L’affaire C’était ça ou mourir (ou l’écrire) s’est un peu emballée depuis notre dernier enregistrement.
Nous avons désormais :
- De multiples preuves de plagiat (20 à ce jour) dans l’”œuvre” de Thélyson Orélien,
- Des traces de prompts oubliés sur son blog,
- Le livre est écarté de la liste du Goncourt,
- La promotion est annulée au Canada par l’éditeur d’origine Boréal,
- La carrière de Thélyson est carbonisée au Canada (ils ont beaucoup moins de tolérance que nous avec le mensonge).
Thélyson, lui, se tait.
J’espère pour lui qu’il saura tirer la grande œuvre que mérite cette aventure médiatique et, on peut le dire, civilisationnelle, tant elle véhicule de questions sur l’incrédulité occidentale du tertiaire et des milieux intellectuels face à leur grand remplacement productif par les machines.
Dans la petite aristocratie culturelle parisienne, par contre, le mensonge et la célébration de la forfaiture continuent de passer comme un café crème à la terrasse du Flore. On a trop misé pour renoncer alors on trouve toutes les dérivations de débat possibles : “non l’IA n’est pas capable de ça”, “non mais c’est l’extreme droite”...
Et inévitablement Thélyson est devenu pour certain.haines à gôche le symbole de la lutte contre le racisme (Allez voir les commentaires sur la page d’Audrey Pulvar, la wannabee Angela Davis des salons de thé du Marais, c’est gronivo assuré).
Et l’on assiste sur les réseaux à un énième carambolage intersectionnel dont le Gauchistan a le secret :
Pour soutenir un auteur “victime de racisme”, nos révolutionnaires appellent à acheter massivement “son” livre, édité par... Bolloré, dont ils appellent par ailleurs au boycott !
C’est du niveau d’une Virginie Despentes qui, sur le même plateau où elle exhortait au printemps, ses collègues à quitter Grasset, défend l’automne venu un auteur qui ne l’a pas écoutée.
IA ou pas. Thélyson ou pas. Le grand gagnant dans l’affaire, c’est Grasset. Avant la révélation de l’IA, comme après. Indirectement Bolloré, dirais-je, puisqu’il a hérité d’un auteur amené par le vénéré Olivier Nora. Savoureux, vous dis-je.
Au départ de tout ça un coup marketing, reconnaissons-le parfaitement calibré jusqu’à la semaine dernière. C’est une aventure publicitaire avant d’être littéraire.
À ce niveau d’investissement, on est forcément dans le plan stratégique :
- La cible : le boboïstan et la gauche culturelle qui a encore les moyens de payer un livre 20 balles,
- Les relais d’influence : l’aristocratie parisienne de l’entre-soi médiatique, des demi-dieux aux yeux de la cible,
- La vitrine : Thélyson Orélien.
En clair, Thélyson n’est pas tout seul dans cette aventure. Il est un produit tout autant que son livre. Et je ne suis pas loin de penser que ce n’est même pas lui seul qui a géré l’IA.
Ceux qui, au moment de l’affaire Polanski, hurlaient que “l’on ne peut pas séparer l’œuvre de l’artiste !” s’écrient aujourd’hui que Thélyson est inattaquable, forcément, puisque noir.
Notons que, dans la radicalité à géométrie variable de ces anti racistes, cela revient à dire en creux : si tu es noir, tu ne peux pas détester ce livre.
C’est pas un peu de l’assignation à penser selon ta couleur de peau ça ?
Tête-à-queue incontrolé au carrefour des contradictions : le naturel contre la machine, l’assignation raciale contre le libre arbitre, l’œuvre antiraciste chez l’ennemi Bolloré et, le plus savoureux : Virginie Despentes broutée par un faux Brad Pitt.
Cette affaire est merveilleuse par ce qu’elle expose et ceux qu’elle explose.
Merci Thélyson, que ce soit toi ou non, merci pour ce que tu as fait en ne le faisant pas.
Seb Musset / JTPA
