5 mars 2008

DE L'ESPRIT DU NET

par
Résultat brut des statistiques des dernières 24 heures sur 2 sujets que j'ai posté sur un portail de news :

- "Cinq ans au Bidet" ...Réflexion en 3 paragraphes sur le pouvoir d'achat > 47 connexions.

- "Vidéo de Victoria Beckham à New-York"... une vidéo de Victoria Beckham à New-York > 2790 connexions

AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES (MAIS PAS DANS MON CHEMIN)

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Je me poste las, au coin du Boulevard St Michel et de la rue de l'école de Médecine en plein Samedi après-midi par temps clément entre la bite en fer et l’entrée de Gibert. Vigie privilégiée du défilé humain. Il va par deux en couples amoureux ou par quatre en familles blasées. Il est visiblement exalté par ses achats et partage sa joie complice avec son entourage trié sur le volet affectif, en gros la bourgeoise et le mouflet. Allégresse exclusive, il émane de sa goguenarde personne une insensibilité totale à l’entourage de ses semblables, tas compact, qui s’agglomèrent à l’entrée du grand magasin cernée de cerbères basanés. Douce France. Les pauvres cerbères aux ordres du marché qui surveillent aimablement mais fermement les petits couples endettés à pouvoir d’achat en baisse pour qu’ils ne chipent pas le dernier Astérix. Joviale France des familles sarkozistes qui font du bruit pour oublier qu’elles s’apprécient peu. France du mépris citoyen, de l’antipathie ouverte pour celui qui n’est pas moi. Français qui ne croient en rien à commencer par les autres français. Français qui, parfois, heureux, célèbrent sur ordonnances des victoires nationales dans des sports qu’ils ne connaissent même pas. Français qui crachent sur les puissants et qui, pourtant, centime après centime, leurs filent tout leur argent. Français aux égoïsmes aigris, pas cyniques, se piétinant les uns les autres avec mépris dans les cohues identiques des samedis après-midi. Français de réalités télés. Français apeurés qui crachent sur les mains tendues des miséreux qu’ils ont peur de devenir. Français, carapaces de suffisances et pistes d’atterrissage aux basses idéologies. Français comme moi, plombé par ce ciel gris sur un peuple qui se hait.

3 mars 2008

CINQ ANS AU BIDET

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Sur le plan économique, qu'est-ce qui a changé entre 2005 et 2008 dans la société française ?
En 2005, je m'inquiétais des contrecoups sociaux sur les travailleurs de cette quête du « toujours moins cher » dont faisaient étalage les consommateurs, et pas les plus pauvres. A l'époque, je m'étonnais du manque de clairvoyance du consommateur ne réfléchissant pas plus loin que le bout de son nez. Allait-il comprendre qu'un jour prochain il pâtirait de sa soif d'achat à prix réduit ? Qu'à coups "de prix cassés" et de "Made in Bangladesh",il rédigeait peu à peu son arrêt de mort de salarié assorti d'une qualité de vie de plus en plus médiocre ?

En 2008. Sur le fond de la crise, de l'endettement privé et de la course au "discount", c'est globalement la même chanson. La principale nuance qui n'avait pas été anticipée par les classes moyennes il y a trois ans, c'est la hausse des taux d'intérêts et la forte poussée du prix des matières premières alimentaires et énergétiques. Je précise à dessein « par les classes moyennes ». Les revenus les plus pauvres constatant, eux, depuis cinq ans la hausse du prix de ce qui est la base de leurs dépenses quotidiennes : la nourriture et l'énergie. Les classes moyennes, à force de faire la "chasse au discount" dans les produits high-tech en hypermarché - ce qui constitue souvent leur divertissement principal et leur seule activité culturelle - se satisfaisaient jusque alors de ce téléphone portable « à moitié prix » ou de l'écran plasma « vraiment pas cher, à ce prix là c'est une affaire ». Se rendant compte trop tard du prix des abonnements contractés avec ces objets et du montant exponentiel des paniers alimentaires et énergétiques, indispensables mais jugés « facultatifs » en ce sens qu'ils ne leur fournissent aucune jouissance égotique. Voilà donc en 2008 que "les charges quotidiennes coûtent plus chères" et ça, ça énerve un peuple à qui l'Homme de Fer (de Neuilly) avait promis de joyeux lendemains de consommateurs. « C'est pas possible, ça ne peut plus durer ! Salauds d'hypermarchés ! » est désormais le cri de guerre de l'intervenant téléphonique, français moyen et sarkoziste déçu, sur les ondes des radios périphériques. Il oublie un peu vite ses joies passées de consommateur, jouisseur sporadique, lorsqu'il se gavait par exemple de 3 lecteurs dvd à 29.99 euros pièce, « un pour lui, un pour sa femme, un pour sa fille, à ce prix là faut en profiter » dans les rayons illuminés des mêmes hypermarchés.

