Montebourg: "le destin de monsieur Sarkozy est judiciaire"

"Je n'ai pas tellement changé. Je vends toujours les mêmes idées, elles finissent par s'imposer." Arnaud Montebourg au bistro, 12.04.2012

Parait que la campagne n'est pas intéressante et que l'on n'y parle pas d'économie... Jeudi 12 avril, 18h, à la sortie du métro Ménilmontant, un grand type au phrasé un peu bourgeois improvise un meeting de rue. Il parle présidence et économie durant une heure devant 200 passants captivés. 

Au même endroit, l'espérance de déambulation sans prise de projectile sur la tronche d'un candidat-président en indélicatesse sondagière de plus ou moins cinq minutes. Là tout le monde écoute. Chacun y va de sa question, participe, même les sceptiques. Les questions portent parfois sur la RGPP ou l'immigration, mais en grande majorité des moyens de lutter contre la prégnance financière ou la création monétaire.

Inaugurés lors de la campagne des primaires socialistes où il aura doublement crée l'évènement (en créant les primaires, puis en y arrivant troisième), Arnaud Montebourg poursuit ses stand-up à une semaine du premier tour des présidentielles, mais cette fois avec une grande affiche de François Hollande derrière lui et sans le son Bob Marley.

Peu après le meeting de rue à Ménilmontant et juste avant son discours à la Belleviloise avec Danièle Hoffman-Rispal, nous avons discuté quelques minutes avec lui autour d'une bière. Morceaux choisis


- "Notre préoccupation, c'est de retrouver le lien avec peuple." - 

L'attaque des médias transcendant toutes les classes sociales et sensibilités politiques et faisant l'unanimité chez les blogueurs, c'est par ce biais que, dynamisé par sa prestation en plein air, il entame spontanément la conversation en déplorant la réduction du débat d'idées politiques sur les ondes: 

"- Nous avons un problème dans le système médiatique aujourd'hui. [...] Il devient très difficile de structurer le débat autour de propositions. Vous avez 20 secondes pour expliquer votre projet sur les banques. [...] D'abord il y'a une passion des journalistes politiques pour la course de petits chevaux dans cette campagne présidentielle donc ils l'aseptisent. On ne parle que du sondage, de la déclaration d'untel. Notre travail n'est pas de commenter mais d'agir. On vous demande de commenter votre travail, nous questionner sur la déclaration de Mélenchon ou de Sarkozy, nous ce n'est pas qui nous intéresse. Nous essayons en vain d'exposer nos idées nous n'y arrivons pas dans le système médiatique tel qu'il s'est radicalisé. Donc nous faisons du porte-à-porte, des petits meetings [...] c'est ce que nous faisons avec les stand-up. Ce ne sont pas les gens qui viennent nous voir, mais nous qui allons vers les gens là où ils se trouvent: sortie des supermarchés, rue piétonne, sortie des métros"

A l'aise dans l’exercice et passionné par ces échanges, A.Montebourg s'y colle désormais avant chaque meeting. Il y voit un mode plus concret du débat politique, morcelé certes, mais plus en phase avec le quotidien des Français. Les questions économiques dans le public y sont majoritaires:

"- Les gens ont compris qu'on leur avait volé leur pouvoir politique sur l'économie. Ils se sont fait dérober au profit d'experts de technocrates ou de porteurs de la pensée économique qui sont achetés par le système financier. Dès que vous entendez parler un économiste, il faut se demander par qui il est appointé. [...]  La réappropriation de l'économie par la population c'est l'enjeu majeur de la présidentielle. On ne pourra plus vous raconter n'importe quoi. [...] C'est l'achat par les banques d'affaires, d'abord de la pensée économique [...] puis l'achat par les banques de la politique par le financement des campagnes électorales. Donc il y'a consensus sur ce qu'il ne faut pas toucher: les banques. [...] C'est notre boulot de terminer cette période."

Bon là j'avoue, je n'ai pas la présence d'esprit de lui demander quels sont concrètement les économistes écoutés au PS et en quoi sont-ils différents.


