mercredi 23 avril 2008

BUZZ MOI


Après Philippe Manœuvre, au tour de Pascal Sevran d'être annoncé mort par ces "attachés de rumeurs" qu'on appelait autrefois des journalistes. A 19h, Lundi 21 avril, la rumeur devient officiellement une information dans le journal d'Europe 1 sur ordre direct du taulier Jean-Pierre Elkbach. Elle est relayée aussi sec sur le blog de Jean-Marc Morandini. «L'information» est annoncée dans la foulée sur l'antenne de France 2 par un autre animateur cumulard - 11 émissions radio/télé par semaine -, Laurent Ruquier. Ce dernier attribue sa source à l'AFP au lieu d'Europe 1, un de ses employeurs.

Que d'excuses, une heure après, quand la supercherie est découverte par nos pieds nickelés des médias.
Oui, mes chers frères, il est ressuscité, Pascal Sevran est parmi nous !

Les journalistes cherchent depuis Mardi matin les coupables de cette infamie. J'ai l'intuition qu'ils ne trouveront jamais. Jean-Pierre Elkabach lui considère que « l'incident est clos ». Si l'on était dans un pays normal, sa carrière aussi devrait l'être.
Mais le plus beau d'entre eux c'est quand même Jean-Marc Morandini (auteur du cultissime et prémonitoire "bal des faux-culs") qui a été un des premiers à foncer tête baissée dans le panneau sur son blog Lundi soir avec un gros "URGENT" en rouge, tout fier qu'il était le bougre d'annoncer la mort de Sevran en quasi-exclusivité. Mardi matin sur Europe 1, l'ex-présentateur de "Tout est possible" reconverti dans le journalisme politico-people omniscient se déclare favorable au "filtrage sur internet" parce que je cite "Il y a trop de dérives et que cela ne doit pas être une zone de non-droit" (bien sur, il parle de la pédophilie). Et l'homme sandwich de sérieusement proposer sur son blog « la barre d'infos Morandini » pour être tenu au courant régulièrement des dernières nouvelles.

Je ne sais plus qui de Nietzsche ou d'Aldo Maccione a dit : "Quand le ridicule ne tue pas, il rend plus fort. »


Que révèle cette mascarade ? Un vrai malaise journalistique français. Lorsque l'on voit la qualité des articles « populaires » des "journalistes-citoyens" sur leurs blogs personnels ou des sites comme Agora Vox face à la mollesse éditoriale de la presse écrite, face aux publi-reportages idéologiques des principales radios et chaînes de télévisions. Lorsque l'on voit aussi la capacité de ces grandes compagnies à propager de fausses informations en quelques minutes à La France entière, on se dit qu'Internet n'a pas le monopole de l'infamie, de l'approximation et de la désinformation tel que les «grands journalistes» tel Monsieur Elkabach et sa radio tam-tam voudrait nous le faire croire.


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