vendredi 21 novembre 2008

"Autoentrepreneur", une soft-délocalisation de l'intérieur

Entre la retraite "optionnelle" à 70 ans et la "possibilité" de travailler le dimanche, on ne parle que trop peu du "dispositif de l'auto-entrepreneur" lancé par Henri Novelli, secrétaire d’état chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyens entreprises. Ce dispositif entrera en vigueur le 1er janvier 2009 mais le site vient d'ouvrir histoire de jauger la demande.

C'est vrai que, pour une fois, ce nouvel artifice
made-in-UMP à la puissante sémantique progressiste à base de "prenez votre destin en main" n'enlève rien à personne et que l'on ne trouvera donc aucune organisation syndicale pour défiler en exigeant son retrait. Jugez plutôt : l'auto-entreprise "permettra aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité complémentaire pour augmenter leurs revenus".

L'esprit facile, le nigaud Druckérisé à la sauce Chazal, Steevy, les habitants de Levallois-Perret, la femme de rentier, en résumé l'électeur sarkoziste y verra une preuve supplémentaire du modernisme de notre gouvernement, une
nette avancée sociale .

J'y vois, comme toujours avec ce genre de projet patiné des heures au service marketing, tout ce qui n'est pas marqué dans la plaquette : La possibilité, dans un deuxième temps, pour ceux qui ne sont ni salariés ni chômeurs (j'en connais), ceux qui n'auront jamais de retraite (j'en connais beaucoup et qui pourtant travaillent), ceux qui seront licenciés (vous allez en connaître énormément) de pouvoir "croûter un peu", en langage d'état ça veut dire : De payer des impôts comme les autres.

L'esprit un peu critique, et donc conscient de la déliquescence sociale
et républicaine de son pays, s'arrêtera lui sur ce paradoxe : Comment une société qui stigmatise la libre-pensée peut encourager "l'auto-entreprise" sans, au minimum, avoir une arrière-pensée si ce n'est idéologique au moins mathématique ?

Loin de moi l'idée de critiquer "les petites entreprises" qui ne manquent que trop à notre pays, rappelons-le créateur à ses heures de gloire et avec la bénédiction du Général De Gaulle de l'hypermarché global (un concept inédit ailleurs sauf là où La France l'a importé), déférant de tradition envers les grosses compagnies. Précisément, l'auto-entreprise d'Hervé Novelli ne propose pas d'aider à la création de petites entreprises mais de faire de l'individu, assoiffé de liberté et grisé par le désir "d'être patron", une entreprise solitaire sans salariés donc sans syndicat ni protection, sans possibilité de contestation (à qui se plaindre ?) bref un truc ultra-capitaliste où il sera, tout libertaire qu'il se pensait, le tyran de sa propre torture, lâché et soumis à la concurrence d'autres comme lui qui le contraindront à en faire encore plus pour toujours moins.

Encore plus fort que l'oppression par l'entreprise (elle-même dans une mauvaise passe), voici l'introduction soft d'une nouvelle forme d'oppression sans même avoir à créer d'entreprise : Une vraie délocalisation de l'intérieur !


Autre que l'on voit qu'il s'agit pour lui dans un premier temps de récupérer via la taxe une part du business de ceux qui s'arrondissent les fins de mois sur EBay de façon un peu trop courbes, l'état, constatant les limites de "La France de propriétaires" profite de "la crise des américains sans morale financière" pour faire franchir une nouvelle étape au corps social en "offrant à chacun la possibilité d'être son propre patron".

Puisqu'il n'y a pas de travail, devenez votre patron : Logique.

Mr Novelli, permettez-moi d'être sceptique : Votre "vertueux" système à bien créé des "travailleurs pauvres" alors pourquoi ne créerait-il pas des "patrons précaires" ?

Merci donc pour vos offres gracieuses mais subsistant sans trop travailler depuis 18 ans maintenant et ayant survécu
à un krach immobilier sur la base du non-respect des conseils de votre mentor, je me considère déjà comme un bon auto-gestionnaire de l'entreprise Seb Musset.

