mardi 8 septembre 2009

Taxe malade, lettre à la base (de droite)

Ballon sonde de la cellule com' du gouvernement noyé dans l'agitation médiatique sur la grippe A et les retentissements de l'énième bidonnage du monarque, la piste de l'augmentation du forfait hospitalier de 25% et de la baisse de remboursement de médicaments que Bercy aurait laissé échapper devait se frayer son chemin du JDD jusqu'à un de ces sondages dans un quotidien libéral de référence soulignant la nette approbation des français.

Devait...
Les réformes de ce gouvernement se ressemblent, se succèdent sans grand succès et cela commence à se voir.


Cette piste de la taxe maladie a le double désavantage de synthétiser les visées fiscales du gouvernement et son appréhension du service public :

Te faire payer.

J'écris "te" car dans le domaine des soins, je parie une boite de Tamiflu pas périmée que l'écrasante majorité de ce gouvernement s'offre sans sourciller les formules "prestiges" des meilleures mutuelles et des hospitalisations dans le top du hype des cliniques privées, histoire de ne pas avoir à "te" côtoyer dans la salle d'attente du CHU en sous-effectif.

Toi, base populaire de la droite, si jamais tu me lis, tu me cracheras un : "Comme c'est facile, tu ne fais que taper sur les mêmes !" Légitime défense, c'est ce qu'ils font depuis deux ans, avec moi...et avec toi, mais j'y reviendrai.

Toi, base populaire de la droite, pas à une manipulation près, tu vas m'affirmer : "La sécu c'est bien mais en abuser ça craint, faut bien rembourser toutes ces dépenses inconsidérées pour les feignants et les fauchés."

Seulement voilà, ne m'en veut pas mais j'ai cru comprendre qu'une partie non-négligeable d'entre toi est âgée et que, grand bien t'en fasse, de par tes radios, tes check-up, tes vaccins entièrement remboursés, tes opérations, tes tranksen et tes lexos pour apaiser les tensions d'un monde qu'il est vraiment pas sympa, tes re-bilans et tes re-radios, tu n'es pas la dernière pour jouir d'un système qui selon tes propres termes de fins de repas du dimanche ne peut pas continuer ainsi. (si, si tu l'as dit, pas la peine de nier.)

Toi, la base de la droite, tu me défendras l'action gouvernementale : "Ce gouvernement au moins il se bouge pour trouver des solutions." Ne pas confondre mouvement et progression. Seule compte la destination.

Passées les considérations fiscales (taxer les croteux et dorloter les nantis), en terme de service public, la destination finale c'est la privatisation. Après quelques étapes marketing :

- Discréditer le service public, le démonter morceau par morceau, l'étouffer.

- Privilégier une gestion sur le seul critère de la rentabilité comptable (comme parallèlement on lui coupe ses effectifs et que l'on ne peut juger d'une bonne éducation ou d'une bonne santé que 20 ans après, logiquement conclure qu'il n'est pas efficace et qu'il faut le réformer).

- Pilonner médiatiquement pour casser dans les consciences jusqu'à la notion de service public, de collectivité, de solidarité (autre que "comprenez qu'il faut diminuer les impôts des grandes fortunes sinon elles quittent le pays...").

- Une fois que tout est par terre, redistribuer les morceaux aux potes du privé (paraît que la concurrence ça fait baisser les prix comme tu as pu le constater sur tes factures EDF).

Alors toi, base de droite, place-toi hors de la problématique des bonimenteurs qui te refourguent du progrès à grandes pelletées dans la gueule et pose-toi ces questions concrètes qui, vu la puissance de feu de ton budget, affecteront inévitablement ton quotidien dans les années à venir :

Vivras-tu mieux dans un environnement entièrement rentabilisé selon la logique de ce gouvernement ? Seras-tu plus vigoureux quand tu risqueras la mort pour une carie qui était trop coûteuse à soigner ? Tes enfants et tes petits-enfants seront-ils mieux éduqués quand chacune de leurs heures de cours pèsera 30 euros dans ton budget ? Te féliciteras-tu du fort taux de natalité de ton pays quand chaque française devra s'endetter pour rembourser son accouchement à 20.000 euros (prix constaté dans d'autres pays) ? Seras-tu plus serein lorsque tout ce qui te semble acquis aujourd'hui, et dont tu te plains en accusant les autres d'êtres des enfants gâtés, ne sera plus que pognon (et donc, probablement, manque de pognon) ?

Allons plus loin, et je sais que cet argument devrait te parler : Seras-tu, dans ce nouvel ordre citoyen, vraiment plus riche ? Pour la majorité d'entre toi dont, au regard des gens qui t'écrasent depuis leurs sommets, les revenus sont foutrement proches des gens que tu méprises (les fauchés et les assistés) : Non.

Au fond de toi, tu le sais.

Seulement l'idéologie est prégnante, sa confiture de positivisme étalée avec tant d'assurance, du monarque au JT, que tu n'oses pas la ramener même et surtout lorsque tu es le premier à en payer les frais.

Fais-toi entendre nom de dieu !

20 commentaires:

Tassin a dit…

Faut que tu ouvres un blog sur le Figaro, tu auras du succès avec ce texte!

10/10

Anonyme a dit…

Attention, Seb, l'immense majorité du gouvernement ne se fait pas soigner dans des cliniques privées : ils vont direct au Val-de-Grâce.

C'est encore plus select qu'une clinique privée. Et plus sûr, étant donné que tous les médecins et infirmières, donc tenu au secret professionnel et au secret défense (donc pas susceptible de parler à des journaleux).

