestation de l'ennemi public numéro 1 qui ressemble tant à l'exploitation faite aujourd'hui de faits-divers servant de terreau à la campagne européenne d'un parti en peine de résultats et dont, dans les 2 cas (faits-divers et résultats), les dindons sont les jeunes.

14h40 : J’apprends au pied de la prison que personne ne sait vraiment quand Julien sera relâché. J’apprends que sa liberté sera au rabais, sous conditions, que le provincial ne pourra pas quitter l’île-de-France, qu'il ne devra pas rencontrer les autres mis en examen parmi lesquels je crois sa compagne et la mère de son enfant. Même en liberté, cassons l'innocent.


14h50 : Je repars sur le boulevard Arago. Une voiture de police ralentit à mon niveau. Quelques regards, elle part. Intimidation standard.

Là, il faudrait être plus exigeant que le monarque et refuser - seulement - la dictature, que ne constate-je autour en épiant les conversations des étudiants aux terrasses des cafés à 400 mètres de la prison de Julien ? Une totale résignation à la logique des oppresseurs. Ça sait à peine articuler une pensée plus longue qu'un texto que ça ne parle déjà que meilleur taux, bonnes affaires à faire et stage d'été pas payé mais tellement bénéfique pour "ma carrière dans le monde de la banque parce que y a que là qu'on peut faire grave du blé". A la terrasse du café des cons, en prison ou pas, Julien n'est pas une peur, pas même un sujet de conversation. Ici, à 21 ans, on est déjà comme ses parents : Inquiet pour ses points de retraite.

18h20 : La nouvelle de la libération est effective mais déjà promise à l'enfouissement sous la percée des français à Roland-Garros.

23h10 : Extrait du Grand Journal de Denisot et intervention de Michèle Alliot-Marie, ministre du décor de l’intérieur. En substance, au sujet de Julien elle ne regrette rien. Pis, c’est même pas sa faute. Denisot ne relance pas.

Disciplinée et au fait des dernières tendances vestimentaires, la centaine de jeunes sur le plateau applaudit le bourreau avant la pub, comme convenu avec le chauffeur de salle. La télé, c'est comme les mises en détention abusives, ça vient d'en haut et ça se respecte sans moufeter. Naïf que je suis, j'ai cru qu'ils siffleraient la ministre.

Comment dénoncer le sans-gêne du pouvoir dans un pays sans jeune ?

Il est tard. Sur le poste, tourne cette vidéo de Will.I.am :




'sont forts quand même ces 'ricains.

21 mai 2009

Navets et grosses légumes de Cannes à L'Elysée

par

Hasard de la programmation au festival de Cannes. Le même jour nous y vîmes défiler deux opposés :

D'un côté Quentin Tarantino, 42 ans, gérant de vidéo-club devenu géant du 7eme art, symbolisant pour les cinéphiles ce que le Big Mac représente pour les gastronomes. Il parade sur la croisette pour la promotion de son remake des 12 salopards : Inglourious Basterds sur lequel, au regard de sa production passée (plaisante mais surestimée), pèse une forte présomption de nanarditude.

"Mais tu vois coco, Tarantino ça fait bien dans le flash info !" C'est vrai. C'est glamour et trash, ça danse le rock sur les marches du palais, pour la légende ça met 8 ans à écrire un film déjà culte avant même d'être sorti et puis, de Télérama au multiplex de Parly2, les français en raffolent. Imagine : Du divertissement bourrin avec la caution cinéma d'auteur, c'est comme d'aller voir le dernier Vandamme en faisant croire que tu vas te taper une intégrale Bergman !
Le problème avec Tarantino, que l'on aime ou pas son cinéma, c'est la grande escroquerie décomplexée qui en constitue le fondement. En cela, c'est un cinéaste de son temps. Chez Tarantino tout est pompé sans vergogne, le plus souvent à des petits artisans réalisateurs de films de genre qui n'auront pas eu les honneurs de sélections, mêmes parallèles, à Cannes. De Leonard Kastle à George Lautner en passant par Roger Corman et Lucio Fulci, les films de Tarantino sont ainsi des collections de plagiats pudiquement appelés "hommages" qui, à force d'accumuler les "clins d'œil" en font de pénibles mash-up stroboscopiques entrecoupés de longues plages d'ennui pour se remettre du dégueuli.

