mardi 3 février 2009

Lait fraise avec la majorité silencieuse


38 années au compteur dont 17 salariées. De magasinier à manager, Laurent a occupé tous les postes qu'il est possible d'occuper dans la vente au détail de prêt-à-porter. Confiant et volontaire, il a saisi toutes les perches de la promotion interne tendue par sa compagnie cachant sous divers intitulés sophistiqués, le sous-effectif chronique qui depuis 30 ans plombe le petit commerce, stresse le salarié et mécontente le client.

Avec les années, les responsabilités de Laurent se sont accrues. L’augmentation de salaire n’a jamais vraiment suivi la lancée. Dans sa compagnie, filiale d’une multinationale de l’habillement grand public uniformisé, l’augmentation a été rebaptisée il y a déjà 10 ans opportunité de primes sur objectifs. En clair, si tu ne veux pas gagner moins, il te faut travailler plus.


Laurent est aujourd’hui responsable de son magasin.
Dans le lexique néo-libéral cela signifie coupable de ne pas le faire assez bien tourner. Il est l’exécutant, l’ouvrier mandaté par le patron pour faire le sale boulot de celui-ci pour un salaire un poil plus élevé que celui de l’ouvrier. A lui de plonger les mains dans le cambouis, d’engager selon les directives, de virer selon les ordres, de distribuer les blâmes et de moucharder à son régional les inactifs. Cela n’empêche nullement Laurent de décharger les cartons de livraison ou de déboucher les chiottes s’il n’y a pas d’employé disponible pour s'en charger, c'est à dire souvent et encore plus maintenant vu que les embauches sont gelées. Optimisation préventive de la crise qu'on lui a dit.

Pour qu'il ronge son os sans broncher, sa direction lui a juré qu’il était cadre. Pathétique artifice pour faire baisser son coût horaire dont même lui n'est pas dupe. Le cadre ne compte pas ses heures, la direction, elle, compte les missions que le cadre doit effectuer dans ce laps de temps.

En deux décennies d’ascension sociale, le salaire de Laurent a été multiplié par deux et stagne depuis 5 ans juste en dessous des 2000 euros. Ces revenus le placent dans la catégorie classe moyenne, lui ouvrent la porte de toutes les tentations à débit différé et en font la cible privilégiée des publicistes et des banquiers. Comme il ne sait pas dire non et que, comme beaucoup dans cette catégorie, il aime jouer au riche, sa tenue de comptes est un enfer à flux tendu.


Notre rendez-vous semestriel a lieu à la fin de sa journée de turbin dans un café du Boulevard St-Germain, étape idéale entre sa boutique à l’est de Paris et son pavillon acheté à crédit avec Patou, son compagnon, à soixante kilomètres dans la direction opposée.


Boute-en-train légendaire, gros fêtard à l’époque où il était parisien, je sens Laurent moins gai qu’au semestre dernier. Il se morfond, la tête entre les mains :

- "Putain j’aurai pas ma prime. J’ai raté mes objectifs de 8000 euros, putain 8000 euros c’est rien !"

L’homme est percé au cœur comme s’il avait construit le magasin avec ses petites menottes et qu’il devait en rembourser les invendus en tapant dans son Livret A. Seule l'évocation du chiffre 8000 euros lui insuffle l'éphémère euphorie de posséder un instant cette somme.


Cet hiver, Laurent crise sévère. C’est que depuis peu l’enseigne de son employeur de 8 ans, déstocke aussi du salarié :


- "En Espagne, ils en ont viré un sur huit, en Angleterre c’est pire."


Laurent est cerné mais combatif :

- "Je viens de rentrer au CE. Ça me protège un peu. Je serai pas le premier à être viré."

A fond dans le fantasme consumériste de la fantasmatique middle-class américaine des séries télés, ce consommateur enragé, prêt à piétiner Patou pour posséder le dernier Heil-Phone, grand fan de Question maison et des shows de télé-réalité partage avec Sophie Marceau la simplicité d’une réflexion sociale forgée par le bombardement nocturne des Unes de Chazal au JT.

