Le choix du 6 mai : hier contre demain


Dans 2 jours, nous serons enfin fixés. Qu'écrire de plus ?

Que rien n'est joué. 

En fait pour le 6, je pourrais reprendre mon texte de mars 2011 intitulé Une France sans futur ?Tout y est. On peut résumer le choix qui se présente à quelques mots:  La Peur contre la confiance. Hier contre demain. La peine contre l'espoir. 

Le suivi des dernières semaines du président-candidat en campagne bunkérisée avec son illuminé papiste confirme tout ce que nous anticipions, parfois en caricature, au sujet de son état lors de ces 5 années de blog en partie consacrées à la dénonciation de son action. En meeting, la violence et les amalgames de ses propos font désormais passer Sarah Palin pour un prix Nobel de modération.

Selon son entourage, le président-candidat est convaincu qu'il va gagner. La droite ne peut pas perdre. Absolument pas. Même à gauche nous nous surprenons à ne pas y croire, même avec 375 sondages / 375 favorables. C'est dire combien la droite a contaminé nos représentations de la société. La droite ne peut juste pas envisager un pays sans droite. C'est contre nature. Du coup, du sommet à la base elle met en place des processus de résistance psychologique:

1 / Le déni. Avec "la vague souterraine qui va remonter aux étages" (sic). Certes, une grande partie de l'électorat de la droite barrée vivant déjà dans un monde parallèle fait de rentes réelles et de peurs fantasmagoriques, l'investissement intellectuel est modéré. 

2 / La vindicte. Décomplexée par les propos du chef en tribune, la base se lâche. L'accusation des "autres", les immigrés, les assistés, les travailleurs sociaux s'affiche désormais sans gêne à longueur d'ondes par NKM de l'UMP ou Ginette et Polo du PMU. Les journalistes sont maintenant molestés en meeting par des militants gonflés à l'haineuse harangue du pompeux incompétent, ou sifflés sur dénonciation du président. Ils ont probablement un peu vite oublié les idylles passées lorsque, ensemble, tout devenait possible.


Méfiance pour dimanche. N'oublions pas que le président-candidat a fait 10 millions de voix au 1er tour là où il aurait dû faire le score de Cheminade. Il faut rester mobilisés. Il reste deux inconnues: le taux de participation et le nature du vote des abstentionnistes du 22 avril. Et là, vu le niveau de gloubiboulga mental ambiant côté colère, on peut avoir des surprises. Rappelons que le président-candidat ne ménage pas ses efforts depuis deux semaines pour se positionner en "opposant au système" censé représenter "l'alternative" en inondant ses discours de stigmatisations tous azimuts avant de conclure sur la conservation de son pognon (le tronc commun de l'électeur de droite) en drapant ça de "défense du  travail" (avec un million de chômeurs de plus en 5 ans pour ceux qui débarqueraient). 

Le plus inquiétant à droite reste cette énergie du désespoir poussant chef et militants à se surpasser dans l'abjecte en piétinant éthique, morale, humanité, ou même la simple évidence. Nous n'avons pas ce travers à gauche (et jusqu’à présent cela a plutôt réussi à François Hollande), mais en fin de campagne à l'heure où la nuance n'est plus de mise, face à la kermesse au vomi, c'est une faiblesse.


Dimanche, faites que ce blog n'ait plus à écrire sur ce cornichon et sa clique autrement qu'à la rubrique judiciaire.

Après... les combats ne feront que commencer. Combat contre les forces de l'argent qui sauront appuyer là où ça fait mal. Combat pour réparer 10 années de casse sociale. Et le plus important: effort continu pour apaiser la société. L'histoire retiendra d'abord de son quinquennat que ce générateur de peur et dissensions nommé Sarkozy aura divisé le peuple comme aucun de ses prédécesseurs, jusqu'à son dernier souffle de pouvoir, pour assurer aux plus riches cinq années supplémentaires de prospérité. 

Illustrations : Blitz wolf de Tex Avery (1942), Du petit monde de Gildan

17 commentaires:

neLLie a dit…

"faites que ce blog n'ait plus à écrire sur ce cornichon et sa clique autrement qu'à la rubrique judiciaire"
....Amen! C'est mon voeu le plus cher...Merci pour ce blog que je visite régulièrement, et je profite donc de la solennité de l'occasion pour y déposer enfin un message.
L'attente va être longue...
Salut, et merci pour tous vos écrits.

