12 avril 2022

, ,

#ToutSaufMacron

A douze jours du second tour qui opposera Emmanuel Macron et Marine Le Pen faisons le point sur les cas de conscience qui taraudent l’électorat étiqueté de gauche, même si l’étiquette ne convient plus. Il ne s’agit pas ici de faire la morale ou de juger qui que ce soit étant d’entrée posé que le pire vote possible est, au premier comme au second tour, celui pour Macron. 

Commençons par les réjouissances. Ne boudons pas notre plaisir. Il est exquis de contempler la phase terminale de l’agonie du PS et de LR. Il n’y a qu’eux qui ne savaient pas qu’ils étaient morts, ils réussissent enfin un truc en trente ans : leur mise en slip totale. Bon débarras. 

Venons-en au gros morceau qui sera l’objet d’une bourrage de crâne médiatique à base de revival d’un chantage que je connais depuis mon enfance et dont nos élites raffolent pour esquiver de rendre compte de leur bilan et de leur responsabilité. 

Je comprends le désarroi à gauche malgré la performance de Mélenchon (à laquelle je ne croyais honnêtement pas), mais les reports sont dans les sondages depuis le départ. Même si Mélenchon avait été présent au second tour, il se serait fait laminer et Macron serait passé haut la main (avec la morgue des macronistes qui s'en suivait). Ce n'est pas la peine d'en vouloir au PCF ni même aux écolos qui ont visiblement des ambitions plus locales que nationales. Le problème est plus profond. Ce que nous confirme le vote du 10 c'est que La France de 2022 est de droite, ou plutôt pense à ses intérêts individuels plus que collectifs. Ça, c'est une tendance de fond depuis quinze ans. C’est aussi la conséquence d’un appauvrissement d’un côté et à l’inverse d’une préservation, voire d’un enrichissement de l’autre. Et vu le contexte, si des mesures radicales ne sont pas prises nous n’en sommes qu’au début. Et je ne parle d'une cosmétique du prix de l'essence durant quinze jours de campagne.  

Au soir du premier tour, on constate donc que d’un côté, il y a un bloc de droite, libérale-mondialiste pseudo progressiste et proto fascisante, qui n'a aucun problème pour sacrifier les jeunes et les libertés pour conserver son train-train de vie (globalement âgé et/ou plutôt à l'aise financièrement). Ce bloc du confort voit dans le jeune bébé batard né de la fusion économico-idéologique du PS et de LR son meilleur représentant. Et il faut le reconnaître, il fait bien le job. Pour eux. 

De l’autre côté, monte un bloc de droite nationale-sociale, fourre-tout certes mais avec un point commun : SURVIVRE que ce soit culturellement et le plus souvent, on l'oublie à Paris, pour boucler ses fins de mois. Au-delà du clivage gauche/droite je qualifierai ça de France du ras-le-bol. Si certains éditorialistes de palais avaient suivi le mouvement des gilets jaunes ou les manifestations antiPass de cet été au lieu de les fustiger, ils comprendraient peut-être un peu mieux le pourquoi du comment. Mélenchon a capté une partie de ce ras-le-bol sur sa personne et son programme, mais ça ne suffit pas. Il nous l'avait lui même lors d'une interview en 2010 (dans la même interview où il nous avait dit qu'il ne se présentera pas à la présidentielle) : dans les situations de crise, les gens vont vers des solutions radicales. Il avait raison, ils y vont.

On verra comment se déroulent les dix prochains jours et le fameux débat du 20 avril, mais a l'évidence ça va être la foire à la saucisse côté promesses des deux côtés pour séduire les électeurs de gauche qui ont la clé du résultat entre leurs mains. A ce petit jeu, Macron qui peut vous dire tout et n’importe quoi dans la même psalmodie creuse, pondue par des communicants payés avec votre argent 25 smics la phrase, n’est évidemment pas crédible. 

 Il y a donc désormais 3 options pour le 24 avril : 

1 / Macron pour 5 ans de plus avec tous les pouvoirs (a moins qu'il y ait une énorme vague de gauche aux législatives mais au vu des scores et des divisions ça parait peu probable). Nous avons connu l’infamie ces 5 dernières années : suspension des soignants, traque des non-vaccinés, kermesse des éborgnements, arrestations préventives de manifestants, des mutilations, un mépris affiché et répété que les gesticulations du VRP du libéralisme-autoritaire, qui paraphrase aujourd’hui les slogans du NPA et va bientôt citer du Gandhi tout en nous tirant sur la gueule, ne feront pas oublier. 

2 /  MLP pour 5 ans avec un contre-pouvoir (si elle passe ce sera sur la corde, et elle n'aura pas de majorité aux législatives et l’on entrera de fait dans une cohabitation, sans garantie aucune mais sans psychopathe). Je n’ai aucune sympathie pour elle, mais elle ne m’a pas (encore) empêché de me déplacer, de voir mes proches, ma famille ou même de me soigner puis me classant de fait comme un sous-citoyen parce que je refuse de m’injecter un produit expérimental. 

3 /  Etre légitimement écoeuré et ne pas voter, vivre dans son quotidien dans "une autre France" et se focaliser sur d'autres façons de vivre, de s'informer, de se nourrir, d'être solidaires. A ce titre, la période de ségrégation vécue par les non vax a été un bon régime d'entraînement. Dernier point, une forte abstention délegitimerait le vainqueur quel qu'il soit. 

Macron va faire le fiérot pendant dix jours pour avoir fédéré les boomers (qui en remerciement de nos sacrifices veulent nous coller une retraite à 65 ans) mais il est déjà fragilisé. Je ne sais pas ce que vaut le nouveau monde, mais lui est à douze jours de l'échéance l'incarnation la plus parfaite de celui avec lequel il faut en finir. 



1 comments:

Seilenos a dit…

"Dernier point, une forte abstention délegitimerait le vainqueur quel qu'il soit."

D'accord sur l'ensemble de l'article, juste que Macron a bien montré qu'il se fichait royalement de la notion de légitimité, puisqu'il la tire de son ascendance jupitérienne...

Top Ad 728x90