Dans
« Misères du présent, richesse du possible »*, André Gorz revient sur cette mystification des "possédants" lorsqu'ils vantent au Tiers-Etat les mérites du self-entrepreneuriat :

« L’image du « travailleur » à son compte qui est « son propre patron » séduit 40% des jeunes britanniques qui déclarent vouloir être payés selon leurs capacités et leurs mérites, non selon un barème préétabli. La plupart découvriront rapidement leur mystification. Seuls, en effet, tirent leur épingle du jeu les indépendants qui appartiennent à « l’élite du savoir » (elite of knowledge workers) dont parle Jeremy Rifkin. Ils représentent moins d’un 1% des actifs : consultants, avocats d’affaires, informaticiens et experts de haut niveau. Pour celles et ceux qui ne sont pas réputés pour des compétences exceptionnelles recherchées par les entreprises, le travail indépendant ne sera source d’une plus grande liberté que dans la mesure où indépendants, chômeurs, précaires, temporaires réussissent à s’organiser en pool à l’échelle de leur bassin d’emploi. [ …] En l’absence de cette auto-organisation pour laquelle il n’existe que de rares exemples embryonnaires, le post salariat signifie seulement que les entreprises sont libres de pêcher, dans un abondant réservoir de prestataires de services de tout genre, celles et ceux qui offrent le meilleur service au prix le plus bas."

* éditions Galilée, 1997.

27 commentaires:

Constantin a dit…

La délocalisation intérieure...jolie formule.
C'est exactement le principe du peon attendant l'embauche devant l'hacienda.
Le peon est son propre patron.
Hasta.

Anonyme a dit…

Ce n'est qu'une tentative de plus d'isoler les gens les uns des autres et de faire disparaitre les notions de solidarité ou de destin commun. Cela avait commencé avec le mirage de la propriété immobilière, où chacun devait s'enfermer dans son cocon censé le mettre à l'abri des ennuis futurs.

Michael a dit…

Je ne sais pas ce que ça donnera dans les faits mais l'entrepreneur est de toutes façons quelqu'un de plus exposé : il n'a pas une entreprise qui "le protège" des aléas du marché.

Alors oui clairement je pense que l'un des objectifs c'est de légaliser les petits revenus que se font les gens...

Franck a dit…

j'me gourre peut etre, mais ca ressemble a : comment canaliser, gerer et recuperer les taxes du travail au black... chose que tout gouvernement (francais) hait de tout son coeur.

Franck

Anonyme a dit…

Pour une fois, je trouve que cela mérite réflexion. Mais alors, il faut que le RMA y soit appliqué. Cela reviendrait à instituer une sorte de seuil de revenus en dessous duquel on percevrait un RMA progressif, et au dessus duquel on paierait un impôt progressif également.

JL

Denis a dit…

Bonjour,

C'est transférer les charges de de l'entreprise sur l'employé.

J'ai connu ça pendant 3 ans à l'étranger. Dans un pays ou le choix n'était pas possible : etre free lance ou ... clochard. ( et je ne vous parle pas des désagéments qui y sont liés pour avoir un logement quand on n'a pas de "CDI". Pareil pour le crédit auto. Le renouvellement de la carte de séjour tous les 6 mois et non pas tous les 2 ans etc ... )

L'employeur avait une petite taxation de l'ordre de 5% sur mes factures. Moi, c'était de l'ordre de 35% ( hors TVA ).

Anonyme a dit…

Le statut d'auto-entrepreneur n'est qu'une reformulation du régime fiscal dit de micro-entreprise. Rien de neuf, les taux sont à peu près les mêmes : en gros, vous ne payez pas d'impots, mais vous payez 14% de votre chiffre d'affaire en cotisations sociales (RSI) si vous êtes en commerce, et 23% si vous êtes en service.

Le régime micro n'est pas criticable en soi car il s'applique à tous les secteurs, pas seulement aux services. Je comprends bien que vis-à-vis des services on tire le revenu par le bas en mettant les prestataires en concurrence. Mais ceci n'est pas vrai si votre valeur ajoutée est réellement unique. Et ça cela se produit fréquemment quand vous avez commencé votre vie dans une boite, et que vous vous mettez à votre compte au bout de 10 ans une fois que vous connaissez le maillon faible du secteur. Le long tail innovant du service, comme diraient les bloggeurs 2.0

En dehors des services, il y a toutes sortes d'activités de fabrication et/ou de commerce que vous pouvez entreprendre. Des produits de cuisine par exemple que les grandes marques ne fabriquent pas. Et Google est votre meilleur attaché commercial...