Anonyme a dit…

ca m etonnerai fort que Sarkozy (et encore plus son entourage) pense reellement gagner

Mais ils ne peuvent pas dire le contraire. Imagine Nicolas arrivant a la TV et disant qu il jette l eponge, qu il va perdre et qu il est donc inutile qu il perde son temps

Toutatis a dit…

Le simple examen de ces 20 dernières années ne montre pas une différence notable entre les années PS et les années UMP. Par exemple on n'a jamais autant privatisé que sous Jospin, et ce sont des gouvernements PS qui ont instauré la libre circulation des capitaux et tous ces trucs "européens" qui nous enchainent.

Faut être sacrément naïf pour attendre quelque chose d'un parti qui a produit DSK (président du FMI) et Lamy (à l'OMC), sans oublier Rocard.

Mais on peut toujours rèver, et s'énerver des trucs superficiels de Sarkozy (le bling-bling) alors que le plus important est fait ailleurs (à Bruxelles) et le plus souvent par des "socialistes".

BA a dit…

Vendredi 4 mai 2012 :

Sarkozy 2007 : des avocats tunisiens de l'ex-Premier Ministre libyen reparlent de fonds libyens.

Le principal avocat tunisien de l'ex-Premier ministre libyen incarcéré en Tunisie a affirmé à son tour vendredi à l'AFP que son client lui avait dit que le régime Kadhafi avait financé la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, une allégation démentie par son avocat français Marcel Ceccaldi.

"Al-Mahmoudi m'a dit plusieurs fois que le régime de Kadhafi avait bien financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007", a déclaré Mabrouk Kourchid, reprenant l'essentiel des propos tenus la veille par un autre avocat tunisien, Bechir Essid.

Me Mabrouk Kourchid, qui a assisté l'ex-dignitaire libyen auprès de la justice tunisienne, n'a pas avancé de montant, contrairement à Me Bechir Essid, qui avait mentionné une enveloppe de 50 millions d'euros pour le financement de la campagne présidentielle 2007.

"L'ex-Premier ministre libyen est convaincu que sa détention prolongée en Tunisie était effectuée à la demande de la France et visait à taire la question du financement", a-t-il poursuivi.

D'autres avocats tunisiens ont indiqué que l'affaire de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime libyen avait été évoquée devant une cour d'appel tunisienne le 25 octobre 2011.

"La question a été posée devant un juge à l'ex-Premier ministre libyen et sa réponse affirmative figure dans un procès-verbal judiciaire", a assuré à l'AFP l'avocat qui avait posé la question, Slim Ben Othman.

"Al-Mahmoudi avait alors indiqué qu'une enveloppe de 50 millions d'euros a été remise par lui-même aux mains d'envoyés de Sarkozy à Genève", a déclaré Me Ben Othman.

"Une mallette contenant de l'argent en espèces avait été remise à Genève par al-Mahmoudi accompagné d'autres ex-dirigeants libyens", a poursuivi Me Ben Othman, rapportant des propos tenus par son client devant une cour présidée par le magistrat Ezzedine Bouzrara.

"Des documents attestant de l'opération ont été copiés et déposés dans plusieurs capitales européennes", a ajouté l'avocat affirmant que son client craignait une liquidation physique.

Citant son client, l'avocat Mabrouk Kourchid a indiqué que "le régime de Kadhafi n'avait pas financé que la présidentielle française, deux autres pays de l'Europe de l'est et de l'ouest ont profité de ses largesses", a-t-il affirmé, sans plus de précision.

"J'étais présent lorsque la question du financement a été posée", a indiqué à l'AFP un avocat du comité de défense, Me Mahdi Bouaoucha, assurant que les propos de al-Mahmoudi avaient été consignés dans un procès-verbal.

Les trois avocats tunisiens ont assuré ne pas connaître l'avocat français Marcel Ceccaldi qui avait formellement démenti jeudi les affirmations de ses confrères tunisiens.