- "Lisez les programmes !" -

A la question de savoir si le courant qu'il avait su faire émerger dans et autour du PS au moment des primaires ne se portera pas finalement sur le Front de Gauche au premier tour, Montebourg insiste sur les "propositions audacieuses" de François Hollande (Séparer les activités des banques, la banque publique d'investissement, les taxes sur les transactions financières pour que la dette soit payée par le système financier qui l'a causée...) et tacle encore les médias. Il invite les sceptiques à décrocher de la télévision et lire le programme du candidat socialiste, assurant que les idées qu'il défendait l'ont imprégné. "- La primaire a joué son rôle de rassemblement, mais le vainqueur a fait un travail de fusion des propositions nouvelles portées par une génération nouvelle de candidats dont je fais partie. La primaire a joué le rôle de melting-pot. C'est la raison pour laquelle le programme de Hollande d'aujourd'hui n'a pas grand-chose à voir avec celui des primaires. Il est beaucoup plus dans le centre de gravité du pays." 


- "Le destin de Monsieur Sarkozy est un destin judiciaire." - 

Je ne sais pourquoi mais, au mot "affaires", la conversation a glissé vers Nicolas Sarkozy. 

"- Il cherche à prolonger son impunité présidentielle pour échapper aux foudres de la justice qui commencent à le cerner. Karachi et l'argent de la campagne de Balladur ? Il a une responsabilité directe dans l’organisation du circuit du blanchiment en fabriquant les sociétés-écrans qu'il a autorisées alors qu'il était ministre du Budget. L'argent de madame Bettencourt et les comptes suisses qui ont permis de faire sortir du liquide pour les besoins de l'UMP lors de la campagne de 2007 et maintenant l'argent de Kadhafi: c'est la nouvelle affaire! [...] Donc nous allons bientôt tout savoir, le destin de Monsieur Sarkozy est un destin judiciaire.

A noter dans un coin si jamais, en cas de victoire socialiste va savoir, Montebourg est nommé Ministre de la justice. A propos de mandats, Montebourg ne se représentera pas aux prochaines législatives et balance sur l'Assemblée nationale. "- Ça fait 15 ans que je m'y ennuie. C'est un parlement croupion l'assemblée nationale française. Le sarkozysme a fini de mettre le bâillon là ou deja nous étions ligotés. [...] C'est un mandat qui demande de l'énergie, moi je n'ai plus ce désir. C'est aussi la question du non-cumul des mandats, je l'ai fait voter c'est bien le moins que je me l'applique. Je resterais président de mon département, un mandat beaucoup plus intéressant que le mandat parlementaire. Le cerveau dans l'opposition d'un parlementaire, c'est un cerveau qui marche toujours sur la moitié, la moitié qui dit non. Faudrait parfois pouvoir dire oui, mais c'est difficile."

Le vieillissement et le non-renouvellement des élus (auquel j'ajoute le manque de représentation de la diversité sociale) est pour lui un des facteurs du désintérêt des jeunes pour l'élection: "- La moitie de la population française à moins de 40 ans, il n'y a pas un député de moins de 40 ans, et seulement deux sénateurs. Vous ne trouvez pas qu'il y'a un problème ? D'ailleurs c'est le problème de la génération des babyboomers qui ont pris le pouvoir et qui refusent de le laisser dans tous les domaines. [...] Ceux qui ont fait mai 68 ont pris le pouvoir au nom de la jeunesse et qui refusent de transmettre à la prochaine jeunesse."

Et qui dit "Baby boomer" s'attend inévitablement à ce que l'on interroge sur la bulle immobilière.

Sur ce point Montebourg a un discours bien plus sage que celui sur la régulation financière. Pas de remise en cause du paradigme. S'il ne cache sa préférence pour la propriété, à son sens supérieure à la location (en omettant un peu vite que l'on peut mettre une vie de crédit bancaire à devenir propriétaire), et met en avant la nécessité de taxer fortement les héritages (en minimisant les situations fiscales ubuesques que l'héritage des mêmes babyboomers provoquera chez des enfants sans revenus qui, à nouveau victimes du décalage aberrant des prix de l'immobilier en 20 ans et sur la base de la transmission d'un simple patrimoine qui se sera ultra valorisé, se retrouveront catalogués riches alors qu'ils sont pauvres [1]). 