Son style de vie se déroule jusqu’à présent comme un plaidoyer sans nuance pour l’asservissement volontaire du prolétaire new-age, bienheureux lobotomisé à la cause marchande de ses bourreaux tant que ça lui permet de se faire des petits plaisirs le samedi aprem’ au centre co’.
La France ? La citoyenneté ? Les conflits sociaux ? La politique ? Tout cela c’est bien joli mais cela ne vaut pas un crapuleux marathon Grey’s Anatomy avec Patou dans leur boudoir de 9m2 sous les combles aménagées en home-cinema triple surround avec son cathédrale : Leur fierté.

A dose homéopathique, Laurent, Lolo pour les intimes, est sympathique. Depuis 10 ans, malgré nos réalités perpendiculaires, nous n'avons jamais cassé la relation. Tant que l’on ne parle pas travail ou politique, c’est la bonne soirée assurée. Je ne rate jamais ses évènements festifs (achat de voiture, pendaison de crémaillère ou anniversaire d’achat de voiture et autres bi-anniversaire de pendaison de crémaillère) destinés à rameuter quelques anciens amis de Paris dans l'espoir secret que sa vie de banlieusard excentré en ghetto pavillonnaire aux cellules copiées-collées grises dehors mauve dedans, pourrait les faire saliver.

La mine cadavérique comme tous les 6 mois depuis une décennie, avachi à torturer la paille de son verre de lait fraise tournant tiède, Laurent me narre au mot près les rebondissements de son job de merde, avec son con de régional et, cette fois c’est nouveau, sa baisse de salaire.

La crise à venir, pour Lolo elle se résume ainsi :

- "Avec les deux voitures et les vacances à Punta Cana pas finies de payer, on va pas pouvoir faire l’extension du salon cette année.
En plus question impôts, deux célibataires, tu parles on morfle !"

Son contrat social est simple, lapidaire :


- "J’en ai marre de payer pour les autres !"

Précisons que malgré ses jeans slim-fit, sa doudoune Dior, une homosexualité portée en bandoulière qui le persuade qu’il est au top du hype, de l’originalité, du bon goût et du débat d’idées*, Lolo est un bon gros électeur de droite, le parangon de La France des propriétaires, un aigri de la sociale-démocratie qui en veut aux immigrés, aux chômeurs, à son voisin qui a plus d'options sur sa 307 et en général à tous les autres qui se déclarent plus heureux que lui en travaillant moins.

Parcours classique d'un enfant de la télé qui l'aura menée à la baguette de la Concorde des potes en 85 à celle des pourris à Patek en mai 2007.

Éreinté par ses 40 minutes de complaintes, il me demande ce que je deviens.

Je lui évoque enjoué ma journée de Jeudi, la griserie de la traversée de Paris avec 300.000 amis, le bordel jouissif des revendications se synthétisant derrière un seul slogan commençons par décapiter le roi après on verra, les commentaires galvanisant des anciens au stand de Siné-hebdo qui n’avaient pas vu une telle mobilisation depuis longtemps et cette sensation, vers 18 heures, que la guerre civile n'est pas loin lorsque Place de La République les coursiers à scooters agacés par la voirie encore bloquée menacèrent avec la poésie et le doigté qu’on leur connaît d’en venir au main avec ces enculés de fonctionnaires qui ne branlent rien.

Lolo, qui ne matérialise de mon activité littéraire le seul fait que je suis officiellement inactif les 3/4 de l’année, me lâche un : - "Toi tu défiles ? Mais en tant que quoi ?" avec ce qu’il faut de mépris non pour l'activité en question (parce que cela peut éventuellement permettre d’être célèbre et cela équivaut dans son esprit à tous les cursus universitaires réunis) mais pour le fait que je n’ai pas à obéir aux ordres comme lui, 9 heures par jour, entre deux soirées des Experts.

Je lui réponds que tout cela ne tient qu’au niveau d’humiliation toléré par l’individu. Si je me retrouve en 2009 à défiler avec des salariés alors qu’au fond j’abhorre le salariat, c’est probablement que les salariés en question supportent de moins en moins les aspects pour lesquels ce mode de travail me fait horreur depuis des années : La soumission mal rétribuée qu’il propose et l’exploitation de plus en plus criante qu’il impose.

Laurent enchaine : - "Ah quoi ça sert de manifester ? Ça ne va rien changer."

Il me distille sa version friendly du ronron de la droite du mépris, type Eric Woerth/Jean-Francois Copé mais avec des Converses et sapé en Abercombie.

