mercredi 10 février 2010

Apocalypse news


Mardi dernier c'était Thema sur Arte. « Main basse sur l’info » que ça s'appelait.

Au programme : deux docs bidons et un débat à la gomme sur internet où, comme d'habitude, pas un seul spécialiste du sujet ne fut convié.

Je ne traiterai pas ici du premier reportage (déja culte) sur les complotistes dont le titre « Les effroyables imposteurs » explicitait les intentions du réalisateur. Je n’en ai vu que la 2eme moitié : Cet exercice de style à la finesse du bulldozer consistant à reproduire à l’identique mais en politiquement peinard, les travers d'approximation et d'enfermement dénoncés, réussirait l'exploit de convertir aux théories du complot Jacques Attali et Saint-Thomas.[1]

Non, j’attendais le programme sérieux de la soirée avec des journalistes expérimentés et intransigeants, formés à l’école de la rigueur, imperméables aux pressions et aux législatures successives.

« 8 journalistes en colère » présente en 24 minutes une sélection de notables du journalisme se livrant à l'analyse des dérives de leur métier pour tenter d'expliquer la perte d'audience et de crédibilité dont ils sont les victimes.

LA FORME :
Ambiance musicale dynamique et un poil stressante (c'est l'avenir de la presse qui est en jeu !), photographie ténébreuse et filtrée, plans fixes HD sur les représentants de la presse : Le gentil spectateur est mis en condition. Ici mon gars, c’est pas du .flv 420X340 à 14 images / seconde filmé au Nokia 3G par on ne sait pas qui.

- La vache : c'est la nouvelle saison des "Experts " ?
- Nan, c'est un ami de la femme du président qui va dénoncer les abus de la désinformation.



FAITES ENTRER LES VICTIMES :
Le commentaire emphatique présente « la star de l’information [...] aux 5 Millions de spectateurs ». David Pujadas ouvre le bal des maudits et nous livre face caméra son édito d'intro sur « la crise des médias » poignant comme une campagne d'Amnesty international.

DAVID P., démonstrateur en information battu. (Paris)
« - [...] Je crois que le problème n’est pas à côté de nous mais en nous. [...] le journaliste n’est soumis à personne sauf à lui-même [...] il souffre d’abord de conformisme et de mimétisme [...]. On a le sentiment d’entendre un bruit de fond médiatique avec non seulement les mêmes sujets au même moment mais avec les mêmes mots et surtout, surtout, le même regard, la même sensibilité. [...] C’est ce que l’on pourrait nommer le journalisme des bons sentiments [...] émouvoir, toucher le cœur mettre en scène la complainte ça fait de l’audience mais il y a plus que ça. Le journalisme des bons sentiments c’est aussi une bien-pensance, c’est l’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort [...] En fait c’est une dérive mal digérée de la défense de la veuve et et de l’orphelin : cette posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence du courage et de la révolte.

Plan serré pour mieux sentir l'émotion du mec qui n'a pas encore fait 327 heures de direct sur les cadavres encore chauds d'Haïti.

DAVID PUJADAS
"- Alors que faire ? Sans doute revenir aux fondamentaux du journalisme, s’écouter soi même et laisser parler sa propre curiosité, ne pas se glisser dans un moule."

Soyez gentils les gens, aidez cet homme à être moins intolérant avec lui-même. Regardez son JT.

VOIX OFF MODE CHAUSSE-PIED
« - Ne pas se glisser dans un moule? Facile à dire. Mais comment faire, quand on doit comme David Pujadas fabriquer un journal tous les jours dans l’urgence face à la concurrence acharnée des autres médias ?"

Le saviez-vous ?
La prolifération de l'information sur le réseau est mauvaise pour le citoyen.

La prolifération de télévisions pour préparer son information est bonne pour le journaliste.

Et l'animateur de déplorer un "vertige" tout en culpabilisant son absence de "hauteur" dans l'histoire des défenestrations de France Telecom. Il en a trop fait, ça se trouve le taux de suicide était tout à fait normal. Il aurait du vérifier.

"- Peut-être que l’on s'est laissés rouler par une énorme vague, celle de ce bruit de fond médiatique ?"

Bah, dis donc David t'en as des malheurs. Ils sont méchants ces salariés sur-stressés et traités comme du bétail qui se suicident pas assez, rien que pour pourrir ta crédibilité.