Le problème n'est pas, à mon sens, la propriété ou la location mais la folie des tarifs et la répartition des mètres carrés ainsi qu'une disponibilité garantie d'une surface minimum vitale pour chaque individu. C'est sur ces axes que le prochain gouvernement devrait focaliser ses efforts législatifs dans le logement. Notons d'ailleurs que le candidat-président Sarkozy (dans une argu flash de fin de soldes pour Femme Actuelle) l'a soudainement compris en se déclarant (en totale contradiction avec ce qu'il disait il y' a 2 mois) pour l'encadrement des loyers (en dégainant au passage une mesure existant déjà dans la loi[2]). 

Déjà 30 minutes, Montebourg a fini sa pause "internet". Il repart comme il est arrivé: en cavalant vers la salle bondée de la Belleviloise où l'attend ce soir une assemblée plus âgée. Pas de doute Montebourg est en campagne pour mai 2012 et au-delà... 

"- Allez saluuut les blogueurs !" 


[1] comme quoi les babyboomers n'ont pas fini de nous emmerder.

[2] Ce qui n'empêche pas N.Sarkozy de plancher  dans le même temps sur un violent plan de réduction des crédits alloués à l'aide au logement en cas de réélection. 

Illustration : @_Margal
Merci à @graoum et @melclalex

18 commentaires:

Anonyme a dit…

"sur la base de la transmission d'un simple patrimoine qui se sera ultra valorisé, se retrouveront catalogués riches alors qu'ils sont pauvres"

la je comprends pas.
admettons que je sois pauvre (800 €/mois) et que j herite d une maison qui vaille disons 300 000€. Je ne suis donc plus pauvre. logique. Avec cette maison je peux soit la vendre et donc avoir 300 000 € sur mon compte soit la louer et donc percevoir par ex 1000 e/mois. je passe donc a 1800 €/mois soit au dessus du revenu moyen-> plus pauvre :-)

Quand a l avenir judiciaire de Sarkozy, ca fera probablement comme Chirac -> pchit
La majeure partie de la classe politique est solidaire et donc n enverra pas un des leurs en prison

LaFilleàPapa a dit…

Pardon, mais un pauvre n'est plus pauvre s'il hérite d'un patrimoine important. Je crois beaucoup dans les frais de succession pour éviter la création de dynastie, riches pour des siècles et des siècles... amen.

Si je fais le choix d'être proprio en suant sang et eau, qu'ont fait mes enfants pour mériter d'en bénéficier à ma mort?

Je sens des riches héritiers qui frémissent en lisant cela :-)

seb musset a dit…

@LaFilleaPapa > Pareil, je suis contre l'héritage dans le principe et pour sa forte taxation.

Néanmoins, reste un problème dans le cas de l'immobilier avec des successions de biens qui ont coûté 1 et qui en valent 10.

Le décalage des niveaux de vie entre enfants et parents est tel, que hériter d'un bien immobilier comme un simple appartement peut devenir problématique(je ne parle pas de la multi-propriété ou la au contraire on ne doit faire aucune exception). Tu me diras, tu peux toujours le vendre en catastrophe (d'ailleurs en gros si tu ne peux pas payer les frais et les charges, c'est ce que tu seras obligé de faire au plus vite) mais là, encore une fois cela profitera à ceux qui ont le cash dispo qui rachèteront les biens. Je veux dire par là qu'à part renflouer les caisses d’État (c'est déjà bien) ça n'arrange pas d'un iota les tensions sur l'immobilier.

Il faudrait donc lutter en amont contre la montée des prix (puisqu'ici plus les prix monteront, plus l'état touchera de l'argent au moment de la succession, exactement comme le prix de l'essence)

Éventuellement envisager un traitement des successions, non plus seulement sur les montants des biens transmis mais sur les capacités financières de ceux à qui ils sont transmis. D'autant que la jeune génération est celle qui a déjà le plus à pâtir de la montée des prix. (Les proprios d'avant 80 sont loin d'avoir tous sués sang et eau, bien au contraire)

Question problématique, puisqu'une fois de plus il va falloir faire du cas particulier, et cela ouvrira aussi des possibilités de truander légalement (ce qui, au passage, est DÉJÀ le cas depuis des années).