Notre profanateur refait avec du budget et sous les lauriers, ce que d'autres ont déjà fait 30 ans plus tôt en mieux, sans thune et dans l'anonymat, ne récoltant que le mépris de la profession et l'estime des cinéphiles.
Souvent, Tarantino signe son forfait en piquant jusqu'aux bandes-sons des films en question. Pour sa dernière bouse, SA vision de la seconde guerre mondiale (je crains le pire) même le titre est un faux : Volé à une lettre près (peut-être pour éviter le procès) à une série italienne des années 70.

A la sortie de la projection, les critiques sont plus que mitigées. La presse ose à peine avouer que c'est boursouflé, prétentieux, long et ennuyeux, que pendant une semaine, elle nous a survendu dithyrembique du très mauvais.


De l'autre côté, un peu plus tôt dans la journée, Alain Resnais, 86 ans, présente en toute discrétion son 48e film, "Les herbes folles".

A la différence de Tarantino, dans la filmographie fournie, protéiforme, expérimentale et malicieuse de Resnais, il n'y a pas 2 films similaires, monotones ou copiés sur d'autres. En un certain sens avec Nuit et Brouillard, premier film sur les camps de la mort, Resnais à initié dans la pudeur et le respect, une thématique que Tarantino conclut aujourd'hui avec Brad Pitt et gaudriole.

Sur BFM, j'apprends au détour d'une phrase sans suite que, là aussi à la différence du Tarantino, la salle et les journalistes sont emballés par le Resnais.
"Mais tu comprend coco, Resnais c'est un vieux et en plus il est français !" Il est certain que, malgré ses bons films, sa distinction et ses Ray-ban, notre vieux cinéaste se dandine moins bien sur le tapis rouge.

Concentré de Cannes en deux exemples :
Le dernier endroit au monde où au fond, l'on parle de cinéma. Et ne croyez pas que la télé déforme. Dans ce domaine, pour une fois, elle édulcore : La réalité de Cannes étant bien plus médiocre et caricaturale que sa glorification télévisée.


* * *

Mais, reconnaissons aux journalistes qu'il leur est compliqué de traiter de cinéma en 5 minutes en fin de journaux télé qui ne sont eux-mêmes que rediffusions en boucle de bandes-annonces et de sagas, de docu-dramas à rebondissements et autres récits d'anticipation, bref de divertissements à gros budgets concurrençant sans loyauté la cinématographie la plus aboutie.


Dernier exemple en date dans la rubrique info ciné : Je découvre en VOD sur internet (vive le téléchargement libre), une petite fable intimiste en huis clos.

C'est un mélange de classicisme et d'audace sur fond de dialogues d'orfèvres servi par un casting de prestige.


Ne pas se laisser décourager par le titre un peu long
:
"Exceptionnel : la visite surprise de Nicolas Sarkozy aux lectrices de Femme Actuelle.". Vous serez littéralement emportés par l'œuvre.

D'abord, il y a ce décor qui fait l'unanimité des publics visés :

- Pour l'électorat de base : Un salon XVIIIe tout de tapisserie brodé où sont alignés quelques tableaux représentant des scènes de chasse, précieusement éclairés.
- Pour les spectateurs d'M6 : Des lampes à variations tactiles disposées tous les mètres.
- Pour la gauche-bobo : Les lampes sont équipées d'ampoules basse consommation.


L'action n'est pas sans rappeler les grandes heures de la littérature française, Molière ou la princesse de Clèves :

Le sujet, c'est quasiment du Rohmer : Réunies autour d'une belle noble (reconvertie en artiste reconvertie en belle noble) qui est filmée de face,
une poignée de courtisanes de la presse, filmées de dos, discutent au fil de futiles propos.

Soulignons d'abord la contribution technique du chef opérateur qui, s'inspirant de Michael Ballhaus éclairant à la bougie les scènes de parties de cartes à la Cour dans le Barry Lindon de Kubrick, a subtilement adouci en post-production grâce à un filtre glossy-blur d'After effects, la crudité d'une image qui est, de tradition, la marque de ce genre de cinéma-vérité.


Ne pas se fier non plus aux apparences ronflantes du film d'époque.
Très tôt dans le récit, à 29 secondes pour être précis, au détour d'un "- Ah!" d'étonnement bidon, l'impensable intervient.
En un crescendo du suspens, le son précèdant l'image, les dames s'arrêtent de pérorer à l'écho des talonnettes piquant le parquet.