VOIX OFF MODE COURBETTE
"- Autre journalisme, autre trajectoire celle de Philippe Val. Ex directeur de Charlie Hebdo, patron de France Inter. En publiant les caricatures de Mahomet dans le journal satirique, il a gagné le droit de se méfier de tous les conformismes."


PHILIPPE VAL
" - Le pire ennemi du journalisme c’est sa conviction d’être au service du bien et de la pureté. Le journalisme n’est pas une religion...
[c'est tout ? je pensais que tu serais plus solennel]
...La tentation est grande de faire primer la thèse sur le fait. "
[spéciale dédicace au réalisateur du doc précédent]
"... Le discours démagogique des uns marginalise le travail sérieux des autres. Ce n’est pas parce qu’il exprime son opinion qu’un journaliste est libre et indépendant..."
[On est pas un ancien de Charlie-Hebdo pour rien : gros LOL garanti !]

Pour ce patron de radio, le journalisme n'est pas :
a / une religion.
b / une secte.
c / une représentation exacerbée de la lutte des classes avec sa baronnie et son sous-prolétariat.


Respiration visuelle :
On retrouve un Val proche et impliqué en salle de rédac'. Si, si ça se voit : Il fait oui-oui et non-non de la tête et il y a un téléphone pas loin.


VOIX OFF MODE PREMACHAGE DE L'IDÉE QUI VIENT
"- Illustration avec cette attitude très répandue qui consiste à faire passer dans bien des rédactions le point de vue avant les faits."

Il a du sentir qu'on parlait de lui : Voilà Jean-Pierre Elkabbach.

- Yo.

VOIX OFF
MODE TAPIS ROUGE
« ....ce grand professionnel est aussi depuis plus de quarante ans l’un des journalistes les plus controversés de l’hexagone. [...] Il n’est pas du genre à se taire »


Elkabbach termine, comme les autres, son décompte précédant le laïus (Ça et le maquillage filmé, autre truc du montage, ça impressionne les gueux) :


JEAN-PIERRE ELKABBACH
« - Je me garderai bien de jouer les imprécateurs, les procureurs ou les donneurs de leçon. [...] Quand je m’interroge sur les raisons de la désaffection des lecteurs, de l’érosion actuelle de la vente et des audiences, de la crédibilité qui fluctue de la presse et bien j’ai envie de dire : Assez ! Assez de considérer les affaires du monde comme une bataille entre le bien et le mal. Assez de nous copier, de nous répéter les uns et les autres, assez d’agir en meute."

Fier et digne, l'ancien patron de France Télévision à l'origine du concept d'animateur-producteur sur fonds publics, qui nous avait annoncé la mort de Pascal Sevran six mois avant son décès, monte en intensité, des trémolos dans la voix :


JEAN-PIERRE ELKABBACH
"- Assez de réclamer plus indépendance et d’aller courir après les subventions de l’état. Je crois que c’est la rigueur, la curiosité la qualité qui assurent l’indépendance de la presse. Assez. Assez de nous complaire dans la peopolisation, je n'en peux plus, dans l’émotion, dans l’irrationnel et le voyeurisme. Et puis assez d’encenser un jour, de vilipender le lendemain et de porter aux nus, les mêmes, les mêmes, le surlendemain.
[faites comme lui, flattez toujours les mêmes.]
Assez de faire croire que le citoyen journaliste va se substituer un jouer au journaliste citoyen. "

* * *

[communiqué de la direction]
Ce documentaire vient de déraper plus tôt que prévu dans sa 2eme partie,
nom de code :
"A défaut d'y comprendre quelque chose, pétons la gueule au net."

* * *

JEAN-PIERRE ELKABBACH

" - Certes, la révolution d’internet favorise, accélère et transforme chaque internaute en créateur d’événements...
[note bien pour ton lexique d'avaleur d'actu : L'internaute crée de l'évènement, le journaliste fait de l'info.]
...Mais toutes les expériences citoyennes ont besoin de vrais journalistes pour sélectionner, vérifier et écrire. Alors chacun à sa place."
[... et personne à la sienne]

QCM : Que désigne par ce geste cet éditorialiste multi-support ?
a / le crédit qui lui reste auprès des politiques ?
b / le crédit qui lui reste dans l'opinion ?
c / le crédit qui lui reste dans sa propre rédaction ?

