Le 29 octobre, Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Économie sous Sarkozy, ancienne directrice générale du FMI et actuelle présidente de la Banque Centrale Européenne a annoncé qu’elle quittera la BCE le 7 février 2027, soit 9 mois avant la fin de son mandat.
La raison officielle ?
Christine Lagarde explique vouloir retrouver sa liberté de parole et pouvoir s'engager publiquement sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire. Une liberté d'expression qu'elle estime incompatible avec ses fonctions actuelles..
Elle a publié une vidéo sur X aussi courte que curieuse dont le mélange entre le professionnalisme du cadre et l’amateurisme de la forme pose question. Elle apparaît avec un bandage, laissant supposer une intervention ou un soin récent.
Christine Lagarde s’est expliquée lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du Conseil de la BCE :
Elle veut retrouver la possibilité de s’engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire. Elle déclare : « Je sens que je dois dire ces choses, et je ne peux pas le faire dans ma position actuelle. »
Après plus de vingt ans à la tête de grandes institutions financières internationales, elle considère disposer d’une expérience qu’elle peut mettre au service du débat public.
Ce départ anticipé permet aux dirigeants européens de choisir le prochain président de la BCE. Elle laisse à notre glorieux leader, encore en fonction, l’opportunité de peser sur le choix du nouveau taulier avant une éventuelle victoire du Rassemblement national.
Mais poussons plus loin cette étrange annonce…
Le 18 février, onze jours après son départ, sortira un livre qu’elle a co rédigé : une hagiographie de son parcours, titré LADY FIRST, l’inverse de « First Lady » (première Dame) comme l’on désigne la femme d’un président.
Autre élément : La clôture des parrainages pour l'élection présidentielle est fixée au 12 mars 2027. La liste officielle des candidats doit être publiée au plus tard le 26 mars.
À Jamais Trop Pas Assez, on ne peut évidemment pas s’empêcher de penser que Christine Lagarde nous offre là un début de campagne qui ne dit pas son nom…
Surtout lorsqu’on voit paraître, cette semaine, un article de RTL sobrement intitulé : Christine Lagarde à l'Élysée ? Le journaliste Martial You y « énumère les avantages de cette potentielle candidate à la présidence » (SIC) dans une France, rappelons-le, économiquement ravagée.
En effet, c’est pas la fête, on se rapproche même a grandes enjambées du coup de sifflet de fin de festivités :
L’agence Fitch anticipe un déficit public de 5,5 % du PIB en 2027.
Le taux de rendement des obligations françaises à dix ans a dépassé les 5 % fin octobre, un niveau inédit depuis 2002.
La charge des intérêts de la dette publique pourrait approche les 90 milliards d'euros annuels en 2027.
L’Insee vient d’annoncer ce matin que le PIB a reculé de 0,1 % au troisième trimestre. On est en dans une récession statistiquement maquillée.
L’inflation qui va bientôt taper les 4 %.
68 500 défaillances d'entreprises ont été enregistrées en France sur l'année 2025.
Eurostat a révélé que la France est à nouveau le pays le plus taxé d’Europe avec 46% de prélèvements.
Et surtout, on continue à dépenser à tout-va pour de la merde… dans un pays de moins en moins gouverné, qui n’est même plus capable d’assurer la sécurité de ses citoyens ni de faire voter son propre budget.
Et RTL d’avancer que, pour corriger le tir, c’est un technicien qu’il faudrait au pouvoir, et non un politique.
Beaucoup de choses collent bien, quand même, autour de cette possible candidature.
Christine Lagarde serait la candidate parfaite du système
Pas marquée politiquement, donc compatible avec les marchés.
Directrice générale du FMI, présidente de la BCE, ministre de l’Économie pendant presque tout le quinquennat de Sarkozy. Elle n’est pourtant pas associée au bilan de ce dernier, pas plus qu’à celui radioactif de Macron.
Elle aurait la légitimité d'une expérience nationale et internationale qui fait défaut à Mélenchon mais surtout à Marine Le Pen.
