
Mystérieux naufrage. Retrouvera t-on un jour la boîte noire des élections européennes de 2009 ?
J'ai beau chercher, je ne me sens pas coupable de mon désintérêt. Diantre, personne n'aura su me le vendre ce scrutin !
La télé d'abord. La baffe du "non" de 2005 se fait encore sentir. Rappelons que la propagande du "oui" débuta en mars sur ce média pour se poursuivre sur une ubuesque tonalité quasi "colère" après la déconvenue des urnes. Cette fois pas de risque de se gourer : Rien en prime-time tv ou pire que rien, à vous de juger.
Les politiques surtout. Idées plates et com' à la con, spots de campagne où même les bons clients nous accablent par leurs contre-performances. L'homo-politicus aligne le discours au niveau de ses ambitions. Les européennes, c'est le cadeau électoral empoisonné. Si tu gagnes, faut t'y coller et pour quelle gloire ? Siéger à Bruxelles, ce n'est pas avec ça que l'on apaise ses fantasmes de souverain. En découle une campagne pour la forme, transpirant le contrecœur, une tribune pour certains, un tour de chauffe pour d'autres et, pour ceux qui occupent déjà tous les postes de direction nationaux : Une case supplémentaire à cocher sur le QCM de la démocratie pour les nuls.
"Européennes : Pour qui votent les blogeurs ?" s'interrogeait récemment Vendredi.
Le plus populaire d'entre nous devant cumuler en une journée d'audience ce que Supercopter récolte en dix minutes de rediffusion sur la TNT, je reste mesuré sur l'influence de ce petit monde au-delà de sa sphère de prédilection mais bon... puisque personne ne me demande mon avis mais que je le vote bien, réfléchissons ici à la question : Vers qui va mon bulletin ?
Vers le NPA ? Trop "anti" pour moi. Pourquoi voter pour casser ? Pas besoin d'un bulletin pour ça : Une bonne batte suffit.
Vers la logique d'une gauche frontale et unitaire qui rouleau-compresserait le méchant capital ? Si elle a toute ma sympathie et mes encouragements, je m'interroge encore sur sa destination finale.
Vers le PS (a.k.a stratégie du vote par l'absurde) ? Envisageable juste pour l'ulcère perforant qui déchirerait le storm-trooper Lefebvre si, au soir du 7, le parti socialiste dépassait les 25%. Mièvre consolation. Là aussi détection d'une anomalie lexicale : Au PS, si le parti se fait sentir, on cherche encore ses socialistes.
Vers le Modem ? Inquiétude fondamentale concernant les termes choisis : "mouvement" et "démocrate". Deux mots suspects lorsqu'il sont prononcés par un homme faisant main basse sur ses contradictions, dont la seule visée c'est le pouvoir suprême et le seul parti c'est lui-même.
Vers les listes écologiques et décroissantes ? Les seules à remuer des question de fond pour réorienter une Europe dont le seul ciment reste la monnaie, vers des chemins de traverse plus apaisés. Pas besoin d'un vote pour être décroissant, être sans euros aide vachement.
Vers l'alternative libérale ? Préférons le sucre à l'aspartame.
Vers la majorité présidentielle ? Seule formation à l'idéologie sans équivoque, sur laquelle je peux compter pour ne jamais me décevoir.
Vers l'exutoire d'un coup de gueule sans lendemain ? J'ai passé l'âge.
Dans ce débarras du choix (29 listes en IDF), par mon vote sous pli, nourrir la bête électorale des atomiseurs de république qui dimanche soir triompheront du haut de leur quart de suffrages exprimés : C nou kon é lé + grands !
Fidèle à ma devise "s'il subsiste un doute c'est qu'il n'y a pas de doute", témoin du ridicule des ambitions et de la médiocrité du débat, s'offre une option inhabituelle pour moi : Celle de l'abstention. Ne serait-ce qu'en mémoire du 29 mai 2005. Référendum suivi de son after-eight à la crème de cocu : Une ratification privée éclairant l'électeur lésé sur la finalité de l'Europe du marché et les moyens démocratiques dont elle se pare pour s'imposer peinard et livrer ses peuples aux lobbies.
Boycott du vote par dépit, juste pour cette fois, pour l'honneur à défaut d'utopie. Puisqu'au niveau européen nous ne sommes que des figurants, qu'au niveau national cela vole encore plus bas, que personne ne désire gagner, pourquoi ne pas hausser de la non-voix et semer le doute dans nos duchés ?
A moins bien sur qu'au dernier moment le soleil perce, que je change d'avis et que j'aille voter Europe-Ecologie.
Illustration Flickr / David Reverchon. Normal que l'Europe ne me fasse pas réver. Depuis le début, elle ne fait que compter.