Résumons la position d'Elkabbach sur le rapport net / info :
Parce qu'on a pas d'équipe sur place, reprendre au JT une émeute filmée chez lui par un iranien ou un chinois qu'il balance sur le net au risque de sa vie en déjouant la censure : C'est un formidable outil.

Qu'une équipe de télé ayant filmée un flag de racisme pépère d'un ministre soit contrainte de diffuser sur internet la séquence en question parce que sa propre direction l'autocensure : C'est un danger pour l'information.

CQFD : C'est en Chine et en Iran qu'Internet c'est bien.
(ça tombe tien avec Loppsi 2, on y va direct.)

Illustration visuelle :
Elkabbach en plein close combat radiophonique, sans protection et à moins de dix mètres d'un socialiste enragé et sans muselière.[2]


VOIX OFF MODE FESTIVAL DE CANNES
"- Pujadas, Val, Elkabbach.. une sacrée brochette de professionnel rassemblés ici pour dire à peu près la même chose : C’est en nous journalistes que réside la meilleure réponse à la crise des médias."

En décodé, version rente : Nous sommes le problème mais comme nous percevons le gros salaire, nous sommes également la solution.

A ce stade, un doute m'assaille. N'assisterais-je pas à une énorme parodie de documentaire à l'anglaise ? Non, non c'est bien du premier degré à la française : La tragi-comédie apocalyptique des suffisants qui expliqueront jusqu'au bout pourquoi eux ont tout compris et les autres rien du tout.


VOIX OFF MODE : TIENS JE VAIS QUAND MÊME POSER UNE QUESTION
«- ...Sur le web chacun crée son propre média et se croit journaliste. Alors question à quoi servent encore les journalistes si l’on sait tout sur tout en temps réel ?"


AXEL GANZ Patron allemand de Prisma Press :
« - Notre société vit une explosion de l’info sans filtrage [...] c’est pour cela que l’ère internet est vraiment dangereuse. Pire encore, l’information se diffuse de manière totalement anarchique...
[Cette information pas payée qui s'en va partout, ça lui brise les rouleaux au big boss de l'info.]
...et je pense qu’à long terme cela provoquera sur la jeunesse un scepticisme sur les valeurs de notre société"
[Autre pronostic du prophétique coupé au montage : A moyen terme, le format MP3 risque de causer la chute des ventes de 78 tours.]
" - Je crois donc qu’il est urgent de tirer la sonnette d’alarme, il faut que les médias traditionnels échappent à cette banalisation de l'information...
[Note interne : CNN a été crée en 1980. Internet grand public s'est développé 20 ans après]
...sinon ils vont y mourir."

Axel Ganz a tout compris, il a free dans le dos.

Pre-supposant que la presse et information vont de pair, pas à un moment n’est esquissée l'hypothèse que l’information sur internet est, peut être, parfois, sait-on jamais, de qualité. Ah non pas de ça ici !

Mais qui vois-je ? Arlette Chabot, chaleureuse patronne de l'information à France 2 :


ARLETTE CHABOT
" - Méfiez vous des adeptes des théories du complot. La vérité serait sur la toile tandis que les médias traditionnels soumis à des pressions vous cacheraient la vérité ? Alors c’est vrai, grâce à Internet aucune information ne pourra jamais plus être dissimulée ou enterrée mais, en revanche, je vous demande d’être prudent parce qu’un jour vous apprendrez que vous avez été manipulés. La traçabilité des images sur internet, origine, auteur, diffuseur, n’est pas garantie. Ayez en tête que le buzz peut être organisé par des sociétés..."

Tiens prends ça canaille d'internaute[3] au cas où t’aurais pas encore compris avec le film d’avant que ton réseau incontrôlé était le repère de tous les crétins illuminés[5] prêts à aux amalgames les plus grossiers pour démontrer ce qu'ils ont préalablement décidés. Pas comme avec les journalistes en colère.

- Des connards y en a toujours eu mais maintenant avec leur réseau,
ils ne nous regardent plus.



Et l'incorruptible journaliste d'accuser cette saloperie de web qui a poussé, un flingue sur la tempe, sa rédaction à diffuser l'année dernière de fausses images d'un bombardement à Gaza.