Bien entendu, tout cela est aux frais "de la princesse", donc du contribuable. Même pas besoin de mutuelle - il suffit d'être ministre, député ou sénateur (ou petit copain de...)

Nicolas a dit…

Hop.

pilulerouge a dit…

"Faut que tu ouvres un blog sur le Figaro, tu auras du succès avec ce texte!"


Vu le niveau des postes au Figaro, ça serait marrant, en effet!

La rentrée politique de la majorité, se fait dans une grande confusion. A vouloir attaquer trop de dossiers en même temps, les cafouillages se multiplient au sein même du gouvernement.
- taxe carbone + taxe sur les antennes relais
- emprunt national
- reprise des débats sur HADOPI
- augmentation des frais d'hospitalisation + dé-remboursement de médicament de base
- suppression du juge d'instruction...

Il faut aller vite!

Voici un exemple, de l'évolution et des décisions prise pour la rentrés, dans l'hôpital Henri Mondor :
-suppression des crèches de l'hôpital pour les enfant arrivants
-suppression du centre de loisir
-suppression d'une des primes pour les infirmiers
-augmentation du temps de travail sans compensation Rtt
- politique affiché de remplacer progressivement les titulaires par des vacataires/intérimaires (pour information, il y a des services où la grande majorité du personnel travail en intérim, ex : le service neuro-chir)
- passage du personnel en horaire variable...

"ils vont direct au Val-de-Grâce."

Exact, on leur bloque des fois un service entier avec du personnel.

Monsieur Poireau a dit…

C'est comme à chaque fois, en effet, on annonce une mesure scandaleuse et inacceptable, la presse suit dans son ensemble et finalement, l'augmentation voulue passe comme une lettre à la Poste publique !
Par exemple, ici, ils ont dû prévoir une augmentation de 6 ou 8% et cette baisse de l'augmentation sera présenté comme une mesure d'un gouvernement à l'écoute du peuple !!!
De la com !
:-))

Dom a dit…

La solution au "coût de la santé" ce serait peut-être de commencer par avoir une vie qui rende MOINS MALADE...

Le libéralisme ne se pose JAMAIS ce genre de question.

Ou alors de manière beaucoup plus perverse...

des pas perdus a dit…

Le trou de la sécu est une pure invention de la droite pour privatiser le système de la santé publique.

Didier Goux a dit…

Bon ben... je venais troller pour faire plaisir à Nicolas et tenter de me faire offrir une mousse, mais comme je n'aime pas qu'on me tutoie, je repars sans rien dire, voilà.

Et je me ferai payer une bière par ma mutuelle de sale profiteur de droite.

seb musset a dit…

@anonyme > le monarque est un cas à part.

@des pas perdus > Le truc c'est que je ne vois pas en quoi c'est MAL que la sécu soit en déficit.

@pilule rouge > Une tribune dans Le Figaro serait... une consécration.

@Dom > C'est une piste.

@Monsieur Poireau > Effectivement, mais la en terme de com, on touche le fond. Ce gouvernement est un mome, pas fini de terminer une connerie qu'il en commence déjà deux autres.

@Didier Goux > Une telle attitude est scandaleuse mais bon, là aussi... c'est une piste.

gauchedecombat a dit…

je ne commenterai pas.... On va encore dire que je suis hors sujet..... habitude de vieux marginal, sans doute.>...

Anonyme a dit…

Si vous voulez comprendre les véritables enjeux et la mécanique du bouzin, rencardez vous sur l'AGCS. Et dans une deuxième étape encartez vous à ATTAC.

A bientôt.

Nicolas a dit…

Seb,

Maintenant que tu as Goux, tu peux pas le garder ?

Homer a dit…

Voilà une perception qu'il faudrait partager ! Malheureusement, je ne connais plus personne qui a voté pour ce gouvernement...

emermont a dit…

quelqu'un pourrait-il m'expliquer la différence entre liberalisme et néo-liberalisme... ou 2 definitions, parce que j'ai l'impression de ne pas tout bien comprendre...selon le contexte

Dom a dit…

Si nous étions civilisés, la simple idée de faire PAYER un malade pour qu'il soit soigné, devrait déjà nous choquer.

Chez bien des peuples dits "primitifs" la médecine était évidemment gratuite, c'est à dire sans AUCUNE contre-partie.

Vous voyez un homme allongé par terre, baignant dans son sang, vous lui dites : "Combien tu me donnes pour que je te sauve " ???

On marche sur la tête.

yann a dit…

Quel beau lien, bien joué, merci !

stephane a dit…

Excellent! Ca va finir comme aux USA, si tu peux pas payer ! hop, direct dans un taxi, balancer avec tes perfus dans le bras devant l'hosto ! creve charogne de pauvre !!!
La cour des miracles.

Dom a dit…

Un chiffre en passant : "Seuls 3280 chômeurs ont touché la PRIME exceptionnelle de 500 euros pour les demandeurs d'emploi les plus précaires annoncée en février, alors que le gouvernement en prévoyait... 234.000.
Le ministre invoque une "manque de communication au Pôle Emploi"...

Tassin a dit…

@ Emermont : Lis le livre de Jacques Généreux "La Dissociété", je pense qu'on a pas fait plus complète comme description du libéralisme depuis ses origines au néo-libéralisme actuel.

Pour faire court on peut dire que le néo-libéralisme c'est la "version" actuelle du courant libéral. Ce qui est complexe, c'est que ça va au delà de la dimension économique, c'est aussi une vision de l'Homme et de la société.

pis a dit…

merci tassin, je vais aller voir ca...