Le monarque, avec dossier bleu europe à la main, s'invite parmi ses dames. Rapide entrée de champ, suivie à la volée par un caméraman expérimenté dans la capture de ce type de chorégraphie qui le centre sans perdre sa mise au point. Rendons au passage hommage au travail du monteur, alternant les plans saccadés (pour l'impression de réalisme) avec ce plan principal, fixe et panoramique qui garantissait au réalisateur de ne pas perdre une miette de l'incident dont avait du lui glisser qu'il avait de fortes chances d'intervenir au milieu de la collation des précieuses.

Le monarque est souriant.
Il susurre un "bonjour" timide de collégien boutonneux mais
tel le vieux prof d'université libidineux et confiant que son baratin bien rodé va lui permettre d'emballer, il se place sur le rebord du fauteuil bien au-dessus de la mêlée des pouffes toutes à glousser.

Le monarque domine le moment et en souligne son aspect éminemment éphémère, son côté "- Profitez-en parce que j'étais à côté, je suis ici mais je suis déjà un peu ailleurs.
"

D'ailleurs, histoire de souligner son mouvement perpétuel (marqueur de progrès dans l'inconscient de droite), il précise sans une goutte de sueur : "- Je reviens de faire du sport".


C'est spontané comme du Jean-Jacques Annaud. En moins de 10 secondes, pas moins de 3 messages forts sont passés : Le monarque est jeune, il travaille tout le temps ses dossiers et il domine la situation, le tout dans une cinématographie empruntant autant à Tarantino qu'à Resnais.

On ne peut être que saisi par tant de jeunesse et de dynamisme, anachroniques dans ce cadre figé depuis 2 siècles. (L'œil fin y aura bien sur vu une symbolique du progrès en marche bousculant dans son sillage La France sclérosée dans ses archaïsmes.)

Les meilleurs scénaristes vous le diront : Le comédien ne peut pleinement improviser que s'il a une solide base narrative. Ici, les actrices n'ont pas tous été totalement briefées. Le "- Franchement ça fait quelque chose de vous voir comme ça, tout les deux si beaux si amoureux." d'une des courtisanes sonne creux. Si d'aventure une suite est envisagée, il faudra revoir ce casting pour qu'il soit plus enjoué.

Pour le reste, bien que la complicité ne soit pas le centre du récit ni la motivation première du réalisateur, ses 2 rôles principaux le monarque et la mannequin y jouent leur partition à la perfection. On avait pas vu une telle véracité dans la représentation de la vie banale d'un couple à l'écran depuis le duo Lamy-Dujardin.


Mais, comme dans Usual Suspects ou Mulholland Drive, les informations importantes sont véhiculées par les détails : De la présence des labradors de compagnie aux échanges anodins de considérations immobilières qui, tout en créant une certaine distance avec les réalités à chier du spectateur lambda, répondent parfaitement à ses aspirations d'émancipation sociale.

On ne soulignera jamais assez la brillante simplicité du texte. D'apparence inoffensif, il ratisse au plus large le spectre des codes bourgeois pour les conforter au plus juste à quelques encablures d'un scrutin.

Les dialogues jouent ici souvent sur 2 registres : Stimulant les espérances des pauvres tout en rassurant la classe électorale ciblée sur la pérennité de son standing dans une Europe en crise :
"- C’est important de couper par rapport au boulot, c’est important ça..." Lance discrètement le monarque au sujet de son appartement de fonction élyséen (avec son intendance, euphémisme pour domestiques) qu'il occupe le weekend-end pour être au plus proche de son travail. (Les amateurs de David Lynch comme ceux de Frédéric Lefebvre auront noté la puissance tranquille du message social qui vient d'être passé au sujet du travail le dimanche.)

Mais, assez d'immobilisme ! 1 minute 40 sur place, il est l'heure de partir.


"- Je vais recevoir le premier ministre d’Irak" Lance le monarque
à son épouse, comme un môme allant à sa première boum.

"- « Génial..." Lui répond son épouse avec la joie contenue de celle à qui on aurait annoncé que finalement ce n'est pas le prochain Tarantino qu'elle irait voir à Cannes avec Clooney mais bien le dernier Resnais qu'elle subirait à Parly2 avec les gueux.


Les 2 minutes de film (oui c'est un nouveau format plus efficacce pour les JT) s'achèvent sur un plan du labrador avec pedigree. C'est l'ultime pirouette du réalisateur, signifiant par cette représentation canine de la noblesse de race que, m'algré tout, il y encore quelques poils de d'innocence dans ce monde de communication et de manigances.