A propos d'internet....Interlude visuel :
Succession brutales d'images animées représentant des captures d'écran et des images du 11 septembre symbolisant le web. Le tout grossièrement filmé et monté à vive allure, en totale rupture formelle avec le reste du documentaire constitués de plans stables et d'éclairages soignées.

- Tu vois mon cono, là y a des tours qui tombent. Ça veut dire qu'on est sur internet.
- Ah d'accord... Mais pourquoi c'est filmé sur un écran de télé alors ?
- Ta gueule c'est de l'info.

La voix off, jusque là un peu réservée, se lâche enfin :

VOIX OFF MODE MENACE FANTÔME
«- Sur internet, les pires rumeurs prolifèrent comme de mauvaises herbes [...] Internet est une zone grise pour l’information »
[Non ça s’appelle un réseau ouvert et participatif. De là à tout suspecter c'est un peu comme si, au titre que mon voisin me casse les oreilles avec ses CD de Lara Fabian, j'allais demander à la police de dynamiter le quartier pour prévenir le risque de contagion.]

Edwy Plenel "ancien du monde parti à Médiapart (journal en ligne)" apporte un peu de modération au forum de la pensée unique.

- Bon mon petit Edwy, faut la jouer fine.Toute la blogosphère te regarde. Avec une émission pareille y a de quoi se faire déchirer sur internet pour 3 siècles.


EDWY PLENEL
« Quand la démocratie est jeune, elle est toujours excessive... comme toute nouveauté. [...] Nous [les journalistes] étions indispensables en terme de relais des opinions : C’est fini [...] Je crois que c’est une très bonne nouvelle car cela nous remet à notre place [...] L’opinion, le jugement, le point de vue, ce n’est pas notre monopole, ça appartient à tout le monde. Le travail sur l’information, l ‘investigation, l’enquête sur le terrain c’est notre job. Concentrons nous là dessus [...] et le reste est ouvert à la discussion »

- cool, j'ai assuré !

Le documentaire entre dans sa troisième partie synthétisée à merveille par la première phrase de Franz-Olivier Giesbert« une grande figure du journalisme français ». Phrase dont j'ai viré le gras pour en faire ressortir l'idée force :

FOG
« - Le problème avec le choc internet c’est que [...] les journaux perdent de l’argent »

Et oui, fallait y penser, le journalisme va mal parce qu'Internet pompe sa pub !

Dans le genre, comment prendre un problème à l'envers, le raisonnement de FOG est un modèle : Comme le net pique leurs lecteurs, les journaux ne vendent plus et donc ils deviennent dépendants d'autorités économiques ou de l'état. Logique.

1er rectificatif : Les annonceurs fuient les journaux parce que ces derniers ne vendent plus assez. De là à dire que la publicité va exclusivement se reporter sur internet, c'est une affirmation un poil précipitée. Mais enfin bon, au cas où, on envisage quand même une taxe Google. (Ou, comment taxer les innovations étrangères qu'on a pas eu l'ingéniosité de financer localement histoire de financer ceux qui perdent du pognon.)

2e rectificatif : C'est parce que les lecteurs ont le sentiment que les journaux, étant donné leur contenu, ne sont plus indépendants qu'ils se reportent de plus en plus sur le net et les journaux gratuits.

Encore un peu, et je vais me demander si ce documentaire n'est pas complotiste....

Dernier intervenant : Eric Fottorino, boss du Monde « un journal qui souffre financièrement mais qui reste la référence », livre sa profession de foi :

LA PROFESSION DE FOI D'ÉRIC FOTORRINO
« - Il arrive aux géants industriels de contrôler de grands médias...
[scoop]
...l’indépendance de la presse doit être économique pour être éditoriale...
[re-scoop]
...c’est la seule condition possible pour n’être ni de droite, ni de gauche...
[Le fait qu'il y ait une presse orientée politiquement n'est pas un problème, le problème c'est qu'elle le soit systématiquement du côté du pouvoir en place.]
...pour être le plus incisif possible dès lors que le travail éditorial est fiable, effectué avec honnêteté et bonne foi, avec combattivité aussi, face aux professionnels du lobbying et de la désinformation. La presse écrite doit être un contrepouvoir."

VOIX OFF MODE LAPIN CRÉTIN
" - C’est bien la prétention de tous les médias, d’être un contre pouvoir.
[euh… là aussi l'affirmation est excessive.]
...Mais plus facile à dire qu’à faire, sauf si on s’en donne les moyens, c’est ce que fait "Le Monde" depuis longtemps, non sans mal."