-SR

Denis a dit…

Au dernier Anonyme :

Je suis d'accord avec toi : la micro entreprise n'est pas mal en soi. Mais seulement lorsque que c'est un choix personel, une volonté d'entreprendre. Mais lorsque ce statu est imposé par les entreprises à tout nouveau demandeur d'emploi cela devient un réel problème. Et c'est exactement ce qui se passe chez beaucoup de nos voisin : les travailleurs doivent accepter un statu de micro entreprise avec des accords de contrat pour 2/3 mois.

Reevolt a dit…

Question bête à ceux qui savent: au niveau du paiement, est-ce que le fameux délais de 90 jours s'appliquerait aussi à ce nouveau statut ?

... non parce-que là ça serait vraiment chaud pour le prestataire...

Denis a dit…

Reevolt, je dirai oui. Mais 90 jours c'est la théorie. De ce que j'ai vécu avec mes "collaborateurs" dans la meme situation, il n'était pas rare de se faire payer le mois de Septembre et Octobre le fin Février de l'année suivante.

Reevolt a dit…

ça doit être 90 jours ouvrables car effectivement, c'est ce que j'ai également connu dans mon ancienne entreprise avec les petits artisans avec qui on travaillait. Le directeur prenait un malin plaisir à les payer au dernier moment du délai légal. D'ailleurs, la plupart ont fini par aller voir ailleurs...

C'était une époque où on pouvait encore se le permettre...

Anonyme a dit…

je suis une femme de 55ans ,a mon compte depuis 6ans ,pour un revenu de 1000 e environ,cce nouveau statut me permettra s'il est mis en place d'etre beaucoup moins etranglee par les charges sociales ,actuellement en gagnant 0 euros il faut s'acquitter quand meme d'une partie de ces satanees charges 38 pour cent environ,alors qu'avec le statut d'autoentrepreneur,pas de rentrees d'argent pas de charges a payer les charges sont de 23 pour cent pour vivre dans l'angoisse permanente comme c'est le cas aujoud'hui je peu vous dire que cette mesure va permettre a de petits entrepreneurs individuels de mieux dormir,encore faut il que le decret passe,avez vous des infos

labilbe a dit…

Alors là Seb je ne te comprends pas.
Dans un autre billet tu vantais les mérites du travail non salarié qui permettaient aux gens qui voulaient être leur propre patron de faire en gros ce qu'ils voulaient ; donc de ne pas être en proie à un horaire fixe... Tu disais même qu'il y a 200 ans (je crois) la majorité des gens n'étaient pas des salariés.

Si aujourd'hui l'Etat veut nous proposer cela ce n'est peut être pas une si mauvaise idée.

Cela permettra à des gens capables de travailler un peu plus pour gagner beaucoup plus (car ils récolteront directement le fruit de leur travail et ne passeront pas par un intermédiaire patron).

D'après ce que j'ai compris il y a des facilités au niveau comptable ce qui n'est pas non plus un mal étant donné le temps perdu par les petits patrons à faire leur compta.

Autant je n'aime pas la majorité des décisions de ce gouvernement autant cette décision me plaît (et oui je suis dans l'informatique).

Ensuite en ce qui concerne les syndicats cela ne change rien à la situation actuelle (franchement combien de nous salariés sommes syndiqués aujourd'hui ?).

Voilà en espérant avoir été clair, j'ouvre le débat :)

Runn a dit…

Ici en Belgique, un statut similaire à celui créé par votre gouvernement existe depuis des années. Il existe une myriade de consultant indépendant en tout genre, souvent les gens se mettent consultant indépendant parallèlement à leur statut de salarié puis passent en consultant plein temps sans statut de salarié.
Travaillant dans l'informatique, je l'ai fait pendant plusieurs années, à un moment où le secteur était très porteur, maintenant que la crise arrive, je suis redevenu salarié dans une entreprise de consultance, quand l'orage sera passé, je referai l'opération inverse.
Pour qqu'un qui travaille dans un secteur porteur où l'expertise personnel est ce qui est valorisé, la possibilité de faire comme cela permet de bousculer le mécanisme de la société actuelle, de percevoir pour son compte propre ce qui est aujourd'hui le revenu des actionnaires dans les sociétés. Le fait d'avoir accès à cet argent peut entrainer une forte augmentation des impôts si on n'y prend pas garde, classiquement les experts comptables (j'en utilisais un) poussent vers une augmentation des frais liés à l'activité : remplacement régulier du véhicule par un véhicule neuf, dépenses dans les gadgets technologiques, etc. Pour ma part, j'ai fait mes choix, et j'ai choisi de prendre 16 semaines de congés par an, ce qui me donnait alors un revenu confortable (similaire à un salarié du secteur) avec une tranche d'impôt peu élevé tout en ayant les moyens de payer une myriade d'assurances privées diverses et variées afin d'avoir une couverture similaire à celle d'un salarié. Je facturais mes services à un tarif très modéré afin de ne pas perdre mon temps dans des démarches commerciales à n'en plus finir, démarches qui ne sont pas mon fort de toute façon. Je précise que ceci est un choix de vie tout à fait personnel, pas un jugement de valeur sur ceux qui choisissent de faire autre chose.