Je réponds à Lolo qu’il a 20 ans de retard et que l’Amérique des années 80 c’est fini, que pour me mater le salariat aurait du me happer à 20 ans et le crédit avant 30, qu'alors probablement j’en serais resté au même niveau que lui : A croire aux contes de fées Hollywoodien avec maison et jardinet en échange d'une vie passée harnaché, avec sempiternelles promesses d’évolution interne et auto-persuasion que de ces hauteurs, jamais ma vie ne pourra sombrer.

Il ne saisi pas et soupire encore une fois. - "Mais ça va changer quoi pour moi de manifester? C’est du temps perdu en plus je risque d’me faire virer."

Blockhaus du fatalisme se moquant du mur des lamentations, à aucun moment de la conversation, et en général de sa vie, Lolo ne fait le lien entre sa soumission à la logique du marché et sa croissante paupérisation. Car, maison finie d'être payée dans 20 ans ou pas, à chaque fin de mois, il lui reste encore moins en poche qu'à moi. Comprenez : Bien moins que zéro.

Laurent est de cette majorité de trentenaires salariés dont le silence m’accable. Cadres, chefs, petits chefs et sous-chefs, enrôlés volontaires dans le broyeur néo-libéral,
pistons intermédiaires de la direction, ils ne connaissent du pouvoir que les responsabilités et si peu la considération ni les dividendes. L'air émancipé, ils prennent systématiquement la défense de leur entreprise et obtempèrent sans ciller en faisant payer le poids de leur servitude sur plus vulnérables qu’eux, ces salariés inférieurs dans la grille tarifaire, exorcisant dans la petitesse le fait d'avoir végété eux-mêmes à ces postes un peu trop longtemps.

Imperturbablement, sans état d'âme, parce que c'est la hiérarchie qui lui a dit, Lolo licenciera les uns après les autres tous les employés sous sa coupe pour ne s'offusquer de cette barbarie que le jour où il aura lui aussi à en subir les conséquences : Ce jour fatidique sur lequel il préfère fermer les yeux où un responsable des responsables lui suggérera à son tour de partir puisque en raison de sa solide expérience, il coûtera trop cher. Ce jour-là, peut-être il manifestera son mécontentement. Ce jour-là sûrement il sera très méchant.

D’ici là, malgré le vol de son pouvoir d’achat par les profiteurs (ces chômeurs escrocs ou ces assistés glandeurs qui dégotent des HLM alors que les gens comme lui s’offrent leurs royaumes en contreplaqué à la seule force de leur soumission, avec comme seules aptitudes sociales l’art de la courbette face au patron et l'abandon de l'esprit critique dans les autres domaines), Lolo n’a rien à redire sur la politique de son président favori. Si, juste un truc : l’histoire des milliards aux banques. Ça coince un peu surtout quand on vient de se taper une majoration de ses taux pour le remboursement du pavillon rose.

Laurent, pressé, aspire bruyamment les dernières gouttes de son lait fraise. -" Pour le prix, je vais pas leur en laisser."

Il doit prendre son bus pour ne pas rater son train pour ne pas rater sa navette pour rejoindre son royaume pour ne pas rater le prime à paillettes qu'on lui chie ce soir à la télé.

Je l’accompagne le long de la Rue de Rennes. Nous passons devant un immeuble de logement sociaux en construction.


Il grince des dents.
- "Je parie que c’est encore un type comme toi qui va avoir un appartement là-dedans."

Heureusement que je suis un ami et pas son collègue de bureau. Nous nous faisons la bise et je le regarde monter dans le bus avec son Direct soir sous le bras. Avant d'abaisser ses lunettes Dolce Gabanna, Il fusille une dernière fois du regard ceux qui ont en communs dans ce transport d'être taillés sur le même patron puis s'assoit.

Le bus démarre et file vers le crépuscule, stoppé dans son élan par un feu rouge 10 mètres plus loin et encore un autre 10 mètres après. Laurent a déjà la tête dans le descriptif de sa soirée home-cinéma. Ah, heureusement qu’il est là celui-là pour faire passer la pilule, sinon soyons certains que Lolo serait un grand révolutionnaire tant, derrière son oreillette Blue Tooth et son sous-pull à col roulé Diesel, sa rancœur et son malheur sont taillés XXL.





* Capitale d'homos, de célibataires et de divorcés : Le top de la transgression parisienne en 2009 semble être de vivre en couple hétéro sous le même toit depuis plus de deux années.

