mercredi 8 octobre 2008

Ne pas prendre les crises du capital pour argent comptant !

Je vais vous la faire courte parce que, vous n’allez pas me croire, je suis actuellement en tournage pour un gros ponte du Cac.

Contrairement à ce que les éditorialistes larmoyants à la solde du marché mettent le paquet pour vous faire croire et ce que les politiques en appelant à "l’unité nationale" essayent de vous faire gober, la dégringolade des bourses depuis 2 semaines est normale. Elle n'a rien de dramatique pour l'économie.

Ce que nous vivons n’est pas une crise du capitalisme dans le sens où je n’ai pas l’impression que le capitalisme soit plus déraisonnable aujourd’hui qu’il ne l’était en 1941 lorsque les Etats-Unis se satisfaisaient de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor pour rentrer en guerre afin de réamorcer leur économie ou, 3 ans après, quand ils se sont (enfin) décidés à intervenir en Europe (une fois celle-ci bien ravagée) histoire de récupérer le business de la reconstruction (ce qui garantit leur hégémonie idéologique, financière et culturelle depuis).

Non, Monsieur Le Président, le capitalisme n’a pas de morale : Il n’en aura jamais.

Inutile que les "spécialistes de l'économie" (qui changent d'avis tous les 6 mois), agitent le spectre de 1929 puisque, au fond, le "capitalisme de crise" n'a jamais vraiment été quitté depuis cette époque. Le capitalisme s’arrange de tout et de tous. Néoliberal un jour, étatiste le lendemain, adossé à un dictateur le jour d’après, il n’a qu’une raison et ce n'est pas le bien-être de l'individu mais, de mettre la main sur son pognon (quitte à en créer du virtuel).

« La crise » d’aujourd’hui n’est dramatique que pour ceux qui sont obligés de vendre, ceux qui ont besoin de "liquidités", autrement dit : Les pauvres (Précisons : Les pauvres de "Catégorie 1" qui jouaient aux "grands de ce monde" il y a encore 2 mois parce qu'ils avaient 3 PEA, 1 placement De Robien et 2 assurances-vie ou d'autres embrouilles bancaires qui font triquer les apprentis bling-blingeurs... Les vrais pauvres, eux, seront touchés dans un second temps mais je dirai que, malheureusement, ils sont rodés.)

Les vrais riches, eux, sont aussi riches aujourd'hui qu'hier. Le cours de l’action n’est qu’une virtualité (rappelons ce vieil adage boursier plein de logique : Pas vendu, pas perdu)

Au contraire, cette purge des cours boursiers permettra aux riches de re-rentrer sur le marché à des prix défiant toute concurrence
. (Certaines actions du Cac40 sont au plus bas depuis 30 ans !) Pour eux, cette "crise" est une cure de jouvence bien "marketée".

Pourquoi cette "crisounette" n’est pas la fin du capitalisme ?
Parce que la majorité des riches vont sortir de cette crise encore plus riches qu’en y entrant, le tout avec la généreuse contribution des "pauvres" (catégorie 1) occidentaux qui paieront non pas 1 fois, non pas 2 fois mais 3 fois :

1 – Avec leurs emprunts originaux toujours en cours. Les banques font faillite, bizarrement les dettes des particuliers, elles, ne sont jamais effacées. La dette c'est de l'argent, pour paraphraser un film canadien qui refait soudain surface.

2 – Avec leurs actions qu’ils revendent en catastrophe pour payer les maudites traites !

3 – Avec le financement,de leurs poches, des plans de soutien nationaux aux banques qui les ont précédemment spoliés.

Efficace comme crise non ? Bon, je m'en retourne bosser.

Comme disait feu Philippe Khorsand dans la cultissime série Palace de Jean-Michel Ribes :
" - Bonsoir les fauchés !"



13 commentaires:

Frosty a dit…

J'en pense pas moins, c'est bien résumé :-D

Denis a dit…

rappelons ce vieil adage boursier plein de logique : Pas vendu, pas perdu)

Pareil dans l'autre sense, surtout quand on est pressé de vendre un bien (comme des livres par exemple): "pas vendu, pas gagné".

Désolé, je suis taquin ce soir.

Vincent a dit…

pourquoi cette désillusion? gardons espoir dans l'esprit humain.
C'est le moment d'exiger une remise à plat des valeurs

seb musset a dit…

à Denis > La sortie du livre est imminente d'abord sur le site. Vite... avant que mon "anticipation" devienne du flash-back !