J'ai conscience qu'agir ainsi est tout à fait cynique, opportuniste et est un manque complet de solidarité avec les salariés. Devant l'aberration du système, j'ai choisi de jouer avec le système, d'en exploiter les possibilités pour tenir à distance au mieux les inconvénients de celui-ci. Dans ce qui m'a poussé à faire ainsi, mon histoire personnelle me fait considérer que la "sécurité de l'emploi" dans les entreprises privées est un leurre qui est vendu très cher aux employés alors qu'il n'y a rien derrière, les entreprises n'hésitant pas à licencier leur personnel en cas de problème, de même la tentative de l'encadrement des entreprises à créer un lien affectif entre le salarié et son entreprise est pour moi une tentative de manipulation à sens unique, le salarié devant se sentir redevable à l'entreprise alors que l'entreprise considère qu'elle ne doit rien à ses salariés et que tous sont interchangeables. Une autre chose qui m'a pousser est le refus de devenir un cadre dirigeant dans les entreprises et de mettre en oeuvre des valeurs et des méthodes opposées à mes propres valeurs, le fait d'être consultant me permet de ne pas m'impliquer sans avoir à faire une croix sur l'intérêt que j'ai pour mon métier.

En Belgique, les informaticiens ne sont pas les seuls, et de loin, à tenter la voix de l'autonomie pour devenir "indépendant" comme on le dit ici.
Il apparait que ceux qui s'en sortent sont beaucoup de gens diplômés ayant des compétences dans des secteurs porteurs, les personnes peu diplômées qui tentent l'expérience sont souvent très exploitées par leurs clients, fonds des horaires de fous pour gagner trois fois rien. Le leurre d'être son propre patron est bien vendu par la droite libérale belge, tous les salariés et les chômeurs voient miroités l'argent et le prestige d'être son propre patron, quelques uns se laissent prendre par le brillant du système et lancent des activités en faisant l'économie de la réflexion sur la rentabilité de l'activité et sur l'analyse de l'offre, résultat : beaucoup de galères pour la plupart des gens.
Pour moi, ceux qui réussissent sont pour beaucoup des personnes qui savent saisir des opportunités... et qui ont peu de fierté, qui feront un jour un travail pour une société conformément à sa demande (même si c'est de la m... selon le standard du marché, mais la société est contente, c'est ce qui compte) et qui le lendemain travaillera pour la société concurrente à faire un produit qui damera le pion au produit fait dans la première société. L'éthique dans le métier de consultant en informatique consistant à ne pas divulguer les programmes d'une entreprise à l'autre, par contre, les idées et les savoir faire eux circulent librement. Pour ma part, je considère que les consultants sont des mercenaires, ils ne s'occupent pas de savoir si la "guerre" est juste ou non, si le produit qu'ils fonds sera bon ou non, ils sont payés (chers) pour le faire de la façon dont on leur demande de le faire, pour ma part, j'ai un certain mépris de la "guerre économique" que se livrent les entreprises, il faut dire que je n'ai aucun esprit de compétition, j'ai beaucoup un esprit de jeu participatif, et, en outre, je n'ai aucun intérêt pour la "réussite sociale", je n'ai pas de considération particulière pour les gens quand ils sont à "un niveau élevé" d'une hiérarchie sociale, je regarde plutot le système comme un chose curieuse créée de toute pièce pour leur permettre de se faire valoir, et souvent, plus une personne se fait valoir par cela, plus elle me fait pitié.