Oh que si, la hausse peut continuer gentil Français qui a fait le choix de raccorder son wagon de bêtise au train du libéralisme outrancier en mai dernier ! Fais un tour en Europe et tu constateras qu'en matière d'écran plat comme de pack de lait et de prix de l'électricité, La France est encore un pays bon marché ! Classe moyenne, rien n'est encore catastrophique dans ta vie malgré la hausse des prix. Il suffirait que tu te déshabitues de ton train-train consumériste high-tech et globalement de ta vie à crédit. Seulement voilà, le confort ça ne s'oublie pas et les traites ça ne s'efface pas. Pathétique démocratie d'opinion où il faut attendre que les classes moyennes soient angoissées par leur "baisse du pouvoir d'achat" pour que l'on se soucie des risques de pauvreté en France alors qu'il y a dans ce pays 7 millions de personne vivant loin des caméras de TF1 dans l'extrême pauvreté. Il faut donc attendre que le mécontentement de "l'empavillonné à crédit" dégouté de pas pouvoir acheter le dernier Ipod Nano parce qu'il a déjà tout dépensé dans le plein de son 4X4, pour que l'on discute enfin, et sans effet, de la hausse des prix dans la grande distribution. Une hausse en cours depuis le passage à l'euro en 2002 mais décrétée tabou par le consensus politique à chaque échéance électorale, sauf pour la prochaine.

Prospective à trois ans ? Aucune idée. J'ai juste une intuition. J'invite la classe moyenne, si quelques-uns de ses représentants tiennent jusqu'au bout de ce post, à pousser la réflexion un peu plus loin que les slogans publicitaires sur ce mot de bon gestionnaire qui actuellement rassure jusqu'au dernier pessimiste : IMMOBILIER.



LE RIDICULE NE TUE PAS (BIEN AU CONTRAIRE)

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Après le triangulaire alliant l’utile à l’esthétique « Attention bébé à bord » apposé par monsieur le procréateur à l’arrière de la 306 avec la fierté confuse de celui dépassé par son système reproducteur, je découvre avec stupeur en me baladant dans une rue populaire de Paris (il en reste encore) qu’une étape décisive à été franchie par l’humanité sur la route à contre-sens qui la sépare du babouin, avec ce sticker pour 4X4 : "Attention, future maman à bord".


L'antre de la folie : http://www.autocollantenceinte.fr/

1 mars 2008

ET POUR QUELQUES HUMAINS DE PLUS...

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CIMETIÈRE FAR WEST - EXT.JOUR/ AMBIANCE CRÉPUSCULE
Tandis que Tuco creuse la tombe persuadé qu'il "fait une bonne affaire", L'homme sans nom avance vers la caméra en comptant ses stock-options.

CLINT EASTWOOD
(Plein cadre)
Tu vois Tuco, l’humanité est divisée en deux catégories :
Les sales cons qui ordonnent et les pauvres cons qui exécutent.

Plan général du cimetière. Poussés par la brise qui se lève, des fétus de paille tournoient entre les tombes aux noms illisibles. Plan très large avec découverte sur la ligne d'horizon. On entend plus que la brise et les coups de pelle de Tuco. En quelques secondes, le jour n'est plus.

Air d'harmonica.

FONDU SUR TITRE : "THE END"

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