Seb Musset est l'auteur d'Avatar et Perverse Road disponibles ici

16 commentaires:

stephane a dit…

Eh, bin ! Bien triste la vie de ton pote LOLO, ce n'est pas un (gay)luron dans sa vie, il a la chance d'avoir un pote comme toi, sans etre méchant ce qui lui fera le plus de bien dans sa petite vie péte cul, c'est de ce faire virer ! comme ca ca va le reveiller et il repartira du bon (gay) pied.
Dit lui de passer des concours dans la fonction publique, ca le destressera.

@+
Stef

Anonyme a dit…

Egalement, j'abbohre le salariat. En 2007, 2008 et encore maintenant, c'est le comble de la perversion aux yeux de certains.. Merci de vos récits, ils me rassurent... Vous êtes comme un téléphone qui sonne lorqu'on se retrouve seul après un cataclysme qui aurait anéanti l'humanité. Pour moi le cataclysme, en ça égalament, je suis d'accord, c'est notre génération : les trentenaires.
Jérôme BILLON, Chartres.

Tassin a dit…

Magistral billet!

Des Lolos, citoyen modèle, nourri à la mamelle du capitalisme, on en croise tous les jours et ça ne rassure pas sur la lucidité générale...

Stef (Paris) a dit…

Merci beaucoup pour ce texte, qui met parfaitement en mots ce que je ressens 90% du temps quand je discute avec mes collègues de boulot. Je précise que je suis moi-aussi un salarié d'une grande entreprise, plutôt pas mal payé, pas encore endetté sur 20 ans. Je suis souvent affligé par le conformisme et l'apathie du petit peuple de droite que constitue souvent la cohorte de salariés (cadres ou non) autour de moi.
J'étais aussi dans la rue le 29 janvier, çà faisait du bien de voir qu'on est pas seuls (du moins, pas tout à fait).

LeFaun a dit…

Qu'il est loin, le front homosexuel d'action révolutionnaire.
Depuis que l'homosexualité n'est plus considérée comme une maladie mentale et un crime puni d'emprisonnement, on assiste à la normalisation de cette sexualité, sur le modèle du couple petit-bourgeois traditionnel. Rien n'est plus excitant, pour les gays, que de rejouer la petite maison dans la prairie, version six feet under.
Le pire, c'est la morale qui va avec, il y a les bons gays, comme celui que tu décris, et les mauvais, qui ont l'audace de ne pas vivre en couple et de ne même pas en avoir envie. On dit même que certains refusent le salariat, mais ce sont des rumeurs...

Michael a dit…

Très bien écrit comme à chaque fois.
Le triste sort des salariés endettés permet d'apprécier ma condition de freelance libre :)

Anonyme a dit…

J'aime bien votre style, votre verve, votre regard. Mais, à force, vos billets, ce sont toujours un peu la même rengaine : les perdants du système (selon vous), les esclaves, les naufragés de M6. Ok, mais à trente ans passés, c'est comme si vous inventiez le fil à couper le beurre, avec l'impression d'être le malin du système... Chacun ses chaînes et ses gouffres, et pourquoi pas un peu plus d'empathie pour raconter cela ?

Anonyme a dit…

J'espère que dans un prochain bulletin, tu nous parlera de lolo et patou qui vont à la manif, qui ont finalement compris que la thune de leurs impôts, elle n'allait pas dans la poche des rmistes qui le boivent, d'ailleurs, leur rmi. Mais voilà, avant de voir les choses clairement, y'a cette putain de baraque dans le 77, ou le 95, ou le 02...
Et ça, ça lui obscurcit le cerveau. La première mesure prise par les communards en 1870 a été le gel des loyers (il n'y avait pas de propriétaires chez les pauvres, à cette époque), que l'on pourrait traduire en 2009 par gel des remboursements aux banques (+gel des loyers pour nous locataires)
Là, une convergence des luttes deviendra possible...
Ne pas oublier, comme le dit Bourdieu dans "gauche-droite", qu'une révolution qui ne va pas jusqu'au bout se paie cash.

Kevin, de Bethune

Anonyme a dit…

@Anonyme (07:17:00)
On plombe le truc avec une demande d'empathie. Commencez par donner un exemple.
Les divers commentaires qui se renouvellent, louent Seb pour ses visions de la société, au plus juste, aux vues de son expérience.
Et comme vous parlez de chaînes et de gouffres, voici une définition :
L'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s'il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d'un maître qui prétend l'affranchir. Seule la lutte libère...
(Thomas Sankara).