Et Fottorino de se vanter que jamais aucun patron ne l'a appelé pour se plaindre d'un article.

- Bon les boys : vous écrivez ce que vous voulez.
Une seule consigne : ne gêner personne.

Il confesse avoir reçu un petit coup de fil du monarque lui reprochant de ne pas avoir assez bien rapporté un voyage à l'étranger. Et bien, le prochain voyage du président, il en parlera encore dans son journal ! Non mais ! On ne la lui fait pas à Fottorino. Intouchable qu'il est.

Dans un soucis d'objectivité, après avoir passé 10 minutes à casser du net, la voix off nous précise enfin que les grandes groupes de presse français vivent désormais sous perfusion de l'état.

Et bien voila... Fallait peut-être commencer par là non ?

Pour info, le titre allemand du documentaire était :

"Les faiseurs d'opinion français font leur valise."


- M'en fous, j'ai un bail à vie.


[1] Dans le genre je conseille le nettement plus rigolo, et un minimum documenté, "2012, la conspiration de l'apocalypse"de Dimitri Grimblat.

[2] Laurent Fabius.

[3] En langage télévisuel : ces tarés qui n'ont pas la télé.

26 commentaires:

piratages a dit…

J'ai capté quelques phrases anthologiques lors du débat (on s'assoie) :

Un journaliste : "le voyeurisme et le journalisme ce n'est pas la même chose" - hilarant

Un journaliste "Le journalisme est un métier digne et noble comme celui de l'avocat..." - J'ai pensé à J.F. Copé

Un journaliste : "On trouve beaucoup d'âneries sur Internet". - Pas dans les journaux, ni à la TV, jamais... Abyssal


Je suis très déçu, il manquait J.M. Colombani et L. Joffrin.

Guyb a dit…

Je regarde pas la télé. J'ai pas tout lu jusqu'au bout (Val ? ca passe à peu près, Elkabbach ?.. ça commence à être dûr, Chabot ?!!! là c'est du lourd !)...

Mais dites moi quand même: c'est un canular ce billet ?

Monsieur Poireau a dit…

Si avec ça tu ne piges toujours pas qu'internet c'est pourri, que faire ?
:-))

seb musset a dit…

@Guyb Non, non. J'ai même pas besoin de forcer le trait. A un moment, j'ai cru à une parodie... mais non, c'est du vrai de vrai. On peut encore voir la chose sur Arte+7

Point de vue sur ... a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Thomas "JT" a dit…

Seb, ta vision de l'info et du journalisme est vraiment pertinente même si je ne bois pas tes paroles, si tentant que cela soit ...
Je suis actuellement en école de journalisme reconnue par la profession à Lannion.
Je ne suis pas sur que le web soit LA solution. L'avenir du journalisme est plus dans une attitude exigeante plus que quantitative. Le web peut tout aussi bien être contrôlé. Bien sur les contrainte éco sont forte sur le papier ou à la radio mais certains s'en sorte très bien ( XXI sur papier, quelques radio associatives...). Mais le web, bien sur, apporte des choses extrêmement bonnes et nécessaires ( rigueur de l'info : les internautes sont intransigeant)
J'en viens à ma conviction, changeons les hommes plus que leur moyens de communiquer.
Bonne journée et continue seb !
Thomas

SuperNo a dit…

Excellent ! J'ai dû me pincer à plusieurs reprises me pincer pour réaliser que France 2 présentait cette assemblée de notables repus comme la fine-fleur du journalisme...

>>Je suis très déçu, il manquait J.M. Colombani et L. Joffrin.

Avec Alain Duhamel, il y aurait eu de quoi faire une équipe de foot, le PSG du journalisme ! 11 gugus(ses) surpayés, mais capables de se faire balayer par une équipe d'honnêtes amateurs.

A la vue de ces caricatures, comment s'étonner du succès des "citoyens journalistes", blogueurs et autres ?

h16 a dit…

Belle autopsie. Pas mal du tout.

cedh007 a dit…

je n'ai plus la télé depuis longtemps,mais arte semble s'être mis au diapason des autres chaines,plutôt triste comme nouvelle. quand a cette emission,je ne suis pas déçu de ne pas l'avoir vu,apparemment je n'ai pas raté grand chose.

