mercredi 25 janvier 2012

Contre le mal-logement, taxer le sous-peuplement ?

 Rien de tel qu'un bon exemple pour débuter un billet.

Voici Etienne et Christine. Ce couple de la version haute de la classe moyenne, mais sans diplômes de folie ni standing bling-bling, avait 30 ans au début des années 70. Tous les deux salariés, ils habitent d'abord dans un appartement de 66m2 à Paris, prêté par leurs parents strasbourgeois, avant d'acheter crédit un appartement de 80m2, toujours à Paris, rapidement remboursé avec le concours de l'inflation. 

Le couple y élève deux enfants, Denis et Adélaïde. Christine arrête de travailler au milieu des années 70 et, 8 ans après, avec la revente de l'appartement assorti d'un petit emprunt, ils achètent une maison de 350m2 à 50 kilomètres de Paris qui devient leur résidence principale. Cette maison selon les termes des intéressés dix ans après ("ne leur a rien coûté"). Sa valeur sera multipliée par 5 en 20 ans, la région devenant "à la mode".

Etienne et Christine achètent également au milieu des années 70, pour une bouchée de pain et sur plan, un appartement de 70m2 dans une de ces stations balnéaires pustulant alors au gré des POS heureux sur la côte méditerranéenne. Appartement auquel viendra s'ajouter un studio de 40m2 au même étage acquis 10 ans après: "C'est plus pratique quand on a des invités, même si ça n'arrive qu'un ou deux soirs par an". Ces achats ont été réalisés sans coup de pouce parental. Enfin presque, Etienne et Christine gardent l'usufruit de l'appartement initial de 66m2 qu'ils finissent par racheter à leurs parents au milieu des années 90, avant que les prix ne remontent. Ce 3 pièces dans les beaux quartiers (entre-temps tout Paris est, foncièrement parlant, devenu un "beau quartier") reste inoccupé depuis 40 ans. C'est un pied-à-terre bien pratique quand Christine fait les soldes. Le louer à d'autres ? "C'est trop compliqué, c'est trop de risque, et on n'a pas besoin d'argent".

Les enfants quittent le domicile au milieu des années 90. 

Notre couple se retrouve donc avec 350+66+70+40 = 526m2 à disposition pour 2.  

Passons sur les interminables études spécialisées des enfants, ce "début dans la vie" qui, de stages en CDD, ne démarre jamais vraiment. Denis et Adélaïde n'y auront guère plus de 20m2 à disposition par personne.

Milieu des années 2000, Denis et Adélaïde sont chacun en couple et ont chacun deux enfants.

Le premier couple s'est endetté pour une maison de 100m2 en province à 60 kilomètres de son lieu de travail (La seule manière d'avoir l'impression d'"égaler" le modèle parental dans lequel ils ont grandi, c'est de s'endetter sur trois décennies minimum pour devenir propriétaire, mais avec obligation d'être en couple, chacun salarié jusqu'à 60 ans). Le second couple est locataire d'un 35m2 à Paris avec 2 enfants, logement qu'il a décroché en falsifiant ses fiches de paye et qui engouffre le maximum de ses capacités de financement.

Résumons. 

A ma gauche: deux couples de trentenaires disposant, pour l'un, de 25m2 / personne au prix d'un lourd crédit, d'une ghettoïsation et de frais énergétiques imprévus, pour l'autre, de 8m2 par personne avec perspective quasi nulle d'amélioration sans intervention politique sur les loyers ou les conditions d'accession aux logements, qu'ils soient sociaux ou privés.

A ma droite: une génération derrière, deux retraités disposant de 263m2 par personne, mais vivant l'essentiel du temps, à cause des rhumatismes, dans trois pièces (cuisine, chambre, et salon pour mater C dans l'Air spécial le monde il est dangereux). Ils ne partent plus en "vacances" dans leurs autres logements et ne savent plus très bien où se trouve la clé de l'appartement parisien. Appartement qu'ils ne veulent pas vendre, ni sous le prix du marché (inaccessible pour leurs deux enfants), ni au prix du marché "car ça va encore monter".