Jean-Christophe a dit…

Je rigole quand je vois les petits bourgeois de gauche (PS) proner la libre entreprise, l'enrichissement personnel, la rémunération au mérite (le capitalisme quoi)tout en fustigeant les gros bourgeois de droite(UMP) qui finalement ne font qu'étre meilleurs dans le système en place. C'est le sytème qu'il faut changer.

seb musset a dit…

a Labibe > Une fois de plus, tout n'est pas blanc ou noir (spéciale dédicace à Mr Zemmour) ce qui importe ce sont les choix et pourquoi on les fait.

L'individu peut voir plein d'avantages immédiats à cette proposition. D'un autre côté, à l'évidence elle dynamite dans tous les sens du terme, le concept de "société".

J'y vois une similitude idéologique (à 2 temps) avec "le désir d'être propriétaire de son logement" qui au final appauvrit encore plus les pauvres, en les soumettant à vie.

Posons-nous une question simple : Si l'on est chacun "légalement" son propre patron, pourquoi voter pour un gouvernement de représentation, cotiser pour les plus démunis, payer des impôts pour la collectivité, que devient la sécurité sociale puisqu'il n'y a plus de sécurité et plus de social ?

C'est donc un paradoxe de droite supplémentaire : D'un côté le gouvernement nous demande avec insistance de respecter l'état, de l'autre il nous incite à nous en affranchir et à ne surtout, pas compter sur lui.

Ok alors, débarrassons-nous en.

Notons également que, dans sa grandiose bonté, le gouvernement propose cette mesure au premier jour de l'année 2009 qui sera vraisemblablement la pire que La France ait économiquement connu depuis longtemps (après 2008 et avant 2010). Pourquoi pas avant quand "tout allait bien" ?

Quant à mon ambivalence par rapport au salariat ou à la libre-entreprise, je n'ai sur le sujet aucune morale, considérant le travail comme un mercenaire le ferait d'une guerre. Je travaille de temps en temps pour d'autres, sans état d'âme et en demandant le maximum pour la prise de temps la plus minime possible. A chacun son cas personnel. Et je n'ai absolument pas envie d'être un patron, au sens fiscal du terme, j'ai déjà donné comme dirait l'autre.

N'attendons pas qu'un gouvernement nous donne l'autorisation pour nous déclarer "indépendant".

seb musset a dit…

De plus, ce n'est pas en s'individualisant tous en micro-entreprise et en devenant chacun le concurrent de l'autre (dans la plus pure logique du marché) que nous sortirons par le haut de la lutte des classes version XXIe siècle mais, au contraire, en nous identifiant, en nous renforçant par le nombre et en refusant de participer à un jeu dont la classe supérieure fixe les règles et détient toutes les bonnes cartes, la cagnotte et les jokers.

FM a dit…

Ouais, bah, pour monter des barricades et accrocher les têtes des bourgeois sur des crocs de boucher, il vaudrait déjà mieux avoir le ventre plein… et c'est ce qui devient de plus en plus difficile dans ce secteur que je connais bien : les journalistes dits pigistes ou proclamés free lance, royaume du flou pas très artistique quant aux modes officiels de rémunération ; pays de la guerre de tous contre tous, sans aucun respect par ceux qui arrivent sur ce "marché" de respecter un minimum les tarifs en vigueur, et où il se trouve même des nouveaux entrants acceptant de travailler gratos (mauvaise traduction du mot free dans leurs neurones ambitieuses ?) pour se constituer soi disant un réseau de clients (qui les prennent du coup pour de bons pigeons à fourrer) ; communauté des "intellos précaires" qui finissent par préférer un métier qui remplit le frigo et qui, tout heureux d'un coup de cette fin de précarité, ont autre chose en tête que de "changer le système" parce qu'enfin ils y sont entrés…

Aka 75 a dit…

C'est juste un truc pour racler les bénéfices d'e-bay.

Ils veulent crasher le marché de l'occasion ou de la vente entre particuliers. Ni plus, ni moins.

Romane a dit…

Il ne vous est pas venu à l'idée que le gouvernement poussait la création de très petites entreprises car l'emploi se faisant rare il pousse les chômeurs à créer en fait leur propre emploi. Rien de moins. Des articles en ce moment vont dans ce sens où il est question d'un renfort de la Caisse des dépôts et consignations qui viendra en aide au développement éco des entreprises. Actuellement, des conventions de partenariat sont signées avec les Régions pour soutenir leur développement économique + aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprises.