Z. a dit…

J'ai juste lu la première partie "pouvoir économique".
Je vous invite ,si le "pouvoir économique" vous intéresse ,à lire LE DEBAT INTERDIT de Jean-Paul Fitoussi ,de la dérégulation mondiale du marché des capitaux fin 70 au chômage de masse structurel des 90 ,l'auteur dévoile l'histoire de la financiarisation sans complotisme et de façon assez pédagogique (j'ai eu recours au net pour bien saisir certains rapports mais rien d'insurmontable).
Si nous ,le peuple ,voulons vraiment nous approprier le "pouvoir économique" ,il faut nous construire une culture économique ,c'est indispensable.
Je reviendrai lire la suite plus tard ,Montebourg a de l'avenir je crois.

Gardez la ferme.

Tassin a dit…

Tiens c'est marrant pour une fois que j'étais à Paris, je suis sorti du métro Ménilmontant à 19h juste à la fin du discours de Montebourg.

Et je t'ai croisé juste après rue Oberkampf Seb! Pas eu le temps de te saluer mais je t'aurai bien invité à prendre une bière!

seb musset a dit…

@Tassin > Dommage ! Fallait venir nous voir ;)

LaFilleàPapa a dit…

@Seb
Je viens de lire ta réponse. Oui, d'accord avec toi, dans les années 70, devenir proprio était facile. Et là tu passes à un autre sujet qui est la pression des prix. Si tu mets cela en rapport avec la concentration des richesses et l'accroissement de la fortune de quelques un, tu comprends que c'est la grosse masse de la propulation qui part à la dérive vers des lendemains qui déchantent. Ensuite, tu te poses la question de savoir ce que les rentiers font de leur pognon. Ils accumulent des biens, dans tous les domaines, entreprises, immobilier,etc. Et font monter les prix et grâce aux rentes deviennent encore plus riches. La machine infernale qui est en place, aggrège la richesse vers les mains de quelques uns et broie les autres. De ce fait, il deviendra de plus en plus difficile de posséder (hormis la camelotte chinoise qu'on nous déverse par cargot sur la tronche, ça, ça ne compte pas). D'où mon post sur la taxation de l'héritage (même si cela implique la revente, avec une obligation pour l'état d'être acquéreur à défaut d'une meilleur offre). Encore faut-il que les biens mis en vente ne parte pas entre les mains d'investisseurs étrangers. Bon techniquement, ça me dépasse un peu. Mais il va bien falloir rendre un jour Paris aux parisiens, la France à ses habitants (non je n'ai pas dit français et non je ne suis pas fn :-).

sivergues a dit…

Arnaud Montebourg n'est pas un garçon impubère en politique, il chante avec un charme très chatouilleur de vieilles litanies qui s'adaptent à l'entourage. Il y conquiert une place, il est bien de la famille Socialiste, à l'école des élus profiteurs qui ne changent rien à nos existences ? Il n'a pas plus de compassion et d'attendrissementque les gérontes qu'il récuse ?

BA a dit…

Samedi 14 avril 2012 :

Sur son blog, Paul Jorion écrit :

L’ÉCLATEMENT DE LA ZONE EURO : L’INSTANTANÉ.

Ce que vous voyez sur ce graphique produit par l’agence de presse Bloomberg, c’est l’éclatement de la zone euro. Sous la ligne horizontale, on voit les sommes qui quittent de mois en mois différents pays tandis qu’au-dessus de la ligne horizontale, on retrouve les mêmes sommes ventilées par pays où ces sommes aboutissent.

Les gagnants : 1. Allemagne, 2. Pays-Bas, 3. Luxembourg.

Les perdants (les plus tristes en premier) : 1. Italie, 2. Espagne, 3. Irlande, 4. Grèce, 5. Portugal, 6. Belgique.

Le graphique a été produit par la rédaction de Bloomberg à partir des données fournies par les banques centrales des différents pays de la zone euro. Un pays dont l’argent sort, en signale les montants. De même pour un pays qui le reçoit, la réglementation intérieure de la zone euro obligeant le pays receveur de prêter le même montant au pays donneur.