Cette crise du logement qui touche 10 millions de français et dont ils sont pourtant les acteurs (passifs certes, comme la majorité des propriétaires, Etienne et Christine ne sont pas des marchands de sommeil et ils ne s'enrichissent pas sciemment en exploitant les autres) est un autre monde pour Etienne et Christine. Ils ont vu leur quota de surface habitable (sans compter les héritages) s’accroître exponentiellement en 30 ans. 

Ce préambule, inspiré de cas réels de mon entourage de trentenaires galériens aux parents décontractés du foncier, pour pointer du doigt que la question de l'espace vacant ou sous-occupé est l'angle mort des discours sur le logement généralement axés sur la construction.


Dans l'immobilier, la question de la superficie n'est envisagée que sous l'angle de la valeur financière. Ce calcul glacé, parfois sur fond de cynisme individuel souvent sur fond de laxisme politique, entraîne l'augmentation mécanique des mal et non logés, sans évoquer les millions (locataires ou propriétaires) qui engouffrent une part de plus en plus importante de leurs revenus dans le logement[1].

Dans une des premières vidéos postées sur ce blog, je proposais de garantir à chaque individu à la naissance un quota de m2 habitables qu'il actionnerait ou non selon ses besoins par la suite. L'idée pouvait paraître folle en pleine transe sarkozyste de la primoaccession. Elle est aujourd'hui un peu plus entendue.

Un contributeur du Plus, Thomas Hudson, cadre supérieur également touché par le mal-logement (le problème est d'abord générationnel), évoque l'idée, sous l'approche opposée, d'un rééquilibrage des superficies "par la taxation de l’espace objectivement excédentaire de certains [...] Faute d’espace pour construire un nombre de logements importants, la répartition des m² de logements entre occupants et leurs besoins est le vrai problème inavoué d’une ville telle Paris." (mais c'est valable pour les autres grandes villes, Paris cumulant les facteurs aggravants: immobilier obsolète, concentration d'activité  pour une dimension réduite et premier spot touristique mondial).

Il propose une taxe fortement incitative de 10.000 euros / an par pièce inoccupée[1] (selon les critères de sous et surpeuplement par l'INSEE) qui serait reversée à la réhabilitation des logements anciens. Dans le cas d'Etienne et Christine, la taxe les obligerait à redevenir actif bien plus tôt sur leur patrimoine inoccupé: en le vendant, en le louant, ou en déménageant pour plus petit si l'espace habitable est surdimensionné. Dans tous les cas de figure, les prix baisseraient. Et, d'un point de vue idéologique, on sortirait progressivement du paradigme de l'enrichissement par la pierre. 

Il est intenable pour une société qu'autant d'argent soit ponctionné pour le logement, sans que celui-ci ne progresse ni en qualité (cf. les aides du bâti éco du Grenelle inapplicables) ni en quantité (où l'on se retrouve confronté au fameux paradoxe d'Apparu[2]) ni en superficie. Le type  à revenu moyen français arrive très vite à son plafond de superficie s'il reste locataire[3]. Une situation qui se généralisera puisque la capacité d'endettement des ménages arrive à bout et que les conditions d'endettement sont de plus en plus coûteuses et compliquées.

La proposition pourrait être complétée par une taxation des loyers, sur la base du revenu moyen. Un taux maximum du revenu à consacrer au loyer. Tout ce qui serait loué au-delà de 20% des revenus par le bailleur serait également taxé. L'intérêt de cette mesure est qu'elle ne s'applique pas seulement dans les "zones tendues" aux prix "manifestement trop excessifs" de la récente proposition de François Hollande.

Aux bailleurs qui argueront que c'est aberrant ou antiliberté, nous ferons remarquer que cette loi, implicite et constamment revue à la hausse, ils l'appliquent déjà eux-mêmes depuis dix ans pour refuser de louer à celui qui ne dispose pas de revenus 3 à 4 fois supérieurs au loyer  ! (Ce qui, nous l'avons déjà évoqué mille fois, est une hypocrisie à Paris: le loyer moyen demandé explosant  le salaire classique constaté).

Qui, à part les professionnels ou particuliers souhaitant le bloquer à la hausse, pourra avancer que "cela bloquera le marché" ? Le logement est trop essentiel pour n'être réduit qu'à sa dimension marchande.