Elle incarnerait le sérieux aux yeux du boomer français qui, rappelons-le, décidera de qui prend le pouvoir, et c’est le point le plus important : ce serait la candidate parfaite des boomers.
C’est une boomeuse, pile au milieu de la cible visée (71 ans, le 1er janvier 2027).
Si Macron avait su séduire les boomers par son incarnation factice de la jeunesse, Christine Lagarde peut jouer une autre carte, presque opposée. Elle ne cherche pas à faire jeune, bien au contraire. Elle se vieillit presque, se met en scène en situation de faiblesse. C’est parlant dans sa vidéo. Elle n’est pas dans l’arrogance. Sur la forme, elle est l’exact opposé de Macron, tout en étant son clone idéologique.
C’est le changement dans la continuité. Et ça, malgré tous leurs discours révolutionnaires, les Français adorent. Il faut que tout change, mais d’abord les autres.
Le cas échéant, elle aurait également ce point commun avec Macron : faire une campagne fulgurante, presque une non-campagne à l’image de 2022. À la faveur d’un crash économique massif, national ou international, Christine Lagarde, bien aidée par des médias au pas du maître, pourrait vite incarner le dernier recours.
Petite précision à ce sujet : vu les agitations sur les marchés, la situation énergétique mondiale et le désastre économique français, l’hypothèse d’un effondrement accéléré et proche devient crédible. Un scénario à la grecque, avec suspension des paiements, blocage bancaire… Ou une possible « ingérence étrangère », une rupture totale des réseaux bancaires et de communication, que l’on aura vite fait d’attribuer à Poutine. Éventualité à laquelle, d’ailleurs, le gouvernement tente de nous préparer par des messages de moins en moins subtils.
La dette débouche sur la crise, la crise nécessite le sauvetage, le sauvetage impose la rigueur. Et ce sauvetage doit être personnifié.
L’hypothèse Christine Lagarde rassurerait les marchés et pourrait éviter à la France de devoir solliciter une assistance financière internationale, assortie de conditions particulièrement contraignantes.
On l’a déjà vu en Grèce avec Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE, nommé Premier ministre en pleine crise de la dette, ou en 2021 avec Mario Draghi, ancien président de la BCE, chargé de composer le gouvernement italien.
Tu verras, quand ton compte bancaire sera bloqué, que tu ne pourras plus accéder à aucun service et que, dans la fonction publique, ta paye ne tombera plus : tu vas vite renégocier l’imperméabilité de tes certitudes politiques.
Le plus ironique c’est que Christine Lagarde n’est pas une économiste au sens universitaire du terme. Sa formation initiale est principalement juridique, elle n’a qu’une maîtrise en économie et finance obtenue à Sciences Po.
Mais nous n’en sommes plus là. L’important, et vous le savez maintenant, ce n’est pas votre sécurité, mais la leur. Lagarde de leurs intérêts, en quelque sorte.
Autre point fort : Christine Lagarde est une femme, et ça, mine de rien, casse également l’argumentaire, peu avancé d’ailleurs, selon lequel le RN serait le premier parti à propulser une femme présidente.
Mieux encore ! Non seulement Christine Lagarde est une femme et une boomeuse, mais en plus, c’est une victime. Son registre de communication joue également sur la vulnérabilité, et donc la sympathie. Sa vidéo est la mise en scène d'une personnalité moins distante, moins institutionnelle. Quelle que soit les causes ou la finalité de la démarche, en France, être une victime est un passeport pour la célébration.
Et puis, il y a la trajectoire qui parle pour elle : Christine Lagarde n’a jamais été élue au suffrage universel à une fonction exécutive, mais a toujours été placée aux commandes. Pourquoi ne pas continuer ?
Le package ‘com se dessine : Christine Lagarde sera la première dame présidente, sérieuse et experte, au-dessus des partis (ça tombe bien, les Français veulent en finir avec eux). Ce sera la candidate parfaite d’un système en slip, sans candidat et qui craint les élections.