"En ma qualité d'avocat d'al-Baghdadi al-Mahmoudi, et sur instruction de ce dernier, je démens formellement les allégations de Bechir Essid", a déclaré à l'AFP l'avocat français Marcel Ceccaldi, qui dit défendre l'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi.

Dans un état de santé critique, M. al-Mahmoudi avait été hospitalisé pour hémorragie interne, avait indiqué jeudi Me Kourchid.

http://www.romandie.com/news/n/_Sarkozy_2007_des_avocats_tunisiens_de_l_ex_PM_libyen_reparlent_de_fonds_libyens84040520121710.asp

Anonyme a dit…

@ Toutatis
Je plussoie.

Il faut vraiment être sourd et aveugle pour ne pas voir que droite et gauche mènent à peu près la même politique économique.

De surcroît la dérégulation financière et l'ouverture totale des frontières (mondialisation) ont été réalisées en France par le PS. Ailleurs ça a été fait soit par la droite (Grande Bretagne) soit par la gauche et la droite (USA). En France, PS uniquement.

Hollande et Sarkozy c'est kif kif de ce point de vue.

C'est ailleurs que va se faire la différence, mais bon, comme les espoirs des partisans de la gauche sont d'ordre économique...

Préparez vous aux lendemains qui déchantent !

Louis

Toutatis a dit…

"Hollande et Sarkozy c'est kif kif"

ils ont tous les deux voté "oui" au référendum de 2005, et ont tous les deux participé en 2008 à la trahison des électeurs de 2005.

omer a dit…

Article tout récent de l'Express
"Les électeurs de Mélenchon peuvent-ils faire perdre Hollande?"
Je ne serais pas étonné qu'un bon nombre des disciples de Mélenchon, Poutou et Arthaud votent le 6 mai pour NS.
Après tout, NS est leur fonds de commerce, que deviendraient-ils sans lui...
Et depuis bien longtemps, les intellos d'extrême gauche, comme ils disent, du moins ceux qui habitent les beaux quartiers pensent qu'il faut faire voter le populo pour la pire droite, en espérant que les excès de celle-ci pousseront le peuple à se soulever et à prendre le pouvoir par les armes. Ce qui est parfaitement utopique, surtout depuis l'invention de la mitrailleuse. Mais nos intellos ne sont pas pressés et peuvent attendre longtemps les lendemains qui chantent, sachant que leurs jours présents sont fort agréables...

omer a dit…

Dernier sondage : FH 52, NS 48
là on est mal...

Un partageux a dit…

@ Seb

Encore un excellent billet. Chapeau !

@ commentateurs

Je ne caresse aucun espoir avec Hollande. Je vais voter Mimolette en me pinçant le nez. Et alors ? Dès le 7 mai mes brodequins seront toujours prêts à lui botter l'arrière-train pour le faire avancer. Mon seul espoir est que nous soyons suffisamment nombreux pour mettre un tel bordel qu'il devra, comme naguère le Front populaire, prendre des décisions qu'il n'imagine même pas aujourd'hui...

Clip hollande Srakozy a dit…

+1 à Toutatis

Je ne comprend pas pourquoi, Seb Musset, vous feignez d'espérer quoi que ce soit de Hollande. Il achèvera de privatiser discrètement ce qui ne l'est pas en faisant diversion quelques mesure pseudo- de gauche.. Pourquoi ne pas se conter de dire qu'il reste à voter pour le moins catastrophique des deux.

http://www.dailymotion.com/video/xqfhak_hollande-sarkozy-bonnet-blanc-ou-blanc-bonnet_music?search_algo=1

Abdel Housni a dit…

Salut Sebastien,

Bon courage à vous les français pour la dernière ligne droite... (désolé du jeu de mot).

J'espère que les gens n'iront pas voter égoïstement pour une fois.

@++

Anonyme a dit…

Bonsoir,
Il ne s'agit certainement pas de fantasmer sur ce que pourra faire Hollande, c'est juste que le monde parallèle déconnecté de la vraie vie des sortants, je crois qu'on n'en peut juste plus. Je partage cependant entièrement l'avis de Seb Musset sur le fait qu'on a été tellement conditionné qu'on n'arrive pratiquement plus à y croire, et surtout, effectivement, que la droite n'arrive absolument pas à intégrer qu'ils n'auraient plus le pouvoir. Comme si eux seuls étaient légitimes, de toute éternité. L'espèce d'énergie du désespoir que ça entraîne chez eux a un côté effrayant, très bien vu ! Franchement, on n'y croira pas avant 20h dimanche, et on partage le rêve de Guillon...