[1] La gestion de l'espace dans le parc social est également à revoir de fond en comble. On m'a rapporté le cas d'une veuve de 80 ans qui vit dans un HLM de 85m2. La dame multiplie les demandes à son bailleur social pour avoir un logement plus petit:  elle n'a pas besoin de cet espace et veut payer moins cher. Le bailleur social, dont c'est pourtant la mission de loger de façon optimale ceux qui en ont besoin et alors que l'on sait qu'il des centaines de milliers de demandes HLM en cours, laisse courir sa requête.

[2] 9 fois sur 10, dans la même interview, sans que cela provoque une quelconque émotion journalistique, Benoist Apparu se félicite d'avoir construit plein de logements sociaux avant de regretter de ne pas les avoir construits là où on en avait besoin.

[3] Selon le DAL, "depuis 1984, la masse des loyers perçus par les loueurs a presque triplé une fois l'inflation déduite"

Illustrations: 2001, a space odyssey S.Kubrick 1968, Ktno.com, You can't take it with you F.Capra 1938

24 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est parfaitement ce que je vois autour de moi. Je peux même dire que la rupture c'est faites avec la génération arrivé sur le marché du travail entre 1998 et 2000.

En 1998, avec un apport faible vous trouviez encore des logements convenant pour un couple à un prix abordable sans vendre un rein.

Après 2000, le marché c'est fermé aux primo accédant, en région parisienne puis en province.

Je fais parti cette génération post 2000, alors que mes grand frères (7 et 9 ans de +) ont pu accéder à la propriété puis revendre pour acheter plus grand.

De même, pour les soixante-huitards, qui ont effectivement une grande maison familiale, mais vide maintenant, et deux apparts "pour les vacances". Les vacances étant la pré-retraite que nous leur payons.

Autre aspect qui rentre en ligne de compte, l'allongement de la durée de vie. c'est malheureux à dire mais avec une durée de vie plus courte, la redistribution des biens vers les plus jeunes se faisait plus rapidement. Ce qui n'est plus le cas.

Les vieux s'enrichissent aux dépens des jeunes.

simplementNat a dit…

Bonjour,

La liberté consiste à faire ce qui ne nuit pas à autrui.

Les logements vide nuisent à ceux qui sont mal logé ou sans logement.

Les propriétaires de logement vide abusent donc de leur liberté.

Anonyme a dit…

oui mais comme l'électeur moyen a 55 ans et qu'une bonne partie des jeunes n'a pas intérêt à mordre la riche main de ces parents, je ne vois pas trop comment ça pourrais changer ?

dd a dit…

Plutôt qu'une taxe par pièce, je proposerais plutôt d'adapter l'impot foncier pour le rendre équivalent à l’impôt sur le revenu, basé sur des tranches et des parts.
1 adulte = une part
1 enfant = 1/2 part

De 0 à 15m² par part : 0€
De 15 à 30m² : 30€/m²
De 30 à 100m² : 60€m&
...

Les chiffres sont un peu du pifomètre, mais l'idée est la...

pupuce a dit…

et sinon ça choque personne que les grands parents aient gracieusement prêté un appartement aux parents qui ne rendent pas la politesse à leurs enfants?

je demande parce que moi ça me traumatise de lire des ignominies pareilles, voyez.

depuis quand on laisse crever ses gosses dans ce pays? c'est une nouvelle mode? l'enfant, cet ennemi, c'est ça? les anti-Dolto ont encore frappé?

c'est pire que des collabos ces gens là. pire.
mes vioques en sont et je peux vous dire que j'irai cracher sur leurs tombes qu'ils se seront payées tous seuls avec leur putain de patrimoine construit sur mon dos directement en me privant de toute aide parce que ces enfoirés de libertariens ont poussé le démerde toi à ne même pas m'offrir un permis de conduire ou une quelconque étude supérieure.

ils ont intérêt parce que si ils se sont pas pris une convention obsèques je les foutrai au carré des indigents et c'est vraiment parce que l'équarrissage refuse la viande humaine.

je ne comprends pas une seconde comment les enfants de ce genre de sous humains peuvent gentiment les tolérer.

c'est une guerre générationnelle, on a fait des mioches pour ggratter les allocs et les impôts réduits et on les laisse crever pour se payer sa retraire dorée tranquilles, en gros (ce qu'on accuse des plus pauvres de faire, et bin dites donc, faudrait regarder un peu la fameuse classe moyenne en face, là, c'est pas beau à voir)... et ils se laissent faire les gosses? ils se laissent condamner à mort et avec le sourire?

la vache. c'est énorme.
ils méritent presque ce qui leur arrive, pour le coup.