La caste mondialiste veut des pions cooptés. C’est la raison pour laquelle on se retrouve d’ailleurs avec des candidats aussi médiocres et/ou juste intéressés par les apparats du pouvoir. La caste sait qu’avec eux, il n’y aura pas de problème sur ces questions : ouverture totale des frontières, démantèlement des services publics, multiplication des normes, soumission au dogme européiste…
Dans ce régime mondialisé, ni plus ni moins qu’un communisme de l’hyper classe, le processus démocratique est un problème, plus encore avec les réseaux sociaux.
Soyons réalistes aussi : à l’exception de leur vote « NON » au référendum de 2005, jusqu’ici, cette mécanique du « nous ou le chaos » fonctionne à chaque fois avec les Français.
Pour 2027 toutefois les candidats du système, de Gaby la bagarre à Doudou la flemme, en passant par Raphy Glucose, sont vraiment trop nuls. La situation est trop tendue en interne et sur le plan géopolitique. Le pays est exsangue et les Français, exaspérés, sont prêts à faire le grand saut du vote RN, voire LFI.
Si Marine Le Pen a donné des gages et que, bon gré mal gré, en coulisses, on se prépare à la probabilité de sa victoire, par son caractère et ses propos passés, elle reste une menace. Elle n’est pas fiable à 100 % pour nos élites, à la différence d’un Attal ou d’un Glucksmann, dont la mollesse et la servitude sont livrées clés en main.
Alors, vous me direz : C’est trop cousu de fil blanc pour être possible. Je vous réponds : vous avez voté deux fois pour Macron, et, à l’époque, avec son CV de stagiaire et son profil de fou furieux, il était bien moins crédible que Christine Lagarde aujourd'hui.
Dernier point : le super banco !
Alors là, on entre dans le spectaculaire… mais possible.
Il suffirait que Christine Lagarde dépose sa candidature peu de temps avant la date limite (12 mars) et que, dans le même laps de temps, Marine Le Pen soit finalement empêchée juridiquement de se présenter, comme le haut magistrat Didier Guérin le suggère dans le journal Le Monde du 27 octobre, et c’est plié pour nous, pauvres électeurs : Lagarde aurait gagné avant même le scrutin.
Les ralliements pleuvront, plus encore au second tour, de Retailleau au PS, dans l’hypothèse plus que probable où elle se retrouverait face à Mélenchon. Le grand repoussoir islamo-gauchiste prendrait alors la place jadis occupée par Le Pen père.
Les ralliements ont même déjà commencé à demi-mot. « Elle est formidable, Christine Lagarde » déclare, au 20h de TF1, Edouard Philippe qui a encore oublié qu’il était candidat.
Inversement, si Christine Lagarde se retrouvait face à Le Pen, le vote de gauche se reporterait en bonne partie sur elle la première en opposition à la seconde. Les gauchistes ont le fion rodé, ils votent à droite depuis trente ans. Ce match-là parait peut probable : Christine Lagarde présente AUSSI cet énorme avantage de pouvoir récupérer une partie de l’électorat centriste tenté par le RN.
Qu’est-ce qui pourrait invalider ce scénario ?
1 / Évidemment, que Christine Lagarde ne se déclare pas. Que la victoire de Marine Le Pen soit déjà actée, mais que tout s’organise en back-office pour lui laisser moins de marges de manœuvre. Que le départ de Christine Lagarde de la BCE ne soit « seulement » qu’un coup de pouce à Macron pour verrouiller l’institution avec à sa tête à un capitaine ad hoc. (Notez que ce coup de pouce ne contredit pas son accès à la présidence. Elle peut faire d’une pierre deux coups).
2 / Que la France se maintienne économiquement sur le fil encore cinq mois, dans le déni et en serrant les fesses. Mais cela paraît de moins en moins probable.
3 / Que le climat de violence sociale reste à ce niveau en France et domine toutes les autres questions, notamment l’Ukraine ou la légitimité de l’UE à défoncer nos vies. Possible aussi.
Cet article n’est bien sûr qu’une suite d’hypothèses autour d’une déclaration encore toute fraîche, mais dont j’ai le sentiment qu’elle n’est pas gratuite et ne restera pas sans conséquence.
On en parle bien sur dans le prochain numéro de JAMAIS TROP PAS ASSEZ.