Si des sommes quittent un pays, c’est bien sûr que leurs habitants (riches) craignent de se retrouver du jour au lendemain en possession de lires, pesetas, punts ou Irish pounds, drachmes, escudos, francs belges, dévalués.

Pour donner un ordre de grandeur, en mars, par exemple, 65 milliards d’euros ont quitté l’Espagne.

N.B. : La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.

http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925

Toutatis a dit…

Il y avait des scènes semblables juste avant l'élection de Papandréou en Grèce...


(Nan, je déconne....)

Toutatis a dit…

Au fait il est est où le projet de "Terra Nova" d'abandonner les classes populaires et de viser les "bobos" ?

Elena y Tom a dit…

Un économiste justement trop peu écouté mais trop bien connu au PS m'avouait récemment que seule une petite fraction des proches économistes de FH avouaient être sûrs de leur fait quand ils annoncent un retour de la croissance à 2,5 d'ici à 2014 (dommage, ce sont les plus influents) ...

Rappel : la croissance depuis 30 ans n'a jamais atteint 2,5%, chiffres de l'OCDE ... CQFD

Problème : la grande majorité des élus PS (même dans l'équipe Hollande) pensent eux que les marges de manœuvre pour relancer l'emploi et une politique du logement (entre autres) seront tellement infimes qu'il y aura du monde dans les rues 3 mois après les élections tellement "rien n'aura pu être fait" ... OUTCH, ils ont peur pour leurs sièges !

Je pense que les 100 premiers jours de Hollande s'il est élu seront déterminant et qu'il lui faudra être à la hauteur des enjeux pour éviter de subir ce qu'on appel maintenant un "effet Zapatero" !

De bonnes pistes sont proposées ici : www.roosevelt2012.fr
Notamment pour permettre à la population de se réapproprier les questions économiques

Seb, ton avis ?

Elena y Tom a dit…

Je rectifie : les chiffres sur la croissance sont issus de l'INSEE et non l'OCDE

Anonyme a dit…

alexandre lepetit:
il faudrait qu'ils arrêtent tous de se présenter du peuple, alors qu'ils ne pensent tous qu'à être élus er représenter ce peuple,avec tous les avantages de la fonction(de sarko à hollande en passant par méluche,etc;;;;)

Abdellatif a dit…

Salut,

@Seb : petit cadeau héhé

http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/04/14/01039-20120414ARTFIG00299-nicolas-sarkozy-veut-encadrer-les-loyers.php

@++

face a dit…

nerde o gunler nerde

haber a dit…

gelmez artık cok uzakta kaldi

Anonyme a dit…

Il y a 60% de propriétaires en France, les autres sont locataires.

Sachant que comme pour tout produit consommable vendu, les taxes telles que les charges sociales et la TVA sont finalement payées par le consommateur final, on peut considérer que la taxe sur le revenu immobilier est intégrée dans le prix du loyer, donc payée in fine par le locataire.

Résultat, l'impôt sur le revenu immobilier repose sur les 40% de locataires( sachant que le revenu implicite n'est pas imposé ) qui sont ceux qui ont des revenus insuffisants pour acheter, la précarité de l'emploi( CDD versus CDI), soumis à la mobilité géographique...

Ceux qui sont épargnés(dans tous les sens du terme), sont ceux qui ont hérité, qui ont les revenus qui permettent d'acheter, qui ont la sécurité de l'emploi ou/et de la sédentarité( retraités inclus ).

Il ne s'agit plus d'une niche fiscale, mais d'un énorme trou fiscal au bénéfice de la rente et de la sédentarité :

"Deux mesures apparaissent donc souhaitables. La première consisterait à supprimer tous les dispositifs qui permettent d’échapper à la taxation des plus-values, en particulier faire payer l’impôt sur les plus-values latentes en cas de transmission par donation et héritage ou de départ à l’étranger. La deuxième serait d’introduire progressivement une taxation des loyers implicites, par exemple en faisant payer la CRDS-CSG et les prélèvements sociaux aux propriétaires de leur logement."

http://www.ofce.sciences-po.fr/blog...

Soyons pragmatiques, aucun parti politique ne proposera ça,
car les 60% de propriétaires doivent couvrir tout le spectre politique de la gauche plurielle jusqu'au FN.

La révolution, oui, mais pas trop quand même...