à Vincent > j'ai laissé parler ma tendance "Boursorama". Pour la capitalisme, il n'y a que 2 moyens s'en débarrasser :

- S'en soustraire (c'est dur).
- Le racheter (c'est impossible).

Par contre, on peut le décridibiliser peu à peu. Cette "crise" n'est qu'une étape.

Samuelle Tomé a dit…

Non, je me permets de dire qu'il ne s'agit pas je pense de désillusion. Je suis d'accord avec cette lucidité là et pas affolée dans tous les sens par la peur que veulent nous refiler, en premier Sarkozy, en général d'autres médias.
Une remise à plat des valeurs???

gwenDu a dit…

Bonjour,

la façon dont vous présentez l'intervention des USA dans la 2e guerre mondiale est franchement caricaturale. Mais bon...

Quant à la crise financière, je ne sais pas si elle décrédibilise le capitalisme, mais elle enfonce sûrement un peu plus les grands médias. A entendre la tv ou la radio, on a l'impression que la bourse a chopé un sale virus bizarroïde, qui fait monter ou baisser les cours boursiers et provoque des faillites bancaires. Ah, di diou ! Ça, c'est de l'info !

gwenDu a dit…

ps. Merci pour la vidéo avec l'excellent Khorsand.

Erictus Pithécanthropus a dit…

De fait, il est toujours profitable de se purger de temps en temps… Petit nettoyage d’automne entre amis avant les libations de fin d’année ?

Le capitalisme meure lentement et malheureusement, le temps presse.

E.P

rrrrrrrrrrrrrr a dit…

Et encore en France les pauvres vont peut-être quand même avoir une retraite !

D'ailleurs on entend plus trop les partisans de la retraite par capitalisation hé hé...

Guy a dit…

Oui oui, mais...

C'est la crise de 1929 qui a sonné le glas des inégalités du XIXème qui ont persisté jusqu'laors. Les riches sont devenus beaucoup moins riches par rapport aux pauvres. Dans les années 50 le revenu du patron suédois, cas extrême, était le triple de celui de l'ouvrier. L'ouvrier français pouvait escompter atteindre le revenu de l'ingénieur en 15 ans, et en 2008, dans le meilleur des cas: 150 ans.
Aujourd'hui, les inégalités dans les pays riches sont revenues à leur niveau du XIXème siècle. C'est cela qui compte.

Pour Paul Jorion, la mécanique de base est la même aujourd'hui que celle de 1929, avec des différences bien entendu.

A part ça, évidemment que la morale n'a rien à voir dans ce réel-là. Seuls des rapports de force à l'étiologie complexe dictent leur loi.

Je donne une mise en perspective dans http://www.cemab.be/news/2008/10/5822.php

Thibault a dit…

Je pense au contraire que très peu de gens prennent la mesure et anticipent les enjeux de ce qui est en train de se passer dans la finance. On peut arguer que cette crise financière sauvera à bon compte les mieux lotis...

Mais il ne s'agit pas d'une simple crise financière. Ce qui arrive aurait du survenir déjà dans les années 90, avant que ces gigantesque bulles spéculatives se développent à coup de perfusion de crédits en tout genre. La bourse avait gonflé, elle est en purge. Oui. Malheureusement, ça n'est qu'un détail si l'on étudie le phénomène d'un point de vue économique, géopolitique et économétrique.

Ce qui arrive est un tournant important, passionnant et surtout très anxiogène parce qu'on va devoir changer les règles du jeu. Aujourd'hui, nous entrons en déflation pour un temps qui dépendra des volontés politiques. On peut continuer dans cette voie par la dette publique (cf. le Japon) en nationalisant à coup de bonds du trésor ou par de grands travaux pour un temps indéterminé, ou on peut choisir de purger cette dette (m'est avis qu'on va y venir sans vraiment le maîtriser) et là, attendez-vous à quelque chose de très violent. L'Argentine n'est pas loin et les quelques trésors de guerre seront alors dérisoires dans un monde dont l'équilibre sera rompu. Pour le reste, je vous laisse le loisir d'imaginer ce qui nous attend...

Yann a dit…

Oh John, n'êtes vous pas train de donner de faux espoirs aux pauvres et de leur faire miroiter des choses impossibles? Ce serait très mal John !
merci j'adore

Romuel a dit…

"ohh un panier a vin... ohh un chausson"

et du bon vin d'un cru pedestre - a en juger si le proprio du chausson sente des pieds.