Bref, "Exceptionnel : la visite surprise de Nicolas Sarkozy aux lectrices de Femme Actuelle" n'est pas un grand film mais une œuvre polémique qui, tel le dernier Tarantino, colle à son époque comme une merde de chien sur une paire de Crocs.

Le public tranchera. Pourvu qu'à l'inverse d'un énième James Bond colportant les mêmes codes sempiternels d'année en année, il n'en conclut pas que son héros est le meilleur parce qu'à la fin il sauve toujours l'humanité.


Le cinéma c'est 24 mensonges à la seconde disait Godard. Les monarques aussi.


18 mai 2009

La loi de L'UMP [video]

par
(Attention contient des éléments de second degré)

13.05.2009 : A 3 semaines des élections européennes, Seb Musset fait sa fête au programme UMP (passé, présent et futur) et invite l'internaute (dont la teneur des forums prouve qu'il est à 99% un citoyen excédé) à se rendre au bureau de vote le 7 juin afin de réduire le plus possible le score du "premier parti de France" qui, dans un de ces paradoxes dont les français sont friands, fait la quasi-unanimité contre lui.



- Retour sur le discours sécuritaire qui invite à plus de police.
- Retour sur la faiblesse numérique des supporters UMP (qui invite aussi à plus de police).
- Retour sur le mode d'expression "real-tv" de ce discours.

- Retour sur l'argumentaire UMP : Sa "jeunesse" supposée - l'évidence débonnaire de son "progrès" - la diabolisation de l'opposition (du PS au PAS en passant par Bayrou et le NPA)

4 mai 2009

Guéant seigneur

par

Qui est ce non-élu qui, sous prétexte qu'il est le favori du président, nous vend débonnaire son remake de démocratie ajustable selon convenance personnelle, avec comme préalable son intention de faire interdire, au nom du citoyen français, un parti bricolé sur un coin de table ?

Il s’appelle Claude Guéant.

Est-ce un con ?
A priori non.

Celui que trop de journalistes appellent avec déférence le numéro deux de l’Elysée
s'est piqué de faire interdire la liste anti-sioniste que Dieudonné, médiatiquement surnommé l'ex-humoriste, désire présenter aux élections européennes.

Plusieurs options pour expliquer cette subite déclaration (aux conclusions juridiques loin d'être assurées) :

- Soit Mr Guéant, copiant en cela son président lors de ses tournées euphoriques dans les usines menacées de fermeture, a tout simplement voulu faire plaisir à ses hôtes, les journalistes de Radio J, en jouant le rôle de l’indigné de service, leur déblatérant ce qu’ils voulaient entendre sans intention aucune d’agir par la suite.


- Soit il s'agit d'un traquenard visant à faire du sortir de la jungle internétique, les soutiens anti-sionistes mal identifiés par les RG.

- Soit notre homme de l'ombre dispose d'une statistique secrète sur la popularité du mouvement.

- Voyons-y peut-être un petit coup de pouce promotionnel, entre gentlemen, envers une liste dans la difficulté, histoire de lui permettre de siphonner quelques milliers de voix à gauche.

- Voyons-y peut-être la volonté de l'UMP
d’adopter sa posture favorite de seul parti sérieux, garant de l'ordre et de la raison, littéralement au-dessus du débat. Après avoir catalogué la LCR de dangereux utopistes radicaux, le PS de saboteurs de travail parlementaire et autres cas cliniques à enfermer, Bayrou d'illuminé ayant vu la vierge, De Villepin de criminel, l'UMP qui a du mal avec ceux qui pensent autrement, catalogue donc Dieudonné comme bon à bannir du champ démocratique.

- Ou bien, et ce sera ma version optimiste : Ce serait une manœuvre désespérée pour enfin intéresser les français aux élections européennes.

Jusqu’à preuve du contraire Mr Guéant, du haut de son infinie sagesse, a plus d’influence sur le pouvoir, votre quotidien, ainsi que d’accès aux médias pour promouvoir ses idées que le danger Dieudonné n'en a pour véhiculer les siennes. Pour l'instant ces dernières ne circulent qu'en bus, le comique voyant ses spectacles interdits les uns après les autres par les municipalités pour cause de trouble supposé à l'ordre public.

- "Bon, c'est pas tout ça... Et le programme de l'UMP Mr Guéant c'est quoi ?"

- "La même chose qu'avant."

- "Ah d'accord, tout s'explique."

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