Merci Seb pour toutes tes vidéos parmi les humains.

Même en utilisant l'identité d'anonyme, je signe de mon pseudo.
Neb.

La liberté ne se donne, ni se prend, mais elle s'apprend.
(La Commune de Paris).

Le duc de Trèfle a dit…

Cher Michael, il est communément admis que pour aller à la gamelle de nos jours il faut faire caca sur la place publique, hormis par exemple pour les distilleries de l'île d'Islay, suivez mon regard. Ne vous illusionnez pas sur votre condition au regard du triste sort fait aux salariés comme vous dites. Le malheur d'un membre de la famille tache tout le climat. Vous semblez même être de cette espèce d'esclave particulièrement répugnante qui se pense libre (monsieur Musset, seb pas Alfred de, en avait d'ailleurs fait le procès il me semble dans une de ces intervention dailymotionesque). Vous faites surement parti de ces gens qui, comme TF1 où M6, voyant un sdf pense enfin avoir trouvé la misère, la vraie, alors que les sdfs ne sont que l'endroit visible de la vérité de l'existence de tout quidam des pays dit civilisé, isolement, dépossession, c'est à dire trou du cul et adhérent de l'église de scientomutiste, qui est institutionnalisée.

Cordialement

matieu.a a dit…

Merci.

Anonyme a dit…

Brillantisme!

(on dirait un slogan de jacquette de DVD me faisant de l'oeil à la FNAC, mais tout ceci est tellement vrai).

Allez....Osons la question journalistico-métaphysique: Séb Musset, le nouveau Zola?

Quand bien même le thème serait répétitif (qui n'a pas de thème de prédilection?), visiblement, une grande majorité de gens ne comprennent pas le monde qui les entoure, ni même leur propre vie.

les clous, il faut bien les enfoncer dans la tête.

Un autre Séb.

stéphane a dit…

Dans la description de Laurent, je me reconnais sur de nombreux points:
en effet, j'ai cru à la phrase d'un candidat qu'il représenterait "les courageux pardon les glands qui se lèvent tôt" et bien entendu la seule chose à attendre de ce système pour les bas salaires(c'est sous-entendu sur mon bulletin de salaire sur la ligne "loi fillon"), comme pour mon entreprise, c'est rien. Et pourtant, je croyais que c'était normal, car il y avait beaucoup plus pauvre que moi dans ce monde, on a (pour l'instant) la sécu,etc..
Maintenant, il faudrait enfin que je me manifeste pour exprimer mon désaccord, mais j'en ai pas assez dans le pantalon. Si des parasites lisent ceci, il y a encore un peu de marge pour tirer sur la ficelle......

Anonyme a dit…

En tant que glandeur refusant la soumission et payant le libre arbitre au prix fort, j'applaudis des deux mains.
Ce portrait est représentatif et triste à la fois.
Le salariat est au mieux un mal nécessaire...

Anonyme a dit…

Très plaisant car il est rare de tomber sur des lectures aussi conformes à notre quotidien. Par chance je ne suis pas salarié d'une boite de bêtises, je suis enseignant-chercheur à l'université, j'ai 4 variétés de poiriers dans mon potager, des rhubarbes que j'entretiens au fumier de cheval récupéré au club de cheval (discretement). Je bricole aussi mes combles pour faire une salle de jeux pour mes 3 enfants. J'aime lire André Gorz, Simenon, je n'ai pas de télé. J'ai ma carte au PS, sans illusion mais sans découragement. Docteur : suis-je un bêta à la M6-77 ou suis un rebelle clairvoyant à la Seb ?

mtglr a dit…

Ce n'est pas pour être désagréable, mais la surenchère sur le côté "j'ai mon potager, je bricole et je n'ai pas la télé" commence a devenir un leitmotiv assez ridicule sur ce site. C'est un peu l'équivalent français light du milicien du Michigan qui croit vivre en autarcie avec son poulailler et sa réserve stratégique de conserves.

Ça ne change rien au fond à la problématique, et ça permet juste de se croire dédouané de "jouer le jeu" à peu de frais. Si le contre-modèle à l'abruti M6 est l'enseignant-chercheur sauce Télérama, autant se tirer une balle tout de suite.