Asclespios a dit…

Proposition intéressante mais insuffisante!
Pensez vous que les grosses fortunes (ex: Bettancourt et consorts..) seraient affectées?
Elles s'acquitteraient de la taxe et basta.
Les touchés seraient toujours les mêmes (CQFD)
Bonne idée donc mais a creuser.

Toutatis a dit…

Ce qui m'étonne c'est que personne ne connait le système qui existe à Singapour (pays communiste comme on sait), reposant sur le HDB (Housing and Development Board)

http://en.wikipedia.org/wiki/Housing_and_Development_Board?oldid=384343778

Ce sont des logements semi-publics où loge 80% de la population, les 20% restant (les plus riches) se partageant le reste, qui est un marché libre. Ce ne sont pas des HLM puisque ceux qui y logent sont les propriétaires, mais dans un certain sens seulement, une sorte de propriété limitée.
On peut "acheter" un logement HDB si on satisfait à certaines conditions de revenus et on n'a le droit d'acheter qu'un seul logement, correspondant de plus à la taille de la famille. On n'habite pas forcément où on veut car le gouvernement veut à tout prix mélanger les races et les revenus, mais il y a quand même du choix. Les prix sont aussi très controlés. Il y a de temps en temps des bulles immobilières, mais ne concernant que les 20% libres.
J'ai vécu quelques temps dans certains de ces appartements, qui sont très confortables. Et bien entendu (cela va sans dire à Singapour) pas de nuisances créées par une quelconque partie de la population.

nanou a dit…

ah ben il n'y a pas que moi que ca choque ! ca me rassure... je me disait en lisant ce billet, mais c'est quoi ces parents qui laissent leurs enfants dans la galere alors qu'ils auraient les moyens de leur faciliter la vie, je ne parle pas de tout leur apporter sur un plateau d'argent bien entendu mais la qd meme. Autant je suis contre la reproduction sociale a l'identique (les enfants de riches qui sont eux aussi riches et ainsi de suite), autant la ca me depasse que des parents ne facilite pas les choses a leurs enfants pr qqch d'aussi fondamental que le logement (je ne parle bien entendu pas de leur offrir une voiture de sport). Ils refusent de louer car ils n'ont pas besoin d'argent, ok au moins ils n'exploitent pas la misere humaine mais la est la limite du droit de propriete, avec une telle penurie de logement, cela ne devrait pas etre permis.
On enfonce des portes ouvertes en disant cela, mais il faut continuer de le repeter, car yen a vraisemblablement certains qui ont tjr pas compris
Pour ce qui de la vieille dame qui n'arrive pas a etre reloger dans plus petit, c'est hyper courant, dans la categorie on marche sur la tete, un autre ex:
une de mes amies vient de finir un traitement long et couteux et il lui reste des boites, elle se presente a la pharmacie pr connaitre les modalites car elle souhaite faire passer les medocs restant a un organisme type medecins sans frontieres pr que cela profite aux genx qui n'ont pas acces aux soins, elle se voit repondre que ce n'est pas poss car si elle rend ses medocs a la pharmacie, ils seront detruits et que si elle tente de les donner directement genre a un dispensaire, ils les jetteront a la poubelle. Resultat, elle ne sais pas quoi en faire et se refuse bien entendu a les mettre a la poubelle. Une honte

Anonyme a dit…

@ Pupuce, à plaindre en effet, des parents cons et des enfants hargneux ( à juste titre ) petit incise cependant, classe moyenne dites.vous ... petite alors parce qu`un peu au-dessus, c`est la solidarité générationnelle qui fonctionne. Par le biais des donations et des diminutions de frais de succession (merci Sarko!! que je conchie par ailleurs... mais bon rendons au moins à César...)mon frère et moi disposons chacun d`un confortable appartement en province, l`appartement restant de mes parents les autorisent à jouir d`un loyer confortable, alors qu`ils vivent toujours dans notre demeure familiale avec terrain avantageux et piscine à l`avenant. Le pire : ils sont de gôoooooches comme quoi!!