CumuloNimbus a dit…

Un texte publié ailleurs qui fait étonnamment écho à certains des billets oubliés ici.

La classe moyenne «incarnation moderne de l' Héautontimoroumenos»…

ouin ouin a dit…

Mieux vaut des entrepreneurs que des fonctionnaires. Ca fera moins de donneurs de leçons et plus de résultats.

JR a dit…

Bel article qui se garde bien de condamner l'entreprise mais qui souligne ce que la manœuvre gouvernementale a de pervers, dans l'isolement, la poudre aux yeux, la récup, l'ultralibéralisme accouplé à l'individualisme qui produit des chimères assez odieuses…
Merci de cette synthèse et de la citation finale qui remet les choses en place.
Travailler plus pour (nous faire) gagner plus.
Il faut toujours lire en entier les contrats !
Bonne journée

labilbe a dit…

à Seb > D'abord c'est une mesure qui ne s'applique qu'à ceux qui le souhaitent si j'ai bien compris (et si j'ai bien tout lu Freud, spéciale dédicace à Feu Desproges).
Nous ne sommes donc pas obligés d'être chacun son propre patron.

Une façon de se débarasser de ce gouvernement serait de le faire dans les urnes, encore faut-il que les gens souhaitent sortir de la matrice :) et disposent d'une culture politique minimale.

Anonyme a dit…

Je ne sais pas si les gens qui évoquent certains statuts savent de quoi ils parlent.
La micro-entreprise est un attrape-couillon, comme toute nouvelle mesure visant, soi-disant à aider qui que se soit.
En gros, le statut du "Débrouille-toi toi-même, le Ciel t'aidera", j'ai connu. Et celui ou celle qui a le malheur de gagner "un peu trop" servira de cible.
Les métiers concernés sont hyper-concurrentiels (25 coiffeurs à domicile, sans compter les salons dans un rayon de 25km, dépanneurs informatique, D.J., repriseuses de chaussettes trouées et j'en passe), hyper-précaires, où l'on travaille n'importe quand, n'importe comment, avec tous les frais inflationistes à sa charge et des services à faible valeur ajoutée ou des produits invendables (ah, le fabricant de sabots du Larzac cher à J.P. Pernault!).
Pourquoi pas serveur et barman "Free-lance"? Les Anglais connaissent bien. En temps de crise, c'est-à-dire une année sur deux, il vaut en effet mieux bosser comme un pékin tant que çà marche pour espérer passer le cap des vaches maîgres. Super pour des célibataires à la limite, mais comme projet de vie...
Bref.

Un autre Séb.

Bertrand a dit…

En fait ce statut va permettre de dire à tous les RMIstes RMAistes chomeurs et autres qu'ils n'ont qu'a se mettre en micro entreprise.
Et puis cela va permettre aussi aux grosses boites de remplacer les bataillons de techniciens et cadres moyens issus de société de services par des indépendants encore plus malléable commercialement.
Quand aux délais de paiement ; tu ne vas pas te fcher avec tes clients !

J'ai un copain qui est indépendant dans l'informatique depuis 7 ans. Bonne expérience, bon profil recherché...
Pour lui les points positifs, c'est qu'il n'a pa prendre que 15 jours de vacances sur les cinqs dernières années. La crise va lui permettre d'en prendre :(
Les sociétés le règle au bout de quatre ou cinq mois en moyenne. Et de plus en plus, le règlement se fait après fourniture d'un livrable quelconque (le plus tard possible dans le cycle). Bref tous les inconvénients du salariat sans les avantages.
Quand à faire un emprunt pour la voiture ou l'apprt, soyons sérieux :))

Anonyme a dit…

Le problème est qu'il y a peu de choix. Pour ceux qui le peuvent et qui seront considérés comme des privilégiés, il y la possibilité d'être salarié-esclave-pour-un-salaire-misérable, sinon, on peut aussi, comme seb le propose, essayer de rendre le système obsolète et refuser le salariat. Encore une fois, il y a ceux qui sont fait pour le salariat (ceux à qui cela convient et qui font partie de la masse exploitable et les autres, ceux qui n'ont pas gagné au loto ou qui ne braquent pas les banksters).