BA a dit…

Vendredi 4 mai 2012 :

Kadhafi-Sarkozy : la justice tunisienne savait dès octobre 2011.

Selon plusieurs avocats joints par Mediapart, l’ancien premier ministre libyen Ali al-Mahmoudi a parlé devant la justice tunisienne dès le mois d’octobre 2011.

Il a détaillé son rôle dans le financement politique de Nicolas Sarkozy en 2007, évoquant des transferts de fonds en Suisse : « En tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli. »

http://www.mediapart.fr/journal/international/040512/kadhafi-sarkozy-l-aveu-la-justice-de-l-ex-premier-ministre-libyen

Les journalistes de Mediapart font le point sur ce scandale dans cette vidéo :

http://www.mediapart.fr/journal/france/040512/mediapart-2012-sarkozy-kadhafi-le-grand-soupcon-libyen

Anonyme a dit…

"La droite ne peut juste pas envisager un pays sans droite"

pourtant si le grantoumou gagne dimanche, ce ne sera que l'aboutissmeen td'un long processus d'éviction de l'ump dans toutes les instances dirigeantes : la plupart des municipalités sont à gauche, de même au niveau des départements et des régions. Ce qui fort logiquement à fait basculer le sénat à gauche (pour rappel : les sénateurs sont choisis par les élus locaux), bientôt la présidence, et sans doute dans la foulée l'assemblée nationale.
Que va-t-il rester à l'UMP ? rachida Dati à l'assemblée européenne !

Bon je rigole, demain, je chanterai dans la joie "casse toi pov con" en jetant des steacks hachés hallal sur le premier qui ose encore vanter les mérites de l'UMP mais, n'attendons pas non plus grand chose de Hollande.

Si nabot Ier nous réservait une austérité goût dansTaGueuleDePauvre, Hollande nous fera une politique d'austérité goût vanille à la fraise.

Mais ca restera une politique européenne d'austérité au nom de la BCE et de l'appel au calme des marchés.

dan_y44 a dit…

Si la gauche est élue, et si elle applique son programme démagogique (emplois jeunes + embauche fonctionnaires + fixation des prix des carburants), elle sera forcée de rebrousser chemin dans la catastrophe comme ce fut le cas avec le précédent président de gauche et de baisser les pensions et les salaires des fonctionnaires. Ce sera l'austérité pour avoir refusé le simple équilibre dépenses/recettes qui est possible en France avec quelques efforts. A trop vouloir rejeter l'autre pour son bilan certes mauvais (surtout le début de mandat avec les cadeaux aux copains), vous vous voilez la face sur la démagogie du programme que vous votez. Ce manque d'objectivité n'est pas bon non plus : il est regrettable sur des blogs dits indépendants. Il est aussi regrettable de croire que les politiques peuvent changer les tendances économiques long terme, comme le vieillissement de la population Française. Demain : c'est hier.

Anonyme a dit…

Il y a tout de même des citoyens réalistes et lucides. C'est rassurant. Effectivement, Hollande poursuivra une politique libérale et en cela, le changement n'est pas pour maintenant, ni pour les cinq ans à venir. Le programme du NPA semblait tout à fait révolutionnaire (dans le bon sens du terme)rn comparaison à celui du P.S. Effectivement Hollande a passer outre la volonté du peuple exprimée lors du référendum sur la ratification de l'abominable Traité de Lisbonne. Effectivement, il faut s'attendre à une politique d'austérité et une fois encore il faudra choisir entre deux mots le moindre. Mais Hollande est désormais le seul à pouvoir nous débarrasser du président des riches, et c'est l'enjeu de cette élection. Nous sommes nombreux à être d'accord sur ce point De Mélenchon à Bayrou.

ZapPow a dit…

De Sarkozy j'attends le pire,
D'Hollande je n'attends rien.

Le choix est facile.