Tandis que de petits-bourgeois parvenus jouent les crevards entre eux... ceux du dessus (sans être Rothschild pour autant!!) vivent, tout simplement en bonne intelligence... je crois que c`est finalement ca qui fait défaut chez vos parents, combiné à une absence manifeste de bonté d`^ame. c`est triste pour vous, courage et ne commettez pas les mêmes erreurs plus tard!

Comme quoi, avec un peu de bon sens, d`entre aide familiale, tout le monde est content, parents et enfants

Toutatis a dit…

Le fait que les parents n'aident pas leurs enfants n'est pas le problème, puisque ça laisserait quand même sur le carreau les autres qui n'ont pas de parents riches.

Il faut même espérer que les parents riches n'aident pas leurs enfants, car sinon ces derniers deviendaraient comme eux.

Anonyme a dit…

Salut à tous et merci à Seb,

sur cette question du logement comme sur tant d'autres, on a vraiment l'impression que la théorie de la fin de l'histoire prévaut. Exemple, la fameuse TINA dont on nous a encore servi une resucée à la française récemment, c'était Fillon je crois. C'est marrant d'ailleurs comme tous ces crétins qui nous tiennent ces discours sont à peu près tous notoirement irresponsables.
Très touché par le com de pupuce, j'ai de la chance d'avoir des parents qui sont passé à travers cet hédonisme stupide (père trop vieux et marqué par l'exil, mère trop pauvre). Drôle de génération quand même, née d'une époque où le pire en Occident s'était produit, qui a connu une période où la vie était souvent plus facile, plus enthousiasmante. Leurs parents avaient bouffé de la merde et voulaient leur épargner ça.
Pour nous, en général, pas de futur sauf celui qu'on se construira. De leur côté, c'est souvent "après nous le déluge".
V'la la gueule du déluge...
Amitiés,
Alexis

Anonyme a dit…

Certains géniteurs sont comme les crevures libertarés : ils sont à la fois des pigeons serviles au service de la droite mais avec suffisamment de revenus pour être assistés comme des porcs bons à rien tout en pointant du doigt l'assistanat chez les pauvres, on croît rêver ! Particulièrement ceux ayant grandi dans les années 50 et 60, ils te la jouent enfance des misérables pour justifier la façon dont ils traitent leur progéniture pourrie-gâtée-assistée(déféquée par l'anus tant qu'ils y sont ?). N'hésitant pas même a lorgner du côté des revenus de sa descendance pour voir si y'a pas moyen de pouvoir gratter un petit "retour sur investissement", c'est même dommage qu'ils puissent pas exiger encore les allocs, la comparaison avec de la sous-f*ente libertarée serait encore plus pertinente. Le sous-petit-bourgeois lui, ce libertaré qui s'ignore, aime se faire prendre le fondement et n'hésite jamais a taire absolument le problème des salaires trop bas(non pas à cause des charges mais à cause de l'avidité sans limites des gentils "donneurs de boulot(S)")mais toujours il aime traquer chez le pauvre son côté dépensier. Parfois ca en est même magique, et oui la douche est un luxe, et une voiture fait un logement correct.

Ces gens se jetteraient sous un train de chemin de fer privatisé si on inversait les rôles, et la génération d'avant c'est pas mieux : des générations de vantards collabos qu'auront passé leur vie a picoler pour supporter bobonne et surtout pour se supporter eux-même, et comme les autres, des assistés de la première heure qui voient la paille de l'assistanat dans le pré du voisin, mais qui zappent complètement la poutre qu'ils ont dans l’œil !

On passera aussi sur cette vieille habitude de la (sous)"bourgeoisie" française(et des larbins libertarés qui composent son anti-chambre) de tout faire pour esquiver les charges et de se complaire-entre autres-dans la fraude fiscale ! La France un pays socialiste ? C'te bonne blague, c'est tout juste si elle se souvient de ce que veut dire le mot !