J'ai beau chercher, je ne me sens pas coupable de mon désintérêt. Diantre, personne n'aura su me le vendre ce scrutin !
La télé d'abord. La baffe du "non" de 2005 se fait encore sentir. Rappelons que la propagande du "oui" débuta en mars sur ce média pour se poursuivre sur une ubuesque tonalité quasi "colère" après la déconvenue des urnes. Cette fois pas de risque de se gourer : Rien en prime-time tv ou pire que rien, à vous de juger.
Les politiques surtout. Idées plates et com' à la con, spots de campagne où même les bons clients nous accablent par leurs contre-performances. L'homo-politicus aligne le discours au niveau de ses ambitions. Les européennes, c'est le cadeau électoral empoisonné. Si tu gagnes, faut t'y coller et pour quelle gloire ? Siéger à Bruxelles, ce n'est pas avec ça que l'on apaise ses fantasmes de souverain. En découle une campagne pour la forme, transpirant le contrecœur, une tribune pour certains, un tour de chauffe pour d'autres et, pour ceux qui occupent déjà tous les postes de direction nationaux : Une case supplémentaire à cocher sur le QCM de la démocratie pour les nuls.
"Européennes : Pour qui votent les blogeurs ?" s'interrogeait récemment Vendredi.
Le plus populaire d'entre nous devant cumuler en une journée d'audience ce que Supercopter récolte en dix minutes de rediffusion sur la TNT, je reste mesuré sur l'influence de ce petit monde au-delà de sa sphère de prédilection mais bon... puisque personne ne me demande mon avis mais que je le vote bien, réfléchissons ici à la question : Vers qui va mon bulletin ?
Vers le NPA ? Trop "anti" pour moi. Pourquoi voter pour casser ? Pas besoin d'un bulletin pour ça : Une bonne batte suffit.
Vers la logique d'une gauche frontale et unitaire qui rouleau-compresserait le méchant capital ? Si elle a toute ma sympathie et mes encouragements, je m'interroge encore sur sa destination finale.
Vers le PS (a.k.a stratégie du vote par l'absurde) ? Envisageable juste pour l'ulcère perforant qui déchirerait le storm-trooper Lefebvre si, au soir du 7, le parti socialiste dépassait les 25%. Mièvre consolation. Là aussi détection d'une anomalie lexicale : Au PS, si le parti se fait sentir, on cherche encore ses socialistes.
Vers le Modem ? Inquiétude fondamentale concernant les termes choisis : "mouvement" et "démocrate". Deux mots suspects lorsqu'il sont prononcés par un homme faisant main basse sur ses contradictions, dont la seule visée c'est le pouvoir suprême et le seul parti c'est lui-même.
Vers les listes écologiques et décroissantes ? Les seules à remuer des question de fond pour réorienter une Europe dont le seul ciment reste la monnaie, vers des chemins de traverse plus apaisés. Pas besoin d'un vote pour être décroissant, être sans euros aide vachement.
Vers l'alternative libérale ? Préférons le sucre à l'aspartame.
Vers la majorité présidentielle ? Seule formation à l'idéologie sans équivoque, sur laquelle je peux compter pour ne jamais me décevoir.
Vers l'exutoire d'un coup de gueule sans lendemain ? J'ai passé l'âge.
Dans ce débarras du choix (29 listes en IDF), par mon vote sous pli, nourrir la bête électorale des atomiseurs de république qui dimanche soir triompheront du haut de leur quart de suffrages exprimés : C nou kon é lé + grands !
Fidèle à ma devise "s'il subsiste un doute c'est qu'il n'y a pas de doute", témoin du ridicule des ambitions et de la médiocrité du débat, s'offre une option inhabituelle pour moi : Celle de l'abstention. Ne serait-ce qu'en mémoire du 29 mai 2005. Référendum suivi de son after-eight à la crème de cocu : Une ratification privée éclairant l'électeur lésé sur la finalité de l'Europe du marché et les moyens démocratiques dont elle se pare pour s'imposer peinard et livrer ses peuples aux lobbies.
Boycott du vote par dépit, juste pour cette fois, pour l'honneur à défaut d'utopie. Puisqu'au niveau européen nous ne sommes que des figurants, qu'au niveau national cela vole encore plus bas, que personne ne désire gagner, pourquoi ne pas hausser de la non-voix et semer le doute dans nos duchés ?
A moins bien sur qu'au dernier moment le soleil perce, que je change d'avis et que j'aille voter Europe-Ecologie.
Illustration Flickr / David Reverchon. Normal que l'Europe ne me fasse pas réver. Depuis le début, elle ne fait que compter.