Jemil75 a dit…

Seb, je ne manque jamais un de tes billets au vitriol. Celui-ci est brillant, comme toujours...

Mais j'aimerais vraiment, je l'ai déjà dit sur d'autres sites, qu'on évite de mettre tous les journalistes dans le même panier.

Des gens comme Chabot, Elkabbach ou Val ne sont pas du tout représentatifs de la profession. Ils le sont en revanche de la quasi-totalité des rédacteurs en chef, éditorialistes vedettes et autres chefs de service. Bref, de l'infime portion des journalistes qui ont un pouvoir de décision.

Sur le terrain, tu trouveras beaucoup de jeunes journalistes qui ne diabolisent pas du tout le Net. J'en fais partie. La TV m'est insupportable et la presse généraliste me tombe souvent des mains. Et pourtant j'y travaille...

Le problème en réalité n'est pas tant une question de profession que de génération. Quinquagénaires dans le meilleur des cas, les gens aux manettes des vieux médias ne comprennent rien au Net. Pas plus qu'ils ne comprennent que les lecteurs ne se contenteront désormais plus d'une information molle, superficielle et moutonnière.

Arc-boutés sur leurs pouvoirs et leurs privilèges, ils conduisent leurs entreprises droit dans le mur.

Et évidemment, eux sauteront de la voiture avant le crash, avec une belle retraite ou une clause de cession. Tant pis pour les jeunes qui restent à bord, et qui avaient vu le mur venir depuis longtemps. Bonne chance!

seb musset a dit…

@Jemil75 > Ma critique (limitée dans le sens ou je ne fais que la plupart reproduire les propos tenus) concerne les cas d'espèces mis en scène dans ce documentaire auxquels on aurait pu rajouter quelques têtes.

Je suis tout a fait conscient du décalage entre "le sommet", la crème autoproclamée de la profession - de + en + déconnectée de tout et pas seulement d'internet (rappel de la propagande pour le oui en 2005) et, ceux, qui livrent en toute humilité une information et des analyses de qualité.

Tu parles de génération. C'est vrai, évidemment, mais ce n'est pas le plus gros problème. Comme je l'ai écrit dans l'article : il y a une véritable lutte des classes dans le journalisme qui ne dit pas son nom (avec tous les dégâts que cela peu entrainer : soumission, autocensure...)

L'avantage de l'émission d'Arte : c'est qu'elle justifie à elle seule l'activité des blogs et des sites d'information alternatifs.

A ce titre, elle est d'anthologie (à revoir dans 15 ans)

See Mee a dit…

Tiens, au contraire, moi j'aurais bien aimé la voir cette émission, histoire de me faire ma propre opinion : était-ce aussi gros que vous le dites ? Vous aurais-je rejoins dans l'exaspération et la critique dont vous faites part ?
Hélas, il est fort probable que cela m'aurait moi aussi beaucoup agacée, comme lorsque j'ai entendu les ânneries de F. Mitterrand à propos des blogs :
http://www.generation-nt.com/blog-danger-mitterrand-actualite-953171.html

seb musset a dit…

@ See Mee > Le doc est visible ici :
http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=3051902.html

(pour 4 jours encore)

Enjoy.

Jemil75 a dit…

@Seb: j'avais bien compris, ton papier est sans équivoque. Mais mieux vaut prévenir: j'ai trop souvent vu ce genre de billet accoucher de commentaires sans nuances sur la "corporation des journalistes".

Ceci dit, il faut bien reconnaitre que l'attitude des médias n'incite pas vraiment non plus à la modération. J'ai souvent envie de secouer très fort le cocotier de la profession...

Ton allusion à la lutte des classes est bien vue. Mais il me semble que cette lutte recoupe le gouffre générationnel qui existe aujourd'hui dans les médias. Fracture qui n'est plus seulement économique et décisionnelle mais aussi technologique et culturelle. Voire politique.

Ce n'est d'ailleurs probablement que le reflet logique du divorce entre la population et la presse. Les grilles de lecture de l'actualité proposées par les médias traditionnels sont totalement dépassées. Les lecteurs ne s'y retrouvent plus, et beaucoup de journalistes non plus.