Anonyme a dit…

l idee est bonne (et comme le souligne un commentaire, le plus simple serait de baser ca sur la superficie plutot que le nombre de piece) mais inapplicable etant donne le poids electoral des vieux, qui seront les victimes de cette mesure

enfin, etant donne l arret des subvention a la bulle immobiliere pour cause de deficit budgetaire couplee a une hausse des taux d interets et une baisse de revenu des acheteurs (impots en hausse et salaire stagnant voire en baisse), les prix devraient pas tarder a faire comme aux USA ou en espagne : plonger

Pour les plus jeunes d entre nous, il y a une solution a court terme: l exil. Vous etes pas obliger de payer une fortune pour vous loger tout en etant paye a coup de lance pierre. Cerise sur le gateau, en partant vous faites baisser les prix (moins de demande)

Anonyme a dit…

Mes parents n'ont pas autant d'appartements (1 seul) mais ils ont effectivement acheté sans problèmes et remboursé le crédit très vite, avec une femme au foyer.

Je suis ingénieur gagnant bien sa vie, ma copine aussi, et nous louons un 2 pièces ... il a été vendu cette année à de nouveaux proprios, à un prix inabordable pour moi.

Je me suis amusé à comparer ma situation immobilière avec des collègues américains et allemands (même poste), eux habitent la maison avec ponton au bord du lac ou maison de ville avec les 2 Mercedes devant...

Une seule solution: s'exiler et revenir quand le krach aura fait son effet ...

korama a dit…

L'idée d'une taxe sur le mètre carré n' est séduisante qu'en apparence, car c'est méconnaître les disparités de répartition de la population. En effet, perso j'habite dans une région peu peuplée, et dans mon village les maisons font facilement 150 m2 car se sont pour la plupart de vieux corps de ferme rénovés. Il faudrait donc réserver cette taxe qu'aux lieux à forte densité et en pénurie de logement, sinon ça n'a aucun sens.

seb musset a dit…

@simplementNAT > Tout à fait. "La liberté des uns..."

@dd > Oui, il y a un surement une façon optimum d'éviter une taxe massive et de cibler d'abord les forts revenus.

@pupuce @nanou > Je connais nombre d'histoire dans le genre, et même bien pire. A la décharge des proprios, il est probable que notre génération aurait agi exactement pareil à leur place. Ils sont le résultat d'ne conjoncture, et la jeune génération à sa part de responsabilité aussi (moutons, manque de réflexion sur l'achat à crédit...) Mais, ne cherchons plus à savoir qui est responsable : nous sommes dans une situation d'urgence et l'on ne peut plus continuer selon le même paradigme.

@Asclepios > Oui, les riches paieraient énormément tout en gardant leur superficie. J'ai tendance à penser qu'ils ne sont pas la majorité. Déjà, ils paieraient une sacrée somme ce qui serait bien.

@anonyme > L'exil n'est pas la solution (sauf s'il est motivé par d'autres raison). Partir c'est faire le jeu du "marché", et se retrouver de tts les façon soit à oppresser soit à être oppressé. Il faut résister (et sur le sujet, je sais de quoi je parle). Le pire danger c'est la ségrégation géographique par revenu, et c'est exactement ce qui se passe en France depuis 10 ans. Le plus beau, c'est qu'elle s'opère avec la soumission active des pauvres (qui payent souvent d'un crédit à la banque leur ghettoïsation définitive. Zones pavillonnaires = cités sensibles de demain)

seb musset a dit…

@korama > Oui, en même temps les mêmes logiques se reproduisent à échelle moindre dans certaines villes de province. D'où la proposition d'agir sur la fiscalité des bailleurs sur les loyers trop élevés (20-25%) par rapport aux revenus du locataire.

korama a dit…

Ok Seb. Je prenais un cas que je connais bien, le mien :D Je suis proprio (enfin... ma banque est proprio pendant encore qq années), j'ai 250m2 habitables pour une famille de 3 personnes. Ca peut paraître indécent une telle surface, surtout vu de villes surpeuplées ou tout simplement aux loyers honéreux (et dans mon cas, on peut dire que Dijon est relativement chère), mais à la campagne ce n'est pas une si grande surface que ça.

steph75 a dit…

Témoignage perso:

mon père babyboomer, multi-héritiers de biens, jeune retraité en pleine forme et voyageur fréquent (hôtels 3 et 4 étoiles of course en Europe et ailleurs), ex-appart familial (110 m2) payé en 6 ans entre 1978 et 1984 !

moi locataire trentenaire en couple dans 40 m2 sans perspective d'achat réaliste à un endroit qui me convient, aucun bien évidemment.

