vendredi 25 juin 2010

De beaux marronniers


Ce ne sera que timidement avoué sur les ondes. Sachez-le : c'était ensoleillé, massif, hétéroclite et revigorant.

Hier. Alors qu'à l'appel des syndicats, les cortèges de salariés du public, du privé, retraités, intermittents, familles se rassemblaient partout en France, la belle journée débutait sur une double farce mediapolitique :

- L'annonce de la réception d'un footballeur à la main baladeuse à l'Élysée par un Monarque, visant rien de moins que le Grenelle du foot, n'hésitant pas à annuler pour l'occasion ses rendez-vous de longue date avec des ONG.

- Un sommet du journalisme d'investigation à la française sur une chaine d'information continue : une interminable course poursuite derrière la berline du capitaine de l'équipe de France (éliminée) depuis la sortie de son avion, avec motos, satellite et commentaires à l'avenant : "On vient de passer le Stade de France, mais je suis pas sur", "C'est quel tunnel ? Porte de Clignancourt ?" ou encore le subliminal "Paris est une bien belle ville avec ces marronniers".

Faute de budget, la pétrolette de marque "OJ Simpson" modèle "avek15ans2Retar" tombait en carafe aux alentours du palace final. Par chance, il ne se situait point dans le triangle des Bermudes de la contestation République-Bastille-Nation.

D'un côté : des animateurs d'infos qui occupent 95% de leur temps d'antenne à l'appât automobile, alors que des travailleurs se privent d'une journée de salaire pour défendre les retraites de tous contre un projet de réforme inique et inefficace.

De l'autre : le grand ordonnateur de la réforme sacrificielle reçoit un footballeur (qui triche, perd et tourne à 500.000 mensuels[1]).

Je n'ai qu'un un seul mot : Merci. Merci de rappeler à ceux qui n'ont pas pu, pas voulu, pas osé venir contester, de quel mépris se chauffe cette gouvernance et pour qui tournent ces médias.

Le soir, nous apprenions que la France comptait en mai 43.900 chômeurs supplémentaires avec une forte augmentation chez les quinquagénaires... Avant de songer à sauver le foot et péter les retraites, notre Monarcoach ferait bien de s'interroger sur le travail.




[1] à + ou - 100.000 près mais quand on aime on ne compte pas.

3 commentaires:

Stéphane Laborde a dit…

Malheureusement 2 millions de personnes peuvent se tromper lourdement, et même 64 millions ou 6 milliards.

Qu'est-ce que le "travail" a à voir avec le bin's ? C'est quoi le "travail" ? Faire des efforts pour un patron, payé avec de la monnaie bancaire type Eurosystème 2010 ?

Dans ce cas, il n'y a rien à changer, c'est déjà ce qui est proposé et qui ne marche pas.

Curieux comme les esclaves veulent absolument garder leurs maîtres quand l'occasion de se libérer se présente.

Allons donc, que faut-il changer exactement dans ce système exactement ? Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Tant que cette analyse et cette demande ne sera pas identifiée elle n'aura aucune raison de voir le jour d'elle même...

Mais en y réfléchissant un peu, au fait, c'est quoi la "monnaie" exactement ? Et qui est propriétaire du "système monétaire" ?

Amusant, mais aussi consternant, de voir des gesticulations qui, tant qu'elles n'abordent pas les vrais sujets, font bien s'amuser les tenants des vrais leviers de pouvoir...

Priximmo a dit…

C'est clair que Thierry Henry ait été reçu aussi facilement et rapidement à l'Elysée est assez hallucinant. Pendant ce temps là il y en a qui usent le bitume pour tenter une entrevue qui ne viendra jamais. Et puis la France n'est pas une nation de foot et puis c'est tout. Merci Seb pour cet article.

Priximmo

Anonyme a dit…

Retraite? Pas retraite?

Il n'y a déjà pas de travail, pas de liberté, pas d'avenir, plus de passé, plus de vie.

Il ne reste rien à sauver. Soit on continue de s'accrocher à des débris flottant au grès des courants, soit on embarque pour un autre monde. Tout est rebâtir, une fois de plus.

Un autre Séb.