En tous cas, qu'Arte se mette ainsi à crier avec les loups en dit long sur la décrépitude du secteur...

stephane a dit…

Merci a toi ! Seb !
déja de t'être farci une emmission pareil, ta satire d'une satire tombe toujours bien.
tout est dit ! dans quel monde ont vie ?!

blandine a dit…

C'est vrai, pour le titre allemand?

"Les faiseurs d'opinion français font leur valise."

Ca dit tout, non?

Leopard Blanc a dit…

C'est vrai, pour le titre allemand?

"Les faiseurs d'opinion français font leur valise."

Ca dit tout, non?


Sauf qu'helas, ca n'est pas "vrai". Auspacken signifie en allemand defaire ses valises, ou encore deballer. Einpacken aurait signifie faire ses valises. Donc, ici, le titre signifie "Les faiseurs d'opinions francais font leur grand deballage", genre ils nous disent tout.

Dommage c'aurait ete rigolo. En revanche sur le reste je suis tout a fait d'accord :)

seb musset a dit…

@Leopard Blanc > Damned et merci. Mon traducteur stagiaire sera licencié sur le champ. Son commentaire : "c'est complexe l'allemand".

gus a dit…

j'ai bien envie moi de mettre tout les journalistes dans le meme panier, seul ceux qui ont un peu d'éthique mériterons autre chose que mon plus profond mépris

et quand on a de l'éthique on ne pratique pas le journalisme dans les conditions de 99.99% des medias , on bouffe de la merde on fait un boulot alimentaire et on tente d'informer les autres par son travail volontaire et gratuit ,

pas le choix si vous voulez parler au peuple vivez donc comme le peuple !!

personellement je suis trés en colère contre les journaleux de tout poils carrément vindicatif , pourtant j'ai longtemps suivi leur propos , sauf que trop c'est trop , trop de douleurs , trop de sales coup , et jamais au grand jamais une info sur nous , jamais notre point de vue defendu , on n'existe plus ,

c'est un gars de niveau CAP qui parle , j'ai jamais entendu ni lu quoi que ce soit sur notre point de vue , a moins de lire aux extremes , et j'aime pas l'extreme , mais si c'est ma seule place hé bien tant pis ....

Haythia a dit…

"Pour des raisons de droit, la consulattion de cette vidéo depuis votre pays n'est pas possible"

Putain de droit de merde!! Je ne peux pas voir cette vidéo car j'habite au Québec.

Ca géne qui si je la regarde, il n'y a aucune chance que je l'achéte, en plus j'ai pas de télé ici;

Copyright de merde.

yodavinces a dit…

Il en manque ? Retrouvez les avec quelques uns de nos huit ténors dans un excellent bouquin : Les éditocrates.

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_editocrates-9782707158697.html

Il dénonce judicieusement les dérives de cette "élite" médiatique nombriliste.

Et respcet pour le lucide M.Plenel.

korama a dit…

Merci pour cette bonne tranche de rigolade ! C'etait édifiant ce doc !

Réda Le Loup a dit…

te bile pas seb, t'auras ta place parmi eux toi aussi !

enfin, ça demande un certains talent dans la fourberie quand même !

Mais bon, on compte sur toi.

Val inspirait beaucoup plus de virulene anti système que toi. Et tu vois il est là.

Y en a d'autres, plein d'autres, des renaud chez drucker et compagnie, besancenot aussi,

je sens que tu vas te coucher avec les hyènes, mais fais gaffe, elles sont toujours dominantes au lit.

Monsieur Poireau a dit…

Ah oui, c'est bien de la frustration sexuée, alors !
:-))

Réda Le Loup a dit…

Oui monsieur Poireau !

un vieux registre chez moi, mes fantasmes de poésie sexuelle, impossible avec la femme moderne, donc je résigne à baiser porn ! mais ça me va pas !

voilà pour ma psychanalise.

au fait,à en juger du registre publicitaire et télévisuel je suis pas seul dans ce cas !

tu sais seb je sais que c'est un brave type, je suis sûr que je poourrais partager un bon jus de fruit avec lui, mais je fais pas confiance dans ce que le système fait des hommes.

Jean Jolly a dit…

Tout simplement excellent, dommage que Marianne2.fr n'ait pas publié ce billet en contre partie de celui de Bénédicte Charles qui voit des complots partout sur le web.

Ne change rien à ton style Seb, c'est parfait !