En 2009, vente de l'ex-appart familial, promesse de donation à cette occasion.

Jusqu'à cet Email lapidaire:
"désolé. Tu dois comprendre que ton père a aussi sa propre vie".

Résultat final: queues de cerise.

Santé à nos jeunes sexagénaires !

(j'oubliais: mon père vote UMP évidemment).

Anonyme a dit…

@steph75: le probleme est surtout que tu sois oblige de vivre dans un appart minuscule, pas que paparefuse de partager le magot (si ton pere n etait pas riche, tu aurais fait quoi ?)

sinon je pense comme anonyme, la meilleure solution c est de s expatrier. Ca va faire baisser le marcher a terme si tous les acheteurs SOLVABLES se barrent.
Son exemple est quand meme un peu excessif (je vis en RFA): 2 mercedes et une villa, c est pas avec une paye d ingenieur. Mais avec 2 "bon" salaires d inge ca doit etre possible mais il doit y avoir un sacre credit quand meme (en allemagne, on est mieux paye qu en france et le prix de l immobilier est plus faible)

@seb
"resister" ca veut dire quoi ?
a) attendre que les prix s effondrent ?
mais si ca arrive dans 10 ans, vous aurez perdu 10 ans de votre vie (et par exemple il sera trop tard pour avoir des enfants)

b) ne pas payer ?
mais dans ce cas vous finissez sous les ponts

c) vivre dans un truc minuscule?
la tu fais le jeu de ceux qui justement exigent des loyers extremes

d) attendre le grand soir
Si tu crois que Flamby (ou un autre politicien) va se mettre a dos ceux qui font les elections (ie les vieux), tu reves

Anonyme a dit…

Salut Seb,

Problème du déclassement à travers le cas du logement, oui, tu en parles souvent et tu maîtrises bien le sujet. J'apprécie grandement ton expertise (si, si, mais de l'"expertise" au sens noble, pas au sens "chroniqueur multicarte de C dans l'air" ;-)) sur ce sujet du logement. Tes idées inspirent et sont très originales, tout en restant fermement accrochées à certains principes de base de la gauche (pour faire vite).

Mais, si le sujet du mal-logement des trentenaires est important, pensons aussi à tous les autres "mal logés", je veux dire, aux vraiment très mal logés. Je suis une petite partie de la chaîne bureaucratique par où transitent les dossiers "DALO", et sur la ville de Paris très précisément ; alors pour répondre par anticipation à tes interrogations : oui, la réalité est bien comme tu peux l'imaginer, juste un peu plus tragique encore. Et je le dis en me plaçant du point de vue ""objectif"" de l'administration, pas de celui du DAL ou de la Fondation Abbé Pierre (je dis ça pour les sarkozystes égarés qui pensent que la solution c'est le "tous propriétaires" alors même qu'on compte 8 M de pauvres / 5 M de chômeurs...)

Bref, eux aussi, ne les oublions pas. Il y a les déclassés oui, et puis il y a les "hors concours", les cas sociaux de compétition qui n'ont jamais été classés nulle part, ceux qui roulent même pas dans la queue du peloton mais qui sont carrément tombés dans le bas-côté, et pour eux c'est encore pire. Et une politique du logement de gauche ne peut se contenter de "reclasser" et de remettre les choses comme c'était avant (= dans les 60's/70's que tu sembles mentionner comme un "âge d'or") : elle devrait aussi, et dans le même mouvement, aider, vraiment aider les pauvres et les très pauvres ; enfin, "une politique de gauche"... on peut toujours rêver, n'est-ce pas...



A part ça, à mon sens la question du logement n'est même pas qu'une question de répartition de m2 : c'est une question d'entassement, d'accumulation de m2 au sein de secteurs denses comme la région parisienne, puisque "les emplois sont là". Tant de gens veulent s'y installer, parfois je me dis que c'est absurde de se faire autant de mal pour dénicher un emplacement dans la grande ville. Et puis je me souviens que j'y participe également, puisque "c'est ainsi". D'où la nécessité d'une planification politique qui transcende les égoïsmes individuels. C'est justement la planification qui donne, à terme, la possibilité d'un vrai choix. Car jusqu'à présent le logement n'est pas un choix, il est relié aux nécessités du travail, de l'accès aux services publics, etc...

Marx prévoyait déjà d'abolir la distinction entre la ville et la campagne. Le K le fait dans un mauvais sens (mitage du territoire, zones pavillonaires...). Toutefois, une "dé-densification", la création de pôles plus petits, davantage en "réseaux"... me paraît absolument nécessaire. La mégalopole c'est du passé.

Quelques réflexions balancées en passant, a+ ;)

Coincoin a dit…

Rholala, sur je sais plus quelle chaîne moisie de la télé moisie, j'ai vu très récemment une pub qui m'a complètement scotché. Je vous fais le pitch :

Un mec, 30-35 ans, assis à la table de la cuisine de son appart', se désespère de ne pas pouvoir acheter un logement avec un revenu mensuel de 2000€ pour le foyer.
Alors sa femme, souriante et en train de faire la vaisselle (authentique), lui fourre une poële sous le nez en lui disant que "meuh non que t'es bête, grâce à crédit-machin, y'a pas d'problème voyons".

Me souviens plus bien, mais je crois qu'il y a aussi un voire deux moutards dans la cuisine.

Suis-je trop sensible, ou naïf, ou les deux, ou cette pub donne-t-elle envie de vomir, puis d'aller coller des bombes dans les agences proposant ce crédit?

Anonyme a dit…

Intéressant.
1/Il faut lutter contre l'entassement à Paris, et donc contre l'agglutinement des emplois à Paris. Sans aller jusqu'à la planification, faut pas pousser.

2/ Vous hurlez contre les babyboomers qui n'aident pas leurs enfants. OK. Mes parents sont des babyboomers qui m'aident, et grâce à eux je vais devenir propriétaire-bailleur (pas à Paris...). Allez-y, hurlez contre ces gens honteux qui reproduisent les inégalités de classes. En gros vous voudriez que mes parents souhaitent m'aider mais que l'état les en empêche?

3/ Je viens donc d'acheter. Soyons clairs, le surcoût du logement est aussi du à la spéculation : les gens à qui j'achète ont fini de payer cet appart depuis longtemps, ont-il pour autant baissé le loyer puis qu'il n'ont plus de crédit à payer? Non. C'est normal de gagner de l'argent avec un bien immobilier, mais de là à continuer à taxer son locataire qu'on ait l'emprunt à payer ou pas...

4/ La crainte des proprios c'est la dégradation de leur bien par le locataire. je ne sais pas (encore) si c'est justifié, mais il y a une solution gratuite à cela : le droit de visite du proprio chez son locataire tous les six mois, avec état des lieux intermédiaire, sur RDV et état des lieux co-signé si les deux sont d'accord.

5/ Je souscris à toutes vos propositions sauf la taxation du loyer supérieur à 20 % du revenu, c'est une incitation à refuser de louer aux petits salaires, et ils sont nombreux. Taxer les m2 inoccupés,oui.

6/ Mais faut-il le faire pour la résidence principale? Mes parents occupent à deux notre ancienne maison pour 5. Avec votre taxe, ils seraient incités à partir pour plus petit. Mais je ne veux pas !!! C'est NOTRE maison !! 30 ans de souvenirs, toute leur vie à eux, et une grande partie de notre vie à nous (sans parler du fait qu'on y dort encore régulièrement) !! Donc OK pour les biens non occupés, mais pas pour la résidence principale. Le logement n'est pas qu'une question d'argent.

Anonyme a dit…

Petite digression au passage, la loi permet aux parents de laisser crever leurs enfants, puisque l'obligation alimenaire prend fin avec le premier emploi de l'enfant (et non à sa majorité comme beaucoup le croient encore). Ainsi des parents extrêmement riches peuvent laisseur leur enfant de 30 ans crever de faim sous les ponts en toute légalité. L'inverse n'est pas vrai, l'enfant est soumis à l'obligation alimentaire envers les parents TOUTE SA VIE DURANT. Juste une parenthèse pour dire qu'on est pas sortis d'un système judéo-chrétien à la con...